NdA: Coucou! Bonne lecture à tous et à toutes! J'espère que ce chapitre vous plaira!


L'enfant savait que ce n'était pas bien de quitter les lieux alors qu'il était censé rester sous surveillance mais cette aura était trop curieuse et il voulait savoir pourquoi son père ne semblait pas percevoir la menace, si menace il y avait.

Ses premiers pas avaient été difficiles. Ses sens semblaient ne pas fonctionner correctement lorsqu'il se déplaçait et cela prit plusieurs minutes pour qu'il reprenne contact avec la réalité.

L'aura rouge s'éloignait et Owen pressa le pas. Il l'avait bien reconnue, il l'avait vue sur la tête de son professeur et il était bien déterminé à savoir ce qui se cachait derrière.

Plus ou moins rapidement, il le rejoignit et prit soin de se cacher. Il pouvait toujours le voir mais prenait soin de ne pas être vu en frôlant les murs et en s'arrêtant à chaque fois que le mur tournait. Il n'avait pas de plan mais il gardait un contact régulier avec le mur qu'il longeait pour se diriger.

Pour ne pas faire de bruit, il marchait d'un pas presque aérien. Ses prothèses n'étaient pas aussi raides que des prothèses classiques, elles étaient souples et ne faisaient aucun bruit sur le sol. Il suivit rapidement le professeur Quirell et s'arrêta nettement au coin d'un couloir en entendant le son de sa voix.

– Maitre, que dois-je faire? Le traitre me soupçonne…

– Idiot! Dépêche toi de récupérer la pierre!

Owen sursauta en entendant la seconde voix. Il ne l'avait jamais entendue jusqu'à présent dans l'enceinte de Poudlard. Il fronça les sourcils.

– Il y a quelqu'un…

La panique s'empara de lui. D'où pouvait venir cette voix? Il voulut approcher mais ce qu'il venait d'entendre le dissuada. Il avait été entendu, d'une manière ou d'une autre. Ou alors, sa victime avait d'autres moyens de surveillance que les moyens classiques. Il fit un pas pour observer ce qui se passait au détour du couloir et le professeur Quirell se retourna. Le souffle court, Owen se planqua contre le mur. Il avait manqué de se faire prendre.

Le coeur battant, Owen entendit l'homme approcher de sa cachette et s'empressa de se réfugier dans un recoin sombre. Il avait eu raison de faire demi tour car Quirell revint sur ses pas et examina attentivement le recoin où il s'était dissimulé avec attention.

– Il n'y a rien, maitre.

L'enfant souffla et retint une grimace en ressentant une vive douleur dans la tête. Il avait déjà ressenti cela une fois. C'était pendant la nuit, alors qu'il essayait de dormir. Il avait ressenti une joie et un sentiment de renaissance immense mais qui l'avait pourtant terrassé et il avait eu très mal à la tête. Et il avait senti cette curieuse aura qui l'intriguait tant.

Dans le couloir, c'était la même chose mais l'émotion était différente. De la colère, de la frustration. Une colère qui n'était pas la sienne et qui pourtant, le faisait grimacer comme s'il la partageait avec quelqu'un d'autre. Owen savait que ça ne pouvait pas être sa blessure. Péniblement, il renonça à poursuivre son enquête et retourna à l'infirmerie du mieux qu'il put.

Heureusement, l'infirmière ne semblait pas s'être aperçue de son absence. Sur la pointe des pieds, il retraça son chemin jusqu'à son lit où il s'effondra sur son oreiller. Une fois à l'abri, il attendit dans l'angoisse et sentit l'aura s'éloigner. Ouf.

S'il n'était pas revenu sur les lieux pour faire semblant de dormir, l'homme serait peut-être venu vérifier s'il n'avait pas bougé ou pire encore, l'infirmière aurait découvert son absence et en aurait fait part à son père, assis juste à côté de l'homme à l'aura rouge comme Owen l'appelait et le sorcier en aurait déduit que c'était lui qui l'avait filé dans les couloirs.

Une fois rassuré, Owen souffla longuement en se remémorant ce qu'il avait entendu malgré la douleur qui lui vrillait le crâne. La curieuse voix qui accompagnait le professeur Quirell avait parlé d'une pierre à récupérer mais laquelle? Il ne comprenait pas.

Il y avait aussi un autre mystère et celui-ci restait entier. Owen avait filé l'homme et il était clairement seul. D'où pouvait dès lors venir l'étrange voix qu'il avait entendue?

Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas comment quelqu'un aurait pu se trouver à côté de l'homme sans qu'il le sache. Certes, son père lui avait parlé d'items et de sorts magiques qui permettaient de se dissimuler entièrement à la vue de quelqu'un mais Owen avait une vue différente de ce que les autres voyaient.

Lui ne voyait pas les gens, il percevait seulement leur énergie, leur aura et c'est quelque chose que rien ne pouvait lui cacher, pas même les items magiques.

Fatigué, Owen finit par s'endormir dans son lit d'infirmerie sans plus se lever de la nuit. Il avait senti à nouveau l'aura toute proche lorsqu'il était sur le point de s'endormir mais il n'avait pas bougé de son lit. Il ne tenait pas à se faire prendre et puis, il devait se reposer s'il voulait pleinement se rétablir.

Heureusement, au petit matin, l'infirmière s'estima satisfaite de ses observations et en fit part à son père qui était venu le voir dès qu'il avait pu. Dumbledore était venu également mais Severus doutait que le sort de son fils lui ait importé, il était plutôt là pour s'assurer qu'il donnerait cours quoi qu'il advienne et le maitre des potions était bien décidé à lui faire savoir son avis s'il l'obligeait à donner cours alors que son fils ne se sentait pas encore bien.

Mais Owen allait bien. Malgré sa petite escapade nocturne, sa commotion s'était parfaitement résorbée et, s'il se sentait bien, il pouvait retourner en cours. Sans être étonné, Severus vit son fils s'asseoir dans son lit et le quitter volontiers en cherchant à tâtons après ses vêtements.

Severus les lui enfila d'un sort et s'assura que son enfant allait vraiment bien. Il ne le laisserait pas retourner en cours s'il n'allait pas parfaitement bien.

– Si ça ne va pas, tu peux me le dire Owen, je peux très bien prendre ma journée, qu'importe ce que dira Albus.

Owen signa à toute vitesse. Il dit à son père que tout se passait bien mais il hésita sur la suite à tenir et laissa ses gestes en suspend. Il en parlerait plus tard, lorsqu'il serait certain de ce qu'il avançait. Pour l'instant, tout ce qu'il savait, c'était qu'il avait un lien avec cette étrange voix. Restait à identifier lequel.

Le jeune garçon rejoignit donc la grande salle accompagné de son père. Comme il avait été inconscient, il ne connaissait pas vraiment cette partie du château et s'était trouvé dans l'incapacité totale de se repérer pour regagner la grande salle.

Severus l'avait donc épaulé et guidé patiemment en le laissant prendre ses repères jusqu'à la grande porte qui menait au réfectoire.

– Tes amis doivent déjà être à table, tu vas les rejoindre?

Owen acquiesça et laissa son père contourner les lieux avant d'entrer. Contrairement à ses collègues, Severus n'aimait pas traverser toute la pièce pour se rendre à sa place, il ne le faisait que si la salle était encore peu peuplée, dans le cas contraire, il faisait le grand tour pour passer par la porte dérobée qui était proche de ses appartements.

Le jeune Snape le regarda s'éloigner avant d'approcher et de franchir la porte de la grande salle où il rejoignit ses amis. Il pensait être accueilli bruyamment par Justin, son camarade de maison et de chambre mais le jeune garçon n'avait pas moufté.

Owen en avait été très surpris. En général, ce garçon avait tendance à être très exubérant dès le début de la journée et ce calme ne lui ressemblait pas. Avait-il eu des ennuis?

– Laisse, lui dit Ernie, il s'en veut d'avoir été si impatient de voler et de ne pas avoir remarqué que tu n'étais pas à l'aise avec ça…

– Hey! Ne dis pas n'importe quoi!

Justin venait de hausser le ton mais on pouvait clairement ressentir que sa voix n'avait rien de naturel, comme s'il était gêné ou bouleversé. Mais Ernie n'en avait pas fini avec lui et Zach' non plus d'ailleurs. Ce dernier avait roulé des yeux avant d'ajouter d'une voix un peu moqueuse une phrase de son cru en se lançant dans sa meilleure imitation de son ami.

– Ouais, tu parles! Il était totalement horrifié d'avoir manifesté sa joie! "Oh, j'espère qu'Owen ira bien! Tu penses qu'il est blessé sérieusement? Quand je pense que je me faisais une joie de voler et que je n'ai pas vu qu'il était mal à l'aise!"

Owen eut un sourire amusé en écoutant Justin tenter de faire taire les deux autres garçons avec ses mains. Il s'installa comme à son habitude à sa place en bord de table et eut la surprise de sentir une main tiède attraper la sienne.

– Justin n'était pas le seul à s'inquiéter. Tu vas bien?

Owen acquiesça et regretta de ne pas pouvoir communiquer avec ses camarades pour leur expliquer qu'il allait parfaitement bien et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Il ouvrit la bouche pour tenter de les calmer, même sans parler lorsqu'il sentit l'aura de son frère approcher. Il arrivait toujours à la distinguer grâce au collier de famille qu'il portait sous son uniforme.

– Owen? Tu vas bien?

Le jeune Snape se tourna vers Draco et perçut son inquiétude. Il n'avait pas assisté à la scène et pensait peut-être que quelque chose de mal lui était arrivé. Il s'empressa de signer pour lui expliquer son accident au cours de vol et le jeune Serpentard s'en inquiéta aussitôt.

– Quoi? Tu es tombé de ton balai? Et tu vas bien? Tu vas continuer le cours de vol?

Owen répondit aussitôt en signant et le rassura. Il lui expliqua également que non, il ne souhaitait pas reprendre les cours de vol et Severus était tout à fait d'accord avec lui: il n'irait plus à ce cours ou, du moins, ne volerait plus mais il aurait sans doute d'autres choses à faire à la place.

Draco parut soulagé et ses traits se détendirent imperceptiblement.

– Euh… Malfoy? Tu veux bien nous traduire sa réponse?

Le jeune Malfoy arqua un sourcil devant la demande de la jeune fille. C'est vrai qu'eux ne connaissaient pas le langage des signes et qu'il était difficile de leur apprendre. Il avait été surpris de voir que la jeune Poufsouffle osait l'interpeller comme s'il était l'un des leurs.

– Euh… en gros, il va bien, son choc à la tête a disparu. Par contre, il ne retournera pas sur un balai… Il ne veut plus et Se… le professeur Snape s'est arrangé avec votre directrice de maison…

Hannah parut satisfaite de sa réponse et le laissa rejoindre ses camarades de maison. Elle aussi avait été très inquiète lorsqu'elle avait vu son ami tomber. Il avait semblé complètement perdu lorsque son balai s'était élevé dans les airs.

Elle n'avait pas compris pourquoi il avait réagi ainsi. Il ne perdait pourtant pas ses moyens lorsqu'ils franchissaient un espace qu'il ne connaissait pas. Ici, il s'était complètement crispé et n'avait même pas réagi lorsqu'il s'était tombé du balai. Et sa chute… Elle avait clairement entendu quelque chose se briser et elle s'étonnait de le voir en un seul morceau, sans aucun plâtre ou sans aucun commentaire de l'infirmière à ce sujet dès le lendemain de l'accident.

Hannah était rassurée de savoir qu'elle s'était trompée et que tout s'était bien passé à l'infirmerie. Owen n'était visiblement pas blessé et ne semblait pas souffrir du moindre traumatisme. Il avait quitté les lieux et les avait rejoints solidement campé sur ses deux jambes. Elle l'avait observé des pieds à la tête et avait été plus que soulagée de découvrir qu'il semblait aller bien. La confirmation du jeune Malfoy l'avait entièrement rassurée désormais.

Owen mangeait comme si rien ne s'était passé mais elle pouvait voir qu'il était clairement soulagé de pouvoir retourner en cours. Ils étaient tous en train de manger lorsque les cris des premières chouettes retentirent. Le courrier venait d'arriver.

Comme à son habitude, le jeune Snape n'y prêtait pas grande attention jusqu'à ce que les chuchotements prennent de l'ampleur.

– Vous avez vu? Un vol a eu lieu à la Banque de Gringotts!

– Quoi? Quand? Mais comment c'est possible?! Gringotts est la Banque la plus sécurisée au monde!

– Je ne sais pas, ça ce serait passé le 31 août! Mais attendez… les gobelins répètent qu'apparemment, rien n'a été volé, le coffre était déjà vide!

Owen cessa aussitôt de manger. Gringotts. L'aura rouge. Est-ce que… par hasard… l'objet volé se trouvait désormais à Poudlard? Un professeur était-il venu récupérer l'objet pour le mettre en sécurité parce qu'il savait que quelqu'un allait cambrioler la banque sorcière?

L'aura rouge avait-elle suivi l'objet dont il était question et qui avait dû précédemment se trouver dans un coffre à Gringotts? Avec des frissons désagréables, il se souvint de la conversation entre le professeur Quirell et l'étrange voix qu'il avait entendue la veille. La pierre. L'objet qui avait été repris à la banque était une pierre et elle se trouvait à Poudlard!

Le jeune Snape était confus. Cette fois, il devait dire à son père ce qu'il avait vu même s'il ignorait toujours d'où pouvait provenir cette aura rouge. Severus devait être mis au courant dès qu'il le pourrait! Lui saurait quoi faire. Il devrait juste trouver le moment et l'endroit parfait où il l'aborderait sans attirer les regards. Après tout, peut-être se trompait-il mais le vol de la pierre, le règlement du directeur qui interdisait scrupuleusement l'accès à une porte magique et la présence de l'aura rouge sur les deux lieux où se trouvait l'item magique ne pouvait pas être une coïncidence. Il n'avait plus besoin de Zach désormais, il avait trouvé la réponse. Restait à tout expliquer à Severus.

Avec patience, il laissa les autres l'entourer et le guider jusqu'à leur nouvelle salle de cours où il allait avoir sortilèges pour la première fois. Justin gardait l'œil sur lui et allait même jusqu'à le tenir par le bras alors qu'il le savait capable de les suivre sans aucun problème puisqu'il le leur avait déjà prouvé les jours précédents.

Hannah, de son côté, était très attentive à son état sans qu'il s'en doute. Elle faisait confiance à l'infirmière et si la vieille femme avait laissé son camarade repartir, c'est qu'il était guéri mais elle savait qu'une rechute n'était jamais à exclure et observait attentivement le garçon devant elle, à la recherche du moindre comportement anormal.

Owen était tendu, elle pouvait aisément remarquer qu'il était raide dans ses mouvements sans déterminer exactement la cause de ce problème. Était-il tendu ou ne se sentait-il pas assez bien pour reprendre les cours malgré tout? Elle allait faire très attention et si son comportement ne s'arrangeait pas, elle préviendrait Cédric, le préfet de leur maison.

Le Poufsouffle était un garçon très attentif mais aussi à l'écoute. Depuis la rentrée, il consacrait chaque soir un moment à écouter les élèves qui avaient besoin de lui, parfois pour un rien, juste pour être rassurés, parfois pour un problème plus important.

Cédric était un bon relais entre les enfants et leur directrice de maison et, personne ne pouvait le nier, il faisait un excellent travail. Si elle lui confiait ses craintes, nul doute que le jeune homme serait vigilant et préviendrait au besoin leur directrice de maison qui ferait elle-même le relais à l'infirmière.

– Il parait que le prof est minuscule, vous l'avez déjà vu?

Justin ignorait tout des professeurs puisqu'il venait du monde moldu mais ni Ernie, sang mêlé, ni Zach, sang pur, ne s'en agaçaient. Lorsqu'il avait des questions, c'était généralement Zacharias qui y répondait car il avait eu une éducation très sang pur et ne pouvait ignorer une telle information diplomatique.

– C'est normal Justin, le professeur Flitwick est apparenté aux gobelins de Gringotts. Il n'est qu'à demi-gobelin de ce que je sais mais ne te fies pas à sa taille, il a été sacré champion de duel et garde le titre depuis trois décennies si ma mémoire est bonne.

– C'est exact Mr Smith! Entrez, je vous prie!

Owen baissa la tête pour tomber nez à nez avec son professeur de sortilèges. Lui aussi avait une aura particulière mais il la connaissait déjà car Severus la lui avait expliquée à Gringotts, lorsqu'il y avait mis les pieds pour la seconde fois. Il les avait probablement déjà rencontrés avant mais il n'était alors qu'un bébé à ce stade et pouvait difficilement s'en souvenir.

Il avança, tout comme les autres et, sans surprise, se fit embarquer par Justin pour s'installer à côté de lui. Il était conscient de leur avoir fait peur mais Draco avait traduit sa réponse et Owen avait espéré que ça suffirait mais manifestement, son camarade de maison continuait de se sentir coupable malgré tout.

Owen n'y fit pas plus attention et s'attela à découvrir le sujet du cours de sortilèges. Le professeur Flitwick avait commencé par une longue introduction de son cours et le jeune Snape ne pouvait s'empêcher de serrer les dents. Là aussi, ce serait compliqué pour lui de participer au cours en étant complètement muet et presque autant aveugle.

Suivre les mouvements de l'item magique n'était pas compliqué lorsque l'aura de la baguette ne se confondait pas dans celle de son sorcier mais la magie informulée était beaucoup plus pénible. Il ne maitrisait pas ses pouvoirs et lorsqu'il avait parfois l'impression d'y arriver, c'était loin d'être le cas et il était perdu.

Le petit professeur l'avait beaucoup encouragé mais malgré tout, il était le seul à ne pas parvenir à faire voler sa plume et en avait été extrêmement déçu. Il s'en sortait pourtant bien dans ses cours particuliers et il pensait y arriver de la même façon à Poudlard mais Owen devait se rendre à l'évidence, les cours qui nécessitaient impérativement la parole et la vue lui poseraient problème et, malheureusement, il y en avait beaucoup.

La métamorphose demandait de la visualisation et sans toucher l'objet, il était incapable de réussir l'acte magique. Le cours de vol ne nécessitait pas la parole mais son manque de vision l'affectait énormément. Ce serait sans doute la même chose en sortilèges et en défense, des cours pourtant cruciaux pour la réussite professionnelle.

Severus l'avait longuement rassuré, il s'en sortait très bien en botanique et en potions et pourrait toujours être potioniste dans l'avenir mais Owen ne pouvait s'empêcher de maudire sa naissance. À peine né, il était déjà privé de ses quatre membres et d'un de ses sens les plus primordiaux. Ajouté à cela, son mutisme le privait de toute communication extérieure et l'enrageait beaucoup.

Owen était comme ça. Il n'aimait pas ne pas arriver à se faire comprendre et regrettait souvent d'être né comme ça. Bien sûr, il était reconnaissant à son père de lui avoir donné des bras et des jambes mais il aurait bien aimé naitre normalement et s'amuser comme tous les autres enfants lui aussi.

Déçu, il quitta le cours sans être parvenu à atteindre l'objectif de la leçon. Le professeur Flitwick avait tenté de lui expliquer qu'il finirait par y arriver, qu'ils travailleraient ensemble sur les sortilèges informulés jusqu'à ce qu'il y arrive puisque c'était la seule option qui semblait lui rester mais cela n'avait pas suffi à lui remonter le moral. Il était né ainsi et mourrait ainsi.

Il regagnait la grande salle pour manger sans grande conviction. Il n'avait pas très faim en réalité. Il ne pensait pas que tout se passerait ainsi et qu'il serait aussi perdu. Il était plongé dans ses pensées lorsqu'ils croisèrent un groupe de Gryffondor.

– Malfoy va me le payer!

– N'y va pas, Harry, tu vas avoir des ennuis!

– Oh, tais-toi Hermione! Il m'a provoqué en duel et j'irai… ce soir! Ron?

– Ouais, on va le tabasser!

Owen arqua un sourcil. Malfoy? Draco? Son frère avait demandé Potter en duel? Pourquoi? Le Serpentard savait pertinemment qu'il se ferait prendre dans les couloirs! Pourquoi avait-il fait cette bêtise? Il fallait qu'il lui en parle, qu'il lui dise de laisser tomber!

Il voulut s'isoler et rejoindre son frère mais ses camarades Poufsouffle n'avaient pas l'intention de le laisser se promener seul. Ils l'avaient installé avec eux à table et le jeune Snape n'avait eu qu'à s'asseoir et grignoter distraitement le contenu de son assiette. Il n'avait vraiment pas faim depuis son échec en cours de sortilèges.

Son comportement n'échappa pas à son père, assis à l'autre bout de la grande salle. Filius l'avait rejoint quelques minutes plus tard et lui avait expliqué qu'Owen avait été tout bonnement incapable d'effectuer le sortilèges de lévitation et que malgré le discours qu'il avait eu avec l'enfant, le jeune Snape était profondément découragé par le fait que tous avaient réussi sauf lui.

Severus comprenait cette sensation. Lui aussi s'était senti plus d'une fois complètement incapable lorsqu'il n'avait pas réussi à sauver les vies que Lord Voldemort convoitait à l'époque. Il avait sur sa conscience plusieurs familles décédées sous ses potions meurtrières. Il fallait qu'il ait une discussion avec son fils après son cours de l'après-midi.

Le second cours de la journée ne serait pas plus facile puisqu'il s'agissait du cours de Défense contre les forces du mal . Ce cours était particulièrement axé sur la pratique et sollicitait énormément de magie. Owen ne devrait avoir aucun problème si le professeur s'en tenait à de la théorie mais rien n'était moins sur. Il l'observa manger du bout des lèvres et grimaça.

Son fils manquait toujours d'appétit en général mais là, il avait à peine avalé deux bouchées avant de se lever pour suivre sa petite bande d'amis sous l'œil inquiet de Cédric Diggory.

Hannah avait confié ses craintes au jeune préfet et Cédric avait pris à coeur sa remarque. Il avait été très attentif à l'arrivée du garçon dans la grande salle et avait clairement perçu sa réticence à s'installer à table et à manger.

Pourtant, même s'il éprouvait des difficultés lors des repas, le garçon avalait toujours quelque chose mais il semblait suffisamment perturbé pour se passer de nourriture tout l'après-midi.

Cédric fronça les sourcils. Quelque chose n'allait définitivement pas. Il se tourna et vit le professeur Snape qui lui aussi observait son fils en fronçant légèrement les sourcils, signe qu'il avait raison de s'inquiéter. Il avait hésité mais il n'avait plus le choix, il fallait qu'il en parle à leur directrice de maison.

Lorsque les première année se levèrent, il laissa Owen se faire entrainer par ses camarades et interpella aussitôt Mrs Chourave qui venait de quitter la table des professeurs.

– Mr Diggory? Vous souhaitez me parler?

Le préfet acquiesça et la vieille femme lui fit signe de la suivre. Ce que le préfet avait à dire ne concernait pas tout le monde et elle préférait que les rapports entre son élève et elle se fassent en privé. Elle le conduisit dans un petit local isolé et l'écouta attentivement. Cédric était très agité et lui parla immédiatement du jeune Snape.

– Mrs Abbot est venue me dire qu'Owen Snape n'était pas dans son état normal. Elle pense qu'il ne se serait pas remis de sa chute du cours de vol… Il est resté dans ses pensées et a à peine mangé.

La directrice des Poufsouffle s'inquiéta immédiatement. Ce que lui confiait le jeune préfet avait de quoi l'alarmer, effectivement. Si l'enfant n'avait pas mangé, peut-être était-ce le signe d'un mal-être quelconque… Elle devait le voir mais avant ça, elle devait aller voir l'infirmière afin de s'assurer qu'elle ne soit pas passée à côté de quelque chose et ensuite, elle irait voir Severus.

Owen, de son côté, avait été embarqué sans pouvoir parler avec Draco au sujet de ce maudit duel. Il savait que son frère aurait des problèmes, il fallait qu'il le prévienne. De ce qu'il avait entendu, non seulement Potter n'avait pas l'intention de se contenter d'un duel mais en plus, il avait l'intention d'emmener le fameux "Ron" et tous deux avaient prévu de faire passer un mauvais quart d'heure au Serpentard.

Justin l'avait embarqué à sa suite et il avait eu beau signer, comme il n'arrivait pas à se faire comprendre, cela n'avait servi à rien et le Poufsouffle l'avait entrainé jusqu'à l'étage où ils suivraient un nouveau cours de défense contre les forces du mal.

Une fois de plus, le cours fut tendu. Owen se trouvait entre Ernie et Zach et dévisageait une fois de plus son professeur. Il ne le quittait pas des yeux et, plus précisément, il fixait délibérément son turban, comme s'il savait. Justin se doutait que le garçon recommencerait parce qu'il n'avait pas fourni d'explication à son comportement étrange et n'avait pas tenu à s'asseoir à côté de lui.

Le pauvre professeur Quirell continuait de donner son cours mais personne ne se leurrait: l'homme était perturbé de sentir le regard du fils de Snape sur lui et, comme au premier cours, il bégayait encore plus qu'à l'accoutumée. Il ne cessait de triturer ses doigts et de tourner en rond comme un animal en cage et finit par leur demander un exercice.

Il croisa à nouveau le regard de cet étrange garçon et le soutint du mieux qu'il put jusqu'à ce qu'Owen ne détourne les yeux pour entamer l'exercice, comme tous ses camarades.

Quirell profita de ce répit pour s'asseoir à son bureau et mit ce temps à profit pour essayer de reprendre ses esprits. Il fallait qu'il soit sur ses gardes, ce garçon n'était définitivement pas normal.