Hello tout le monde, je vois que cette suite questionne ! Que l'idée de voir un trio Hermi-Drago-Harry n'enchante pas. Je vous rassure c'est pas DU TOUT mon idée ahah ! Du coup ce chapitre reprend des bases plus Drarry et ça repart un bon coup dans le passsssé (parce que j'aime bien les pétages de plomb de Drago en vrai, surtout quand derrière Harry se ramène ahah)

Je relisais rapidement les autres chapitres (m'arrachant les cheveux sur les coquilles que j'y vois, mais j'ai la flemme de tout reprendre, enfin)… Bref, je relisais tout ça et oui Drago a l'air plus doux dans la première partie. Dans cette « saison 2 » il est détruit, isolé, plutôt méchant même. Son obsession pour la moto est devenue vitale parce que c'est son seul repère tangible finalement… Quant à sa folie, il en a conscience, joue de ça, grossi le trait… ça devient presque son personnage.

Choufleurofhell : Pas sûre qu'il reste un seul chapitre hein ! Quant au plan à trois, nowp. Est-ce que ça se finit bien ? J'ai plusieurs idées, qui font la roulette russe dans ma tête (excuse pour dire que je sais pas).


LE GARÇON A LA MOTO
- Saison 02 -
CHAPITRE 12

Il était grandiloquent, il avait de la gueule, un sourire fou, il pouvait tous les manipuler. C'est ce que disait Drago en regardant la pauvre Hermione à la fois curieuse et terrifiée à l'idée d'entendre le récit des frasques de Potter et lui, dans l'hôtel de cette ville du sud.
Qu'est-ce qu'il était méchant ; comme il se rendait compte à quel point il avait sombré ! Depuis que Théodore avait détruit son identité, dans la cheminée. Non, même avant. Drago avait eu quatre ans pour faire une longue introspection et beaucoup de choses faisaient sens à présent.

Pourquoi était-il toujours malade devant la moindre émotion débordante ? Il le savait, c'était la faute du père - c'est toujours la faute du père… Ce maniaque du contrôle lui imposait (face à lui du moins) de retenir ses larmes, de retenir toute émotion. Il devait être bon à l'école et dans tout ce qu'il entreprendrait, ne pas montrer aux autres ses faiblesses. Tout ça, pour quoi ? Pas grand-chose hein, surtout que ça ne marchait pas. Il était une plaie à vif. Et son corps, en réponse à toute cette pression, le faisait régulièrement déborder… soit en l'envoyant vomir, soit en lui donnant le goût des poings dans la figure.
Il se rendait compte, Drago, que le premier a avoir saisi l'étau douloureux qui l'enserrait, était Blaise. Jamais il n'avait voulu le reconnaître comme véritable ami, pour s'en protéger. Mais s'il s'était confié à lui, s'il avait dit oui pour quelques sorties hors du Local, peut-être qu'il n'en serait pas là à présent…
Plutôt que ça, il s'était enfermé dans la moto et maintenant, il ne savait plus comment en sortir. En fait, il n'avait pas vraiment envie de faire le moindre effort à ce propos. Était-ce si mal, d'être passionné ?

Et Potter ? Parce qu'il fallait s'en rappeler, parce qu'il ne pourrait jamais oublier les secondes, minutes, heures et jours passés à ses côtés. Une bagatelle en vérité quand il comparait ça au temps vécu avec Théodore. Mais c'était différent. Avec Harry, tout était unique et explosif, sensuel et fragile. Les deux bagues en argent, patinées et rayées qu'il portait ce soir-là devant Hermione, témoignaient de ce passé dévorant entre eux.

Alors, avant d'entreprendre le récit de ses retrouvailles avec Harry, il inspira profondément et se mit à rire, en se remémorant brusquement l'absurdité de ces moments si où Harry et lui étaient sur le fil de l'amour et de la haine. Ses moments préférés, parce qu'il ouvrait les vannes, ne laissant de lui qu'un garçon trop honnête et brisé. Honnête… Lui honnête, hein ?

. . .

Avant même d'entamer leur romance, il y avait ces coups, ces piques, ces baisers qu'ils échangeaient dans les recoins du Local, des toilettes ou des vestiaires. Cela l'électrisait et il redoutait, autant qu'il savourait, la seconde où Harry l'envoyait valser, pour mieux jouer les types entreprenants après. Il avait toujours fait le premier pas. Drago n'était pas très courageux à ce niveau-là. La preuve, Harry lui avait totalement forcé la main pour qu'ils sortent ensemble. Lui-même ne savait pas prendre de décisions comme ça. C'était trop pénible pour lui d'envisager de son propre gré de laisser de la place à quelqu'un, d'accepter de partager son air. Mais Harry avait une patience folle quand il s'agissait de détricoter le fil de ses pensées et actions. Le faire ployer dans son sens, tout simplement. S'ils avaient eu le temps d'être plus longtemps ensemble, Drago était persuadé qu'il aurait appris à se temporiser. Sauf qu'il y avait eu le Fresh Mode, sauf que cinq années avaient coulé et qu'à la place de lui, c'était Hermione qui se trimbalait à côté de Harry Potter. Une Hermione au regard incrédule, devant son rire aussi soudain que séduisant.
« Pourquoi tu ris, maintenant ?
- Je repensais à de vieux trucs… Du temps du Local, d'avant même que Potter et moi on soit ensemble. Tu sais, ces moments où tout éclatait. Peut-être qu'il t'a déjà tout raconté… Chaque seconde entre lui et moi, si bien qu'il n'y a plus trop de mystère, hein. Mais je vais te le dire tout de même. Je pense que ma version des choses sera toujours meilleure que la sienne. Parce que moi, je sais raconter les choses. »
Ce n'est pas Hermione qui le démentirait sur ce coup-ci. Harry lui avait tout dit de sa relation, c'est vrai, mais il était souvent très cru et manquait de poésie. Il n'avait pas cette capacité à modeler le récit, comme Drago le faisait. Bon, il tournait toutes les scènes à son avantage (du moins à l'avantage iconique de son personnage), ce que ne faisait pas Harry, rendant par exemple l'histoire de leur premier baiser, plutôt banal, voire de très mauvais goût.
Alors, avec un soupçon de lassitude, de fatigue et le coeur retourné dans tous les sens depuis qu'il était revenu dans leur vie, Hermione soupira et dit :
« Ah, Malefoy, vu où nous sommes, au milieu de cette allée des roses, vu qu'il est presque deux heures du matin, vu que nous partirons dans un jour à peine (elle insista sur ça), je peux bien t'écouter te replonger dans tes souvenirs. Je ne suis plus à ça près, d'entendre tes histoires.
- C'est pour ça que tu es venue, ne fait pas la victime, railla Drago.
- Je suis fatiguée, dit-elle simplement. Tu n'es pas le seul à souffrir de tout ça. Tu n'es pas le seul…
- Toi, ta vie n'a pas été foutue.
- Mais mon avenir risque de l'être avec ton retour. »
Elle repensa avec une certaine tristesse à ce projet d'enfant que Harry et elle avaient. Ils n'en auraient pas… Ils n'en auraient jamais ensemble alors que même, elle aurait accepté qu'ils nomment leur enfant Drago, si cela pouvait lui permettre de garder Harry près d'elle.
« Ce n'est pas ma faute.
- Je sais. Allé, raconte, parle, dis-moi tout ce que tu veux encore. Raconte-toi Drago. Moi au fond j'ai beaucoup aimé t'entendre la première fois. Au fond, je voudrais te détester maintenant, te dire de foutre le camp, mais tu as gagné, je ne peux pas t'en vouloir, je ne suis même pas capable de te balancer un verre de vin au visage quand j'en ai l'occasion. Je suis juste… Fatiguée et désespérée - peut-être plus que toi, même. Mais j'ai envie de t'entendre. Tes malheurs et tes soupçons de bonheur et alors peut-être qu'après ça, si tu veux toujours qu'on couche ensemble, je te dirai oui. Tu sais pourquoi. (Drago ne répondit rien) Parce que t'es comme un fantasme, une étoile déjà morte, mais là quand même. Alors ça m'ira bien, de coucher avec toi. Ça m'ira bien de te voir disparaître après. Je pourrais au moins penser que j'ai eu Harry, que je t'ai eu un peu, toi aussi…
- Tu divagues, c'est…
- Laisse-moi parler un peu encore, après je ne dirai plus rien, coupa Hermione. J'ai besoin, moi aussi, de me lâcher un peu ! Ta rencontre ça a été un peu de merveilleux dans ma vie, mais beaucoup d'enfer aussi ! J'assume totalement le malaise de mon couple avec Harry maintenant, mais… Mais toi. Ah. Merde quoi, je ne sais même plus ce que je dis… »
Hermione s'arrêta sur le chemin et se passa les deux mains dans les cheveux.

Qu'elle était belle et fragile à cet instant ! Ses cheveux gonflés par l'air du soir et son regard grand ouvert, mais cerné d'angoisse, qui lui donnait des allures de muse maudite. Elle se recula, chancelante, et s'appuya contre un muret cassé qui courait le long du chemin, fouillant dans le sac qu'elle avait, pour sortir un thermos de thé qu'elle avait eu la bonne idée de prendre avec elle.
Pour ne pas gâcher ce moment de flottement, Drago s'arrêta et ne dit rien. Il n'alluma même pas une nouvelle cigarette. Il leva les yeux vers le ciel, attendant, simplement.
Il ne pensait pas grand-chose de Hermione, il n'avait pas le temps de penser à quelqu'un qu'il n'avait connu qu'une soirée. Mais c'était fou malgré tout, qu'elle, elle se soit forgé une existence autour de la sienne, comme un satellite mal venu.
« On s'arrête un moment ? proposa-t-elle en buvant son thé. J'en ai un peu marre de marcher. Mais raconte-moi cette histoire au temps du Local…
- Ouai… Ouai. »

. . .

C'était… C'était quand déjà ? Il faisait froid, la course du Bishop qu'il avait gagné, était passée. Le tour à la mine avec Potter également.
Il faisait froid, oui. C'était peut-être la fin du mois de novembre ou début décembre, qu'importe.
Drago préparait ses examens tout en s'étonnant que Harry ne lui fasse pas la tête après son petit esclandre à la mine, où il lui avait avoué le haïr à cause de la moto. Après… Il n'avait pas cherché longtemps midi à quatorze heures. Si Harry continuait à agir normalement, tant mieux, ça lui retirait un poids.

Le Local plus tranquille dans cette période était aussi plus vicieux.
« C'est-à-dire que les techniciens avaient plus de temps pour mijoter de petits coups de putes. Mais vraiment… Je continuais à faire quelques tours de piste, même si j'étais surtout focus sur mes révisions. Potter faisait du circuit aussi. Par contre j'évitais comme la peste de me retrouver face à lui en course. Je crois que Blaise lui avait touché deux-trois mots à ce propos, comme quoi, mieux valait m'éviter des situations trop tendues, parce que j'allais avoir mes exams'… »
Mais voilà, si ce n'était pas Potter qui s'y mettait, il restait les autres. Et un après-midi, Drago était tombé sur un Tweet avec une photo de leurs states et un commentaire parlant de la nouvelle flèche, le futur premier : Harry Potter. Vu le screenshot, ce post venait d'un des techniciens du Local. Il en avait été malade et avait passé sa journée à scroller sur tweeter et les réseaux sociaux, à lire les articles spécialisés, qui les comparaient toujours plus eux et leurs écuries respectives. Il allait tuer Harry, les techniciens et brûler le Local avec, si ça continuait.

Le lendemain, il était venu la mort dans l'âme au Local. Blaise qui n'avait qu'un oeil et pas les deux sur Tweeter n'avait pas trop fait attention à ce poste. Disons qu'il avait l'habitude de voir les motards être comparés. Harry de son côté, avait vu passer le tweet. C'était un des techniciens qui lui avait montré. S'il avait ri et s'était humblement écarté de tout ça, ce ne fut pas le cas de Drago. Pour l'emmerder (vraiment, c'était exprès pour ça), des types de la team des Gryffondors vinrent l'agacer avec cette histoire, dont un en particulier et étonnamment, il se souvenait de son nom : Dubois, Olivier Dubois.
Évidemment, dit-il à Hermione dans un grand geste de la main, il a agi comme d'habitude : il a explosé. Il s'est battu avec Olivier. Plutôt que de les arrêter, on leur a proposé de descendre au parking. Parce qu'il voyait rouge, il avait accepté sans hésiter, passant le premier, même.
Au parking, il n'y avait pas de limites… Parce que c'était le Fight Club. Drago avait jeté sa veste au sol d'un geste théâtral, énervé comme un taureau. Olivier contre qui il comptait se battre était plus vieux, plus baraqué aussi, mais il s'en moquait bien et en vérité la dose d'adrénaline qui pulsait dans ses veines l'aurait poussé à s'attaquer à un titan s'il avait pu.
« Allé, les gars, allé, encourageait-on. »
Drago s'euphorisait des encouragements, de la violence de la bagarre qui mine de rien, ouvrait les vannes de sa frustration. Il griffait, frappait, se mangeait des coups aussi.
En face, Olivier n'était pas aussi violent. Il voulait donner une leçon à Drago, pas le démembrer. Mais c'était comme jouer avec un chat qui sort les griffes. Et s'il se défendait plus qu'il n'attaquait, Olivier retenait de moins en moins ses coups.

Et puis, Blaise descendit.

Forcément, on ne cachait pas ce genre d'affaires à Blaise Zabini, le roi du Fight Club, le cow-boy de l'arène. Il gueula un bon coup, disant d'arrêter ça.
« NON Zabini, non, cria Drago. Tu n'interviens pas ou je te prends avec !
- Drago, ça suffit !
- Blaise a raison, on devrait arrêter là, lâcha Olivier. »
Olivier savait se reprendre mieux que Drago et il inspira à fond et se passa une main sur sa bouche. Il saignait un peu. Il n'avait pas envie d'aller trop loin, pas en décembre. C'était une mauvaise idée de s'attirer les foudres de Dumbledore en cette période. Se faire virer du Local n'était pas le cadeau de Noël qu'il voulait offrir à sa famille. Drago lui, n'y pensait même pas.
En fait il n'était pas prêt à ce qu'on lui coupe la chique de sa petite baston, aussi, quand Blaise l'approcha, il le frappa.
« Mais Blaise ce n'est pas Olivier, ce n'est pas Potter, c'est… Un roc que même le vent ne peut faire bouger et il m'a rendu mon coup et ça m'a étalé au sol, comme un rien. »
Il rit en disant cela à Hermione. Au fond, c'était un peu risible, mais sur le coup, ça ne l'avait pas fait rire, encore moins quand il avait vu Harry débarquer, retenant Blaise par l'épaule, pour le défendre.
« Me faire défendre par Potter… Celui même à qui j'en voulais, parce qu'il rattrapait mes performances. Bon sang, ce con de Gryffondor et ses bons sentiments n'avait pas envie de me voir blessé… C'était l'humiliation pour moi. Alors j'ai serré les poings, j'ai frappé le sol, j'aurais pu me casser les phalanges. J'étais fou… C'est toujours le mot qui revient avec moi : fou…
- Et t'en es fier, remarqua Hermione.
- Disons que je ne peux pas y échapper. »

Il avait encore vociféré et à Blaise et à Potter de ne pas s'en mêler. Blaise ne daigna même pas lui lancer un regard. Non, il échangea un hochement de tête avec Olivier après lui avoir dit de remonter avec les autres et de faire mine de rien. Il s'occuperait de Drago avec le bon Harry. Comme si Drago avait envie de voir leurs sales têtes à ce moment, hein. Mais tout le monde se fichait bien de ses envies. Il rapporta à Hermione que c'était comme être un patient d'hôpital psychiatrique qu'on materne. Il ne manquait plus que la médication !
Dans un même temps, Harry alla le voir et lui tendit une main pour l'aider à se relever. Drago, s'il lui saisit la main, ne put s'empêcher de faire le con : il tira dessus, le fit chuter et le frappa.
« J'avais envie de tuer tout le monde, surtout lui. J'avais déjà le sentiment de plus avoir d'échappatoires. Je me sentais pris dans un étau qui se resserrait de plus en plus sur mon thorax. Sans pouvoir le formuler concrètement, je savais que Potter et son talent finiraient par m'évincer. Et j'avais beau me démener sur le terrain, rien n'y ferait. Rien… Et en plus il avait le culot de me tourner innocemment autour. »

Harry ne pensait certainement pas qu'en tendant gentiment sa main, il se ferait déchiqueter par un tigre. Blaise vint aussitôt à eux, pour les séparer. Ça fut plutôt difficile, la colère et une certaine dose de désespoir avaient décuplé la force de Drago. Il donnait des coups dans tous les sens.
Blaise récupéra finalement la veste que Drago avait précédemment jetée et, comme on essaierait d'immobiliser un fauve aux griffes sorties, il la balança sur sa tête et le serra de ses bras. Aveuglé et surpris, Drago eut un temps de pause suffisant, pour que Harry vienne lui attraper les avant-bras pour l'empêcher complètement de bouger.
« Calme-toi Drago, intima Blaise dans un râle.
- Lâchez-moi ! Lâchez-moi tous les deux ! »
Il hurla, la voix heureusement étouffée dans sa veste, car il y avait déjà suffisamment d'écho de leur rixe dans le parking. Il se débattit, paniquant de plus en plus. Il avait la sensation d'étouffer, la gorge écrasée par… par il ne savait quoi. Son coeur battait à tout rompre et en même temps, il avait envie de vomir.
« Un peu comme si je faisais une crise cardiaque et ça me faisait très peur, dit-il plus doucement d'un coup. Ça fait cinq ans et j'en garde un souvenir très intense. »
Hermione se pencha légèrement en avant et tout bas comme lui, ajouta :
« Tu as fait une crise d'angoisse ?
- C'est ça, oui. Avoir des témoins, je pense que ça a tout empiré. Je n'arrivais pas à me resonner.
« Hummm… Quand je repense à toute cette histoire, ça me laisse un goût étrange. Ces crises étaient ma phobie et en même temps, après j'étais vidé au point d'être plus tolérant avec les autres. C'est triste hein ? Il faut toujours que je me mette mal pour mieux me détendre… Même moi, je ne comprends pas pourquoi je fonctionne comme ça… »
Il se parlait à lui-même plus qu'à Hermione. Elle retint un petit soupir. C'était un petit con imbu de lui-même, froussard et angoissé… Mais elle n'avait pas les idées assez claires pour le trouver totalement mauvais. Et puis, il était beau et sa fragilité était mêlée d'une force et d'une passion pour la moto qui poussait au respect. Il était entêté et d'une mauvaise foi qui rendait encore plus émouvantes ses brèves chutes.
Tout ça doublé de sa facilité à se raconter. Elle ne douta pas qu'il avait utilisé ses cinq années à digérer sa vie au Local et sa relation avec Harry. Il devrait écrire un livre, il finirait best-seller plaisanta-t-elle.
Ce beau conteur avait dû s'analyser jusqu'à être capable de la retranscrire de A à Z, en tournant les faits à sa guise…
À sa guise, oui. Harry lui avait déjà raconté cet épisode et il avait décrit Drago comme un gamin brisé plutôt qu'un fauve hargneux. Un bout de garçon qui avait fini dans ses bras à sangloter, sans pouvoir s'exprimer. Est-ce que Drago évoquerait ça ?
« Aussi, reprit-il, lorsque Blaise a retiré la veste de ma tête, j'étais au bord de la crise d'apoplexie. Je devais être effrayant. Imagine, j'étais par terre, les deux mains sur le coeur, le souffle court, des larmes plein les yeux et la bouche pâle. Terrifiant… C'est quelque chose qui plaisait à Potter.
- Je ne pense pas, coupa Hermione, qu'il aimait te voir souffrir, comme tu le prétends.
- C'est bon, c'est bon hein ! À me repasser toute notre histoire, j'ai fini par comprendre qu'il avait le syndrome du sauveur. Tu vois où ça nous a menés. Le Fresh Mode et le reste…
- Drago, il faut que tu passes à autre chose…
- Les crises d'angoisses n'ont pas disparu. Le reste non plus. Alors passer à autre quoi ? Je suis toujours dedans. Je suis toujours il y a cinq ans, dans un parking, à pleurer ma race, avec un Potter bien fier. »

Blaise avec sa force mentale à toute épreuve, avait demandé à Harry de rester avec lui et de lui parler jusqu'à ce qu'il se calme, tandis que lui monterait pour vérifier que tout allait bien avec Olivier.
« Dès qu'il va mieux, tu l'emmènes aux vestiaires et tu lui commandes un Uber ? »
Harry hocha brièvement la tête. À voix basse, Blaise lui demanda de ne pas trop l'accabler.
Alors Harry et Drago se retrouvèrent seuls. Doucement, il posa une main sur son épaule et la glissa jusqu'à sa main, posée sur son coeur.
« Tout va bien, Drago… Essaie de te calmer. »
Il lui prit avec lenteur ses deux mains. Drago le laissa faire, en secouant vivement la tête. Rien n'allait. La moto, ses exams, la pression de ses parents. Tout ça tournait dans sa tête avec une force vertigineuse. Les sanglots coincés dans sa gorge sortirent brusquement et il s'arracha des mains de Harry, pour mieux se reculer sur le sol et se cacher le visage dans les genoux.

Au bout d'un moment, d'une voix un peu cassée, Drago parvint à prendre la parole. Avec une rare honnêteté et un besoin fou de se confier à quelqu'un, il commença à raconter l'histoire du tweet ou plutôt son ressenti :
« Je me suis réveillé hier, avec ce tweet qui nous comparait. Ça m'a détruit. J'en peux plus. C'est trop dur de garder tout le temps la tête haute, d'être toujours dans les starting-blocks… Moi à la base, je voulais juste faire de la moto… J'comprends pas comment j'en suis venu à tout ça… Comment ça a pu autant dégénérer ? Je suis fatigué Potter, tellement fatigué…
- Qu'est-ce qui te pousse à te mettre autant la pression ? »
De nouveau, Harry fit une tentative d'approche. Il posa une main dans ses cheveux, puis dans sa nuque. Cette fois-ci, Drago ne le repoussa pas, mais enfoui davantage son visage dans ses genoux.
« Je sais plus, c'est comme ça. Ça me dépasse j'te dis… C'est devenu normal. La haine, le succès, l'envie de gagner, tout ça, c'est en moi… Je ne sais même pas si je peux vivre autrement.
- Hum… C'est une phase, je pense. Tu es hyper stressé en ce moment, Blaise m'a parlé de tes examens… Tu iras mieux quand ça sera passé.
- Tu ne sais rien de moi, arrêtes d'imaginer des trucs qui sont faux ! Je sais que ça ne s'arrêtera jamais.
- Drago, tu ne te confies jamais, comment veux-tu qu'on sache ce qui se passe dans ta tête ? J'essaie de te comprendre, vraiment j'essaie, mais je ne peux pas t'arracher les vers du nez, constamment.
- Mais je ne te demande rien, laisse-moi tranquille ! »
Harry lâcha un profond soupir, mais se retint d'ajouter quelque chose. Blaise avait précisé de ne pas l'accabler, il valait mieux l'écouter.
« Tu ne veux pas monter te débarbouiller et te changer aux vestiaires ? Je vais t'appeler un Uber.
- Potter, monte et lâche-moi la grappe… J'irai aux vestiaires quand j'en aurai envie. »

Drago dit à Hermione que Harry monta en premier après ça. Dans la version que Harry avait confiée à Hermione, ça ne se passait pas exactement comme ça. Il lui avait dit avoir passé au moins une demi-heure à croupir dans le froid du parking, tenant Drago tout contre lui, qui pleurait à chaudes larmes. Il l'avait réconforté et puis appelé un Uber.
Drago lui, dit qu'il était monté se laver le visage un moment après que Harry soit parti. Il l'avait retrouvé dans les vestiaires juste après. Il l'attendait, apparemment inquiet.
Sans un mot, Drago avait ouvert son casier pour récupérer ses affaires.
« Je t'appelle un Uber ?
- Non. Je rentre en moto.
- Ce n'est pas une bonne idée, tu sais…
- Ce n'est pas parce que j'ai pleuré que je ne sais plus conduire.
- Oh, arrête… Tu n'as pas fait que pleurer.
- La ferme. »
Il claqua fort la porte de son casier et se tourna vers Harry. Il avait encore les yeux rouges et les lèvres légèrement tremblantes. Visiblement, il n'était pas bien remis de tout ça.
« Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser…
- Bon Dieu Potter, tu ne peux pas juste me laisser tranquille ? Sors d'ici ! »
De nouveau sous le point de craquer, Drago espérait qu'il s'en aille.
Harry se leva du banc, mais plutôt que de partir, il s'excusa une nouvelle fois et vint se mettre devant lui.
« Dis-moi que tu vas bien. Dis-le-moi dans les yeux, sans mentir et je te laisse.
- Je vais bien, grinça-t-il.
- Drago, tes yeux vont exploser tellement tu retiens tes larmes. »
Il se passa l'avant-bras sur ses yeux et respira un grand coup.
« Je vais bien, répéta-t-il.
- Hum… »
Harry prit son poignet et l'écarta de sa figure.
« Quoi, tu veux quoi, tu me veux putain de quoi ?!
- Juste là… Maintenant, laisse-toi aller, je ne le dirai jamais à personne. »

C'était ça, la patience mal placée de Potter qui aurait raison de lui et de sa santé mentale. Même en le racontant là, à Hermione, Drago ne comprenait pas pourquoi il se démenait toujours autant pour lui. Pourquoi, il continuait sans relâche de lui courir après en s'appliquant à répondre à sa haine par des gestes doux.
« Est-ce qu'il te l'a raconté ? demanda-t-il à Hermione.
- Quoi donc ?
- Ce qui s'est passé aux vestiaires à ce moment ? Parce qu'à l'époque, il m'avait promis de ne rien dire.
- Il… Il n'a pas parlé du vestiaire Drago. Il a dit que dans le parking tu as beaucoup pleuré et qu'après tu étais rentré chez toi.
- Oh. Et qui crois-tu ?
- Je ne sais pas… Que s'est-il passé dans le vestiaire ? »

. . .

Drago tira sur son poignet pour le défaire de la main de Potter tout en le regardant dans les yeux. Se laisser aller, qu'est-ce que ça voulait dire ? Attendait-il qu'il se mette à pleurer ou hurler à la mort, toutes ses angoisses ? Il n'en fit rien et renifla en lui demandant de lui foutre la paix. Il lui avait dit au parking qu'il était fatigué, ne pouvait-il pas le comprendre, ça ? Drago avait envie de rentrer chez lui et de se plonger dans ses draps.
« Pourquoi tu m'insultes tout le temps ?
- Oh pitié Potter, je veux rentrer chez moi, pas parler de ça maintenant… Laisse-moi. Laisse-moi, laisse-moi, répéta-t-il en boucle. »
Tout en disant ça, il se recula contre le casier. Harry l'y coinça sans forcer. Drago se cacha le visage dans les mains. Il était à bout. Il voulait être seul, qu'il arrête de lui manger son air, avec ses bons sentiments.
Une rage indicible monta jusqu'à en faire rougir ses joues. D'un geste nerveux et chaotique, il agrippa Harry pour le pousser en arrière.
« Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans ce que je te demande ?! Je ne suis pas comme toi, j'n'aime pas avoir une clique de gens autour de moi ! Alors fou le camp ! Lâche-moi t'entends ?! Laisse-moi seul ! Je veux être seul et tranquille, fumer et faire de la moto ! Pas t'avoir sur le dos chaque seconde, dans chaque recoin de couloir ! »
Harry l'écouta et le repoussa à son tour sèchement. Drago se prit un loquet de casier dans le dos et siffla de douleur.
« Si je te laisse seul, tu vas faire quoi ? En vouloir encore plus au monde entier ! T'es… T'es parfois pathétique, tu sais ? Inatteignable et pathétique ! Tu ne te rends même pas compte je suis sûr, de la chance que tu as d'avoir quelqu'un comme Blaise, qui continue de veiller sur toi malgré la merde que tu fais. T'es doué en moto, mais hors de ça, t'es… Je ne sais même pas ce que tu es, puisque tu ne parles pas de toi !
- Merci Potter, oh merci, si c'est pour me dire ça, tu peux prendre la porte.
- Je ne veux pas t'enfoncer, ce n'est vraiment pas ce que je veux, tu le sais. Je voudrais juste qu'on soit proche.
- Mais merde, le coup à la mine ne t'a pas servi de leçon ?!
- Je suppose que non. »
Drago lâcha une plainte d'agacement et se laissa lentement glisser le long de ses casiers, pour s'asseoir.
Il défit le haut de sa combinaison et se frotta le visage des deux mains ensuite. Il réfléchissait, faisait le point ou faisait mine de le faire. Ça avait au moins le mérite de lui faire ravaler ses larmes.
Harry s'accroupit lentement face à lui.
« Potter » reprit Drago après un moment, une pointe hésitante et fatiguée dans la voix.
« J'aurais pas la force de te repousser à vie… J'le sais. Mais là je ne peux pas. Je ne peux pas du tout.
- Je sais Drago. Mais après tes examens, après Noël…
- Ne parle pas d'après, j'ai pas envie de penser à de l'après. Juste… »
Il rejeta légèrement sa tête contre les casiers et ferma les yeux.
« Juste maintenant, si tu le dis à personne… Promets d'ailleurs de ne le dire à personne…
- Je te promets tout ce que tu veux, murmura Harry avec un soupçon d'espoir.
- … Juste là alors. Juste maintenant j'ai besoin de quelqu'un. J'ai besoin qu'on me dise que je ne vais pas tomber dans le fond.
- Drago, tu sais que ça n'arrivera jamais.
- Dis-le-moi. »
Il rouvrit les yeux sur Harry et ce dernier hocha la tête.
« Tu ne tomberas jamais. Je ferai en sorte que ça n'arrive jamais.
- Et tu feras comment ? »
Rit-il de bon coeur, bien qu'un peu fragile encore ? Dans le fond de sa gorge, les sanglots étaient encore là.
« J'en sais rien, Drago… Je ferai en sorte que tu sois toujours le meilleur en moto.
- C'est ça oui, tu perdras exprès face à moi ? Je n'ai pas envie de ça.
- Je ne sais pas ce que je ferai.
- Et si je tombe malgré tout ? Si un jour, je ne peux plus faire de moto ? Si un jour, je coule vraiment, tu feras quoi ?
- … Je ferai en sorte de couler avec toi. »
Drago le regarda dans les yeux et hocha vaguement la tête, ne le croyant pas.
« Potter, la moto, ça sera terminé pour moi, si je perds une place dans le Top 10.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- C'est le deal avec mon père. Si je descends, c'est terminé. Et je ne peux pas faire autrement. C'est lui qui paye tout. Alors, réfléchis bien, quand tu te proposes de couler avec moi… Parce qu'un jour ou l'autre ça arrivera et là… Là ça sera la fin de tout… Pour moi en tout cas. »
Comme Harry ne répondit pas, Drago supposa qu'il se rendait compte de la stupidité de sa proposition. Couler pour lui, pensa-t-il encore. Qui pourrait faire ça, sans être complètement fou ?
« Je serai toujours là. Je trouverai des solutions, mais… Mais laisse-nous une chance à toi, à moi. »
Disant cela, Harry se pencha vers lui. Drago le tint légèrement écarté d'une main.
« Tout ça, ça ne veut rien dire… Tes mots ne sont que des mots.
- Peut-être que ça finira par prendre son sens, ou pas. Mais là de suite, je suis là pour toi, Drago.
- Ne le dis à personne alors, Potter. Ne dis à personne que j'ai besoin de toi… Parfois.
- Jamais. »
Avec un mince sourire, Harry l'embrassa. Drago passa ses bras dans sa nuque. Pour cette fois-ci, il accepterait un peu d'être faible. Il en avait besoin. Et puis, la promesse que lui faisait Potter avait un goût de cadeau de Noël.

Cet avant-goût de Noël les poussa à plus que de simples baisers, ce jour-ci. Et si Drago avoua à Hermione qu'ils couchèrent ensemble, cette dernière secoua la tête :
« Ce n'est pas ce que tu m'as dit, ce n'est pas ce que m'a dit Harry.
- Peut-être, je ne me rappelle plus ce que je t'ai dit concrètement. Mais puisque je lui ai fait promettre de se la fermer sur ce qui s'est passé ce jour-ci, alors il a bien fallu inventer autre chose pour la suite.
- Et qui me dit que tu dis la vérité maintenant, hein ?
- Personne, Miss Granger, personne. Mais avoue que ça remettrait tout en question, si ce que je te disais, c'était vrai.
- C'est pour ça que j'ai du mal à te croire. Parce que tu es clairement en train d'insinuer que le Fresh Mode ce n'est pas juste un coup de tête de la part de Harry… Et que tu le savais.
- Peut-être. Mais ça ne veut pas non plus dire que je m'attendais à ce qu'il le fasse vraiment et que je sois présumé coupable de sa merde. Je veux juste te dire que Harry ne joue pas forcément franc jeu avec toi. Que tu es beaucoup trop crédule ! Lui comme moi, on peut bien dire ce qu'on veut, tu sais ça ? Je peux inventer et réinventer mille fois notre histoire, si tu le veux. Et lui aussi.
- Je… Je ne te suis plus, Malefoy. »
Drago se défit du muret et s'alluma une cigarette, fourrant son autre main dans sa poche.
« C'est moi qui lui ai dit un jour que le plus simple pour tomber avec moi, sans qu'il y ait de vrais perdants, ça serait de saboter sa moto ou la mienne. Il y avait déjà eu des affaires similaires par le passé. De là à croire qu'il a ruminé mon idée…
« Avant le Fresh Mode, il m'en a reparlé… Il m'a dit ce qu'il comptait faire, souffla Drago en même temps que sa fumée. Il me l'a dit, sans tout me préciser. Et si le jour J, j'étais nerveux et pas bien, ce n'est pas seulement parce que j'angoissais à l'idée de perdre. C'est également parce que je savais qu'il avait saboté une de nos motos.
- Alors tu savais tout… Mais l'hôpital et le reste ? Harry culpabilisait tellement. Je ne comprends pas.
- Dès la première seconde, quand je suis allé à l'hôpital, je savais oui… Tu comprends maintenant, pourquoi quoiqu'il arrive, je ne pouvais pas aller chez les flics ? Je suis un peu… Voire totalement coupable de sa bêtise... Quant au fait qu'il culpabilise, il a bien raison, il a foutu ma vie en l'air.
- Il y a beaucoup de choses qui ne collent plus dans ton histoire, Drago. Il y a beaucoup de choses qui ne collent plus dans l'histoire de Harry maintenant. Je ne suis pas sûre que tu sois vraiment honnête. Et pourquoi tu aurais tellement de haine envers lui, à présent, si après tout, t'es vraiment coupable ?
- Parce que MOI jamais je n'aurais fait cette bêtise ! Tu es sourde ou quoi ? Je t'ai dit que j'avais balancé l'idée comme ça, ce crétin a décidé tout seul de la mettre en exécution !
- Je ne te connais pas bien Drago, mais avec tout ce que tu dis, ce que tu as fait promettre à Harry, t'avais mille fois la possibilité de le pousser à faire marche arrière. Tu aurais pu lui dire non. Tu aurais pu lui dire que c'était de la folie, si tu le pensais vraiment. Je connais Harry, il t'aurait écouté.
- Je ne pouvais pas…
- Pourquoi ?
- Je n'avais pas envie de perdre. Il était hors de question que je perde face à lui.
- Drago… »
Il leva sa cigarette à demi-consumée vers le ciel et regarda la braise rougeoyer un instant, avant de remporter à ses lèvres, le filtre.
« J'ai eu cinq années pour regretter son entrée dans ma vie. Je l'ai tellement détesté et c'était si simple en même temps… Même sans lui j'aurais dû arrêter un jour la moto. Mais sa simple présence… ça a tout catalysé. J'avais quelqu'un sur qui passer mes nerfs. Il se trouve que l'amour et la haine se sont bêtement emmêlés. Je dois l'aimer parce que je le déteste et je dois le détester parce que je l'aime, Granger. Rien que pour ça, tu ne l'auras pas totalement, parce que ton Potter, il fonctionne au moins un peu comme moi. Alors, laisse tomber. Trouve-toi un garçon plus simple. Tu n'es pas ce dont il a besoin. »
Le thermos de thé de Hermione était vide. Elle le secoua d'une main sans lui répondre. Il avait peut-être raison, mais il avait peut-être tort également. À les laisser tous les deux, ils finiraient par s'entretuer. Et de toute façon, ils partaient le lendemain. Drago Malefoy disparaîtrait.

Elle sortit son téléphone, tandis que Drago restait dos à elle, à regarder la lune et les étoiles.
Elle avait reçu plusieurs sms de la part de Ron. De Harry aussi, qui lui demandait où elle était. Elle ne lui répondit pas, mais ouvrit les messages de Ron.
Où en était-elle ? demandait-il. Devait-il faire quelque chose ? Qu'elle lui réponde dès qu'elle le pouvait.
Elle lança un regard vers la silhouette de Drago, une moue indescriptible sur les lèvres et envoya à Ron « tu peux les envoyer ».
Ce message encore mystérieux dans l'instant, fut à la fois un soulagement et une brique dans son ventre. Elle serra son téléphone des deux mains, fixant l'écran. Ron répondit un « ok » et elle inspira profondément.
« Drago, appela-t-elle. Tu ne m'as pas encore raconté ce que tu fais avec Harry depuis que vous vous êtes retrouvés. Ni comment tu es parti de chez Théodore pour te retrouver ici, avec ce Jédusor.
- Ah, tu as encore le coeur à m'entendre parler, avec tout ce que je t'ai déjà dit, s'étonna-t-il presque.
- Il faut bien quelqu'un pour recueillir ton histoire et puis… C'est comme ça qu'on marche, non ? »
Elle aimait Harry et il aimait Drago.
Elle aimait Drago et il aimait Harry.
Elle n'avait pas vraiment de place entre eux deux et pourtant, de leur faute, elle était mêlée à tout ça.
« Je ne savais pas qu'on avait un deal toi et moi à ce niveau-là. Mais après tout… Après tout, oui, pourquoi pas. »

Il était deux heures du matin et ils reprirent leur marche sur cette petite route.


Pourquoi, qu'est-ce que je raconte là-dedans ? Bonne question.

(Oui ça part en WTF cette histoire, mais eh, ça fait de la lecture ^^'' !)

Prochain chapitre il y aura du Théodore, du Jédusor, du Pottosor... Sans doute, selon.