Notes de l'auteure :
Bonsoir tout le monde !
Voici le chapitre 13 ! Et je n'ai qu'une chose à dire : préparez les mouchoirs !
Bonne lecture ^^
Chapitre 13
Allongé sur son lit, Stiles observait l'écran de son téléphone, dans l'espoir de voir apparaître une notification qui lui indiquerait qu'il avait reçu un message ou un appel. Mais l'appareil restait désespérément noir. Derek ne l'avait pas appelé depuis deux semaines et il n'avait pas eu de nouvelles depuis encore plus longtemps. Il n'avait pas osé se représenter chez lui, après ce qui était arrivé et ses tentatives de contact par téléphone restaient sans réponse. Il commençait doucement à paniquer, comprenant qu'il avait dû faire quelque chose de mal, quelque chose qui avait poussé Derek à vouloir se tenir éloigné de lui mais il n'arrivait pas à voir quoi.
C'était ce qu'il y avait de pire, le fait de ne pas savoir. Car s'il ne savait pas ce qui avait pu offenser le jeune homme, il n'avait ainsi aucune chance d'espérer résoudre le problème. Il aurait pu tenter de contacter Laura mais il n'avait vraiment pas envie de la mêler à ses histoires. C'était trop intime. Trop personnel.
Soupirant pour la énième fois, il balança le mobile qui rebondit sur le matelas, et ne bougea plus, les yeux fixés sur le plafond. Comment était-il supposé arranger la situation si Derek refusait même de lui parler ? Il n'était pas devin, il n'était pas censé deviner ses pensées. Les relations ne devaient-elles pas reposer sur la confiance et la communication ? N'étais-ce pas ce qu'on racontait dans tous les magazines ? Le simple fait qu'il s'appuyait sur des magazines pour évaluer sa relation était-il une raison valable pour l'ignorer ?
Stiles perdait la tête. Cette situation le rendait physiquement malade et il avait besoin de mettre les choses au clair. Mais comment faire ?
Son père avait commencé à s'inquiéter de son comportement mais il avait réussi à lever les soupçons en indiquant que l'approche des examens était ce qui l'angoissait réellement. Ce dernier apparut dans l'embrasure de la porte, portant son uniforme, la mine soucieuse.
« Je reviens ce soir, » Noah l'avertit. « Tu devrais essayer de sortir un peu, te faire des soucis pour tes cours ne te sera d'aucune aide. Tu as révisé énormément pour ça, je suis certain que ça ira. »
Stiles lui lança un sourire mais qui n'atteint pas ses yeux, ces derniers glissant vers le tas de papiers que le shérif tenait entre ses mains.
« On dirait que tes journées s'annoncent plus compliquées, finalement, » Stiles releva, en faisant référence à la paperasse.
« Ce sont les dossiers de candidature. J'ai donné rendez-vous aux derniers d'entre eux ce midi. Ton petit-ami passe avec Chandra, j'ai pensé que ce serait une meilleure idée. »
L'adolescent se leva si soudainement que sa vision fut brièvement trouble.
« Derek ? Derek va passer à ton bureau ? »
« Il ne te l'a pas dit ? » s'étonna son père.
Bien sûr que non.
« Si, si, » il balbutia. « Tu me connais, j'oublie toujours tout. Je passerai t'apporter ton déjeuner, je ne veux surtout pas que tu ne perdes tes bonnes habitudes. »
« Ne te sens surtout pas obligé, fiston. » souffla l'autre, le saluant avant de fermer la porte derrière lui.
Mais ce n'était pas comme s'il avait le choix. Derek refusait de lui faire face. Et son père venait de lui offrir une parfaite occasion pour l'obliger à le faire quand même. Il s'en voulait d'avoir pensé à utiliser l'excuse de sa santé pour s'y rendre. Mais il rangea sa culpabilité dans un coin, reconnaissant que sa venue au commissariat, remplirait ainsi deux buts en un. Mué par une vague de détermination nouvelle, Stiles alla dans la cuisine, avala un petit déjeuner copieux et commença à préparer le repas de son père. Le faisant, il s'entraîna dans sa tête, en répétant les phrases qu'il pourrait dire au brun, une fois qu'il l'aurait sous la main.
Il ne devait pas paraître trop mal en point ou touché par sa soudaine distance. Après tout, le but n'était pas de le faire fuir pour de bon. Il devait se montrer neutre, compréhensif mais ferme, attendant des réponses à ses interrogations. Il pouvait le faire. Tout ce qui comptait pour lui, c'était de pouvoir recoller les morceaux. Il était prêt à salir un peu son honneur et à rabaisser sa fierté pour y arriver. Derek en valait largement la peine. Une fois qu'il eut fini, il emballa la nourriture dans des Tupperware avant de les mettre dans des sacs.
Lorsque midi approcha, il prit les clés de sa voiture, et croisa les doigts pour que tout se passe pour le mieux. Il était arrivé avec un peu d'avance et Derek n'était visible nulle part. Cherchant à gagner du temps, il resta avec les autres employés, papotant un peu, tout en gardant la conversation qu'il avait programmée, à l'esprit. Parrish était là et le jeune homme, toujours aussi poli, s'intéressa à ce qu'il faisait en ce moment, cherchant à savoir s'il avait déjà postulé pour des universités. Bizarrement, la question de son avenir ne l'angoissait plus autant qu'avant. Il était trop occupé à se faire un sang d'encre au sujet de sa relation qui menaçait de voler en éclats.
Malgré son inattention, il prit la peine d'échanger également, ne voulant pas paraître grossier. Mais chaque fois que la porte d'entrée s'ouvrait, il ne pouvait s'empêcher de lancer des regards avides, à la recherche d'une figure bien particulière. Il commençait sincèrement à se demander si Derek allait venir, lorsqu'il fut treize heures. Son père avait déjà englouti le repas qu'il avait ramené et les autres boîtes avaient été partagés entre le reste des collègues présents. Jordan ne parut pas remarquer son manège, continuant de lui sourire sereinement. Stiles pensa alors à quel point tout aurait été plus simple pour lui s'il était tombé amoureux d'un gars comme Parrish. Il était gentil, doux, agréable et toujours prêt à rendre service.
Derek était son opposé. En surface. Mais il fallait creuser pour comprendre qu'il n'était pas l'être bourrin pour lequel il aimait se faire passer. Pourtant, c'était lui que Stiles avait dans la peau. Lui qui occupait ses pensées. Mais contrairement à Parrish qui était aussi facile à déchiffrer qu'un livre ouvert, Derek semblait cacher quelque chose, une histoire douloureuse qu'il désirait conserver à tout prix. Et Stiles, dans tout ça, était un peu perdu.
La porte s'ouvrit soudainement et Stiles se trouva le souffle momentanément coupé. Derek se tenait près du comptoir et l'adolescent le lorgna sans vergogne après avoir dû être éloigné de lui si longtemps. Mais il ne pouvait pas encore le rejoindre. Il devait attendre qu'il termine son rendez-vous avec Chandra. Après, il pourrait le faire.
Il aurait juré que Chandra était en train de le cuisiner tant leur réunion s'éternisa. Il avait eu le temps d'aller aux toilettes trop fois pour passer de l'eau sur son visage. Lorsqu'enfin, il sortit, Stiles bondit sur ses pieds, le rattrapant en quelques enjambées, prenant le temps de se placer entre lui et la porte. Encore une fois, c'était comme si Derek avait perçu son arrivée avant même qu'il ne le voit car Stiles constata que ses épaules s'étaient tendues.
« Eh. »
Très éloquent, Stiles.
« Euh, tu n'as pas répondu à mes messages. »
Bon Dieu, il était pitoyable. Où était donc passé le monologue qu'il avait si sérieusement conçu ? Au lieu de ça, il peinait à aligner trois mots.
Derek quant à lui, portait une expression affligée, comme si se trouver à côté de lui était douloureux. Stiles tenta de ne pas en tenir compte.
« J'ai été occupé. »
Sa voix n'avait pas changé. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Derek était exactement la même personne. Seulement, aujourd'hui, Stiles paraissait être le dernier individu qu'il voulait voir.
« Au point de ne pas pouvoir me dire que tu allais bien ? » Stiles répliqua, un peu trop durement.
Il sentait qu'il perdait pieds et laissait sa frustration des derniers jours s'emballer. Il fallait absolument qu'il reprenne le contrôle.
« Ecoute, je me suis fait du souci. Je suis désolé d'être venu à l'improviste, l'autre soir. Je te jure que je ne l'aurais pas fait si j'avais su à quel point ça te blesserait. »
Derek soupira, mais son regard parut récupérer un peu de chaleur et Stiles se détendit légèrement.
« Ne t'excuse pas, j'ai… » Il était à court de mots, bataillant pour lui avouer Stiles ne savait quoi mais il continuait à le fixer avec attention, ses yeux bruns presque fragilisés.
« Ça a été une semaine difficile. » Derek termina plutôt.
« Je comprends. Vraiment. » Stiles voulait par-dessus paraître sincère. « On n'est pas obligés d'en parler. Tu as le droit de garder des choses pour toi, c'est normal de ne pas vouloir tout partager. Je le sais, j'ai tendance à fourrer mon nez partout, surtout lorsqu'il n'est pas demandé. »
Derek se tenait de manière trop droite, les sourcils froncés et la bouche pincée, comme s'il était une nouvelle fois pris d'assaut par une douleur lancinante, causée par les mots que Stiles employait. Il ne comprenait pas, Stiles n'avait rien dit de mal sur lui, pourtant. A l'inverse, s'il avait eu des mots un peu brutaux, c'était sur lui-même, et non sur Derek.
« Comment s'est passé ton recrutement ? » Il essaya d'alléger l'atmosphère.
« Je n'aurai les résultats que mardi prochain. »
« Je suis sûr que ça s'est très bien passé. »
Stiles en était persuadé. Si quelqu'un était bien capable de faire régner la loi d'un seul regard, c'était bien Derek.
« Alors, tout va bien ? Entre nous, tout va bien ? »
Il n'aurait pas pu être plus vulnérable, à ce moment, même s'il l'avait voulu. Il aurait aimé adopter un air détaché, afin de montrer que tout ne dépendait pas de ce que l'homme allait lui répondre.
« Oui, Stiles. Tout va bien. »
Son ton à lui était presque monotone, comme s'il sermonnait un enfant mais Stiles aurait pu sauter au plafond, tant il fut soulagé de l'entendre dire ça. Il n'avait plus à s'en faire, désormais. Même si tout était loin d'être réglé, il savait au moins que Derek n'avait pas abandonné. C'était tout ce qu'il demandait.
« Il faut vraiment que j'y aille. Je t'appellerai, » promit-il et l'adolescent hocha vivement la tête.
« D'accord. »
Il le regarda partir, l'esprit un peu plus léger que lorsqu'il était entré. Son père, qui aidait un de ses lieutenants à remplir un dossier, avait observé leur échange d'un peu plus loin. Quand Stiles le rejoignit, il plaça une main sur son épaule.
« Eh, ça va fiston ? »
« Je crois que oui. »
Ça irait.
O
« Tu crois que c'est la maison qui l'angoisse ? Peut-être bien qu'il a reçu un coup de fil et qu'on lui a appris qu'il a des choses à rembourser. »
« Il en est propriétaire, Scott. Ce n'est pas la maison. » Stiles soupira.
Il n'avait pas touché à son assiette. Derek avait promis de lui téléphoner et une nouvelle semaine s'était écoulée sans un signe de vie. Stiles commençait à être sur le qui-vive. Il avait évoqué avec Scott les tensions qui existaient entre eux ces derniers temps et celui-ci cherchait désespérément à en trouver la raison, persuadé qu'il ne pouvait s'agir du comportement de son meilleur ami.
« Alors, peut-être que ça concerne Laura. Tu m'as bien dit que tu l'avais trouvé drôlement pâle, l'autre jour ? »
Il était vrai que Laura s'était comportée étrangement. Mais elle n'avait pas été la seule. Erica, Boyd et Isaac étaient réapparus en cours de semaine, prétextant avoir tous les trois attrapés un vilain rhume, qui les avaient cloués au lit. Même Scott n'avait pas cru à leur baratin. Si le couple n'avait sa pause déjeuner que dans une heure, Isaac était avec eux, le visage si blanc qu'il était impossible de ne pas se douter que quelque chose se tramait.
« Isaac, tu es avec nous ? » le réveilla Scott, en passant une main devant son visage.
« Ouais, désolé. »
« Tu es proche des Hale. Tu dois bien savoir ce qui se passe en ce moment, pas vrai ? »
Isaac parut affolé, les yeux ronds, tel un faon devant les phares d'une voiture.
« Tu n'as pas à t'en faire à propos de tout ça. Derek est… Derek est simplement un peu stressé avec les histoires de notaire et de papiers à remplir. Il te contactera dès que tout ça sera terminé. »
Il mentait. Stiles pouvait le lire sur son visage. Mais il avait l'air si angoissé, sa respiration soudainement plus rapide, comme s'il était littéralement incapable d'en dire plus, que cela poussa Stiles à le laisser tranquille.
« Mais… »
« Ça va Scott, laisse-le respirer. Il a dit que tout roulait. » le coupa Stiles, en ne quittant pas le blond du regard.
Celui-ci déglutit et Stiles eut la confirmation qu'il cachait bien quelque chose pour il ne savait quelle raison. Il avait envie de le secouer, de lui hurler au visage, de le supplier de lui révéler ce qui clochait mais il savait que ça n'arriverait pas. Au lieu de ça, il abandonna les deux garçons, l'appétit coupé, rangea son plateau et se rendit à la bibliothèque.
Il resta caché là-bas les deux heures suivantes, ne reprenant les cours qu'à quinze heures. Forcé son esprit à se concentrer sur ses devoirs ne fut pas aisé mais eut au moins le résultat de lui faire un tant soit peu oublier ses soucis. Il se lança dans le travail avec une ardeur nouvelle, gribouillant sur ses feuilles jusqu'à en avoir mal aux mains. Prenant tout l'espace disponible autour de lui, il éparpilla surligneurs, critérium et post it, dans une sorte de champ de bataille. Il pensa ne pas être capable de rédiger quoi que ce soit, ou d'avancer dans ses exercices mais il n'en fut rien. Perdu dans cette bulle qu'il se força à construire, il termina ce qu'il lui restait à faire pour les jours à venir et ressentit une certaine satisfaction malgré la fatigue.
Retournant en classe, il fut particulièrement reconnaissant d'avoir Scott à ses côtés. Ce dernier tentait tant bien que mal de le distraire, alors qu'ils discutaient à voix basse, essayant de ne pas se faire remarquer par leur professeur.
« Tu sais, avec Kira, on a aussi parfois des moments où on ne se parle pas. Bon, pas pendant plusieurs jours, mais je ne pense pas que ça soit si dramatique que vous preniez un peu de distance. »
Stiles leva un sourcil, peu impressionné par cette soi-disant distance et Scott glissa :
« D'accord, je lui envoie des textos tous les jours, c'est vrai. Mais tu n'es pas moi. Tous les couples ne se ressemblent pas et c'est une très bonne chose. Tu as très bien réagi, crois-moi, beaucoup l'aurait envoyé se faire paître. Il a besoin de temps pour lui, alors, tout ce qu'il te reste à faire, c'est de lui montrer que quoi qu'il arrive, tu seras présent lorsqu'il sera prêt. Il a de la chance de t'avoir. »
« Tu le penses ? »
« Pas une seconde mais je suis ton meilleur pote et il faut que je trouve de quoi t'égayer un peu, c'est mon rôle. » Scott plaisanta, cognant gentiment son épaule contre la sienne.
« Merci, Scotty. »
Levant les yeux pour vérifier que le prof continuait son cours, ce dernier ajouta.
« Et puis, si ça se trouve, il traverse une crise, genre celle des trente ans ou un truc comme ça. »
« Il en a vingt-cinq, » soupira Stiles en levant la tête.
Scott balaya ses propos d'une main.
« C'est pas de ma faute si tu sors avec un mec qui ressemble à un gardien de prison. T'as vu sa barbe, on dirait celle un ancien catcheur. »
« S'il te plaît, tais-toi. »
A la fin des cours, ils rentrèrent chacun de leur côté, Scott sur sa moto, et Stiles, dans sa Jeep, mais pas avant que le jeune homme ne promette à Stiles de prendre de ses nouvelles dès le lendemain. Stiles, quant à lui, le remercia une dernière fois et accepta de suivre son conseil, et d'être patient. Il tenait à Derek, c'était évident. Alors, il pourrait attendre. Lorsqu'il arriva chez lui, sa maison était plongée dans le noir et pour cause, son père était de service cette nuit. S'enfermant dans la salle de bain, il prit une douche chaude et enfila un t-shirt et un vieux pantalon, qu'il traînait depuis des années mais qu'il trouvait particulièrement confortable.
Ayant débuté sa session de travail à la bibliothèque, un peu plus tôt, il eut le loisir de ne pas finir trop tard, et, après quelques minutes de réflexion, termina des exercices de physique avant de s'emparer de son ordinateur. Il choisit, parmi la longue liste de films qu'il avait en sa possession, une comédie afin de se remonter définitivement le moral. Il partit à la cuisine, à la recherche d'un en-cas et se décida pour une boîte de biscuits. S'installant dans son lit, il eut le temps de regarder les trois quarts lorsque son téléphone se mit à vibrer.
Pensant prématurément qu'il s'agissait de Scott, il déverrouilla l'appareil et manqua le laisser tomber par terre lorsqu'il aperçut le nom de son interlocuteur. Ouvrant le message d'une main fébrile, il put lire :
« Je suis en bas de chez toi. »
Balançant les couvertures loin de lui, Stiles trébucha dans sa hâte d'atteindre les escaliers et se cogna contre le coin de son bureau. Jurant, il descendit en chaussettes, ne prenant pas la peine d'attraper une veste.
Scott avait eu raison finalement. Il n'aurait pas dû se rendre malade pour ça. Après tout, il savait que l'homme n'était pas le genre à se confier aisément. Mais peu importait, finalement. Tout ce qu'il comptait, c'était qu'il soit venu.
Il ouvrit la porte en grand, le sourire qu'il arborait lui donnant certainement un air un peu hystérique. Avant qu'il ne disparaisse net, remplacé par une mine inquiète.
Parce qu'au fond, il savait.
Ce fut comme la fois où il avait participé à ce concours de sciences et que Conan Bracmuster avait réduit à néant les efforts qu'il avait fourni en réalisant une sublime reproduction d'un système hydraulique miniature. Son volcan en éruption n'avait eu aucune chance.
Mais, comme ce jour-là, l'instinct de Stiles le poussa à nier, à trouver une autre explication, à l'aveugler derrière de vagues promesses. « Son moteur n'est même pas si puissant. Et puis, on voit toutes les traces de colle. » Cette voix lui avait susurré des choses rassurantes au creux de son oreille. Elle n'avait pas empêché Conan Bracmuster de remporter le premier prix haut la main, mais elle avait eu le don de calmer son anxiété. Son père lui avait offert la glace la plus énorme qu'il n'avait jamais eu pour le féliciter de sa deuxième place.
Aujourd'hui, cette voix réapparut au fond de son esprit, cherchant par tous les moyens à faire reculer cette immense sensation de frayeur qui menaçait de s'emparer de lui.
Le visage de Derek était sombre, déformé par une animosité qu'il peinait à contrôler et Stiles eut soudainement l'impression d'avoir reculé de plusieurs mois en arrière. Quand l'homme lui avait fait comprendre qu'il n'avait pas besoin de son aide. Quand il pensait encore qu'il n'était qu'une sorte d'homme des cavernes, bourru et impoli. Il le regardait comme si Stiles était une saleté accrochée à sa chaussure et dont il rêvait de se débarrasser.
« Tu ne veux pas entrer ? » Stiles demanda, sa voix méconnaissable.
L'autre ne répondit pas, continuant à le fixer, pareil à un mur qu'il aurait été impossible d'escalader.
« Tu devrais entrer, il fait encore frais dehors. »
« Stiles. »
« J'ai fait des légumes, » Stiles l'ignora. « il en reste un peu dans le frigo, si tu en veux. Mon père a réussi à les manger donc ils ne doivent pas être si mauvais. »
« Stiles. »
Sa voix claqua l'air une seconde fois et Stiles leva des yeux presque effrayés vers lui, conscient que son débit de paroles n'était pas suffisant pour le sauver cette fois. Il se doutait que ses prochains mots allaient se fracasser sur lui de manière violente alors il tenta de se parer contre n'importe quel scénario. Sans succès.
« Ça ne marche pas. »
« Quoi ? » le plus jeune sursauta, le ton chevrotant. « Qu'est-ce qui… »
« Toi et moi. Ça ne fonctionne pas. »
« Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Parce que Derek, si c'est le cas, je suis vraiment désolé, j'avais… »
« Tu n'écoutes pas ce que je dis. » Derek répliqua et en face de lui Stiles respirait trop vite et malgré tout, il avait la sensation de manquer d'air.
Il mourrait de froid et il avait l'impression d'être dans un mauvais rêve.
« J'ai essayé de te le dire, plusieurs fois, » lui reprocha Derek, « J'ai essayé d'être patient, compréhensif mais tu ne comprends pas. Je veux qu'on s'arrête là. »
« Mais… Il s'est passé quelque chose ? » chercha-t-il à comprendre, en vain. « Je te jure, si tu as des ennuis, mon père peut t'aider, il connaît du monde, si Laura et toi avez besoin de quoi que ce… »
« Nous n'avons besoin d'aucune aide. » il rétorqua, froidement.
« Alors quoi ? Dis-moi ce qui se passe. » Stiles s'impatienta, ne supportant plus d'être dans cette situation.
« La vérité, c'est que je suis tombé sur un ado de dix-sept dans une boutique de BD pour gosses et que je ne peux désormais plus m'en défaire, » il objecta, les poings serrés. « J'avais dit à Laura de laisser tomber. Je lui avais dit de ne pas s'en mêler. Mais elle a toujours besoin de se faire bien voir, d'être apprécié. Elle ne pouvait pas supporter l'idée que tu te sois fait une mauvaise opinion de moi. Et regarde où j'en suis maintenant. »
Piteusement, Stiles sentit les premières gouttes couler le long de ses joues et n'essaya même pas d'arrêter ses pleurs. C'était inutile, de toute façon.
« J'ai été sympa, je t'ai autorisé à venir chez moi, à participer aux rénovations mais tu en voulais toujours plus. Je ne suis pas un cas de charité. »
« Je n'ai jamais pensé que tu en étais un. » Stiles le contredit mais ces mots paraissaient hachés. « Ça n'a rien à voir. Tu es important pour moi. Je… Je tiens à toi. »
« Tu ne devrais pas. Je ne suis pas de ta famille et je ne suis pas ton ami. »
Sa vision était trouble et ses lèvres tremblaient. Derek ne pouvait pas réellement penser les mots qu'il prononçait. Ça n'avait aucun sens. Il ressemblait à une toute autre personne, rien à voir avec celui qui s'était allongé près de lui toutes ces fois où il était trop fatigué pour sortir. Il n'avait rien à voir non plus avec ce jeune homme qui lui avait offert une peluche, après avoir cherché à l'impressionner à un stand de tir. Il n'était pas non plus cette personne qui n'accordait qu'à lui ce sourire si particulier, si jovial.
Aujourd'hui, il était quelqu'un d'autre.
« Ce n'est pas vrai, » Stiles démentit, véhément, incapable de se dire que tout ce qui s'était passé n'avait été qu'une invention de son cerveau plein d'espoir.
Mais il n'aurait pas dû déclarer ce qu'il avait en tête. Car lorsque Derek éleva à nouveau la voix, ce fut avec un nouveau timbre, plus vicieux, sarcastique, un sourire tordu ourlant ses lèvres.
« Tu pensais vraiment que j'allais rester avec un gamin de ton âge, qui n'avait jamais eu de relations avant ? »
Cette fois, Stiles l'observa sans rien dire, le corps immobile, paralysé par ce qu'il venait d'entendre.
« Peut-être que tu trouveras quelqu'un que ça intéresse mais tu devras le chercher ailleurs. J'en ai assez de faire semblant. »
Il fit volte-face, ayant vraisemblablement terminé avec lui mais Stiles trouva la force de lui emboîter le pas.
« Je t'en prie, » il supplia, le visage trempé. Il avait l'air pathétique. Il le savait. Il aurait dû encaisser et rentrer chez lui avec le peu de dignité qu'il lui restait mais il ne pouvait pas. « Ne me fais pas ça. »
Peut-être qu'il eut l'air réellement désespéré car l'expression de Derek s'adoucit presque, durant de brèves secondes et il serra la mâchoire, avant de secouer une dernière fois la tête.
« Rentre chez toi, Stiles. »
Puis, il partit pour de bon, enclenchant le moteur avant de disparaître dans le coin de la rue. Stiles n'avait pas bougé, comme englué dans le sol, frigorifié. Il continua à scruter le point près du lampadaire, comme s'il espérait voir Derek réapparaître, lui hurlant qu'il ne savait pas ce qu'il lui avait pris, qu'il était désolé, qu'il n'avait pas pensé une seule des paroles qu'il avait prononcées. Mais rien de tout ça n'arriva. Les rues restèrent silencieuses et seuls les battements erratiques du cœur de Stiles étaient audibles. Alors, lentement, il fit demi-tour, avançant un pas après l'autre, avant de fermer à double tour la porte derrière lui. Il tint bon quand il traversa le salon. Il tint bon quand il monta les escaliers et parcourut le couloir, passant devant la chambre de son père absent avant de pénétrer dans la sienne. Il tint bon quand il posa ses deux paumes sur son matelas, accusant le coup.
Il repensa alors à ses premiers émois, à la petite Nino, qui avait refusé de signer son mot d'amour en maternelle. A Lydia Martin, qui n'avait pas hésité à montrer devant tout le monde à quel point il était insignifiant à ses yeux. Mais toutes ces situations n'avaient rien à voir avec celle-ci. Elle n'était même pas sur la même échelle. Si ces premières entrées dans un univers romantique l'avaient plongé dans une atmosphère dépressive, Derek Hale lui avait écrasé le cœur avec une telle facilité qu'il se demanda comment il avait pu faire pour tomber aussi aisément dans le panneau.
Il se l'était répété pourtant cent fois. Il avait eu tous les indices sous les yeux et avait préféré ne rien voir. Maintenant, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
En effet, s'il résista jusque-là, le poids de cette immonde vérité s'abattit alors sur lui et il s'effondra, pleurant aussi fort que le jour où il perdit sa mère. L'éléphant en peluche, positionné au bout de son lit, ne lui fut d'aucun réconfort.
O
Le reste de sa semaine se passa dans une sorte de brouillard. S'il avait réussi à tenir durant ses journées, ses nuits, il restait la tête coincée dans l'oreiller, à pleurer lourdement, espérant que son père ne l'entende pas. Mais ce n'était pas comme s'il pouvait lui cacher. Ses yeux rougis et gonflés furent suffisants pour que le shérif comprenne que quelque chose clochait. Il avait dû le retenir pour que ce dernier ne débarque pas chez Derek, arme à la main, furieux que celui-ci ait pu mettre son fils dans cet état. Mais la dernière chose que Stiles souhaitait, c'était bien que quelqu'un tente de sauver son honneur à sa place. Il avait suffisamment enduré et Derek avait été très clair.
Il se sentait petit, minable d'avoir pu penser que ça fonctionnerait. Il ne boxait pas dans la même catégorie et il l'avait réalisé de la plus brutale des manières. Ainsi, trouver le sommeil ces derniers temps, avait été rudement difficile. Dès qu'il fermait les yeux, le visage de Derek apparaissait alors, froid et sans empathie, répétant encore et encore à quel point Stiles n'avait été qu'un divertissement. Qu'un amusement passager. Qu'un coup d'un soir, pas assez attirant pour qu'il décide de perdre plus de temps avec lui.
Tous leurs moments d'intimité lui revinrent alors en mémoire et il grimaça, les joues rouges de honte. Il repensa à toutes ces fois où il s'était senti maladroit, gauche mais où Derek l'avait rassuré, lui disant que son charme résidait dans son manque de confiance. Il avait menti. Il n'avait fait que lui mentir. Et il s'était servi de lui, pour le jeter ensuite, sans vergogne.
Il ne raconta pas à son père qu'ils avaient déjà couché ensemble. Ça n'aurait fait qu'accentuer l'humiliation qu'il subissait déjà.
Quand il retourna au lycée, il eut la sensation que l'ensemble des adolescents étaient au courant de ce qui lui était arrivé, comme s'il s'agissait de quelque chose inscrit sur son front, percevant les regards en coin. Il savait bien que c'était parce qu'il ressemblait à un mort-vivant, les yeux ternes, la peau pâle et l'expression si vide qu'il devait donner l'impression de pouvoir s'évanouir à n'importe quel moment. Ce n'était pas loin de la vérité. Il peinait à dormir mais à manger également, le cœur totalement en miettes et tout cela commençait à peser sur sa santé.
Il avait croisé Erica et Boyd au loin mais la jeune fille s'était arrêtée subitement et avait rebroussé si rapidement chemin qu'il pensa immédiatement qu'elle avait dû oublier quelque chose dans son casier.
Alors qu'il entrait dans sa troisième heure de la journée, Stiles posa son sac sur le sol, sortant ses affaires avec monotonie. Les autres élèves entrèrent par groupe et il attendit que son binôme apparaisse, conscient qu'il tenait là une occasion de se changer les idées. Quand la tignasse familière d'Isaac apparut, il souffla un bon coup et lui envoya un sourire contrit, se répétant de ne pas paraître trop déprimé.
Mais ce qui se passa le laissa pantois. Lorsqu'Isaac croisa son regard, il émit une grimace et baissa la tête, se dirigeant vers le fond de la salle, ne prenant pas la peine de répondre à son salut. Stiles ne comprit pas : ils étaient pourtant assis ensemble en cours d'anglais, de géographie et d'arts appliqués. Alors que les élèves continuaient à entrer, il en profita pour envoyer un rapide message au blond pour lui demander ce qu'il fabriquait. Il vit clairement son téléphone vibrer sur sa table mais l'autre ne fit aucun geste vers l'appareil, se contentant de sortir également ses affaires.
Se tournant sur sa chaise, Stiles tenta de se concentrer sur ce qu'il se passait, décidant d'aller discuter avec lui à la fin du cours. Lorsque ce fut le cas, Isaac se leva si précipitamment de sa chaise qu'il peina à le rattraper, hurlant son nom dans les couloirs jusqu'au moment où il n'eut plus d'autres choix que de se retourner.
« Salut, » il laissa échapper, un peu essoufflé. « Je t'ai attendu en classe. Tu as changé de place. »
Isaac ne le regardait pas mais un point au-dessus de son épaule et Stiles se détourna brièvement pour vérifier si quelque chose se passait derrière lui. Mais il n'y avait rien.
« Tu veux aller réviser après les cours ? Scott est collé, il n'a pas rendu sa dissertation à temps et ça fait déjà la deuxième fois. Il n'aurait pas dû plaisanter avec Mme Kulligan, elle est presque aussi horrible qu'Harris. »
« Je dois rentrer tôt, ce soir. »
« Oh, d'accord. C'est pas grave, on peut se voir plus tard. »
« Stiles… Je… »
Posant à nouveau son regard sur lui, Stiles fronça les sourcils, se posant des questions sur son comportement. Il se tenait à une certaine distance, comme s'il était soudainement inquiet du fait qu'on les voit côte à côte, évitant toujours de le regarder dans les yeux. Il était gêné et Stiles ignorait pourquoi. Jusqu'à ce que la lumière se fasse et qu'il saisisse enfin. Il n'aurait jamais cru que ça lui arriverait. Qu'ils étaient de ce genre-là. C'était idiot.
« Derek et moi avons rompu, ça ne veut pas dire qu'on ne peut plus être ami, » il accusa, la voix un peu tremblante.
« Je suis désolé. Vraiment désolé », Isaac déclara, visiblement peiné et Stiles eut envie de le secouer.
Est-ce que c'était tout ? Est-ce qu'il n'avait pas le droit à une véritable excuse ? Est-ce que c'était donc tout ce qu'ils valaient à leurs yeux ?
« J'imagine que Boyd et Erica ne viendront pas m'offrir leurs mots d'excuse, » il dit, sarcastique.
Isaac eut au moins la décence de baisser la tête. Incapable de rester face à lui plus longtemps, Stiles tourna les talons, refusant cette fois de pleurer. Il comprenait désormais le comportement étrange qu'avait eu Erica en le voyant un peu plus tôt. Ils avaient ainsi pris la décision de prendre le parti de Derek et de faire comme s'il n'existait pas, comme s'ils n'avaient jamais été amis. Ravalant la boule qu'il avait dans la gorge, Stiles marcha aussi fièrement qu'il le put, la tête haute, au moins jusqu'à ce qu'il arrive dans sa voiture et soit caché dans l'habitacle.
Le lendemain fut identique. Les cours occupaient son esprit mais il n'avait pas vraiment goût à grand-chose. Scott était vraiment un ami extraordinaire, promettant mille vengeances à l'égard de leurs anciens acolytes, déclarant qu'ils étaient bien mieux sans eux. Mais Stiles n'ignorait pas qu'il disait ça pour le réconforter.
Le surlendemain, il s'endormit en cours de mathématiques et son professeur manqua appeler son père. Il réussit à le convaincre de ne pas le faire.
Bientôt, une semaine, puis deux, puis un mois s'écoula, sans qu'il n'ait de nouvelles d'eux. Ils sentaient parfois leurs regards quand il traversait les couloirs et il aurait juré avoir aperçu Erica tenter un pas vers lui avant qu'elle ne se rétracte, le visage si affligé qu'il dut se rappeler qu'elle était celle qui l'ignorait, et non l'inverse. Scott lui proposait souvent de sortir avec lui et Kira mais il n'en avait aucune envie, si bien qu'il devint une sorte d'ermite, encore plus qu'auparavant, refusant de quitter la maison pour autre chose que pour l'école ou le travail.
Un soir, son père le trouva à s'abrutir devant la télé, les yeux fixés sur l'écran mais les pensées complètement ailleurs. Cette nuit-là, il ne dit rien. Il retira son arme, posa ses clés sur la table basse et vint s'asseoir à ses côtés. Simplement, il passa un bras autour de ses épaules et le colla à lui, sans un mot. Il n'avait pas besoin de dire quoi que ce soit. Stiles saisit aisément son geste : il était là pour lui. Alors, il se laissa aller dans cette étreinte réconfortante, se fichant de pleurer devant lui. Il n'avait plus rien à cacher. Les maux qu'il éprouvait à cet instant ne lui était pas inconnu, ayant frappé bien plus d'individu que n'importe quelle maladie. Ils étaient ceux d'un amour perdu.
O
Poussant le carton du pied, Stiles le plaça sous le comptoir, se jurant de le ranger plus tard. Phil avait terminé sa journée et il devait le remplacer jusqu'en début de soirée. Il n'était pas vraiment en forme, s'était creusé l'esprit sur un examen la veille et ne mourrait d'envie que d'une seule chose : son lit. Il se mit pourtant au travail, accueillant les clients avec bonhomie, surpris par l'effet que produisait le fait de rencontrer de nouvelles personnes et de devoir ainsi faire la conversation. Ça avait quelque chose de léger et il profita de la venue de ces visages inconnus, échangeant quelques mots avec souplesse.
Alors qu'il était en train de ranger une pile de livres, la sonnette d'entrée retentit et un homme pénétra dans la boutique. Celui-ci disparut dans une allée et Stiles le laissa regarder les rayons. Il ne le voyait plus mais entendait ses pas, frappant le sol à un rythme régulier. Il paraissait à l'aise, scannant les étagères, sans jamais saisir une revue entre ses doigts. Les mains dans les poches, il huma l'air d'une chanson que Stiles ne connaissait pas, mais qui remplit automatiquement la pièce.
Lorsqu'il eut achevé son tour, il s'avança tranquillement vers les caisses et offrit un sourire sympathique au jeune adolescent.
« C'est une sacrée grande ville. J'ai eu du mal à tomber sur cet endroit. » Il prit la parole, sa voix presque suave.
Stiles voulut objecter, ne trouvant pas vraiment que Beacon Hills était ce qu'on pouvait appeler de « grande ville » mais se contenta plutôt d'acquiescer gentiment. Il était peut-être nouveau dans le quartier.
« Vous travaillez ici depuis longtemps ? » L'homme lui demanda, semblant intéressé.
« Un peu moins d'un an, maintenant. J'aime beaucoup ce que je fais ici. »
Il obtint un rire.
« Peu d'adolescent accepterait de passer leur week-end coincé dans une boutique. »
Stiles leva les sourcils, un peu perplexe. Il n'était pas totalement d'accord. Beaucoup de jeunes cherchaient du travail et Stiles avait été particulièrement bien accueilli au magasin. Et puis, ce n'était pas comme si Stiles sortait, de toute manière.
Prenant le temps d'observer son client, il ne put s'empêcher de lui trouver un certain charme. C'était peut-être à cause de ses yeux. Il avait les yeux les plus bleus que Stiles n'avait jamais vu, les cheveux bruns, et il portait une veste en cuir, qui lui rappela alors Derek avec amertume.
« J'aime cet endroit, je m'y sens bien, » Stiles concéda, haussant les épaules.
L'autre l'examina alors avec étrangeté, son regard traversé par une sorte d'émotion que Stiles ne parvint pas à décrire. Il avait une sorte d'attitude, une allure qui parcourait son corps entier. Stiles n'aurait su dire mieux : il avait une posture presque animale, comme s'il possédait les lieux et était hautement conscient de la confusion qu'il provoquait chez le jeune. Le sourire qu'il arborait se transforma, devenant moins anodin et plus équivoque, comme s'il savait quelque chose que Stiles ignorait. Comme s'ils jouaient à un jeu.
« En tout cas, je suis ici depuis suffisamment longtemps pour connaître tous les coins du magasin par cœur, » l'adolescent déclara, cherchant à percer l'atmosphère particulière qui s'était soudainement étalée autour d'eux. Il se décala, essayant de se diriger vers les rayons et ainsi, se positionner devant la vitrine, là où il était sûr que les passants extérieurs pouvaient les voir. « Si vous cherchez quelque chose, je suis certain que je peux vous le trouvez en moins de cinq minutes, montre en main. »
L'homme ne bougea pas d'un iota, semblable à une statue et son sourire, devint alors encore plus grand, s'étirant d'une façon qui mit Stiles mal à l'aise. Se penchant lentement vers lui, les deux mains posées sur le comptoir, il perçut clairement le mouvement de recul que Stiles réalisa, conscient certainement que les mots qu'il prononça causèrent l'arrêt des battements de cœur du plus jeune.
« Oh, je crois que j'ai trouvé exactement ce que j'étais venu chercher. »
Je vous imagine déjà en train de maugréer : « Derek est cruel, c'est un monstre de faire ça à Stiles ! » ou « L'auteure mérite l'Enfer pour nous faire subir ça ! Crucifions-la sur une croix ! » x)
Et vous avez raison ! Mais... En fait, non, je n'ai aucune excuse valable :D *ricane en révélant les deux cornes qu'elle a sur la tête*
Certains et certaines d'entre vous ont déjà mentionné quelques hypothèses plutôt véridiques sur la suite et j'espère que ça continuera à vous plaire (même si j'ai conscience que vous devez vouloir me jeter des pierres à l'heure qui l'est :D)
Allez, moi je vous aime et vous embrasse x)
A la semaine prochaine !
