Chapitre 13 : Un semestre plein de surprises

Kaëla l'ignorait encore, mais l'année 1992 serait riche en événements. Pour l'heure, l'adolescente profitait du trajet en train vers Poudlard pour retrouver ses amis.

Quelques heures plus tard, après avoir profité d'un repas bien mérité, elle regagna son dortoir et se coucha. Les cours reprenaient le lendemain et elle voulait être en forme.

À son réveil, il lui fallut quelques minutes pour se rappeler que les vacances étaient finies et qu'elle était de retour dans son dortoir mais une fois que ce fut fait, elle se leva et alla se doucher.

Quelques minutes plus tard, elle retrouva ses amis dans la grande salle. En passant devant la table de Gryffondor, elle jeta un coup d'œil à Harry et fut soulagée en constatant que le jeune garçon semblait avoir repris du poil de la bête.

Elle réfléchissait de plus en plus sérieusement à la possibilité de l'inviter à passer les vacances d'été chez elle. Elle était sûre que ses parents n'y verraient pas d'inconvénient. Au contraire, les connaissant, le plus dur serait sans doute de les convaincre de ne pas adopter le Gryffondor.

Bien qu'elle était convaincue que ça ne pourrait pas lui faire de mal, bien au contraire.

La reprise des cours lui permit de penser à autre chose.

Quelques semaines plus tard, au début du mois de mars, la jeune fille fut convoquée par le directeur. Elle eut beau réfléchir sur le trajet qui la menait au bureau de Dumbledore, elle ne se souvenait pas d'avoir enfreint le règlement dernièrement, et elle savait que ses amis non plus n'avaient rien à se reprocher.

Elle s'inquiétait d'autant plus que cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle était sans nouvelles de son père, ce qui n'était encore jamais arrivé depuis son adoption.

Arrivée devant la gargouille, elle donna le mot de passe et se laissa porter par les escaliers en colimaçon. Ce fut donc avec une certaine appréhension, redoutant ce qui l'y attendait, qu'elle frappa contre la porte qui menait au bureau directorial. La réponse ne se fit pas attendre :

- Entrez donc, Ms Choke.

Elle ne se demanda pas comment il savait que c'était elle, se doutant qu'il avait un moyen de connaître l'identité de ceux qui venaient dans son bureau. Elle entra et eut la surprise de constater que sa mère était déjà là, ainsi que son parrain. Fait étonnant, Gwen était venue seule. Ce qui ne faisait que renforcer l'inquiétude déjà présente chez l'adolescente. Elle connaissait désormais assez Gwen et Robert pour savoir que jamais ils ne seraient venus séparément à une convocation de son directeur d'école. De plus, la jeune mère semblait dévastée. Et elle n'avait pas emmené James. Hors, à sa connaissance, Gwen n'avait encore jamais accepté de se séparer plus de quelques minutes de son fils, en dehors des moments de repos.

Lorsque Dumbledore lui demanda de s'asseoir, elle commença à avoir une idée de ce qu'ils allaient lui annoncer. Elle était désormais convaincue qu'il s'était passé quelque chose de grave, et que c'était pour cette raison que Robert était absent. Il avait dû lui arriver quelque chose. Après tout, l'homme était marin. Qu'il disparaisse en mer faisait parti des risques de son métier.

Pourtant lorsque Gwen lui annonça, effondrée, que le bateau de son père adoptif avait effectivement sombré lors d'une tempête en pleine mer et qu'aucun survivant n'avait pu être retrouvé, l'adolescente, qui n'avait pas pleuré depuis des années - depuis la disparition d'Ewart, en fait - ne put s'empêcher de fondre en larmes dans les bras de sa mère.

Elle fut autorisée à quitter l'école le temps de quelques jours, afin d'assister aux obsèques de celui qui l'avait élevée comme sa propre fille, alors qu'elle était déjà grande quand elle était arrivée dans leurs vies à tous les deux.

Après l'enterrement, elle ne retourna pas tout de suite à Poudlard. Elle préféra rester à la maison pendant quelques jours pour seconder sa mère. La pauvre se retrouvait veuve avec deux enfants à charge dont un bébé de moins de six mois.

Au cours de la semaine qui suivit la disparition de Robert, Kaëla passa la majeure partie de son temps libre à aider Gwen. Qu'il s'agisse de tenir la maison, de faire les courses ou même de s'occuper de James, l'adolescente était toujours partante pour donner un coup de main. Être ainsi active lui permettait de ne pas penser à sa propre peine. Pourtant, toute chose a une fin.

Et vint le jour où elle dut retourner à Poudlard. N'ayant plus rien à faire pour s'occuper, elle ne put s'empêcher de laisser libre court à sa tristesse.

À l'école, personne, pas même ses amis proches, ne connaissait la raison de son départ. Dumbledore avait simplement dit qu'elle était partie « pour raisons familiales ».

Pourtant, lorsqu'elle fit son entrée dans la grande salle, il fut évident pour tous qu'elle avait beaucoup pleuré.

Pourtant, personne n'osa lui demander pourquoi. La plupart des élèves ne la connaissaient pas assez bien pour oser poser la question. Et Jay et les jumeaux savaient simplement qu'elle leur en parlerait quand elle serait prête à le faire.

Et ce jour arriva plus vite qu'ils ne le pensaient. Elle profita qu'aucun d'eux n'ait cours pour leur donner rendez-vous dans une salle de classe abandonnée. Bien qu'elle ne le leur ait pas expressément demandé, les jumeaux amenèrent Lee. Là, elle demanda aux quatre garçons de ne pas l'interrompre.

Et commença à raconter tout ce qui lui était arrivé ces dernières semaines, depuis sa convocation dans le bureau de Dumbledore jusqu'à son retour.

Aussitôt qu'elle eut fini son récit, elle se retrouva prise dans une étreinte groupée et eut vite du mal à respirer si bien qu'elle dû elle-même mettre fin au câlin général qui avait suivi ses révélations.

Au cours des semaines qui suivirent, les Nouveaux Maraudeurs, qui s'étaient calmés depuis le mois de mars, firent un retour en force pour le plus grand damn de leurs professeurs.

Une nuit du mois de mai, quelques jours après la rentrée des vacances de Pâques, cinq élèves se retrouvèrent dans le hall. Ils parlaient à voix basse pour ne pas se faire remarquer :

- C'est notre dernière occasion de sévir avant la fin de l'année alors il faut qu'on frappe fort.

Quatre voix approbatrices un peu trop enthousiastes se firent entendre et la seule fille du petit groupe essaya de calmer leurs ardeurs :

- Du calme les gars, on aura l'air malin si on se fait prendre.

- Oui, chef ! Fut la réponse unanime des quatre énergumènes qui accompagnaient l'adolescente. Adolescente qui se demandait à cet instant pourquoi elle avait accepté de les suivre dans leur délire. Dire qu'à cette heure, elle aurait pu être endormie dans son lit. Mais non, évidemment, il avait fallu que les trois excités qu'étaient ses meilleurs amis décident de reprendre du service. Et les jumeaux avaient bien évidemment embarqué leur ami Lee. Résultat, elle se trouvait dans le hall de Poudlard en plein milieu de la nuit à essayer de ramener un semblant de calme dans leur troupe.

Une fois qu'ils eurent décidé ce qu'ils allaient faire, ils le mirent en pratique. Utilisant la carte pour éviter de se faire repérer, ils se dirigèrent vers les cuisines après être passé récupérer la potion dont ils auraient besoin. L'un des garçons chatouilla la poire du tableau qui gardait l'entrée des cuisines et la toile bascula. Ils pénétrèrent dans le couloir qui s'offrit à eux et entrèrent dans la pièce.

Ils furent aussitôt assaillis par une bonne dizaine d'elfes qui leur demandèrent ce qu'ils pouvaient faire pour eux. Un échange de regard plus tard, l'aînée du groupe confia la fiole à un elfe en lui demandant de la verser dans le jus de citrouille, afin que personne ne soit épargné.

La petite créature s'exécuta et les cinq élèves purent repartir, sans toutefois pouvoir échapper à une cargaison de petits gâteaux.

Lorsqu'ils furent de retour dans le couloir, ils soupirèrent de soulagement. Ils n'étaient pas sûrs que les elfes accepteraient de leur venir en aide mais tout s'était bien passé. Vint ensuite le moment où chacun dut regagner sa salle commune.

Ils se séparèrent et chaque groupe partit de son côté. Du moins c'est ce qui se serait passé si le plus âgé des garçons n'avait pas laissé parler son côté Gryffondor surprotecteur. Kaëla n'avait pas fait deux mètres que Jason la rejoignit et lui dit qu'il allait la raccompagner. Elle eut beau lui dire qu'elle savait se défendre, qu'elle n'avait pas besoin d'un garde du corps, que les plus jeunes auraient peut-être besoin d'aide sur le chemin du retour, etc.., le jeune homme ne voulut rien entendre.

Elle le connaissait maintenant assez pour savoir qu'il ne changerait pas d'avis et finit par céder, acceptant qu'il la raccompagne jusqu'à sa salle commune.

Le trajet se fit en silence, mais celui-ci ne fut pas pesant. Plutôt… apaisant.

Ils n'avaient aucun moyen de repérer d'éventuels patrouilleurs, ayant laissé la carte aux trois autres, mais le voyage de retour se passa sans encombre. Ils arrivèrent rapidement à destination et une fois qu'ils furent devant le mur d'entrée de la salle commune de Poufsouffle, ils se souhaitèrent mutuellement une bonne fin de nuit, puisque celle-ci était déjà à un stade très avancé.

Toutefois, il attendit qu'elle soit à l'intérieur pour repartir, afin d'être sûr qu'elle n'aurait pas d'ennuis.

La jeune fille, de son côté, monta dans son dortoir. Elle se prépara pour se coucher et s'endormit aussitôt qu'elle fut au lit.

Une fois n'est pas coutume, elle n'eut aucun mal à se réveiller le lendemain tant elle était impatiente de voir le résultat de leur excursion de la veille

Elle récupéra ses affaires de cours et partit ensuite pour rejoindre la grande salle. Les habitants de Poudlard - qu'ils soient élèves ou professeurs - n'avaient pas la moindre idée de ce qui était sur le point de leur tomber dessus…

En entrant dans la salle, elle s'installa à la table de sa maison. Elle repéra ses amis à la table de Gryffondor. Voyant le jeune frère des jumeaux assis près d'elle avec ses propres amis, elle lui fit comprendre de ne pas toucher au jus de citrouille lorsqu'il s'en servit un verre. Elle étouffa un rire quand le jeune garçon échangea en toute discrétion le contenu de son verre avec celui de son voisin, qui contenait du jus d'orange. Les deux boissons ayant sensiblement la même couleur, la victime désignée n'y vit que du feu. En voilà un qui aurait une drôle de surprise dans quelques minutes.

Elle même se servit un bol de café au lait, dans lequel elle ajouta un sucre. Elle devenait trop âgée pour les petits déjeuners de son enfance et se servir un verre de jus de citrouille alors qu'une partie de ses camarades l'avaient vu faire signe à son voisin de justement ne pas le faire aurait parut au mieux étrange et, de toute façon, indéniablement suspect.

Moins de cinq minutes plus tard, un véritable hurlement d'horreur se fit entendre, attirant l'attention générale. Et l'école dans son intégralité ne put que constater que Drago Malefoy, élève en première année à Serpentard, était affublé d'attributs pour le moins… féminins. Ses cheveux blonds, jusque là courts et couverts de gel, lui arrivaient désormais au niveau des reins. Et la légère bosse qui déformait son haut d'uniforme ne laissait que très peu de doutes quant à ce qu'il dissimulait.

Il semblerait que le jeune garçon ait découvert sa nouvelle apparence en sentant une gêne au niveau de son torse, ainsi qu'une sensation de chatouilles dans le cou.

D'autres cris se firent entendre, mais beaucoup moins puissants maintenant que tout le monde savait à quoi s'attendre après la transformation du jeune Malefoy. En revanche, Kaëla dû se boucher les oreilles en entendant hurler le voisin - où plutôt en l'occurrence la voisine - de Ron. Justin Finch Fletchley… était devenu Justine. Et fusilla son voisin du regard en comprenant qu'il avait échangé le contenu de leurs verres. Si le roux eut la décence de paraître gêné, l'adolescente, elle, ne se gêna pas pour éclater de rire. Elle ne se doutait pas encore qu'une bien désagréable surprise l'attendrait à son retour chez elle…

Quelques autres transformations eurent encore lieu, jusqu'à ce que les professeurs, directeurs de maison en tête - Dumbledore étant trop occupé à admirer ses attributs féminins nouvellement acquis -, ne fassent disparaître le jus de citrouille, qu'ils avaient rapidement identifié comme étant la boisson incriminée.

Tandis que les élèves touchés avaient été dispensés de cours et passaient à la table des professeurs pour tenter de retrouver leur apparence initiale même ce fut peine perdue, presque personne ne remarqua le sourire satisfait qu'affichait un groupe de cinq élèves. Groupe qui se dépêcha de quitter la salle sans se faire remarquer. Ils se réunirent dans une salle abandonnée et ne purent se retenir plus longtemps : ils partirent tous dans un fou rire dont ils se souviendraient probablement pendant longtemps.

Le bruit qu'ils faisaient attira l'attention de quelqu'un qui passait dans un couloir proche et une voix glaciale, reconnaissable entre mille, les coupa net dans leur rire :

- Ainsi, c'est donc à vous que l'on doit l'agitation qui règne dans la grande salle…

Le groupe d'amis se figea net et arrêta de rire. Ils se retournèrent le plus lentement possible, comme pour retarder l'inévitable. L'homme, perdant patience, les retourna d'un coup de baguette. S'il y avait une chose qu'il détestait encore plus que les Maraudeurs premiers du nom, c'était bien les gens qui tournaient autour du chaudron. Les élèves échangèrent un regard. Parmi tous les profs que comptait Poudlard, il avait fallu qu'ils se fassent choper par le seul qui soit insensible à toute forme d'humour.

Le professeur, de son côté, réfléchissait à leur punition. Du moins jusqu'à ce que Dumbledore vienne l'interrompre pour lui demander de le rejoindre dans son bureau. Il allait leur ordonner de ne pas bouger quand le directeur leur dit qu'ils pouvaient partir. Le plus jeune grogna. Pour une fois qu'il tenait l'occasion de sanctionner des fauteurs de troubles, il devait la laisser passer.

Le regard qu'il leur lança signifiait clairement qu'ils allaient souffrir en cours. Ne voulant pas l'énerver plus que nécessaire, ils prirent leurs jambes à leur cou et détalèrent comme des lapins.

Comme ils l'avaient supposé, jusqu'à la fin de l'année, les cours de potions furent un véritable enfer pour Kaëla et ses amis. Le professeur, déjà exigeant à la limite de l'humain en temps normal, ne leur laissait plus rien passer et les sanctionnaient au moindre pas de travers.

Comme si être dans le collimateur du tyran de Poudlard n'était pas déjà une source de stress suffisante, la jeune eut bientôt une nouvelle raison de s'inquiéter lorsqu'elle découvrit, quelques semaines plus tard, que Harry - sur qui elle avait veillé de loin tout au long de l'année scolaire - et ses amis avaient découvert ce que cachait le couloir interdit.

Elle chargea ses amis de parler à Harry et ses camarades de dortoir pour les dissuader de se lancer dans une expédition suicidaire tandis qu'elle-même se chargeait des Poufsouffle de la bande. Elle aurait dû savoir que simplement leur parler ne suffirait pas à les en empêcher.

Préoccupée par ses propres examens, elle ne remarqua pas tout de suite que Harry manquait à l'appel. Même lorsque des rumeurs commencèrent à circuler, elle n'y fit pas attention. Après tout, ce n'étaient que des rumeurs. D'autant plus que les amis du garçon, eux, étaient là. Il fallut attendre le jour où l'équipe rouge et or affronta Serdaigle pour qu'elle se rende compte - en même temps que toute l'école - de son absence. Une équipe de Quidditch sans attrapeur, ça ne passait pas vraiment inaperçu…

À la fin du match - que Serdaigle remporta : sans son attrapeur, Gryffondor n'avait aucune chance -, l'adolescente ne perdit pas de temps et alla interroger le groupe de première année, ses amis sur les talons. Eux aussi avaient remarqué l'absence de Harry.

Encerclés et bombardés de questions, les plus jeunes finirent par avouer que, oui, ils étaient descendus sous la trappe située à l'étage interdit pour empêcher quelqu'un - qu'ils soupçonnaient être Rogue - de voler ce qui s'y cachait.

Le groupe de première année avait donc eu la surprise d'apprendre qu'ils s'étaient trompés sur toute la ligne et que celui qui voulait voler la pierre n'était pas Rogue mais bien Quirrell.

La première chose que fit l'adolescente en quittant le stade quelques minutes plus tard fut d'aller voir Harry à l'infirmerie. Déjà pour s'assurer qu'il allait bien, mais également pour lui passer un savon pour ne pas avoir suivi ses conseils. Ou du moins c'est ce qu'elle aurait si l'infirmière ne l'avait pas mise à la porte en l'entendant hurler sur son patient.

Quelques jours plus tard, la fin de l'année scolaire arriva et Harry fit son retour au début du banquet. Et évidemment, tous les regards se posèrent sur lui. Peu après, Dumbledore annonça que la coupe des quatre maisons était, pour changer, remportée par Serpentard. Alors que les élèves de cette maison faisaient la fête, il reprit la parole :

- Cependant… Il convient de prendre en compte certains événements récents… À Mr Londubat, pour avoir essayé de raisonner ses amis, j'offre 20 points. À Messieurs Thomas et Finnigan, j'offre 30 points chacun pour avoir résolu l'énigme du professeur Rogue. Enfin, à Mr Potter j'offre 100 points pour avoir sauvé l'école d'un grand danger. C'est tout pour Gryffondor.

Les élèves de Gryffondor explosèrent de joie en comprenant que le directeur venait ni plus ni moins que de leur offrir la coupe sur un plateau. Ils furent stoppés dans leur élan par reprise de parole du directeur :

- Pour les mêmes raisons… À messieurs Weasley, Finch-Fletchley et MacMillan, ainsi qu'à Miss Bones… J'offre 30 points chacun.

Ce gain de 120 points, s'il ne suffisait pas à déloger Gryffondor qui avait désormais 492 points, permit tout de même à Poufsouffle de se hisser à la seconde place, ex-æquo avec Serpentard, avec 472 points.

Dumbledore acheva :

- Je crois qu'il va donc falloir changer la couleur de cette salle.

Il tapa dans ses mains et le vert et argent de la grande salle laissa la place à un rouge et or qui sapa le moral de tous les Serpentard.

Le lendemain, tous les élèves prirent le train pour rentrer chez eux. Kaëla passa tout le trajet à rire avec ses amis, sans se douter une seule seconde qu'elle était probablement sur le point de passer l'un des pires étés de sa vie…

Quelques heures plus tard, le Poudlard Express arriva en gare de King's Cross. Chacun dit au revoir à ses amis et alla retrouver sa famille. Jason promit à Kaëla et aux jumeaux qu'il essayerait de convaincre ses parents de le laisser les inviter pendant l'été.

La jeune fille rejoignit ensuite sa mère, qu'elle trouva étonnamment tendue. On aurait dit qu'elle était sur le point de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Le trajet fut inhabituellement silencieux. Gwen, pour la première fois depuis des années, ne lui adressa pas une seule fois la parole. Kaëla, qui commençait à se douter que quelque chose n'allait pas, se figea en voyant une voiture inconnue dans l'allée de la maison. Elle jeta un regard à l'adulte, qui avait les mains crispées sur le volant. Elle se tourna vers la plus âgée et demanda :

- Bon… Qu'est-ce qu'il se passe ? Quelqu'un est mort ou quoi ?

- Kaëla… J'ai quelque chose à te dire mais… Je suis pas sûre que tu le prennes bien…

- Dis toujours ?

- Il y a quelques semaines, je… J'ai rencontré quelqu'un.

L'adolescente lui jeta un coup d'œil et hocha la tête, l'encourageant à continuer. Gwen reprit :

- Il s'appelle Ronald Onions et…

- Quoi ?

- Il m'a demandé en mariage la semaine dernière. Et j'ai dit oui.

Kaëla se figea. Que Gwen refasse sa vie moins de 6 mois après la disparition de son père, elle pouvait l'accepter. Elle ne voulait que son bonheur, après tout. Mais qu'elle se remarie aussi rapidement… Elle n'était pas sûre de pouvoir le concevoir. Elle demanda :

- Et qu'est-ce qu'il fait dans la vie, ce Ronald ?

- Il est en recherche d'emploi.

- Je vois… Je vais faire un effort de mon côté, mais il faut qu'il y mette du sien aussi.

Gwen acquiesça, puis arrêta la voiture. Elles descendirent et Kaëla récupéra sa valise et monta dans sa chambre. Épuisée, aussi bien par la journée qui venait de s'écouler que par la nouvelle qu'elle venait d'apprendre, elle s'étala sur son lit.