Bonsoir mes beautés ! J'espère que vous allez bien, que vous profitez des vacances si vous avez la chance d'en avoir. Désolée pour le retard, j'ai eu un partiel et une semaine chargée, ma coloc a eu suspicion Covid donc c'était dur à gérer émotionnellement pour moi alors cette fiction est passée au second plan. Mais maintenant que je sais que ma coloc est négative (yessss) et que j'ai une semaine de pause, je ne vous oublierai pas dans 5 jours ! ;) C'est le chapitre le plus long de cette histoire pour l'instant, assez charnière. Pas très joyeux par contre hein... mais je l'aime bien quand même !

Charlybarbiche : eh oui, comme dans la série ! J'aime ce côté double de sa personnalité, c'est très intéressant à travailler à l'écrit ! Bonne lecture ! :D


Situation : quelques jours plus tard

Disclaimer : troubles alimentaires, marques physiques de maltraitance

PS : la barre transversale est une ellipse temporelle de l'après-midi. Désolée pour les fautes, enjoy ! :)


Toni se surprit, les jours qui suivirent son malaise, à observer avec curiosité Cheryl dès que la rousse se trouvait dans son champ de vision.

Elle n'était même pas certaine que tous les souvenirs qu'elle avait dans la tête soient réels et que la fatigue ne l'avait pas faite un minimum délirer. Elle se demandait si elle n'avait pas imaginé le ton intrigué et intéressé de Cheryl lorsqu'elle l'avait interrogée sur des petits bouts de sa vie. Mais une infime partie de son esprit essayait sans relâche de la persuader que la rousse avait bel et bien tenté d'en savoir plus sur elle.

A la cafétéria, elle laissait son regard trainer sur la table de la jeune Blossom et des autres lycéens populaires. Fangs était souvent installé à côté d'elle, un bras protecteur et tendre autour de ses épaules. Au début, Toni avait été surprise de les voir si doux l'un envers l'autre, alors que Cheryl crachait habituellement son venin sur la première personne venue. Mais, après tout, l'amour fait tourner la tête même aux plus malveillants. Quoique, après le moment de complicité – si elle pouvait le qualifier ainsi – qu'elles avaient partagé dans son mobil-home, Toni ne savait plus vraiment si Cheryl était aussi malicieuse qu'elle le laissait paraître.

Elle remarqua néanmoins quelque chose qui lui faisait constamment froncer les sourcils. La rousse avait souvent son plateau à moitié vide devant elle, et elle y touchait à peine. Un morceau de pomme par-ci, un quartier d'orange par-là, mais elle ne finissait jamais son repas. Des jours encore, elle n'amenait même pas de quoi manger avec elle. Toni se demandait toujours s'il y avait une raison particulière à cet appétit de moineau. Et elle mentirait si elle disait qu'elle ne s'inquiétait pas au moins un tout petit peu pour Cheryl. Elle ne pouvait pas être en bonne santé en se nourrissant ainsi.

-Qu'est-ce que tu fixes comme ça ? Demanda Sweet Pea, ramenant l'attention de Toni jusqu'à lui.

Elle ne voulait pas lui avouer qu'elle pensait à Cheryl et qu'elle mourait d'envie de savoir si elle allait bien. Il la taquinait déjà suffisamment après avoir appris que la jeune Blossom l'avait ramenée chez elle – « dire que tu as fait un bout de chemin avec le diable … je m'étonne que tu n'aies pas encore un comportement démoniaque » avait-il plaisanté. Alors elle ne voulait pas lui donner plus de raisons de se moquer gentiment d'elle.

Elle haussa les épaules et feignit le désintérêt.

-Rien de spécial, je me suis perdue dans mes pensées. Mentit-elle et elle espéra qu'elle était convaincante.

Elle avait peut-être un peu de rose aux joues, mais ce n'était pas du tout parce que la beauté brute de Cheryl était exposée sous ses yeux. C'était simplement parce qu'elle avait été prise en flagrant délit d'inquiétude pour la reine du lycée qui la détestait au plus haut point. Mais Toni ne savait même pas qui elle tentait de persuader en se disant une chose pareille.


L'entraînement des Vixens se termina plus tôt que prévu et les cheerleaders s'en réjouirent avec plaisir. Elles discutèrent gaiement dans le gymnase en rassemblant leurs affaires, mais Toni ne se joignit pas à elles pour aller se changer. Elle quitta la grande salle et se dirigea vers le bureau de son oncle au lieu de se rendre aux vestiaires.

Il fut étonné de la voir apparaître devant sa porte mais lui offrit néanmoins un sourire jovial. Il l'invita à entrer d'un hochement de tête.

-Qu'est-ce qui t'arrive, Phonie ? La questionna-t-il, sa gentillesse brillant sur son visage.

Elle s'approcha du bureau avant de lui répondre.

-On vient de finir l'entraînement et je voulais savoir si tu m'autorisais à aller dans la salle du Blue and Gold pour que je puisse avancer un peu sur notre prochain numéro, en attendant que tu termines ton travail et qu'on rentre ensemble. Lui demanda-t-elle.

Il réfléchit un instant puis se leva et lui intima de venir avec lui. Ils se rendirent au secrétariat et il récupéra la clé du bureau du journal, qu'il lui laissa.

-Je te fais confiance, tu la ramènes ici après, d'accord ? La prévint-il.

Elle acquiesça et le remercia. Avant qu'elle ne fasse demi-tour pour se rendre aux vestiaires, il l'arrêta en lui prenant tendrement le poignet.

-Comment ça se passe, avec la capitaine des cheerleaders ? Elle te laisse tranquille ? S'inquiéta-t-il.

Elle appréciait qu'il se préoccupe de son bien-être et elle décida de lui répondre honnêtement, car il méritait de savoir comment elle vivait ses entraînements.

-Eh bien, … au début elle n'était pas vraiment la définition de l'amabilité … mais, depuis mon malaise, elle ne m'embête plus autant. Je pense qu'elle a peur que je perde à nouveau connaissance si elle me pousse trop à bout, alors elle s'est calmée. C'est plutôt agréable. Avoua-t-elle.

Elle se rendit compte, en expliquant la situation à son oncle, qu'elle n'avait même pas remarqué que Cheryl s'était adoucie et qu'elle arrêtait de lui hurler dessus à chaque séance. Elle ne savait pas si sa justification était la véritable raison qui expliquait le comportement de la rousse mais, quoi qu'il en soit, elle appréciait d'être traitée comme les autres. C'était un bol d'air frais et de soulagement.

Son oncle caressa avec affection son bras et lui offrit un sourire solaire.

-Tant mieux ! Je suis content de l'avoir forcée à te prendre dans le groupe alors ! S'exclama-t-il, visiblement fier de lui.

Toni secoua la tête, amusée, et salua son oncle avant de le quitter pour aller se changer.

En route, elle se perdit dans ses pensées et dans ses tentatives d'explication. Cheryl lui avait bien dit qu'elle n'avait pas pitié d'elle, alors pourquoi se comporter avec tant de … neutralité envers elle ? Peut-être qu'elle l'avait enfin acceptée comme un membre à part entière de l'équipe et qu'elle estimait par la même occasion qu'elle n'avait plus à être constamment surveillée.

Elle pénétra dans les vestiaires, l'esprit toujours ailleurs, et se dirigea vers son casier. Toutes les filles avaient déjà quitté les lieux et elle prit son temps pour s'habiller. Elle se changea en silence et ce n'est qu'une fois qu'elle fut en sous-vêtements qu'elle se rendit compte que quelqu'un était encore là. Elle entendit le bruit de l'eau qui coule dans l'une des cabines et s'étonna de ne pas être la dernière. D'habitude, les cheerleaders se jetaient sur leurs vêtements de ville pour rentrer au plus vite chez elles, alors elle était relativement surprise que l'une d'entre elles ait décidé de trainer à la douche.

Elle enfila ses collants résille et sa jupe à carreaux puis aperçut la porte de la cabine de douche s'ouvrir et découvrit Cheryl en sous-vêtements devant son regard interloqué. La capitaine n'était pas du genre à prolonger son temps de présence avec ses disciples, alors sa vue fit froncer les sourcils à Toni.

La rousse n'avait pas encore remarqué la jeune Topaz et s'avança vers son casier, visiblement perdue dans son propre univers. Elle finit par poser le regard sur la fille aux cheveux roses et ses yeux s'écarquillèrent, une peur brute peinte au fond de ses prunelles foncées.

Sa réaction fit venir un sourire aux lèvres de Toni.

-Je suis si terrifiante que ça ? S'amusa-t-elle.

Malgré sa plaisanterie, Toni sentit que quelque chose clochait. Cheryl se tenait maladroitement sur ses longues jambes minces, comme si son équilibre risquait de lui faire faux bond d'un instant à l'autre.

Elle avala sa salive avec difficulté et secoua la tête, pour se remettre les idées en place. Son regard retrouva une certaine neutralité et son indifférence habituelle.

-Disons que tu m'as surprise … Avoua-t-elle simplement et Toni décida de ne pas la taquiner.

Elle ne s'expliquait pas vraiment pourquoi Cheryl avait été si troublée à sa vue ni pourquoi elle avait observé une pointe de frayeur sur son visage délicat. Elle entendait encore son inspiration affolée quand elle l'avait découverte en soutien-gorge. Elle n'avait d'ailleurs pas manqué les prunelles de la rousse qui s'étaient perdues un instant dans la contemplation de son corps à moitié dénudé. Mais c'était une histoire à laquelle elle ne voulait pas penser.

Elle ne put s'empêcher de laisser à son tour son regard glisser sur Cheryl. Elle était fine, pas suffisamment pour que les autres s'inquiètent ou s'en rendent vraiment compte, mais assez pour que Toni le remarque et se pose des questions. Elle se demanda si son apparence avait quelque chose à voir avec sa maigre prise de repas ou si c'était simplement son métabolisme ou tout le temps qu'elle passait à s'exercer pour le cheerleading.

Alors que Cheryl s'habillait, Toni remarqua des marques sombres sur ses poignets. Elle ne comprenait pas vraiment ce que c'était mais elle sentit une drôle de sensation grandir dans le creux de son ventre. Cela ressemblait étrangement à ce qui lui arrivait lorsqu'elle portait pendant trop longtemps un bracelet trop serré, mais, sur Cheryl, les marques paraissaient plus profondes et plus foncées. Comme si elle avait porté tout un tas de bracelets sans discontinuer.

Inconsciemment, la fille aux cheveux roses se rapprocha de la rousse pour observer ses poignets. Sa curiosité parlait plus fort que tout dans sa tête et elle ne s'aperçut pas tout de suite que Cheryl la fixait avec intensité et une quantité folle d'émotions variées dans les yeux.

-Qu'est-ce que tu fais ? Siffla-t-elle entre ses dents et Toni sentit la rage pure qui s'échappait de sa voix.

Elle releva la tête vers Cheryl et une pointe de culpabilité apparut alors sur son visage. Ce n'était pas ses oignons, pourquoi est-ce qu'elle faisait cela ? Elle allait encore s'attirer les foudres de la jeune Blossom.

Toni, arrête, tu es maso ou quoi ?! Cheryl va te tuer, retourne à ton casier et disparais en vitesse si tu tiens à ta vie !

Mais, pour une fois, elle n'écouta pas sa petite voix intérieure. Au contraire, elle se redressa et fit un pas de plus vers la rousse. Cette dernière parut étonnée de la voir se comporter avec tant d'audace, intrépide. Une once de respect apparut dans ses yeux, mais elle fut vite chassée par le venin qu'elle s'apprêtait visiblement à lui cracher au visage si elle s'approchait davantage.

-J'ai remarqué tes marques et … je voulais savoir si tu allais bien, si tu n'étais pas blessée ou … je ne sais pas, si tu voulais en parler. Expliqua-t-elle avec beaucoup de douceur dans son ton.

Elle ne comprenait même pas son comportement, ni d'où venait cette amabilité pour la fille qui n'avait eu de cesse que de la tourmenter depuis la rentrée. Mais elle était là néanmoins et Toni était heureuse de lui avoir donné sa voix.

Cheryl fut prise de court par sa réflexion et resta silencieuse, perplexe. Elle fronça les sourcils et fouilla le regard de Toni à la recherche d'une remarque cinglante ou mordante à lui offrir. Pourtant, contre toute attente, elle ferma simplement les yeux et détourna son attention de Toni.

-Ce ne sont pas tes affaires, Topaz, mêle-toi de ce qui te regarde. Répondit-elle mais sa voix était faible et craqua à la dernière syllabe, comme si elle lui faisait défaut.

Elle attrapa son pantalon et son haut dans son casier puis se dirigea vers les bancs pour s'y asseoir et s'habiller, comme si de rien n'était.

Toni soupira. Elle avait un sentiment de déjà-vu dans le fond de la gorge et elle ne voulait pas laisser s'échapper une nouvelle occasion d'avoir une vraie discussion avec la rousse.

-Cheryl, j-

-J'ai oublié d'enlever mes élastiques à cheveux de mes poignets avant d'aller au lit hier soir, d'accord ?! La coupa la jeune Blossom en relevant précipitamment le visage vers elle.

Son ton n'était pas assuré et il y avait quelque chose d'implorant dans ses prunelles qui serra le cœur de Toni. Elle n'avait jamais vu Cheryl dans cet état, autant à fleur de peau et manifestement apeurée. La rousse faisait toujours bonne figure, la lycéenne parfaite sur tous les plans. Alors la voir se fissurer, se briser devant elle, Toni ne savait honnêtement pas comment y réagir.

-Je … écoute, peu importe, je m'inquiète pour toi, c'est tout. Tu … tu vas bien ? La questionna-t-elle, et elle espérait que la rousse ressentait sa bienveillance dans ses paroles.

C'était une action désintéressée, une main tendue, un geste humain et empli de bonté. Et Cheryl, le regard toujours rivé dans celui de Toni, ne put y résister. Elle éclata en sanglots dans le vestiaire vide et baissa le visage vers ses genoux, sur lesquels elle était en train de torturer ses doigts.

Elle secoua la tête pour répondre à l'interrogation de Toni et cette dernière s'approcha d'elle, ne sachant trop comment se comporter.

Elle s'assit à côté de la rousse et passa une main délicate dans son dos, qu'elle caressa avec légèreté.

-Ça va aller, respire … Je suis là, ne t'inquiète pas. Tenta-t-elle de la rassurer, mais elle sentait bien que ses mots ne faisaient pas le poids face au fardeau et à la douleur qui pesaient sur la jeune Blossom.

Quels démons avait-elle enfouis au fond d'elle, qui n'attendaient que d'être libérés et qu'elle repoussait néanmoins à coup de remarques haineuses et de regards glacials ?

Toni s'installa un peu plus près de Cheryl et la serra contre son flanc, pour essayer de l'ancrer dans le moment présent. Elle ne pouvait peut-être rien pour la rousse, mais, au moins, elle était là.

Cheryl vint poser sa tête contre l'épaule de Toni et loger son visage dans le creux de son cou. Ses pleurs, étouffés, lancèrent des vibrations dans tout le corps de Toni qui, par réflexe, se saisit de la taille de la rousse pour la presser davantage contre elle et ainsi essayer de lui transmettre un minimum de sa paix intérieure et tout son soutien.

Elles restèrent silencieuses pendant un long moment qui perdit finalement toute temporalité. Il ne subsistait que la sensation de leurs corps accolés, de la main de Toni posée sur la hanche de Cheryl, de la joue de la rousse tout contre la clavicule de la fille aux cheveux roses. Elles n'entendaient plus que la respiration haletante et les reniflements de Cheryl qui avait néanmoins arrêté de pleurer.

La porte du vestiaire s'ouvrit à la volée et Cheryl releva son visage de l'épaule de Toni. Les deux filles tournèrent alors la tête vers l'intrus.

-Phonie, tu es là ? Demanda Michael en scrutant le vestiaire.

Quand il remarqua sa nièce et la capitaine figées sur le banc, à moitié nues, le rose lui monta aux joues et il bafouilla en faisant demi-tour.

-Oh, pardon ! Je … j'attends dehors ! S'exclama-t-il, incroyablement embarrassé.

Le temps qu'avait duré l'apparition furtive du proviseur avait suffi à Cheryl pour qu'elle se ressaisisse et s'éloigne de Toni.

Elle se tenait à présent dos à la jeune Topaz, devant son casier, et elle enfilait ses vêtements à une vitesse folle.

Toni se releva à son tour et prit un instant pour se remettre les idées en place. Elle s'approcha de son propre casier pour récupérer son haut. Elle s'habilla tout en jetant un coup d'œil curieux à la rousse.

-Cheryl, est-ce que t-

-Je vais bien. Désolée pour ce … moment d'égarement. A demain. Annonça-t-elle en faisant volte-face, son sac déjà en place sur son épaule.

Elle claqua la porte de son casier et jeta à Toni un dernier regard teinté de honte et de crainte avant de quitter le vestiaire, ses talons à la main.

Toni n'avait pas besoin d'être un génie pour comprendre que Cheryl voulait à tout prix éviter une discussion avec elle, puisqu'elle n'avait même pas pris le temps d'enfiler ses chaussures en sa compagnie. Avait-elle si peur que Toni ne la confronte sur ce qui venait de se passer ou ne lui demande sincèrement ce qui n'allait pas dans sa vie ? Avait-elle tant d'appréhension à l'idée de s'ouvrir et de se confier ?