Bonjour à tous et joyeux Halloween (un poil en retard, soit) ^^

Je réponds à une p'tite review et je vous laisse avec le chapitre :)

Haley : Merci tu es adorable, je suis heureuse de savoir que ça te plaît autant ^^


Chapitre 11 : Vu.

En proie à une forte mauvaise humeur, Katsuki grinçait des dents accoudé à son bureau. Ce qu'il s'était passé quelques jours plus tôt n'arrêtait pas de revenir dans son esprit. Et qui c'est qui faisait la morte ? Le chewing-gum évidemment. Ça ne faisait que décupler sa frustration, tellement que ses camarades de classe évitaient de venir le chercher dernièrement avec ses nerfs en boule.

Il se repassait en boucle "l'attaque" du vilain - si l'on pouvait appeler ce ridicule moment de spectacle de rue une attaque - et la réaction de l'adolescente. Il ne l'avait absolument jamais vu dans cet état de terreur et de vulnérabilité, même les civils avaient plus de courage. Il se souvenait de leurs jeux de super-héros gamins, avec le reste de la bande, et même en tant que sale morveuse il ne l'avait jamais vu se laisser marcher sur les pieds. Alors comment elle pouvait bien se rouler en boule à la seule mention d'un vilain dans les parages ? Qu'est-ce qui avait changé, sous son nez, pour qu'il ne le remarque pas ?

Puis, ce n'était pas comme si elle était sans défense non plus. Il connaissait assez bien son alter pour avoir souvent tapé sur ses barrières - ou se les être prises dans la figure - et ce n'était pas non plus insignifiant. Il l'aurait même assez bien vue dans la filière héroïque, même si ça il ne le dirait pas à voix haute. Alors d'où est-ce que ça sortait cette soudaine terreur des vilains ? Il avait l'impression que tous ceux qu'il avait connu dans son enfance lui cachaient des choses et ça l'énervait encore plus.

En tout cas, à présent il comprenait aussi mieux certaines choses. Comme le fait qu'elle ait totalement abandonné l'idée de rejoindre une filière héroïque. Cela paraissait plutôt logique lorsqu'on se roulait en boule face à l'ennemi. Ses réflexions lui donnaient envie de frapper quelque chose.

Enfin, tout cela, ça n'expliquait pas pourquoi. D'où est-ce que ça sortait ? Et depuis quand ? Dire qu'ils étaient passé des jeux de super-héros sans peur à... ça. Il avait vraiment besoin de crier sur quelqu'un et obtenir les réponses qu'il voulait là. Sauf qu'il ne pouvait pas, puisqu'elle l'évitait comme la peste depuis trois jours.

Lorsque le cours se termina, toujours en ruminant sa hargne le blond tira son portable de sa poche. Sur l'écran s'affichèrent un certain nombre de messages étalés dans le temps, tous en majuscules, et tous laissés sans réponse.

Contact : Kianaze

Bakugo, mardi, 19:37 : HÉ LE CHEWING-GUM

Bakugo, mercredi, 11:56 : RÉPONDS PUTAIN

Bakugo, mercredi, 18:43 : JE T'AI VU TE BARRER EN RENTRANT

Bakugo, jeudi, 7:26 : SI TU ME BLOQUES PLUS PERSONNE NE POURRA RECONNAÎTRE TON CADAVRE

Bakugo, jeudi, 18:34 : CRÈVE

Bakugo, jeudi, 18:36 : MAIS PARLE-MOI AVANT

Au-delà du fait qu'il aimerait bien avoir un peu de lumière sur ce qu'il s'était passé dans le tram, cela l'énervait encore plus de se faire ignorer délibérément. Qui laissait le grand Bakugo sur "vu" hein ? Cela le fit resserrer les doigts autour du pauvre appareil n'ayant rien demandé. Quittant la salle, il songea bien à rejoindre la classe du chewing-gum mais il ne se souvenait pas vraiment d'où c'était - pas tellement sa priorité de savoir ce qu'il en était des autres départements de Yuei - et décida plutôt de se diriger au réfectoire.

Là il chercha du regard une certaine personne à la chevelure bleu et rose assez reconnaissable, bien que lorsqu'il la repéra elle semblait déjà l'avoir remarqué. Kiana tourna très vite les talons, surprenant la rousse à côté d'elle, en filant dans l'autre sens. Katsuki ne comptait pas la laisser se débiner comme ça, la suivant le pas pressé bien qu'elle l'esquive vivement en entrant dans les toilettes des filles. Le blond s'arrêta en grinçant des dents, se demandant si elle était sérieuse là, avant de voir une autre fille arriver. Qu'il reconnut plus ou moins comme celle qui était toujours fourrée avec la lycéenne et interpella avec toute son amabilité :

- Toi la fille avec la tâche bizarre !

L'adolescente aux cheveux rouges arriva à son niveau en haussant un sourcil désabusé.

- Qui a une tâche bizarre ?

- Fais-la sortir.

Ça lui paraissait plus simple que d'entrer, démolir la porte, et probablement finir chez le directeur.

- Et puis quoi encore ? Je vais pas aller livrer mon amie à un type qui a la tête d'un meurtrier.

Ce qui paraissait plutôt réaliste, considérant le nombre de veines battant sur le visage du blond et son regard tout droit sorti des enfers.

- J'te d'mande ton avis peut-être ?!

Elle ne bougea pas en n'ayant absolument pas l'air intimidée, ce qui aurait certainement achevé d'agacer le blond s'il n'était pas déjà sur les nerfs.

- Dis-moi ça a déjà marché ton truc de hurler sur tout le monde pour obtenir ce que tu veux ? demanda Nanami avec détachement.

- Oui, cria-t-il pratiquement.

Elle l'observa sceptiquement, les deux se fixant l'un l'autre comme des chiens de faïence avant qu'elle ne déclare :

- Si tu décides de camper ici j'appelle un prof.

Argument qui eut raison de la ténacité du blond, sachant qu'il n'obtiendrait pas de résultat de cette manière. Il repartit non sans taper des pieds, avant que Nanami n'entre à l'intérieur en lâchant à l'intention de son amie planquée quelque part dans les cabinets :

- C'est bon tu peux sortir.

La rose rouvrit la porte, sortant avec un soupir partagé entre le soulagement et le désespoir. Son amie commenta en la regardant se passer de l'eau sur le visage :

- Il va quand même falloir que tu me racontes ce qu'il s'est passé un jour, t'es quand même passée de "ô mon blondichou comme j'ai envie de le voir cœur cœur" à "pitié faites que je ne croise jamais sa route je vais me faire trucider aaaah" !

Elle exagéra le ton de ses phrases en esquissant des grimaces comiques, faisant sourire la rose avant que celle-ci ne reprenne une expression plus morose et réponde :

- Je n'ai pas vraiment envie d'en parler...

Elle soupira avant de se frotter le front, ébouriffant ses mèches bleues. Elle ajouta ensuite :

- Enfin... Katsuki, c'est plutôt le genre à respecter les gens avec... de la puissance, ou de la force de caractère. Et on peut dire que j'ai montré tout sauf ça.

Expirant un énième soupir, elle finit par conclure :

- Maintenant j'imagine qu'il me trouve méprisable, et que ça doit particulièrement l'énerver d'avoir traîné un jour avec quelqu'un comme moi.

Elle déglutit un peu, la gorge serrée, pendant que Nanami rétorquait :

- Ce n'est pas "méprisable" d'avoir un... moment de faiblesse, tout le monde en a. S'il n'est pas capable de comprendre ça c'est un crétin.

Kiana haussa un peu les épaules, le dénigrer ne lui remonterait pas le moral de toute façon.

- ... on mange dehors ?

- Ça marche je chipe des plateaux et on se pose à l'extérieur ~

La rousse s'esquiva vers le réfectoire, tandis que de son côté le blond ruminait en mâchonnant ses baguettes, écharpant le bois sous ses molaires. Bon, hurler et poursuivre, ce n'était pas très concluant, même si c'était la première chose qu'il avait envie de faire. Et puis d'où crier sur les gens ne résolvait pas tous les problèmes hein ? Ça lui tapait sérieusement sur les nerfs et en même temps il voulait le fin mot de tout ça, il allait bien finir par trouver quelque chose pour la forcer à lui parler. Ou au moins à rester plus de trois secondes en sa présence, ce serait déjà un bon début.

En ce qui concernait Kiana, celle-ci se changeait les idées avec son amie, qui avait visiblement toujours un nouveau sujet à amener sur le tapis. Même lorsque son interlocutrice ne faisait pas preuve de beaucoup de répondant, ou lorsqu'elle l'oubliait pour scruter les alentours comme si une certaine tête blonde allait surgir d'un instant à l'autre.

Elles retournèrent ensuite en classe, où la bicolore se concentra sur le cours pour éviter d'avoir à penser à tout le reste. Lorsque vint la pause de l'après-midi, son portable vibra dans son sac. Elle hésita un peu, avant de le récupérer et regarder le nom de l'envoyeur. Que ce soit le blond ne la surprit pas tant que ça - elle n'avait sans doute jamais reçu autant de messages de sa part que depuis qu'il passait sa rage sur quelque chose - et elle envisagea une nouvelle fois de le bloquer. Même si elle ne le fit pas, et l'ouvrit quand même pour lire, s'attendant plus ou moins à des insultes ou des menaces pour ne pas changer.

Baka-go, 15:37 : Je vais en montagne ce week-end, tu viens ?

Baka-go, 15:37 : Je veux du challenge avant le festival des sports alors si tu peux pas suivre, refuse.

Elle l'observa un peu consternée, est-ce que c'était toujours la même personne ? Déjà elle découvrait que le clavier de Katsuki était en vérité capable de produire des minuscules, mais que le blond était aussi capable de proposer des activités. Parce qu'en règle générale c'était plus souvent elle qui proposait, ou lui qui manifestait une envie et elle s'incrustait. Bon même si cet instant de prise sur soi avait vite retrouvé sa fierté et s'était trouvé un prétexte pour plus de légitimité. Et dans le même temps, lui donnait aussi la possibilité de refuser, pour une fois.

Kiana observa pensivement l'écran, hésitant un peu, avant de finalement remettre son portable en veille et l'abandonner au fond de son sac. Pendant qu'il scrutait son propre écran Katsuki fut donc une nouvelle fois laissé sur un simple "vu" qui le hérissa de la tête aux pieds, fulminant au milieu de la classe.

L'après-midi se termina donc sur le son du vent, le blond quittant le lycée avec l'allure d'un dinosaure ayant sacrément les crocs. Ceci jusqu'à ce qu'il ne s'arrête soudainement en entendant son portable vibrer, l'extirpant brutalement de sa poche et l'appareil choisissant son moment pour faire un double looping dans les airs. Le blond l'attrapa non sans donner l'impression de l'étrangler du poing, avant de lire le contenu du message.

Kianaze, 17:49 : D'accord

Le blond souffla comme une locomotive à la lecture du message avant de s'exclamer en évacuant toute la frustration des derniers jours :

- Enfin bordel !

Avec toute la discrétion qui fit se retourner la moitié de la rue vers lui.


Un petit peu du côté de Katsuki pour une fois x) Qui va nous faire de l'hypertension u_u
Encore un chapitre court sorry ^^' À suivre au prochain épisode ~