- STAY -

Cause when you never see the light it's hard to know which one of us is caving

Chapitre 11

Bella

Mon reflet me renvoi l'image de la femme que je suis. J'ai presque du mal à comprendre ce que je suis devenue. Le bleu à ma bouche à disparut depuis hier. Mais, les traces des doigts sur mon bras sont apparues lundi, devenant violettes, noires, puis finalement presque jaunes en quelques jours.

J'inspire profondément en frissonnant, m'habillant, cachant les marques de mon corps avant de greffer un léger sourire sur ma bouche. Cette journée va me faire du bien.

Quand je quitte la salle de bain, je retrouve Alice assise sur mon canapé qui pianote sur son téléphone distraitement.

- Je suis prête, m'exclamé-je en attrapant mon sac et mes clés.

- Ah bah enfin ! me taquine-t-elle, ce qui me fait lever les yeux au ciel.

Elle se relève, récupère sa veste et son sac à main posés sur ma table basse et m'entraine avec elle dehors. Alice pense que je déprime suite au départ de Jacob lundi. Elle a donc, en bonne amie, prit la décision de venir me secouer et me faire sortir de mon appartement. C'est gentil de sa part. Vraiment, vraiment gentil. Cependant, elle est loin d'imaginer ce qu'il se passe réellement.

- Allez, une bonne virée shopping entre nana va nous faire du bien !

Je lui adresse un sourire quand elle me regarde, puis reporte mon attention sur le parking vide. J'ignore volontairement le grand portail menant chez Edward, et tout ce que cela réveil en moi. Mon ventre me brûle, presque autant que mes yeux.

On monte dans son coupé, sortant du parking lentement. Le silence qui s'installe me rendant un peu nerveuse.

- On va passer prendre Rose chez elle et à nous Kensington Arcade !

- Parfait !

J'essaie d'avoir l'air enjoué, mais je pense finalement qu'Alice n'est pas si aveugle que ça. Elle augment un peu la radio qui balance des musiques aux intonations acoustiques. Mon ventre se noue sous les accords mélancoliques qui emplissent l'habitacle.

Flashback

-Lundi-

Les accords de sa guitare me parviennent avant que je n'arrive à ouvrir les yeux. Je me sens sourire légèrement avant de grimacer. Ma lèvre est douloureuse, si bien que, brutalement, mes souvenirs reviennent et me donnent du mal à respirer.

J'ouvre les yeux difficilement, j'ai la sensation qu'un 35 tonnes m'est passé dessus. La chambre est plongée dans le noir, seule la pleine lune haute dans le ciel éclaire faiblement le lit aux draps blancs qui est vide. Mes yeux font le tour de la pièce pour se poser sur Edward, assis sur le bord de la fenêtre qui gratte les cordes de sa guitare doucement.

Quand je bouge dans le lit, il me jette un regard avant de figer ses mains.

- Excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller.

Je m'assois prudemment, presque sonnée. Ma tête tourne légèrement, l'envie de vomir se réveille à nouveau. Combien de temps ai-je dormi ?

- Il est quelle heure ? demandé-je d'une petite voix, faisant écho à mes pensées.

- Un peu plus de 5 heures, sûrement.

- Tu ne dors pas ?

Un léger sourire étire ses traits mais il secoue la tête. En le dévisageant, je me rends compte qu'il à l'air encore en colère, mais, surtout, la tristesse qui habille son regard sombre me donne mal au ventre. Un silence s'installe alors que mes pensées s'affolent. Je repousse le visage en furie de Jacob, les dureté de ses mots, et la claque qui m'a faite volée à travers la cuisine. Edward pose sa guitare après un instant puis se redresse.

- Comment te sens-tu ? demande-t-il en s'approchant doucement.

- Bien, mentis-je, essayant de contrôler ma respiration.

Il s'assoit sur le bord du lit, puis porte une main à mon visage. Son pouce effleure ma lèvre abimée. Un frisson de douleur et de peur me secoue tout entière. Sa mâchoire se serre, faisant se contracter mon ventre.

- Il mérite que je m'en prenne à lui, murmure-t-il d'une voix si grave que mes yeux me brulent.

Je n'arrive même pas à lui répondre. Mon souffle s'étrangle dans ma gorge alors que son regard passe sur mon visage comme une brûlure. Pendant un instant où la colère s'insinue plus fort en lui, j'ai dû mal à comprendre comment tout ça a pu arriver.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ?

Sa voix est grave, tremblante de colère retenue. Je baisse les yeux sur mes jambes encore cachées sous la couette, tandis que la main d'Edward quitte mon visage pour effleurer les miennes que je tords sans vraiment m'en rendre compte.

- C'était rien, murmuré-je en me forçant à figer mes doigts.

Ma réaction tends le corps d'Edward tout entier. Sa colère à l'air de montée si vite en lui que mon cœur s'arrête une seconde.

- Bella… menace-t-il.

- Je… une dispute comme une autre et… il a...

Je hausse les épaules, incapable de finir. J'n'ai pas envie d'en parler. J'n'ai pas envie de revivre tout ça. J'ai encore la sensation de sentir la peur que j'ai ressenti quand il a avancé sur moi, le regard tellement sombre… Je frissonne à nouveau, me perdant dans la colère de Jacob.

- Il va falloir faire quelque chose, finit par dire Edward d'une voix qu'il veut plus calme.

J'entends, pourtant, à quel point il est tendu. Je fronce les sourcils en relevant les yeux vers lui.

- Tu ne peux pas rester comme ça, ajoute-t-il sérieusement.

Je dois prendre quelques secondes pour réussir à retrouver ma voix. Pourtant, mon esprit tordu et malmené se fige. Soudain, tout est flou, tout est trouble. J'ai la sensation que quelque chose obscurcit brutalement mes pensées. Comme si… comme si rien au monde ne pouvait empêcher les choses d'arriver.

- Je vais rentrer.

Edward en face de moi se raidit totalement alors que je relâche ses doigts pour me lever. Tout mon corps semble douloureux.

- Tu vas rentrer ? répète-t-il en détachant chaque mot.

- Jacob va se réveiller, expliqué-je, incapable de réfléchir, je dois rentrer avant qu'il…

- T'es pas sérieuse ? demande Edward d'une voix sourde.

Muée par un sentiment que je ne connais pas encore autant que je le pense, je me mure dans le silence et traverse la chambre en tremblant. Je dois partir. Je dois rentrer. Il le faut. Si Edward savait… jamais il ne m'aurait regardée.

- Bella ! s'agace-t-il quand je quitte la pièce, le voyant se relever du coin de l'œil. Tu…

- Ne t'en mêle pas Edward d'accord ? Tout va bien, j'ai…

- Je te demande pardon ? Tout va bien ? Tu as vu l'état de ton visage ce matin ?

Je serre les dents, ce qui déclenche une douleur aigu dans ma mâchoire. Je traverse le salon en enfilant maladroitement mes chaussures, manquant de trébucher à plusieurs reprises. Je dois sortir d'ici, j'ai la sensation que, brutalement, je ne sais plus comment respirer.

- Jacob va se réveiller, il faut que…

- Isabella ! s'énerve Edward en me rattrapant avec une facilité déconcertante.

Mon prénom entier dans sa bouche me fige quand il me fait tourner vers lui en m'attrapant par le coude.

- Tu comptes faire comme si il ne s'était rien passé ? demande-t-il, ne me laissant pas le temps de réagir.

- Edward…

La colère de ses yeux me terrifie, mais je n'ai pas le choix.

- Je ne peux pas le fuir.

Il fronce les sourcils alors que mon ventre se serre. Il y a tellement de choses qu'il ignore.

- Ecoute c'est… merci, pour cette nuit mais… je… ma place est avec lui.

- Comment peux-tu dire une chose pareille ?

- Ne complique pas les choses Edward, s'il te plait…

J'ai la sensation que je viens de lui mettre une claque. Son regard brule de colère et d'incompréhension, inondant ma poitrine le plus douloureusement du monde.

- Tu m'as… tu m'as supplié de ne pas partir, cette nuit, tu te souviens ?

Tout s'entre-mêle violemment. Nos souvenirs, mon histoire, ma famille, mes sentiments, mes peurs, mes promesses… La sensation d'étouffement me donne envie de vomir, me faisant respirer plus vite.

- J'étais… j'étais…

- Terrifiée, finit-il à me place en s'approchant. Ne va pas le rejoindre Bella, j'ai… on va trouver une solution

Et brutalement, c'est trop. J'ai la sensation que tout se rompt d'un seul coup, laissant mes émotions prendre le pas sur tout ce que je suis, tout ce que j'aurai voulu être et que je ne serais certainement jamais.

- Mais pourquoi ? m'écrié-je, ma voix se brisant. Pourquoi Edward ? Qu'as-tu besoin de prouver au juste ?

Le silence qui suit me fait frissonner lourdement alors que les émotions s'enchainent dans les yeux d'Edward. Je finis par détourner le regard, en colère à présent. Je veux que tout s'arrête. Je veux que la douleur naissant dans ma poitrine cesse d'exister.

- Tu n'as pas à... à me sauver de quoi que ce soit, dis-je en retrouvant son regard où la colère ne démord pas. Jacob est… il n'est pas si mauvais.

- Je refuse que tu te retrouves seule avec lui, lâche-t-il d'une voix sombre.

- Tout ira bien.

La presque ironie de ma voix me donne envie de vomir. Il serre les dents en secouant la tête, visiblement dérouté de m'entendre dire une telle chose. Je suis presque sûre qu'il se retient de cogner dans quelque chose quand je fais demi tour. Il faut que je sorte d'ici.

- Tu sais aussi bien que moi qu'il va recommencer, tôt ou tard.

Pendant une seconde, j'inspire. Je sais qu'il ne laissera pas tomber facilement. Je sais que, si je mets pas un terme à tout ça, il finira par aller trouver Jacob. Je refuse que ça arrive. Je refuse de prendre ce risque. Je ne suis pas suffisamment forte pour accepter ça et ça n'est pas comme si j'avais le choix.

- Ne t'immisce pas dans ma vie, le supplié-je presque en retrouvant son visage.

Sa colère est toujours aussi vive, pourtant, un voile de déception traverse ses traits.

- Comment peux-tu être aussi aveugle ? marmonne-t-il en serrant les dents.

- Peu importe, balayé-je en reculant, ça ne te regarde pas.

- Je refuse d'être le témoin de ce qu'il se passe entre vous Bella, lance Edward au moment où j'atteins mon échappatoire : la porte.

Mes yeux se ferment une seconde alors que mon cœur sursaute. Je sais ce qu'il se passe, je le comprends mieux que n'importe quoi. Je ne suis pas encore prête à mettre un terme à tout ça, pourtant, je sais que je n'ai pas le choix. Edward n'a aucune idée de l'ampleur de ce qu'il se passe dans ma vie depuis des mois. Et je n'ai aucune envie de le réaliser totalement moi non plus.

- Je ne peux pas te protéger si tu m'en empêches.

Un rire amer me secoue. La douleur lancinante de mon cœur me donne envie de vomir, ou de me mettre à hurler hystériquement. Je suis étonnée de constater à quel point je tiens bon, à quel point la douleur est pourtant profonde.

- Je n'ai pas besoin que tu me protèges Edward.

- Tu es…

- Je n'ai pas… putain, grondé-je entre mes dents, on ne devrait même pas avoir cette conversation !

Son souffle se coupe dans mon dos alors que l'impasse se dessine si clairement devant moi que la colère vient me broyer la gorge. Douloureusement, je sais que je suis ici à la saturation de tout ce que nous avons pu être, et de tout ce que nous ne serons jamais.

- C'était… c'était sympa ok ? dis-je en me tournant vers lui dans un élan de colère et de lassitude. On a passé du bon temps mais tu… c'était tout Edward !

Soufflé, il mets quelques secondes à encaisser ce que je viens de lui dire. Je serre les dents quand je sens mes yeux me bruler. Je sais que je fais ce qui est le mieux pour lui. Il doit oublier, passer à autre chose et vivre enfin sa vie. Des semaines que tout ce jeu dure et nous sommes en train de perdre tous les deux. Il est temps que ça cesse, je le sais parfaitement. Je le sais, pourtant, la douleur dans ma poitrine quand son visage se ferme est intolérable.

Il inspire lentement alors que je me bats furieusement contre mes larmes. Son visage est si dur, si en colère que, l'espace d'un instant, j'ai le sentiment que le chagrin que je ressens va m'engloutir.

- Alors ne reviens pas, finit-il par dire d'une voix nette, tranchante comme une lame de rasoir.

La réalité me percute soudain : il a renoncé. Je manque de sourire en constatant comme ça a été facile pour lui. La colère brule, acide, ma langue et ma gorge tandis que ma respiration s'accélère sous l'effet de la douleur que notre dispute ancre en moi. Je sais que je ne serais plus jamais la même.

- J'espère que tu sais ce que tu fais, ajoute-t-il quand je pose la main sur la poignée de la porte.

Je serre les dents, repoussant un cri de colère et de douleur mêlées.

Je ne prends pas la peine de répondre, je sais que je suis la méchante de l'histoire. Je sais que je suis en tord, depuis le début. Je suis le monstre d'égoïsme qui était tapit en moi depuis des semaines. Il est sortit, il est là, sous mes yeux, et sous ceux d'Edward. Ce qu'il ne voit pas, c'est que je fais ça pour lui. Il est plus que temps que cela cesse.

Je quitte la grange rapidement, traverse le jardin et repousse le portail en tentant d'ignorer mon cœur qui bat trop fort, trop vite. Ma bouche me brule, les larmes me piquent les yeux et roulent sur mes joues, acides et incontrôlables quand le portail se referme derrière moi.

J'ai besoin de marcher. J'ai besoin de respirer. J'ai la sensation de ne plus être capable d'y arriver, d'avoir sans cesse un poids qui oppresse mes poumons, m'empêchant de les remplir comme il le faudrait. A la recherche d'un second souffle, mes pieds me portent de l'autre coté de la route, dans le parc où il fait encore nuit.

A mesure que je m'éloigne de la grange et de l'appartement, je réalise que je ne sais plus lequel de ces deux endroits m'est désormais le plus douloureux.

Fin du flashback

- On y est, souffle Alice en se garant devant une petite maison au sud du quartier résidentiel de Brixton.

Je jette un coup d'œil à la maison blanche qui se dresse entre deux grands pins. Du coin de l'œil, j'aperçois la Volvo noire d'Edward. Je serre les dents, ignorant la brulure de mon ventre et l'angoisse que l'idée de le voir provoque en moi. Pour la première fois de ma vie, en refoulant difficilement mes souvenirs, je suis presque impatiente de partir de Londres. Rien ne pourrait probablement être pire que ce que je ressens maintenant.

- Je croyais que les gars devaient aller au match ce midi ?

Alice, qui contourne sa voiture pour me rejoindre, hoche la tête munie d'un sourire.

- Normalement ils le sont, le match commence dans une heure.

La boule au ventre, je nous vois, comme déconnectée de mon propre corps, gagner la porte d'entrée de chez Rose et Emmett à laquelle Alice frappe avec entrain. Malheureusement pour moi, Emmett ouvre la porte. Ils sont encore là.

- Le match à été décalé d'une heure, explique Emmett en nous laissant entrer dans la maison.

J'ai la sensation de pénétrer dans l'antre du diable. J'aimerais féliciter mon hôte pour la décoration sublime du salon quand on y pénètre, mais on cerveau cesse de fonctionner quand mes yeux tombent sur Edward, assis dans un des gros canapés gris, une bière à la main. Il m'ignore superbement, continuant de parler à Jasper d'une manière animée, enjouée.

Suis-je réellement la seule à avoir la sensation d'avoir perdue une partie de moi-même dans cette histoire ? Pourquoi, comment, me suis-je foutu dans un merdier pareil ?

Il nous salut à peine quand Alice lui signifie d'une manière très discrète que nous sommes dans la pièce. Son regard ne m'effleure même pas. L'acidité de mon malaise me brule la gorge et j'ai du mal à rester de marbre face à tout ce qui me traverse. J'ai la sensation que je vais tomber, que je ne sais brutalement plus respirer.

- Oh vous êtes là ! se réjouit Rosalie en venant me serrer contre elle.

- Salut ma belle, dis-je en accueillant son arrivée avec bonheur.

Un peu de douceur et de divertissement est largement bienvenu.

Pendant quelques minutes, Rosalie et Alice parlent organisation de la journée. Je tente par tous les moyens d'ignorer Edward et les garçons dans mon dos qui se charrient sur un pari en rapport avec le match, mais j'ai du mal à tenir en place. Entre autre, j'apprends qu'Edward est de garde en fin d'après-midi et qu'il part directement chez ses parents après. Je me mords la langue pendant plusieurs minutes, et m'empêche de le regarder.

C'est douloureux. Incroyablement douloureux. Je soupire, refoulant tout ce que sa voix provoque en moi. La fin de notre relation étrange date d'il y a quelques jours, mais mon corps est toujours aussi atroce quand je l'aperçois, ou l'entends.

Quand on sort de la maison, je tremble tellement que j'ai du mal à ouvrir la portière de la voiture d'Alice. Je dois m'y prendre à deux reprises pour y arriver. Je m'assoie à l'intérieur en même temps que les filles. Les garçons sortent en même temps que nous, regagnant la Volvo.

A l'instant où ils passent à coté de la voiture d'Alice, mes yeux croisent ceux d'Edward.

Une seconde, juste une seconde.

Tout me revient aussi brutalement que si l'on m'avait frappé. Je suffoque brutalement, mes doigts broient mon pantalon quand il serre les dents à ma vision. J'ai la sensation que quelqu'un vient de m'enlever absolument toute ma joie. Je ne vais plus jamais rire. J'en suis certaine. Notre échange dure à peine une seconde avant qu'Edward ne disparaisse, mais j'ai la sensation d'être privée de tout mon oxygène.

- Allez ! On y va ! s'écrit joyeusement Alice et Rosalie en démarrant.

Il me faut le temps du trajet jusqu'au centre commercial pour retrouver un comportement normal. Douloureusement, je réalise que je préfère encore subir la colère de Jacob plutôt que ce que j'ai lu dans les yeux d'Edward.

Qu'ai-je fait ?

La journée se passe finalement mieux que ce que j'ai imaginé. Etre à l'extérieur de mon appartement me fait du bien. La présence des filles est agréable, et j'aime être avec elles. J'aime notre complicité, et, même si je n'arrive pas à être aussi enjouée qu'elles, elles ne disent rien, se contentent de me pousser de boutique en boutique.

Vers 18h, alors qu'on sort d'une boutique de lingerie où Alice vient de dépenser l'équivalent d'un demi salaire, son téléphone sonne.

Elle décroche, s'éloigne un peu.

Rosalie poursuit presque seule la discussion que nous avions -sur l'anniversaire d'Emmett à venir ce Week-end, mais je n'arrive pas à me concentrer. Quelque chose ne va pas. J'ai cette sensation étrange dans l'estomac.

Je vois Alice pâlir sous mes yeux alors qu'elle se raidit entièrement. L'angoisse vient caresser mon corps, me faisant trembler.

Mes pieds me portent à elle alors que je l'entends dire à son interlocuteur de se calmer.

- Il est où ? demande-t-elle d'une voix tremblante. Oui… non, on… on vous rejoint là-bas.

Mon ventre se noue, l'angoisse monte en moi plus rapidement, m'empêchant de respirer. Il est arrivé quelque chose. Je le sens. Alice raccroche, alors que la panique inonde son visage en même temps de ses larmes.

- Alice ? s'inquiète Rosalie avant que je n'ai pu ouvrir la bouche.

- Il… il a eu un… on doit allez a l'hôpital, balbutie Alice, coupant mon souffle.

- Alice ! Qui ? De quoi…

- Edward… murmure Alice en me lançant un regard glacé.

Je me fige, sentant mon cœur s'arrêter dans ma poitrine. La peur s'insinue brutalement par tous mes pores.

- On y va, ordonne Rosalie en pressant le pas pour gagner la sortie.

Je me sens tellement mal quand on atteint la voiture que j'ai l'impression que je vais vomir.

Je n'arrive pas à comprendre ce qu'Alice répète en boucle -il a eu un accident de voiture en allant à sa garde- et Rosalie conduit si vite que je vois la ville défiler sous mes yeux sans vraiment la voir.

Arrêtées à un énième feu, je semble enfin sortir de ma torpeur.

- Ca va pas assez vite, m'agacé-je en ayant du mal à garder mon sang froid.

Je croise le regard de Rosalie dans le rétroviseur quand le feu passe au vert. La peur et l'adrénaline courent dans mes veines, me donnant du mal à réfléchir posément alors qu'on enchaine les feux et les arrêts. Il est à peine 18h30 et les bouchons sont trop nombreux pour que nous puissions traverser Londres sans encombre.

Après dix minutes, on atteint enfin le parking de l'hôpital. Je me retiens de justesse de ne pas me précipité à sortir de la voiture quand Rosalie se gare. Alice, en larmes à coté d'elle m'angoisse d'autant plus.

- Tout ira bien, murmure Rosalie dans un souffle quand j'ouvre la portière.

Je ne suis pas en état de rassurer Alice, j'ai la sensation que je vais tomber si jamais je pense au pire, et je n'ai pas la force de repousser tout ce que je ressens. Je veux retrouver Edward, je veux m'assurer qu'il va bien, qu'il n'a rien de grave.

Pendant notre voyage à travers les étages de l'hôpital pour le retrouver -où Alice fait un scandale à chaque secrétariat- l'envie de vomir revient. Je repasse en boucle notre dernière discussion -celle de lundi où tout s'est terminé- et je n'arrive pas à me raisonner. Et si c'était la dernière fois que je pouvais lui parler ? Et si j'avais simplement tout gâcher et que je ne pouvais plus jamais revenir en arrière et lui dire combien j'ai aimé chaque seconde avec lui ?

Quand on trouve envie la chambre où Edward est, Alice à cessé de pleurer. Le médecin qui sort de la pièce au moment où on arrive comme des furies se fige légèrement en nous voyant.

- Vous êtes de la famille de monsieur Cullen, je suppose ? demande-t-il d'une voix calme.

Alice se retient de peu de le pousser pour passer tandis que Rosalie ouvre la bouche.

- Oui, comment va-t-il ?

- Bien, rassurez-vous, ses jours ne sont pas en danger.

Les filles soufflent de soulagement. Mon souffle s'étrangle dans ma gorge quand le soulagement m'atteint à mon tour par vagues, me faisant trembler de plus belle. Pourquoi ne suis-je, pour autant, pas réellement apaisée ?

- Vous pouvez aller le voir, mais il dort pour l'instant. On l'a mis sous calmant pour ne pas qu'il souffre trop, il a plusieurs côtes fêlées.

Le médecin donne quelques détails un peu techniques à Alice qui posent une tonnes de questions, mais la porte entrouverte m'appelle avec une telle force que je n'arrive pas à renoncer, à me retenir. Je dois le voir. J'en ai littéralement besoin. Je les contourne, et, porter par mes pieds, je pousse sur le bois lourd qui frotte doucement le sol en s'ouvrant.

Mon regard fait le tour rapidement de la pièce vert pâle à la moquette grise avant de tomber sur le lit, sur Edward.

Mon souffle se bloque devant la pâleur de ses traits et le tube qui rentre dans son nez, lui envoyant de l'oxygène à un rythme régulier. Je m'approche doucement, un peu étourdie jusqu'à atteindre le lit. Mes doigts tremblants effleurent les siens qui ne bougent pas.

La blouse de l'hôpital n'enlève, bizarrement, rien à sa beauté. Son corps, vu d'ici, à l'air intact. Seul son visage pâle, la coupure traversant sa bouche et l'attèle à son poignet gauche qui tire sur le violet sont visibles.

Je glisse mes doigts dans sa main indemne, savourant la chaleur et la douceur de sa peau alors qu'il respire doucement.

L'angoisse m'a désertée, mais pas la peur. Je réalise douloureusement que j'aurai pu ne plus jamais le revoir. Avec tous les risques qu'il prends chaque jour dans son métier, il a fallut qu'une voiture trop pressée grille un feu rouge et le percute de plein fouet avant de prendre la fuite. Je respire profondément en retrouvant les traits apaisés de son visage. Qu'aurai-je fait, si cela avait été plus grave ?

Sa lèvre est salement amochée, mais il est vivant. Il va bien.

Je reste un moment à l'observer avant de sentir bouger légèrement ses doigts contre les miens. Il fronce les sourcils, battant plusieurs fois des paupières.

- Bella ? murmure-t-il d'une voix cassée.

Mon souffle s'étrangle dans ma poitrine serrée quand je retrouve son visage où ses yeux peinent à s'ouvrir.

- Je suis là, répondis-je la gorge nouée.

Ses lèvres pâles bougent un peu, avant que sa langue ne les humidifient. Immédiatement, elles retrouvent un peu de couleur, lui rendant un air un peu plus vivant. Ses sourcils se froncent d'incompréhension quand il regarde autour de lui.

- Qu'est ce que…

- Tu es à l'hôpital, lui expliqué-je en tentant d'être rassurante. Tu vas bien, tu as eu un accident…

Il fronce les sourcils, ses yeux clairs retrouvent et fouillent les miens. Il est inquiet, je le sens. dans tout mon corps. Il lui faut au moins une minute pour réussir à paraitre parfaitement conscient d'où il est, de ce qu'il s'est passé. Je respirer le plus calmement possible, espérant apaiser la peur trainant dans mon âme.

- Un accident alors ?

- Tu... tu ne te souviens de rien ?

Il fronce les sourcils un peu plus, puis secoue doucement la tête.

- Je me souviens juste d'avoir déposé Em et Jasper chez eux, et d'avoir prit la route pour aller à la caserne mais...

Il se stop, perdu dans ses souvenirs encore flous.

- Je… apparemment un type à grillé un feu et…

Ma voix se brise quand mes larmes débordent sans prévenir. Je ne sais si c'est la situation, notre dispute d'il y a quelques jours, le fait de le voir ici, couché et blessé, ou tout simplement la peur qui ressurgit violemment, mais mes émotions m'engloutissent brutalement. Edward face à moi pâlit à nouveau alors que je fonds en larmes, incapable de me calmer, de me raisonner.

- Bella… chuchote-t-il en tirant sur ma main pour me ramener contre lui.

- J'ai cru… j'ai cru…

Son bras passe derrière moi pour me serrer contre son corps chaud. J'enfouis ma tête dans son cou, ayant du mal à calmer les soubresauts de mon corps à son contact. Contre sa peau, son odeur m'entourant, l'apaisement me gagne brutalement. Pour autant, mes larmes ne se calment pas immédiatement.

- Tout va bien, me rassure-t-il d'une voix douce, ses bras me maintenant contre lui fermement. Je vais bien.

- J'ai eu tellement peur, crossé-je en inspirant profondément son odeur, espérant réussir à me reprendre.

Il ouvre la bouche pour parler au moment où la porte s'ouvre sur Alice et Rosalie qui pénètrent dans la chambre. Je m'écarte rapidement en voyant Alice foncer sur Edward -sur nous. Lorsqu'elle plonge sur son frère qui lui répète en boucle qu'il va bien en lui frottant le dos, j'essuies mes larmes maladroitement.

Le regard d'Edward s'accroche au mien tandis qu'il berce sa sœur contre lui, la rassurant avec affection.

L'émotion dans ses yeux est palpable, si bien que mon cœur se serre.

Je me recule d'un pas, tentant de reprendre contenance. Rosalie passe un bras autour de mes épaules avant d'embrasser ma tempe.

Il va bien.

Il va bien.


Hellooooo !

Que dire ? Rien a part des bêtises… alors, je vais me taire, vous dire merci pour tout, et vous ordonnez (oui oui) de laisser un p'tit mot pour me dire ce que vous ressentez là, maintenant.

A très vite ?

J'vous embrasse,

Tied.