Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien ?
Oui, je sais, nous ne sommes pas samedi... Du moins pas encore ! Le temps que je relise une dernière fois et que je publie, minuit aura peut-être déjà sonné donc... Et pour être honnête avec vous, j'ai envie de vous poster ce chapitre depuis samedi dernier, alors c'est déjà un miracle que j'ai tenu jusque là.
Merci infiniment pour vos magnifiques reviews, qui parfois me font monter les larmes aux yeux. Vous êtes si gentilles avec moi... Merci, du fond du coeur.
Maintenant, place au chapitre 11 d'Ascendant. On se retrouve en bas :)
CHAPITRE 11
PDV Edward
Le soleil se reflétait sur la neige, lui donnant une allure magique, comme si des milliers de diamants étaient incrustés dedans. Autour de moi, les flocons tourbillonnaient sous l'effet de la brise légère qui soufflait, faisant trembler les branches des arbres. Ce paysage était magnifique et je ne m'en lassais pas, contemplant sans lassitude les flocons se déposer sur les branches des sapins, déjà bien alourdies par l'épaisse couche de poudreuse.
Derrière moi, des pas feutrés se firent entendre mais je ne me retournais pas. Je n'avais pas envie de briser la paix que je venais de trouver, loin des pensées sombres et déprimantes qui occupaient mon esprit depuis plusieurs semaines.
« Edward » m'appela Kate.
Comme je ne réagissais pas, elle s'assit près de moi pour contempler la vallée enneigée. Aucun de nous ne ressentait le besoin de prononcer le moindre mot et j'avais fermé mon esprit pour ne pas avoir à supporter ses pensées.
Longtemps, nous restâmes là, assis dans la poudreuse, figés, alors que des flocons commençaient à nous recouvrir. Kate était la sœur Denali que j'appréciais le plus, que ce soit pour sa discrétion ou son humour. Elle savait quand se taire et quand remonter le moral de sa famille. Actuellement, elle semblait comprendre mon besoin de calme.
« Je ne comprends pas pourquoi tu es là » me dit-elle soudainement.
Je la regardais en biais, me demandant ce qui la poussait à me dire ça. Comme je ne répondais pas, Kate reprit.
« Depuis que tu es ici, tu es comme… vide. Misérable. Sans but. »
Je haussai les épaules, ne comprenant pas où elle voulait en venir. Je n'étais pas parti de Forks sans raison.
« La quitter t'a brisé, n'est-ce pas ? » me demanda-t-elle franchement au bout d'un moment.
Entendre ses paroles raviva la douleur dans mon cœur mort. Jamais prendre une décision ne m'avait paru aussi difficile, mais je n'avais pas eu le choix. Je n'avais pas le droit de rester avec elle et de mettre ses jours en danger comme je l'avais fait. Elle ne méritait pas ça.
Fermant les yeux, le souvenir de son visage s'encra sur mes paupières clauses. Je me surpris à être heureux d'être un vampire avec une mémoire infaillible, car cela me permettait de me rappeler d'elle comme si elle était devant moi à l'instant présent. Malheureusement, le bruit de son cœur n'était pas là pour me guider et me maintenir dans la lumière, me rappelant douloureusement ma triste réalité.
« Je l'aime » avouai-je à Kate.
Je rouvris les yeux sur la plaine enneigée, regrettant d'avouer mes sentiments à Kate et non à la principale intéressée. Mais je n'avais pas le droit de le lui dire… Elle se serait encore plus attachée à moi et la séparation n'en aurait été que plus douloureuse.
Bella et moi nous étions rapprochés de façon très intime ces derniers temps, passant de longs moments ensemble, dansant, riant, nous rapprochant comme deux personnes qui tombent amoureuses. Malheureusement, ma nature nous empêchait d'être ensemble.
J'avais toujours détesté être un vampire. Tuer des innocents, boire leur sang pour survivre, perdre mon âme… Longtemps, j'avais regretté que Carlisle m'ait sauvé alors que j'étais aux portes de la mort. Peut-être aurait-il mieux valu pour tout le monde que je m'éteigne en 1918 ?
Rencontrer Bella m'avait permis de découvrir le monde sous un jour nouveau, éclairé par l'amour et la bienveillance de cette humaine fraîchement débarquée à Forks. Malgré notre première rencontre désastreuse et l'attraction que son sang exerçait sur moi, je n'arrivais pas à lui résister. Il ne fallut d'ailleurs pas longtemps à Jasper pour qualifier ce que je ressentais : j'étais amoureux de Bella. J'aimais une humaine.
Mes sentiments pour elle étaient aussi soudains qu'intenses. Lors de notre première rencontre, l'attirance que je ressentais pour elle concernait essentiellement son sang. Cependant, après avoir repris le dessus sur le monstre, l'attraction était toujours là. Bien présente, emplissant mon cerveau de l'image de Bella. Jamais je n'oublierai cette vision. Son visage tordu par l'horreur alors qu'elle me fixait, monstre totalement assoiffé qui désirait la boire. Longtemps, je m'en étais voulu d'avoir été aussi faible et de l'avoir terrorisée. Mais Bella m'avait surprise.
Je m'étais excusé et elle ne semblait plus avoir peur de moi, me parlant et m'approchant. Son cœur battait dans un rythme désordonné lorsque je lui parlais ou quand nos yeux se croisaient, mais je ne ressentais plus aucune peur venant d'elle.
Mon cœur mort sembla revivre lorsque je me rappelais la sensation de sa main sur mon bras lorsqu'elle m'avait réconforté alors que nous venions de lui révéler notre nature. Sa paume chaude sur mon bras froid, la vie près de la mort, l'agneau face au lion. Son courage et sa foi en moi m'avaient retourné. Complètement retourné.
Lorsque je l'avais invitée chez moi et qu'elle avait visité ma « chambre », je n'avais pu m'empêcher de la trouver à sa place dans mon environnement. Les révélations de Jasper m'avaient frappé à nouveau alors que je la regardais faire le tour de la pièce. Mon corps et mon cœur semblaient totalement attirés vers elle, tels des aimants. Alors, je l'avais invitée à danser, ressentant le désir de la tenir proche de moi, dans mes bras. Pendant un moment, je nous avais imaginés dansant lors d'un bal de charité à Chicago, presque un siècle auparavant. Les choses auraient été beaucoup plus simples à cette époque et j'aurai pu me laisser aller à l'aimer pleinement, comme un homme était censé aimer sa femme. Un homme humain.
Malheureusement, j'étais un vampire. Toutefois, la sensation que mon cœur se pressait dans ma poitrine lorsqu'elle avait pleuré en entendant la berceuse qu'elle m'avait inspirée était bien réelle. Et je l'avais savourée. Bella me donnait sans cesse l'impression de redevenir humain et vivant. Elle me donnait une raison de vivre, de combattre le monstre en moi. Elle me donnait tout.
Notre moment dans la clairière restait mon préféré. Notre proximité, notre intimité, ma tête sur ses jambes alors que ses mèches brunes tombaient autour de nos visages, nous coupant du monde extérieur. Cette sensation de paix qui m'avait gagné était magnifique, presque irréelle. Pourtant, Bella me permettait de ressentir tout cela. Elle me ramenait à la vie.
Alors, j'avais commencé à me pardonner.
L'idée de la transformer pour la garder jamais à mes côtés m'avait effleuré l'esprit, mais cette solution m'apparaissait également très égoïste. Trop égoïste pour un être aussi pur que Bella. Je n'avais pas le droit de la condamner à cette vie éternelle pour une raison aussi égoïste.
Alors, je m'étais efforcé de la préserver, chassant plus que nécessaire afin d'éviter tout risque. Malheureusement, le risque zéro n'existait pas et ce qu'il se passa dans la clairière avec ma famille et nos amis me prouva que ma place n'était pas auprès d'elle.
Les remords me tordaient les entrailles alors que je revoyais son visage apaisé après qu'elle se soit endormie dans mes bras la nuit qui suivit. Longtemps, je l'avais regardée, mémorisant le moindre détail de son visage, souhaitant le graver à jamais dans ma tête. Elle était magnifique, d'une beauté pure et candide. Elle n'était pas parfaite pour tout le monde, mais elle était parfaite pour moi. Elle était ma perfection, l'âme qui complétait parfaitement la mienne.
Peut-être que devenir vampire était mon destin ? Peut-être avais-je eu besoin de devenir vampire pour trouver la moitié manquante de mon âme ? Malheureusement, Bella méritait mieux qu'un monstre qui mettait ses jours en danger à chaque seconde. Aussi, je pris la décision la plus difficile de ma vie : la quitter. Cette pensée me déchira le cœur, et je savais pertinemment que je n'arriverais pas à partir si elle me suppliait de rester comme elle l'avait fait quelques heures auparavant.
Alice était alors entrée dans la chambre, me jetant un regard noir alors que ses pensées étaient limpides.
Tu n'es qu'un lâche.
Baissant les yeux sur le visage paisible de Bella, je savais que j'avais pris ma décision. Sous les yeux rageurs d'Alice, je m'étais levé pour attraper une page blanche et un stylo, écrivant mes adieux à l'amour de ma vie.
J'étais certain de ne plus jamais aimer quelqu'un d'autre comme je l'aimais elle. Carlisle avait toujours cru aux vieilles légendes qui racontaient que chaque vampire avait une âme-sœur. Je n'avais jamais cru à ces histoires, jusqu'à ce que j'en sois témoin pour Carlisle et Esmée, puis Rosalie et Emmett, et enfin pour Alice et Jasper. Bella était mon âme-sœur. Mais je l'avais quittée, abandonnant à jamais mes chances d'être heureux.
Je secouais la tête pour revenir à l'instant présent, où Kate me regardait de manière étrange.
« Tu as reçu du courrier » m'informa-t-elle d'une voix douce.
Je tiquai. Cela faisait plusieurs semaines que je vivais à Denali et je n'avais jamais reçu le moindre courrier. Ma famille ne m'écrivait pas, se bornant à m'appeler même si je ne répondais pas à leurs appels, et je n'avais pas d'autres amis à part les Denali, chez qui je vivais.
Curieux, je me levais à toute vitesse et courus aussi vite que possible vers le chalet. Sur la table de la salle à manger trônait une enveloppe d'un blanc immaculé. Je la saisis délicatement, le retournant pour voir l'expéditeur.
Aucun nom ou adresse n'était noté, mais le timbre indiquait qu'elle avait été envoyée d'Italie. Ce détail me fit frissonner alors que je portais l'enveloppe à mon nez. L'odeur qui s'en dégagea brûla ma gorge et si mon corps avait pu battre, il se serait arrêté net.
Sans attendre, les membres raidis par la panique, je décachetais l'enveloppe et une mèche de cheveux en tomba directement, s'échouant sur le parquet ciré. Un grognement animal roula dans ma poitrine alors que l'odeur de Bella imprégna mes narines et que l'horreur s'emparait de moi.
« Edward ? » me questionna Eleazar, qui venait d'arriver dans la pièce.
L'enveloppe pesait encore lourd dans ma main et je glissais une main dedans pour en sortir le contenu. Mes doigts touchèrent un tissu de coton, mais lorsque je le tirai, l'arôme puissant du sang de Bella me frappa en plein cœur. Mes yeux s'écarquillèrent à la vue du sang coagulé sur le tissu, alors que mon cerveau imaginait mille scénarios tous plus horribles les uns que les autres.
Figé, je prenais lentement conscience de ce que tout cela signifiait. Les Volturi avaient réussi à mettre la main sur Bella. Ils lui avaient coupé une mèche de cheveux et l'avaient faite saigner, qui sait dans quelles conditions.
A l'idée que quelqu'un puisse lui faire du mal, un grondement terrifiant sorti de ma gorge, résonnant contre les murs du salon alors que j'envoyais valser la lourde table en acajou contre la cheminée. Tout le salon y passa. Je n'arrivais pas à réfréner ma rage.
Je m'en voulais. Je m'en voulais pour l'avoir quittée alors qu'elle était ma raison de vivre. Je m'en voulais de l'avoir quittée pour la protéger alors qu'elle devait maintenant faire face à des dangers bien plus terrifiants. Je m'en voulais d'avoir gâché sa vie.
« Edward ! » cria Eleazar en m'attrapant les bras pour les croiser dans mon dos, m'empêchant le moindre mouvement. « Calme-toi. »
« Comment veux-tu que je reste calme alors que ces vermines la retiennent et lui font du mal ? Qui sait ce qu'ils sont en train de lui faire ? Qui sait si elle est encore… »
La boule dans ma gorge gonfla jusqu'à m'étrangler. Penser à la mort de Bella me plongeait dans un état d'hébétude et de léthargie abominable. Il fallait qu'elle soit vivante. Il le fallait. Je ne pouvais supporter de la perdre ainsi.
Dans ma rage, j'avais laissé tomber l'enveloppe et un papier plié en deux en sortait. Lentement, je me penchais pour le ramasser avant de l'ouvrir.
Edward,
Nous savons tous les deux combien ton humaine est importante pour toi. Si tu veux qu'elle reste en vie, viens en Italie.
Nous discuterons des conditions de sa libération en personne.
En attendant que tu puisses la voir de tes propres yeux, voici quelques photos pour te faire patienter.
Aro.
Au fond de l'enveloppe, des dizaines de clichés montraient ma Bella prostrée et terrifiée, assise dans un coin d'une pièce sombre, en sous-vêtements. Ses cernes montraient son manque de sommeil, alors que ses côtes étaient clairement visibles, signe de sa malnutrition. Depuis quand n'avait-elle pas mangé ?
Toutefois, ce qui me marqua le plus fut les hématomes qui coloraient sa peau. Une de ses épaules était gonflée et bleue, alors que des traces violettes et noires couraient le long de son ventre. Ses yeux étaient larmoyants, laissant transparaître toute sa détresse.
Un hurlement de terreur pure résonna dans la pièce, et je mis un moment avant de comprendre qu'il s'agissait du mien. Je n'arrivais plus à penser à rien d'autre qu'à elle, seule en Italie, entourée de vampires aux yeux rouge sang. Jamais je n'aurais pensé que mon départ pourrait avoir de telles conséquences.
Mes genoux rencontrèrent le sol et une vague de douleur intense m'engloutit, me plongeant dans le néant.
J'espère que ce chapitre vous a plu ? Le PDV d'Edward vous a-t-il surprise ? Dites-le moi en commentaire ! C'est toujours un plaisir de vous lire :)
En ce qui concerne les PDV des personnages, j'avais prévu d'écrire toute la fiction du PDV de Bella. Mais lorsque j'ai commencé ce 11e chapitre, je ne me voyais pas l'écrire autrement que du PDV de notre vampire adoré.
Sinon, je vous annonce que je viens de boucler le chapitre 18 ! Oui, oui, j'étais très inspirée cette semaine. Encore une fois, merci à Tied de toujours me soutenir dans mes projets, de relire mes chapitres et de me donner son avis. Nos discussions me sont précieuses.
Je vous donne rdv samedi prochain pour la suite ! En attendant, prenez soin de vous.
(et il est 00h01 :))
