Je me réveillai dans le lit de Shoto et comme souvent le matin j'étais excité. En plus il était là, à moitié nu, collé contre moi. Je commence à glisser mes mains sur sa peau. Il gémit un peu et s'approche de moi, mais quand ma main glisse vers l'intérieur de son boxer je me fais stopper immédiatement.

- Qu'est-ce que tu fais ? Tu rêves !

- Sérieux, combien de temps tu vas encore m'imposer cette règle stupide ?

- Jusqu'à ce que tu deviennes complètement fou de désir et que ça t'enlève définitivement Izuku de ta tête.

- C'est carrément stupide comme plan ! Allé !

- Tu penses que ta petite crise de larmes d'hier m'a attendri ? Tu te trompe.

- T'es un connard !

- Oui, ben ça a l'air de bien marcher jusque là puisque tu te trouves là dans mon lit à me supplier de te faire l'amour

- Non mais d'où j'ai supplié déjà ?

- C'est vrai que je t'ai jamais entendu dire s'il te plaît…

- Pourquoi ça changerait quelque chose ?

- Ben je sais pas tu as qu'à essayer pour voir, je t'en prie.

- S'il te plaît laisse-moi te faire l'amour...

- J'avoue qu'il a une certaine satisfaction à entendre tes supplications, mais non ça change pas ce que je pense.

- Oh, putain ! Je vais te tuer, lui dis-je me ruant sur lui, attrapant ses poignets et les bloquant au dessus de sa tête en grimpant sur lui.

Je plonge mes yeux dans les siens. Je le veux. Maintenant. Il me regardait, levant un sourcil.

- Je sais que tu es le plus fort physiquement, pas besoin de me faire une démonstration. Mais maintenant tu comptes faire quoi ? Me violer ?

- C'est illégal ça, non ?

- Tout à fait.

Je le relâchai en soupirant et m'allongeais sur le dos à côté de lui sans le toucher. Je soupire. Ca faisait longtemps que j'avais pas autant galéré pour coucher avec quelqu'un. Ca faisait un bout de temps que je ne pratiquais que les plans cul. J'ai pas la patience pour autre chose. Je reprenais mes esprits. Je tendis mon bras devant moi, c'était cool de plus avoir de plâtre quand même. J'avais hâte de refaire un peu de muscu. Mais le docteur avait dit de faire doucement. Je travaillais en coupé aujourd'hui, midi et soir.

- Tu bosse aujourd'hui ?

- hum, on fait les mêmes horaires.

- Ok

- Izuku aussi.

- Je sais.

Il se lève du lit et mon regard se pose sur ses fesses. Je reste dans le lit, je le regarde s'affairer dans la cuisine. Il va pas se rhabiller ? Tant mieux. Il prépare son petit dej, et me sers une tasse de café qu'il pose à côté de lui sur la table en me jetant un regard. Je me lève, je vois le petit regard qu'il jette sur mon sexe tendu sans faire exprès. En même temps, je peux pas lui en vouloir. Mais bon, si il le veut, il sait très bien ce qui lui reste à faire. Je m'assoit à côté de lui. Je me rappelle d'hier. Je fixe Shoto un instant.

- Oui ? me demande t-il

- Tu es jaloux de Deku. Genre ca doit m'inquiéter ?

Il se tut un instant.

- Je sais que c'est débile parce qu'il est hétéro et qu'il a une copine. Mais je sais que tu l'aimes. Alors forcément ça me fait pas trop plaisir que tu ais envie d'être avec lui. Ca me blesse un peu, mais je le savais. Juste, si tu pouvais éviter de faire exprès de te retrouver seul avec lui…

- On habite ensemble.

- Je sais.

- Quand il m'a accompagné me faire enlever le plâtre j'ai pensé à toi. Ca m'était jamais arrivé d'avoir envie de voir quelqu'un d'autre pendant que je suis avec lui.

Je dis ca comme si ça n'avait pas d'importance. Il ne réagit pas. Mais je crois que je commence à le capter et lui aussi. J'ai ma fiertée, lui aussi. Il ne me montrera pas que ca le touche et moi non plus. Il était si différent de Deku maintenant que j'y songeais. Tellement que je suis étonné qu'il m'attire autant.

J'étais heureux de reprendre le travail,on est d'accord, c'est pas le job de mes rêves mais justement, je savais que c'était pour un temps, avec Deku et maintenant Shoto, les managers étaient jeunes et cool. Shoto vint dormir chez nous le samedi soir, le lendemain on se retrouvait tous dans la cuisine pour le petit dej. Il y avait de l'ambiance avec Ochako et Deku. Shoto se mêlait à la conversation et semblait à l'aise chez nous. Je ralais pour la forme et Ochako cherchait a m'énerver. Plus tard je surpris Deku et Shoto alors que j'allais dans la salle de bain me brosser les dents. Je captais quelques bribes de leur conversation.

- … suis tellement content, c'est la première fois que je le vois comme ca avec quelqu'un, disait Deku a Shoto avant de le prendre dans ses bras. Ca avait toujours été quelqu'un de tactile. Pourtant cette fois ça me contrariait un peu. Je refermais la porte de la salle de bain, cette image flottant dans ma tête.

Je retombais soudain dans la morosité, j'avais du mal à sourire et j'avais mal au coeur. J'envoyais chier tout le monde, même Deku commençait à me reprocher ma mauvaise humeur. A ce rythme là, je redeviendrais vite célibataire. Au bout de trois jours Shoto me pris à part et voulu des explications.

- Katsuki, qu'est ce qu'il y a ?

- Rien...

- Arrête, même Izuku m'a dit qu'il te trouvait de mauvaise humeur.

- Ben t'a qu'à aller en parler au nerd, dis-je, sentant la colère monter.

J'aime pas qu'on aille parler de moi avec quelqu'un d'autre, si t'a un truc à me dire, tu viens me voir. Tu passes pas par Deku.

- C'est parce qu'on fait pas l'amour?

J'étais choqué, il pensait vraiment que j'étais capable de bouder pour ca ?! Parfait.

- Non mais t'es débile.

- Alors quoi ? Je veux t'aider mais si je sais pas ce qui se passe je peux pas.

- Rien, c'est moi, je suis comme ca. Je suis un connard qui est incapable d'être heureux et d'apprécier ce qu'il a.

Il s'approche pour me prendre dans ses bras mais je le repousse. Je sais même pas exactement pourquoi. Je suis triste. Et fatigué. Et en colère. Je veux Deku. Et c'est Shoto qui m'aime et qui veut me prendre dans ses bras. Et peut être que ca me ferait du bien. Mais j'en veux pas. Je veux qu'on me laisse tranquille. Je veux être seul dans le noir. Savoir que des gens sont là et s'inquiètent pour moi m'énerve. Je veux pas. Je veux rien. Je veux plus. J'ai besoin d'espace. Me retrouver seul avec ma peine et la laisser prendre le dessus, arrêter de lutter. Parce que j'ai déjà l'air d'avoir abandonné, mais si je suis debout et que je vais en cours, c'est que je suis encore en train de lutter, de toutes mes forces et j'en peux plus. Il me regarda et il avait l'air un peu blessé.

- On se voit demain, me dit il.

Il attendit quelques instants que je réponde, mais je ne dis rien et il finit par partir. Il n'a même pas essayer de m'embrasser. C'est débile, je l'aurais sûrement repoussé et en même temps, je lui en voulais de pas l'avoir fait. Je me maudissais et m'insultais. Pourquoi j'étais comme ca ? Je savais que c'était débile et inutile. Mais c'était plus fort que moi. Je rentrais chez moi et le premier son que j'entendis était la voix d'Ochako. Je me réfugiais dans ma chambre refermant la porte un peu plus violemment que nécessaire. Je lançais une playlist, le volume bien fort. Avec mon casque sur les oreilles, s'ils decidaient de baiser à côté de moi, je n'entendrais même pas la naine gueuler. Ce qui expliquais pourquoi je sursautais quand je sentis une main se poser sur moi. Je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir, ni Deku s'approcher de moi, il avait sûrement frappé à la porte avant. La musique tournait toujours et je m'étais assoupi sur mon lit. Je mis la musique sur pause.

- Kacchan j'ai faim ! Se plaint Deku

- Tu peux te faire a manger, dis-je d'un ton neutre.

- Mais c'est meilleur quand c'est toi qui prépare !

Je soupirais. Je n'avais aucune envie de bouger.

- C'est Shoto ?

- Tout de suite... non, j'ai toujours été comme ca tu devrais le savoir toi...

- Ca depends, si j'arrive pas a te convaincre de me faire la cuisine, tu aura atteint un tout nouveau niveau de déprime, dit-il le visage grave.

- Je suis pas déprimé. Et surtout je suis pas ta bonne.

Il me regarda un instant avec un regard qui signifiait "oui, oui, bien sur..." et il ajouta.

- Non, c'est moi qui fait le ménage, t'es pas ma bonne, t'es ma cuisinière.

Il me tira la langue.

- Ta gueule.

Il me regarda en souriant. Je levais les yeux au ciel. Je pris une grande inspiration. Bouge ! Je me levais, me dirigeait jusqu'à la cuisine, Deku sur mes talons, un sourire en coin. Ochako était devant le frigo ouvert, cherchant surement un truc à manger. Je la poussais.

- Bouge-toi, dis-je sans ménagement.

Elle me bouscula légèrement pour me taquiner mais n'arriva pas à me faire bouger.

- Mais !

- C'est moi qui cuisine.

- Chouette ! Tu nous prépares quoi ?

- Pâtes carbo.

- Yeah ! s'écria Deku.

Il se mit à sauter partout comme un chien à qui on vient d'annoncer qu'on va le sortir. Je pense à Shoto, le ventre serré. Je m'en voulais de l'avoir repoussé. Mais je pouvais pas revenir vers lui maintenant. Je m'agaçais que ce soit Deku le seul capable de me faire sortir de ma torpeur. Je devrais pas lui laisser le contrôle comme ça sur moi. Mais je ne pouvais rien faire contre l'emprise qu'il avait sur moi.

Le lendemain, quand nous descendions pour nous rendre à la fac, Shoto était là. Deku eut l'air surpris. Ça rallongeait son trajet de passer par chez nous, mais je ne ne dis rien.

- Salut Shoto ! Tu t'es perdu ? dit Deku d'un ton jovial.

Shoto, lui fit un demi sourire accompagné d'un "bonjour".

- Zut, j'ai oublié un truc en haut, partez devant, on se rejoint à la fac, s'écria Deku.

Quelle discrétion...

On marchait en silence. Je ne savais pas quoi dire et il était hors de question que je cherche un truc banal à sortir pour entamer la discussion, ça c'est un truc du nerd. Shoto aussi, apparemment, ne cherchait pas à briser le silence. Ça dura jusqu'au métro. A cette heure, il y avait beaucoup de monde. On se retrouvai serrés dans la rame. Il me lança un regard et souris légèrement.

- Je vais pas partir. Ta mauvaise humeur me fais pas peur, dit il simplement sur un ton de défi.

Je ne répondis rien. On verra, il pensait tout pouvoir encaisser, mon amour pour le nerd, ma mauvaise humeur, ma colère et sa propre peine. Quel prétentieux.

La journée passa normalement. Le repas de midi me semblait plus animé que d'ordinaire, ou alors je commençais à sortir de ma léthargie. Cependant je n'étais pas encore d'humeur à bavarder et je sentais que je pourrais basculer de nouveau dans la déprime très facilement. Je ne savais même pas si j'avais envie de me battre. La peine, la déprime, j'avais l'habitude, au final, ça semblait presque normal pour moi. Un état rassurant, car habituel. J'avais du mal à écouter en cours, je gribouillais des trucs sur la marge de ma feuille.

J'étais perdu surtout. Cette nouvelle inconnue dans l'équation de ma vie foutais le bordel en moi. Même si j'étais pas très bien parti de toute façon. Je ne savais pas vraiment comment réagir, quoi attendre. Que faire de ce que je ressentais pour Deku et ce que je ressentais pour Shoto. En fait j'étais frileux de me laisser vraiment ressentir des choses pour Shoto pour deux raisons. La première, j'aimais déjà et je savais que c'était tellement douloureux, dangereux, que ça pouvait vous réduire en esclave, vous détruire et j'avais déjà donné une fois, j'étais pas très chaud pour revivre ce genre de truc. Je suis pas indestructible. Et ensuite, je savais que pour vraiment être à fond dans ce que je vivais avec Shoto, je devais réussir à me libérer de Deku. Je n'arriverais pas à être complètement heureux avec lui tant que je penserais tout le temps à Deku, tant que je passerais mon temps à souffrir. Et j'avais peur de ce que ça voulait dire. Une séparation ? Comment ? De toute façon pour le moment c'était impossible à cause de la fac, notre taff, notre appart. Ça me rassurais. Mais je savais que ça me retenais. Ça m'empêchait d'être à fond dans cette histoire, car la douleur de ne pouvoir être avec celui que j'aime m'accompagne au quotidien et fait de moi quelqu'un de sombre qui a du mal à profiter et qui est toujours un peu ailleurs. Une pensée noire flottait souvent dans mon esprit : si j'avais pas l'intention de me lancer à fond, ça servait à rien de faire souffrir Shoto plus longtemps. Mais voilà, j'arrivais pas à prendre la décision de le quitter. Et je savais au fond que cette morosité, cette mauvaise humeur, cette déprime que je me traînais et qui me bouffais en ce moment, c'était une façon d'essayer de faire fuir Shoto tout en me dédouanant. Quel lâche j'étais. J'avais honte de moi, je me sentais faible. J'avais envie de me libérer de tout ça, j'avais juste envie de crever parfois. Mais je le ferai pas, parce que ça détruirait Deku et que si il y avait un truc que je pouvais pas faire, c'était lui faire du mal, même si ça signifiait rester là, sans pouvoir rien attendre de la vie, à souffrir en le regardant vivre sa vie et être là pour lui, quand il aurait besoin de moi, même si c'était juste pour cuisiner. La sonnerie annonçant la fin du dernier cours de la journée retentit, me sortant de mes réflexions. Eijiro me rejoint à la sortie de la salle.

- Tu avais vraiment l'air ailleurs aujourd'hui... me dit-il

- hum ?

- Tu va bien ?

Je le regardais. J'aimais pas cette question qui m'offrait deux choix : premièrement mentir et je déteste ça, je suis franc et direct. Ou dire non et devoir m'expliquer. Et j'aime pas parler de ce que je ressens.

- Viens, je vais te payer une bière et si tu veux on parle de toi et si tu veux pas je te change les idées en parlant d'autre chose.

Je haussais les épaules. C'était plutôt Deku qui faisait ça habituellement. Mais à Deku je pouvais parler de rien. En même temps, j'avais aucune envie de parler de ma situation. Je sais pertinemment ce que les gens vont dire. Que je dois m'éloigner de Deku, que c'est pas sain pour moi d'entretenir l'amour que j'ai pour lui ainsi sachant que c'est sans espoir... bla bla bla... JE NE VEUX PAS ENTENDRE CA. Je ne suis pas prêt à vivre sans lui et puis quoi bordel on dirait que je suis la seule personne au monde à être amoureux. Pourquoi personne ne comprend ? Vous savez ce que c'est aimer vraiment quelqu'un ? Putain ! Essaye de faire agir raisonnablement quelqu'un de vraiment amoureux. C'est pas logique ni raisonnable l'amour. C'est en ça qu'on reconnaît que c'est de l'amour. Ça vous rend con, ça vous fait faire des choses que vous n'auriez jamais fait en temps normal, des choses qui vont parfois contre vous, contre votre bonheur, parce que ce n'est plus la chose la plus importante pour vous à cet instant. C'est une putain de maladie, c'est un piège. Pas d'anticorps, pas de vaccins. Ça se niche en vous comme un cancer. Incurable. Et en même temps on a pas envie d'en guérir. Et je saurais même pas pourquoi. Pourquoi j'ai tant besoin de lui, de sa présence alors qu'il ne se passera rien. Je ne veux pas m'éloigner maintenant, ça servirait à rien parce que j'ai pas envie de me sortir de cette situation, je n'y arriverais pas si j'ai pas vraiment envie. Je suis pas prêt à encaisser la douleur de la vie sans lui. Qu'est ce qui me donnerais la force de sortir de mon lit si il n'est pas là ? De faire les courses ? De me nourrir ? Shoto ? Mon cœur se serre. Oui je ressens un truc pour lui. Ça me fait peur. Pourtant il a plus à m'offrir que Deku. Vous allez me prendre pour un fou mais je crois que je commence à comprendre pourquoi on baise pas. Ça serait trop facile. Il veut plus d'engagement. Il veut pas être un plan cul. Il me l'a dit mais j'en avais pas vraiment saisi le sens. Merde ça risquait d'être encore long. Et j'étais là, à ressasser tout ça pour la millième fois, incapable de prendre la moindre décision, je préférais rester dans cette merde, tétaniser à l'idée d'enclencher un truc qui me ferai le perdre.

- Ok, répondis-je à Eijiro. J'ai besoin qu'on me change les idées. Mais on parle pas de moi, laisse tomber.

- Ca me va.

A Deku 18:06

Je sors boire un coup avec Eijiro.

J'hésitais avant de l'envoyer. D'habitude je préviens Deku pour pas qu'il s'inquiète, mais on est pas en couple. En même temps, j'ai toujours fais ça. Si je lui dis pas il risque de s'inquiéter. Ou peut être que je me fais des illusions, c'est pas ma mère et j'ai pas 12 ans. Mais ce qui est sûr c'est que Shoto est déjà avec lui et qu'il vont m'attendre à la sortie de la fac pour rentrer. Si je lui envoie ce message, Deku va lui dire que je l'ai prévenu, lui, c'est pas très gentil pour Shoto. Ça serait plus logique de prévenir mon petit ami qui m'attends à la sortie de la fac. Mon petit ami qui est avec l'autre personne que je traite comme mon petit ami mais qui ne l'est pas. Je pourrais leur envoyer à tous les deux, mais si je fait ça, ça fait passer le message que je les traite pareil. Et Shoto désire surement un traitement de faveur, étant donné que c'était lui mon petit ami. Il est pas bête, il comprend et interprète chaque chose. J'avais envie de vomir. C'était compliqué mais je devais choisir le destinataire correctement. Mais en choisissant Shoto je m'engageais sur la voie qui finirais par m'éloigner de Deku, non ? Ou alors je préviens personne mais c'était vraiment pas sympa. Je soupire. Je change le destinataire et l'envoie à Shoto. J'ai vraiment vraiment vraiment envie de vomir. Est-ce que je suis en train de faire le mauvais choix ?