Amélia Bones guida Harry vers son bureau et d'un signe de la main, l'invita à s'asseoir. La femme, d'après ce que pouvait voir Harry, était surchargée de travail. Il y a avait des dossiers partout, certains concernaient Sirius Black, avec accroché au mur des dizaines de photos, articles de journaux et même une carte essayant de tracer un itinéraire du condamné. Mais, de ce que pouvait voir Harry, c'était des dossiers concernant Poudlard, il y avait ce qui semblait des témoignages de nombreux élèves, et si le plus proche était le dernier, il serait le deux cent douzième élève interrogé.
- Merci d'être venu, Monsieur Potter, d'après vos regards vous avez compris la raison de votre présence ici. Comme vous avez pu le voir dans le journal, la situation à Poudlard est devenue un problème à grande échelle. Le ministre veut montrer qu'il agit et je me trouve à le soutenir dans le cas présent. Le but de cet entretien est de voir s'il y a des choses qui nous ont échappé. D'après de nombreux témoignages, vous êtes concerné par la plupart des problèmes parvenus à Poudlard ces deux dernières années. Si cela vous va j'aimerais que vous me racontiez votre vie à Poudlard.
- Tout ? demanda Harry.
- Ce qui vous semble le plus important, cela peut-être n'importe quoi. J'ai une étudiante qui a trouvé important de me signaler l'impossibilité d'utiliser les toilettes des femmes du deuxième étage à cause du fantôme de Myrtle Warren.
- Qui ?
- Vous la connaissez plus sous l'appellation de Mimi Geignarde. Pour en revenir au sujet, vous avez un regard différent des autres, et inversement. Le problème ne vous serait pas venu à l'esprit, car il ne vous concerne pas, comprenez-vous ?
- Oui Madame Bones, acquiesça Harry.
- Bien, comprenez aussi que ce que vous me direz sera gardé confidentiel et vous serez connu sous le nom d'élève numéro deux cent douze. S'il y a des éléments qui peuvent vous trahir, ils seront mis de côté et étudiés différemment. Je suis prête quand vous l'êtes Monsieur Potter.
Et ainsi Harry commença, parlant de son arrivée dans le monde sorcier, puis de ses deux années à Poudlard. Amélia Bones le coupa plusieurs fois pour lui poser des questions, questions qui en amenèrent d'autres et encore plus. Pour beaucoup, Harry n'avait pas de réponse, il ne savait pas pourquoi, par exemple, les élèves n'étaient pas restés dans la grande salle la nuit ou le troll était libre, ou encore pourquoi il n'y avait pas eu de comptage d'élève, afin de savoir qui manquait. A cela, Harry eu la surprise d'apprendre qu'Hermione n'était pas la seule absente au banquet, mais qu'il y avait treize personnes dispersées dans le château à ce moment-là.
Il fut beaucoup interrogé sur ses interactions avec les professeurs, pas sur les cours en eux même, mais les relations élèves/professeurs. Harry comprit qu'elle ne cherchait pas de nouveauté, elle était au courant de tout, la haine que lui vouait Rogue, le favoritisme de ce dernier, tout comme celui de McGonagall, et bien d'autres. Harry fut surpris d'apprendre ce dernier point, jusqu'à ce qu'Amélia lui fasse part de l'avis des élèves sur son entrée dans l'équipe de Quidditch.
- Voici ce que pensent, avait-elle dit, les élèves des quatre maisons de Poudlard. Pour Gryffondor, c'est une bonne chose, vous avez défendu le bien de votre ami et aidé à faire gagner votre maison. Les Serpentard y voient du favoritisme envers votre célébrité, arguant que vous avez été admiré et non puni pour votre mépris pour les règles. Vous auriez été d'une autre maison, vous auriez été punis, mais puisque vous êtes Harry Potter, de la maison des lions, vous gagnez un passe-droit, voire être récompensé. Les Poufsouffle reconnaissent votre action, il s'agissait de la loyauté envers un ami, mais si vous étiez autorisé à jouer dès votre première année, alors tous devraient avoir ce même droit. Les Serdaigle valident le geste, mais pas la logique qui en découle. Dans l'idée générale, votre action est louée, ce qui en découle est une injustice et du favoritisme, envers vous et surtout du professeur McGonagall.
- Je… Je suis désolé, dit Harry dans un murmure. Je ne savais pas.
- C'est normal Monsieur Potter. Comme je l'ai dit, c'est l'avis des autres et je pense personnellement qu'il serait surprenant que vous ayez réfléchi là-dessus. Et ce n'est que le premier exemple de ce genre de cas à votre encontre.
- Il y a d'autre moment ainsi ? s'effara Harry les yeux écarquillés.
- Je peux citer le nombre ahurissant de points reçus au banquet de fin d'année, vous propulsant de la dernière à la première place sans aucune explication. De tous les élèves interrogés jusque maintenant, il n'y en a aucun qui peut dire précisément pourquoi vous avez gagné autant de points. Enfin si, Albus Dumbledore a donné des raisons mais aucune pertinente et donnant raison au nombre de point. Par exemple, Monsieur Weasley a reçu, d'après les témoignages, cinquante points pour une belle partie d'échec. Beaucoup affirment que Ronald Weasley est un prodige aux échecs sorciers et invaincu depuis son arrivée. Impressionnant, mais cela ne justifie pas les points. Tout comme vous, pour avoir fait preuve de courage, ou Miss Granger pour avoir résolu un casse-tête.
- Que savez vous à ce propos ? demanda Harry avec incertitude.
- Rien, déclara Amélia Bones en le regardant droit dans les yeux. J'ai des rumeurs sur un cerbère, le troisième étage et le professeur Quirell qui a mystérieusement disparu depuis. D'après votre attitude, j'en conclu que vous avez une explication à cela ?
- Je… Je l'ai tué, dit Harry d'une petite voix.
- Je vous demande pardon ? Venez-vous d'affirmer que vous avez tué un professeur ? dit Amélia d'une voix blanche.
- C'était Vol… Vous-Savez-Qui ! s'écria Harry rapidement, il voulait la pierre !
Un long silence s'abattit dans la pièce tandis que les mots restaient vides de réponse. D'un coup, Amélia Bones se leva et récupéra ce qui ressemblait à une grande soucoupe vide.
- Savez vous ce que c'est Monsieur Potter ? demanda-t-elle. Il s'agit d'une pensine. Cela va me permettre, avec votre accord, de voir ce que vous venez de déclarer. Pour cela, je vais mettre ma baguette sur votre tempe et vous allez penser à ce qui s'est passé, du début si possible.
Hochant la tête Harry fit ce qui lui était demandé, et pensant à justifier les points, commença à partir de leur départ de la salle commune de Gryffondor. Une fois fini, Il vit Amélia verser ce qui semblait être un fil bleu accroché à sa baguette dans la pensine. L'avertissant qu'elle ne risquait rien, elle plongeât sa tête dans la soucoupe. Elle en ressortit quelques minutes plus tard, visiblement secouée.
- D'accord Monsieur Potter, dit-elle d'une voix vide d'expression. Je peux voir la logique derrière « la plus belle partie d'échec » et « la logique face aux flammes » et « courage exceptionnel ». Cela est simple à comprendre maintenant et les compliments sont mérités. Je comprends, mais d'un autre coté, cela n'a rien à voir avec la coupe des quatre maisons… ni même Poudlard !
- A ces mots, elle frappa de son poing sur la table, fulminante de colère.
- Cela, continua-t-elle après un moment. Aurait dû être sur mon bureau bien plus tôt, je n'aurais pas dû l'apprendre de vous ! A quoi joue Albus ?
- L'im… l'important c'est que Vol… Vous-Savez-Qui n'ait pas eu la pierre, non ?
- Monsieur Potter, j'ai en tête une dizaine de solution pour protéger la pierre hors du château et encore une dizaine pour, dans la même situation, faire en sorte que Voldemort n'ait pas la pierre. Le miroir est une bonne idée, mais il suffit d'appliquer la première règle du miroir ! Un homme devient fou en le contemplant trop longtemps, donc mettre Voldemort devant est bien, mais à aucun moment, il n'était utile de mettre la pierre au même endroit, les Flamel auraient pu la garder avec eux, le tableau seul aurait fait le travail !
Harry était bouche bée. Amélia Bones avait raison, c'était logique après coup. Comment Le directeur, qui l'avait mis en garde quand il faisait lui-même face au tableau n'y avait pas pensé.
- Monsieur Potter, reprit la femme. Expliquez-moi juste une chose. Vous connaissiez le danger, y aller est déjà une erreur, mais dites-moi que vous avez fait ça en dernier recours au moins.
- Nous sommes allés voir le professeur McGonagall, mais elle ne nous a pas cru.
- Et quand je pensais que ça ne pouvait pas être pire, murmura Amélia pour elle-même en écrivant sur son parchemin. Cela Monsieur Potter, ne sera pas soumis dans votre dossier mais à part, car le problème n'a rien à voir avec Poudlard. Avez-vous d'autres choses concernant votre première année ou voulez-vous poursuivre vers votre deuxième année qui, d'après ce que j'ai entendu, et si je me fie à mes instincts, est du même acabit.
Harry pris ces mots pour une invitation et commença à parler. Il commença avec Dobby, car il avait compris que la femme voulait tous les détails. A raison, puisqu'elle nota l'incident sur un parchemin, l'informant que cela sera regardé plus tard. Beaucoup de chose étaient en fait semblables à la première année. Les professeurs étaient aveugles face aux problèmes. Harry apprit qu'il y avait eu une vingtaine d'élève drogués, à coup de potion sans rêves et calmantes pour faire face à la menace dans le château. La suspicion avait entraîné beaucoup de conflits, aussi, et pas qu'envers lui, comme Harry l'avait cru. Non visible, il y avait en fait pas mal d'élèves qui avaient peur de lui à cause du fourchelangue, mais qui à aucun moment ne l'avaient imaginé coupable d'agresser les autres, mais qui blâmaient certains sangs purs arrogants. Puis vint la scène du basilic ou encore une fois, elle demanda à voir le souvenir, que Harry donna volontiers.
- D'accord Monsieur Potter, dit-elle une fois sortie du souvenir. Cela explique pour commencer l'état dans lequel Gilderoy Lockart a fini à Sainte-Mangouste. Pour le Basilic, je ne peux qu'admirer votre sang froid et la chance ahurissante dont vous avez fait preuve. Cependant plusieurs choses me préoccupent, que savez-vous du journal intime ?
A cela, Harry replongea dans son récit, mais se concentrant sur le journal ce coup-ci. Il l'informa de sa suspicion que cela venait de Lucius Malefoy et fournit son souvenir comme preuve.
- Je ne peux pas accuser Mr Malefoy, avec votre souvenir Monsieur Potter, nia-t-elle. C'est impossible.
- Quoi ? s'exclama Harry choqué. Pourquoi ?
- Comment saviez-vous qu'il s'agissait bien de Lucius Malefoy ? Que ce n'était pas quelqu'un sous Polynectar ? Ou que, à ce moment-là, vous n'étiez pas sous un sortilège de confusion pour faire accuser Monsieur Malefoy ? Votre souvenir, s'il est examiné, montrera ce que vous avez vu, c'est-à-dire Monsieur Malefoy donnant le livre, mais rien prouvant que c'était bien lui. Comprenez-vous ?
- Mais il y avait Drago Malefoy ! Son fils !
- Qui peut aussi être une personne sous Polynectar. Le temps est trop court pour dire avec certitude qu'il s'agissait bien de lui. On pourrait même en douter vu la dispute entre lui et Arthur Weasley, tout le monde dans ce bâtiment vous dira que jamais Lucius Malefoy ne s'abaisserait à se battre avec ses poings.
- C'est… C'est… essaya de dire Harry choqué.
- Je comprends Monsieur Potter, mais dans le monde sorcier, tromper est facile. C'est pourquoi, si je dois intervenir sur une situation, je dois le faire le plus rapidement possible, sinon toute preuve peut être nettoyée rapidement. Un retourneur de temps, par exemple, peut vous donner un alibi et des témoins et ce à une centaine de kilomètre du lieu où vous avez commis un crime. C'est le monde magique Monsieur Potter, vérité et mensonge forment deux mondes séparés par une frontière très mince.
A ces mots, le silence prit possession de la pièce. Il n'y avait rien de plus à dire, ni même à commenter. Après un moment, ils reprirent l'entretien, même s'il était clair qu'il arrivait à la fin. La problématique des points de fin d'année était la même, des points donnés sans explication donnée, donnant l'impression de favoritisme. Cela mis Harry dans une déprime profonde, lui donnant envie de s'excuser personnellement envers chaque élève, même s'il n'était pas totalement fautif. Quel enfant dirait non à un bonbon ? Il avait fait l'erreur d'accepter tout ce qu'on lui donnait, sans regarder les conséquences. Il savait, au fond, que ce n'était pas sa faute, mais la logique et les émotions sont deux choses différentes.
C'est dans le silence et une profonde fatigue que Harry retourna au Chaudron Baveur. La dépression mit un moment à partir, mais de nombreuses lectures et discussions diverses, souvent engagées par Tom, le propriétaire du bar, l'aidèrent à se divertir. Les jours s'écoulèrent puis avant qu'il ne le sache, le jour où les Weasley et Hermione venaient au chemin de traverse était là.
