Bonjour bonjour !

Me revoilà assez vite (c fo mdr, non en vrai ça va ça fait 23 jours x)), j'avance dans mes quelques projets personnels en essayant de gérer tous les trucs que je dois faire, à savoir tenter d'avoir un avenir lmao. J'espère que ma correction n'a pas été trop approximative parce que je le poste vraiment en 4eme vitesse xD

C'est dans ce chapitre que commence l'arc du camp d'entraînement. Il est super important, et c'est le seul de cette petite fiction sans prétention qui aborde des thèmes un peu plus glissants. J'espère qu'il ne partira pas trop en OOC (pour Akaashi) mais je tiens à cette idée que je me suis lancée sur lui et que je développe depuis la bonne moitié des chapitres publiés x')

Bonne lecture mes formidables lecteurs !


11 – La pilule qui fait déborder le vase

Il existe trois façons d'aborder ses sentiments en milieu social.

Ceux qui ne laissent rien paraître, ceux qui les crient sur tous les toits, et ceux qui n'y comprennent strictement rien mais qui les braillent quand même.

S'il est évident qu'Akaashi fait parti de la première, il l'est tout aussi que Bokuto est maître de la troisième. La règle que l'ailier respecte le moins doit être celle qui consiste à rouler sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Dès que quelque chose lui passe par la tête, vous pouvez être sûr de l'entendre dans les secondes qui suivent. C'est un peu cela - et son visage particulièrement expressif - qui fait de Bokuto le livre ouvert le plus ouvert de l'histoire des livres ouverts.

Alors oui, il fut compliqué d'ignorer que le mental de Bokuto se détériorait de jour en jour, et, pour les moins aveugles, il était tout aussi évident de comprendre que cela avait débuté après le malaise d'Akaashi.

Pour la première fois depuis que ses souvenirs le lui permettaient, Bokuto ressentit une angoisse particulière qui le força à lier sa langue. Il avait beau ne pas être très malin, il marchait à l'instinct, et ce dernier semblait lui crier qu'il y avait quelque chose de louche, chez son passeur préféré. Au fameux rendez-vous qu'ils s'étaient donnés jeudi, l'aîné passa le plus clair de son temps à fixer le visage fatigué du brun et à faire tout un tas de propositions étrangement galantes qui misent un peu mal à l'aise son confrère. Dans le bus qui les conduisit jusqu'au camp d'entraînement, de l'autre côté de Tokyo, Bokuto s'assit à côté de lui et détailla les cernes de son visage avec attention. En moins de quelques minutes, son passeur s'était déjà endormi.

Ce qui perturbait certainement le plus l'ailier, c'est que tout semblait parfaitement normal.

Ces passes, ces commentaires, sa façon de lui remonter le moral et jusqu'à même la façon dont il prononçait son prénom était parfaitement identique à avant l'accident. Une pensée éclairante mais bien déprimante lui traversa alors l'esprit : peut-être avait-il toujours été comme ça. Peut-être avait-il toujours eu l'air à bout de souffle, sur le point de vomir ses tripes et de s'effondrer en plein entraînement.

- Akashi ?

- « Aka-ashi », Bokuto-san.

- Oui, heu… ça va ?

- Pardon ?

Les matchs de la journée étaient finis, et les deux adolescents ne devraient pas tarder à aller prendre une bonne douche bien fraîche. Seulement, le plus préoccupé des deux, un certain lycéen aux cheveux argentés et aux yeux de hibou, retint l'attention de son passeur.

- Eh bien, je te demande si tout roule, dans ta vie.

L'expression d'Akaashi était un curieux mélange de son impassibilité naturelle et d'une incompréhension marquée par un léger froncement de sourcils. En bref, des signaux bien trop précis et implicites pour que Bokuto y comprenne quelque chose.

- T'as l'air fatigué.

- Encore ça ? Il avait définitivement l'air blasé. C'est à cause de ma chute de l'autre jour ? On sortait des examens, Bokuto-san.

- Oui, mais les examens, c'était il y a deux semaines, et t'as toujours l'air aussi épuisé ! Même plus, d'ailleurs.

Quelqu'un d'autre aurait remarqué que les joues du première année s'étaient doucement teinté de rose. Pourquoi sa santé l'intéressait tant que ça ?

- Je suis en bonne santé, Bokuto-san. Merci de t'inquiéter, mais mon corps va bien.

Ce dernier croisa les bras, en dilemme intérieur sur s'il devait oui ou non croire ce qu'on son cadet prétendait. Il fallait bien avouer qu'il lui était difficile d'imaginer qu'un corps aussi élancé et finement musclé puisse souffrir de quoi que ce soit. Qu'il s'agisse de son corps, de son visage, de sa peau laiteuse et de ses beaux cheveux noirs, de son calme ou de son goût pour les études, Akaashi devait être la personnification du lycéen intelligent en parfaite santé. Pourtant, d'aussi grosses cernes sur une peau si claire, ça ne manquait pas, et Bokuto avait au moins eut le mérite de le remarquer.

- À quoi tu joues, Bokuto ?

La remarque était venu de l'arrière. Akaashi, lui, avait disparu.

- Konoha ?

- Akaashi passe sa vie à te couver, pourquoi c'est toi qui à l'air d'être sa mère, maintenant ? Komi et trois autres premières années ne purent s'empêcher de retenir un rire.

- Sa… mère ?

Les joues du numéro 4 s'enflammèrent en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'était ça, leur relation ? Une mère qui s'occupait de son fils, fils plus vieux, par ailleurs ? Il n'y avait vraiment que ça, pour transparaître ? Est-ce que le club entier, que dit-il, est-ce que l'académie Fukurodani entière voyait Akaashi comme la maman du gamin hyperactif qu'il était ?

À bien y réfléchir, toute l'équipe avait un peu ce rôle-là. Mais que pouvait-il bien y faire ? Il était comme ça, et par corrélation, son style de jeu tout entier, impulsif et extravagant, en découlait. Il n'allait pas faire semblant d'être quelqu'un d'autre, non plus !

Enfin, songea-t-il en allant prendre sa douche, il n'avait pas très envie qu'Akaashi le voit de cette façon non plus…


Le moins qu'on puisse dire, c'est que la joie n'avait pas gagné de nouveau le visage de l'ailier. Akaashi avait prétexté aller aux toilettes et il avait dû se retenir très, très, TRÈS fort de le suivre (pas pour ceux à quoi vous pensez bande de pervers). Au bout de cinq minutes d'absence (et vingt-quatre secondes, pour être exact), Bokuto jugea que lui aussi avait la vessie pleine.

Il marcha rapidement jusqu'au dortoir, snobant deux toilettes au passage, et monta les escaliers deux marches par deux marches. Lorsqu'il approcha enfin de l'une des salles de classes qui avaient été emménagées pour y mettre les futons de Fukurodani, son cœur battit plus vite et une drôle d'excitation monta ; il avait l'impression d'être revenu en enfance, lorsqu'il se cachait derrière les buissons mais finissait toujours par perdre ses parties de cache-cache.

Bokuto voulut regarder à travers la vitre mais il y faisait bien trop sombre et il n'y voyait rien, alors il fit lentement, très lentement, coulisser la porte déjà entrouverte. Il reconnut sans mal le corps de son passeur, raide mort sur son futon défait.

- AAGHAAAESSHIIII !

Il se précipita sur lui et le mit sur le dos, lui foutant de petites claques qui terminèrent de réveiller le pauvre passeur.

- Ah ! Qu'est-ce que… Bokuto-san ?! Non mais ça va pas ?!

Il ne l'avait jamais entendu crier autant.

- T'avais l'air MORT !

- Je viens pas te foutre des gifles dans ton sommeil quand t'arrêtes de ronfler moi !

- Tu dormais ?

- Bien sûr, que je dormais ! Que veux-tu que je fasse d'autres ?

Bokuto se rendit (une énième fois) compte de ce que son ardeur avait causé.

- Tu… t'es parti y'a cinq minutes, personne ne s'endort en deux minutes ! Et dans le bus, aussi ! T'as sombré en genre, trois minutes ? Et tu m'as bavé dessus, d'ailleurs.

- J'ai vraiment fait ça ?

- Non, enfin si, mais c'est pas le propos. T'as l'air momifié, est-ce que... il s'arrêta un instant (réfléchir, deux secondes, réfléchir à l'idiotie que tu vas sortir) est-ce t'es sûr que tout va bien ? Ta santé T Est-ce que tu te surmènes ? Est-ce que tu te drogues ?

Soit Bokuto était un acteur particulièrement performant qui ferait mieux de jouer à la comédie française, soit il s'avérait être encore plus idiot que ce qu'il n'avait laissé paraître jusque là.

- En général, les drogués portent des lunettes de soleil, ont d'étranges piqûres sur les bras, et surtout, SURTOUT, il ne joue pas au volley 7 jours sur 7, Bokuto-san et… qu'est ce que tu fais ?!

- Je vérifie que tu te piques pas, du coup.

- Sérieusement ?! E… Eh, lâche-moi, ça vire au harcèlement !

Akaashi effectua un mouvement brusque de trop et Bokuto sentit un petit projectile lui heurter la joue. Akaashi devint blanc et même dans l'obscurité la plus profonde, son angoisse fut perceptible.

Il s'agita pour le réceptionner avant son aîné, mais ce dernier le tenait déjà dans sa paume.

- Quel enfer…

- Une grosse pilule bleue… Je sais même pas comment tu fais pour la gober.

- C'est pour dormir, c'est rien je t'assure.

- T'as pas l'air d'avoir besoin de pilule magique pour t'endormir en deux minutes.

Jésus, pourquoi Bokuto devait-il avoir la répartie si aiguisée dans les moments qui nécessitait sa stupidité habituelle ?

- D'accord, c'est vrai. C'est pour ne pas dormir.

- Dormir ou pas dormir ?

- C'est pour me tenir éveillé. Et j'en ai d'autre pour dormir, inverser l'effet… Je… j'ai toujours un tas de trucs à faire alors…

- Alors tu dors quatre heures par nuit ?

- Oui, deux, trois, quatre heures...Mais pas tout le temps ! Je peux faire des nuits complètes et…

Deux heures. Comment pouvait-on enduré une journée entière de cours, des heures de volley, des cours du soir et des révisions jusqu'après la tombée de la nuit avec deux heures de sommeil ? Comment pouvait-on tenir une journée d'examens et aller à l'entraînement après sans… tomber dans les pommes.

Bokuto se précipita vers le sac de son passeur qui tentait vainement de lui arracher ses affaires, mais il avait déjà une boîte pleine d'effroyables pilules dans les mains.

- Je vais les balancer.

- Quoi ? Arrête, en fais pas toute une histoire c'est juste…

Il ouvrit la fenêtre à la volée, et l'image, le sentiment et l'odeur d'un Akaashi faiblard s'accrochant à son t-shirt pour lui arracher une boîte de bonbons empoisonnés est certainement celle qui marqua le plus sa seconde année de lycée. Il envoya le plus loin possible la boîte dont la chute résonna douloureusement.

- Et celui-là…

Bokuto fixa le cachet qu'avait lâché son passeur et…

- Qu'est ce que tu viens de faire ?

- Je l'ai bouffé.

Le moins qu'on puisse dire de cet adorable ailier est qu'il a…

- Sévèrement un grain. T'as sévèrement un grain, Bokuto Kotaro-san.

- Il fallait bien que quelqu'un le fasse pour toi, Akaashi.

Ledit Akaashi a lâché les vêtements de son aîné, et a vivement détourné le regard comme si ne pas fixer Bokuto suffisait à le faire disparaître, lui et tout ce qu'il venait de faire, de dire, et de voir. Il aurait voulu faire un saut dans le temps, très bref, ne serait-ce que quelques minutes, assez pour lui laisser le temps de s'expliquer et de ne pas affoler son ailier, mais il était trop tard, voilà qu'il le prenait pour un drogué simplement parce qu'il lui arrivait de dormir peu et qu'il avait fallu qu'il tombe dans les pommes à l'entraînement.

Lui, Akaashi Keiji, l'impassible figure maternelle de Fukurodani, ne serait bientôt qu'une serpillière reléguée à la réserve, s'il ne se faisait pas carrément exclure du club. C'est toujours comme ça : vous soufflez sur un tas de poussière et il vous revient à la figure avec la puissance d'une tornade.

- Bokuto je...

- Je sais.

- Non, tu sais pas, avait-il répondu si sèchement qu'il s'en voulut instantanément. Je te demande pas de comprendre, je te demande de-

- De ne rien dire, je suppose ?

Le cadet est resté muet, son regard toujours ancré au sol.

- Si t'arrêtes, je dirais rien.

- C'est pas si facile il faut que-

- Si t'arrêtes, se répéta-t-il, je dirais rien. C'est aussi simple que ça. Tu me fais confiance ?

- Sincèrement ? Pas vraiment.

- Agheeeeshiiii ! Je te fais confiance, donc fait moi confiance, rétorqua-t-il plus vivement, comme si rien au monde ne pouvait fausser cet échange équivalent.

Avec un soupir, Akaashi a finalement accepté de lever son regard bleuté vers les deux prunelles dorées de son aîné. Elles ressemblaient à deux lampadaires perdus dans l'obscurité qui attiraient les moucherons en leur offrant un peu de chaleur. A cet instant précis, Akaashi se sentait comme l'un d'entre eux, de ceux qui volent jusqu'à la lumière et finissent par s'y brûler les ailes.

Bokuto, pour le sauver de cette blessure fatale, a fusionné avec l'obscurité de la nuit et lui a souri.

Le plus tendrement du monde, l'air de rien, comme s'ils venaient de passer une journée banale à faire des choses ordinaires et sans intérêt quelconque, il lui a souri.

Du cœur de l'enfer,

il le sauve.


Bon. J'ai jamais été drogué (encore heureux) mais je connais le sentiment d'addiction, alors je me suis dit que je pouvais tenter quelque chose. J'ai laissé quelques brefs indices, la fatigue, le malaise, les cours supplémentaires, le fait qu'il reste éveillé jusqu'à cinq heures et qu'il y ait une boite de médocs sur sa table de nuit, mais dans l'ensemble, c'était VRAIMENT discret et j'espère que la transition vous a pas trop dérangé.

Comme cette fanfiction est assez légère dans l'ensemble, je ne compte pas faire des pages et des pages sur l'addiction, sur la drogue, ou la prévention aux petits nenfants, mais l'idée me plaisant beaucoup (on aime le angst ici) il n'est pas exclu qu'un OS y soit dédié (je pose ça là xD)

En espérant vous revoir très vite,

With love,

Prussia-chan !