Bonjour tout le monde :)

Je reviens avec le chapitre 12, qui m'a posé quelques difficultés ; j'espère que la lecture ne sera pas décevante pour vous ;)

JudyOswald Merci beaucoup pour ta review ! :) Ahah alors moi j'aime bien les chapitres plus longs pour être plongés dans l'histoire ^^ En fait je trouve que 5000 mots c'est une bonne longueur pour avoir pas mal de lecture sans prendre trop de temps ! Ici je suis plutôt à 2500 en moyenne. On va dire que c'est une manière différente de présenter l'histoire :) Pour les reviews je suis d'accord avec toi ! C'est dommage que ça se perdre un peu mais c'est la dure loi des fanfictions ahah. Pour Malia, oui elle est sérieuse en pensant que personne ne l'intéresse... Pas sûr que ça va durer par contre ;)

Shadedwords Effectivement, Malia est nulle de ne pas remarquer ce qu'elle a sous les yeux :p Mais c'est tout à fait ce que je voulais faire ressortir : pendant une seconde ils ne sont plus Dubois/joueur et Flint/journaliste mais juste deux personnes qui ont le même centre d'intérêt :) Je dirai que c'est un peu le point de départ pour faire bouger les choses entre Olivier et Malia ! Merci pour tes reviews en tout cas, ça me fait plaisir :)

Le prochain chapitre est déjà entamé (le titre sera "le match") donc j'espère pouvoir le poster assez rapidement.

Mon objectif c'est de finir cette histoire avant la fin de l'année pour - peut-être - me lancer dans une nouvelle histoire par ici. Je médite, j'ai commencé la rédaction mais je ne suis pas encore sûre à 100% de me lancer là-dedans donc j'en parlerai plus en détails si ça se concrétise.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, à bientôt ! :)


CHAPITRE 12 : LE TROUBLE

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Malia se serait presque sentie nostalgique ce samedi matin-là en arrivant au centre. C'était la dernière fois qu'elle allait assister à un entraînement de l'équipe de Flaquemare. Mais la raison reprit vite le dessus : rester des heures assise sur un banc n'était clairement pas sa passion ni le plus intéressant de ce reportage. En plus ce n'était pas la dernière fois qu'elle voyait le centre : les joueurs devaient s'y retrouver le lendemain avant le match pour préparer la rencontre, et Malia et Hans avaient prévu de les imiter. Elle était impatiente d'assister au match même si elle n'était pas sûre de miser sur une victoire de Flaquemare. Pouvoir suivre les joueurs au plus près durant cette rencontre l'excitait. Même si son frère était un grand joueur de Quidditch, elle n'avait jamais eu l'occasion de visiter les coulisses d'un match; les familles étaient très bien placées dans les gradins mais c'était le seul avantage dont elles bénéficiaient.

- Salut Malia !

Sophie, l'attrapeuse de l'équipe, était arrivée et lui accorda un sourire. La journaliste lui trouva un air bizarrement détendu. L'équipe allait jouer une rencontre importante le lendemain, ce n'était pas le moment de se relâcher !

- Tout va bien ? Demanda Sophie en s'arrêtant à sa hauteur.

Un peu gênée, Malia réalisa qu'elle était restée plantée devant les portes du centre plutôt que d'y rentrer. C'était comme si son esprit s'était bloqué et il était facile de comprendre pourquoi : Malia n'avait aucune envie que ce reportage se termine. Certes, la semaine qui venait de passer avait eu quelques aspects négatifs (l'ennui, la répétition, la fatigue, Dubois...) mais elle était bien plus amusante que son quotidien dans les bureaux du journal. Elle ne savait pas si sa présence sur ce reportage était un test pour savoir si elle pouvait être envoyée ailleurs, ou simplement une récompense ponctuelle pour bons et loyaux services depuis deux ans. Elle était effrayée à l'idée de devoir rester des mois sans faire d'autres reportages. Et, bien sûr, l'agacement de Hans de la veille ne cessait de lui revenir en mémoire à intervalles réguliers. Mais elle refusait de céder au stress inutilement, alors elle fit un sourire à Sophie et entra avec elle dans le centre.

Hans était déjà présent sur le terrain de Quidditch, faisant les cent pas. Malia alla le rejoindre après avoir pris congé de Sophie qui se dirigeait vers les vestiaires. Pour une fois, Dubois n'était pas sur le terrain avant tout le monde.

- Bonjour Hans ! Salua Malia en approchant.

Son collègue lui fit un grand sourire.

- Ah Malia, alors prête pour ce dernier jour ?

Il semblait d'excellente humeur et n'agissait pas comme quelqu'un qui lui tenait rigueur de son comportement de la veille. Elle se sentit soulagée. Il était important que Hans ait une bonne image d'elle.

- Bien sûr ! J'ai hâte d'aller au match demain.

Il lui fit un sourire conciliant ; Malia était certaine qu'il attendait ça avec autant d'impatience qu'elle : ça allait être le moment croustillant de leur semaine.

Mais Hans ne s'attarda pas sur le sujet. Ils avaient encore une journée avant le moment tant attendu.

- Qu'est-ce que tu dirais d'aller faire un entretien avec les membres du personnels ? Ca nous occupera et puis, on ne sait jamais !

Malia accepta avec empressement, trop heureuse de trouver une occupation quelconque plutôt que de rester des heures assise sur un banc. Sa semaine s'était déroulée de manière très différente de ce qu'elle avait imaginé. Hans et elle avaient pensé faire un travail de recherches, et même d'espionnage !, et en réalité ils n'avaient pas fait grand chose à part observer et poser des questions cadrées. C'était frustrant - déjà pour Malia, alors elle se doutait que ce devait être encore pire pour Hans, habitué à faire des reportages. Mais c'était le travail d'un journaliste que de trouver de la matière à creuser même dans les situations compliquées !

Le personnel du centre n'aurait sans doute rien d'intéressant à raconter mais, jusque là, la seule information pertinente était venue d'un membre de l'équipe de réserve alors il ne fallait pas les sous-estimer. Peut-être que ces rencontres allaient être intéressantes.

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Hans et elle s'étaient répartis les entretiens avec le personnel administratif parce qu'il était quasi-certain qu'ils ne récolteraient aucune information intéressante donc Hans avait décidé de déléguer du travail à sa jeune partenaire. Malia était contente de cette maigre responsabilité.

Les membres du personnel n'étaient jamais en contact avec les joueurs et très rarement en contact avec Mrs Zelda. Mais par acquis de conscience - et aussi pour s'occuper un peu - ils avaient décidé de s'y mettre avec sérieux. Hans s'occupait du sorcier d'accueil et de la comptable, et Malia devait échanger avec la secrétaire.

C'était une sorcière brune à la peau très pâle et au maquillage très prononcé qui était un vrai moulin à paroles. Malia n'était dans le bureau que depuis cinq minutes qu'elle connaissait déjà tout son parcours professionnel et une partie de sa vie intime. Visiblement la secrétaire était enchantée d'être interviewée par une journaliste (ce n'était pas réellement une interview mais Malia n'osa pas la rectifier). Elle aurait été une informatrice idéale mais malheureusement, Malia conclut assez vite qu'elle ne savait rien d'intéressant. Toutefois, comme elle le pouvait pas interrompre l'interview après quelques minutes seulement, elle écouta la secrétaire avec toute la concentration dont elle était capable.

- J'adore Flaquemare ! L'ambiance ici est très agréable. Mon salaire est très correct, bien mieux que ce que je gagnais avant en travaillant au Ministère. Si vous voulez mon avis, le Ministère ne rémunère pas assez ses employés.

Malia lui accorda un sourire poli, ne sachant pas trop quoi dire. Elle n'avait pas besoin de poser de questions ; la secrétaire faisait tout le travail elle-même sans jamais s'arrêter de parler. Evidemment un tel flot de paroles emmenait parfois la conversation vers des thèmes qui ne concernaient pas du tuot Flaquemare - de près ou de loin.

- Et puis c'est agréable ici, le cadre est superbe et les joueurs sont très sympas quand on les croise. Et puis, si vous voulez mon avis, ce n'est pas désagréable de les voir jouer.

Elle fit une œillade suggestive à Malia, qui resta de marbre. Grâce à son frère, elle était habituée à côtoyer des joueurs de Quidditch plutôt charmants et qui lui plaisaient beaucoup pour certains. Plusieurs d'entre eux avaient tenté de flirter avec elle (quand Marcus avait le dos tourné) mais sans succès. Malia adorait le Quidditch, pas les joueurs en eux-mêmes. Elle admirait leur talent, reconnaissait leur charme, mais il en fallait bien plus pour retenir son attention. Sa maigre expérience en relation amoureuse n'était pas dû à un manque d'occasions ou de la timidité ; c'était un choix conscient car rares étaient les hommes qui retenaient son attention plus de cinq minutes.

- Ils sont bien trop jeunes pour moi bien sûr, mais je trouve que Thomas Darcy a vraiment un charme particulier.

Instinctivement le regard de Malia se porta vers le mur vitré d'où elle pouvait apercevoir les joueurs sur leurs balais. Thomas Darcy était un très bel homme et l'avait toujours été. Mais pour dégager un charme particulier... Malia n'était pas vraiment d'accord. Il jouait trop avec sa beauté naturelle pour la rendre plus charmante; trop séducteur pour être parfaitement séduisant. C'était presque du gâchis. Sans ce côté séducteur exagéré, Malia était certaine qu'il aurait pu lui plaire.

- Mais j'avoue que Olivier Dubois dégage quelque chose aussi, vous ne trouvez pas ? Rajouta la secrétaire.

- Pas vraiment, répondit Malia du tac-au-tac sans réfléchir.

Elle savait que Olivier Dubois pouvait plaire, mais elle ne s'était jamais posé la question de savoir si il pourrait lui plaire. Et ne se la poserait jamais.

La secrétaire ne se laissa pas démonter par la réponse franche de la journaliste.

- Vous êtes bien difficile ! A votre âge, j'en aurais profité. Quand j'étais plus jeune, je...

Et elle se lança dans un nouveau monologue, laissant Malia perdue dans ses pensées.

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Hans était ressorti de ses deux entretiens avec une mine agacée. Ils avaient fini quasiment en même temps, la secrétaire se montrant deux fois plus bavarde que ses collègues. La récolte de ces entretiens était très maigre : la comptable soupçonnait une relation romantique entre Ginger et Thomas car elle n'avait toujours pas compris qu'ils étaient colocataires, la secrétaire avait affirmé que Mrs Zelda et le président entretenait une liaison et qu'elle avait été embauchée pour ça (probablement juste une rumeur alimentée par la jalousie) et le sorcier d'accueil avait affirmé que Dubois et Martinez se disputaient beaucoup à l'époque mais sans pouvoir expliquer à quels sujets. Hans et Malia n'avaient donc rien appris de nouveau, même si c'était à prévoir. Au moins ces entretiens et leur debriefing en commun avaient eu l'avantage de faire avancer la journée ; les joueurs allaient encore s'entraîner une petite heure avant de rentrer.

Malia s'attendait à ce que Hans et elle retournent ensemble vers le terrain de Quidditch pour la fin de l'entrainement, mais son collègue s'arrêta en chemin.

- Je vais rentrer. Je suis épuisé et j'aimerais commencer à travailler sur le papier, lança Hans en se grattant la tête.

Il avait réellement l'air fatigué.

- Oh, répondit Malia en ne sachant pas très bien ce qu'elle devait faire.

Elle n'avait pas envie de rentrer maintenant. A ce stade de la journée et du reportage, seul le match du lendemain pouvait leur apporter de nouveaux éléments, mais elle n'avait pas envie de quitter le centre si tôt. Rien ne l'attendait chez elle à part le regret de voir le reportage déjà terminé. Elle voulait profiter au maximum de sa dernière journée - peut-être, pourquoi pas, traîner autour des vestiaires, pour voir si une information s'y glissait.

Si elle devait être tout à fait honnête, elle devait reconnaître qu'elle était un peu déçue de la tournure de cette semaine. Hans et elle avaient, semble t-il, découvert une grosse information en apprenant la liaison entre Dubois et l'ex-poursuiveuse de l'équipe mais ils n'avaient aucun élément sur lequel s'appuyer et risquaient de devoir oublier cette information lors de la rédaction de leur article. Au final Malia avait l'impression d'avoir perdu son temps. Flaquemare aurait son article, peu passionnant, mais en première page ce qui était largement suffisant pour redonner un peu de popularité au club. Ce n'était pas vraiment la vision qu'elle avait du journalisme. Elle voulait découvrir des secrets et trouver les informations qui permettaient de comprendre toute l'affaire d'un oeil nouveau.

Hans sembla comprendre son hésitation et lui fit un sourire doux.

- Tu peux rester bien sûr. Tu pourras saluer Mrs Zelda pour moi.

L'ironie transperçait dans sa voix. Mrs Zelda lui avait fait une forte impression, Malia en était convaincue, mais le bras de fer permanent qu'ils avaient échangé toute la semaine semblait avoir supprimé le charme de Mrs Zelda aux yeux de Hans. C'était sûrement préférable : au moins Hans ne s'était-il pas laissé berner par le charisme de la coach.

- Les joueurs vont se retrouver ici vers 12h, avant le début du match à 14h. On se retrouve en même temps qu'eux ici si ça te va ?

Malia répondit par l'affirmative et les deux collègues se saluèrent pour se dire aurevoir. Elle se retrouvait seule dans le hall du centre d'entraînement, et décida d'aller sur le terrain de Quidditch pour observer les joueurs s'entrainer une dernière fois.

Personne ne fit attention à elle. Ils avaient tous l'air extrêmement concentrés dans leur jeu et Dubois ne ménageait pas ses joueurs. L'équipe de réserve n'était pas là (leur présence facilitait les entraînements habituellement) alors les joueurs s'entraînaient sans esprit d'équipe, comme si ils ne jouaient que pour eux-mêmes. Le résultat était visuellement un peu fouillis mais au moins le rythme était soutenu ; rien de mieux pour mettre les joueurs d'attaque pour le lendemain. Malia se surpris à trouver le spectacle moins ennuyant que les jours précédents et le temps passa vite.

Elle n'était néanmoins pas fâchée de voir l'entrainement se finir et les joueurs se rassembler au sol pour le discours d'après-match.

Malia les observa : l'équipe avait l'air soudée et sérieuse. Sophie, qui avait l'air détendue quelques heures plus tôt, affichait désormais une expression grave. Ils avaient tous conscience que le match du lendemain était très important pour la suite.

Dubois ne les retint pas très longtemps avec son discours. Les joueurs s'éloignèrent vers les vestiaires, laissant le soin à leur capitaine de ranger les accessoires comme toujours. Ce n'était pas juste un geste généreux de la part de Dubois ; Malia l'avait assez observé pour comprendre qu'il profitait de cette occasion pour s'entraîner seul également. C'était son moment rien qu'à lui.

Mais ce soir il semblait vouloir faire une exception, déjà occupé à ranger les balles dans la grande malle. Malia s'approcha de lui de façon un peu maladroite.

- Salut Dubois.

Il se retourna vers elle, le regard toujours un peu scrutateur et méfiant.

- Flint, salua t-il sans aucune chaleur.

- La feinte de Leboswi. Tu me montres ?

Il était inutile de perdre du temps dans des politesses superflues. Dubois n'y était pas sensible et ce n'était pas ce qui intéressait Malia. Elle aurait pu demander à son frère de lui montrer ce que donnait visuellement le fameux mouvement mais elle n'avait aucune envie d'attendre et elle n'était même pas sûre que Marcus saurait ce dont il s'agissait. Son frère était plus un talent brut en Quidditch qu'un véritable technicien, et Malia ne ratait jamais une occasion de lui montrer qu'elle en savait plus que lui dans ce domaine.

- Pourquoi ça t'intéresses autant ?

Dubois était sur la défensive, alors qu'il avait déjà accepté de lui montrer la veille. Peut-être que la nuit lui avait porté conseil et qu'il s'était dit qu'il n'avait aucune raison de se montrer gentil avec la petite soeur de Marcus Flint - journaliste de surcroit.

Une seconde de silence passa, durant laquelle ils se dévisagèrent. Malia étant parfaitement incapable de trouver quoi répondre à cette question. La réponse était si évidente ! Elle voulait qu'il lui montre car elle était sincèrement intéressée par ce mouvement technique et qu'elle était incapable de visualiser ce qu'il donnait.

- Je veux juste voir ce que c'est, répondit-elle simplement en haussant les épaules au bout d'un instant.

Il lui jeta un regard soupçonneux. Olivier Dubois était assez fou de Quidditch pour s'imaginer les pires théories au sujet de ses interlocuteurs. Il pensait sans doute que Malia voulait le tester pour tout répéter à son frère. Ou bien peut-être qu'il essayait de deviner à quel point elle était sincère et s'intéressait à ce mouvement pour la beauté du geste. Il sembla réfléchir quelques secondes.

- D'accord je te montre, céda t-il finalement.

Il se désintéressa de la malle et attrapa son balai pour se lancer dans les airs.

Malia l'observa exécuter des mouvements précis en silence. Il n'avait pas besoin de parler : elle se souvenait parfaitement ce qu'il lui avait dit la veille. Elle comprit mieux ce qu'il lui avait expliqué en voyant l'illustration visuelle de tout ça. Le mouvement était technique et semblait compliqué mais Dubois l'exécutait sans trop d'hésitation. Malia ne l'aurait jamais dit à voix haute par loyauté envers son frère, mais Olivier Dubois était un très bon joueur de Quidditch.

Le spectacle était agréable. Malia aimait autant la beauté du sport qui résidait dans les gestes techniques que l'esprit sportif qui animait les compétitions. Elle l'observa en silence, le visage un peu fermé par la concentration. En quelques minutes à peine, Olivier Dubois avait exécuté les mouvements demandés et cessa sa danse. Elle était presque déçue de le voir redescendre vers le sol.

Il passa de son balai au sol avec une facilité que Malia lui enviait. Elle n'avait jamais été jalouse de Marcus et de son talent et avait trouvé un autre moyen de vivre de sa passion. En revanche, son incapacité à savoir se tenir sur un balai lui causait parfois un manque : elle aurait bien aimé pouvoir se déplacer dans les airs. Malheureusement elle n'était même pas capable de se tenir correctement sur un balai. C'était comme si son corps entier rejetait l'expérience du vol.

- C'était super, merci ! Lança Malia à Dubois qui s'approchait.

Elle était sincère ; Dubois était un crétin mais il pouvait avoir quelques aspects moins désagréables. Elle lui était sincèrement reconnaissante de lui avoir montré ces quelques mouvements; il aurait pu décliner mais il avait fini par accepter (malgré une réticence évidente).

Dubois haussa les épaules, comme pour lui signifier que ce n'était rien.

- Mais c'est compliqué à réaliser en match non ? Avec les adversaires et la vitesse de jeu. Je ne vois pas comment c'est possible de s'y tenir...

- Oh, et bien je pense que c'est une tactique intéressante si elle est travaillée bien avant. Il faut s'entraîner mais ça ne me semble pas irréalisable pour un poursuiveur à l'aise sur son balai et rapide.

- Comme Ginger.

- Comme Ginger, répéta Dubois. Thomas n'est pas assez souple pour ça.

La mention de Thomas réveilla chez Malia le souvenir de sa conversation avec la secrétaire quelques instants plus tôt.

Elle fixa le visage de Dubois avec un intérêt nouveau. Ses cheveux étaient désordonnés par l'effort, et sa peau un peu luisante ; cet état ajouté à sa mâchoire carrée et à son regard dur lui donnait un air franchement irrésistible. Elle n'avait jamais douté du fait que Olivier Dubois était un bel homme - les magazines le répétait souvent - mais elle n'avait jamais pensé qu'elle lui trouverait du charme. Et c'était à ça qu'elle était sensible, à ce charme un peu brutal et sportif. Il dégageait une virilité forte mais inconsciente, quelque chose qui donnait envie de s'approcher de lui pour sentir la chaleur et l'humidité de sa peau.

- Il existe une variante, expliqua Dubois en coupant Malia dans sa contemplation (qu'il n'avait pas remarqué), où l'acrobatie est réalisée à l'envers sur le balai mais c'est très difficile de contrôler la direction du vol dans ce sens-là. Ca ne me semble pas très adapté pour jouer au Quidditch.

La simple mention de Quidditch sortit Malia de sa rêverie et elle se recentra sur la conversation.

- Oh non, certainement pas ! Quoiqu'il y a des joueurs qui ont l'air de croire que le Quidditch est un spectacle d'acrobaties...

- Exactement ! Ce n'est pas ça - bien sûr il y a la beauté du geste et la technique, mais il ne faut pas oublier la compétition et tout le reste. Lors de la dernière coupe du monde, le batteur de l'équipe de Pologne...

Dubois se lança dans une anecdote au sujet des joueurs qui oubliaient l'esprit de compétition au profit du spectacle (comme si le Quidditch n'était pas un match avant tout), et Malia l'imita. Pendant plusieurs minutes, ils parlèrent de Quidditch comme les adultes passionnés qu'ils étaient, et Malia en vint à oublier que c'était Olivier Dubois qu'elle avait sous les yeux. Il devenait simplement un joueur de Quidditch qui aimait parler de sa passion autant qu'elle, et ils trouvèrent même un terrain d'entente dans leurs échanges !

Ils s'oublièrent dans cette conversation à propos du Quidditch, mais un élément extérieur les ramena à la réalité.

- A demain capitaine ! Lança une voix du bord du terrain.

C'était Thomas Darcy, qui les observait d'un air curieux. Peut-être qu'il n'était pas ravie de voir sa cible du moment discuter tranquillement avec son capitaine alors qu'ils étaient censés se mépriser.

- A demain Thomas ! Répondit Dubois.

Le joueur ne s'attarda pas et s'éloigna mais l'instant avait été brisé ; Malia osa à peine regarder en direction de Dubois tant elle était gênée de cet échange passionnant et passionné.

- Bon, à demain, conclut finalement Dubois après une longue minute de silence.

Malia acquiesça sans s'attarder, soudain désireuse de mettre le plus de distance possible entre elle et le club de Flaquemare. Un instant elle se flagella d'avoir pu sympathiser avec Dubois et - pire ! - de l'avoir trouvé attirant l'espace du seconde, mais décida ensuite qu'elle ferait mieux d'oublier toute l'affaire. Une fois le match de demain passé, Olivier Dubois et le club de Flaquemare seraient de l'histoire ancienne et plus jamais elle n'aurait à se tracasser à ce propos. Et tant mieux !