Hey ! Désolée pour l'absence de la semaine dernière, et le retard de un jour de cette semaine, j'ai été très occupée et j'ai assez mal anticipé la charge de boulot que j'avais à faire... mais le chapitres est lààà :p J'espère qu'il vous plaira, merci pour toutes les reviews pour le chapitre précédent ça m'a fait vraiment plaisir ! Dédicace spéciale à MarlyMcKinnon qui est la plus déterminée de tous les reviewers, on peut la remercier parce que sans elle je suis pas sûre que le chapitre aurait été bouclé ajd xD
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Réponses aux reviews anonymes :
Mabri03 : Merci beaucoup pour ton avis, ça me fait plaisir que tu apprécies l'histoire d'Athéa :D Ahah tu verras bien pour ce que sa présence va entrainer, mais je ne pense pas modifier trente six milles trucs non plus, surtout donner des explications sur certaines choses (comme avec le sauvetage de Rogue par exemple). J'espère que le chapitre te plaira ;)
Maellee : Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Contente que l'histoire te plaise :)
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— Alors ? Vous en pensez quoi ?
Je me trouvais toujours dans le bureau du bien aimé directeur de Poudlard. Je venais littéralement de lui pondre un plaidoyer d'au moins trente minutes pour lui expliquer ma situation et lui démontrer à quel point il fallait qu'il se bouge activement l'arrière train pour m'aider. Pas que son aide soit absolument indispensable, je finirai bien par convaincre Regulus dans le pire des cas d'adhérer rapidement à la cause Mangemort, mais après une longue réflexion j'en avais conclu que Dumbledore serait un atout non négligeable.
Je savais qu'il m'avait menti. Ou qu'il avait du moins omis de me dire certaines choses. Et il fallait qu'il me partage les informations qu'il possédait de son côté.
Raison pour laquelle j'avais décidé d'être le plus honnête possible avec lui. Je venais d'exposer à Dumbledore tout ce que j'avais pu apprendre sur mon Retourneur de Temps, en insistant beaucoup sur la partie où j'avais découvert que c'était Voldemort qui l'avait créé. Histoire que le vieux comprenne bien toute l'ampleur de mon problème.
Je n'avais pas pu omettre de préciser que Regulus Black était au courant pour ma situation de voyageuse temporelle non désirée, mon argumentation sur ce point reposant notamment sur le fait qu'il l'avait découvert tout seul. Je n'allais pas endosser la responsabilité de tout non plus. Déjà celle d'être une erreur à cette époque était compliquée, il ne fallait pas pousser.
— Vous avez bien saisi mon problème ? insistai-je en avisant son air impassible. Il faut absolument que je trouve un moyen pour rentrer chez moi le plus rapidement possible, ça devient vraiment trop glauque pour moi les intrusions dans ma tête pendant que je dors… Ah ! Et si vous avez au moins une solution pour empêcher qu'on me siphonne l'esprit la nuit je ne suis pas contre non plus hein… (J'hésitai en instant devant son manque de réaction avant de continuer). Parce que vos recherches sur mon Retourneur de Temps n'ont pas l'air d'avancer beaucoup, hm ?
Je prenais un léger risque en affirmant haut et fort que le grand directeur de Poudlard ne faisait rien pour m'aider. Les quelques mots que j'avais échangés avec Regulus à ce sujet ne cessaient de tourner en boucle dans mon esprit. Enfin, l'homme bougea et je retins mon souffle dans l'attente de sa réponse.
Assis dans son fauteuil, Dumbledore releva ses lunettes sur son nez dans un geste machinal.
— Je pense que tu ne me dis pas tout Athéa, répondit-il avec philosophie. Tu as fait quelque chose, ajouta-t-il devant mon incompréhension.
… Ce n'était la réponse que j'espérais. Je tentai de baragouiner un début de phrase, mais ne comprenant pas vraiment où le directeur souhaitait en venir je refermai la bouche. Je me grattai la nuque machinalement, embêtée. Un éclair de compréhension me frappa à cet instant : Rogue ! Dumbledore avait dû apprendre d'une manière ou d'une autre que j'étais liée à ce qu'il lui était arrivé.
Je me contentai de répéter mon problème précédent – le problème de l'intrus espionnant mes rêves –, comme un perroquet, en prenant le soin d'utiliser des mots différents. Hors de question que je ne crache le morceau sur ce qu'il s'était passé ce soir de pleine lune.
Son regard sceptique me fit cependant comprendre que cela ne marcherait pas. Je grimaçai. Derrière ses lunettes en demi-lune, ses yeux se firent plus insistant. Cela me rendit nerveuse.
Ne rien lâcher sur le cas Rogue on avait dit… Dumbledore pencha légèrement la tête de côté. Son regard me brûla.
— OK ! J'avoue tout, Rogue c'était moi ! M'écriai-je dépitée d'avoir été percée à jour.
Tant pis pour mes résolutions, vive l'honnêteté !
— Je ne t'accusais pas pour ce petit Severus, je connais déjà le coupable… marmonna-t-il en soupirant. Mais effectivement il y a bien eut un incident ce jour là, j'ai perçu une modification… (Dumbledore me lança un regard lourd de sens, et je me sentis blêmir). Une distorsion temporelle pour être plus précis. Peut-être aurais-tu des déclarations à me faire à ce sujet Athéa ? Hm ? A moins que je n'ai halluciné après tout…
Je tremblai d'embarras suite à ses insinuations, alors que mon cerveau se mit à carburer à toute allure.
Le gros hic m'apparut alors, aussi clair que de l'eau de roche. Comment Dumbledore pouvait-il deviner quand quelqu'un se servait d'un Retourneur de Temps ? C'était invraisemblable ! Une pensée s'imposa à moi avec force : lors de mon arrivée à cette époque, Dumbledore était immédiatement venu me trouver dans le Hall. Comme s'il savait qu'il me trouverait à cet endroit. Mon souffle ralentit, et je posai à cet instant sur le vieil homme un regard nouveau. Un regard éveillé. La méfiance suintait par tous les pores de mon corps alors que nous nous dévisagions en silence.
— Je sais que vous êtes Legilimens ! Exposai-je subitement pour changer de sujet, n'ayant aucune envie de m'aventurer sur le nombre de lois que Regulus et moi avions violées en allant sauver Rogue.
Cela eut au moins le mérite de le faire taire. Dumbledore se renfonça dans son fauteuil en rentrant les épaules, laissant son visage afficher ses traits fatigués. Il sembla très las à cet instant, et soupira encore plus fort. Je ne le quittai pas une seule seconde du regard.
— Tu ne le savais pas lors de notre première rencontre, commenta l'homme en grattant sa barbe nonchalamment. Quelque chose m'a trahi ?
— Je le savais, j'avais juste oublié, le détrompai-je. Nous n'avons absolument pas parlé des BUSES que j'avais eu ce jour là et pourtant vous avez mis tous les bons cours sur mon emploi du temps… J'ai eu le temps d'y repenser plusieurs fois depuis, et je me suis rappelée que mon… euh quelqu'un qui vous a connu me l'avait déjà dit. Que vous étiez Legilimens, précisai-je au cas où il commencerait à devenir sénile.
En réalité, je n'y avais repensé que très récemment, mais je ne lui dis pas. Cette découverte m'avait plombé le moral. Cela m'avait fait encore plus regretter de ne jamais avoir eu le courage d'apprendre l'Occlumentie. Mes deux grands-pères étaient excellents en la matière, mais je m'étais toujours dit que j'aurais le temps de le faire plus tard. Et voilà qu'aujourd'hui, le temps m'avait fait la plus grosse farce de ma vie… Je me retrouvais à la merci de n'importe qui, que ce soit de Dumbledore ou des Mangemorts, tout ça parce que je me révélais être une immense feignante. Je m'en voulais, vraiment.
— Effectivement, je n'y avais même pas songé, admit lentement Dumbledore en laissant ses yeux devenir vides.
Je me grattai la nuque, gênée de devoir attendre qu'il ne reprenne ses esprits. Le directeur semblait être à mille lieux de moi en cet instant. Sa réflexion dura, dura, et dura…
La fatigue s'empara lentement de moi, je titubai dans le brouillard de mon esprit dans l'attente d'une réaction de Dumbledore. J'étais venue ici en quête de réponses, mais l'impression d'avoir encore plus de questions en tête qu'au départ me minait le moral.
— Athéa ? S'exclama-il soudainement en se relevant, me faisant sursauter.
— Oui ?
Ses yeux décidés croisèrent les miens, et mon cœur se mit à battre plus fort d'anticipation. Je me relevai de ma chaise par réflexe, sans savoir quoi faire une fois sur mes deux jambes.
— J'ai quelque chose à te montrer, dit-il calmement en s'approchant de l'armoire cachant sa pensine.
Je le suivis du regard, cachant mal ma mine surprise.
Dumbledore sortit sa baguette, la plus longue que je n'avais jamais vu, ornée de deux petites sphères à l'endroit ou le sorcier positionna sa main, et d'une couleur extrêmement froncée, presque noire. Il l'agita d'un geste souple, un demi cercle se dessina rapidement dans les airs, et l'armoire s'éveilla soudainement. Plusieurs tiroirs s'ouvrirent dans tous les sens, se claquant violemment les uns sur les autres en faisant un bruit épouvantable. Dans un capharnaüm assez exceptionnel je vis des fioles vides s'envoler dans tous les sens, se fracasser entre elles sans se briser, et recommencer sans cesse. Le tout formait une espèce de barrière magique empêchant de s'approcher de la pensine.
L'étrange baguette tournoya une fois de plus dans les airs, dans le sens inverse, et les tiroirs cessèrent leur chorégraphie tandis que les fioles se jetèrent sur l'armoire pour se ranger à nouveau. Tout se termina aussi rapidement que cela avait commencé, et les tiroirs se refermèrent dans un CLAC sonore.
Le silence revint dans la pièce. Bouche bée, je lançai un regard catastrophé à cette petite armoire qui ne payait pas de mine comme ça, mais qui se révélait être un moyen de défense assez ingénieux. Jamais je ne tenterai de m'approcher de cette horreur sans y avoir été invitée, promis juré ! Je ne voulais pas perdre un doigt dans la bagarre !
Dumbledore s'approcha d'un pas lent de l'espèce de bassine en pierre. Je l'observai plonger ses mains à l'intérieur d'un œil critique, ayant soudainement peur de ce qu'il voulait me montrer. Vu comment il protégeait sa pensine, je n'étais pas persuadée d'avoir réellement envie de voir ce qu'il cachait à l'intérieur.
Des souvenirs, certes. Mais quel genre de souvenirs ?
Prudemment, je m'approchai de Dumbledore pour pouvoir voir ce qu'il trafiquait. Sa main agitait le contenu étrange, d'une lueur grisée, se trouvant à l'intérieur de la bassine en pierre, dans un mouvement lent et répétitif. J'eus l'impression de me revoir avec Arès à cinq ans lorsque nous nous amusions à concocter des "potions" en utilisant de la terre et de l'eau. Nous mélangions toujours notre tambouille avec parcimonie, parce que notre grand-père nous disait que c'était la clé pour que les potions soient réussis. Et nous voulions réussir.
Dumbledore semblait doté du même calme que la moi de cinq ans. En y regardant de plus près et en plissant les yeux, j'eus l'impression que des personnes nageaient à toute vitesse dans le liquide argenté, comme si les souvenirs défilaient à l'intérieur. C'était vraiment étrange.
— Regarde, m'indiqua Dumbledore sans changer quoi que ce soit à sa position.
J'obéis instinctivement. Dans un geste de la main, tel un marionnettiste tirant les ficelles, il sembla ramener un souvenir en particulier à la surface. Sous ses doigts une tête sortit de l'eau, puis un corps, et bientôt un homme se dessina au dessus de la bassine. Je reculai d'un pas, choquée. Sa consistance était semblable à celle d'un fantôme, argentée et transparente, mais je pus reconnaître sans aucune difficulté les traits de mon arrière-grand-père, Lucius Malefoy, en beaucoup plus jeune que sur les portraits que nous avions de lui au Manoir.
— C'est… chuchotai-je, les yeux brillant.
J'approchai ma main de l'image, et passai à travers. Mon arrière-grand-père me regarda, glacial, le visage austère.
— Lucius Malefoy, acquiesça le directeur dans un murmure. Il est l'un des plus fidèles partisans de celui que l'on nomme le Seigneur des Ténèbres. En posant de nombreuses questions aux bonnes personnes, j'ai fini par apprendre qu'il était celui dont le nom revenait le plus lorsque j'évoquais un Retourneur de Temps étrange. (J'hochai la tête, conciliante, cela correspondait avec ce que m'avait appris Regulus dans la cabane hurlante). En croisant nos informations, je pense que nous pouvons être à peu près certains que Voldemort lui a en effet confié l'objet.
Dumbledore agita la main, et le souvenir disparut dans les méandres de la bassine. Je le regardai partir avec un petit pincement au cœur, déçue pour une raison que j'ignorais. Je n'aimais pas mon arrière-grand-père. C'était un homme froid, méchant, raciste, extrémiste, et il avait brisé mon grand-père en le forçant à faire des choses atroces. Et je n'oublierai jamais, jamais, ce qu'il m'avait fait alors que j'avais à peine huit ans. Pourtant le voir là, si jeune si beau, encore plus ou moins innocent… Cela remua quelque chose en moi.
— Professeur, pourquoi vous me montrez ça ? bredouillai-je, ne comprenant pas pourquoi il était nécessaire de passer par sa pensine pour qu'il m'explique ce qu'il savait.
— Tu m'as expliqué que le petit Black était au courant, éluda Dumbledore en se reconcentrant sur son touillage de liquide argenté. Ni lui, ni ses parents ne sont des Mangemorts. Je pense que nous pouvons raisonnablement en déduire qu'il a surpris une conversation de ses cousines, Bellatrix et Narcissa, qui elles sont nettement plus engagées dans la cause du Seigneur des Ténèbres, n'est-ce pas ? D'autant plus que Narcissa et Lucius doivent se marier bientôt si mes souvenirs sont exacts, souffla l'homme le regard perdu dans sa pensine.
Une frisson glacé se referma autour de ma gorge.
J'acquiesçai, me sentant de plus en plus mal à l'aise. Cette hypothèse, elle m'appartenait à moi. Moi qui avais eu cette discussion avec Regulus. Moi qui savais qu'il n'était pas encore un Mangemort. Moi qui m'étais doutée qu'il était au courant pour le Retourneur de Temps grâce à ses cousines, et particulièrement mon arrière-grand-mère.
Dumbledore avait lu dans mon esprit, et je me surpris à le détester pour ça. Je me sentais violée, il n'avait pas le droit. Il n'avait pas le droit ! Ma mâchoire se contracta et je lui lançai un regard dur.
Je me rappelais brusquement pourquoi je ne voulais pas venir ici à la base.
Indifférent à mes tourments, Dumbledore agita plus frénétiquement le liquide présent dans sa pensine. Il rajouta même sa deuxième main.
— Approche toi Athéa, exigea l'homme d'une voix douce.
Je m'exécutai, les dents sorties, méfiante au possible. Une fois que j'eus la tête juste au-dessus du mélange argenté, j'eus l'impression que celui-ci se mit à remuer encore plus fort, au point de presque déborder de la bassine en pierre. Sans que Dumbledore ne me dise quoi que ce soit, j'approchai le visage des petits bonhommes floues, complètement hypnotisée par le liquide face à moi. Il semblait m'appeler. Lorsque je sentis l'eau lécher mes joues, il était déjà trop tard.
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Je chutais.
L'air sifflait à mes oreilles, le sang me battait aux tempes, mon cœur semblait s'être envolé de mon corps, et mon ventre faisait des loopings invraisemblables. Avant même que je n'ai eu le temps d'avoir peur, j'atterris brutalement sur mes pieds. Ma nuque craqua dans un bruit affreux, et je clignai des yeux légèrement sonnée.
Mes yeux cherchèrent immédiatement un point de repère, que je trouvai rapidement en la présence de Dumbledore, debout à quelques pas de moi. Le sang ne fit qu'un tour dans mes veines, et je me précipitai sur lui.
— Hé ! M'écriai-je furieuse après ce vol-plané. Vous êtes complètement malade, j'aurais pu mourir ça ne va pas bien dans votre tête !
Le vieil homme ne me fit pas l'aumône d'un regard, se contentant de garder les yeux résolument fixés devant lui. Je grinçai des dents, furieuse de me faire ignorer ainsi. Je voulus agripper une de ses manches pour le forcer à me regarder, mais mon bras passa littéralement à travers son corps, me faisant pousser un cri d'effroi.
— Albus, clama une voix inconnue non loin de nous. Je suis ravi que vous ayez pris le temps de passer me rendre une petite visite, j'imagine que diriger une école ne doit pas être de tout repos. Votre temps est précieux.
Si le début paraissait sympathique, l'inflexion de sa voix sur la dernière phrase avait viré au lourd sarcasme. Les poils de mes bras se hérissèrent, et je me raidis d'instinct.
Je pris le temps de détailler l'endroit où j'avais atterri. Je me doutais que je me trouvais dans un souvenir du directeur, l'épisode avec la pensine étant encore trop frais dans mon esprit pour que je ne l'oublie, mais je ne savais ni où ni comment ni pourquoi. J'étais dans le flou. La pièce était petite, sombre, en désordre. Le ménage ne devait pas avoir été fait depuis des décennies, les toiles d'araignées et la poussière semblaient maîtres incontestés des lieux. Des jouets d'enfant gisaient, abandonnés ci et là, et au centre trônait un immense bureau en bois, vide de tout matériel. L'autre homme avait posé une fesse dessus, et surplombait Dumbledore de toute sa hauteur avec un sourire sardonique peint sur les lèvres.
Il possédait un visage anguleux, d'un teint blanc presque maladif, de multiples cicatrices rouges parsemaient le haut de ses pommettes, ses tempes et son nez, tandis qu'une barbe énorme lui mangeait le reste du visage. Sa jeunesse me sauta aux yeux. Tout semblait sombre chez lui, de la couleur de ses cheveux jusqu'à ses vêtements. Je ne le connaissais pas, mais il faisait froid dans le dos.
Un frisson glacé me parcourut lorsque Dumbledore fit un pas pour s'avancer. Les mains jointes derrière son dos, il semblait d'un calme olympien.
— Walden Macnair, commenta le vieil homme avec flegme.
Ce nom me fit comme un électrochoc puissant, j'écarquillai les yeux avec horreur. Mon souffle se coinça dans ma gorge, et je me mis à le détailler encore plus furieusement qu'avant.
Macnair. Par Merlin.
Son descendant était dans mon année, à Serpentard, en 2042. Alecrow Macnair. Et il s'agissait d'un grand psychopathe névrosé détesté par tout le monde, qui m'avait plusieurs fois menacé lorsqu'il me surprenait à parler avec Jack. Il m'accusait notamment d'être une "sale traîtresse pactisant avec les blaireaux". Si mon frère n'était pas intervenu, ce taré m'aurait sûrement envoyé un impardonnable en quatrième année alors qu'il faisait une crise d'hystérie suite à une remarque de ma part. Si à mon époque les Serpentards étaient loin d'être aussi détestés et froids que ceux de 1977, Macnair était clairement un cas à part. Un véritable petit Sang-Pur raciste insupportable. Il me vouait une haine tout particulière, ne ratant jamais une occasion de me rabaisser, me pousser, m'insulter, me faire peur, ou pire : de s'en prendre à moi en m'attirant dans un coin sombre du château. Alecrow était la seule bête noire dans mon paysage à mon époque.
…Et je ne doutais pas que le type en face devait être encore plus détraqué que Macnair Junior.
— Lui-même, cracha-t-il d'une voix sifflante.
— Fils de tchoin, commentai-je en sachant parfaitement qu'il ne pouvait pas m'entendre.
Peu importe, cela faisait du bien à mon moral de l'insulter.
— J'ai besoin que nous discutions de quelques petites affaires, enchaîna Dumbledore d'un ton toujours aussi confiant.
Il s'avança légèrement, jusqu'à se trouver à moins d'un mètre du Mangemort. Le sourire de ce dernier s'agrandit. Ils semblaient bien se connaître tous les deux, avaient-ils l'habitude de se retrouver ? Macnair vendait-il des informations sur les Mangemorts ? Cela me parut ahurissant.
— Tout dépend, sifflota-t-il gaiement, si mon Maître savait que je discutais avec toi il me tuerait. Ce que tu as à offrir doit être à la hauteur des risques que je prends, j'espère que nous nous entendons sur ce point.
— J'ai besoin d'un renseignement, avança Dumbledore. En échange, j'ai un poste au Ministère à te proposer.
Le regard de Mcnair se fit acéré, et tout sourire disparut de son visage. Toujours assis sur le bureau, il appuya ses coudes sur ses genoux en soupirant d'ennui. Je me sentis faire de l'hyperventilation en comprenant que le si sage Dumbledore négociait avec l'ennemi… Contre un poste au Ministère en plus ! Le regard horrifié que je lui lançai glissa sur lui. Il ne me voyait pas. Dans sa réalité, je n'existais même pas.
— Quel genre de poste ?
— Tu ne me demandes pas quel genre de renseignement plutôt Walden ? (Le Mangemort semblait prêt à bondir à tout instant pour massacrer le vieil homme, et celui-ci reprit en comprenant qu'il n'aurait pas de réponse). Le Ministère a besoin d'un homme pour exécuter certaines tâches peu gratifiantes et plutôt salissantes, dans le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques.
— Un bourreau ? S'enquit Macnair d'un ton suffisant.
Dumbledore hocha la tête, et un sourire glacial illumina le visage du Mangemort. A cet instant, il semblait tellement heureux par la perspective de devenir le boucher de pauvres créatures que j'eus envie de vomir. La nausée était forte, et le dégoût bien présent.
— Je suis intéressé, conclut l'homme en penchant la tête de côté. Et mon Maître sera sûrement ravi par cette place de choix au Ministère. Que veux-tu savoir au juste vieux fou ?
Il parlait de son allégeance à Voldemort avec tellement de… désintérêt. Comme s'il s'agissait de la chose la plus normale au monde. Je ne comprenais pas pourquoi Dumbledore ne l'arrêtait pas immédiatement, en lui offrant gracieusement un aller-simple pour Azkaban. Un peu de Veritaserum pendant un interrogatoire musclé, et il lui dirait tout ce qu'il savait. Lui offrir un poste au ministère était incompréhensible, c'était un Mangemort bon sang ! Dumbledore voulait fusiller le monde des sorciers de l'intérieur ou quoi ?! Cet entretien me révoltait.
Je lançai un regard noir au directeur alors que mes poings se serrèrent convulsivement. Ma colère m'empêchait de comprendre ses raisons.
— Selon mes sources, Voldemort aurait confié un Retourneur de Temps spécial à Lucius Malefoy. J'aimerais savoir de quoi il retourne, exigea calmement Dumbledore.
Sous le choc, ma bouche s'ouvrit toute seule. Toute la rage que je cumulais à son encontre depuis que j'étais entrée dans son bureau s'évanouit brusquement.
Que, quoi, pourquoi, qu'est-ce ?
— Ah ça ! Ricana Macnair en sautant agilement du bureau pour atterrir sur ses pieds. J'aurais pensé que tu souhaiterais quelque chose de plus concret, comme savoir quels sont nos membres, nos planques, peut-être même où aura lieu notre prochaine attaque ? Et tu t'intéresses à ce vulgaire sablier, soupira-t-il d'un ton théâtral.
Dumbledore resta stoïque, attendant la suite. Moi j'avançais vers le futur bourreau, très proche de lui, au point de voir la folie danser dans ses iris tellement foncées qu'elles en paraissaient noires. L'angoisse me bouffait le cœur, j'allais enfin avoir mes réponses. Le directeur semblait avoir sacrifié beaucoup pour ces informations, pour moi… la reconnaissance me submergeait presque. Presque. J'étais prête à tout écouter les oreilles grandes ouvertes.
J'essuyai mes mains moites sur mon pantalon.
— Le Maître a mis plusieurs mois avant de réussir à créer cet objet. Nous avons eu un mal fou à nous procurer un Retourneur de Temps dès le départ, mais Malefoy a finalement réussi… Comme d'habitude, persiffla Macnair avec un reniflement dédaigneux. Il est toujours dans les bonnes grâces du Maître celui-là. Enfin, toujours est-il que je n'ai aucune idée de ce qu'il a fait et de comment il s'y est pris, mais lorsqu'il nous a présentés l'objet à une réunion, celui-ci était… changé. Oui voilà, ajouta-t-il pensivement, le Retourneur de Temps semblait modifié.
— Et donc ? Le pressa Dumbledore.
J'approuvai son intervention. Macnair senior prenait beaucoup trop son temps pour expliquer les choses à mon goût. Il sourit, de son sourire absolument terrifiant. Alecrow avait le même, et ce n'était vraiment pas beau à voir.
— Il a simplement précisé que ce serait une solution de repli au cas où quelque chose tournerait mal, et l'a confié à Malefoy puisque c'était grâce à lui qu'il avait pu mettre la main dessus, conclut-il d'un haussement d'épaule.
L'envie de lui fracasser la tête contre le sol me démangea.
« Il ment, il y a autre chose ! » s'égosillait ma conscience. Je ne pouvais que l'approuver.
Dumbledore se redressa de toute sa hauteur, le visage froid. Sa colonne vertébrale craqua. Je grimaçai, la vieillesse ce n'était définitivement pas amusant.
— Je crains que ces informations ne soient pas suffisantes Walden. Pour un poste au Ministère, tu comprendras que je ne puisse pas me contenter d'une demi-vérité comme d'habitude.
Le ton tranchant du vieil homme me fit sursauter. Je ne m'attendais pas à autant de fermeté venant de sa part, et Macnair non plus puisque sa mine s'assombrit. Il avança, me passant au travers. D'instinct, je bondis en arrière afin de toujours me trouver pile entre les deux hommes, je ne voulais rien rater de leurs expressions.
— Très bien, acquiesça lentement le Mangemort, la mâchoire serrée.
Je le dévisageai en fronçant les sourcils. Ses mains étaient tordues entre elles, et ses yeux transperçaient Dumbledore avec fureur. Il devait vraiment avoir besoin de ce poste pour capituler aussi vite. Pour les affaires de Voldemort ou pour lui-même ? Difficile à dire.
— Cet objet a pour mission de ramener celui qui aura la bêtise de s'en servir en 1977. (Il haussa les épaules, nonchalant). Sûrement un descendant de Malefoy à mon avis, ça m'étonnerait qu'il ne le garde pas comme un précieux trésor, commenta-t-il avec une ironie palpable.
Je me sentis pâlir en comprenant que j'étais la fameuse descendante qui avait fait l'énorme connerie de toucher à ce sablier.
— Les faits Walden, je veux les faits, pas tes élucubrations, lança Dumbledore en soupirant bruyamment.
— Hm, hm… Bien, donc je disais que le Retourneur de Temps était programmé pour ramener automatique son utilisateur en 1977. Le Maître l'a créé en prévision, si jamais il lui arrivait malheur il souhaitait pouvoir mettre la main sur une personne provenant du futur afin de savoir quoi faire pour rectifier ses erreurs.
Je ne réagis pas, me contentant d'aspirer et de recracher de l'air. Il fallait que je me concentre pour respirer.
— Et comment compte-t-il forcer l'utilisateur à rester et à lui avouer tous ses secrets ? Demanda le directeur d'un ton faussement indifférent.
Macnair éclata de rire. Un long rire sombre qui s'enroula autour de moi, sinueux, froid, et vicieux comme un serpent.
— Un Malefoy Dumbledore, enfin. Il obéira forcément, ricana-t-il en levant les yeux au ciel, comme si le contraire eut été d'une débilité sans nom. Quand au problème pour forcer la personne du futur à rester ici… le Maître n'a prévu qu'un passage.
— Un passage ? Répéta Dumbledore.
Inspirer, expirer. Mes dents commencèrent à s'entrechoquer à mesure que je comprenais où voulait en venir le Mangemort. Mes entrailles faisaient des loopings dans mon estomac, la peur me paralysait. J'étais pendue aux lèvres de l'homme. Celles-ci affichèrent un sourire cruel.
— Le Retourneur de Temps ne comporte que suffisamment de magie noire pour un aller-simple. Il n'y aura pas de retour possible pour celui qui s'en servira.
Aussi brutalement que j'avais été plongée dans ce souvenir, j'en fus arrachée.
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La tête dans les mains, les fesses dans la neige, je réfléchissais au sens de ma vie.
Des milliers de pensées tourbillonnaient dans mon esprit, mais dès que j'en saisissais une elle repartait aussi sec : je n'arrivais à en retenir aucune. Trois mois plus tôt, j'aurais pleuré après la découverte que j'avais faite dans le bureau Dumbledore. Aujourd'hui, mes yeux étaient résolument secs. Aussi vides que que le néant.
Les mots me manquaient pour décrire mon état d'esprit actuel.
Je savais simplement que je voulais dormir, manger, et dormir encore une fois. Pour toujours peut-être. Et si possible, avoir les bras réconfortant d'Arès pour hurler et pleurer de tout mon saoule.
Mais je n'avais personne, et ne possédais rien. Même mon temps ne m'appartenait plus réellement.
— Quelle vie, soupirai-je dramatiquement en ramenant mes genoux sous mon menton.
Je mourrais littéralement de froid ici, dehors en plein milieu de mois de décembre, échouée au milieu de la neige comme une âme en peine. Cela me faisait du bien, ça me rappelait que j'étais encore vivante. Que mon corps m'appartenait encore.
Même mon esprit ne m'appartenait plus. Dumbledore l'avait violé avec ses talents de Legilimens, et un inconnu – sûrement Rosier – s'amusait à le faire à mes dépens dans mon sommeil. J'eus envie de pleurer, vraiment. Mais mes yeux ne semblaient pas du même avis, et aucune larme ne se pointa à l'horizon.
Après un temps qui me parut infiniment long, je finis par me redresser et rentrer dans mon dortoir. Mes muscles engourdis par le froid protestaient violemment, je n'en eus cure et continuai de serpenter les couloirs du château. Sur mon chemin, je rencontrai plusieurs têtes connues, que je saluai avec une nonchalance feinte, me contentant de dire que j'étais fatiguée. Ce qui n'était pas faux en soit. Evelynn sembla s'inquiéter de mon état de zombie, mais je lui faussai compagnie comme les autres. Je n'avais pas le temps pour les explications.
Un sourire amer étira mes lèvres. J'aurais tout le temps du monde pour m'expliquer plus tard, puisqu'à priori je ne rentrerai jamais chez moi.
— Bonne nuit, la congédiai-je d'un geste de la main.
Plus loin, dans la salle commune, je vis Evan m'observer. Je soutins son regard pendant toute ma traversée, affrontant ses iris azurs avec un flegme qui me surprit, mais pas tant que ça. Je n'avais plus peur de lui depuis longtemps, mais la crainte qui subsistait semblait s'être évanouie avec mes espoirs de rentrer chez moi un jour. Je relevai le menton, fièrement. Evan me fit un clin d'œil, avant de sourire paresseusement. Je lui renvoyai un sourire carnassier. Qu'il essaie de s'introduire dans mes souvenirs cette nuit pour voir, il n'allait pas être déçu du voyage.
Je m'effondrai sur mon lit, après avoir pris le temps de me doucher et de passer un pyjama. Je me sentais affreusement sale dans ses vêtements. Plus tôt, j'avais fui le bureau de Dumbledore comme si j'avais le feu aux fesses dès que j'étais sortie de son souvenir. Je ne voulais pas en parler avec lui. Je comprenais pourquoi il ne m'avait rien dit avant, je n'étais pas prête. Aussi, j'étais reconnaissante parce qu'il ne s'était pas moqué de moi : il avait sérieusement recherché une solution à mon problème. Cependant je n'arrivais pas à réduire la méfiance à son égard qui grondait en moi.
En me glissant sous mes draps, je pensais à mon frère, que je ne reverrais peut-être jamais.
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Le lendemain, je fus ravie de constater que personne ne s'était introduit dans mon esprit cette nuit. J'avais dormi d'un sommeil de plomb, et cela faisait un bien fou de se sentir parfaitement reposée. La journée se passa normalement, si on faisait abstraction de l'épée de Damoclès qui se trouvait au dessus de ma tête, prête à s'abattre à tout moment.
A l'heure du cours de DFCM, je fis mine de souffrir d'un mal de crâne lancinant pour fausser compagnie aux filles. Si dans un premier temps je me dirigeai vers l'infirmerie en me tenant la tête pour ne pas éveiller les soupçons, après un coup d'œil en arrière je me dépêchai de bifurquer pour aller dans la direction de la Salle sur demande. Je n'avais pas oublié Regulus, et son entraînement pour essayer d'entrer dans ma tête en utilisant le sablier.
— Je n'en ai pas parlé à Dumbledore de ça, songeai-je tout haut en escaladant les marches des escaliers.
Je me renfrognai. Dumbledore s'introduisait dans ma tête quand il le voulait, je n'allais pas commencer à m'en vouloir parce que je n'avais pas évoqué les projets du cadet Black. Macnair n'avait rien évoqué sur les particularités du Retourneur de Temps mis à part que je ne pourrai jamais rentrer chez moi. Quand Dumbledore l'avait interrogé sur la façon dont Voldemort comptait obliger l'utilisateur à révéler le futur, Macnair s'était contenté de dire que le descendant de Lucius Malefoy parlerait forcément… Mais Voldemort avait sûrement prévu le cas où il s'agirait d'un inconnu, ou d'une personne ne voulait rien dire. D'où les introductions intempestives dans mon esprit la nuit.
— Salut ! Lâchai-je du bout des lèvres au moment où j'arrivais dans la Salle sur Demande.
Mes yeux balayèrent rapidement la pièce. Celle-ci se révélait exceptionnellement neutre, dans les tons gris. Regulus était déjà présent, confortablement installé sur un prestigieux fauteuil tout en cuir, la jambe droite négligemment positionnée au-dessus de la gauche, en train de lire un livre. Il releva les yeux sur moi en baillant.
— Pas trop tôt, j'ai failli attendre.
Je lui décochai un regard noir. Rien que le voir suffisait à me mettre en colère, parfait. Au moins cela me faisait oublier mes problèmes.
— Tu lis quoi ? Lui demandai-je en m'écrasant sans aucune grâce sur le canapé face à lui.
— Un livre sur la magie noire, pour ton sablier, répondît-il en me le désignant d'un coup de menton. Je n'ai pas encore fini.
Regulus se replongea dans les pages de son ouvrage, me laissant le fixer bêtement. J'admirai la couleur noir corbeau de ses cheveux, tout en regardant davantage la petite cicatrice sous son œil gauche. Il s'agissait d'une ligne blanche assez grossière, pas suffisamment épaisse pour qu'on la distingue nettement, mais pas suffisamment fine pour qu'elle ne passe inaperçue. Cela lui donnait un charme fou. Je levai les yeux au plafond en essayant de penser à autre chose. Comme tous mes nombreux problèmes par exemple.
De longues minutes passèrent, seul le bruit des pages qui se tournent résonnait entre nous.
— J'ai été voir Dumbledore, dis-je finalement, n'y tenant plus.
Ce silence entre nous m'oppressait.
— Ah. Et donc ? Marmonna distraitement le garçon en tournant une nouvelle page.
— Tu pourrais au moins faire semblant de t'intéresser à ce que je raconte, grognai-je d'un ton mauvais, froissée.
— Je travaille sur les objets recelant de magie noire depuis hier sans interruption, je n'ai pas dormi de la nuit, à peine mangé, et tout ça juste pour tes beaux yeux ! Explosa Regulus en relevant subitement la tête pour m'assassiner du regard. Vraiment désolé si je ne suis pas tout ouïe dès que tu ouvres la bouche Athéa.
Je fermai fortement les paupières, honteuse. Je n'arrivais pas à soutenir la rancœur contenue dans ses iris métalliques. Je me sentais tellement bête à cet instant. Pire qu'une gamine qui ne supportait pas quand son crush du moment ne lui accordait pas toute l'attention qu'elle espérait.
— Désolée, dis-je dans un souffle. Je suis un peu à côté de mes pompes aujourd'hui…
Ce n'était pas une excuse, pas vraiment, plutôt une mauvaise justification, mais cela me fit du bien de lui dire.
Regulus hocha sèchement la tête, et dans un élan de lucidité je lui racontai toute mon entrevue avec Dumbledore. Absolument tout. Même la pensine, Macnair senior, et ce que j'avais appris au sujet de mon Retourneur de temps. Il pouvait me trahir à n'importe quel moment et partir tout raconter à son futur Maître, mais j'avais beaucoup trop confiance en lui pour lui cacher quoi que ce soit. Ou je l'appréciais beaucoup trop peut-être.
A la fin de ma tirade, Regulus referma brutalement son livre avant de se redresser sur son fauteuil, les coudes placés sur les accoudoirs.
— Ça explique ton humeur d'hier soir… marmonna-t-il ce qui me fit rougir : j'étais dans un tel état que je ne l'avais même pas remarqué hier. Au moins maintenant on sait le pourquoi du comment de ce Retourneur de Temps.
— Oui, acquiesçai-je blasée.
Un silence s'éternisa entre nous, et je sentis le regard de Regulus me brûler. Je refusai obstinément de le regarder dans sa direction. La tension entre nous était tellement lourde qu'on aurait pu la découper au couteau. Des frissons remontaient jusqu'à ma nuque.
— Donc tu restes.
Sa voix perça le silence dans un murmure rauque.
— Pas par choix, répondis-je honnêtement.
Il acquiesça silencieusement, et je tournai la tête dans sa direction. Nos yeux se soudèrent, je vis une multitude d'émotions incompréhensibles se refléter dans les iris si familières de Regulus. Je déglutis difficilement, incapable de comprendre ce que signifiait tout cela.
— Bref, bredouillai-je nerveusement. Nous n'étions pas censés expérimenter quelque chose ?
— Un autre jour, rétorqua Regulus en se levant. (Il s'épousseta, alors que ses habits étaient impeccables comme d'habitude). Je pourrais tenter quelque chose aujourd'hui mais c'est trop dangereux, et tu n'es pas dans une bonne ambiance actuellement je pense.
L'envie de protester mourut sur mes lèvres quand il s'étira longuement devant moi, comme un chat. Je piquai un fard monumental quand il rouvrit les yeux et qu'il me vit le détailler avec une avidité qui me donna envie de me mettre une claque.
Un sourire en coin illumina son visage narquois.
Je venais de rater un précieux cours de DFCM pour absolument rien, mais je me trouvais dans un tel état de béatitude en repartant que je ne pus qu'admettre l'effet positif qu'avait Regulus Black sur ma personne. Je sentais qu'avec lui je pouvais tout surmonter, et peut-être même percer les secrets encore cachés de mon Retourneur de Temps. Trouver un moyen de rentrer chez moi. Ce genre de chose.
Lorsque mes deux amies me retrouvèrent ce soir là, elles crurent que l'infirmière m'avait shootée aux médicaments.
