Vous l'attendiez tous : Tony Stark à Asgard, prêt à donner du fil à retordre à des AEsir obtus !
Chapitre 32 :
Tony trouvait la cité royale d'Asgard orgueilleuse, avec tout ce clinquant, ce faste. Lui-même avait fait construire une immense tour brillante au centre même de New-York, mais déjà, elle n'était pas dorée, ensuite, il n'avait pas fait construire une ville entière sur ce modèle.
Par contre, il devait admettre que l'objectif était atteint : en mettre plein la vue, faire comprendre qu'Asgard était supérieure en tout point aux neuf autres Royaumes. Marcher sur l'immense Pont Arc-en-ciel lui donnait l'impression d'être minuscule et insignifiant.
Deux corbeaux volaient au dessus d'eux, Tony leur jeta un regard plein de méfiance, et resserra la main autour de la poignée de sa valise.
« Le Roi sait que nous sommes là, dit Thor. Huginn et Muninn sont ses messagers.
- Les deux piafs, là ? Vous étiez pas suffisamment bizarres. Il fallait en plus que vous ayez des corbeaux voyageurs. Pourquoi pas des hiboux tant qu'on y est ?
- Quelle drôle d'idée.
- Rappelle-moi de te montrer les Harry Potter, quand on rentrera sur Terre. »
Ils parvinrent au Palais assez rapidement grâce à une navette flottante, dirigée par un garde silencieux et obéissant, puis entrèrent, escortés par un nouveau garde, quasiment identique au précédent, tout aussi silencieux et docile.
Enfin, devant la Salle du Trône, Thor fit une demande formelle d'audience privée avec le Père-de-Toute-Chose, et une grande Asyne solennelle prit la demande en compte et la transmit.
En attendant la réponse du Souverain, Thor proposa à Tony de lui faire visiter le palais un peu plus en profondeur que pendant sa première visite.
« J'ai cru comprendre que Loki, Heimdall et toi, êtes plus proches que jamais, commença Thor visiblement embarrassé.
- Si tu veux dire qu'on a fait l'amour, c'est le cas, répondit Tony. Tu te rends compte que c'était la première fois que Loki faisait l'amour, réellement, avec des personnes qu'il aime ? Désolé, je voulais pas être agressif.
- Ne sois pas désolé, mon ami. J'ai conscience que Loki a eu une vie moins qu'enviable. Certes, le fait qu'il soit en couple avec deux alphas m'est encore insupportable, mais j'ai compris que je ne pouvais plus intervenir dans sa vie comme auparavant.
- Il reviendra un jour, tu sais. A Asgard, je veux dire. Malgré tout, c'est son Royaume, et il l'aime. Ses enfants sont ici, ses parents sont ici. Son frère aussi. Un jour, il sera prêt à revenir. »
Ils furent interrompus par une exclamation.
« Thor ! Tu es de retour !
- Fandral ! Mon ami ! Oui, je suis de retour. Où sont les autres ?
- A l'entrainement. Sif a voulu prouver qu'elle pouvait battre Volstagg et Hogun à elle seule.
- Elle a gagné évidemment.
- Evidemment. Qui est ton ami ?
- Fandral, voici Anthony Stark, un fameux Midgardien, guerrier émérite et inventeur de génie.
- Enchanté, dit Tony. Et ne m'appelez surtout pas Anthony. On m'appelle Tony, c'est beaucoup plus simple.
- Très bien Tony. Voulez-vous vous joindre à nous ? Nous avons réservé une arène d'entrainement à l'extérieur.
- Pourquoi pas, répondit Tony. Ca dépend. Thor, combien de temps avant de rencontrer ton père ?
- Plusieurs heures, certainement, répondit le Prince héritier. Sans doute pas avant le soir, voire même après le repas. Allons nous amuser dehors. »
Ils rejoignirent donc une femme et deux hommes, couverts de poussière, de sueur et d'un peu de sang, dans une grande arène sablée. Des domestiques allaient et venaient, portant de l'eau, des serviettes ou des bandages quand on le leur demandait.
Tony posa donc sa valise sur le sable de l'arène, prit le temps de se présenter à nouveau, et attendit.
« J'ai bien envie de m'entraîner, maintenant que l'idée a été lancée, annonça Thor, marteau en main. Tony, es-tu partant pour quelques minutes de combat ?
- Je suis humain, Thor. J'ai beau être une des personnes les plus intelligentes de mon monde, la biologie est encore une de mes faiblesses.
- Ne te fais pas désirer, mon ami, rit Thor. Je sais ce qu'il y a dans ta valise. Nous ne ferons qu'une manche, si tu as peur de trop abîmer ton armure. »
Tony sourit, et accepta l'idée d'une manche. D'un coup de pied, il ouvrit la valise qui se déploya. Chaque partie de l'armure vinrent se positionner autour de son corps, grâce aux puces intégrées sous sa peau.
« FRIDAY, tu es là ?
- Une partie de moi au moins, Tony, répondit la voix féminine dans son casque.
- Ok, but du jeu : battre Thor, mais sans le blesser sévèrement. Tu peux m'aider à calibrer les coups ?
- Déjà en train de le faire, boss.
- C'est parti ! »
Thor était un adversaire coriace, vraiment coriace. Mais Tony était plus malin. Ils finirent sur un match nul, des contusions partout, et des bosses sur l'armure, quoique rien d'irrémédiable.
Ils se serraient la main pour mettre fin au combat quand un serviteur arriva avec un message.
« Comme je le prévoyais, Père nous recevra dans la soirée.
- Est-ce à propos de Loki ? demanda Hogun, un type avec un air sinistre.
- En grande partie, répondit Thor. Mais je ne peux en dire plus.
- Pourquoi n'est-il pas déjà rentré à Asgard ? demanda Sif en finissant d'épousseter de ses épaules la poussière collée.
- D'une part, les humains veulent juger Loki eux-mêmes, répondit Tony. Il est responsable de beaucoup de morts et de destructions. Ensuite, son statut d'oméga, lié contre sa volonté, a fortement choqué chez moi. La Terre lui offre un asile le temps qu'il jugera nécessaire. »
Il y eut un moment de gêne.
« Un oméga, commença Volstagg avec force.
- Un oméga est une personne avec des désirs, des projets, comme n'importe qui d'autre, l'interrompit froidement Tony. Personne n'a le droit de forcer un oméga, tout comme personne n'a le droit de forcer un alpha ou un béta.
- Un oméga a besoin de la protection d'un alpha, contra Volstagg.
- Vous avez eu l'impression que Loki ne pouvait pas se défendre lui-même ? Il a failli tuer Thor, deux fois. On a dû s'y mettre à six pour le vaincre. J'ai pas trop eu l'impression qu'il était une petite chose fragile. J'ai plutôt l'impression que ce sont les alphas qui ont peur que les omégas prennent un peu du pouvoir qui leur a été dénié pendant si longtemps.
« Ca vous ferait mal d'avoir un oméga sur le trône d'Asgard, n'est-ce pas ? Ca vous ferait mal d'être un jour dirigé par un général oméga. Ca vous ferait mal si un oméga était à la tête d'une entreprise florissante à donner des directives. Parce que pour vous, ils sont inférieurs, mais surtout, vous n'êtes pas prêts à lâcher un millimètre du pouvoir que vous tenez entre vos mains.
« Et je vous comprends. Je suis à la tête d'une des multinationales les plus puissantes de ma planète. J'ai à mes ordres des milliers de personnes. J'ai toujours vécu au sommet, et ça me ferait mal de lâcher ne serait-ce qu'un peu de marge de manœuvre à mon Conseil d'Administration. Mais je ne me cache pas derrière de fausses excuses. Je ne suis pas à la tête de Stark Industries parce que je suis le plus fort, le plus intelligent ou quoi, mais parce que j'aime le pouvoir et que je ne veux pas le lâcher.
« Vous avez eu la preuve que les omégas pouvaient être autre chose que de faibles créatures, destinées à écarter les cuisses et pondre des enfants. Loki a appris la magie, seul, en cachette, et est devenu l'un des meilleurs. Il n'est pas faible. Olan n'est pas faible. Les omégas ne sont pas faibles. Ils sont conditionnés à l'être, mais ils ne le sont pas intrinsèquement. Maintenant, il faut faire un choix. Accepter de lâcher du leste, leur donner des droits, ou ne rien lâcher et prendre le risque d'une révolte. Parce que si vous ne faites rien, j'en connais un qui se fera un plaisir de monter une révolution. On a d'excellents exemples sur Terre de Souverains qui ont perdu la tête, littéralement. »
Tony s'arrêta de parler, et s'occupa de redonner à son armure sa forme de valise. Les personnes autour de lui semblaient digérer son petit discours.
Il n'était pas peu fier de lui, à ce moment précis. Il venait de couper la chique à une poignée d'Æsir, convaincus de leur propre supériorité. Finalement, il se dit aussi qu'il avait intérêt à détendre l'atmosphère.
« Quelqu'un a de l'eau ? Ce combat m'a desséché. »
