Titre : Les flamants roses
Chapitre 15 : Confidences
Paring : Jotakak / Jotahan / Josuhan
Rating : T (je mets T dans le doute juste parce que ça parle vaguement de sexe, mais sinon au niveau de l'action c'est K+)
Disclaimer : Les personnages et l'univers de Jojo's bizarre adventure appartiennent au génie Hirohiko Araki, et non pas à mon humble personne
Storytime : Oooff, il m'en aura fallu du temps pour pondre ces deux chapitres. Vous me croirez pas si je vous dis que j'ai commencé à travailler dessus il y a bien bien longtemps. Mais bon je fais mon toujours possible pour que ça soit agréable à lire, tout en étant pas trop chronophage à écrire haha (mais ça je n'y arrive jamais lol). Et c'est aussi parce qu'ils font partie de mes chapitre préférés, car ils sont un peu charnière, et bien sûr parce que Rohan est dedans !
A part ça léger spoil, c'est le dernier chapitre à Morio /o/ Donc rendez-vous pour les derniers chapitres, dans quelques semaines, le temps que j'écrive et peaufine tout ce qui reste. Il faudra un peu de patience :3
En attendant je vous laisse avec le chapitre 15
Bonne lecture à toutes et tous !
Tous ces états-d'âmes auraient pu mettre un arrêt net à la liaison entre Jotaro et Rohan. Et pourtant, ils recommencèrent le lendemain, et le surlendemain, et encore le sursurlendemain... Comme atteints d'un virus nommé luxure... En très peu de temps, Jotaro Kujo et Rohan Kishibe étaient devenus des amants réguliers, et se voyaient en cachette des habitants de Morio.
Pourquoi une telle addiction ? Simplement car chacun, en plus d'y récolter un plaisir sexuel considérable, y trouvait aussi un soulagement émotionnel tacite. Oublier leurs peurs, leurs douleurs, leurs insécurités... C'était ce genre d'apaisement qu'ils étaient capables de s'apporter mutuellement à chaque étreinte.
Cela faisait déjà deux semaines que cela durait. Et cela aurait pu continuer encore des jours vu tous les jouets, cosplays et autres talons aiguilles que Rohan cachait dans ses placards. Ils avaient largement de quoi faire... Mais cette fois-là ne s'était pas passée aussi sereinement que d'habitude...
Alors qu'ils venaient de finir l'acte, le dessinateur se tenait assis dans le lit en tenue d'Adam, avec un coussin contre le ventre pour cacher ses parties intimes. Il lançait quelques regards en coin agacés à son partenaire assis à sa droite. Mais ce dernier somnolait sans même le remarquer... Exaspéré par cette attitude désinvolte, Rohan s'exclama tout fort pour attirer son attention.
- Rappelle-moi pourquoi on s'est mis à coucher ensemble déjà ?!
Le brun qui avait sursauté de surprise, reprit instantanément son calme et répondit en attrapant son paquet de clopes sur la table de chevet.
- Parce que tu m'as piégé en m'invitant chez toi, rétorqua-t-il d'une voix monotone tandis qu'il s'allumait une cigarette. Et aussi parce que tu es incapable d'assumer tes sentiments pour Josuke..., rajouta-t-il en soufflant de sa fumée vers le plafond.
Le mangaka devint rouge pivoine, et s'énerva tout seul en clamant qu'il était certain que ce n'était pas pour cette raison qu'ils avaient commencé à se fréquenter.
Bien qu'un peu contrarié par ses éclats de voix, le côté tsundere du romancier aux yeux verts amusait particulièrement Jotaro. Mais inconsciemment ce qui lui plaisait le plus, c'était tout ce qui lui rappelait l'homme qu'il avait tant aimé. Des talents remarquables en matière de dessin, une peau claire et silhouette filiforme, une attitude froide et sophistiquée, un caractère bien trempé, et aussi beaucoup de chien...
- J'ai rien demandé, et c'est toi qui t'es jeté sur moi !, calomnia Rohan.
- Pfff. Quand bien même ce serait vrai, aurais-tu seulement résisté ?
1-0. Rohan ne put lui donner tort. Alors, le fumeur qui voulait mettre un point final à ce débat stérile se leva du lit totalement nu, écrasa sa cigarette dans le cendrier et commença à se rhabiller. Mais c'était sans compter sur son partenaire, qui, exaspéré par sa répartie et sa plastique de rêve, n'en avait pas fini de vouloir provoquer un conflit. Voyant qu'il allait mettre les voiles d'une minute à l'autre, il décida soudain de lâcher une bombe pour se venger.
- Je m'en fiche de cet abruti de Josuke, c'est toi qui a un problème avec ta femme !
Le brun torse nu se retourna avec un air menaçant qui fit légèrement reculer le jeune homme dans le lit. La plaisanterie ne le faisait plus rire.
- Qu'est-ce que tu racontes comme conneries encore ?
- Quoi je me trompe peut-être ? Alors pourquoi tu as prononcé son nom la nuit dernière ?!
- Tu délires... répondit le trentenaire blasé.
- Ah ouais ?! Ce serait pas Kakyoin qu'elle s'appellerait par hasard?, balança Rohan faussement sûr de lui.
Tout à coup le visage du brun se ferma comme une porte de prison. Ses muscles faciaux se contractèrent au point que sa face ne devint qu'ombres. Son corps se statufia au milieu de la pièce où planait un silence pesant...
Devant cette réaction des plus angoissantes, son interlocuteur déglutit. Sous le coup de l'effroi, Heaven's Door apparut de lui-même pour défendre son alter-ego. Mais cette scène de terreur ne dura que quelques secondes et prit brusquement fin. Jotaro retrouva son visage apathique, puis il soupira bruyamment en s'excusant.
- ...Yare yare daze. Je ne me suis pas rendu compte que j'avais prononcé son nom. Désolé.
Soulagé de ne pas avoir réveillé la colère foudroyante du manieur de Star Platinium, le dessinateur reprit très vite, trop vite, sa confiance en lui. Devant la faiblesse de la réponse de Jotaro, il s'offrit le luxe de penser que ses excuses étaient un peu légères et insista alors avec excès :
- C'était vexant.
- Je doute que ce ne soit plus vexant que d'être ta roue de secours...
Même ramolli, Jotaro Kujo, n'en demeurait pas moins Jotaro Kujo. Une fois de plus, Rohan ne pouvait surmonter sa répartie. En effet, bien qu'il soit dans le déni, ils savaient tous les deux très bien, que son crush n'était autre que le beau lycéen espiègle.
Mais Rohan Kishibe n'était pas un homme qui se laissait marchait dessus. Sauf dans certaines circonstances, mais passons. Pendant que Jotaro lassait silencieusement ses chaussures, il se racla péniblement la gorge et poursuivit dans sa provocation :
- Hmpf ! Mais si tu préfères les femmes, il y en a plein à Morioh, alors pourquoi m'avoir choisi moi ?
Le brun qui en avait assez d'entendre jacasser le mangaka capricieux, décida de clore une bonne fois pour toute cette discussion qui lui donnait la migraine. Il se rassit à côté de lui sur le lit et se rapprocha au plus près de son visage en murmurant :
- Écoute-moi, très cher Rohan. Kakyoin n'est ni la mère de ma fille, ni même une femme... Do you understand ?
L'illustrateur devint pivoine à l'entente de ces propos. Même s'il était atrocement curieux d'en savoir plus sur le passé de Jotaro, qui semblait si passionnant que cela pourrait même l'inspirer dans ses écrits, il avait bien compris qu'il s'agissait là d'un sujet très sensible. Rohan Kishibe, l'égocentrique, le vaniteux, n'était pas un homme dénué d'empathie. Il connaissait les limites (cela ne s'applique pas au sexe bien sûr). Et après une révélation si sincère, remuer le couteau dans la plaie serait très malvenu de sa part.
Alors que le beau brun rhabillé commençait à partir, il n'avait plus l'intention de lui poser la moindre question. Il se contenta de le regarder partir avec des yeux chagrinés.
- Arrête de me regarder avec pitié Kishibe Rohan, si tu ne veux pas que Star Platinum te fasse changer de gueule par la force.
- Navré, mais tout le monde n'est pas aussi fort que toi pour intérioriser ses émotions...
Ces mots criants de vérité déstabilisèrent le biologiste. Cette déclaration pouvait aussi bien s'appliquer à la situation actuelle qu'à l'ensemble de son existence. Toute sa vie, à compter du jour, où il avait mis fin à sa première relation amoureuse, il n'avait fait que refreiner ses sentiments, les cacher et vivre pour les autres.
Mais avait-il eu réellement le choix ? Difficile à dire... Toujours est-il que cet artiste aux yeux verts venait de mettre le doigt sur ce qui était peut-être la raison de son mal de vivre : son silence. A cette pensée douloureuse, Jotaro déglutit péniblement. Il replaça sa casquette sur son visage pour cacher ses expressions faciales.
- Tu me reproches d'être silencieux, mais y avait-il seulement quelqu'un pour écouter ?
Le cœur de Rohan se fendit en deux devant cette confession. Ce n'était pas Jotaro Kujo qui était un homme fermé, c'était le monde qui n'avait pas d'oreille ! Le dessinateur noua un drap autour de sa taille pour cacher ses attributs et se mit debout face à cet homme brisé. Il le surprit en posant sa main sur sa joue rasée et lui dit d'une voix sincère :
- Je comprends mieux pourquoi tu es comme ça Jotaro...
Le dénommé lui adressa un regard stupéfait. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.
- Je ne suis sans doute pas la meilleure oreille, et encore moins le meilleur conseiller, poursuivit le vert en posant sa deuxième main sur son autre joue. Toutefois, je suis équipé de deux orifices pour entendre, d'un QI plus élevé que la moyenne pour résoudre les problèmes, et éventuellement, mais seulement si c'est vraiment nécessaire, de deux bras pour réconforter... Alors, tu n'es pas obligé de parler... Mais si tu le souhaites, saches qu'aujourd'hui tu as quelqu'un en face de toi prêt à t'écouter...
Le ton grave de Rohan résonna dans la pièce. Comme hypnotisé par ses iris émeraude pour lesquels il avait un faible, Jotaro ne put se détacher de leur emprise. Maintenant qu'il commençait à les connaître il pouvait facilement distinguer que cette flamme brillante était bien sincère. Qui eut cru que cet homme orgueilleux puisse faire preuve d'une telle douceur ?
Leur contact visuel intense dura de longues secondes, jusqu'à ce que Jotaro finisse par lâcher un petit rire du nez. Quel tempérament versatile... pensa-t-il au sujet de Rohan. Celui-ci pouvait être tantôt, le plus prétentieux, le plus dépravé, et désormais le plus tendre de tout le village...
Sous le charme de ses pierres précieuses vertes et de sa personnalité pleine de surprises, Jotaro s'autorisa à faire quelque chose qu'il n'avait jamais osé faire auparavant : se confier. En la présence de ce génie de l'art, il baissa sa garde, et accepta exceptionnellement de montrer ce qui se trouvait à l'intérieur de sa carapace de platine.
Les doigts d'artistes de Rohan se noyèrent dans ses cheveux ébène, non sans lui rappeler la sensation que lui procuraient ceux de son ancien amant. Il se sentait comme de retour à l'époque où il était en harmonie... Allongé sur le lit, confortablement installé dans ces bras fins, le descendant Joestar s'égara alors dans un récit d'une longueur et d'une dramaturgie rarissime pour un taciturne comme lui : le récit de sa romance avec un certain Kakyoin Noriaki.
"Lorsque nous allions dans les clubs de New York, nous étions comme seuls au monde. Etourdis, front contre front, le monde autour de nous disparaissait et la nuit nous emportait dans son lit. La musique résonnait dans nos tympans, mais nous n'entendions rien. On dansait, mais on était immobiles à la fois, on s'embrassait et on pleurait en même temps...
J'avais choisi de vivre aux Etats Unis en pensant qu'un jour nous serions libres. Jusqu'à finalement m'apercevoir que si tous les murs pouvaient être abattus, je ne pouvais pas tous les abattre à moi tout seul.
Les manieurs de stands ont souvent tendance à se prendre pour des surhommes invincibles. Mais nous sommes de simples humains, impuissants comme les autres.
Malgré l'envergure de mon souhait, je ne pouvais ni contrôler la société qui m'empêchait de m'unir à mon âme-sœur, ni modifier les lois de la nature qui nous empêchait de procréer, ni causer le naufrage de ma lignée. C'est ainsi que j'ai compris que ne pourrais jamais offrir à Kakyoin la vie que je voudrais lui offrir.
C'est ainsi que j'ai renoncé à lui..."
Quelques heures plus tard, Rohan connaissait toute l'histoire. Pour lui il était clair que la seule solution pour Jotaro était de retrouver son bien-aimé, et de lui présenter ses excuses.
- A quoi bon lui demander de me pardonner si je suis incapable de me pardonner moi-même..., déclara le trentenaire incrédule.
- Je reconnais que ce ne sera pas simple. Mais tu devrais essayer de le revoir un jour. Sinon tu ne guériras jamais et probablement lui non plus...
Le brun cligna péniblement les paupières. C'est vrai. Il ne pouvait même pas imaginer la profondeur de la blessure qu'il avait faite à son ex-fiancé. Il serait prêt à tout pour la guérir, non pas pour lui-même, mais pour Kakyoin. Puis une onde de peur traversa soudain Jotaro. Il lança un regard misérable à son vis-à-vis.
- Tu vois déjà un homme nostalgique et meurtri en face de toi... Imagine ce qu'il restera de moi si j'échoue à le récupérer...
- ...Lycéen, tu étais pourtant prêt à mettre en jeu ta vie pour celle de ta mère, répondit Rohan qui avait retenu chaque détail de son récit. Tu connais le dicton: Si tu essaies, tu as une chance de perdre Si tu n'essaies pas, tu as déjà perdu... Alors, es-tu prêt à tout risquer pour l'amour de ta vie ?
Profondément touché par ces paroles, Jotaro le fixa quelques secondes en silence. Puis soudain, il l'attira contre lui comme une poupée désarticulée et le plaqua contre ses pectoraux virils. Cette étreinte vigoureuse était la meilleure manière qu'il avait trouvée pour le remercier. Le verdoyant avait su trouver les mots justes pour qu'il se reprenne en main...
Peu habitué aux violentes manifestations de tendresse du docteur, il ne savait comment réagir et lui adressa un regard choqué. Ce dernier remarquant son étonnement lui lança une pique pour se défendre :
- Tu devrais plutôt garder cette expression pour Josuke. Je suis sûr qu'il te prendra tout le temps dans ses bras quand vous sortirez ensemble.
Rohan instantanément devenu rouge de gêne à cause du brutal changement de sujet cacha sa tête dans le pectoral de Jotaro en marmonnant :
- Fffh... Tu sais s'il s'intéresse aux hommes aux moins?
- Aux hommes, ça m'étonnerait. A toi, peut-être...
L'artiste releva la tête avec une moue désapprobatrice.
- Qu'est ce qui te fait dire ça ?
- Les Joestar sont assez ouverts d'esprit... Sinon tu peux toujours lui faire le même piège que tu m'as fait... Ah mais, t'as déjà fait son portrait.
Outré, le dessinateur il se mit à hurler sur son interlocuteur de presque 10 ans son aîné en se servant de son couvre-chef comme défouloir anti-stress.
- C'est tout ?! Tu crois que je vais risquer de me prendre un râteau et de devoir quitter la ville, juste parce que, soit disant, les Joestar sont ouverts d'esprits ?!
- Fais ce que tu veux Rohan, mais arrête de gueuler... Et rend moi ma casquette. Demain je rentre à New York...
Bonus :
- Ok c'est bon je vais aller me confesser à Josuke ! Mais s'il te plaît ne lui dit jamais ce qui s'est passé entre nous...
- Qu'est ce qui s'est passé entre nous ?
Les deux hommes échangèrent un sourire complice. Rohan savait bien qu'il pouvait faire confiance à Jotaro. Mais avant qu'il ne franchisse la porte d'entrée, il le rappela.
- Docteur Kujo ?
- Hm ?
- Une dernière fois pour la route... ?
- Yare yare daze...
