Salut ! Et voilà, on arrive à la troisième partie, un peu pdv Dorea, un peu pdv Charlus. Donc non, même si on a rattrapé le pdv de Dorea, la fic n'est pas finie Titou Douh (merci pour ta review!). Il reste cinq chapitres, et puis je prépare une suite... ;)

Bonne lecture :)

.

.

.

TROISIEME PARTIE : ILS SE COMPRENDRONT BIEN UN JOUR

.

Chapitre 31 : Le 31

.

Doux, quelque chose de doux glissait dans sa nuque et dans son dos. Encore, s'il vous plaît Merlin. Il n'avait pas eu un réveil aussi doux depuis tellement longtemps. Il avait l'impression que le jour le caressait doucement pour le déloger du pays des rêves et le ramener parmi les vivants. C'était un baiser d'au revoir de la lune et un baiser de retrouvailles du soleil. C'était la douceur de…

Mmmh, Dorea.

« Dori… soupira-t-il en ouvrant les yeux. »

Il roula lentement sur le dos pour retrouver les yeux gris perle de sa femme. Elle souriait de cette manière mutine qui le mettait en vrac, assise à côté de lui. Elle reposa ses mains sur son torse, en retira une, et dessina des choses abstraites du bout de l'ongle de son index sur son thorax. Elle essayait de retenir le baiser qu'elle voulait en mordillant sa lèvre inférieure avec ses incisives. Ses cheveux noirs et bouclés cascadaient comme une crinière sur ses épaules à peines couvertes par la chemise de nuit en lin. Elle ressemblait presque à… une panthère. Il avait déjà vu du désir dans les yeux et l'attitude d'une femme, il savait ce qu'il y avait dans la tête de Dorea à cet instant.

Et pourtant… Pourtant, la veille, elle était restée de glace toute la journée. Et la journée d'avant aussi. Son père était mort, et on l'avait enterré.

« Dorea ? répéta-t-il avec prudence en se redressant sur son coude.

-Bonjour Charlus, souffla-t-elle d'une voix un peu grave. »

Elle ramena ses deux mains à elle pour poser ses coudes sur ses genoux ramenés contre elle, et son menton dans ses mains. Elle ne le lâcha pas des yeux, comme elle l'avait fait les trois jours précédents la mort de son père. Elle semblait… Elle semblait être redevenue la femme qu'il avait aimée pendant leurs quatre jours de lune de miel.

Il tendit la main gauche pour lui faire signe d'approcher. Elle se baissa lentement jusqu'à coller sa bouche à la sienne. Elle l'embrassa lentement, à le rendre fou. Elle l'aurait rendu fou s'il n'avait pas été inquiet de son revirement de comportement.

C'était épuisant. Il s'inquiétait en permanence pour elle. Il s'était inquiété de ce qu'elle avait pu penser de lui, il s'était inquiété de la possibilité de répondre à ses critères, il s'était inquiété de sa panique lors de leurs fiançailles, il s'était inquiété de son silence et à présent il s'inquiétait du retour de son attitude qui lui avait parue la plus normale… parce que son père venait de mourir et qu'elle semblait l'avoir oublié. Est-ce que c'était vraiment ça, le mariage ? S'inquiéter en permanence ?

Il la poussa d'un geste doux pour la coucher sur leur lit et se pencher sur elle. Il passa sa main rugueuse le long de sa joue en la regardant fermer les yeux. Il sentit les jambes de Dorea tenter de s'ouvrir lorsqu'elle soupira profondément. Il resta obstinément appuyé sur son côté en fronçant les sourcils. Elle était tellement belle, tellement à lui et pourtant si insaisissable. Il avait souvent du mal à anticiper ses réactions – mis à part lorsqu'il essayait de la gêner. Il ne savait jamais ce qu'il se passait dans sa tête, sauf lorsqu'elle le regardait avec insistance, dans les yeux, la bouche malmenée, les joues roses. Il aimait vraiment qu'elle le surprenne avec des réponses originales, mais parfois, il se demandait s'il arriverait un jour à la comprendre vraiment.

« Tu vas mieux ? souffla-t-il en caressant sa joue du bout des doigts.

-Mieux ? répéta-t-elle avec étonnement en ouvrant les yeux. Oh, mes nausées ? Oui, je vais mieux. »

Voilà, c'était avec ce genre de réponses à côté qu'il se demandait s'ils étaient vraiment faits pour se comprendre. A moins qu'elle le fasse exprès.

« Ton père, reprit-il. Tu ne m'as rien dit hier. »

Elle pinça les lèvres un quart de seconde puis lui sourit, d'une façon mi-crispée, mi-rassurante.

« Il n'est plus. Mais toi, tu es là, dit-elle simplement en glissant sa main dans sa nuque. »

… C'était une façon de voir les choses. Il n'empêche…

« Dorea, c'était hier, rappela-t-il prudemment. Même si Ig et ta cousine sont censés venir ce soir pour la nouvelle année, tu as le droit de vouloir rester un peu seule ou…

-Par Morgane ! s'exclama-t-elle en roulant hors de lit. Nous sommes le 31, et rien n'est prêt ! »

Elle avait déjà ouvert les portes de son placard pour en tirer une robe et elle fouillait à présent dans le tiroir inférieur. Il s'affala à plat ventre sur le lit pour la regarder attacher ses dessous avec des gestes frénétiques. Bon. Elle n'était pas très affectée par la mort de son père. Il pouvait un peu le comprendre, mais tout de même, pas une seule larme…

« Dorea, reprit-il prudemment en la voyant se glisser dans sa robe bleue. Tu… Tu ne portes pas le deuil ? »

Elle se retourna aussitôt, un étonnement flagrant peint sur son visage.

« Je viens de me marier, je ne vais pas porter le deuil, dit-elle simplement. »

D'accord. Il fallait vraiment qu'elle lui explique ce qu'elle ressentait sinon il s'inquièterait à nouveau. Il s'assit au bord du lit pour l'aider à resserrer le corsetage arrière de sa robe. Elle se laissa faire, comme si elle s'était acclimatée à cette habitude. Lorsqu'il eut fini, il l'attrapa par les hanches pour la faire asseoir à côté de lui malgré ses protestations. Il posa ses mains sur les épaules de Dorea, et la fixa jusqu'à ce qu'elle le regarde dans les yeux à son tour.

« Dorea, la coupa-t-il, dis-moi vraiment pourquoi tu ne veux pas porter le deuil, pourquoi tu n'as pas pleuré pour la mort de ton père et pourquoi tu n'as pas voulu le voir lorsqu'il était malade, s'il te plaît. Il a détruit ta correspondance intellectuelle, d'accord. Il a détruit ton pendentif, d'accord. Mais tu m'as dit que le problème n'était pas là, et que tu devais éclaircir tes pensées troublées. S'il te plaît, arrête de me mentir…

-Je ne te mens pas ! protesta-t-elle.

-… ou de détourner la conversation. J'ai besoin d'une explication. Je suis… Je suis tout le temps inquiet te concernant, et… et c'est fatiguant, avoua-t-il difficilement. »

Elle le regardait avec attention en fronçant les sourcils. Il ne savait toujours pas ce qu'il se passait dans sa tête, et ceci menaça de le faire exploser. Le rougissement qui marbra ses joues le retint au dernier moment.

« Je lui en veux, souffla-t-elle en baissant les yeux. »

Elle se dégagea de ses bras pour fixer son armoire quelques secondes puis ses mains posées sur ses genoux. Il entendit son souffle tremblotant et se retint de la brusquer en insistant.

« Je lui en veux pour les lettres, pour le pendentif, pour ce qu'il a pu me dire et que j'ai cru alors que… Alors que finalement, je ne le connaissais pas. Je ne le connaissais pas. Il… La seule chose qu'il m'a apprise, c'est la Legilimancie, poursuivit-elle. Il n'a jamais été très présent au 12, Square Grimmaurd, et même lorsqu'il était là, il me parlait à peine. Il parlait à mon frère et à ma sœur, à ses frères, à mes cousins un peu, mais pas à moi. Il… »

Le silence était seulement perturbé par le frémissement de son souffle, un peu perdu, un peu tremblant.

« Il m'a appris la Legilimancie parce qu'une fois il m'avait parlé de cette manière et que je lui avais répondu sans le faire exprès. J'avais huit ans. Tout juste huit ans. Il… J'ai passé des heures dans son bureau à apprendre jusqu'à l'épuisement, confia-t-elle en baissant la voix. Il… Il m'apprenait souvent la nuit pour faire croire à tout le monde que j'apprenais vraiment vite pour mon âge. Il me disait que c'était notre secret. Mais… Mais… Bref, coupa-t-elle brusquement en se tournant vers lui. Je ne le connaissais pas et je lui ai fait confiance pour… trop de choses concernant notre mariage, dit-elle à toute vitesse. Alors en plus je m'en veux. Et je lui en veux de réussir à me faire m'en vouloir alors qu'il est décédé et qu'il ne peut plus m'atteindre d'aucune façon. »

Elle ne lui avait pas tout dit. Elle avait commencé en parlant de Legilimancie, en parlant de son père, de leur secret, et un souvenir sans doute perturbant ou traumatique l'avait arrêtée dans sa lancée. Elle n'avait pas voulu le voir parce qu'elle en avait peur, et qu'elle avait eu peur de lui refaire confiance malgré elle.

« Et lorsqu'il t'apprenait la Legilimancie, il ne voyait pas que tu étais épuisée ? demanda-t-il en passant sa main sur la joue de sa femme.

-Je ne sais pas, dit-elle très vite en baissant les yeux. Est-ce que… Je suis fatiguée moi aussi de penser à mon père. S'il te plaît, pourrions-nous… Pourrait-on ne plus en parler, s'il te plaît ? Je… Les rares moments que j'ai passés avec lui ne valent pas la peine d'être racontés. Je suis… Je… Je suis bien lorsque je suis avec toi, dit-elle. »

Sa voix timide emplie de pudeur acheva de faire exploser le cœur de Charlus. C'était comme si elle lui avait dit littéralement qu'elle l'aimait.

.

.

« Je suis fatiguée moi aussi de penser à mon père, conclut Dorea comme un aveu. S'il te plaît, pourrions-nous… Pourrait-on ne plus en parler, s'il te plaît ? Je… Les rares moments que j'ai passés avec lui ne valent pas la peine d'être racontés. Je suis… Je… Je suis bien lorsque je suis avec toi. »

Elle jura mentalement. Elle avait failli le lui dire. Elle avait failli dire à Charlus qu'elle éprouvait des sentiments étranges pour lui. Penser à son père lui faisait vraiment perdre le contrôle sur elle-même et elle se mettait à dire tout ce qu'elle avait en tête, sans filtre ni retenue. Ce n'était pas bien. Ce n'était pas décent. Mais surtout, c'était beaucoup trop périlleux. Ses pensées étaient toujours plus ou moins troublées. Elle s'était arrangée pendant ces derniers jours pour ne pas être trop intime avec lui, perturbée comme jamais de se sentir si bien dès qu'il la touchait, ne serait-ce que pour lui prendre la main. Et ce matin, alors qu'elle décidait enfin d'accepter que ce sentiment étrange dans sa poitrine, qui courait jusqu'au bout de ses doigts dès qu'il lui souriait, puisse être de l'amour… il lui parlait de son père, la personne par excellence qu'elle ne voulait plus jamais mêler à son mariage. Dès qu'elle pensait à son père, elle pensait à sa voix qui martelait ses ordres dans sa tête, à l'abri de tout soupçon d'autrui. « Tu dois à ton époux respect et dévotion. Alors montre-le lui en t'adressant à lui en restant à ta place. Répète après moi : Mr Potter. Et jamais Charlus ou un surnom affectif stupide. »

Elle sentit la main de Charlus se glisser sur sa joue et elle releva aussitôt la tête. Ses yeux chocolat pétillant brillaient comme si la flamme d'une bougie s'y reflétait.

« Moi aussi, je me sens bien quand tu es là, Dorea mon amour, répondit-il avec son sourire formidable. Et j'apprécie vraiment que tu me le dises. J'ai compris que toi, tu n'avais pas forcément besoin de parler, mais j'ai vraiment besoin de mettre des mots sur les choses et sur mes sen… mes émotions. »

Ah ça, elle avait plutôt compris qu'il avait besoin de discuter et de parler. Ceci ne la dérangeait pas. Elle appréciait l'entendre parler, le son de sa voix et sa présence. Elle n'avait même pas encore ressenti le besoin d'être seule, ce qui était plutôt perturbant compte tenue de son habitude à passer au moins deux heures par jour seule, enfermée dans sa chambre par besoin de solitude.

« Donc tu veux que je continue à te dire ce que je ressens ? demanda-t-elle avec concentration.

-Dis moi seulement ce que tu veux, je ne veux te forcer à rien, s'empressa de nuancer Charlus.

-Et qu'est-ce que je ne peux pas te dire ? demanda-t-elle en étudiant le visage tout à fait perplexe de Charlus. »

Elle aimait pouvoir presque lire ses émotions sur son visage. Il était si vivant et spontané, tout ce qu'elle aimait mais qu'elle n'était pas. Et pourtant presque tous les gens dont elle s'entourait volontairement et avec lesquelles elle aimait passer son temps étaient ainsi : Lucretia, Sylvestra et Charlus, pour ne nommer qu'eux.

Lucretia.

« Habille-toi, et viens m'aider à tout préparer pour ce soir ! le pressa-t-elle en bondissant sur ses pieds. »

Elle ouvrit les portes de l'armoire de Charlus, tira une chemise de corps et un caleçon qu'elle envoya derrière elle avec une paire de chaussette avant de regarder ses robes de sorcier. Il faudrait vraiment rafraîchir sa garde-robe. Elle se sentit tirée en arrière et tomba à nouveau assise sur le lit, Charlus assis derrière elle. Elle le sentit glisser ses jambes de chaque côté de ses propres jambes, et glisser ses bras autour de son ventre. Le baiser qu'il déposa sur son épaule acheva de la faire à nouveau fondre en guimauve.

« Est-ce que tu pourrais au moins faire semblant de t'intéresser aux réponses qu'attendent tes questions ? demanda-t-il avec amusement. Sinon, on peut discuter longtemps en se contentant de se poser des questions, ma Dorea.

-Hum, acquiesça-t-elle très consciente du corps de Charlus qui enveloppait le sien. »

Elle était simplement… bien. Et puis, comme à son réveil, elle avait vraiment envie de sentir les mains de Charlus sur sa peau, et son corps d'homme contre son corps de femme. Elle ne savait pas d'où ça lui venait. Elle sentait que son corps en avait comme… besoin. Elle avait besoin de se sentir à lui, de le sentir à elle, et même tout simplement… de… sentir cette tension dans son ventre croître et se relâcher. C'était terriblement gênant. Elle n'avait jamais pensé auparavant qu'on puisse être dans cet état de réclamation.

« Alors, la question était : qu'est-ce que tu ne peux pas me dire, c'est ça ?

-Hum, acquiesça-t-elle en se reculant un peu sur le lit pour se faire un peu plus prisonnière des bras de Charlus.

-Alors, là tout de suite, je ne vois pas, ma Dorea, reconnut-il à son oreille la faisant violemment frissonner. Mais regarde. Tu m'as dit ne plus vouloir aborder le sujet de ton père, non ? Eh bien le jour où tu aborderas un sujet qui me contrarie, je te le dirai de la même manière. Tu es d'accord ?

-Hum, soupira-t-elle en laissant sa tête partir en arrière, sur l'épaule de Charlus. »

Pourquoi s'était-elle habillée aussi vite, déjà ? Charlus n'essayait même pas de remonter sa robe pour toucher ses cuisses. C'était perturbant de ne pas le voir, mais de sentir la chaleur de son corps derrière elle et ses mains accrochées à sa taille.

« Ma Dorea, je croyais que tu voulais préparer la soirée de la nouvelle année, lui souffla Charlus à l'oreille.

-Hum, reconnut-elle en osant poser ses mains sur les cuisses de Charlus qui encadraient ses propres cuisses.

-Je prendrai soin de toi tout à l'heure, Dori, murmura-t-il à son oreille d'une voix bien plus rauque que la sienne. »

Ceci, couplé aux mots de Charlus, la sortit de son espèce de transe corporelle. Elle secoua vivement la tête et se releva. Bon sang, mais que lui arrivait-il ? Elle était littéralement en train de l'aguicher comme une fille de petite vertu. Elle était son épouse, pas sa maîtresse. Elle n'avait pas à réclamer des caresses de la sorte (même s'il semblait plutôt apprécier de les lui faire, ces caresses).

Non mais c'était aussi ce surnom qu'il utilisait seulement dans l'intimité. Personne n'avait fait de surnom avec son prénom. Et lui, d'une manière totalement spontanée, en avait trouvé un le soir de leur nuit de noces. Elle adorait l'idée qu'il utilise un surnom et qu'il soit le seul à le faire. Elle adorait l'inflexion de sa voix lorsqu'il prononçait les deux syllabes. Elle adorait encore plus qu'il ne l'appelle ainsi que lorsqu'ils étaient en tête à tête. Elle en aurait été assez gênée s'il l'avait appelée de cette manière en public, à la réflexion.

« Tu me rejoins dans le salon ? bafouilla-t-elle en entrant dans la salle d'eau pour attacher ses cheveux en chignon le plus rapidement possible.

-J'arrive, bailla Charlus en se laissant tomber en étoile sur leur lit. »

Il semblait peu motivé tout compte fait. Tant pis : elle l'était pour deux.

Elle descendit les escaliers et fronça les sourcils en repérant un mouton de poussière dans le coin de l'escalier. Elle tira sa baguette, et le fit disparaître d'un Evanesco. Elle prit le temps d'inspecter minutieusement la cage d'escalier. Le papier peint méritait vraiment d'être rafraîchi, maintenant qu'elle le regardait à la lumière du jour, et non la nuit à la lumière d'une bougie. Et le couloir… Merlin, elle n'avait pas vraiment fait attention les jours précédents, mais si elle lançait un sortilège de nettoyage… Misère, c'était vraiment la misère ! Le papier peint se décollait, il était taché par l'humidité et grignoté au niveau des plinthes. Comment avait-elle pu manquer ça ?

« Charlus ! s'exclama-t-elle. Charlus ! Veux-tu venir ! »

Elle entendit le bruit d'une chute à l'étage et leva les yeux au plafond en l'imaginant… Misère. Mais qu'était-il arrivé à ce plafond ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été repeint ou ciré ? et le parquet ? Il était noir, non d'origine, mais à cause de la crasse !

« CHARLUS ! hurla-t-elle d'effroi. »

C'était quoi ce… ce truc qui venait de passer devant elle ?

« Qu'est-ce qu'il y a Dorea ? s'affola-t-il en dévalant les escaliers et boutonnant ses vêtements en même temps.

-Ne me dis pas que tu as laissé des Ciseburines s'installer dans ton parquet ? dit-elle dangereusement.

-Tu en as vu un ? fit-il avec une moue lasse. J'avais cru en voir un le mois dernier, mais…

-Mais Charlus, les Ciseburines peuvent ronger un parquet et les fondations d'une maison en moins d'un an ! s'exclama-t-elle avec horreur sans oser faire le moindre geste. Mais qu'est-ce qui t'a pris de… Mais pourquoi n'as-tu pas fait venir le service des nuisibles ? Imagine qu'ils mangent nos baguettes ? Nous… »

Elle se tourna vers la grosse horloge du salon avec inquiétude. Depuis combien de temps n'avait-elle pas sonné ?

« Charlus, demanda-t-elle prudemment. Est-ce que c'est toi qui a ensorcelé ou désensorcelé ta pendule pour qu'elle ne sonne plus les heures ?

-Je sais que j'ai oublié de le faire, soupira-t-il. Mais, écoute, je risque d'empirer la situation si…

-Je crois que les Ciseburines s'en sont pris à ta pendule, le coupa-t-elle avec agacement. Aide-moi à la mettre dans le jardin, s'il te plaît. Puis tu iras au ministère pour faire venir un employé du service des nuisibles.

-Nous sommes le 31 décembre, Dorea, il n'y aura personne de disponible, refusa-t-il en faisant rétrécir la pendule d'un coup de baguette pour la prendre dans une main. »

Elle le regarda faire les yeux ronds. Il s'en alla la mettre dans le jardin sans qu'elle n'ait fait le moindre geste. C'est que… Non pas qu'elle ait osé penser que Charlus était un piètre sorcier. Mais elle ne l'avait jamais vu se servir de sa baguette pour autre chose que des sortilèges de lévitation ou pour allumer des chandelles. Il cuisinait sans sa baguette, il se rasait avec un rasoir coupe-choux qu'il manipulait à la main, il ouvrait l'eau de la baignoire en tournant les robinets et non grâce à un sortilège… Et là, sans même un instant de concentration, il réduisait la taille de la pendule non par deux ou trois, mais au moins par dix. C'était un puissant sortilège de métamorphose. Elle le regarda rentrer chez eux en ayant l'impression d'ouvrir une porte qui lui était auparavant invisible. Que cachait-il d'autre derrière son impertinence ? Est-ce que… Est-ce qu'il aimait la magie en tant qu'entité d'étude et de performance et non simplement comme moyen de vivre ? Est-ce qu'elle pouvait espérer qu'il aime vraiment qu'elle lui parle de Magie Antique et de Défense ?

« Ne me regarde pas comme si j'avais dit quelque chose de stupide, Dorea. Je sais bien que les Ciseburines sont des nuisibles dont il faut se débarrasser, reprit-il en croisant les bras devant lui et en faisant une moue lasse. Mais le soir où j'ai cru en voir un, j'étais un peu alc… fatigué, et j'ai pensé que mon imagination me jouait des tours. J'irai dès demain au Ministère pour…

-Tu aimes étudier la Métamorphose ? le coupa-t-elle. »

Il fronça les sourcils en bref instant avant de sourire en secouant la tête. Il se tourna pour entrer dans la cuisine. Dorea se précipita à sa suite et s'assit directement à la table pour le regarder mettre de l'eau à chauffer et sortir une boîte de biscuits du meuble deux corps. Il revint avec la boîte en carton qui contenait les biscuits et la boîte en fer dans lesquels il les rangeait.

« Charlus, tu…

-C'était ma matière préférée à Poudlard, la coupa-t-il en rangeant les biscuits dix par dix dans la boîte en fer. Pourquoi est-ce que tu me poses cette question maintenant ? »

Est-ce qu'il était contrarié ? Non, il ne lui semblait pas. Il paraissait plutôt… surpris.

« Tu as réduit la taille de ta pendule par dix en moins d'une seconde, expliqua-t-elle en guettant sa réaction. »

La commissure de sa lèvre s'étira en un sourire en coin. Il referma la boîte en fer et jeta le carton et le papier qui avaient contenu les gâteaux dans le feu de la cheminée de la cuisine. Les flammes grandirent sur le coup lorsqu'elles dévorèrent le papier et le cartonné.

« Je t'impressionne ? demanda-t-il avec amusement en revenant s'asseoir en face d'elle.

-Assez, oui, avoua-t-elle avec un hochement de tête.

-Je t'impressionne différemment que par le passé ? insista-t-il.

-Oui, reconnut-elle.

-Ah oui ? répéta-t-il en s'adossant au dossier de la chaise avec une nonchalance provocatrice.

-Je n'ai jamais compris grand-chose à la Métamorphose, avoua-t-elle.

-Tu préfères la Magie Antique. »

Elle se sentit rougir parce qu'il avait retenu ce qu'elle aimait. Ce n'était pas ce qu'elle aimait le plus en magie, mais c'était suffisamment précis pour qu'il ait pris la peine de s'en souvenir.

« J'aime encore plus la Défense et les Forces du Mal, lui dit-elle, heureuse qu'il s'intéresse à ses goûts.

-La Défense contre les Forces du Mal ? crut-il répéter. »

Elle hocha la tête en se demandant s'il avait mal compris ou s'il voulait avoir mal compris. Elle s'était dit qu'il n'appréciait sans doute pas la Magie Noire, parce qu'il avait été à Gryffondor et que c'était leur truc, aux Gryffis, de crier haut et fort qu'ils n'aimaient pas la Magie Noire. Il n'empêche…

« Et dire que mon frère t'accuse de faire de la Magie Noire, se moqua-t-il en laissant sa tête basculer en arrière sur le dossier de la chaise. Je lui avais dit, pourtant, que ce n'était pas ton truc. »

Donc c'était bien ça. Il était comme tous les autres, à ne pas comprendre qu'on puisse vouloir étudier la Magie Noire sans forcément la pratiquer contre d'autres sorciers. Elle faisait des essais sur ses vieilles poupées, sur des insectes ou sur elle-même, elle ne blessait personne. Bon, elle s'était peut-être amusé une ou deux fois avec Sylvestra sur Adrian, son frère, mais rien de bien méchant. Bref. Ce n'était pas le moment d'essayer de convaincre Charlus. Elle lui en parlerait plus tard. Ils devaient préparer la fête de ce soir pour le Nouvel An. Et elle voulait passer une bonne soirée.

Elle le regarda ramener la bouilloire sifflante, deux tasses et une théière sur la table. Il la comprendrait. Il fallait juste qu'elle réfléchisse à la manière de lui en parler. Il était le seul à ne pas lui reprocher de ne pas sourire assez ou d'être perdue dans ses pensées lorsqu'il lui parlait. Il lui avait même dit qu'elle était adorable. Et dans adorable, il y a adore. Et adore, outre le fait d'être une anagramme de Dorea, était surtout très proche du verbe aimer

« Tiens. »

Elle prit dans une main un biscuit de la boîte en fer qu'il lui tendait, et dans l'autre main elle se saisit de sa tasse.

« Dorea ? Ce que mon frère a dit t'agace ? lui demanda Charlus. »

Elle reporta son attention sur Charlus qui la regardait avec insistance en fronçant les sourcils.

« Ton frère est maladivement jaloux de toi, mais comme rien ne t'affecte, il se rabat sur moi pour t'énerver, analysa-t-elle.

-Tu crois ? demanda-t-il en retrouvant son sourire en coin.

-Oui, ton frère est jaloux de toi, répéta-t-elle.

-Je parlais du fait que rien ne m'affecte, répliqua-t-il.

-Ah, ça, oui, aussi, répondit-elle en reprenant un gâteau. »

Il était tellement impertinent, rien ne le gênait et il riait de tout ou presque. C'était impressionnant. Elle aurait bien aimé être comme ça, elle aussi. Ne jamais être mal à l'aise ou gênée, ce devait être agréable, non ?

« Tu crois que toi, tu ne m'affectes pas ? insista-t-il en haussant les sourcils de manière si pleine de sous-entendus qu'elle sentit ses joues rougir de gêne.

-Tu es obligé de parler de… de…

-De ?

-Detonsexeàtoutboutdechamp ? dit-elle très vite en se sentir devenir écarlate. »

Elle évita son regard en plongeant les yeux au fond de sa tasse de thé. Elle la porta à ses lèvres pour boire une gorgée du liquide chaud afin d'étouffer le silence qu'elle avait créé. Lorsqu'elle reposa sa tasse et osa enfin relever le regard sur Charlus, lorsqu'elle vit ses yeux écarquillés, elle se dit que peut-être, elle était allée trop loin et qu'elle l'avait choqué, même énervé.

« Oh putain, souffla-t-il avant de secouer la tête et d'exploser de rire. »

Pardon ?

« Quelle vulgarité, Mrs Potter ! se moqua-t-il ostensiblement. Je vois que je vous ai agacée, je vous prie mille fois de me pardonner. »

Il ne s'arrêtait donc jamais ? Elle prit sur elle pour se contenter de soupirer et essayer de savourer la manière dont il l'avait appelée malgré le ton clairement railleur employé.

« Et dire qu'en plus je ne pensais même pas à ceci. J'ai comme l'impression que j'ai tout à fait perverti ton innocence, ma Dorea, continua-t-il sous le scepticisme évident de Dorea. Je te l'assure !

-Bien sûr, répondit-elle sans y croire une seconde.

-Je t'assure, répéta-t-il. Je pensais plutôt au fait que je me souciais de toi, de ton bienêtre, de ton bonheur et que nécessairement je m'inquiétais pour toi. »

La bouche de Dorea se crispa dans un sourire. Charlus le disait d'un ton criant de vérité, en la regardant fixement, sans détourner les yeux d'elle. Elle avait vraiment envie de le croire, surtout lorsqu'elle sentait son cœur s'affoler dans sa poitrine. Il lui avait dit qu'elle avait « beaucoup de charme », qu'il la trouvait « belle » et « adorable », qu'il se sentait bien avec elle. Pourtant… pourtant, est-ce que c'était de l'amour ou une relation toute conjugale ? Il appréciait qu'elle dise ce qu'elle ressentait, mais comme elle ne savait pas elle-même ce que c'était… Elle n'avait jamais ressenti ça, mais elle ne se souvenait pas non plus avoir été réellement amoureuse. Les quelques garçons qu'elle avait autorisé à l'embrasser lui avaient plu. Elle avait laissé en partie les barrières de sa retenue tomber, mais jamais au point où l'avait menée Charlus.

« Mmmoi aussi je veux que tu sois… heureux, bafouilla-t-elle avant de boire une autre gorgée de thé. »

Elle fut obligée de reposer sa tasse même si Charlus n'avait pas encore réagi car elle l'avait bue en entier. Elle s'empressa d'occuper ses mains en la remplissant à nouveau.

« Si je te dis que tu me rends heureux, c'est encore mieux, non ? reprit-il. »

Son cœur devait être malade, ce n'était pas possible autrement. Il s'affolait bien trop vite et bien trop souvent ces temps-ci.

« Je… Je fais de mon mieux, répondit-elle d'une voix à peu près normale. Tu… Je me demandais, reprit-elle en se tournant vers un sujet moins glissant, s'il t'arrivait de t'entraîner en sortilège de Métamorphose ou de lire des Grimoires. »

Il ne répondit pas et se contenta de la regarder en souriant. Il posa l'un de ses avant-bras sur la table, parallèlement au bord de la table, et laissa ses doigts pianoter sur le bois.

« Je vérifie parfois deux ou trois enchantements, reconnut-il. Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la Métamorphose ? demanda-t-il simplement.

-Le monde est comme il est, je n'arrive pas à le changer, répondit-elle. »

Il pencha la tête sur le côté et fronça les sourcils. Ses yeux chocolat pétillant se ternirent un instant.

« C'est triste ce que tu dis, ne trouva-t-il qu'à lui répondre. Donc Enid Forty ne devrait pas être au Club de Flaquemare parce que c'est une femme ?

-Je n'ai pas dit cela, protesta-t-elle. Je dis que moi je n'y arrive pas.

-Pourquoi ? insista-t-il. »

Il posait trop de questions. Qu'en savait-elle ? Enfin si, elle le savait bien à la réflexion.

« Parce que je ne sais pas ouvertement désobéir. J'ai appris à faire ce qu'on me disait et de la manière dont me le disait, c'est tout.

-Tu plaisantes ? s'étonna-t-il les yeux ronds de stupeur. Tu ne fais jamais quelque chose juste parce que tu en envie ?

-Disons alors que je n'ai pas ton impertinence, répondit-elle un brin vexée. Je m'arrange discrètement pour faire ce qui me plaît. »

Bien sûr qu'elle lisait ses livres parce qu'elle en avait envie. Et qu'elle allait voir Sylvestra tous les lundis parce qu'elle en avait envie.

« Essaie de faire ouvertement ce qui te plaît aujourd'hui, lui ordonna-t-il presque.

-Pardon ?

-Pour me faire plaisir, ajouta-t-il face à son ton méfiant. »

Elle hésita à rentrer dans son esprit pour savoir ce qu'il avait derrière la tête avant de se rétracter. Ce n'était sûrement pas convenable de fouiller dans la tête de son mari.

« Allons faire des courses pour la soirée alors, proposa-t-elle. »

Le couinement plaintif qui s'échappa de la bouche de Charlus l'amusa. Il faudrait qu'il sache ce qu'il voulait, nom de nom.

Ils allèrent d'abord à la biscuiterie sous la neige. Le magasin d'usine était immense. Il y avait des boîtes de toutes sortes. Elle y retrouva Mrs Runcorn qui faisait ses courses de la semaine. Elle lui indiqua aimablement l'adresse de Mr et Mrs Gudgon qui possédaient un poulailler et un clapier. Elle trouva ainsi une belle dinde pour ce soir, assez de pommes de terre pour toute la semaine prochaine, de l'ail, des carottes et des échalotes. Lorsque Charlus entendit qu'elle se renseignait pour trouver de la soupe de poisson, il refusa catégoriquement de la laisser faire, et elle dût accepter d'acheter un pâté en croute à la boulangerie. Elle le laissa galamment porter les courses en voyant que toutes les hommes agissaient ainsi et qu'il semblait trouver cela normal. Elle n'avait pas l'habitude de faire des courses alimentaires, et elle avait l'impression que tout le monde le voyait. Elle était même plutôt mal à l'aise en voyant toutes les femmes faire leurs courses avec tant d'aisance. Elle essaya d'imiter la demoiselle devant elle, mais en vain. Charlus ne rentrait pas avec elle dans les boutiques et restait dehors à discuter avec untel ou untel. Il semblait connaître tout le monde. Et tout le monde semblait le connaître, c'était ahurissant. Il la présentait comme sa femme à tout le monde, et à chaque fois elle se demandait quoi répondre d'autre que « merci » lorsqu'on les félicitait. Elle avait l'impression que les gens la regardaient avec curiosité, et elle ne savait pas bien si c'était avec bienveillance ou non.

Elle ne respira vraiment à nouveau que lorsqu'elle passa le seuil de leur maison.

Elle se retrouva de nouveau embêtée face aux aliments dans la cuisine. Charlus était assis à la table, avec le journal du jour, et ne lui prêtait plus attention. Ce n'était pas plus mal, soit dit en passant. Elle préférait qu'il ne voie pas son embarras. Elle ouvrit le fameux livre de cuisine pour retrouver les pages qu'elle avait marquées.

Le résultat ne fut pas à la hauteur de ses attentes. Elle finit même par se mettre à crier. Charlus baissa le journal à ce moment-là et elle n'eut jamais autant honte qu'à cet instant. Il la regardait comme si elle était littéralement folle. Elle lui offrit un petit sourire crispé en guise d'excuse et recommença sa sauce aux échalotes pour la cinquième fois (et la réussit (à peu près) enfin). La dinde faillit trop cuire mais Charlus la lui rappela avant la catastrophe. Elle l'arrosa comme l'indiquait le livre avec un peu de bouillon. Charlus l'aida ensuite à mettre la table de la cuisine dans la future salle à manger. Elle la recouvrit de la nappe qu'elle avait tant bien que mal brodée avec ses initiales et celles de Charlus. Elle installa les serviettes : à l'aide de quelques sortilèges, elles se plièrent en forme de phénix. La vaisselle de Charlus n'était pas bien jolie, mais après quelques enchantements de métamorphoses de Charlus, elles prirent une jolie couleur nacrée avec un tour doré. La table était un peu petite, mais Charlus n'avait pas voulu l'agrandir en disant qu'elle faisait des manières. Elle préféra ne pas lui demander de métamorphoser les couverts pour avoir un jeu complet. Elle plaça les couverts comme elle put, tout à fait insatisfaite mais bien trop fière pour retourner vers lui. Elle lança quelques Evanesco dans le salon, pendant que Charlus sortait le Whiskey pour lui et Ignatius, et une bouteille de vin de la cave.

« Tu vas encore bouder longtemps ? demanda Charlus une heure avant l'arrivée de Lucretia.

-Je ne boude pas, répliqua-t-elle aussitôt en relevant le menton pendant qu'elle accrochait le pendentif qu'il lui avait offert trois jours après leurs fiançailles.

-Tu boudes pour des bêtises. La table est d'une taille parfaitement confortable pour manger à quatre, répéta-t-il en fermant lui-même sa robe de soirée.

-Puisque tu le dis, je ne vois pas pourquoi je bouderais, abdiqua-t-elle à moitié en cherchant ses boucles d'oreille.

-Dorea, dit-il en mi-figue mi-raisin. Je veux passer une soirée tranquille, non une réception.

-Je veux simplement recevoir correctement ma cousine. Je voulais d'ailleurs te demander si les draps de la chambre d'amis étaient propres, préféra-t-elle demander à présent qu'il avait réintroduit la conversation entre eux. »

Elle l'entendit lourdement soupirer et marmonner comme quoi elle changeait tout le temps de sujet. Elle ne changeait pas de sujet, elle parait au plus pressé.

« Oui, ils ont été changé, lui assura-t-il.

-Ignatius rentrera chez lui…

-Mais non, il dormira ici, répliqua Charlus. »

Elle se tourna vers lui en apposant le fermoir de sa deuxième boucle d'oreille.

« Ou veux-tu qu'il dorme ? Il y a une troisième chambre ? s'étonna-t-elle.

-Ta cousine dormira dans la chambre d'amis, et Ig restera sur le canapé, lui indiqua-t-il en haussant les épaules.

-Pardon ? »

Dormir sur le canapé ? Mais quelle idée !

« Hors de question, décida-t-elle. »

Voir Charlus lever les bras ciel et se lamenter auprès de tous les saints la fit seulement froncer les sourcils.

« Comment veux-tu faire ? Je ne vais pas faire dormir Ig avec ta cousine ! Ig s'en ficherait bien, mais Lucretia m'insulterait et irait se plaindre à son père ! s'époumona Charlus. »

Mais que lui prenait-il ? Pourquoi sortait-il de ses gonds de cette manière ? Là, pour le coup, elle n'avait rien fait de mal, ça tombait sous le sens qu'on ne faisait pas dormir quelqu'un sur un canapé.

« Je sais ! trouva-t-elle en le coupant. Tu vas dormir avec Ignatius et moi je dormirai avec Lucretia ! proposa-t-elle. Oh oui, ça me rappellera quand je partageais ma chambre avec elle au 12, Square Grimmaurd, une pointe de nostalgie ! Tu préfères que je dorme avec elle dans notre chambre ou dans la chambre d'amis ? »

Il la regarda comme il ne l'avait jamais regardée. Un peu comme si une troisième tête lui avait poussé.

« Tu plaisantes ? demanda-t-il d'une voix blanche.

-Bien sûr que non, pourquoi je plaisanterais ? C'est la solution idéale et c'est même la seule solution. Je prendrai notre chambre. Je n'ai pas bien envie qu'Ignatius dorme à ma place, tu comprends ? continua-t-elle.

-Mais il n'en est pas question ! Tu es ma femme, tu dors avec moi ! se récria-t-il dans tous ses états.

-Je suis ton épouse, s'il te plaît, corrigea-t-elle distraitement en ajoutant une perle à son chignon.

-J'ai dû attendre des semaines avant de dormir avec toi, nous sommes mariés depuis à peine une dizaine de jours, il n'est…

-Douze jours précisément, corrigea-t-elle à nouveau.

-… pas question que je me passe de toi cette nuit ! En plus, Ig ronfle…

-Tu ronfles aussi de temps à autre, lui apprit-elle.

-… et puis c'est comme ça !

-Ah moins que tu fasses construire une chambre d'ici ce soir, nous ferons comme ça, choisit-elle.

-D'où…

-Tu m'as dit de faire ce qu'il me plaisait aujourd'hui. Moi, je me contente de t'obéir, lui rappela-t-elle en quittant la chambre. »

Il faudrait un jour qu'il fasse preuve d'un peu de cohérence.

.

.

.

(... J'ai coupé le chapitre du nouvel an en deux (c'est pas fait exprès que le chapitre 31 s'appelle le 31, ou peut-être un peu héhé, on s'amuse comme on peu), donc on aura la grand retour de Lucretia et Ignatius au prochain chapitre! Des bisous et à très vite !)