Ah la la... ces deux-là nous rendent gaga avec leurs montagnes russes des sentiments ! ^^
Chapitre 12 : Collide
Le Griffon l'avait mauvaise en quittant le navire, le ventre creux. C'est ce moment que choisit Violate pour lui décocher un sourire de guerre. Grossière erreur !...
Griffon ouvrit ses larges ailes et l'envoya, d'un souffle, percuter le haut mât du navire.
Elle en fut littéralement sonnée un instant.
"Puis-je savoir ce qui te fait sourire ?" feula Minos, sur un ton tout sauf enjoué.
Elle secoua la tête, se redressant en titubant - il y était allé très fort sur le coup porté !...
Lâchant ses fils, il enserra son cou pour faire grimper le corps entier le long dudit mât.
Elle tentait en vain de se donner de l'air, cherchant à détendre ces fils invisibles.
"Ta résistance est vaine." asséna Minos.
"Minos. Cesse." gronda la voix sévère d'Aiacos derrière lui.
"Laisse-moi lui faire ravaler son sourire, Cos !"
"Assez, j'ai dit." avec autorité. "Tu es sur mon navire. Violate est sous mon commandement."
Minos finit par relâcher sa proie, hautement contrarié. Cette dernière échoua au sol, serrant son cou meurtri en crachant.
"Je n'ai vraiment pas besoin que tu viennes mettre le bazar dans mes troupes."
"Elle..."
"Assez." s'approchant d'un pas. "Puisque tu es là, laisse-moi t'offrir l'hospitalité."
"Calmé ?" questionna Aiacos.
"Pas totalement." ayant encore envie de sentir sous ses doigts les craquement de la nuque de cette maudite Béhémoth !...
Aiacos choisit le détournement de sujet. "Kripal Kansakar."
"Par... don ?"
"Je ne t'ai jamais raconté son histoire, non ?..."
"Non."
Une fois sur sa couche, Aiacos bascula sur le dos, paupières aux longs cils fermées sur des souvenirs affluents.
"C'était un criminel. Un fameux criminel. Sa spécialité était le vol de chevaux et de bétail."
"Admirais-tu un tel homme, Aiacos ?..."
"Shhh, Minos. Je raconte." sans rouvrir les yeux. "Nos routes se sont effectivement croisées. Je l'ai surpris en train de voler deux des meilleurs étalons de mon père."
"Quel âge avais-tu ?..."
"Oh, une quinzaine d'années... et j'avoue avoir été immédiatement captivé par le personnage."
Minos se redressa sur un coude, attrapant un fruit d'une main. "Captivé ?... Ce n'était qu'un bandit !..."
"Tu ne peux imaginer son regard, Minos... un regard qui vous transperçait jusqu'à l'âme."
"J'entends. En étais-tu épris ?..."
"C'était une légende dans son genre ! Les anciens nous gavaient de ses exploits durant les veillées, nous appelant à le détester et à le dénoncer."
"Faire l'éloge de tels actes... Décidément, la nature humaine demeure impénitente." sur une moue dégoûtée.
"Je n'ai jamais vendu Kripal à mon père."
"Ce que je disais ; tu en étais épris."
"Durant des années, j'ai fermé les yeux sur ses rapines. A l'aube de mes dix-sept ans nous étions devenus... très proches. Et je dois avouer que cette relation interdite possédait un goût particulier."
Petit rire de Minos. "Un criminel..."
"Il avait vu tant du pays, Nos, alors que mon horizon se bornait à quelques escapades non loin du village !... Ses récits étaient à la fois plaisants et animés." se souvenant avec émotion.
"Reprenons : tu as cautionné ses actes et tu as eu, en prime, une relation que ta caste sanctionnait. Bravo, Aiacos, grand Juge du Garuda !..." railleur.
"... dit celui qui a fait lui-même justice à sa sœur !..."
"J'ai servi la justice, moi, justement." reniflant, indigné.
"Erreur : tu aurais dû laisser notre présent Maître et son Tribunal s'en charger."
"Ne parlions-nous pas d'un fils de chef, d'un prince, qui prenait plaisir à s'ébattre dans la fange avec un criminel notoire ?"
"Tu ne peux pas comprendre, Minos. Kripal détonnait par rapport aux bien-pensants de mon village. Il n'était que... sexualité débridée." sur un sourire particulièrement armé.
"Tss."
"J'aimais beaucoup notre vision du monde malgré nos rangs sociaux diamétralement opposés."
"Kripal Kansakar, dis-tu ? Que je note mentalement son nom lorsqu'il se présentera en mon Tribunal..."
Petit rire d'Aiacos.
"N'as-tu jamais eu envie de savoir ce qu'il est devenu ?... Si tant est qu'il soit encore vivant, évidemment."
"Il l'est."
Minos cligna des yeux.
"Tu l'as... retrouvé ?..." n'y croyant pas.
"Peu avant que je me porte à ta rencontre, Minos."
"Comm... comment a-t-il réagi ?..."
"Il s'est... incliné devant moi, me jurant de se repentir de ses actes."
"Le repentir d'un criminel n'est jamais fiable." trancha Minos. "As-tu l'intention de le revoir ? Voire même de... reprendre votre relation ?" inquiet dès qu'il s'agissait d'un potentiel rival, même venu d'un passé révolu et compromis.
Rire franc d'Aiacos. "Je préfère une relation durable avec quelqu'un qui m'arrive à la cheville plutôt qu'une prise de plaisir épisodique."
Minos émit derechef un petit ronronnement de contentement, persuadé que c'était bien de lui dont il s'agissait.
"Tu es follement amusant, Minos, lorsque tu te sens en danger." tenté de recommencer bien vite ce petit jeu, se penchant en avant, le fixant de ses pupilles hypnotiques.
"Cesse, Aiacos."
"Ou bien ?..."
Griffon sentit quelque chose de terriblement puissant le pousser en avant.
Sans le moindre préavis, il vint chevaucher Garuda, bassins en contact étroit.
Aiacos exulta un bref soupir, mains regagnant derechef les hanches étroites de Minos.
"Tu n'as rien à craindre, Minos. Ni de Violate, ni de Kansakar, ni de qui que ce soit d'autre." sur un sourire de lèvres pincées, sentant son sexe l'exprimer de manière bien plus éloquente.
"Promess." imposa Minos.
"I... promess." sur un geignement vibrant. "Et maintenant que... tu as pris l'ascendant... ?..."
Il était plaisant de lire un tel trouble dans les iris améthystes.
"Achève-nous, Minos." soufflé.
Comme un fou, Minos les défit tous deux, permettant un contact rapproché des hampes dressées, s'en emparant pour y faire courir un mouvement rythmé.
"Haaaaaaan... oh ouiiii... Minos..."
"Meilleur qu'avec... Kansa... kar ?..." sur une demande étranglée de plaisir.
"Incom... para... ble... oooooh..."
Hadès venait de rassembler ses troupes.
"Mettons un point d'honneur à présenter nos effectifs à Athéna elle-même." déclara le souverain.
Ce genre de manifestation de force enchantait Aiacos !... Un étalage comme il les affectionnait !...
Il souhaitait voir trembler !...
Rendez-vous était donc pris pour apparaître à la lune pleine, surplis revêtus, Hadès à la tête.
La perspective proche ravissait Garuda. Et son navire servirait de moyen de transport, honneur suprême !...
Ce soir, Garuda était d'humeur joueuse, faisant le beau devant Minos.
"Je note que ton humeur est fonction d'événements extérieurs, mon cher Garuda." s'amusait Minos.
"Cela pose-t'il un problème ?" se laissant vautrer sur la couche, dans un mouvement presqu'enfantin, gardant une jambe en l'air, faisant tournoyer son pied revêtu d'une sandale de cuir ouvragé.
"Quel enfant tu fais, Cos..." secouant la tête, indulgent.
"Tu n'as pas toujours dit ça." tournant sur le ventre, fixant Minos qui prenait place sur la banquette avec grâce. "Je me demande de quel adversaire je vais écoper... j'aurai tôt fait de le mettre en déroute !..." avec ce petit sourire de guerre.
Minos renifla. "Nous verrons cela." sur la réserve. "Tu m'avais conseillé la prudence, à l'époque, je te rappelle."
Aiacos fit la moue.
"Laisse-moi te retourner le conseil."
"Il en faut plus que la beauté d'un Saint pour me troubler." sur un acte de guerre.
Minos décida, pour la paix du ménage, de laisser filer, jurant secrètement revanche plus tard et de manière sournoise, si possible.
"Un coup de canon de mon navire suffirait à plonger le Sanctuaire dans le sang." sur un sourire sadique.
"Je préférerai, à dire vrai, t'entendre hurler sous mes coups de hanches." attrapant délicatement un fruit pour en croquer la chair juteuse et fine.
"Et tu... proférerais un terme grossier à chaque nouvelle poussée ?..." envisageant la proposition en y ajoutant un brin de piment.
"Si tu me le demandes."
"... en norvégien ?..."
"Selvfølgelig." (*)
Aiacos se redressa, appétit rivé aux reins.
"Ici ?..."
"Où tu veux mais vite." à la limite de se défaire de tout ce qu'il avait sur le dos.
"Puis-je terminer ce fruit ?..." amusé par la montée soudaine d'appétit de son amant.
Le pied d'Aiacos battait d'impatience et ce qui renflait son pantalon, sous le pan avant de sa tunique, devait être aussi pressant que la tension qui l'habitait !...
Minos, lui, tenait sa petite revanche. Il dégusta le fruit avec une lenteur délibérée, posant par moment un regard explicite sur son Rapace.
"Tu... as résolu de me faire m'impatienter, je note." grogna presque Aiacos.
"Tu sais ce que l'on dit, non ? Plus on réfrène un appétit, plus il croît. Les fautes présentent exactement les mêmes dispositions. Vois-tu, Cos, toutes ces âmes qui ont tenté, leur vie durant, sous une quelconque pression, qu'elle soit religieuse ou savante, volontaire ou contrainte, de lutter contre leurs passions, finissent toutes par commettre, un jour ou l'autre, un péché bien plus grand que celui qu'elles tentaient de réprimer."
"Je trouve que tu parles beaucoup trop, Griffon." exaspéré, peu habitué d'être ainsi contré dans ses désirs.
"Oh, souhaites-tu que je fasse appeler Rune pour te mettre en condition, mon cher Cos ?..." taquin à souhait.
"Je le déchirerai, Nos." prononcé de manière fort exquise.
"Il est vrai que tu ne te laisses point monter par n'importe qui." choisissant un second fruit.
Aiacos dut prendre sur lui pour ne pas le lui arracher des mains.
"Les angoustes sont particulièrement savoureuses en cette saison avancée."
"As-tu conscience que ce qui va s'abattre sur toi sera sans commune mesure avec les assauts fébriles de ton Procureur ?..."
Petit rire de Minos. "Il m'avait semblé que tu souhaitais que ce soit moi qui mène la joute, Aiacos. Joute agrémentée par ce que nous avons convenu." sur un regard particulièrement chaud.
"Les prépares-tu à l'avance ?..." évoquant le vocabulaire choisi.
"Inutile. Je me laisse guider par... l'inspiration du moment."
"Prends-tu plaisir à me voir ainsi piaffer d'impatience ?..."
"Excellent choix de vocabulaire !... Je dois avouer que tu fais cela très bien." sur un petit rire, terminant enfin ce maudit fruit !... Allait-il pousser l'audace à s'en servir un troisième ?... Aiacos se sentait capable de lui broyer la main s'il choisissait cette option.
Au lieu de cela, Minos se redressa sur sa couche. "Bien. Allons-y, mon cher Cos." se levant, s'approchant du bel Oiseau gonflé d'impatience, caressant son visage rosi d'un revers délicat des doigts. "Il m'en vient déjà certains rien qu'en te regardant." sur un sourire bien senti.
Aiacos se leva lentement, pressant le bassin de Minos contre le sien pour lui faire distinctement ressentir la raideur impétueuse de son sexe. Minos en geint, améthystes baignant soudain dans un flou magistral.
"Si j'en avais la force, je te ferai patienter à mon tour..." soupira Aiacos, incapable d'en supporter davantage, bassin au bord de l'implosion. "... à ma façon."
"Et... quelle serait-elle ?..." eut l'impudence de demander Minos.
"Je te basculerai en travers de mes cuisses pour te fesser comme il se doit."
"C'est toi, le gamin, je te rappelle." bouche proche de celle, aux lèvres pleines, du Népalais. "L'idée, cependant, m'est plus séduisante que rebutante."
"Fort bien. J'en prends bonne note, Griffon. A présent, ta chambre, je te prie."
Ils y pénétrèrent avec un tel fracas que les portes refusèrent de se fermer tant le coup de jambe était vif.
Aiacos mordillait et lapait le cou fin de Minos, le défaisant en haletant, tension animant ses reins de plus en plus tyrannique.
Se brûler contre la peau, glisser l'un sur l'autre à se la granuler de délice, laissant les jolies hampes s'ébattre férocement l'une contre l'autre.
Retourner Minos, d'un tour de main précis, sur le ventre, pour lui infliger une belle salve de tapes sur le postérieur, l'en faisant crier par sons coupés à chaque nouvel abaissement de main, le tout en guise d'entrée. La peau diaphane du Norvégien en vint à revêtir un superbe teint rosé.
Puis Aiacos vint poser des baisers pleins sur les rondeurs malmenées, tranchant de la main s'égarant dans la fente, faisant vibrer Minos d'appréciation.
L'attraper par devant, aller et venir sur le membre raidi jusqu'à faire spasmer les cuisses puis l'abandonner, se concentrer sur une autre partie sensible de son corps.
Minos récupéra l'onguent pour s'en enduire, sous le regard gourmand d'Aiacos qui s'occupait de lui. Échanger des regards complices avant l'acte suprême.
Se glisser, lentement, entre les chairs comprimées. Lentement jusqu'à en buter.
Y coulisser, tout aussi délicatement.
Commencer à fouiller dans son esprit pour y chercher les termes les plus crus et trash et s'employer à les proférer, avec une lenteur cruciale, à chaque poussée de hanches.
Aiacos se fichait royalement de la signification !... L'important était la façon dont Minos les prononce. Comme un bonbon acidulé qui brûle le palais. Certains mots étaient même simplement crachés !...
Lui, si distingué, et qui avait pour Étoile la Noblesse !...
A chaque terme outrancier, Aiacos répondait par un soupir ou un grognement.
Ainsi, ils se faisaient écho, entre les draps moites, corps recouverts de ce film délicieux, sexes n'en finissant pas de s'appeler.
Puis l'extase !... Ah, l'extase, dans le bain d'une dernière expression vulgaire criée aux cieux infernaux.
"L'heure est venue."
Les discours de Hadès étaient toujours très brefs. On fit embarquer le moindre Spectre à bord du navire d'Aiacos.
La galère souleva sa masse sans peine, fouets claquant en arrière fond, exigeant de la machinerie enchaînée un effort absolu.
Hadès se tenait à la proue, avec le Capitaine en chef.
"Je trouve l'idée fort mauvaise." amena Wyvern, à l'écart avec Minos.
"Pas suffisamment sûre, à ton goût ?..." questionna Griffon.
"J'ai envoyé quelques éclaireurs pour m'assurer du bon déroulement de l'opération."
Minos posa la main sur les écailles de Wyvern. "Précautionneux Rhadamanthys."
Le Sanctuaire était protégé par une barrière dressée par la déesse elle-même. Piètre rempart face à la colère sacrée d'un souverain de l'ombre !... Hadès la brisa d'un seul coup d'épée !...
Il se posa aux pieds de l'immense statue.
"Athéna. Vois mon armée." la désignant d'une main, parquée sur le pont du navire d'Aiacos. "Agenouille-toi devant ma puissance."
"Jamais je ne te céderai la Terre, Hadès." ferme et décidée.
"La Terre... n'est qu'un ramassis de larves rampantes. Rappelle-toi, Athéna, l'aisance avec laquelle je suis parvenu à faire entrer dans le crâne de tes sujets la volonté d'aller défendre, en pourfendant autrui, un tombeau vide, sur fond d'appel religieux. Combien de guerres assassines suis-je parvenu à déclencher en utilisant la stupidité et la vanité humaine ? Encore aujourd'hui, je manie l'art de la guerre bien mieux que le ferait Arès en personne !"
"Hadès..." regard ivre de colère. "Tu es odieux."
"Compliment qui me va droit au cœur."
"Tu as toujours tiré les ficelles dans l'ombre, Hadès. Et à présent tu ne t'en caches même plus." brandissant son sceptre puissant, geste qu'Hadès contra de son épée flamboyante de flammes sombres.
"Tu n'es pas de taille. Renonce, Athéna."
"Jamais."
"Je me contenterai de t'arracher la vie et de brandir ta tête devant les tiens. Puis j'investirai la Terre, la soumettant pour mieux la détruire."
"C'est ce que nous verrons, Hadès."
"La victoire sera mienne."
"Je te trouve pensif, mon cher Aiacos. Notre Maître n'aurait-il pas rempli sa part de marché ?"
"Il l'a parfaitement remplie, au contraire !"
"Alors que nous vaut cette mine ?"
Quelque chose, pourtant, chagrinait profondément Aiacos. Il devait faire en sorte d'empêcher le navire d'Athéna de prendre la voie des cieux qui était la sienne. Il y veillerait avec un soin jaloux !...
Terriblement indépendant, il résolut de se rendre une nouvelle fois dans l'espace himalayen, se servant de Violate comme d'éclaireur.
Les Saints préparaient bel et bien quelque chose.
Et Aiacos s'apprêtait à leur livrer bataille.
(*) "Bien sûr." en norvégien.
