Franky
Ça ne s'était pas passé comme prévu, mais ce n'était pas pire non plus.
Franky pensait qu'il était important de voir les choses du bon côté si on voulait avoir une chance de se sortir d'une situation compliquée. Mais fermement ligoté et abandonné dans un wagon rempli de prisonnier, après un passage à tabac de la part de quatre gars surentraînés le cyborg avait bien du mal à en trouver, des points positifs. A dire vrai, il n'en voyait qu'un seul : il était vivant. Il n'était là que depuis cinq minutes, mais il comprenait déjà pourquoi il y avait deux convois. Ils étaient tellement serrés que c'était étonnant que les membres du CP9 aient trouvé une place pour lui.
-Pourquoi êtes-vous là jeune homme, l'interroge un vieillard à côté de lui.
-Euh… Ils n'aiment pas vraiment les passagers clandestins…
Les autres passagers échangèrent des regards entre eux. Franky se sentait mal à l'aise, mais il ne voulait pas leur donner la véritable raison de sa présence ici. Comment expliquer à un groupe de personne en route vers l'enfer qu'il était là pour les sauver mais que désormais il était prisonnier avec eux. Ce ne serait que leur faire plus de mal. Malheureusement, il n'avait pas d'excuse à leur offrir qui justifiera qu'il soit monté clandestinement dans ce train.
-Il n'ont pas été tendre avec vous, souffle une femme.
-Ne vous inquiétez pas ! Ce n'est rien que je ne peux gérer.
Malgré ses mots, les autres passagers ne semblaient pas rassurés, ce qui était normal lorsque l'on connait ses ennemis. Franky aurait aimé pouvoir en battre ne serait-ce qu'un seul, mais ils s'étaient tous les quatre jetés sur lui sans qu'il n'ait la moindre chance de pouvoir riposter. Le chef du groupe, un certain Lucci, a déclaré qu'ils devaient le garder en vie, ce qui était une bonne chose pour lui.
Le train commença brusquement à ralentir, faisant perdre l'équilibre à quelques personnes. Franky comprit rapidement qu'ils étaient arrivés à leur destination, et il tenta de se redresser. Il n'était pas libre de ses mouvements, et pas assez stupide pour tenter quoi que ce soit à nouveau. Il n'y avait aucun échappatoire pour lui. Mais il avait pour mission de protéger ces personnes et il compte bien le faire dans la mesure du possible. Le train ralentit de plus en plus jusqu'à s'arrêter définitivement.
-J'ai peur, bredouille un enfant. Où est-ce qu'on est ?
-Je ne sais pas, murmure sa mère. Mais ça ira, d'accord.
-J'espère que nous resterons tous ensemble, déclare un homme.
Les autres acquiescèrent et la porte du wagon fut ouverte avec un claquement. Des dizaines de soldats entrèrent, s'approchant des prisonniers. Franky leur jeta un regard mauvais, mais se détendit lorsqu'il constata que tous ces villageois n'étaient pas violemment traités. Les soldats les maintenaient doucement mais fermement debout, les aidant à marcher vers la sortie dans le calme. Deux d'entre eux s'approchèrent de Franky et le mirent debout, permettant au cyborg de les voir plus clairement. Ils n'étaient pas différents des soldats qu'il a rencontré dans le train, hormis l'inscription « G-8 » sur leurs casquettes.
-Pourquoi sommes-nous obligés de faire ça, grogne l'un d'eux.
-Chut ! L'officier Drake pourrait t'entendre !
-Ces pauvres gens n'ont rien à faire ici !
-Tais-toi ! Tu veux être réprimandé !
Franky était assez surprit par cette conversation, bien qu'il fît semblant de n'avoir rien entendu. Il ne pensait pas que certains soldats de la Marine pouvait penser ainsi. Après réflexion, c'était stupide de croire qu'ils n'étaient tous que des enfoirés cruels et malhonnêtes. La plupart d'entre eux devaient sans doute agir à contre-cœur. Il se laissa emmener docilement, rejoignant les autres prisonniers à l'extérieur du wagon. Les soldats remplacèrent les chaînes qui le maintenaient immobiles par de simples menottes aux poignets. Les villageois furent dépouillés de leurs entraves aux chevilles. Franky aperçut la blonde du CP9 se diriger vers un homme haut-gradé qui regardait la scène silencieusement.
-Officier Drake, déclare-t-elle. C'est du harcèlement sexuel.
-Je ne vous ai même pas encore adressé la parole, répond Drake avec ennuie.
-Vos hommes traitent la situation avec trop peu de prudence.
-Ce ne sont que des citoyens mademoiselle Kalifa. Ils ne seraient pas capables de se servir d'une arme, même s'ils en avaient une.
-Vous leurs laissez trop de liberté et…
-Ce sont les ordres du vice-amiral Jonathan. Il est votre supérieur hiérarchique. Ne contestez pas sa décision.
Franky aurait pu rire s'il ne risquait pas de se faire mettre au tapis à nouveau par Kalifa. La blonde s'était sévèrement fait remettre à sa place et visiblement elle n'aimait pas cela. Néanmoins, en dehors de la partie drôle de cette conversation, Franky venait d'apprendre quelque chose de plus problématique. Il y a un vice-amiral qui dirige cette base. On n'obtient pas un tel titre facilement. Ce gars était peut-être dangereux, bien que sa façon de gérer les choses donne espoir qu'il soit un type respectable. Kalifa redressa ses lunettes sur son nez, ouvrant la bouche pour se plaindre, et peut-être même accusé l'officier Drake de harcèlement sexuel. Mais Kaku la rejoignit et, posant une main sur son épaule, parla à sa place. Il affichait un sourire sympathique, montrant à Drake qu'il n'était pas là pour se disputer.
-Nous laisserons le Vice-amiral Jonathan faire comme il l'entend.
-Je vous remercie de votre coopération.
Avec un signe de tête, l'officier Drake s'éloigna du duo, visiblement agacé. Ces gars du CP9, il ne les aimait pas. Il était au service du Vice-amiral Jonathan depuis peu, et il trouvait lui aussi ses méthodes trop laxistes, mais il avait appris à connaitre l'homme, et il avait comprit à quel point il se trompait. Le gouvernement était trop dur et finira par le regretter. Jonathan profitait de son titre pour protéger la population, et Drake l'admirait pour ça. Il avait une grande confiance en lui, car il n'était ni pour la violence du gouvernement, ni pour celle des Révolutionnaires. Il était pour le peuple.
-Nous sommes prêt, déclare un soldat.
-Ne traînons pas, ordonne Drake.
Il se positionna devant les prisonniers et parla d'une voix forte, pour que tous puissent l'entendre. Il leur expliqua qu'ils allaient les guider jusqu'à une cellule commune qu'ils partageront tous. Il leur promit un maigre repas à leur arrivée, puis leur ordonna de se presser. Il tourna les talons et mena la marche, invitant Lucci et ses compagnons à le suivre. Les soldats escortèrent les prisonniers en prenant soin de ne pas les pousser. Franky souriait en voyant la désapprobation sur le visage de Lucci, lorsque la voix d'un soldat le ramena à lui.
-Si vous êtes trop blessé pour avancer, merci de nous le signaler.
-Ça ira. Finissons-en au plus vite.
Après de longues minutes de marche, ils pénétrèrent dans l'enceinte de la prison. Franky fut impressionné par la taille du domaine. Il était déjà entré dans une base du gouvernement, mais celle-ci était encore plus grande. Surveiller un tel endroit ne devait pas être simple. C'était surprenant que les Révolutionnaires n'aient jamais entendu parler de cette prison auparavant. Il regarda les lettres du mot « Navarone » au-dessus des grandes portes avant d'être invité à l'intérieur. Ils arrivèrent aux cellules et entrèrent à l'intérieur de l'une d'elle les uns après les autres. Elle était suffisamment grande pour accueillir tout le monde. Drake ferma la porte, salua les membres du CP9 et s'éloigna.
-Le Vice-amiral Jonathan ne devrait pas tarder, lance-t-il.
-Quelle impolitesse, marmonne Blueno.
-J'ai l'impression qu'il ne nous apprécie pas, rit nerveusement Kaku.
-C'est du harcèlement sexuel, peste Kalifa en remontant ses lunettes.
Lucci ne dit rien, braquant son regard sur Franky. Le cyborg n'était pas le moins du monde gêné par cette soudaine attention, faisant mine de s'ennuyer. Il regarda autour de lui, notant qu'il n'y avait aucune fenêtre ou autre moyen de contact avec l'extérieur. Ses amis auront du mal à s'introduire ici, et encore plus à le retrouver. S'évader de cette prison risque de ne pas être simple.
-Tu penses déjà à t'évader Cutty Flamme, ricane Lucci.
-Moi c'est Franky.
-Peu importe. Ton nom ne m'intéresse pas. Tu n'as aucune chance de sortir d'ici.
-Luffy viendra nous chercher, j'en suis convaincu.
-Ça m'étonnerait sincèrement.
L'homme-léopard s'accroupit devant la cellule pour se mettre à la hauteur de Franky qui était assit en tailleur par terre. Le cyborg soutient facilement son regard. Il savait parfaitement à quel point Lucci était dangereux. Robin et Zoro l'ont prévenu, et voir l'état de Sanji après une confrontation du blond avec l'un d'eux l'a conforté dans cette idée. Mais ils avaient besoin de lui, alors il sait qu'ils ne le tueront pas. Il n'allait pas se gêner à leur opposer une résistance. Lucci ne paru pas impressionné par cet affront cependant.
-Nous sommes dans la prison de Navarone. En as-tu déjà entendu parler ?
-Non, jamais.
-C'est la prison la plus sécurisée de tout Grand Line juste après Impel Down. Personne ne peut s'échapper de cet endroit.
Franky cacha sa nervosité. Impel Down était la prison la plus grande, la plus cruelle et la mieux gardée de l'ensemble du royaume. Si Navarone est juste derrière, alors ça laissait en effet peu de chance de s'en échapper. Lucci ouvrit la bouche dans l'intention de le taquiner plus, mais une porte fut ouverte, l'arrêtant dans son élan. Il se redressa pour dévisager le nouveau venu avec désapprobation. Un homme de grande taille, avec des cheveux châtains presque roux et une moustache noire s'approcha. Il avait l'air plus sympa que les autres Vice-amiraux dont Franky avait déjà vu la photo.
-Messieurs du CP9, les salua-t-il.
-Vous auriez dû être là pour nous accueillir, déclare Blueno.
-J'ai une prison à diriger. Ça me demande beaucoup de temps.
Kalifa murmura que c'était du harcèlement sexuel, Kaku sourit en coin, Blueno fit claquer sa langue et Lucci leva les yeux au ciel. Aucun d'entre eux n'ignorait le temps que passe le Vice-amiral Jonathan à la pêche, ni les règles absurdes qui concernent les pauses déjeuner. Avoir une femme cuisinière n'est pas une excuse pour un tel comportement, mais ils ne feront aucune remarque pour cette fois.
-Nous n'avons pas le temps de nous attarder, déclare Lucci.
-Comme c'est regrettable, sourit Jonathan avec un faux air déçu.
-Les Révolutionnaires sont dans les environs. Nous allons devoir surveiller nous-même le deuxième convoi.
Jonathan hocha la tête, ses yeux se posant sur Franky. Il le détailla longuement, comme s'il essayait de lire en lui. Le cyborg fronça les sourcils mais ne dit rien. Finalement, Jonathan lui sourit et reporte son regard sur Lucci, comme si cet échange n'avait jamais eu lieu. Mais Franky avait la sensation d'avoir été lu comme un livre par le chef de cette prison. Ce n'était définitivement pas quelqu'un à sous-estimer.
-Nous partirons demain, reprend Lucci. Nous reviendrons d'ici une semaine.
-Prenez votre temps, nous ne sommes pas pressés. Après tout, c'est une prison.
-Nous nous occuperont nous-même des prisonniers, vous n'aurez qu'à les surveiller pendant notre absence.
-Entendu.
-Serez-vous capable de remplir correctement votre devoir ?
Lucci cherchait clairement à lui montrer qu'il ne lui faisait pas confiance. Mais il ne s'attendait pas à voir Jonathan lui servir une mou boudeuse, comme le ferait un enfant. Il prit un ton larmoyant, paraissant embêté par la remarque de Lucci, mais sur ce point il était très clair : il n'appréciait aucun d'entre eux et il n'aimait pas que l'on remettre en question son travail.
-Je suis Vice-amiral vous savez…
-Bien sûr, et je ne doute pas que vous…
-J'ai fais la guerre, et mené des batailles. Je dirige cet endroit depuis des années, sans incident. De plus, je suis plus âgé que vous.
-Je le sais et…
-Je suis le protégé de Akainu lui-même. Je suis persuadé de n'avoir aucune leçon à tirer de votre personne.
Puis, aussi rapidement qu'elle est arrivée, la moue de Jonathan fut remplacée par un sourire enjoué qui semblait être sa marque de fabrique. Lucci murmura un vague « faites comme vous voulez » puis partit, ses camarades sur les talons. Jonathan les regarda partir, avant de se tourner vers les prisonniers. Il arborait une expression rassurante, qu'aucun homme dirigeant une prison n'avait habituellement. Cet homme semblait briser tous les stéréotypes.
-J'ai bien l'intention de faire mon travail correctement, déclare-t-il. Et le travail d'un Marine est de protéger la population.
Sur ces quelques mots il partit, non sans oublier de préciser que de la nourriture leur sera bientôt fournie. Les prisonniers se regardèrent entre eux, ne sachant pas trop quoi penser de tout cela. Franky les regarda tous un à un, puis se retourna tant bien que mal pour leur faire face. Il devait les rassurer du mieux qu'il le pouvait.
-Vous n'avez pas à vous inquiéter. Il ne vous arrivera rien. Cet homme est quelqu'un de bien.
-Mais les autres reviendront dans une semaine, souffle quelqu'un.
-Je sais. Mais je vais vous faire une promesse !
Un sourire narquois s'étira sur ses lèvres alors qu'il murmurait, comme un s'il leur disait un secret.
-Quand ils reviendront, vous ne serez plus là.
Zoro
Ils avaient décidé d'un commun accord d'installer un petit campement pour la nuit. Ils ne pouvaient plus rien faire pour ce soir. Pas tant que ces gars du CP9 seront encore là. S'ils veulent libérer Franky et les autres prisonniers, ils devront attendre le lendemain. Ils ont donc rapidement installé quelques tentes, plaçant Sanji et Sogeking dans l'une d'elle afin qu'ils se reposent. Chopper et Law avaient terminé les soins et avaient décréter que les deux blessés devaient rester au calme. Ils s'étaient réveillés entre temps et seul Luffy fut autorisé à aller les voir pour s'assurer de leur état. Il est ressorti avec grand sourire, ce qui signifiait deux choses : Sanji et Sogeking allaient bien, et il n'avait pas reconnu Usopp. Mais personne ne fit de remarque sur la deuxième.
-Je suis content d'avoir pu rencontrer un super-héros pour de vrai, s'exclame Luffy.
-Existe-t-il quelque chose en ce monde qui ne te rende pas heureux, soupire Law.
Ace avait juste éclaté de rire après ce commentaire, alors que Luffy souriait au chirurgien. Ils s'étaient tous installés autour d'un feu de camp, terminant le dîner préparé par Nami et qui leur avait à tous coûté 1 000 berries. Ils avaient voulu crier au scandale, mais leurs estomacs étaient plus bruyants et ils avaient tout simplement cédés. Seul les blessés avaient eu droit à un repas gratuit, le rousse étant bien trop inquiète pour penser à leur faire payer. Zoro avait terminé sa part depuis un moment, et il profita que personne ne le regardait (en particulier les deux médecins), pour se diriger vers la tente de Sanji et Sogeking.
Sanji et lui devaient avoir une petite conversation.
Les deux blessés avaient fini de manger, laissant les assiettes vides empilées dans un coin. Ils semblaient en grande discussion sur un sujet banal lorsque Zoro est entré. Ils ont immédiatement tourné la tête vers lui en l'entendant. Sanji fronça les sourcils, mais ne dit rien. Il s'attendait à devoir parler avec le sabreur, mais pas tout de suite. Sogeking devient nerveux, conscient de la colère qui bouillonnait à l'intérieur de Zoro. Il se tourna vers Sanji, se grattant l'arrière de la tête d'un air gêné.
-On va devoir reporter notre discussion…
-Apparemment.
-J'ai un truc important à dire à Luffy ! Je vous laisse !
Il se leva de l'amas de couverture sur lequel il était installé, se précipitant dehors plus vite que son état ne le lui permettait normalement. Ils ne tardèrent pas à entendre des cris de protestations venant de Chopper. Le petit renne avait pourtant interdit aux deux blessés de se lever. Luffy prit la défense du super héros, déclarant qu'il allait bien et qu'il pouvait profiter de la fête avec tout le monde.
-On ne fait pas la fête, peste Nami.
-De toute façon, l'ignore Luffy en prenant un morceau de viande, Zoro doit parler avec Sanji.
-Comme si Sanji avait besoin de s'engueuler avec lui en ce moment, soupire Law.
-On ne les changera pas, sourit Robin. Mais s'il a l'accord du capitaine.
Ce dernier hocha vivement la tête, souriant de toutes ses dents. Il avait confiance en Zoro. Son ami sera plus que capable de se contrôler en présence d'un blessé. De toute façon, Sanji avait sûrement conscience de ne pas être en état de tenir tête à Zoro. Ils n'auront pas d'autres choix que d'avoir une conversation civilisée. Si toutefois ça venait à dégénérer, Luffy sera le premier à aller les séparer. Mais il ne pouvait pas les empêcher de parler tous les deux. Ils ont une mission à faire, et ils n'y arriveront pas s'il y a des tensions dans le groupe.
A l'intérieur de la tente, un silence pesant avait pris place malgré le départ imminent de Sogeking. Ni l'un ni l'autre n'avait commencé la conversation. Ils se contentaient juste de se fixer d'un regard mauvais. Zoro essayait de maitriser sa colère, mais chacune des contusions sur le visage du blond réduisait ses efforts à néant. Sanji avait de plus en plus de mal à supporter ce regard de haine qu'avait le sabreur. Il se sentait coupable, mais jamais il ne le reconnaitra devant lui. Il préféra tourner la tête sur le côté, ignorant Zoro.
-Si tu n'as rien à me dire, j'aimerais me reposer.
-Tu as quelque chose à me dire.
-Ah vraiment ?
Zoro se laissa tomber par terre à côté de Sanji, pliant une jambe et posant son bras sur son genou. Il ne quittait pas le blond des yeux, semblant réellement attendre quelque chose de lui. Mais Sanji refusait toujours de le regarder. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il se retrouvait blessé devant le sabreur. Il était dans un bien pire état à Alabasta, lorsqu'il a traîné son corps fatigué jusqu'à celui de Zoro pour finalement s'endormir contre lui. Pourquoi était-il gêné par ce regard sur son corps dans ce cas ?
-Sourcils en vrille.
-Quoi, répondit-il sèchement.
-Tu me dois des excuses.
La tête du cuisinier tourna si rapidement que Zoro hésita à aller chercher Chopper. Mais pas une grimace de douleur n'apparut sur le visage de Sanji, qui se contenta de fixer son interlocuteur avec choc. Des excuses ?! Vraiment ?! Comment pouvait-il venir ici et lui dire ça ?! Est-ce possible d'avoir un tel culot ?!
-Es-tu sérieux ?!
-Oui. Je veux des excuses.
-Et pourquoi devrais-je m'excuser ?!
Le regard de Zoro se durcit, il fronça les sourcils, serra les poings et il dévisagea Sanji avec une colère pure. Il y avait tellement de raisons pour lesquelles il devait s'excuser, et Zoro voulait absolument les obtenir. Il n'était pas si obstiné d'habitude, mais il voulait une preuve que le cuisinier regrettait vraiment son geste. Il voulait être sûr que Sanji avait conscience d'avoir prit de gros risques, de s'être mit stupidement en danger et d'avoir mis aussi Franky et Sogeking en danger. Il aurait pu mourir !
-Je veux savoir que tu es désolé de ce que tu as fait.
-Eh bien je ne le suis pas.
-Je t'avais mis en garde ! Tu… Non, vous n'auriez pas été blessés si tu m'avais écouté !
Il avait bien insisté sur le « vous ». Sanji devait comprendre que son acte irréfléchi avait eu des conséquences sur d'autres personnes que lui. Il s'était montré égoïste et la situation aurait été bien différente s'il avait écouté Zoro et avait fait attention. S'ils les avaient attendu, au lieu de montrer leur présence à tous ces stupides soldats dans les derniers wagons, alors le CP9 ne se serait pas interposé et ils n'auraient pas eu à les affronter.
-Dis-moi que tu as conscience de ça, ordonne Zoro.
Sanji ne le laissait pas paraître, mais les mots du sabreur lui faisaient mal au fond. Il avait conscience de s'être précipité, d'avoir fait exactement ce qu'il ne fallait pas. Il avait sous-estimé son ennemi, et les conséquences étaient plus terrible pour ses compagnons que pour lui. Sogeking était blessé et Franky a été fait prisonnier. Que Zoro lui balance ses erreurs en pleine figure n'arrangeait pas son état. S'il l'avait écouté, rien de tout ça ne serait arrivé, et il le savait parfaitement.
-Oui, souffle-t-il. J'en ai conscience.
-Bien.
-Mais je ne m'excuserai pas.
Zoro écarquilla les yeux de surprise, fixant Sanji avec stupeur. Puis, il sembla explosé de colère. Il ne comprenait pas l'obstination du blond. Ils avaient pourtant parlé à de nombreuses reprises. Il l'avait mis en garde après les évènements d'Alabasta. Il lui avait dit qu'ils allaient affronter des ennemis beaucoup plus puissants. Il lui avait fait comprendre qu'ils devaient être prudents, mais si Sanji s'était montré d'accord avec lui ce jour-là, il venait clairement de changer d'avis. Sans réfléchir, Zoro tendit le bras pour empoigner le blond par le col, le rapprochant de lui. Sanji grimaça au réveil d'une blessure, mais soutient le regard de l'épéiste.
-Pourquoi dois-tu toujours être comme ça, peste Zoro.
-Comme quoi ?
-Tu te la joue perso ! A Alabasta tu t'es occupé d'un gars tout seul alors que Franky devait t'aider ! Et là tu recommences !
-Je n'ai pas…
-Pourquoi tu t'obstine à vouloir tout affronter seul ?! Tu veux crever ou quoi ?!
Sanji saisit le poignet de Zoro a deux mains, essayant de reculer de sa prise ferma. Mais le sabreur ne comptait pas lâcher l'affaire si facilement. Il voulait comprendre. Il voulait savoir ce que pense Sanji. Pourquoi il se jette dans le danger sans réfléchir ? Pourquoi il ne pense jamais à la douleur qu'il aura à supporter ? Pourquoi il tient à faire face aux ennemis seul ? Pourquoi doit-il agir aussi stupidement à chaque fois ?! Sanji s'efforça de se libérer de la poigne de Zoro.
-Je ne cherche pas à mourir, cri-t-il.
-Alors pourquoi tu fais ça ?!
-Je n'avais pas le choix ! Ce type était là, devant nous ! Je ne l'ai pas provoqué ! Je ne voulais pas qu'il s'attaque à Franky et Sogeking !
Zoro serra les dents, repoussant Sanji. Le blond s'étala sur les couvertures, la respiration haletante. Il se redressa, une main autour de son cou. Il essayait de calmer sa respiration, ne quittant pas Zoro des yeux. Ils semblaient sur le point de s'entre-tuer tant la colère et le ressentiment était lisible dans leurs regards. Sanji s'assit tant bien que mal, reculant plus loin au cas où Zoro chercherait à l'empoigner à nouveau, afin de le voir venir et de pouvoir l'éviter.
-Je ne l'ai pas provoqué, répète-t-il plus calmement.
-Ça ne change rien ! Tu l'as affronté seul ! Vous auriez dû vous y mettre tous les trois !
-Nous n'avions pas le temps…
-Je t'avais prévenu qu'ils étaient dangereux ! Tu aurais dû m'écouter et peut-être que tu aurais eu le temps !
Sanji sentait l'agacement revenir au fur et à mesure des paroles de Zoro. L'agacement et la douleur. A nouveau le sabreur lui disait qu'il n'avait pas confiance en lui. Il le prenait pour quelqu'un de faible. Il ne le pensait pas capable de se battre contre un ennemi. Même s'il est vrai que ce Kaku était plus fort que lui, Sanji aurait voulu que Zoro croit en lui. Il avait perdu, et cette défaite était encore plus difficile à accepter à cause de ce rejet. Tous le long du combat, Sanji n'avait pensé qu'à Zoro et à ce qu'il lui avait dit. Et maintenant le sabreur l'avait dit à nouveau. Avait-il si peu de valeur à ses yeux ? Vexé et blessé, Sanji répliqua avec colère.
-Pourquoi tu as si peur d'eux ?! Pourquoi tu me fais autant de reproche ?! Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?!
Zoro resta silencieux, prenant en compte la question et la répétant en boucle dans sa tête. « Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? ». Quelque chose d'horrible. Il porta son attention sur le sol, se sentant soudain coupé du monde. Il n'entendait plus les bavardages incessant de leur capitaine. Il n'entendait plus la respiration de Sanji. Il n'entendait plus le vent. Il entendait les tirs, les cris, les flammes. Il voyait le sang, le feu, les corps. Il voyait une petite fille inerte au pied des escaliers. Il voyait un faible vieil homme entre les griffes d'un immense léopard humanoïde. Et il sentait la peur.
Sanji sentit un souffle glacé parcourir son corps. Après quelques secondes sans réagir à sa question, Zoro s'était soudainement déconnecté de la réalité. Il regardait dans le vide, les poings crispés, la peau pâle et de la sueur coulant de son front. La question du blond l'avait plongé dans une sorte de transe puissante. Sanji ne sait pas ce qu'il voit, mais il s'agissait probablement de vieux souvenirs traumatisant. Il reconnaissait ce regard mélange de désespoir, de peine et de rage. Il l'avait déjà vu, ce soir-là où Zoro lui a parlé de Kuina.
-Zoro…
-Quand Robin a parlé d'eux… Je les ai reconnus. Je connais ces gars du CP9 qui vous ont attaqué.
-C… Comment ? Que t'ont-ils fait ?
Zoro leva la tête pour regarder Sanji dans les yeux.
-Mon village… Ils ont détruit mon village et tués ceux que j'aimais. Parce qu'ils voulaient m'emmener.
A ce moment-là, Sanji avait l'impression de voir un enfant. Zoro n'était plus le fier guerrier, puissant et déterminé, qu'il voyait jusqu'à présent. Il n'était plus cet homme victorieux couvert de sang qu'il a vu venir vers lui à Alabasta. Il n'était qu'un petit garçon effrayé. Un jeune enfant qui a vu ses proches lui être enlevés, qui a vu des gens mourir et un village en flamme. Il a vu un petit terrorisé par l'inconnu, en proie au désespoir, et qui ne comprenait pas pourquoi on voulait l'emmener. Cette vision lui fit mal au cœur. Peu importe combien une personne est puissante, il restera toujours caché au fond d'elle un enfant honnête qui reflètera ses véritables sentiments.
Sanji avait lui-aussi cet enfant au fond de lui, qui criait à Zoro qu'il avait peur tout comme lui.
Ils restèrent dans le silence, se regardant sans parvenir à dire quoi que ce soit. Mais c'est comme s'ils se comprenaient mieux ainsi, sans prononcer un mot. Sanji rapprocha sa main de celle de Zoro, mais s'arrêta en chemin, hésitant. Il alterna entre la main du sabreur et ses yeux, avant de se mordre la lèvre inférieur nerveusement. Finalement, il renonça et commença à rétracter sa main. Mais celle de Zoro vient lui saisir le poignet furtivement, le ramenant doucement vers lui.
-Zoro…
-Juste pour cette fois.
Sanji acquiesça et resta immobile. Sans s'en rendre compte, ils se rapprochèrent l'un de l'autre jusqu'à presque se blottir ensemble. Zoro avait maintenant le blond entre ses jambes, plaqué contre son torse, et il lui tenait toujours la main. Sanji était enroulé dans une couverture, son autre main posée sur le genou du sabreur. Sa tête était appuyée sur son épaule et quand il parlait, ce n'était qu'un murmure.
-Je suis… Vraiment désolé pour ce qui est arrivé à ton village…
Zoro ne répondit pas, cachant son visage dans les mèches blondes de Sanji.
-Je veux te dire que je ne mourrai pas Zoro. J'ai encore des choses à accomplir.
Ce n'étaient pas exactement les excuses que Zoro attendait, mais ça lui suffisait.
Law
Après avoir entendu Zoro et Sanji se crier dessus pendant de longues minutes, il y eu soudain un grand silence. Ils avaient tous regardé l'entrée de la tente avec appréhension. Honnêtement, ils s'attendaient tous à ce que la dispute reparte de plus belle. Mais le temps passa lentement sans qu'ils n'entendent rien. Ils se regardèrent entre eux, se rejetant entre eux la tâche délicate d'aller vérifier qu'ils ne se sont pas entretués. Luffy, lui continuait à manger comme si de rien n'était.
-Je suis sûr qu'ils vont bien, affirma-t-il entre deux bouchées.
-Je serais plus sereine si on s'en assurait, insiste Nami.
-Alors vas-y, grogne Sogeking.
-Pas question ! Imagine que je reçoive un coup par erreur ?!
« Tu les tueras toi-même » pense Law. De toute façon, ce n'est pas comme si Sanji allait laisser quoi que ce soit arriver à sa chère Nami. Elle et Robin sont les moins susceptibles de se prendre un coup si elles vont vérifier. Finalement, Ace déclara qu'il allait y aller, s'approchant silencieusement de la tente. L'homme de feu n'avait pas peur des coups, mais plutôt d'interrompre des activités intimes qu'il ne devrait pas voir. Il passa sa tête à l'intérieur, puis revient rapidement près des autres avec les joues rouges.
-Alors, demande Brook. Ils sont morts ?
-Non… Ils sont… Étonnement proche…
Il reçu des regards confus, mais il déclara qu'il ne pouvait pas leur fournir plus d'explications et se mit à manger comme son jeune frère. De toute évidence, il comptait éviter le sujet. Law n'était pas d'un naturel curieux, mais il n'aimait pas ne pas obtenir de réponse à ses questions. Alors il alla jeter un coup d'œil lui aussi. La première chose qu'il pensa en regardant le duo, c'est qu'Ace était assez prude finalement. Il revient s'installer avec les autres.
-Ils sont enlacés, déclare-t-il.
-Ils sont quoi, s'exclame Nami.
-Ne le dit pas si simplement, gémit Ace.
-Ce n'est pas comme s'ils s'embrassaient ou quelque chose comme ça…
Sanji était juste dans les bras de Zoro. Ils étaient visiblement en train de se réconforter l'un l'autre. Il n'y avait pas de quoi en faire toute une histoire. Luffy bondit sur ses pieds, courant vers la tente en criant quelque chose qui ressemblait à « vous vous embrassez ». Difficile à dire parce qu'il avait encore la bouche pleine. Il revient avec une bosse sur la tête et un air déçu, déclarant que non, ils ne s'embrassaient pas. Zoro et Sanji le suivirent, et vu le regard du blond, c'est lui qui a frappé. Zoro fixait juste sa main comme s'il la voyait pour la première fois.
-Vous vous êtes réconciliés, sourit Robin.
-On peut dire ça, soupire Sanji.
Chopper s'empressa de lui poser mille et une questions pour être sûr que le blond ne se sentait pas mal. Sanji répondit à chacune d'entre elles, affirmant qu'il allait bien et qu'il s'était suffisamment reposé. Zoro déclara qu'il sera là pour le rattraper s'il s'évanouit et il se fit écraser le pied. Il retient avec peine un hurlement de douleur et fusilla le cuisinier du regard, lequel s'appliqua à l'ignorer. En conclusion, tout est redevenu normal.
-On va pouvoir décider de ce que l'on doit faire, intervient Law.
-On doit libérer les prisonniers, déclare Luffy. Et Franky aussi !
-Je sais. Mais comment on va s'y prendre ?
Ils avaient appelé Dragon, lequel leur a donné quelques informations sur Navarone. Apparemment, il s'agissait d'une prison de haute sécurité, la deuxième plus grande juste après Impel Down. Comme si ça ne suffisait pas, c'est un Vice-Amiral en personne qui est chargé de diriger cette prison. Un certain Jonathan. L'un des seuls Vice-Amiraux sur lequel les Révolutionnaires ne possèdent aucune information. Ils ne l'ont jamais affronté avant et n'ont aucune idée de ses capacités. Ils ont seulement entendu les rumeurs, décrivant cet homme comme un excellent stratège.
-Si on veut sauver Franky on doit pénétrer dans la base, déclare Zoro.
-On ne peut pas juste l'affronter, proteste Sogeking.
-On va devoir se déguiser, souffle Nami.
-Mais on ne sait pas où Franky est les autres sont retenus, s'exclame Chopper.
-Il nous faudrait un plan du bâtiment, affirme Brook.
Ils ne pouvaient pas y aller tous ensemble, sinon ils se feront repérer tout de suite. Mais ils ne pouvaient pas prendre le risque de se déplacer seuls. De plus, Sogeking n'était pas prévu au départ, et Sanji avait détruit son oreillette. S'ils voulaient communiquer entre eux, ces deux-là devaient être avec une deuxième personne. Il fut donc décider qu'ils se déplaceraient toujours par deux. Robin proposa alors un plan.
-Nami et moi pouvons entrer les premières.
-On se déguise comme pour notre première mission, acquiesce la rousse.
-On trouve un plan de la prison et on vous rejoint pour décider de comment procéder.
-On va devoir vous attendre sans rien faire, boude Luffy.
-C'est mieux comme ça, soupire Sanji. Foncer dans le tas n'est pas une bonne idée cette fois.
Le petit capitaine ne protesta pas, mais il affichait clairement son mécontentement. Il avait déjà été écarté de la mission dans le train, et ils voulaient encore le faire attendre pour aller sauver Franky et les autres prisonniers. Il voulait de l'action ! Il voulait des combats ! Il voulait même se battre contre ce Vice-Amiral dont ils parlaient tout à l'heure. Pourquoi personne ne veut le laisser faire ? Il était pourtant sûr d'en être capable ! Il a survécu aux entraînements de son grand-père après tout ! Ace enroula un bras autour de ses épaules, l'attirant contre lui avec un rire moqueur.
-Ne fait pas cette tête Luffy !
-Mais je ne veux pas attendre, proteste le plus jeune.
-Il y aura de l'action, je te le promets ! Tu auras juste à être patient.
Luffy acquiesça, sa bonne humeur retrouvée. Si Ace lui a promis… Il avait hâte de pouvoir s'amuser un peu. Cette mission était beaucoup trop triste jusqu'à présent. Satisfait de ne plus voir cette mine boudeuse sur le visage de son frère, Ace retira son bras et reporta son attention sur les autres. Il avait beau être plus mature et plus sérieux que Luffy, lui aussi avait besoin d'action. Après la situation stressante qu'ils ont vécu ce soir, il devait se défouler sur quelque chose. Il espérait pouvoir botter les culs de quelques gardiens de prison.
-Maintenant, intervient Law, parlons du deuxième convoi.
-C'est ce dont Franky nous parlait dans le train, dit Brook.
-Sogeking, dit-nous en plus.
Le super-héros acquiesça et commença à raconter. Avec le cyborg ils ont trouvé des documents rapportant tous les voyages prévus pour le train. Apparemment, un deuxième voyage entre le village et la prison de Navarone était prévu. Même s'ils étaient parvenus à libérer les prisonniers ce soir, les autres villageois auraient été emmené peu de temps après. D'après les dates, le train transportera les soldats de la marine le lendemain pour rejoindre le village, et ne reviendra que dans une semaine.
-Vous pensez que les membres du CP9 seront à bord, demande Nami.
-Ils savent que nous sommes là, déclare Robin. Ils ne prendront aucun risque à laisser le deuxième convoi sans surveillance.
-Ils seront dans le train, c'est une certitude, murmure Sanji.
Lorsqu'ils ont expliqué la situation à Dragon, l'homme leur a donné l'ordre de s'occuper de ce deuxième convoi. Il leur assura qu'il allait mettre Ivankov au courant, et qu'il avait un plan de son côté. Ils devaient donc trouver un plan pour gérer cette « mission secondaire ». Ils devaient également prendre en compte la présence de quatre agents du CP9 dans ce train. Quoi qu'ils décident de faire, il fallait être minutieux dans la préparation. La moindre erreur face à eux pourrait avoir des conséquences irréversibles.
-Peut-être que l'on devrait attendre qu'ils reviennent avec le deuxième convoi, propose Nami. On libèrera tout le monde d'un coup en s'infiltrant dans la base !
Elle n'était pas stupide. S'ils parviennent à s'infiltrer une fois, ils ne pourront jamais le faire une deuxième fois. Ce n'est pas une simple base militaire, mais une prison de haute sécurité. S'ils libèrent maintenant les prisonniers, ils n'ont aucune chance de pouvoir le refaire avec le reste des villageois. Mais s'ils parviennent à tous les faire sortir d'un coup, alors il y a peut-être moyen qu'ils réussissent cette mission. En théorie, ce plan était bon, mais il y avait un autre facteur à prendre en compte.
-Si on fait ça, déclare Robin, alors on laisse Franky entre leurs mains pendant une semaine entière.
-Ils pourraient même l'emmener ailleurs pendant ce temps, renchérit Brook.
-De plus, ils reviendront avec plus de prisonniers et plus de renforts, ajoute Ace.
Ils ont forcément dû laisser des soldats au village pour que personne ne s'échapper. Une fois le reste des habitants chargés dans le train, tous ces hommes viendront également. Il n'y aura que plus d'adversaire à affronter, sans compter que les quatre membres du CP9 seront dans la prison également. Et s'ils décident d'emmener Franky à la capitale, ils n'ont aucun espoir de pouvoir le sauver. Ils ne seront pas capables d'aller le chercher là-bas.
-On retourne au village et on les attend là-bas, propose Brook.
-Ça nous ferait engager le combat contre les membres du CP9, rappelle Law.
Ils ne connaissent pas la force des quatre. Ils ne peuvent que deviner celles de Kaku et Lucci grâce aux explications de Sanji et Robin. Les attendre au village nécessite de devoir se séparer, car ils ne pourront pas gérer la prison et le deuxième convoi simultanément. Ils devaient faire les deux en même temps. Dans ce cas, qui envoyer contre le CP9 et qui envoyer contre le Vice-Amiral. S'ils choisissent mal, certains d'entre eux pourraient mourir.
-Il faut que l'on détruise le train avant qu'il arrive au village, lâche Zoro.
-Il n'y aura plus de prisonnier à l'intérieur, affirme Chopper. C'est le seul moment où l'on peut le faire.
-Si on détruit le train avant qu'ils ne montent dedans, alors ça nous laisse le temps de les faire s'évader.
-Et on évite un affrontement direct avec le CP9.
Ils se regardèrent entre eux, validant le plan. Ils détruisent le train et libèrent les prisonniers du premier convoi. Ensuite, ils n'auront plus qu'à s'occuper de ceux qui sont resté au village. C'était la solution la moins risquée. Maintenant, ils devaient juste décider de qui s'occupera du train, et qui s'occupera de la prison. Law se tourna vers Luffy.
-Si tu es d'accord, je peux m'occuper du train.
-Fais comme tu veux, hausse les épaules le brun.
-Tu y va seul, demande Sanji.
-On n'a plus besoin de se retenir maintenant. Nous n'avons pas besoin d'être nombreux. Il vaut mieux concentrer notre force sur la prison.
Tous acquiescèrent et Robin se proposa de faire un rapport à Dragon pour leur plan. Elle prit un den-den-mushi et s'éloigna. Les autres décidèrent d'aller se coucher pour prendre des forces. Le lendemain, ils allaient avoir besoin d'être au maximum de leurs capacités. Ils disparurent dans les tentes, laissant Luffy et Ace dehors. Le plus jeune fixait distraitement les rails du train, sous la surveillance de son frère.
-Tu es inquiet, demande ce dernier.
-Non, répond nonchalamment Luffy.
-Ça m'aurait étonné… Qu'est-ce qui te tracasse ?
-Je ne pourrai pas botter le cul de celui qui a fait du mal à Sanji.
Ace éclata de rire à la réponse. Son petit frère était juste agacé de ne pas pouvoir venger son ami. Il lui assura qu'il aura d'autres occasions de faire ça. Après tout, ils sont encore loin d'avoir terminé cette guerre et il y a de fortes chances qu'ils soient confrontés au CP9 à nouveau à l'avenir. Il espérait juste qu'ils seront mieux préparés qu'aujourd'hui. Luffy fini par détourner le regard des rails et se tourna vers son frère.
-Tu voulais quelque chose ?
-Ouais. Je pensais accompagner Law. Je serai plus utile là-bas.
Il était plutôt doué pour détruire des choses avec ses flammes. Il ne voulait pas laisser Law seul, et il est persuadé que le médecin ne verra aucun inconvénient à ce qu'il vienne avec lui. Luffy et les autres seront plus que capable de gérer seuls l'infiltration à Navarone. Ils n'auront qu'à se retrouver tous ensemble plus tard pour s'enfuir. Luffy le regarda silencieusement pendant quelques secondes, puis hocha la tête en souriant joyeusement.
-D'accord. Tu iras avec Traffy !
-Merci Luffy.
Kid
L'ennui est un concept que Kid aurait souhaité ne jamais connaître.
Il n'était toujours pas autorisé à retourner en mission. Dragon lui avait donné quelques petites choses à régler qui ne demandait pas sa présence concrète. Il avait envoyé ses hommes s'en occuper, et techniquement il supervisait. Mais il faut dire les choses comme elles sont : il se fait profondément chier. Il n'a rien à faire en réalité. C'est une base militaire ici, pas un club vacance. Il n'y a aucune occupation quand tu es seul et que tu n'as aucune activité qui peut te maintenir occupé. Si au moins il pouvait s'entraîner.
Va te faire foutre Killer, avec ta paranoïa et ton air menaçant tellement convainquant.
Dans un vain espoir de se calmer, Kid s'installa dans la petite cour extérieur, sur un banc. Il se refusait d'appeler cela le « jardin » comme les autres le font, parce qu'un jardin ne peut pas contenir autant de plantes desséchées. Killer disait que la nature avait un effet apaisant sur les esprits. Regarder la végétation, sentir le souffle du vent, entendre le chant des oiseaux tout cela aurait un côté rassurant et réconfortant. En fait, il avait raison. C'est vrai, en regardant les arbres morts, Kid se disait « moi, au moins, je suis vivant ».
-Je t'ai rarement vu plongé dans un tel état de réflexion.
-Je m'ennuie.
-Est-ce qu'une certaine personne te manque ?
-Tu n'es pas le mieux placé pour dire ça Marco.
Le blond sourit, amusé. « Touché » dit-il en riant, avant de se laisser tomber sur le banc à côté de Kid. Ils restèrent dans un silence confortable. C'était un moment calme, bien trop rare avec la vie qu'ils mènent. Ils sont sans arrêt en mouvement, enchaînant les missions en essayant de ne pas mourir. Ils s'autorisaient rarement des pauses. Tous les deux, ils étaient plutôt du genre à ne s'arrêter que si un médecin ne le leur ordonne. Ou Killer dans le cas du roux.
-Je t'avoue que je ne pensais pas te trouver ici, dit Marco.
-Je voulais un coin tranquille sans que quelqu'un ne vienne me traîner au lit pour me reposer.
-Qu'est-ce qui te dit que je ne suis pas là pour ça ?
-Je serais déjà dans un lit de l'infirmerie, fermement attaché avec des sangles, si c'était le cas.
-Tu n'as pas tort.
Il ne disait pas ça parce que c'est déjà arrivé, même si c'est déjà arrivé une fois. C'était il y a longtemps, mais si on lui demandait, Kid dirait que leur amitié à commencé à peu près à ce moment-là. Il ne put s'empêcher de sourire à ce souvenir. Marco lui jeta un regard entendu, sûrement parce qu'il pensait à la même chose que lui.
-Tu vas rester coincé ici longtemps, finit par demander le blond.
-Je ne sais pas encore. Quand Law reviendra, il me le dira.
-Tu attend son autorisation ? C'est surprenant de ta part.
Kid haussa les épaules. Marco n'était pas le premier à lui faire une remarque à ce sujet. Ses amis n'ont pas arrêté de se moquer de lui, disant qu'il s'était assagit pour le brun, et qu'il ne voyait que par lui. Ils ont été obligés de faire une pause dans les railleries lorsqu'il est parti à Alabasta, mais comme il y est allé parce qu'il était inquiet pour Law, ça n'a pas arrangé le problème. Chaque fois qu'il était seul avec le brun, il avait l'impression de les voir tous cachés à les observer d'un air moqueur.
-Au moins, le rassure Marco, ils approuvent une possible relation entre vous.
-Si je pouvais le faire aussi…
-Comment ça ?
-Je ne suis même pas sûr de ce que je ressens. Ni de ce que lui ressent.
Honnêtement, il était confus à ce sujet. Il n'était pas du genre à réfléchir, mais coincé ici depuis des semaines sans aucune autre occupation, c'était le mieux qu'il pouvait faire. Il avait une certitude : il se sentait lié à Law. Il ne voulait pas le perdre, et il aimait passer du temps avec lui. Son absence lui laissait un certain vide.
-Moi ça me parait évident, ricane le blond.
Kid lui jeta un regard blasé. Est-ce que Marco, de toutes les personnes présente dans ce QG, s'est décidé de lui donner des conseils en amour ? Vraiment ? Un sourire moqueur s'étira sur ses lèvres, sourire que le blond n'appréciait pas vraiment. La prochaine fois, il gardera ses remarques pour lui. Kid lui donna une tape sur l'épaule, affirmant qu'il plaisantait juste.
-J'ai peur de comprendre ce que tu sous-entendais…
-Tu es légèrement susceptible.
-J'apprécie l'adjectif « légèrement ».
-Soyons honnête, nous ne sommes pas vraiment des modèles dans ce domaine.
Ils échangèrent un regard, hochant la tête d'un air entendu. Ni l'un ni l'autre n'a déjà eu une relation sérieuse avec quelqu'un, et en ce moment ils semblaient tous les deux complètement perdus. Perdus dans ce qu'ils ressentent, dans ce qu'ils veulent… Mais ils ne le reconnaîtront jamais. Ce n'était pas, selon eux, ce dont il fallait s'inquiéter en priorité. Plus ils y pensent, et plus ils se prennent la tête. Ils se mirent d'accord mentalement sur une chose : ne plus y penser et attendre de voir.
-Alors et toi, demande Kid. Tu pars en mission ?
-Ouais. Dragon vient de m'en confier une à l'instant.
-Pour quand ?
-Je pars ce soir.
-Seul ?
-Non, j'y vais avec quelques-uns de mes hommes.
C'était un peu précipité, mais il n'avait pas pu refuser. Dragon l'avait convoqué il y a quelques instants en urgence pour lui donner cette mission. Il ne lui avait donné aucun détail, lui donnant simplement le lieu et lui expliquant ce qu'il devait faire. Il lui avait ordonné de partir le plus vite possible. Il ne pouvait pas se permettre d'attendre que quelqu'un d'autre soit libre pour le faire et Marco n'avait aucune raison de dire non. Même si cela impliquait qu'il devait travailler avec Ivankov. Kid lui donna une grande tape dans le dos en lui souhaitant bon courage.
-Merci…
-J'aimerai partir en mission moi aussi !
-Ce n'est plus qu'une question de temps. Tu m'as l'air rétabli.
-Je le suis depuis longtemps !
Malheureusement, Killer et les infirmières n'étaient pas de son avis. Sinon, ça fait plusieurs jours qu'il serait déjà parti causer des problèmes à d'autres nobles à travers tout le royaume. Il s'est fait suffisamment engueuler pour toute année par son meilleur ami, alors il a laissé tomber ses envies de vengeances au profit d'un repos bien mérité accompagné d'un ennui profond. Si au moins Law était là pour qu'il puisse l'embêter un peu. Ou alors Zoro ! Le vert ne refuse jamais un entraînement et lui-même devant rester discret, ils auraient pu trouver un endroit secret où s'affronter ! Pourquoi a-t-il fallu qu'ils soient tous les deux dans la même équipe ?!
-C'est assez amusant de voir autant d'émotion se succéder sur ton visage, plaisante Marco.
-Ne te moque pas de moi !
-Je ne me moquais pas.
-Au faite, tu as des nouvelles de l'autre ?
Immédiatement, le blond perdit son sourire et son regard se durcit. Il baissa les yeux au sol, serrant les poings pour contenir se colère. Chaque fois que le sujet est abordé, il a toujours la même réaction, et Kid a fini par ne plus y faire attention. Il comprenait Marco et il était la dernière personne qui pourrait lui reprocher de réagir comme ça. Le blond ressentait pour ce traitre la même chose qu'il ressent pour les nobles. Kid ne sait pas si c'est une bonne chose, mais le désir de vengeance les a rendus un peu plus proche chaque jour.
-Il a été aperçu à quelques kilomètres d'Alabasta.
-Tu y es allé ?
-Ouais. Mais il avait déjà mis les voiles.
Savoir que ce type était à seulement quelques kilomètre de lui, et qu'il l'avait manqué, rendait Marco frustré. Il avait essayé de retrouver sa trace, mais il s'était comme volatilisé dans la nature. Le blond commençait à penser que ce traitre savait qu'il le cherchait. Il parvenait toujours à s'enfuir avant que Marco n'arrive. La simple idée que le moindre de ses mouvements soit épié par lui le rendait fou de rage. Kid lui tapota l'épaule dans un geste de réconfort.
-Arrête de t'en faire. Tu finiras par le coincer.
-J'espère qu'il ne sera pas trop tard quand j'y arriverai.
Il ne pouvait pas le laisser s'en prendre à un autre de ses proches.
Jonathan
Être Vice-Amiral vous donne plus de responsabilités, mais pas forcément plus de droit.
Jonathan était le mieux placé pour en parler. Il avait obtenu un haut-grade dans la Marine grâce à ses performances durant la guerre civile. Le fait qu'il soit le protégé de l'Amiral Sakazuki Akainu a aussi aidé. Il était connu comme étant un grand stratège. Il est impossible de lui cacher quoi que ce soit, son esprit de déduction aiguisé l'a sorti plus d'une fois de terribles situations. Mais en toute modestie, il ne se considérait pas comme l'un des acteurs principaux de l'histoire de leur royaume. Il ne le voulait pas de toute façon. Il souhaitait une vie normale, avec sa femme et avec ses hommes dévoués et motivés à son service.
Pour beaucoup de ses collègues, il n'est pas vraiment digne de confiance. S'il a accepté la proposition de venir diriger cette prison, c'était pour s'éloigner du chaos de la capitale. Mais si on lui a fait cette proposition, c'était pour l'éloigner, et il n'était pas assez stupide pour l'ignorer. Il était Vice-Amiral, mais ça ne lui donnait pas le droit de donner justice comme il l'entend. Il avait une vision radicalement différente de ses collègues à ce sujet. Même l'exact opposé d'Akainu.
Jonathan n'a jamais fait de perte civiles. Ou du moins, il l'a évité le plus possible. En tant que stratège, il avait pour habitude d'analyser avec précision la situation dans laquelle il se trouve. S'il juge que le mieux à faire et de libérer un criminel, alors il n'hésitera pas. Cela lui a valu bon nombre de réprimandes de ses supérieurs, mais ils ne pouvaient pas le virer sans raison valable, car il avait plusieurs personnes de son côté et qu'il était le protégé d'Akainu. Il avait tendance à abuser de cet argument…
Avec le départ d'Aokiji il y a quelques mois, Jonathan commençait à s'inquiéter pour son poste. Pas qu'il y était particulièrement attaché. Torturer des prisonniers n'est pas son style et d'ailleurs il ne le fait pas. Mais s'il est contraint de partir tout comme Aokiji, alors la prison sera supervisée par quelqu'un d'autres, ses hommes seront obligés de faire des choses qui les répugnent et tant de prisonniers, parfois innocents, subiront d'horrible châtiment. Jonathan pouvait seulement être rassuré par une chose : il était sûr à quatre-vingt dix pourcents que c'est le commandant Drake qui prendra le contrôle de Navarone s'il venait à disparaitre.
Drake était le seul en qui il pouvait avoir confiance.
Maintenant, il y a d'autres problèmes dont il doit s'occuper. Les quatre membres du CP9 devront partir le lendemain, lui laissant la garde de plusieurs dizaines de civils innocents et d'un Révolutionnaire. S'il a bien compris les paroles de Lucci, alors d'autres de ses compagnons sont dans les parages. L'homme léopard s'attend à ce qu'ils tentent quelque chose pour le second convoi, mais Jonathan était prêt à parier qu'ils essaieront aussi de venir libérer leur ami. Il devait se préparer à les recevoir. Il n'allait pas les sous-estimer, mais plutôt envisager toutes les possibilités.
En soi, il n'avait rien contre les Révolutionnaires. Ils luttaient contre la violence dont font preuve les dirigeants de ce royaume, dans l'intention de faire un monde plus juste. Mais Jonathan ne pouvait pas approuver leurs méthodes. Certes, ils ont plus de considération pour les civils et ne font pas de massacre de masse. Mais ils tuent des nobles et certains des commandants n'hésitent pas à faire des dommages collatéraux. Jonathan n'était ni pour un camp, ni pour l'autre. Il reste dans la Marine pour pouvoir agir, mais il suit sa propre voix. Il sait qu'un jour, ce sera la fin pour lui, mais il sait aussi qu'il l'aura choisi.
Peu importe quand, et où aura lieu sa mort, il sait qu'elle aura provoquera de grands changements pour l'avenir de Grand Line.
Après avoir fini ses tâches de la journée, Jonathan s'est enfermé dans son bureau, prêt à étudier toute la nuit. Il avait réussi à se procurer une copie du dossier complet sur les évènements d'Alabasta et il comptait bien s'en servir pour mettre au point une stratégie. Il n'aurait plus qu'à attendre la venue de ces Révolutionnaires le lendemain et l'affrontement pourra commencer. Il ouvrit le dossier avec impatience. Les premières pages sont des informations sur les témoins qui ont permit l'identification des ennemis. Il regarda leurs visages uns à uns, jusqu'à ce que l'un d'eux attire son attention.
-Tient ? Que t'est-il arrivé Bentham ?
Il regarda plus attentivement la fiche. Surnommé Mister 2, cet homme était habillé en danseuse. Il est inscrit qu'il s'agit d'un Okama, et qu'il n'avait aucun partenaire. Cependant, ce n'est pas ce qui intéressait vraiment Jonathan. Sa fiche d'identité à été tamponnée et maintenant le mot « Décédé » apparait en grosse lettres rouges. Il aurait été porté disparu après les évènements d'Alabasta, et son corps n'ayant pas été retrouvé, il est présumé mort.
-Intéressant…
Il reposa la fiche parmi les autres, avant de saisir les documents qui décrivent les Révolutionnaires présents ce jour-là. Il y a quelques portraits robots, accompagnés d'affiches de recherche. Il les saisit tous pour pouvoir les observer calmement un par un. Il commença par les avis de recherches, car ce sont les informations les plus précises. Pour comparer, il avait une fiche de notes qu'il avait rassemblées en interrogeant les quatre membres du CP9 quelques heures plus tôt. Seul Kaku avait accepté de lui répondre, mais son témoignage était amplement suffisant.
-Commençons par les plus connus.
Tout en haut de la petite pile, il y avait l'affiche de Marco le Phoenix. Bien qu'elle date de plusieurs années maintenant, le blond n'avait pas changé. On le voyait un sourire confiant, ses bras transformés en une belle paire d'ailes de flammes bleues. A la place de ses jambes, il y avait des serres aiguisées. Sur sa poitrine on pouvait voir la marque caractéristique des hommes de Barbe Blanche. Jonathan pouvait sentir la puissance et la confiance émaner de cette simple image. Il reposa l'affiche pour observer les suivantes.
Il y avait cinq autres avis de recherche. Des visages qu'il ne connaissait pas jusque-là, mais dont les noms ne lui étaient pas inconnus. Trafalgar Law, le petit protégé de Doflamingo, activement recherché par ce dernier. Portgas D Ace, possesseur du Logia de feu, considéré comme une menace immédiate par ses supérieurs. Roronoa Zoro, épéiste puissant, qui a échappé au gouvernement et qui a été épargné par Mihawk. Nico Robin, l'enfant démoniaque, seule personne encore capable de traduire les Ponéglyphe et de ramener à la vie l'arme antique Pluton. Et le dernier mais pas des moindres…
Monkey D Luffy, l'homme qui a vaincu le Shichibukai Crocodile.
-Que d'ennemis redoutables… Voyons voir les portraits robots.
Le premier témoignage parle d'une jeune femme aux cheveux roux qui serait capable de contrôler la météo. Elle pourrait invoquer la foudre avec un bâton magique, faire tomber la pluie et autres tours de magie. Le deuxième témoignage a été donné par deux agents. Ils parlent d'un sniper au long nez, qui serait apparemment plus que capable dans son domaine. Il aurait été gravement blessé et ils ne sont pas sûr qu'il soit toujours en vie. Vient ensuite la description de deux créatures étranges : un squelette vivant et un homme-bête. Le dernier témoignage parle du cyborg aux cheveux bleus qu'il a rencontré tout à l'heure, et qui a été fait prisonnier. Cela fait un total de onze personnes. Enfin, selon les estimations de Jonathan, il s'agissait plutôt de douze personnes.
-Quelqu'un a bien dû se débarrasser de Bentham. Sûrement le blond dont m'a parlé Kaku.
Repoussant le dossier sur le côté, il plaça devant lui un jeu d'échec. Il sortit quelques pièces et les plaça en ligne devant lui. Il y avait douze pièces en tout. Il prit la première, celle la plus importante dans le jeu : la pièce du roi. Il la plaça sur le plateau avec un petit sourire narquois. Ironiquement, il pensait que cette pièce représente le mieux Monkey D Luffy. Il peut aller n'importe où, et les autres pièces doivent le protéger, car son élimination veut dire la fin de la partie et la défaite.
-Lui, il sera là. Il nous reste onze personnes…
Il prit les deux pièces « cavaliers » et regarde les affiches. Il n'y a jamais que deux solutions. Ils sont suffisamment nombreux pour avoir décidé de se séparer. Deux d'entre eux, les cavaliers, vont s'occuper du train. Reste à savoir lesquels. Il regarda attentivement les affiches. Il pouvait enlever ceux qui ont déjà eu affaire au CP9. Après réflexion, seulement deux du groupe pouvaient avoir été désigné pour cette mission. Il retira les affiches de Trafalgar et Portgas de la pile, laissant les deux cavaliers hors du plateau de jeu.
-Plus que neuf…
Il avait huit pions devant lui. Il en prit un, le posant à l'exacte opposer de la pièce du roi. Le cyborg est dans une cellule, alors il ne fait pas partie des ennemis pour le moment. Il n'avait pas besoin de le compter. Ce petit pion est donc l'objectif des autres pièces du jeu. Le roi est donc entouré des sept pions restant : l'épéiste, la magicienne, le sniper, le blond, l'homme-bête, l'enfant démon et le squelette. Il ne reste plus que la dame, qui représente Marco.
-Lui, je peux l'enlever.
Il a entendu des rumeurs disant que le blond a été aperçu à Jaya. Il ne pourra pas être ici demain. Sur les douze personnes responsable de la mort de Crocodile, seul huit d'entre eux essaieront de s'infiltrer dans la prison. Il y avait encore une possibilité qu'il se trompe. Il mettra Drake au courant de ses suppositions, mais il ne préviendra personne d'autre tant qu'il ne sera pas sûr de sa théorie. Il rangea les divers papiers dans le dossier, laissant ce dernier dans un coin de son bureau.
-Voilà une bonne chose de faite.
Il se leva de son siège, se rapprochant de la fenêtre. Des faisceaux de lumières passent régulièrement, éclairant toute la cour centrale et les deux grandes grilles d'entrée. Ils se reflétèrent sur les coquilles des den-den-mushi caméra accrochés sur les murs, un partout dans toute la prison. Des ombres se déplacèrent régulièrement autour des hauts murs délimitant le périmètre. De temps en temps, les contours des ombres deviennent plus nets, permettant de reconnaître des soldats de garde.
-S'infiltrer ici ne sera pas une partie de plaisir Mugiwara…
Ce n'est jamais arrivé avant. Personne n'a réussi à aller plus loin que les grilles de l'entrée. Jour ou nuit, ceux qui ont eu la prétention de pouvoir entrer à l'intérieur sans se faire voir se sont fait immédiatement repéré par les caméras ou les gardiens. Cependant, rien ne dit que ça ne peut pas arriver maintenant. Jonathan avait la nette impression que cette fois, ce sera plus intéressant. Il allait peut-être même pouvoir s'amuser. Il en profitera pour se faire son propre avis sur ce fameux Monkey D Luffy. Ensuite, il verra bien ce qu'il fera.
Il avait entendu bien des rumeurs sur lui. Certaines le décrivant comme un idiot fini, manquant de faire exploser ses amis en même temps qu'une base militaire. D'autres comme un homme violent et terrifiant. On peut dire qu'il a fait forte impression en affrontant Crocodile. Jonathan ne pouvait pas remettre en question la puissance de ce jeune homme. Il voulait seulement connaître ses motivations. Ce qu'il a réussi à faire en si peu de temps ne peut vouloir dire qu'une chose : il aura un rôle très important à jouer dans l'avenir. Jonathan voulait savoir lequel, et surtout il souhaité en être témoin.
-En attendant… C'est l'heure de la pêche !
Il saisit son matériel avec empressement, sautillant de joie jusqu'à la porte.
A suivre
Je suis désolé de le poster aussi tard aujourd'hui, mais comme je n'ai pas pu vous le donner la semaine dernière, je tenais à le finir maintenant. Il a été assez dur à écrire car j'avais très peu de précision dans mes notes pour ce chapitre.
J'espère qu'il vous a plu ! J'ai essayé de développer au mieux Jonathan. On ne connait pas grand chose de lui dans l'œuvre originale, alors c'était assez difficile de le décrire au mieux tout en l'adaptant au contexte de la fiction. Mais je pense qu'il vous plaira quand même !
Ce chapitre était plus drôle que les précédents, et les deux prochains seront aussi bourrés d'humour du début à la fin, à l'image de l'arc G-8 dans l'anime !
A bientôt pour le chapitre 16 !
