Chapitre 13... Je ne suis pas satisfaite : Je trouve un peu nulle la façon dont se termine le duel entre Pegasus et Seto, mais je n'ai pas trouvé comment intégrer un duel des ombres avec Alexandra. Mais bon... En plus j'ai dû abréger, sinon le chapitre était deux fois plus long.

En ce moment, c'est dur dur... L'inspiration pour la suite et la motivation ne vient pas.

Bref, je me suis remise au dessin, du coup j'ai pu dessiner pas mal d'illustrations pour chaque chapitre (dommage que je ne puisse pas les poster ici, j'aurais aimé avoir un avis).

J'ai aussi retrouvé des notes de 2014-2016 sur une hypothétique histoire basée sur Yu-Gi-Oh GX. Je me suis projetée après cette histoire et deux scénarii sont possibles. Je reconnais, j'ai aussi perdu mon temps là-dessus. Est-ce que ça vous intéresserait d'en savoir plus à l'occasion?

*Sayida : dame en langue arabe. Parce que je ne pouvais définitivement pas utiliser le terme "Khaleesi" (j'adore Game of Thrones, ses musiques inspirantes et le Dothraki!)

Bonne lecture!


Cellules Piégées

Alexandra regarda l'Ultime Dragon Blanc aux Yeux Bleus. Il avait perdu son éclatante couleur blanche pour un gris terne et sale. Sur les quatre mille cinq cent points d'attaque qu'il avait initialement, il n'en restait plus que neuf cent. Seto avait bien essayé d'attaquer le Pharaon, mais les Kuriboh formaient une barrière hermétique aux attaques, s'autodétruisant pour limiter les dégâts. La situation était bloquée. La jeune femme trouvait que le Pharaon avait réalisé un coup de maitre en retournant la situation à son avantage. Ainsi, Seto était plus ou moins hors de danger et elle en était rassurée Elle ne voulait pas qu'il affronte Pegasus. Le Pharaon invoqua le Chevalier Elfe, qui trancha une tête de l'Ultime Dragon. Les points de vie de Seto passèrent de neuf cent à quatre cent. Au prochain tour, le Pharaon gagnerait. Seto, qui avait assisté à l'attaque sans réagir, releva la tête. Il déclara :

- Yûgi, la partie ne fait que commencer... Ton attaque m'a fait perdre cinq cent points de vie... En admettant que chaque dalle de ce sol représente cent points de vie, je vais reculer du nombre de points que je viens de perdre, cela fait donc cinq cases.

Alexandra retint une exclamation alors qu'il reculait et elle crut qu'il allait basculer dans le vide en le voyant monter sur le rebord de pierre.

- Yûgi, ta prochaine attaque me fera perdre la vie, continua le jeune homme, prêt à tout pour gagner.

Joey se mit alors à l'insulter.

- Kaiba ! C'est lâche de faire ce genre de bluff pour gagner le duel ! Tu n'es qu'un... !
- Mais si ce n'était pas du bluff... Lança Bakura.

Seto n'avait pas cillé et continuait de fixer le Pharaon d'un regard déterminé. Alexandra serra les dents, partagée entre la fureur et la crainte Elle trouvait ça déloyal. Elle voulait que le Pharaon gagne, mais en même temps, elle avait peur que Seto ne mette sa menace à exécution lorsqu'il attaquerait. Le dilemme était cruel, tant pour la jeune femme que pour le Pharaon. Lorsqu'elle les avait rencontrés, plus tôt dans la journée, on lui avait expliqué que le grand-père de Yûgi était retenu prisonnier par Pegasus, de la même façon que Makuba : Son Âme avait été piégée. Sa seule façon de le délivrer était de battre Pegasus.

- Yûgi, nous allons maintenant voir si tu es un vrai duelliste, si tu es capable d'aller chercher la victoire, malgré la situation, dit Seto. Si j'étais à ta place, je n'aurais pas hésité à te jeter au fond du ravin.

Alors qu'il activait la Renaissance du Monstre, pour ressusciter la tête coupée de l'Ultime Dragon, Alexandra poussa un soupire de contrariété.

« Tu n'as pas honte de dire des choses pareilles, sombre idiot ! » Songea-t-elle.

Elle ramena son regard sur le Dragon, dont la tête centrale avait retrouvé sa blancheur éclatante et la totalité de ses points d'attaque, c'est-à-dire, trois mille points. Mais cette action était inutile Seto ne pouvait pas attaquer immédiatement à cause de la fusion et lorsqu'il attaquerait, le rayon lumineux serait encore contré par les Kuriboh. Si le Pharaon lançait son attaque, il réduirait à zéro ses points de vie.

- Tu es prêt, Kaiba ! Chevalier Elfe, attaque ! S'exclama le Pharaon, après un court temps d'hésitation.

Son monstre s'élança, en même temps que Téa, qui se mit à hurler :

- Yûgi ! Non ! Arrête ça ! Redeviens le Yûgi ordinaire !

D'où elle était, Alexandra ne put voir l'expression du visage du jeune homme, mais elle le vit tomber à genoux, face à Téa, et le Chevalier Elfe s'arrêta, laissant tomber son épée. Il fut balayé par l'attaque de l'Ultime Dragon et les points de vie de Yûgi, car c'était lui qui avait repris sa place, furent réduits à zéro. Seto eut un sourire : Il avait gagné. Alexandra était offusquée par son attitude. Certes, il lui avait fait une belle peur, mais il n'avait pas le droit de jouer ainsi avec sa vie, pour ne pas accepter la défaite. Elle entendit Téa répliquer :

- Tu es ignoble ! Celui qui a perdu la partie, c'est toi, Kaiba ! Tu n'as pas hésité à jeter dans ce duel ta carte de la vie ! Ceux qui ne savent pas la défendre sont des perdants ! N'oublie jamais que c'est Yûgi qui l'a défendue.

Alexandra était tout à fait d'accord avec elle et, lorsqu'elle croiserait Seto, elle ne manquerait pas de le lui dire. Elle était furieuse. Elle le regarda ranger ses disques de duel, ramasser ses dix étoiles et se diriger vers le château. Elle quitta alors précipitamment la tour elle devait le retrouver avant qu'il n'affronte Pegasus. De ce fait, elle descendit rapidement les escaliers en colimaçon et traversa le château, pour rejoindre le hall d'entrée. Elle était presque arrivée lorsqu'elle se retrouva face à Kemo. Ce dernier avait finalement réussi à ouvrir la porte menant au sous-sol, il était furieux et visiblement était à sa recherche. En le voyant, la jeune femme fit demi-tour, en effectuant un long dérapage. En tournant l'angle du mur, elle entendit l'agent de sécurité hurler :

- Eh ! Gamine ! Reviens ici !

Il se lança alors à sa poursuite, à travers le château. Pour essayer de le semer, Alexandra s'éloignait de plus en plus du hall d'entrée. Elle réussit finalement à l'enfermer dans une pièce, après une dizaine de minutes de course poursuite. Essoufflée, un point de côté l'empêchant de se tenir parfaitement droite, elle bloqua la poignée de la porte avec une chaise, qui se trouvait contre le mur, et revint sur ses pas. Derrière elle, Kemo frappait contre la porte, ce qui la faisait trembler. La jeune femme hâta le pas, avant que le panneau de bois ne cède sous les coups répétés. Elle descendit les étages qu'elle avait montés et rejoignit le hall d'entrée. La porte d'entrée était fermée, il n'y avait plus personne et un silence de mort régnait dans les longs couloirs. Alexandra hésita un instant, écoutant le bruit de sa propre respiration, puis se dirigea vers une grande porte de bois blanc, aux gravures dorées, dont les deux battants étaient ouverts. Ne voyant toujours personne, elle commençait à s'inquiéter. Le cœur battant, elle monta un large escalier de bois bien ciré et se retrouva sur une mezzanine, au garde-fou de fer forgé. A l'entente soudaine d'une exclamation, elle emprunta le couloir de droite et se mit à courir.

- Ton piège s'est retourné contre toi, mon petit Kaiba ! Lança la voix froide de Pegasus. Le virus infecte ton jeu !

La jeune femme accéléra le pas et, dans sa fougue, se cogna en franchissant une porte à double battants, dont l'un des deux était fermé. Elle se retrouva sur une sorte de balcon, qui donnait vue sur une immense arène de duel, au centre de la pièce. Sur le balcon d'en face, Yûgi, Joey, Tristan, Téa, Bakura, une jeune femme blonde, qu'elle n'avait pas encore vue, et Keith assistaient au duel, qui opposait Pegasus et Seto. Ce dernier baissa la tête et utilisa la Renaissance du Monstre, pour ressusciter Saggy le Bouffon des Ténèbres, en mode défense. Même s'il lui restait des points de vie, il avait perdu, son jeu étant entièrement détruit à cause du virus.

- Non ! Seto !

Alexandra n'avait pu retenir une exclamation. Pegasus avait gagné et elle avait peur de savoir ce que cela signifiait. Tout le monde se tourna vers elle et avant que quiconque ait pu dire quelque chose, Pegasus lança, faussement contrarié :

- Je vois que tu as encore réussi à t'échapper... Je ne sais pas ce que je vais faire de toi, Alexandra...
- Vous n'allez rien faire du tout ! Vous... Commença-t-elle, furieuse.
- Elle est là !

La jeune femme sursauta. Kemo avait réussi à quitter la pièce dans laquelle elle l'avait enfermé et il était venu avec des renforts : Quatre autres agents de sécurité l'accompagnaient. Elle se remit à courir et traversa le balcon, poursuivie par Kemo et ses acolytes. Descendant un escalier, elle se retrouva à côté d'une porte ouverte, donnant dans la pièce où se déroulait le duel. Seto était en face d'elle, à quelques mètres, et elle ne put résister à l'envie de le rejoindre. Alors que Pegasus détruisait Saggi le Bouffon des Ténèbres, elle se jeta dans ses bras et dit, en éclatant en sanglots :

- Tu n'es qu'un imbécile, Seto... Un sombre idiot...

Il resserra son étreinte et murmura :

- Je suis désolé, Alex... Pardonne-moi de ne pas avoir su vous protéger, toi et Makuba...
- Idiot... J-Je ne te pardonnerai jamais de me laisser seule ici... !

Elle s'agrippa davantage à sa veste comme si sa vie en dépendait. De l'autre côté de l'arène, Pegasus lança :

- Kaiba, tu sais ce qui advient des perdants, n'est-ce pas ? Le perdant perd tout ce qu'il possède, même son Âme.

Seto repoussa alors Alexandra et lui dit :

- Il faut que tu t'éloignes ! Tu ne dois pas rester là !
- Tu ne peux pas me dire ça ! C'est hors de question ! Répliqua la jeune femme.
- Ecoute-moi...
- Non !
- Si ça peut te rassurer, Kaiba, je ne prendrai que ton Âme, pas la sienne, déclara Pegasus.

Il attendait en face d'eux, les bras croisés. A la surprise de tous, ce fut Alexandra qui prit la parole. Se tournant vers l'Américain, elle s'exclama :

- Ce duel avait peut-être lieu entre vous deux, mais Seto ne possédant pas d'Objets du Millénium, il était fortement défavorisé dans un Jeu des Ténèbres !
- Il savait que c'était à ses risques et périls, ma chère, rétorqua l'homme.

Il gardait encore en tête le souvenir cuisant du Duel des Ombres, qu'il avait livré avec elle, et la puissance prodigieuse d'Elbëreth, la Quatrième Divinité, qu'elle avait su apprivoiser et manipuler avec une grande facilité. Il n'avait pas eu de séquelles, mais n'avait pas particulièrement envie de renouveler l'expérience. La jeune femme, qui s'était placée devant Seto, comme pour le protéger, déclara alors :

- Je vous mets au défi dans un Jeu des Ténèbres ! Si je perds, vous prendrez mon Âme, mais si je gagne, vous laisserez Seto s'en aller.
- Tu es folle ! Souffla ce dernier, en la prenant par les épaules, pour la retourner vers lui.
- Pas du tout, je l'ai déjà vaincu une fois !
- Cela suffit ! Lança Pegasus, sèchement. Je ne ferai pas de duel contre toi, Alexandra !
- Vous avez peur de perdre ! Lâche !

L'œil du Millénium se mit alors à briller d'une lumière dorée, aveuglante. La jeune femme sentit que Seto s'agrippait à ses vêtements, faisant presque craquer la dentelle de la robe de chambre, et elle se retourna pour le prendre dans ses bras et le serrer contre elle. Il posa sa tête sur sa poitrine et, passant ses bras autour d'elle, il murmura :

- Je suis désolé, Alex... Pardonne-moi... Pardonne-moi...
- Seto... Non... Ne me laisse pas... Souffla-t-elle, alors que la lumière les enveloppait. Tu ne peux pas... Ne me laisse pas seule ici...

Puis, désespérée, elle se mit à hurler :

- Ankh-Su-Namûn ! Aide-moi ! Je t'en prie !
- Tu ne peux pas l'aider ! Ni toi, ni la Gardienne ! Lança durement Pegasus. Kaiba savait ce qui l'attendait en commençant ce duel !
- Alex...

La jeune femme reporta son attention sur Seto, qui s'agrippait à elle désespérément. Elle resserra son étreinte, presque jusqu'à l'étouffer, et posa sa joue contre ses cheveux. De grosses larmes coulaient à présent de ses yeux et son corps était secoué de sanglots.

- Je... Je t'aime, Seto... Je te sauverai... Murmura-t-elle.

Alors que la lumière dorée s'atténuait, Alexandra sentit que le jeune homme desserrait son étreinte et que ses mains commençaient à glisser le long de son dos.

- Seto... Non...

Elle se laissa tomber à genoux, le serrant davantage contre elle, si cela était encore possible. Lorsque ses bras retombèrent de chaque côté de son corps, la jeune femme laissa alors ses sanglots la submerger, sans se soucier des autres, qui la regardaient, ne se préoccupant pas non plus de Pegasus, à qui elle donnait satisfaction. Elle laissa ses larmes mourir dans les cheveux bruns de Seto, qu'elle caressa tendrement, avant qu'on ne lui reprenne son corps, sur ordre de Pegasus. Effondrée, elle se laissa emmener par Kemo et deux autres agents de sécurité, sans aucune résistance, sans prêter attention à ce que disait le Pharaon.


Le Voleur regarda longuement le portrait de gauche. Il était bien surpris de voir la Clé du Millénium dans un tel endroit. De plus des informations concernant la fameuse clé, il lui faudrait aussi récupérer l'Œil du Millénium, maintenant qu'il avait identifié et retrouvé son porteur. Mais avant, il avait autre chose à faire. Il quitta alors la salle à manger et prit la direction des sous-sols. Il ne croisa personne, ce qui lui permit de se rendre rapidement dans le dédale de galeries. En tournant à l'angle d'un mur, il s'arrêta net et se tapit dans l'obscurité, en apercevant une ombre.

- Rentre là-dedans, vite !

Un agent de sécurité, arme au poing, poussa Tristan à l'intérieur d'une cellule avant d'en verrouiller la porte. Le Voleur ricana.

« Que fait-il ici, celui-là ? Remarque, je n'ai rien à faire là non plus. » Songea-t-il.

L'attachement de Bakura Ryô pour l'Anneau du Millénium lui permettait de survivre et de prendre place dans son corps. Contrairement à l'esprit du Puzzle du Millénium, le Voleur ne demandait pas la permission à son hôte avant de prendre sa place et il prenait ainsi un malin plaisir à abandonner Ryô dans des endroits qu'il ne connaissait pas, comme ici, en pleine nuit, dans les sous-sols du château de Pegasus. Intérieurement, il maugréa et pesta : A présent, il devait délivrer cet imbécile de Tristan. Il s'approcha alors de l'agent de sécurité qui lui tournait le dos, et d'un simple coup de poing, l'assomma. Tristan s'était levé et le regardait avec des yeux ronds.

- Bakura ! S'étonna-t-il. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je pourrais te retourner la question, répliqua le Voleur, en déverrouillant la cellule.
- Je voulais retrouver les frères Kaiba et Alexandra.
- Alors disons que nous sommes deux.

Tous les deux se regardèrent puis, d'un même mouvement, se tournèrent sur leur droite pour parcourir ensemble la suite de la galerie. En arrivant à un croisement, ils s'arrêtèrent et regardèrent les différents chemins qui s'offraient à eux Il y en avait cinq. Tristan se tourna vers Bakura et déclara :

- Le mieux c'est qu'on se sépare.
- Très bien. Mais je ne serai pas là pour te sauver la mise si tu te fais encore pincer, répliqua le Voleur.

Tristan lui adressa un regard surpris : Bakura n'agissait pas comme à son habitude, il était plus franc, plus froid, plus distant... Il lui rappelait cruellement le personnage qu'il avait vu dans un rêve, la nuit précédente. Il avait rêvé que Bakura, Joey, Yûgi, Téa et lui-même étaient prisonniers du jeu de Duel de Monstres et qu'un autre Bakura livrait un duel contre un autre Yûgi. Le Bakura qu'il avait en face de lui ressemblait davantage à celui de son rêve qu'à celui qu'il connaissait. Du moins, il croyait que c'était un rêve. Se secouant mentalement – Comment pourrait-il y avoir deux Bakura ? – il acquiesça, accepta le trousseau de clés qu'il lui tendait et dit :

- Je serai prudent. Allons-y.

Il emprunta le chemin situé à l'extrême gauche et s'enfonça dans les ténèbres du souterrain. Une fois qu'il eut disparu de son champ de vision, le Voleur tira l'Anneau du Millénium de sous son pull. L'une de ses aiguilles était entourée d'un halo doré et indiquait le second chemin en partant de la droite. Un sourire aux lèvres, il suivit la direction que lui dictait son Anneau. Il ne croisa personne et trouva rapidement ce qu'il cherchait. Allongée au fond de la cellule, recroquevillée sur elle-même, lui tournant le dos, la jeune femme semblait dormir, anéantie par les évènements de la soirée.

- Alexandra ! Appela-t-il, doucement, pour n'ameuter personne.

Elle gémit, se recroquevilla davantage, mais ne se retourna pas. Bakura poussa un soupire d'exaspération. Il reprit :

- Réveille-toi ! Je viens pour te sortir de là !
- Quoi... ?

Lentement, comme si on lui avait fait prendre des sédatifs, elle se retourna. Dès qu'elle aperçut le Voleur, elle se releva, dans un bruit de chaînes, et se colla au mur, terrifiée. Même si elle n'était pas encore en pleine possession de ses moyens, elle était à présent parfaitement éveillée.

- Ne... Ne m'approche pas ! Quoi que tu veuilles, dégage ! S'exclama-t-elle.
- Ce n'est pas très gentil de dire ça à celui qui vient te sauver, répliqua Bakura, un sourire moqueur sur le visage.

Avec horreur, Alexandra le regarda ouvrir la porte, avec la pique d'un porte-bougie, et pénétrer dans la cellule. Le voyant s'approcher d'elle, elle longea le mur, instaurant une distance de sécurité, pour se retrouver contre les barreaux de la grille. Elle ne pouvait pas aller plus loin, la chaîne attachée à sa cheville droite le lui rappela en pinçant sa chaire. Le Voleur l'avait remarqué et il prit tout son temps pour la rejoindre, savourant l'expression de peur qui déformait ses traits. Une fois arrivé à sa hauteur, il s'agenouilla et entreprit de retirer la menotte. Instinctivement, la jeune femme resserra ses jambes et rabattit sa robe de chambre devant elle, croisant les bras sur sa poitrine. Une fois qu'il eut retiré la chaîne, elle voulut s'éloigner de lui, mais il l'attrapa par le bras et la plaqua contre les barreaux de la grille.

- Eloigne-toi de moi, souffla Alexandra, d'une voix tremblante.
- Mais je te jure que, cette fois, mes intentions sont dépourvues d'idées mal intentionnées, susurra le jeune homme, à son oreille.

Leurs deux corps étaient presque collés l'un à l'autre et la jeune femme ne pouvait pas bouger. Bakura maintenait fermement ses poignets de chaque côté de sa tête et les barreaux verticaux de la grille lui sciaient le dos au moindre mouvement. Elle ferma les yeux, en le voyant approcher son visage du sien, convaincue qu'il tenterait de l'embrasser - Peut-être même plus, elle n'osait l'imaginer - mais au contraire, elle sentit qu'il reculait, puis il la lâcha. De surprise, elle ne réagit pas immédiatement et le suivit du regard, lorsqu'il sortit de la cellule.

- Alors ? qu'est-ce que tu fais ? Lança-t-il. Tu viens, oui ou non ?
- Que demanderas-tu en échange ? Demanda-t-elle.

Elle quitta la position aguicheuse dans laquelle il l'avait abandonnée et s'avança, craintive. Devant son air méfiant et suspicieux, le Voleur répliqua :

- Rien pour le moment. Mais cesse de faire ta timide et sors de là avant que quelqu'un n'arrive.
- J'ai le regret de te dire que tu ne m'as pas vraiment mise en confiance la dernière fois, dit-elle, en s'approchant de la porte.

A l'entente de bruits de pas, Bakura profita de sa proximité pour lui saisir le poignet et se mit à courir, l'entrainant à sa suite. Alexandra le suivit finalement, sans rien dire. Elle n'avait pas le choix et n'avait pas vraiment envie de retourner dans la cellule pour y être enchaînée. Le jeune homme semblait savoir ce qu'il faisait, alors qu'il se dirigeait dans les galeries. Soudain, des ombres vacillantes apparurent sur le mur face à eux, à la lumière des torches. D'après leurs voix, il s'agissait d'agents de sécurité et ils venaient dans leur direction. Le Voleur repéra une alcôve dans le mur, plongée dans la pénombre, et rapidement, il poussa Alexandra à l'intérieur, malgré l'exigüité de l'endroit, plaquant sa main sur sa bouche, pour étouffer le cri qui allait franchir ses lèvres.

- ... Windley l'a repéré dans l'aile est ! Il a réussi à récupérer le petit... Lança l'homme de tête, en se tournant vers son collègue.

Visiblement, Tristan avait délivré Makuba, mais il n'avait pas réussi à passer inaperçu. Une fois que les deux agents de sécurité furent passés devant l'alcôve et que le bruit de leurs pas eut cessé, la jeune femme saisit le poignet de Bakura, retira vivement sa main, qui l'empêchait de parler et le repoussa. Elle ne disait rien, mais son regard exprimait clairement sa colère.

- Oh ! Excuse-moi cette intimité soudaine, mais je viens de t'éviter un retour à la case prison, dit le jeune homme, avec ironie.
- Pourquoi fais-tu ça ? Demanda Alexandra. Ne me dis pas que c'est par charité.
- Non, juste par plaisir, répliqua-t-il, avec un sourire dément. Tu vas me dire que c'est malsain, mais je prends plaisir à voir la peur s'insinuer en toi.
- Tait-toi ! En attendant, il faut retrouver Seto et Tristan, avant qu'il ne lui arrive quelque chose.

La jeune femme avait coupé court à son explication. Elle ne voulait plus savoir, ni imaginer ce qu'il désirait. Tous les deux se mirent alors à courir dans la direction qu'avaient prise les agents de sécurité. Sur leur route, ils croisèrent quelques sentinelles, qu'ils parvinrent à éviter à chaque fois. Ils entendaient les agents de sécurité courir et appeler Tristan, il ne leur était pas difficile de les suivre et de trouver leur chemin.

- Le voilà ! Par ici !
- Remet nous le gosse, on va le remettre dans sa cellule !

Ils entendirent Tristan pousser un juron et débouchèrent dans le couloir, éclairé par des néons blancs. Trois agents de sécurité, deux à gauche, un à droite, empêchaient le jeune homme, qui portait Makuba sur son dos, de poursuivre sa route. Le Voleur fit passer Alexandra derrière lui et s'avança, déterminé.

- Bakura ! Pourquoi es-tu venu ici ? Va-t'en ! S'exclama Tristan.
- Tu es qui, toi ? Demanda un agent de sécurité, à l'épaisse moustache noire.
- Pour ton bien, tu ferais mieux de répondre ! Lança un autre, au crâne entièrement dégarni.
- Intéressant, mais que va-t-il se passer si je ne vous obéis pas ? Répliqua le Voleur.

Les trois agents de sécurité glissèrent leurs mains sous leur veste et tirèrent leurs armes. Bakura ricana, une idée venant de lui traverser l'esprit Il saisit Alexandra, qui demeurait en retrait, la fit passer devant lui et enserra sa gorge de son bras. Il déclara :

- Même si elle est votre prisonnière, vous ne voudriez quand même pas qu'il lui arrive malheur.
- Enflure... Souffla la jeune femme, entre ses dents.

Le sourire du Voleur s'élargit. En face de lui, les agents de sécurité hésitaient : Devaient-ils baisser leurs armes, au risque de voir Tristan s'échapper avec Makuba, ou alors faire feu et tuer Alexandra ? Aucun des deux cas n'était envisageable.

- Mon arme sera ceci, reprit Bakura. Les Chaines d'Energie Magique.

De sa main libre, il tira une carte de Duel de Monstres de sa poche. Il la brandit devant lui et elle se mit à briller. Lorsque la lumière disparut, les trois hommes de Pegasus étaient ligotés par des chaines lumineuses.

- Bakura, qu'est-ce que... ? Commença Tristan, en se tournant vers lui.
- Partons d'ici, dit simplement le Voleur.

Il relâcha Alexandra et la saisissant par le poignet, il se remit à courir, Tristan sur ses talons. Ils devaient se dépêcher car la Magie cesserait de faire effet rapidement, dès qu'ils se seraient un peu éloignés. La jeune femme lança alors, essoufflée :

- Tu devais savoir qu'utiliser les pouvoirs des Ombres est interdit en présence du commun des mortels !
- Ne les as-tu jamais utilisés, toi ? Répliqua Bakura.
- Si, mais seulement en présence Pegasus, répondit-elle. L'autre est mort !
- Ah ! Je découvre une nouvelle facette de ta personnalité, celle de meurtrière, ironisa le Voleur. Dans un sens, on se ressemble.
- Au lieu de vous chamailler, courrez ! S'exclama Tristan, qui ne cherchait pas à comprendre un mot de la conversation. Ils ont appelé du renfort !

Il passa devant eux et tourna sur sa droite. Tous les trois forcèrent l'allure, changeant le plus possible de direction pour semer leurs poursuivants. Les galeries n'en finissaient pas, toujours plus longues les unes que les autres, toutes identiques. C'était un vrai labyrinthe. Par plusieurs fois, ils durent rapidement faire demi-tour, alors qu'ils se retrouvaient coincés dans des culs-de-sac. N'entendant plus leurs poursuivants, ils s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Alexandra, pliée en deux à cause d'un point de côté qui lui coupait le souffle, se laissa tomber contre le mur. Elle murmura, exténuée :

- On n'en sortira jamais... J-Je n'arrive plus à... Trouver la sortie de la dernière fois...
- Ben il faut en trouver une autre, répliqua Bakura.

Quelques secondes de silence s'écoulèrent, avant qu'un cri ne retentisse :

- Ils sont là !

Tous les trois sursautèrent et reprirent leur course.

- Quelqu'un a l'heure ? Demanda Alexandra. J'ai l'impression que ça fait des jours heures que nous sommes ici !
- Il est presque onze heures du matin, répondit Tristan, qui avait quitté son lit vers trois heures du matin. Tu n'avais pas tout à fait tort.
- Eh ! Entrez-là ! Lança Bakura.

Il avait ouvert une porte. En entrant tous les trois, avec Makuba toujours inconscient, ils se retrouvèrent bien à l'étroit dans ce qui semblait être un placard à balais, totalement vide. Ils refermèrent la porte le plus possible, de façon à laisser un petit jour pour regarder ce qui se passait à l'extérieur. En retenant leur souffle, ils virent les trois gardes du corps ralentir, puis passer à côté de la porte en marchant, regardant de chaque côté, l'oreille tendue à l'affut du moindre bruit. Alexandra, Bakura et Tristan retinrent leur respiration à leur passage, puis entendirent avec soulagement le bruit de leurs pas s'éloigner. Ils attendirent encore quelques minutes, pour s'assurer qu'il n'y avait plus d'autres agents de sécurité, et sortirent de leur cachette. Ils revinrent lentement sur leurs pas, observant les galeries, comme s'ils étaient à la recherche d'un panneau qui leur indiquerait une sortie. Durant leur marche, Alexandra resta en retrait, se tenant éloignée de Bakura. Elle était un peu plus rassurée par la présence de Tristan, elle était à peu près certaine que le Voleur ne tenterait rien, mais elle restait méfiante. Perdue dans ses pensées, elle se cogna contre Tristan, qui s'était arrêté.

- Excuse-moi, murmura-t-elle, en regardant devant elle.

Ils se trouvaient certainement dans l'une des tours carrées du château, car un grand escalier en colimaçon, qui longeait les murs, s'élevait vers les étages. Ils s'y engagèrent et en arrivant sur le premier palier, ils constatèrent la présence d'une porte métallique. Malheureusement, elle était verrouillée. Le scénario fut identique pour les autres étages. Ils se trouvaient sur l'un des derniers paliers lorsque la porte dont ils venaient de tourner la poignée, sans succès, émit un cliquetis et s'ouvrit d'un coup. Les trois agents de sécurité déboulèrent sur le palier, visiblement ravis. Ils étaient venus avec du renfort et étaient six à présent. Alexandra, Bakura et Tristan se précipitèrent vers la volée de marches suivante et arrivèrent ainsi au sommet de la tour. Voyant en haut des escaliers une porte ouverte, donnant sur la lumière du jour, Tristan s'exclama :

- On va peut-être pouvoir sortir par-là !

Il ralentit un peu et franchit la porte. Toutefois, il manqua de tomber, car l'ouverture donnait sur le vide. Un pas de plus, et il aurait été précipité une cinquantaine de mètres plus bas. Alexandra, qui s'était arrêtée dans l'escalier, sur la dernière marche, s'exclama :

- C'est fichu ! On est fait comme des rats !
- Tu es bien pessimiste, ça ne te ressemble pas, répliqua Bakura, en passant devant elle.

Il s'avança et toisa les six agents de sécurité, qui les attendaient au bas des marches, un pistolet à la main. Il tira de la poche de son jeans un paquet de cartes de Duel de Monstres et déclara :

- Si vos armes sont ces morceaux de métal, mon arme à moi sera ces cartes. Je vais vous montrer ce que signifie avoir peur.
- Cesse tes conneries ! Lança l'un des agents, en retirant le cran de sécurité.

Il appuya sur la détente et la balle vint frapper la pierre, juste à côté de l'oreille d'Alexandra. Cette dernière émit d'ailleurs un petit cri d'effroi, en se baissant. Le regard du Voleur se durcit La Gardienne était à lui et à personne d'autre. L'imbécile qui avait failli lui faire mal allait payer. Tirant une carte, le jeune homme la dévoila Il s'agissait de L'Insecte Mangeur d'Hommes. Grâce à son Anneau du Millénium, le monstre se matérialisa devant lui et commença à descendre les marches, avant de s'élancer sur les agents de sécurité. Ces derniers tirèrent plusieurs coups de feu sur le monstre, mais les balles passaient au travers, comme s'il s'agissait d'un hologramme. Ils poussèrent alors des cris de terreurs et détalèrent, en lâchant leurs armes. L'insecte attrapa les deux agents de sécurité qui étaient en tête et les serra entre ses pinces.

- Attendez ! Je vais vous sauver de L'Insecte Mangeur d'Hommes ! S'exclama Bakura.

Il tira une seconde carte et matérialisa La Morphojarre. Puis il se mit à ricaner.

- Quoique... C'est peut-être encore pire maintenant... Lança-t-il.

Il descendit le reste des marches, alors que ses monstres se volatilisaient et attendit patiemment que Tristan et Alexandra arrivent au bas des marches. La jeune femme restait en arrière, aussi pâle qu'un cadavre. Bakura n'avait pas fait qu'envoyer les esprits des agents de sécurité au Royaume des Ombres, il y avait également envoyé leurs corps. La vue d'une paire de lunettes noires cassée et d'un bout de phalange lui provoqua un haut le cœur et elle dut inspirer plusieurs fois avant de se sentir mieux. Pendant qu'elle essayait de retrouver une respiration normale et qu'elle calmait les soubresauts de son estomac, Tristan et Bakura discutaient. Cependant, la conversation n'avait rien de très amicale.

- Tu n'es pas Bakura ! S'exclama Tristan. Tu es l'esprit qui hante son corps !
- Ça aurait été mieux pour toi de ne pas t'en souvenir, répliqua la Voleur, en passant à côté de lui. Donne-moi Makuba, vite !
- Pourquoi je te le donnerai ?
- J'ai besoin d'un réceptacle, vidé de toute forme d'esprit ou d'âme.

La dernière parole de Bakura résonna dans la tête d'Alexandra. Elle n'allait pas le laisser s'en prendre comme ça à Makuba. Elle profita de l'inattention du Voleur pour se glisser derrière lui.

- Aller ! Donne le moi ! Insista ce dernier, alors qu'une brume noire commençait à couvrir leurs pieds. Toi aussi tu veux devenir un sacrifice des forces des Ténèbres ?

Tristan hésita. Il suivait la jeune femme des yeux et de ce fait, il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il resta alors sur place, immobile, et la regarda s'emparer d'une barre métallique, appuyée contre le mur. Bakura semblait avoir pressenti que quelque chose n'allait pas et au moment où il se retournait, Alexandra le frappa violemment à l'arrière de la tête. Il retomba sur le sol, inconscient.

- Je suis désolée, mais je ne peux pas laisser faire ça, souffla-t-elle.

Elle reposa la barre et échangea un regard avec Tristan. Ce dernier était abasourdi. Pour rompre le silence et éviter les questions inévitables qu'il lui poserait, elle déclara :

- Donne-moi Makuba, je vais le porter. Toi, prend Bakura. Nous allons passer par cette porte, je crois que c'est la seule d'ouverte.

Elle avait indiqué la porte que les agents de sécurité avaient empruntée. Le jeune homme acquiesça, lui remit Makuba avant de prendre Bakura et ils repartirent tous les deux vers la partie habitable du château. Ils n'avaient pas retrouvé Seto et une pointe de chagrin pinça le cœur d'Alexandra, mais il était plus prudent pour eux de ne pas s'attarder dans les galeries. En passant dans un salon, la pendule leur indiqua qu'il était déjà plus de deux heures de l'après-midi. La jeune femme s'étonna : Ils avaient passé tant de temps dans les sous-sols ! La première partie de la phase finale devait être presque terminée.

- Il faut retourner à l'arène de duel, tu sais quelle direction prendre ? Demanda soudainement Tristan, alors qu'ils tombaient sur un nouveau cul-de-sac.
- Pas vraiment, non, répondit Alexandra, en revenant sur ses pas. Il faudrait essayer de rejoindre le hall d'entrée De là, ça devrait aller.

Ils tournèrent encore pendant une vingtaine de minutes avant de se retrouver dans le hall. Une fois à cet endroit, retrouver leur chemin fut plus facile et ils ne mirent pas dix minutes pour arriver sur le balcon, où les attendait Joey et Téa.

- Wah ! Enfin ! S'exclama Tristan.

Exténué, il posa Bakura sur le sol, l'appuyant contre le garde-fou, et se laissa tomber à terre, lui aussi. Alexandra déposa Makuba à côté de Bakura avant de se faire aveugler par une touffe de cheveux blonds. La voix de Joey demanda alors :

- Alex ! Comment te sens-tu ? Tu vas bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Eh... Arrête, tu m'étouffes... Bredouilla la jeune femme, en essayant de lui faire desserrer son étreinte.
- Désolé.

Le jeune homme la relâcha, mais garda ses mains posées sur ses épaules.

- Nous avons libérés Makuba, mais nous n'avons pas trouvé Kaiba, déclara Tristan.
- Et Bakura a eu un petit ennui avec les hommes de Pegasus, mentit Alexandra. Rien de grave, rassurez-vous.

Elle échangea un bref regard avec Tristan, par-dessus l'épaule de Joey, puis poussa un profond soupire.

- Ça va, Alex ? Demanda le blond, inquiet.
- Je suis épuisée, répondit-elle. Mais qu'est-ce qui se passe ici ?

Elle se tourna vers le centre de la pièce Au niveau de l'arène, un immense dôme, fait dans une espèce de fumée noire aux tâches bleues et rougeâtres, la dissimulait au regard. La jeune femme écarquilla les yeux, horrifiée : Ainsi Pegasus défiait Yûgi – Ou certainement le Pharaon – dans un Jeu des Ténèbres. Un nouveau regard échangé avec Tristan lui fit comprendre qu'il pensait la même chose. Bakura avait failli déclencher un Jeu des Ténèbres, lui aussi, pour s'emparer de Makuba, mais elle l'avait assommé à temps.

- Nous ne pouvons rien voir d'ici, annonça Téa

Abandonnant Makuba et Bakura toujours inconscient, tous les quatre descendirent pour se rapprocher de l'arène.