Coucou tout le monde ! Comment ça va depuis le temps ?

Je me permets de vous poser une question à laquelle vous ne pouvez pas répondre car c'est un texte (moi et mes blagues de merde…) parce que pour moi, y'a eu pas mal de chamboulement ! Lesquels, me demandez-vous ?

Allez, jouez le jeu, c'est pas sympa de me laisser en plan comme ça…

Alors, quels changements ? La réponse est simple.

Le travail, bien sûr !

Et oui ! Depuis début septembre, je suis une formation pour trouver du boulot ! Parce que le fléau qu'est le travail n'épargne personne !

Ou alors, que les honnêtes gens. Bon, ben c'est bon signe pour moi !

En tout cas, me revoilà pour le mois d'octobre avec mon nouveau rythme (et j'ai déjà du mal à le suivre… ça promet), près à vous surprendre avec un chapitre ! Celui-là m'a pris plus de temps que prévu, mais il sera, je l'espère, à votre goût ! C'est parti !


CHAPITRE 5 : LA VERITE BLESSE…


Boulangerie de Takara Andoh

03/11/2000, 18 : 00


« Et voilà ! Tout le monde c'est servi ? »

« Oui, c'est bon ! »

« Ouais, ouais… »

« O-oui… merci encore ! »

« C'est bien normal, entre amis, ne t'inquiète pas ! »

C'était une bonne semaine, en prenant un peu de recul. En tout cas, selon Makoto.

Lui et ses autres amis avaient visités plusieurs endroits qu'ils aimaient tous, dans le but de passer de bons moments ensemble. Ruruka avait montré à tout le monde la boulangerie de son père, Kiriko les avait emmenés à la boutique de sa mère, et ils sont même allés au zoo sous la surveillance d'une garde que Natsumi avait apparemment demandé. Ils avaient tous besoin de se détendre…

Et surtout Mikan. Après tout, ils n'avaient pas oublié ce qu'il s'était passer quand ils se sont tous revu. Et de ce qu'ils avaient compris, elle était extrêmement nerveuse, et ses compétences sociales étaient… abyssales, pour être complètement honnête. Mais aux vues de l'attitude un peu plus joyeuse sur son visage et du sourire qu'elle leur donnait, elle allait déjà mieux, et ça faisait plaisir, bien qu'elle avait encore beaucoup de progrès à faire.

Makoto se tourna pour sourire vers Ruruka. « En tout cas, c'est super gentil de ta part de nous avoir inviter, Ruruka ! »

« Hé hé, de rien ! On avait bien organisé ça de base ! » La fille rit de manière enjouée. « Et puis bon, c'est bientôt mon anniversaire, alors autant se préparer pour l'occasion ! »

« Oh ! C'est vrai ! » Seiko écarquilla des yeux. « Maintenant que tu y pense, Ruruka… j-j'avoue que j'hésite un peu avec le choix de cadeau… et dire que c'est dans une semaine… »

« Tu as encore le temps de réfléchir. » Sonhosuke parla calmement. « Et puis, d'habitude, on fait toujours ça ensemble. »

« O-oui, c'est vrai, mais - »

« Ouais, là, faudrait m'expliquer. » Fuyuhiko interrompit en levant un sourcil. « J'veux dire, t'es pas censé garder le cadeau comme secret jusqu'au jour J ? »

« En effet, c'est… curieux. » Peko continua pour lui. « J'avoue être légèrement surprise par cette initiative. N'est-ce… pas censé être une surprise ? »

« Oh, on fait ça chaque année depuis qu'on se connaît ! » Ruruka expliqua avec un sourire. « Quand c'est bientôt l'anniversaire de quelqu'un, on se réunit chez lui ou elle pour discuter des activités à faire ensemble, ou des cadeaux à recevoir. »

« Seiko est toujours nerveuse et ne sait jamais quoi choisir. Donc, ça sert. »

« C-c'est vrai… mais je n'ai pas envie de toujours donner la même chose à chaque fois. Seulement… après un certain nombre de fois… »

« Ça devient répétitif, et tu n'as pas envie que ça arrive ? » Komaru finit pour elle. « Je comprends. Mais ça doit quand même être complexe, au bout d'un moment. »

« Oh, pas tant que ça ! Et puis, on a une petite idée de ce qu'on veut pour la prochaine fois ! » Ruruka sourit avant de regarder vers la fenêtre, d'un air pensif. « En plus… moi, j'aime bien cette occasion. Maman est toujours là pour me le souhaiter… »

Tout le monde la regarda avec intérêt, mais c'est Makoto qui dit voix haute ce que lui et les autres ne savait pas. « Ta maman ? C'est vrai, ça. On ne l'a jamais vu, maintenant que j'y pense. »

« Oui, c'est la première fois que tu la mentionnes… » Kiriko la regarda de manière nerveuse. « P-pardon de poser la question, mais… est-ce qu'il est arrivé quelque chose ? »

Ruruka hésita un peu avant de les regarder d'un air un peu triste. « E-eh bien… pour tout vous dire, je n'en sais rien non plus. J'ai entendu papa et maman se disputer une fois, et ça avait l'air d'être grave… le jour suivant, elle n'était plus là. Elle n'est plus revenue ensuite Et il n'a pas voulu m'expliquer pourquoi… seulement qu'il m'expliquerait quand je serais grande… »

« Tu penses que c'est grave ? »

Tout le monde se retourna de manière étonnée par Natsumi, qui n'avait pas encore parler depuis qu'ils étaient tous arrivés. La seule autre personne qui ne parlait pas énormément était Mikan, mais c'était plus par nervosité qu'autre chose.

Et le ton qu'elle utilisait indiquait qu'elle semblait… très sérieuse par rapport à cette question.

Et ce même ton perturba beaucoup Ruruka, avant qu'elle ne se remette à sourire, mais de manière plus forcée. « Oh non, faut pas s'inquiéter ! Je veux dire, je la voie de temps en temps aussi, alors tout va bien ! Et puis, elle m'a dit qu'ils expliqueront ensemble plus tard, alors… »

« Je vois. C'est rassurant. Nous espérons que tout se passe bien également. »

« Ouais, c'est quand même chaud, ce genre d'histoire. On sait jamais jusqu'où ça mène, en général. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. »

« Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Ruruka n'aime juste pas voir ses parents se disputer. »

« C'est vrai… et puis, les fois ou madame Andoh vient, elle est plutôt gentille… »

« Oui, on comprend. C'est juste que… on espère que ça se résoudra rapidement. Grand frère et moi, on a déjà vu nos parents ne pas être d'accord plusieurs fois, mais ça n'est jamais allé aussi loin que ça. »

« C'est la même chose pour moi. J-je ne sais pas ce qui se passerai si jamais ça tournait mal… »

Makoto resta silencieux durant cette discussion. Pour être honnête, il n'aimait pas qu'on aborde des sujets tristes en général. Mais il n'avait vraiment pas aimé quand sa sœur avait évoqué quand ses parents se disputaient. Ce n'était pas si grave que ça ! Ils le disaient eux-mêmes que c'était simplement par rapport à une… divergence ? Oui, une divergence d'opinion. Sur des choses simples pour des collègues de travail par exemple. C'était impossible qu'ils puissent partir chacun de leur côté… pas vrai ?

« …mais dans ce cas, qu'est-ce que ça voudrait dire pour Ruruka et ses parents ? »

Cette pensée le calma tout de suite, et à la place, il se sentit honteux de laisser de telles pensées lui traverser l'esprit. Après tout, il venait d'entendre que les parents de Ruruka avaient eux une grosse querelle, au point qu'elle ne pouvait plus voir sa mère aussi souvent. Il était sûr que ce n'était pas normal.

Et en plus, en regardant la salle de plus près, il voyait que certaines personnes ne se sentaient pas à l'aise, en plus de Ruruka. Seiko semblait regarder au sol pendant un moment avant d'aller réconforter Ruruka une nouvelle fois, et Fuyuhiko et Peko se regardaient de manière bizarre, comme s'ils se disaient quelque chose.

Mais ils y avaient deux cas plus inquiétants encore.

Pour commencer, Natsumi était… en fait, il ne savait pas du tout quelle expression elle avait. Ses yeux étaient assombris, et ses lèvres formaient une ligne parfaitement droite… et pour il ne savait quelle raison, c'était encore plus terrifiant que quand elle était énervée, puisqu'il ne l'avait jamais vu comme ça.

Et la deuxième personne était Mikan, qui n'avait toujours pas parlé. Il avait pensé que c'était parce qu'elle était nerveuse… mais il se rendit compte qu'en mentionnant le sujet, elle l'était légèrement plus.

« Peut-être que c'est parce qu'elle a peur de dire quelque chose de mal. Elle est très timide après tout… » Décidant de l'aider, il lui adressa la parole. « Mikan ? Est-ce que ça va ? Tu peux nous dire si quelque chose ne va pas, tu sais ? »

« Haaa ?! » La fille s'écrit de surprise avant de se calmer. « E-euh… oui, je sais. C'est juste… j-je pense suis triste pour toi, Ruruka-san. Je n'aime pas voir les gens tristes non plus, avec les histoires de p-parents… »

« C'est normal, c'est un sujet qui touche tout le monde. » Seiko la regarda de manière rassurante avant de baisser les yeux. « Moi, je suis dans un orphelinat, alors je ne peux pas vraiment parler de papa, mais… j-je considère la directrice comme ma propre mère. Je n'ose pas lui dire parce que je ne veux pas la gêner… »

« Oh, on a déjà parler de ça, Seiko-chan ! Elle t'adore, c'est juste qu'elle aime pas le montrer ! » Ruruka gloussa un peu. « Tu devrais avoir plus confiance en toi, quand même ! »

« J-je sais… »

« E-en tout cas, je suis contente que tout aille bien pour vous… » Mikan sourit de manière triste. « M-moi non plus, je n'ai pas de maman… »

« Ah ? » Komaru et les autres la regardèrent de manière curieuse. « Elle est partie aussi ? »

« N-non… e-elle n'est plus là… par ma faute. »

Cette réplique étonna tout le monde. « …pardon ? J'avoue ne pas comprendre. »

La pauvre fille se mit à regarder le sol, les larmes commençant à sortir de ses yeux. De toute évidence, elle avait peur… mais de quoi ?

« Euh, Mikan… c'est bon, tu n'as rien à craindre. » Kiriko dit d'une manière douce. « J-je veux dire, pourquoi ? On te connaît tous, on doute vraiment que tu puisses être responsable de quoi que ce soit- »

« M-mais ça doit être vrai ! …c'est ce que papa me répète tous les jours… »

Le silence qui se fit entendre par la suite se fit glacial. Une tension absolument intenable s'installa dans la pièce. La pauvre Mikan, qui s'était une nouvelle fois mise à regarder le sol avec les larmes aux yeux, ne se rendait même pas compte de la terreur qui se dressait sur tous les visages dans la salle.

Après un moment agonissant, Fuyuhiko fut le premier à briser le silence. Et sa voix se trouvait entre l'horreur et la rage. « Quoi ?! Qu'est-ce que t'as dit ?! »

Ce ton mis complètement en panique la pauvre fille. « P-pardon ! J-je sais que c'est à cause de moi que c'est arrivé, mais je vous en prie, ne me haïssez pas ! »

« Hé, ça n'a rien n'a voir ! » Ruruka se leva soudainement pour aller vers elle. « C'est quoi, cette histoire de papa qui te dit des horreurs pareilles ?! »

« C'est vrai, Mikan ! » Komaru la regarda de manière stupéfaite. « Ce n'est pas normal ! »

« Mais – mais ce n'est pas ce qu'il dit- »

Et durant sa défense, c'est là que Makoto remarque enfin quelque chose d'encore plus alarmant. « Mikan ? T-ton bras… »

Les autres se mirent à le fixer aussi, et pratiquement tous eurent un halètement d'horreur.

« Q-quoi ? » La concerné le regarda à son tour, et dès qu'elle comprit ce dont ils parlaient, elle le cacha avec effroi. Mais le mal était déjà fait.

Dans la panique, le bandage de Mikan s'est défait, ce qui laissa voir des marques de blessures toutes rouges sur le long du bras. Et maintenant qu'ils y pensaient…

« Attends… qu'est-ce que c'est que ces blessures ?! » Seiko arriva vers elle l'air apeurée. « Ne… ne me dis pas que les brutes ont pu recommencer ?! Comment ont-ils pu t'approcher alors qu'on était là ?! »

« N-non, ça n'a rien à voir ! » Mikan cria toute affolée, refusant de les regarder en face. « C-c'est juste… ça n'est rien de grave ! J-je peux me soigner si ça vous gêne ! »

« Ça n'est pas la question, Mikan ! » Kiriko monta le ton sans le vouloir. « Ce qui se passe là, ça n'est pas normal ! »

« Elle a raison, c'est très grave, ce qu'on voit ! » Peko tenta de rester calme, mais la situation la rendit assez nerveuse. « Tu devrais être à l'hôpital à cet instant. »

Le seul qui réussissait à garder son calme était Sonhosuke, mais de peu. « Effectivement, tu as l'air d'avoir mal. Et à en juger par les autres bandages partout- »

« J-je sais me traiter toute seule ! » Mikan était en état de panique complète. « Et en plus, i-il dit tout le temps que c'est ce que je mérite ! Q-que si je n'avais été née, j-je ne poserai pas autant de problèmes à tout le monde ! »

BAM !

« ET TOI, TU L'ECOUTES ?! »

Et c'est ainsi qu'après l'explosion d'angoisse de la timide fille, c'était au tour de Natsumi de laisser libre cours à ses émotions. Et quand les autres la virent mettre ses mains violemment sur la table, ils constatèrent le visage de leur amie.

Un visage… entièrement rouge, déformé par la colère.

« T'es en train de me dire qu'y a pas que ces connards qui te pourrissent la vie ?! Ton putain de vieux te considère comme un fardeau ?! Et toi, tu… t'es juste prête à te laisser marcher dessus ?! SANS RIEN DIRE ?! »

Mikan se mit à trembler de façon frénétique. Les larmes commençaient à couler abondamment. « Je… je… » Soudainement, elle se leva et sortit en pleurant. « JE SUIS DESOLEE ! »

« Hé, attends ! » Ruruka tenta de l'arrêter, mais c'était déjà trop tard. Frustrée, elle se tourna vers Natsumi. « Ah ben bravo ! Regarde un peu ce que t'as fait ! »

« J-je comprends que ça t'énerve, mais tu n'avais pas à t'emporter comme ça ! » Seiko continua. « Elle était déjà terrorisée, tu l'as probablement effrayé encore plus ! »

Sonhosuke ne fit que la regarder d'un air strict avant de parler. « Les filles, on parlera d'elle plus tard. Pour l'instant, Mikan a besoin de nous. »

« …bon, d'accord ! Mais cette discussion n'est pas terminée ! »

Et avec ça, le trio d'amis alla dehors pour tenter de la retrouver, laissant le reste du groupe à… méditer sur la scène qu'ils venaient de voir.

Enfin, avant de remarquer que Natsumi décida également prendre la porte. « …j'me casse aussi ! J'ai besoin de prendre l'air ! »

« Quoi ?! Natsumi, attends ! »

Makoto tenta de la rejoindre, mais il sentit une main contre son épaule. « J'te conseille pas de faire ça. Ma sœur est dans un état pas possible. Elle écoutera personne quand elle est en rogne comme ça. »

« Oui, tu ferais mieux de la laisser tranquille pendant un petit moment. » Peko encouragea. « Nous l'avons déjà vu en colère, mais j'avoue que c'est la première fois que je la voie à ce point comme ça. »

Le garçon hésita pendant un petit moment. « La première fois ? Natsumi s'est déjà mise en colère, c'est vrai, mais même Fuyu-chan et Peko-chan ne l'ont jamais vu comme ça avant ? Est-ce que ça veut dire que… qu'il se passe quelque chose dans sa famille ? Quelque chose pour la pousser à ce point ? »

« Oh là là… quelle histoire. J-je ne pensais pas que ça irait aussi loin… » Kiriko murmura nerveusement. « Je veux dire, c'est horrible ce qu'il se passe chez Mikan… mais la réaction de Natsumi… »

« Ouais, désolé. Ma sœur a tendance à… exploser quand ça arrive. »

« Oui, c'est vrai qu'elle a un caractère particulier, mais là… » Komaru regarda son frère de manière inquiète. « Ça me fait penser à la fois où on a croisé les brutes quand ils… quand ils s'en sont pris à Mikan. Je crois qu'elle avait un regard similaire… »

« C'est vrai… elle avait un ton encore plus énervé quand elle a vue Mikan se faire maltraiter… et même que les jours où on l'accompagnait… » Là, il écarquilla des yeux, une réalisation s'était incrustée dans son esprit. « Hé… et si… »

« Hmm ? » Peko remarqua immédiatement son expression. « Makoto, il y a quelque chose qui ne va pas ? »

« Non, c'est juste que… je crois que j'ai compris ce qu'il se passe. » Le garçon se tourna vers son groupe de manière déterminée. « Et je vais essayer de lui parler pour en être sûr. »

Cette déclaration surpeis tout le monde. « Quoi ?! Hé, abruti, t'as pas entendu ce que j'ai dit ou quoi ?! Natsmui t'écoutera pas dans son état ! »

« Ça ne me coutera rien d'essayer ! Et puis, je ne peux pas la laisser en colère comme ça ! »

« Makoto, on apprécie vraiment tes efforts, mais tu ferais mieux de nous écouter. Natsumi n'est pas du genre à laisser les gens l'approcher comme ça sans rien faire ! »

« Et pourtant, elle m'a laissé l'aider. »

Tout le monde fut surpris par cette déclaration, sans que personne ne sache de quoi il parlait, ni comment répondre à cela… tous, sauf Komaru. « Grand frère… tu parles de la fois où tu l'as trouvé dans le parc, c'est ça ? »

« Oui. Elle était en pleurs quand je l'ai vu. Et elle avait d'abord refusé de m'écouter… mais ensuite, elle s'est calmée quand je lui ai parlé. » L'expression réussit apparemment à se transmettre à sa voix et le reste de son visage. « Si je la laisse toute seule maintenant, je n'aurais pas d'autres chances de rectifier le tir pour tout le monde ! »

Un petit silence s'installa, tout le monde méditant sur ses paroles. Enfin, Komaru brisa le silence, avec la même détermination. « D'accord. Je te fais confiance, grand frère. »

« B-bon, si tu le dis… » Kiriko sourit nerveusement. « Si tu dis que tu peux lui parler, alors… je ne peux que t'encourager à faire attention. »

Quant aux deux enfants, ils ne dirent rien pendant un moment, semblant contempler ses mots. Puis Fuyuhiko le regarda droit dans les yeux, avec la même expression qu'il lui avait donnée quand Natsumi s'était mise à pleurer sur son lit d'hôpital, et lui dit « Bon, d'accord. Mais si tu sens que c'est trop pour toi, tu te casses. Et c'est pas une suggestion, c'est un ordre. C'est compris ? »

« Oui, t'inquiète pas ! » Makoto sortit de la pièce à son tour, sa destination connue de tous.

« Bon, eh bien, au moins, quelqu'un va voir si elle est plus… détendue, si j'ose dire… » Kiriko retrouva un peu de confiance en elle pour poser la question suivante. « M-mais ça fait un moment que Ruruka et les autres sont parties… vous croyez qu'il leur est arrivé quelque chose ? »

« Ben, si tu veux, on peut peut-être aller voir dehors pour en avoir le cœur net ! » Komaru décida. « On peut pas laisser tout le monde faire une part du travail, il faut qu'on participe ! »

« O-oui, tu as raison ! Allons-y ! »

Les deux filles partirent également, ne laissant plus que Fuyuhiko et Peko avec leurs propres pensées. « Eh bien, ce goûter fût un… désastre complet, je pense qu'on peut le dire. »

« Ouais, c'est peu de le dire. Putain, comment plomber l'ambiance, quoi... »

« Jeune maître, ce n'est pas de la faute de qui que ce soit- »

« Je sais bien, bordel ! Mais franchement, on nous a délivré bombe sur bombe ! D'abord Mikan, ensuite Natsumi… franchement, pourquoi on peut pas avoir de vie normale, hein ?! Je veux dire, merde, moi qui pensais que ça pourrait t'aider, et à la place, on apprend que l'un d'entre nous se fait battre par son vieux ! »

« V-vous savez qu'on ne peut pas- »

« Les enfants ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Les deux enfants se tournèrent vers Takara, qui se trouvait devant la porte avec un regard inquiet.

« Ah. » Peko prit la parole de manière neutre. « Je suppose que… vous avez tout entendu ? »

« Ah ben pour vous entendre, ça oui ! J'ai pas entendu ce que vous disiez, mais vous parliez fort ! les clients se sont inquiétés, d'ailleurs ! » Le père de famille porta son regard autour de la pièce pour revenir vers eux. « Ou sont passés Ruruka et tout le monde ? Vous vous êtes disputés, mais c'était… si grave que ça ? »

Fuyuhiko pensa un petit moment avant de se tourner vers Peko. « Bon, va surveiller Natsumi et Makoto au cas où ça tourne mal. Moi, je m'occupe d'expliquer tout ce foutoir. »

« Est-ce que… est-ce que tu es sûr ? »

« Ouais, ouais. Je préfère tout lui expliquer pour qu'il comprenne bien. Et puis… on lui doit au moins ça ? »

« …très bien. J'y vais. » Peko quitta donc la pièce, laissant les deux individus seuls.

Katara regarda le jeune yakuza de manière plus sérieuse. « Bon… si tu pouvais commencer, histoire que j'ai une bonne idée de ce qu'il s'est passé… »

Fuyuhiko soupira avant de le regarder aussi. « Ok, je vais pas y aller par quatre chemins, à ce stade, ça serait insultant. Voilà le topo… »


« Oh là là… quelle histoire, quand même… »

C'est ce que marmonnait Makoto pendant qu'il cherchait son ami. Lui aussi avait été surpris par la réaction de Natsumi. Mais après avoir passé du temps avec elle, même si elle était tête brûlée de nature, quand elle s'énervait, c'est qu'il y avait une bonne raison. Et il avait bien l'intention de savoir ce qu'il se passait dans sa tête pour que ça la mette dans cet état.

Après un petit moment, il finit par la retrouver seule, sous un arbre. Il ne pouvait pas voir son expression, mais il se doutait qu'elle n'était pas bien. Mais cela ne le découragea pas. « Hé, Natsumi. »

« Va-t'en. »

« Ouais, ça ne va pas être facile… » Makoto s'approcha beaucoup plus doucement. « Tu sais bien que je peux pas faire ça. »

« Fuyuhiko t'as dit comment j'étais comme ça, non ? Alors fait toi une faveur et dégage. T'as pas envie de trainer avec moi maintenant. »

« Te laisser toute seule n'arrangera rien, et je crois que tu le sais. Je veux t'aider. »

Là-dessus, le garçon la vit se lever avec une fureur ardente dans les yeux, et il recula brièvement quand il vit un poing s'arrêter juste devant son visage.

« Tu peux pas m'aider ! Pas quand je suis comme ça ! » Il l'entendit s'exclamer, avant qu'elle se calme. « Juste… va-t'en. Je veux pas… je ne veux pas te faire de mal. S'il te plait. »

Mais c'était le genre de calme qui était forcé. Makoto pouvait voir le poing trembler devant ses yeux, et il pouvait voir des larmes dans le coin des yeux de Natsumi, semblant complètement sans repère.

Comme le jour où il l'a trouvé dans le parc.

Sachant ce qu'il avait à faire, il prit gentiment son poing dans sa main avant de la regarder de manière sincère. « Tu l'aurais déjà fait sinon. »

Doucement, mais sûrement, il sentit le bras de la fille perdre sa rigueur, pour qu'il puisse la voir baisser la tête, une larme coulant de sa joue. »

« J-je… voulais pas m'énerver contre toi. » Sa voix était tremblante et craintive. « Je voulais même pas te crier dessus. »

« Tu ne m'as pas fait de mal, Natsumi. »

« J'ai failli te frapper ! »

« Mais tu ne l'as pas fait. »

« Pas encore. J-je peux pas- »

« Natsumi. Regarde-moi. S'il-te plait. »

Encore cette voix calme et douce, dont Natsumi se souvient si bien. C'est la même voix qui l'avait sorti des ténèbres plusieurs mois plus tôt.

Malheureusement, le contexte ici était différent.

« Je sais que tu n'aimes pas montrer tes émotions parce que tu penses que ça te rend faible. Ça ne me plaît pas, mais je comprends pourquoi tu fais ça. Tu m'as dit que c'était un truc de famille, si je me souviens bien ? »

Natsumi le regarda un peu surprise pendant une minute avant de hocher la tête en silence.

« Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta famille pour que tu aies besoin de faire ça, mais… je veux que tu saches que tu n'as pas besoin de faire ça avec moi. » Le sourire de Makoto devint triste. « Tu peux cacher tes émotions auprès de ton frère et Peko si tu le souhaites. Tu peux faire la fière devant tout le monde pour l'instant. Mais si quelque chose te tracasse à l'avenir… je voudrais que tu m'en parles. On est amis, tu le sais. »

Pendant un petit moment, Natsumi regarda le sol, le silence leur tenant compagnie.

« …j'ai fait une grosse connerie. »

Seul ce murmure échappa ses lèvres. Mais Makoto savait de quoi elle parlait. « Ça va aller, Natsumi. On va trouver une solution. Et je crois que je sais pourquoi tu as fait ça… même si j'aimerai l'entendre de toi pour être sûr. »

Elle se retourna vers lui lentement, et bien qu'elle avait les yeux rouges avec l'accumulation d'émotions qu'elle venait de traverser, son expression était très sérieuse. « T'as raison, j'ai mes raisons, et faut que ça sorte. Mais ce que je vais de dire, ça va pas te plaire du tout. Tu veux toujours rester avec moi ? »

Malgré la déclaration, Makoto avait

« Je suis prêt, Natsumi. Quoi qu'il arrive, je reste avec toi. »


A SUIVRE DANS LE CHAPITRE SUIVANT


TADAAAA ! Un cliffhanger comme vous les aimez ! C'est pas magnifique, ça ? Hé oui, je me permets de vous teaser alors que je viens tout juste de revenir… et pour repartir à nouveau.

Bon, rangez vos torches et vos fourches pour plus tard, j'ai des choses à vous dire de toute façon.

Ok… d'abord, désolé pour le retard. Le chapitre était censé sortir en début de mois, mais le travail passe avant tout parce que… ben, si je bosse pas, je ne mange pas ! Alors du coup, j'ai dû revoir mon planning. Ça, et la pandémie. Mais on en reparlera peut-être au prochain chapitre.

Bon, ensuite, ce chapitre était censé être plus long. Mais j'ai décidé de le couper en plusieurs parties pour espacer la narration… et aussi pour gagner du temps. J'en suis vraiment désolé, une nouvelle fois.

D'ailleurs, que pensez-vous de la dispute ? Pour le coup, je me sens plutôt confiant. Sûr, c'est pas la Natsumi du canon, mais je pense que je m'en suis bien sorti. Pas vous ? D'ailleurs, qu'est ce que vous d'elle maintenant ?

Alors, après les remerciements habituels à mes potes et à mon beta reader, quelle va être la révélation de Natsumi ? Quelles sont les pensées qui l'ont poussées à agir de la sorte, et quelles conséquences cela vont-elles apportées ?

Vous le saurez au chapitre suivant, au mois de Décembre, autour de Noël et du réveillon du Nouvel An ! C'est une promesse !

D'ici là, portez vous bien et soyez heureux, c'est le plus important ! Ciao !

Pupla vous rend une souris propre.