Hello~ j'espère que vous allez bien, merci Karozthor pour ta review et à très vite !
Retentissement dans les mots
« Je viens en ce jour saluer la victoire autant que de deuil pour la République. Une victoire au goût amer des morts qui l'ont arraché aux griffes de l'ennemi. Souvenons-nous de nos morts, comme je me souviendrai toujours de celles et ceux qui se sont offerts pour sauver cette chère République. »
Le Chancelier qui avait revêtu des habits sombres et simples, se tenait debout dans une salle de pierre au fin fond du Temple Jedi. Les lumières vacillantes de bougies marquaient les visages d'ombres dramatiques, peignant des traits douloureux. Il avait eu l'accord des Jedi pour prononcer son discours personnellement dans une dernière cérémonie qui lui soulevait le cœur de dégoût.
Mais il avait tenu à venir. Il continuait à observer de ses propres yeux ce Skywalker, devenu énigme dans la Force. Depuis quand avait-il changé ainsi ? Où avait-il appris les techniques secrètes de torture Sith ? Il jubilait intérieurement. Un apprenti parfait. Il serait un apprenti parfait pour remplacer Dark Tyranus. Beaucoup plus jeune, et beaucoup plus fort.
Obi-Wan n'avait pas quitté des yeux son frère d'armes. Ils n'avaient pas échangé un mot depuis leur atterrissage mouvementé sur la piste de Coruscant, s'étant comme muré dans la pierre. S'effaçant du monde, s'imprégnant du décor terne de la salle sous sa robe noire, le visage plongé sous l'ombre de sa capuche, il évitait les regards, il évitait les mots. Et au travers de leur lien, il ne trouva qu'un désert.
Il reposa son attention sur le sarcophage s'enfonçant dans le sol, rejoignant les anciens par le feu dans la Force.
Il y eut un lointain écho dans son cœur. Celui, quelque part, d'avoir failli. À nouveau.
.oXOXo.
Le ville reprenait son souffle parce que rien ne pouvait arrêter son cœur battant, les reconstructions avaient été immédiatement mises en marche sur les quartiers touchés. C'en était presque troublant. Le rythme de la Capitale ne semblait pas vouloir stopper son tango malgré ses morts.
Et les jours passaient, recouvrant les évènements, les reléguant au passé. Déjà.
Obi-Wan soupira en s'arrachant à la vue de cette ville étourdie qui n'était pourtant pas encore prête à rendre son âme. Il marcha dans les artères du Temple. Anakin avait eu droit à quelques jours de repos. Ils n'avaient toujours pas parlé depuis l'évènement. Et Obi-Wan ne savait comment aborder le sujet.
Il arriva bientôt devant les quartiers d'Anakin qui ne les avait plus quitté, excepté pour devenir une ombre errante dans les couloirs, prenant soin d'éviter toutes âmes qui vives. Il n'était pas même allé rendre visite à la Sénatrice Amidala, qui aurait su peut-être trouver les mots justes. Mieux que lui.
La porte s'ouvrit sur un petit espace coupé de toute lumière du jour. Sur un établi, un fatras de pièces mécaniques descendait jusqu'au sol. Anakin s'occupait derrière des lunettes aux verres fumés sur des choses qui ne ressemblaient à rien, seulement un entremêlement de câbles et d'acier.
Il ne releva pas la tête, toujours attelé à sa soudure. R2D2 poussa un petit sifflement depuis un coin de la pièce. Le petit droïde ne quittait plus son propriétaire depuis son retour de l'astre.
Obi-Wan, toujours sans un mot, s'assit sur un coin du lit aux draps impeccables. Inspirant lentement, il déglutit :
« Depuis combien de temps n'as tu pas dormi ? »
Il souleva son regard sur le dos d'Anakin, toujours occupé à ses outillages. Le silence, bien que ponctué des petits grésillements ci et là, s'étirait aussi lourdement que lentement.
« Tu as changé, et pas seulement depuis… »
Il s'arrêta, pressa ses paupières. Si dense était le silence.
« Anakin, j'ai besoin de réponses. Qu'est-ce qu'il s'est passé sur cette planète ? »
« Je l'ai déjà dit. L'attente a été longue. »
« Et tu as appris des techniques obscures de torture en deux semaines pour t'occuper ? »
La question avait fusé. Il avait assez entendu, trop entendu, cette foutu excuse mainte fois répétée par son ancien Padawan.
Anakin lâcha ses instruments relevant lentement la tête sans pour autant se retourner. Obi-Wan sentait pourtant un éclat de colère percer au-travers de leur lien.
« Si tu viens pour me sermonner alors tu peux repartir maintenant. J'ai attendu durant une éternité. Je n'ai rien à ajouter. »
Le vieux Jedi savait qu'il s'y était mal prit. Il soupira de lassitude. « Le négociateur » qu'on l'appelait… La perte d'Ahsoka lui rappelait beaucoup trop celle de Qui-Gon Jinn, lui faisant oublier sa maîtrise. Il relâcha ses émotions dans la Force tout en inspirant profondément.
« Anakin, je ne souhaite que comprendre. Comment en est-on arrivé là ? Il y a trop de choses que tu nous caches. »
« Nous ? »
Anakin s'était retourné vivement sur sa chaise. Cette fois-ci il n'y avait plus de doute sur la colère du plus jeune.
« Le Conseil est inquiet. » fini-t-il par avouer. Et il n'aimait pas la tournure de cette conversation.
Anakin poussa un reniflement narquois. Mais ne répondit pas. Il reprit simplement son travail. La conversation ne menait nulle part. Elle était déjà close pour son frère d'armes. Il se leva pour poser une main son épaule.
« Je sais ce que cela fait, Anakin. Quand tu seras prêt à parler, alors je serai là. »
Il sortit de la pièce, Anakin resta le regard obstinément fixé sur son travail de minutie. Obi-Wan espérait seulement qu'il l'avait entendu.
.oXOXo.
« La guerre est arrivée à nos portes ! »
« C'est une honte, que font nos troupes et les Jedi !? »
« Les Jedi ont sauvé le Chancelier et la République ! »
Dans le Sénat, les clameurs éclectiques s'élevaient, les paroles se coupaient avec véhémences, les tons s'échauffaient.
Sidious se délectait de cette discorde. La peur. La peur s'agitait dans les esprits et les cœurs. Il décida de faire traîner la cohue de voix avant de prendre la parole qui serait reçue telle une providence. Quelle pitoyables démocratie.
« Mes confrères et consœurs… je vous en pris, » commença-t-il pour ramener le silence.
« Je ne peux que remercier de toute mon âme les troupes de la République pour m'avoir arraché à la sauvagerie des Séparatistes. En ces jours sombres la Démocratie et la Paix ont été ébranlée en son cœur même. Elles ont saigné malgré la présence de l'épicentre des forces ancestrales et gardiennes de la paix. La Capitale pleure aujourd'hui et nos peuples meurent… Mais nous ne tremblerons pas. Il est le temps, chère République, que plus jamais ne ploient nos genoux. Les armées de la République sont et resteront nos protecteurs là où les Gardiens de la paix se sont vus déborder… »
Une voix s'éleva dans l'assemblée. La Sénatrice Amidala avait fait léviter sa coupole pour l'approcher du cœur de l'arène politique.
« Les Jedi sont nos véritables gardiens et protecteurs. S'ils ont échoué face à la menace Séparatiste ces jours-ci pour protéger la Capitale, alors ils ont échoué autant que nos armées de clones, autant que nous, politiciens-négociateurs de paix. »
Un murmure gêné parcouru l'assemblée. Palpatine n'aimait décidément pas cette bande de Sénateurs…
Le Sénateur Organa reprit :
« Ils se préoccupent autant de la paix que nous. Nous ne pouvons nier leur courage et ainsi humilier leur engagement et loyauté envers la République. »
La voix chevrotante de la représentante de Kaminos s'éleva.
« Et où sont-ils alors ? Où sont-ils en ce lieu sacré qu'est le Sénat pour s'expliquer sur leur échec et laisser un Sénateur tenter de rappeler leur loyauté envers la République à leur place ? »
« Les Jedi sont un corps indépendant du Sénat, comment pouvez-vous remettre en cause leur allégeance envers la Démocratie ? »
Mais déjà les murmures s'étaient transformés en grondement.
« Justement, ils s'obstinent à rester indépendants du Sénat et de la République. Nous ne pouvons compter et nous reposer sur eux. Il faut renforcer les armées qui nous appartiennent, les armées de la République ! »
« Le drame que nous avons vécu ces derniers jours est impardonnable ! »
« Renforçons nos armées ! »
Et le brouhaha reprit à la consternation de Bail Organa. Suffisait-il que la guerre arrive aux portes des élites pour que ceux-ci perdent toute raison ?
Le Chancelier rappela au calme :
« Nous sommes tous les enfants de la même République Galactique. Et c'est pour notre amour de celle-ci que nous devons la protéger avec encore plus d'ardeur. Les Jedi, gardiens de la paix s'épuisent dans la guerre, et il faut les soutenir. J'invite le Sénat à se proclamer pour le soutient à l'effort de guerre avec une amplification de l'armée des clones de Kaminos et de la République. »
« Et combien encore cette effort de guerre nous coûtera encore ? »
L'inquiétude du Sénateur Organa fut reçue dans une hué et quelques rares approbations.
« Les crédits vous importent-ils plus que la sécurité de la Démocratie ? »
« En tant que Chancelier, je proclame le renforcement nos armées et de la surveillance. Nous traquerons les Séparatistes qui veulent nous faire ployer devant la peur. Mais nous ne céderons pas, n'en déplaise à la tyrannie ennemie ! »
.oXOXo.
Les échos du discours et votes du Sénat avaient semé le trouble au sein du Conseil Jedi, où une autre tempête de discordes était née à son tour. Comment en-était-on arrivé là ? Les rapports indiquaient que des décharges explosives avaient été trouvées dans les tours de contrôles des boucliers déflecteurs.
Des mercenaires envoyés par Dooku avaient réussi là une prouesse.
Mais comment une telle démarches de la part des Séparatistes, sur Coruscant même, au nez et à la barbe des Jedi et de la République avait-elle pu s'orchestrer ? Seules quelques rares personnes au sein du Sénat et du Conseil possédaient les codes d'accès…
Des espions ? Une traîtrise au sein même des hautes sphères du Sénat ? Ou pire...
Le Grand Maître sortit de ses pérégrinations mentales pour prêter plus attention à ses confères et consœurs. Les mêmes questions hantaient les esprits.
La crédibilité de l'Ordre venait de payer cher cette bataille. Le vote du Sénat en faveur de la création de plus de troupes n'était certainement pas une bonne nouvelle. Celle de décréter une surveillance accrue encore moins. Et instinctivement, Yoda eut la nette intuition que l'Ordre avait déjà perdu la confiance du Sénat. Pire, du peuple de Coruscant même. Il ne manquerait plus que le bruit court aux oreilles extérieur que la création de l'armée de clone venait à l'origine d'un ancien Jedi quelque peu paranoïaque et ils seraient définitivement congédier de toutes voix au sein des politiques de la République.
Or, quand bien même l'Ordre Jedi étaient indépendant, ils faisaient partie intégrante de cette guerre, en étaient acteurs…
Kenobi prit la parole :
« Ce vote du Sénat ne me semble pas une bonne chose… Et pourtant. En quatre ans de guerre*, nous avons perdu trop des nôtres, tous les Initiers savent que s'ils deviendront Padawan, ils n'atteindront peut-être jamais l'âge d'être un jour sacrés Chevalier… »
« Peut-être nous faut-il trouver plus de Sensibles. Former plus de Jedi et ne pas se faire surpasser par les clones, » proposa Maître Ki-Adi-Mundi.
« Ce serait aller à l'encontre des voies de la Force, » intervient Jocasta Nu qui était sortie avec réticence de sa bibliothèque sur la demande du Grand Maître.
« Méditer sur ça, nous devons. La crainte résoudre il veut, quand la peur il entretient... Inquiétantes les déclarations du Chancelier sont. Céder à la peur, nous ne pouvons pas. Avec précaution, agir nous devons. »
.oXOXo.
Les trois Jedi étaient assis dans une salle de médication à la lumière couchante du soleil de Coruscant. Le silence s'était installé après les préoccupantes révélations de Kenobi sur le jeune Skywalker. Une situation troublante au mystère de plus en plus épais.
Trop de choses ne collaient pas, et le peu d'indices récoltés laissaient des mines perplexes et inquiètes sur les visages des trois Maîtres.
Quelque chose s'était passé sur cette planète où le jeune Jedi avait erré. Quelque chose d'inquiétant.
« Nous ne pouvons plus attendre qu'il se confie. Il nous faut des réponses ou le garder au Temple temps qu'il n'aura pas révélé devant le Conseil la vérité. »
Obi-Wan soupira aux propos de Windu. Anakin n'était pas prêt, c'était une évidence. Et avec la mort de sa Padawan, le gouffre s'était creusé… il ne voulait pas perdre la confiance de son frère d'armes.
« À quoi affaire nous avons, nous ne savons pas. Dans le plus grand secret, enquêter, il nous faut. Un Jedi sur cet astre, envoyer nous devrions. Plus de réponses nous pourrions découvrir, je présents. »
« Je pourrais m'y rendre, » proposa Kenobi.
« Vous êtes l'homme le plus proche de Skywalker, il serait préférable que vous restiez ici s'il vient à se confier ou déraper à nouveau, » soumit Windu.
Il ne pu s'empêcher de tiquer intérieurement, mais Windu n'avait pas tord, concéda le Jedi tout en caressant sa barbe.
« Je ne peux continuer à l'espionner de cette manière. Je repense souvent à mon Maître en ces temps, et je sais qu'il n'aurait pas accepté. »
Son refus à demi-mot avait fait mouche et laissa planer un fin silence tendu.
« Nous n'avons pas le choix. Qui sait ce qu'il a appris d'autre sur cette planète. Qui sait s'il n'est pas l'espion qui a donné les codes d'accès et les plans des tours de contrôle des boucliers de Coruscant ? »
« Anakin n'aurait jamais fait une telle chose. »
Un vent de tension secoua le silence entre les deux Jedi. Mace regarda le Grand Maître, pensif. Puis il hocha sa tête, répondant à une question inaudible. Une question qui avait déjà dû être posée plus tôt entre eux deux.
« Skywalker sera assigné au Temple jusqu'à ce qu'on en sache plus. »
« Anakin vient de perdre sa Padawan. Il a besoin de repos et de soutien, pas d'être enfermé et surveillé. Nous perdrions totalement sa confiance. Laissez-moi continuer à lui parler. »
Hochant de la tête, le Grand Maître sembla du même avis.
Windu se redressa en inspirant profondément sur son socle de cuire cramoisie.
« Qu'il nous fasse confiance est une chose. Mais le Conseil ne peut plus la lui accorder après ce qu'il a fait au Comte Dooku. C'est une technique d'une extrême noirceur. Nous devons être informés de votre prochaine discutions »
De sa dernière chance, pensa Obi-Wan avec amertume. Il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ce qu'il allait faire à son ami. Il n'aimait pas l'objet que Windu lui tendait et qu'il prit quand même pour le fixer à son poignet.
Plus tard dans la nuit, la Maître Shaak Ti fut chargée de la mission d'enquêter sur l'astre désertique du Cadran Nord. Elle devait partir à l'aube dans le plus grand secret du Temple.
.oXOXo.
La nuit allait bientôt laisser sa place à l'aurore. Shaak Ti marchait en direction des réfectoires pour de prendre une infusion avant que celle-ci ne soit occupée par les premiers levés. Elle aimait profiter de ses derniers moments de paix dans le Temple avant de partir pour mission. Elle fut cependant surprise d'y trouver le jeune Skylwalker installé dans un coin, une tasse entre les mains.
Il leva à peine un œil vers elle avant de retourner dans sa torpeur, le nez fixé sur l'intérieur de sa tasse.
Elle s'approcha sans troubler l'atmosphère nocturne, prit à son tour une tasse pour y verser l'eau chaude des réservoirs prévus à cet effet et y ajouta quelques feuilles séchées à infuser piochées avec douceur dans un bocal sur le côté près d'autres épices. Elle se retourna et s'avança avec élégance auprès du jeune toujours abonné à son immobilité. Il ne releva pas même la tête quand elle s'assit face à lui.
« Le sommeil non plus ne m'aimait guère quand j'ai perdu mon premier Padawan. »
Il souleva des yeux rougis et cernés.
« Tu n'as pas besoin de parler. Sache juste qu'il y a des tangentes que nous ne pouvons contrôler. Sur lesquelles nous n'avons pas d'emprise. »
Il fronça les sourcils et replongea dans la contemplation de sa tasse. Enfin, il s'enquit décrocher quelques mots d'une voix pâteuse :
« J'aimais l'emmener ici, prendre une boisson chaude quand l'insomnie nous prenait. Comme mon propre Maître avec moi. Peut-être comme le sien encore avant moi. »
« Ceux qui partent ne nous quittent jamais vraiment. Ainsi va la Force, Skywalker. »
Ses jointures blanchirent légèrement autour de la tasse.
« Ces maximes ne me la ramèneront pas. »
Shaak Ti soupira doucement.
« J'ai moi aussi veillé durant des nuits, à maudire ses chemins, maudire ces maximes. Que le deuil est long à porter… Mais je te le répète, et un jour tu comprendras : ils ne nous quittent jamais vraiment. »
« Comment as-tu fait ? »
Il avait plongé ses yeux océaniques dans les seins, comme un assoiffé en quête d'un remède miracle. Un remède qu'elle ne pouvait lui donner. Existait-il ? Seul le temps guérit ce genre de blessure.
« J'ai préféré ma solitude et me mettre mon corps et âme au service de l'Ordre. Et puis le temps est passé, et j'ai accepté que la Force nous met parfois à l'épreuve pour mieux nous connaître et nous relever. »
« T'es tu seulement relevée un jour ? »
La touche de scepticisme la prit au dépourvu. Avait-elle été pareille à la mort de ses propres Padawans ? Sûrement. Pourtant la question réveilla en elle quelque chose qu'elle avait cru relégué au passé depuis longtemps. Elle chassa cette pointe d'émotion.
Elle pressa ses paupières avant de répondre. Elle savait qu'il ne comprendrait pas ses mots tout de suite. Qu'il lui faudrait du temps.
« J'ai mis ma cause au service de l'Ordre. Les chemins que nous fait prendre la Force ne nous appartiennent pas. Elle ne fait que nous tester pour mieux apprendre. »
Il se releva abruptement.
« Merci pour vos conseils, Maître. » et il sortit du réfectoire.
Il ne l'avait remercié que par pure politesse. Il savait qu'elle n'avait jamais repris de Padawan depuis ce jour.
La tasse de lait était froide.
.oXOXo.
Depuis quand était-il là ? Padmé l'avait trouvé sur la terrasse face au soleil couchant, les mains croisées dans le dos et les yeux clos. R2 à ses côtés.
Il s'était retourné à son arrivée et lui avait décoché ce sourire qu'elle aimait tant.
Elle s'était approchée lentement, lui avait frôlé l'épaule et il avait déposé un baisé sur sa tempe, humé le parfum de ses cheveux, joué d'une main distraite avec ses boucles.
« Je suis rentré, » avait-il juste murmuré, mais ses yeux avaient fuit.
« Je suis tellement désolée Anakin- » il l'a coupa en posant son index sur ses lèvres.
« Ne t'inquiète de rien, tout sera bientôt qu'un vieux rêve du passé. »
Elle resta interdite quelques secondes pour ôter le doigt encore posé sur ses lèvres. S'était-il déjà remis de la mort d'Ahsoka ? Anakin n'était pourtant pas du même genre que le reste des Jedi. Il suivait son cœur plus que les voies des Jedi qui prônaient le détachement. Leur mariage en était bien la preuve la plus flagrante. Et il avait mis bien plus de temps à se remettre de la mort de sa mère… Avait-il déjà fait son deuil en ces derniers jours de solitude ? Elle n'y croyait pas.
« Anakin, moi aussi je la connaissais, moi aussi je l'aimais. Et si tu as besoin de parler d'elle, je serai là. »
Il fuit une nouvelle fois son regard pour se retourner sur son astro-droïde et y poser une main sur son dôme gris.
« Les choses auraient seulement dû être plus simples. Comme quoi, mes visions ne se réalisent pas toujours. Ce n'était pas ton cercueil qui aurait dû me hanter sur l'astre, mais le sien… non Padmé, je ne veux pas encore « en parler », Obi-Wan et d'autres membres du Conseil m'ont suffisamment tanné avec. Je veux juste oublier avec toi. »
La peine de son mari la frappa entre ses mots qui se voulaient rassurants. On ne pouvait pas oublier les choses si simplement. Si même on le pouvait. Si même on le devait. Cependant elle préféra concéder sa requête. Il avait encore besoin de temps alors elle respecterait son silence.
