Aaah le chapitre 10 est toujours en révision donc un tout petit HS (pour tenir bon le rythme xD) qui a au moins le mérite d'expliquer pourquoi le prof n'était pas surpris dans le chapitre précédent.

Contexte ? Avant que la collocation ne se forme c'était juste Mathieu et le patron qui bossaient ensemble, et à l'occasion avec le prof.


- Salut, lança le patron en observant un homme allongé au sol.

Il venait de lui tirer dans les jambes après une petite course poursuite dans les rues désertes. L'inconnu releva difficilement la tête, dévoilant son visage maculé de sang.

- Mais... Bordel t'es qui toi ? siffla-t-il.

- Y'a un nouveau patron en ville gamin. Tu peux m'appeler comme ça.

- Nouveau patron en ville ? répéta l'homme avec un regard perdu.

- Mais non du con ! Patron ! Patron tout court ! Putain mais c'est pas possible ! Il a gâché tout mon speech !

Un autre homme en costume noir s'approcha derrière lui, une cigarette à moitié consommé au bord des lèvres. Il l'a jeta sur le dos de l'homme blessé en soufflant un nuage de fumée.

- T'inquiètes gamin. T'aura l'occasion de recommencer.

- Vous êtes... Deux ? Vous n'êtes pas un. Pourquoi vous êtes deux ?

- On n'est pas deux, siffla le patron. Il n'y a qu'un seul patron. Et c'est moi.

- Non c'est moi, dit l'autre en croisant méchamment les bras.

L'homme les contempla l'un et l'autre avant de s'évanouir sans avoir compris la scène qui s'était déroulée sous ses yeux. Le patron éclata de rire, chose tellement rare qu'elle devait être précisé, et adressa une grande tape dans le dos de l'autre patron.

- Bien joué gamin ! Pour une première c'était pas mal. C'est pas encore ça mais on pouvoir faire quelque chose de toi finalement.

Mathieu sourit fièrement en relevant ses lunettes noires sur son front. Il fallait avouer que c'était plutôt fun. Bon, si on enlevait le meurtre de sang froid c'était assez amusant. Puis c'était le patron qui se chargeait le plus souvent des exécutions. Le mafieux changeait justement le chargeur de son arme.

Un coup de feu brisa le silence de la nuit.

- Pizza, proposa ensuite le patron en rangeant son arme.

- On le laisse là ? demanda Mathieu en regardant le cadavre.

Le criminel baissa les yeux.

- No… Oh putain le con il a craché du sang sur mes chaussures ! Je vais le but… Je l'ai déjà tué. Merde.

Le patron donna un coup de pied agacé dans l'estomac de sa victime avant de sortir son portable.

- Commande la pizza, j'appelle le service de nettoyage, ordonna-t-il en fusillant le mort derrière ses lunettes.

Gâcher ses chaussures était un crime impardonnable. Il avait eu de la chance de mourir rapidement avant que l'homme en noir ne s'en aperçoive.

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- Tu pourrais m'aider.

- J'fais c'que j'peux j'te signale, siffla douloureusement le patron.

- Bah on dirait pas… Tu pèse combien sérieux ?

Mathieu respirait de plus en plus fort, il commençait à fatiguer. Enfin, il aperçut la porte qu'il cherchait. Sauvé ! Il tendit une main et appuya sur le bouton de la sonnette.

- Salut prof, lança-t-il en souriant. Tu peux m'ouvrir ?

L'œil du scientifique se posa sur l'écran de son ordinateur relié à la caméra de sa porte d'entrée. Il soupira quand il remarqua que l'arcade sourcilière du châtain était ouverte et en sang. Il appuya néanmoins sur l'ouverture de la porte. Mathieu poussa le battant en grognant, le patron traînant la patte derrière lui. Les deux, en costume noir, traversèrent le couloir jusqu'au petit salon où ils se laissèrent tomber dans un canapé. Le scientifique débarqua un instant plus tard en enfilant des gants stériles.

- Je commence par qui, soupira-t-il tout en ouvrant un placard d'où il sortit une épaisse boîte rouge ornée d'une croix blanche.

Mathieu indiqua le patron du doigt. Le patron indiqua Mathieu. Le prof leva les yeux au ciel, c'était toujours pareil avec eux.

- Qui a perdu le plus de sang ?

Mathieu désigna le patron. Le patron s'auto désigna. Le prof attrapa une perfusion.

- Vous avez prévu de vous calmer ?

- Quand on aura pris le contrôle de la ville on verra, répondit le criminel. J'peux fumer ?

- Tu peux te taire et arrêter de bouger, répondit froidement le scientifique.

- Ca veut dire non je suppose, soupira le patron avant de se mordre l'intérieur de la joue.

Le prof était de mauvais poil, il allait souffrir pendant les soins.

- Qu'est-ce que vous avez fait cette fois ? questionna le médecin improvisé en attrapant son kit de suture.

- C'est confidentiel prof, répondit Mathieu qui essuyait son arcade avec une compresse. Comme d'habitude.

- Comme d'habitude, maugréa le scientifique en appuyant fermement sur une des blessures par balle du patron.

- Eh ! Je suis blessé, c'est pas la peine de m'achever, je peux me débrouiller tout seul si je veux crever.

- Et ça finira par arriver si vous ne calmez pas le jeu.

- On fera attention la prochaine fois, promit Mathieu en coupant une vague d'insulte du patron. Tu as des pansements avec des têtes de chat ? C'est mignon.

- Ouais c'est ça, amuse toi avec tes pansements pour gosse pendant que je me vide de mon sang.

Avec un petit sourire, Mathieu s'approcha du patron et lui colla un des dits pansements en plein milieu du front.

- Enlève-moi ça ! s'énerva immédiatement le criminel en voulant lever un bras. Ma réputation !

- Arrête de bouger patron !

Le criminel fut maintenu contre le canapé sous la menace d'une aiguille et d'une absence de transfusion.

Quand il eu enfin terminé, le prof laissa les deux hommes dormir sur son canapé avant de ranger ses affaires. Il espérait réellement que ça puisse être la dernière fois qu'il les voyait dans cet état … Mais il était loin d'en avoir fini avec eux.