Bonsoir tout le monde alors oui je sais ça fait très longtemps que je n'ai pas posté sur cette histoire mais j'avais un gros syndrome de page blanche qui commence doucement à disparaître alors je ne sais pas si j'ai encore beaucoup de monde qui suit encore cette histoire ou mes autres histoires mais je vais essayer de les finir. Je ne sais pas à quels intervalles je posterais mais je compte bien les finir. VOilà un petit chapitre pour se remettre dans le bain

Bonne lecture !

Dès le lendemain nous avons repris notre chevauchée. C'est en milieu d'après-midi que nous avons enfin aperçu Edoras et au sommet de la colline le Château d'Or de Médusel, la demeure du Roi Théoden. Gandalf avait revêtu son manteau gris pour cacher son jeu à Saroumane.

C'est ici que réside le roi Théoden, nous dit Gandalf, le Seigneur du Rohan, dont l'esprit a été vaincu. L'emprise de Saroumane sur le roi Théoden est désormais très forte. Prenez garde à ce que vous direz, dit-il en me regardant avec insistance, nous ne sommes pas les bienvenus.

Hey, pourquoi c'est moi que vous regardez en disant ça? je dis

Peut-être parce que vous êtes la seule à avoir quelques problèmes avec la discipline, me dit Gandalf

C'est faux.

C'est vrai, dirent mes trois autres compagnons de route.

Dans ce cas….

Je me suis mise à bouder comme une enfant derrière Aragorn. Nous continuons à cheval jusqu'à atteindre les portes d'Edoras. Nous passons les portes et nous entrons dans Edoras. Nous avançons au pas sous le regard curieux des villageois, mais ce qui me surprend surtout c'est le silence qui règne parmi eux. Ils sont tous habillés de noirs comme si le deuil planait sur Edoras. Peut-être que nous arrivons trop tard.

Et bien c'est plus gaie dans un cimetière, dit Gimli.

Regardez leurs vêtements Gimli, tout le peuple est endeuillé, ils ont du perdre quelqu'un d'important.

Puis soudain je pense à Eomer qui est de sang royal et si c'était lui qui était mort. L'angoisse me serre le cœur et j'ai qu'une hâte c'est de passer les portes de ce château pour faire taire cette angoisse. Nous descendons de cheval et nous montons les escaliers jusqu'à l'entrée du château. Les portes s'ouvrent avant même que nous ayons frappé et plusieurs soldats nous attendent armés.

Vous ne pouvez pas voir le Roi Théoden ainsi armé, Gandalf Maison Grise par ordre de Grima Langue de Serpent.

Gandalf nous fait un signe de tête et nous nous exécutons à contre-cœur. Je retire mes épées et je les tends à un des gardes.

Je vous jure que s'il y a une seule égratignure sur ces lames je les lave avec votre sang, on est d'accord?

Alianor… me reprend Gandalf.

Votre bâton, demande le garde.

Oh vous n'allez pas privé un vieillard de son appui.

Le soldat cède et on entre dans le château. Legolas sert également d'appui à Gandalf pour jouer le jeu à fond. Le silence se fait à notre entrée et les portes se ferment derrière nous. Nous avançons vers le Roi qui semble extrêmement âgé et faible. Un petit homme habillé de noir, recroquevillé sur lui même, s'adresse à lui. J'aperçois cinq hommes qui n'ont pas du tout l'aspect des soldats du Rohan marcher à la même allure que nous. D'un coup d'œil, j'indique leur présence à Aragorn. Il me répond d'un signe de tête qu'il les a bien vu.

La courtoisie de votre demeure à quelque peu diminuée ces temps-ci, Roi Théoden, lui dit Gandalf dont la voix résonne dans le silence de la salle du trône.

Pourquoi… vous ferais-je bonne accueille, Gandalf corbeau de tempête, répond le Roi d'une voix faible et chevrotante.

L'heure est tardive où le magicien choisit de réapparaître, nous dit le petit homme en s'avançant vers nous. Mauvaise nouvelle, comme je le nomme, car ses nouvelles font mauvais hôte.

Fait silence! s'exclame Gandalf, garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent.

Et il pointe son bâton sur Grima Langue de Serpent.

Son bâton, dit-il avec un air paniqué. Je vous avais dit de prendre son bâton.

Les hommes que j'ai vu se précipitent sur nous. Pendant que Gandalf s'avance toujours vers le Roi. Nous nous chargeons des hommes. L'un d'eux s'avance vers moi en me faisant un sourire carnassier. Il veut m'attraper mais j'évite son bras et lui envoie mon poing dans le visage. Je lui tiens l'épaule et je le frappe trois fois dans l'abdomen et je lui envoie un dernier poing dans la figure et il tombe inconscient. Très rapidement les cinq hommes sont rapidement mis à terre et Gimli maintient Grima au sol. Gandalf continue d'avancer vers le Roi.

Écoutez-moi! s'exclame Gandalf. Je vous libère de l'envoûtement

On attend tous dans le silence qu'il se passe quelque chose. Tout ce qu'on entend c'est un rire grave.

Vous n'avez aucun pouvoir ici, Gandalf le Gris

Gandalf retire son manteau gris et une vive lumière blanche éblouie toute la salle.

Je vous aspirerez Saroumane comme on aspire le poison d'une plaie.

Le Roi se mit à se tordre sur son trône. Au même moment je vois une jeune femme en tenue blanche débouler devant moi. Aragorn la retient le temps que Gandalf termine.

Si je sors, Théoden meurt, dit le roi mais avec une voix qui ressemble plus à celle de Saroumane

Vous ne m'avez pas tué moi, alors vous ne le tuerez pas.

Le Rohan est à moi.

Partez!

Le roi veut se jeter sur Gandalf mais il le repousse de son bâton. Le Roi retombe dans son fauteuil mais il bascule dangereusement vers l'avant. La femme de tout à l'heure se dégage de la poigne d'Aragorn et rattrape le Roi. Sous les yeux de toutes les personnes présentes, le Roi Théoden rajeunit à vue d'œil.

Je connais ton visage, dit-il en regardant la jeune femme. Eowyn.

Le sourire de la femme s'élargit à vu d'oeil. Puis il se tourne finalement vers Gandalf

Gandalf? demande-t-il surpris

Respirez de nouveau à l'air libre mon ami.

Le Roi se lève difficilement de son trône.

Sombre ont été mes rêves ces temps-ci.

Vos doigts se souviendraient mieux de leur ancienne force s'ils empoignaient votre épée.

Le garde qui nous a fait entrer se précipite devant son roi pour lui tendre son épée dans son fourreau. Le Roi Théoden brandit finalement son épée et il la regarda avec vénération. Mais son regard se durcit et il le tourne vers Grima.

Jetez-le moi dehors, dit-il

Deux gardes le prennent chacun par un bras et le traîne hors du château sous les supplications de Grima. Nous sortons tous derrière le roi. Les gardes le jettent dans les escaliers de pierres. Il laisse échapper un cri de douleur puis il regarde le roi descendre vers lui.

Je n'ai jamais fait que vous servir, mon Seigneur, dit-il pour plaider sa cause.

Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête, lui dit le roi avec colère, en continuant d'avancer vers lui.

Laissez-moi rester à vos côtés, supplie-t-il.

Le roi brandit son épée au-dessus de sa tête. Mais Aragorn se précipite vers lui pour retenir l'épée du roi. Je me glisse derrière lui et jette un regard noir à Grima.

Non, mon Seigneur, lui dit Aragorn. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé à cause de lui.

Le roi finit par abaisser son épée. Aragorn va tendre la main à Grima mais ce dernier la regarde avec dégoût et crache dedans.

Espèce de rat répugnant, je dis en lui balançant mon pied dans l'estomac ce qui le fait descendre encore quelques marches.

Ce n'est rien Alianor.

Tu ne peux pas t'attendre à ce que je laisse quelqu'un cracher sur mon frère ainsi.

Grima profite de notre inattention pour s'enfuir.

Salut à vous, roi Théoden, clame un garde.

Tous les villageois posent un genoux à terre et s'inclinent devant leur roi retrouver. Aragorn et moi finissons par faire la même chose. Le roi jette un regard autour de lui mais quelque chose semble le perturber.

Où est Théodred? Où est mon fils? demande-t-il.

Je vois les gardes échanger des regards puis l'un d'eux s'avance.

Je suis navré, mon Seigneur. Votre fils est mort. Les Orcs lui ont tendu une embuscade. Les Hommes du Rohan étaient trop peu nombreux.

Le roi qui est encore faible chancelle devant moi et j'attrape fermement son bras pour l'aider à se maintenir droit et ne pas s'effondrer devant son peuple. Je vois la douleur de la perte de son fils dans son regard et elle me déchire le cœur. Aucun parent ne devrait avoir à enterrer son enfant. Le roi s'appuie sur mon bras et remonte lentement les marches. Je lui serre d'appuie et le guide sans un mot. Les gardes s'écartent sur notre chemin et la dame blanche, Eowyn si je me rappelle bien, veut prendre ma place, mais le roi lui fait un signe de la main pour la stopper. Nous entrons dans la salle et je suis le roi. Il avance lentement dans les couloirs du château et j'aide cet homme qui ne semble être que l'ombre de lui-même. Il pousse une porte et nous entrons. Je découvre sur le lit un jeune homme pâle comme la mort et je devine que c'est le fils du roi. Le roi lâche mon bras et s'agenouille devant la dépouille de son fils. Avant d'assister aux adieux du roi, je m'adresse à lui.

Je suis navrée, mon Seigneur pour la perte de votre fils. Prenez tout le temps qu'il vous faut pour lui faire vos adieux. Mais souvenez-vous que votre fils est mort en protégeant votre peuple. Faîtes en sorte qu'il ne soit pas mort en vain. Relevez-vous après et continuer ce qu'il a commencé. Votre devoir est de protéger votre peuple. Saroumane va frapper et il frappera fort, n'en doutez pas. Mais prenez le temps de pleurer votre fils. Vous en avez besoin.

Je sors de la chambre et ferme la porte. Je retrouve mon chemin et avant que je ne rentre dans la salle du trône, Eowyn se tient devant moi.

Où est-il? Où est le roi?

Il est avec son fils. Il lui fait ses adieux. Après nous parlerons guerre et il devra être en pleine possession de ses moyens pour cela.

La guerre? Vous comptez y participer?

Je ne compte pas attendre sagement de voir les gens que j'aime mourir. Je participerai à cette guerre car elle est en partie la mienne.

Qui êtes-vous?

Je suis Alianor, fille d'Arathorn.

La dernière descendante d'Isildur, me dit-elle avec une pointe d'admiration

C'est cela oui.

Très peu de personnes sont au courant que le roi Arathorn avait un second enfant.

Oui cela m'étonne que vous le sachiez.

Votre père était un ami de mon grand-père, il l'a vu quelques semaines avant sa mort. Il lui a parlé que sa femme attendait un second enfant.

Et votre grand-père a retenu cette futile information? je demande étonnée.

Cette information peut vous sembler futile, mais mon grand-père m'a dit qu'il n'avait jamais vu un homme aussi combler d'avoir un enfant. Il était persuadé qu'il accomplirait de grandes choses et aussi étonnant qu'il soit, il était sûr que ce serait une fille. Ces yeux débordaient de fierté et d'amour avant même d'avoir croisé le regard de son enfant. Voilà pourquoi mon grand-père s'est souvenu de cette histoire.

Je ne l'ai jamais su….

Cette histoire me chamboule bien plus que je ne le pensais. Mais c'est rassurant de savoir que l'homme qui m'a conçu m'aimait et j'espère au plus profond de moi qu'il est toujours aussi fier de moi.

Et vous? qui êtes vous? je finis par lui demander

Je suis Eowyn, fille d'Eomund

Ce nom résonne à mes oreilles.

Vous êtes la sœur d'Eomer? je demande

Oui, vous le connaissez? Vous l'avez vu ? Est-ce qu'il va bien ? me demande-t-elle terrifiée.

Je l'ai vu il y a environ trois jours. Il m'a sauvé alors que j'avais été enlevé par un groupe d'Uruk-Kaï et je l'ai sauvé pendant cette bataille.

Donc il va bien?

Oui, il va bien.

Merci, me dit-elle avec soulagement. Il a été banni à tort et le savoir aussi loin de moi me déchire le cœur.

Je sais ce que vous ressentez, je sais pas ce que je ferais si je perdais mon frère.

La famille est ce que nous avons de plus précieux.

Oui, c'est à nous de les empêcher de faire des bêtises.

Il n'y a aucun doute là-dessus, me dit-elle en rigolant.

Vous devriez préparer les funérailles de votre cousin.

Je la vois se renfrogné et des larmes commencent à envahir ses yeux. Je pose ma main sur son bras.

Je suis navrée pour votre cousin, et s'il y a quoique ce soit que je puisse faire n'hésitez pas.

Je vous remercie Alianor.

Je vois ses épaules s'affaisser.

Ne perdez pas espoir, Eowyn. Regardez, il y a encore quelques heures vous ne pensiez pas que votre oncle se remettrait et aujourd'hui malgré la perte de son fils il va se relever et combattre son ennemi. Il y a toujours de l'espoir. Votre frère continue à se battre, à vous d'en faire autant et ainsi votre cousin ne sera pas mort en vain.

Je presse délicatement sa main et pars rejoindre mes compagnons. Je les retrouve dans la salle du trône.

Où est le roi? demande Gandalf.

Avec son fils.

Il devrait être ici, à discuter de plan de bataille.

Sauf votre respect, Gandalf, il y a encore quelques heures il était ensorcelé et lorsqu'il se réveille il découvre que son fils unique est décédé parce qu'il n'était pas en capacité de défendre son royaume. Vous pouvez lui laisser le temps de lui faire ses adieux!

Gandalf marmonne de sa barbe quelque chose qui ressemble à "vous avez raison" enfin c'est comme ça que moi je le traduis. Je sors de la salle prendre l'air. Je ne reste pas seule longtemps.

Tu as raison, me dit mon frère.

Oui ça m'arrive parfois.

On reste tous les deux silencieux le regard posé sur l'horizon. Mais quelque chose me chiffonne.

Qu'est-ce qui t'arrive? me demande-t-il

Je vais arrêter d'essayer de savoir comment tu arrives à deviner à chaque fois.

De la même manière que tu arrives à deviner, me dit-il en souriant.

C'est vrai.

Alors quel est le problème?

Je suis pas sûre que c'était une bonne idée de laisser partir cet homme.

J'aurais dû laisser le roi le tuer selon toi?

Non, tu as raison sur le fait qu' assez de sang a coulé mais laisser quelqu'un qui a été aussi proche du roi, qui est capable de deviner ses pensées, ses stratégies et qui le connaît aussi bien, revenir auprès de Saroumane, n'est peut-être pas la meilleure idée que tu es eu.

Qu'aurais-tu fait?

Je l'aurais fait prisonnier, et je lui aurais donné une occasion de se racheter une conduite. Après tout il est issu de ce peuple, il a juste été appâté par ce que Saroumane pouvait lui offrir. Il n'est pas différent des autres hommes.

C'est très noble de ta part. Je me dis des fois que de nous deux c'est toi la plus sage.

C'est parce que j'ai appris auprès du meilleur, je lui dis en lui donnant un léger coup de coude.

Non c'est toi qui me rend meilleur, tu me pousses à devenir meilleur. Dans toutes les décisions que je prends, je me demande ce que tu ferais à ma place.

Tu n'as pas besoin de mon avis, tu es fils de roi, tu es l'homme le plus courageux que j'ai jamais connu et contrairement aux autres le pouvoir ne t'intéresse pas et c'est en ça que tu feras un bon roi, le moment venu. Parce que tu ne t'es jamais placé au-dessus des autres.

Toi non plus.

Moi c'est différent. Ma condition fait que je repousse mes limites parce que si je veux être entendue je dois être la meilleure. Tout ce que je fais est motivé par l'envie de faire mes preuves.

Tu n'as plus besoin de faire tes preuves.

Pour toi, non, pour nos amis non plus, pour beaucoup d'Elfes également mais aujourd'hui on débarque dans un monde qui n'est même pas censé savoir que j'existe. Le monde des Hommes est beaucoup moins clément que celui des Elfes.

Je laisserais jamais personne te faire du mal. Tu le sais n'est-ce pas?

Oui je le sais.

Excusez-moi mon Seigneur, interpelle un garde du château.

Oui, répondit Aragorn

Le roi va commencer la cérémonie, elle a lieu derrière le château.

Je vous remercie.

Le garde s'éloigne et nous échangeons un regard.

Nous devons y aller, me dit-il

Oui.

Nous partons vers le lieu indiqué et le village tout entier prend également la direction du cimetière. Tous les villageois forment un cortège funéraire et laissent une allée centrale. Nous laissons d'abord passer le fils décédé porté par quatre garde puis c'est au tour du roi puis de Gandalf. Nous les suivons jusqu'au caveau qui se situe en dehors du château. Les gardes font entrer le corps du prince et Eowyn se met à chanter un chant funéraire dans la langue des rohirrims. Seul son chant s'élève dans la foule. Tout le monde garde un silence religieux. On observe la fermeture du caveau qui est ensuite célé. Petit à petit les habitants retournent à leur affaires. Il ne reste bientôt plus que le roi et Gandalf lorsque mes amis et moi nous nous éloignons également. Nous rejoignons la salle du trône où nous attendons que le roi et Gandalf reviennent. Je m'agite sur mon siège, me lève pour faire les cent pas pour passer le temps. Aragorn me regarde et Gimli ne trouve autre chose à faire que manger et boire de la bière.

Tu ne voudrais pas t'asseoir, me dit Legolas.

Pas pour le moment, je lui dis.

Ils vont arriver, me dit Aragorn. Tu l'as dit toi-même que le roi a besoin de se recueillir.

Je sais mais ce n'est pas pour autant que je ne suis pas moins nerveuse. Grima doit être arrivé en Isengard et il a déjà dû faire part de toutes ses théories à Saroumane. Si le Rohan ne se défend pas rapidement il tombera.

Au même moment, la porte s'ouvre sur Gandalf et le roi ainsi que deux jeunes enfants. Eowyn se précipita sur les enfants et s'occupa de leur trouver à manger et des couvertures.

Que leur sont-ils arrivé? je demande

Une attaque des Hommes Sauvages, ils ont détruit leur village.

La liste de nos ennemis s'agrandit tandis que celle de nos alliés se réduit, je dis plus pour moi-même en m'asseyant enfin.

Le roi s'installe sur son trône et Gandalf s'installe à ses côtés pour lui tenir conseils. Les enfants se jettent sur la nourriture comme s'ils n'avaient pas mangé depuis des jours. Eowyn se tient à leur côté.

Ils ont été surpris, ils étaient désarmés, dit-elle à son oncle. Aujourd'hui des sauvages traversent Westfold, brûlant tout sur leur passage, les arbres, le foin, les paillasses.

Où est maman? demande la petite fille.

Ce n'est qu'un avant-goût de la terreur que Saroumane peut répandre. Toujours plus puissant car il est mue par la peur de Sauron. Chevauchez et attaquez-le de front, conseille Gandalf. Éloignez-le de vos femmes et de vos enfants. Vous devez combattre!

Vous avez deux milles hommes qui chevauchent vers le Nord, à l'heure où nous parlons, lui dit Aragorn. Eomer vous est loyal. Ses hommes vont revenir, et se battront pour leur roi.

Ils doivent être à trois cent lieues d'ici à présent, s'exclame le roi en se levant.

Ce n'est pas une raison pour les négliger! je lui dis. Votre neveu s'est fait bannir sous votre commandement!

Aragorn me balance un violent coup de pied dans le tibia. Je retiens de justesse un grognement de douleur.

Eomer ne peut rien pour nous! me dit le roi.

Et à qui la faute?

J'évite de justesse un second coup de pied et je me lève pour éviter d'autres attaques de mon frère.

Je sais ce que vous voulez de moi, mais je ne ferais pas subir de nouvelles pertes à mon peuple! dit le roi en me jetant un regard noir. Je ne risquerais pas une guerre ouverte.

Elle est pourtant déclarée, lui dit Aragorn, que vous le vouliez ou non.

Aux dernières nouvelles, c'était Théoden et non Aragorn, le roi du Rohan.

Alors agissez comme tel, je lui dis. Votre peuple à besoin de vous. Il a besoin que vous lui montriez que vous êtes fort et prêt à le défendre. Sinon le bannissement de votre neveu et la mort de votre fils auront été vains.

C'est ce que je fais! Je défends mon peuple…

Non vous tremblez dans vos bottes en espérant par je ne sais quelle divinité que votre peuple survivra à la prochaine nuit. Vous devez résister, vous devez vous battre! Alors quelle décision vous prenez, roi Théoden?

Je ne me battrais pas de front avec Saroumane!

Alors il viendra vous chercher par lui-même, je lui dis.

Nous irons au Gouffre de Helm. C'est mon dernier mot.

Je laisse échapper un rire sans joie et je lève les yeux au ciel. Théoden quitte la salle pour aller donner ses ordres à ses gardes. Aragorn me jette un regard blasé.

Quoi? j'aurais essayé!

Je croyais vous avoir dit de tenir votre langue, me dit Gandalf avec un sourire moqueur.

Désolée, c'était plus fort que moi.

Tu ne devrais pas lui parler comme ça, me dit Aragorn. Il est le roi.

Peut-être, mais il n'est pas le mien et je ne lui dois rien.

Je crois voir une lueur d'admiration dans les yeux d'Eowyn.

Bon je crois qu'ils vont avoir besoin d'aide, non? je dis

Effectivement et c'est pour ça que je vais aller en chercher, nous dit Gandalf.

Il sort de la salle et nous le suivons rapidement. Il se dirige vers les écuries. Tout le village s'agite pour rassembler ses affaires et être prêt à partir.

Le Gouffre de Helm, grogne Gimli. Il fuit vers les montagnes, alors qu'il devrait rester et se battre. Qui les défendra si ce n'est leur roi?

Je suppose que c'est la raison pour laquelle nous sommes là Gimli, je lui dis.

Il fait ce qu'il croit être le mieux pour son peuple, le défend Gouffre de Helm les a sauvés par le passé.

Il n'y a aucun moyen de sortir de ce ravin. Théoden fonce dans un piège, lui dit Gandalf. Il croit les mettre en sécurité alors qu'ils vont droit au massacre. Théoden a une volonté de fer mais j'ai peur pour lui. J'ai peur pour la survie du Rohan. Il aura besoin de vous avant la fin Aragorn. Et à mon grand étonnement de vous aussi Alianor.

Je vois pas ce qu'il y a de surprenant la dedans, je suis un être exceptionnel.

N'hésitez pas à le secouer, il va en avoir besoin.

Ne vous inquiétez pas je me charge de cette partie, je dis avec un sourire moqueur.

Leurs défenses doivent tenir, nous dit Gandalf.

Elles tiendront, confirme Aragorn.

Le pèlerin gris, c'est ainsi qu'ils m'appelaient, dit-il en se tournant vers son cheval. Depuis trois cents vies d'hommes je foule cette terre et aujourd'hui le temps me manque. Avec de la chance ma quête ne sera pas vaine.

Aragorn lui ouvre la porte de son box.

Attendez ma venue, aux premières lueurs du cinquième jour. A l'aube regardez à l'Est, recommande-t-il une dernière fois.

Partez, lui ordonne mon frère.

Gandalf part au galop.

Il va falloir qu'il m'explique comment il fait pour planifier ses journées cinq jours à l'avance, je dis à mon frère.

Tu as eu raison de parler au roi.

J'aurai aimé le faire changer d'avis.

Il aura besoin de tes remontrances à nouveau.

En attendant tu devrais te trouver un cheval, je lui dis.

J'ai déjà un cheval.

Non, "j'ai" un cheval, Eomer me l'a offert à moi, pas à toi. Donc tu te débrouilles pour t'en trouver un ou tu iras à pied.

Tu ne laisseras pas ton vieux frère à pied tout de même.

Si tu penses ça c'est que tu ne me connais pas, vieux frère.

Je lui ébouriffe les cheveux et quitte l'écurie. Je décide d'aider les gens du peuple à faire leurs affaires. Legolas me file un coup de main.

Tu étais très impressionnante, toute à l'heure, me dit-il en elfique.

Dommage que ça n'ait pas changé grand chose.

J'avais peur que tu aies passé trop de temps avec les Hommes et que tu ne saches plus parler ma langue.

Je n'arrêterais jamais de parler ta langue, Legolas, car c'est en partie la mienne. Après tout, j'ai appris à la parler avant de savoir parler la langue commune.

Pourtant tu souhaites te détacher des Elfes. Je sais que Haldir t'as proposé de rester en Lorien.

Tu penses que j'aurais dû rester en Lorien, toi aussi?

Non, mais j'ai l'impression que tu t'éloignes de plus en plus de nous.

Legolas, je n'oublierais jamais ce que les Elfes m'ont apporté mais ce serait mentir que dire que je suis l'un d'entre eux. Ma place est ici, que ça te plaise ou non.

Ce qui m'inquiète c'est que ça te plaise tant que ça d'être ici. Tu l'as dit toi-même, les hommes sont faibles.

Pas tous, je dis plus pour moi-même.

Eomer, dit-il dans un souffle.C'est pour lui que tu fais tout ça?

Ça n'a rien à voir, Legolas, je le fais parce que j'en ai envie. Je veux aider ce peuple, je veux participer à leur défense et les aider à les faire tenir, tu le fais bien toi aussi.

Donc ça n'a rien à voir avec l'attirance que tu ressens pour lui?

Legolas, je ne ressens rien pour lui.

Menteuse, me dit-il avec un sourire moqueur.

Arrête avec tes insinuations.

Tu n'as pas voulu de moi alors il est de mon devoir de faire en sorte que celui que tu choisiras sera à la hauteur.

J'ai déjà assez d'un frère pour ça, pas besoin d'en rajouter un autre.

Désolé, mais tu ne pourras pas y échapper. Tu n'as aucune chance de te débarrasser de moi. Tu n'as pas voulu de moi comme mari alors j'espère au moins que tu voudras toujours de moi comme ami.

Je lâche ce que j'ai dans les mains et passe mes bras autour de son cou. Il est d'abord surpris par mon initiative mais il enroule rapidement ses bras autour de moi.

Évidemment que tu seras toujours mon ami, c'est plutôt moi qui avait peur que tu ne veuilles plus de moi.

Je me décolle de lui mais il pose ses mains autour de mon visage et plonge son regard dans le mien.

Je ne veux plus jamais que tu penses à cela, tu m'entends. J'ai peut-être été dur avec toi le temps d'encaisser ton refus mais aujourd'hui je le comprends et j'accepte que tu me considères seulement comme un ami, du moment que je reste le premier à ce niveau-là, bien sûr.

Évidemment que t'es le premier,je lui dis en rigolant.

Il me fait un grand sourire sincère et dépose un baiser sur mon front. J'avais l'impression d'avoir le cœur beaucoup plus léger. Voir cette jalousie et cette rancœur le ronger me blessait encore plus. Legolas est l'un de mes plus anciens amis et pour rien au monde je ne voudrais être séparée de lui.

Nous avons du boulot, Mellon, me dit-il

Effectivement.

Nous nous mettons au boulot rapidement et nous sommes prêts à partir juste un peu avant la tombée de la nuit. Le roi Théoden nous ordonne de prendre la route. Aragorn nous rejoint en tenant mon cheval et le sien. Il semblerait qu'il a réussi à s'en procurer un. Je grimpe sur la selle d'Arod et nous nous avançons en tête de colonne. Il nous faudra deux jours pour atteindre le Gouffre de Helm, en espérant que Saroumane n'ait pas prévu d'autre surprise sur notre route.