Chapitre 12
Edward rata l'école pendant une semaine, ce qui, pour nous, ne restait pas grand-chose au vu de notre éternité. Cependant, je remarquais que cette Isabella Swan, nom donné par Alice, le cherchait de yeux à chaque fois que nous arrivions au lycée.
Cette attention devenait gênante. Dangereuse. Notre existence devait rester secrète, et cette Bella se concentrait bien trop sur nous.
Quand Edward remit les pieds à l'école, et qu'il nous apprit qu'il avait discuté avec elle, Jasper monta aux créneaux.
C'est dangereux Edward, lâcha-t-il alors qu'on s'avançait vers nos véhicules pour rentrer après une journée de cours. Plus tu lui parles, plus tu attire son attention. Elle ne peut pas connaître notre existence ! Les Volturi ne mettrons pas longtemps à nous tomber dessus !
Je ne peux pas faire comme si de rien n'était…, soupira Edward et je ne pus lui en vouloir.
Prend une décision, coupa Jasper, moins compatissant que moi. Si tu continues à lui parler, elle finira par deviner qui nous sommes. Tu la condamne à une vie d'éternité si tu continues ! Réfléchis bien.
Elle mérite une vie humaine, siffla Rosalie alors que Edward posait ses yeux sur Bella qui rejoignait sa voiture plusieurs mètres plus loin. C'est égoïste de penser qu'à toi Edward !
Pinçant les lèvres, je m'apprêtais à monter dans ma voiture quand un crissement aigu de pneus sur la route trempée retentit.
Pivotant sur mes talons, je vis une grosse camionnette perdre le contrôle et se diriger droit sur Bella qui n'aurait pas le temps de se mettre en sécurité.
Edward, non ! cria Alice mais il était trop tard.
Mon frère avait bondi et se trouvait déjà entre Bella et la camionnette qui les heurta avec force. Je savais d'or et déjà que Bella allait bien. Je savais aussi que les problèmes allaient commencer…
oOoOo
Les jours suivants furent compliqués, et je compris rapidement que les dés étaient jetés. Edward était incapable de se contrôler et continuait à parler à Bella. Et cette dernière était bien trop intelligente. Il n'était plus qu'une question de temps avant que la vérité n'explose.
D'un autre côté, un vampire, ou groupe de vampires, se rapprochait dangereusement de la ville. Deux corps avaient été retrouvés. On effectuait des rondes pour essayer de le trouver.
Ce serait carrément plus simple si l'un d'entre nous possédait un don de traque…, souffla Emmett avec qui je me trouvais.
Aussitôt, le visage de Démétri s'imposa dans mes pensées, et je frémis.
Je ne l'avais pas revu depuis ma « fuite ». Lui, mieux que personne, savait où j'étais grâce à son don.
Au fil des années, ma colère, ma rage et ma tristesse s'étaient éteintes, et ne restait que les souvenirs. Lui, tout comme Félix, restait très présent dans ma mémoire, mais pour une raison qui m'échappait, son image réapparaissait toujours dans les moments où j'aurais préféré que ce soit le contraire.
On les trouvera…, soufflais-je en repoussant les Volturi au fond de mes pensées.
Mais notre ronde se révéla tout aussi vaine que les précédentes…
oOoOo
J'avais senti les problèmes arriver, ils étaient arrivés.
Bella était au courant de ce que nous étions.
Et Edward tenait à ce qu'elle nous rencontre.
Raison pour laquelle j'étais assise sur le tabouret de la cuisine, à regarder mes parents et Emmett faire la cuisine.
J'espère au moins qu'elle est italienne ! siffla Rosalie qui tenait le saladier et un rire m'échappa.
Elle s'appelle Bella ! lança Emmett et je souris avant que la porte d'en bas ne se referme et qu'une douce odeur ne fasse son apparition.
Bella était là.
Edward et elle apparurent dans la cuisine, et avec un sourire, je vis Esmée se précipiter sur eux, un grand sourire aux lèvres. Cette femme était la douceur et la gentillesse incarnée.
Et mieux que personne, elle me comprenait.
Elle avait connu la même fin tragique humaine que moi. On se comprenait à demi-mots là où personne ne pouvait le faire.
Bella ! clama-telle en voyant Bella qui sourit timidement. On cuisine italiano pour vous !
Oh…, fit Bella, gênée.
Bella, je te présente Esmée, présenta Edward. Ma mère, enfin c'est tout comme.
Buongiorno, tenta Bella et je souris à l'évocation de ma langue maternelle.
Oh molto bene ! lançais-je en rejoignant Esmée qui passa un bras autour de ma taille. Bel accent !
Voici Andrea, fit Edward et je lançais un signe de la main à Bella. Elle est italienne.
Ça s'entend, sourit Bella.
Vous êtes un prétexte pour inaugurer la cuisine, se moqua Carlisle.
Vous avez faim j'espère, fit Esmée et Bella hocha la tête.
Bien sûr ! répondit-elle.
Bella a déjà mangé, contra Edward.
Derrière moi, le saladier explosa et je pivotais vers Rosalie qui était furieuse.
Parfait ! clama-t-elle alors que Emmett la rejoignait, au cas où.
Parce que je…je sais que vous… vous ne mangez rien, balbutia Bella, mal à l'aise.
Bien sûr, répondit doucement Esmé. C'est très prévenant de votre part.
Fait comme moi, et ignore Rosalie, lança Edward.
Oui, lança Rosalie et je baissais les yeux. Faisons comme si la situation n'était pas dangereuse pour nous tous !
Je vous promets de ne rien révéler à qui que ce soit, promit Bella et je souris distraitement, sachant déjà par avance que le problème n'était pas là.
Elle le sait, murmura Carlisle.
Oui, mais il y a un problème, intervint Emmett. Vous vous affichez en public maintenant…
Emmett ! coupa Esmé.
Non, elle doit savoir ! siffla Rosalie. Toute la famille va être impliquée si ça tourne mal !
Si ça tourne mal, releva Bella. C'est-à-dire si c'est moi qui deviens le repas…
Il y eu un grand blanc et je retins mon sourire qui n'était pas le bienvenu dans cette situation actuelle.
Salut Bella ! lança Alice qui arrivait au bon moment avec Jasper et en serrant Bella dans ses bras. Je suis Alice, ça va ?
Salut, répondit Bella, gênée.
Oh ! clama Alice. Tu sens vraiment bon…
J'avais bloqué ma respiration, donc je ne pouvais pas lui donner raison, mais à voir les têtes autour de moi, ses propos n'étaient pas dénués de vérité.
Alice, pourquoi tu… commença Edward.
Ne t'en fais pas, clama Alice. Bella sera sans doute une grande amie !
Jasper se présenta, puis Edward entraina Bella dans le reste de la maison sous mon regard à la fois amusé et contrarié.
oOoOo
Les journées s'écoulèrent à un rythme de nouveau assez lent. On apprenait à connaître Bella qui, bien qu'elle soit discrète et plutôt réservée, était assez sympathique.
Raison pour laquelle elle se retrouvait à nous accompagner à notre partie de Base-ball alors que l'orage menaçait.
Seulement, pour une raison qui m'échappa, les choses tournèrent de nouveau mal.
Quand je les vis tous les trois approcher, je compris que les choses allaient mal tourner. L'un des leurs était un traqueur !
Contrairement à Démétri, dont le pouvoir se lisait à sa posture, James était beaucoup plus bestial. Beaucoup plus animal.
Et je n'eu pas besoin de Edward pour comprendre qu'il avait jeté son dévolu sur Bella.
Emmène Bella ! ordonna Carlisle à Edward. Andrea, tu les accompagne. Au cas où.
Attrapant Bella par le bras, je la forçais à me suivre vers la voiture. Cette dernière avait peur, à juste titre. A sa place je l'avais été tout autant.
Alors quoi ? demanda-t-elle alors que Edward démarrait la voiture. Il va me traquer maintenant !
James ne s'arrêtera jamais, siffla mon frère alors que je scrutais les environs. En te protégeant, ma réaction a provoqué son don. J'ai déclenché la plus grande partie de chasse de son existence.
Les laissant discuter, je restais en voiture quand Bella décida de protéger son père en lui faisant croire qu'elle partait.
Gagnant la maison, je me précipitais dans le garage en compagnie du reste de ma famille.
Tu ne peux pas aller avec Bella, clama Carlisle. James se doute que tu seras avec elle.
J'irais avec Bella, fit Alice en m'attrapant par le bras. Avec Jasper et Andrea. On la protégera.
Je te le promets, jurais-je en lisant le déchirement sur le visage de Edward. Je la défendrais quoi qu'il advienne.
Il hocha la tête et on se dépêcha de rejoindre la voiture. Montant à l'arrière avec Bella, je la laissai faire ses adieux à Edward.
Puis on partit.
oOoOo
On roulait depuis plusieurs heures, et je sentais l'appréhension de Bella grandir.
Tout ira bien, lui dis-je alors. Tout va bien se passer.
C'est un traqueur…, murmura-t-elle. Edward a dit qu'il ne s'arrêtera pas.
On est 8 contre lui, rappelais-je. Et certains d'entre nous ont des dons… contre lesquelles James n'a pas grande résistance.
Edward lit les pensées, Alice lit l'avenir… murmura Bella qui semblait ne pas voir ce qu'ils pourraient faire contre un traqueur.
Andrea possède le don de manipulation, intervint Alice et Bella se tourna vers moi.
Manipulation ? demanda-t-elle.
Physique et psychique, répondis-je. James ne peut rien contre moi. D'accord ?
Elle hocha la tête, mais je sentis qu'elle n'était pas totalement rassurée. Comment lui en vouloir ?
oOoOo
Je parvins au studio de danse quelques minutes après Edward, mais quelques secondes avant le reste de la famille.
Me précipitant à l'intérieur, j'entendais les hurlements de Bella, et les grognements de rage de James et Edward.
Pénétrant dans la pièce principale, j'avisais Bella allongée sur le sol, et Edward qui combattait James. Lui semblait s'en sortir, alors je me précipitais sur Bella.
Je n'avais pas prévu le sang qu'elle perdait. Ma soif me prit à la gorge et je bridais ma respiration. Plaquant ma main sur sa jambe en sang, je tentais de contenir l'hémorragie. Seulement alors je pris conscience de la morsure sur son poignet. Il l'avait mordu !
Et merde ! sifflais-je alors que je voyais Carlisle, Jasper et Emmett se précipiter vers Edward.
Tout va bien, clama Alice en arrivant à nos côtés, puis elle avisa mes pupilles dilatées. Recule ! Andrea, recule ! Carlisle !
Une prise autour de ma taille me fit me détourner de Bella, et je me précipitais vers Jasper et Emmett qui tenaient chacun James par un bras.
Ne réfléchissant pas, je me précipitais sur eux, et d'un revers de bras, comme j'avais vu Démétri le faire une fois, je séparais la tête de James de son corps. Puis mes frères le démembrèrent et le brûlèrent.
Pivotant vers Bella qui hurlait toujours, je restais à bonne distance, tout comme Jasper. Je regardais, impuissante, Edward aspirer le venin qui se diffusait dans le corps de la jeune fille.
Je vis également qu'il était totalement incapable de s'arrêter.
Edward, appela Carlisle, d'un ton alarmant. Cela suffit !
Projetant mon don sur Edward, je l'utilisais pour la première fois depuis une éternité.
Lâche-là, ordonnais-je par manipulation. Tu la relâche.
Sa soif était puissante, et il lutta pendant quelques secondes, avant de céder face à mon don. Carlisle l'écarta aussitôt et Edward se tourna vers moi, les yeux remplis de reconnaissance.
oOoOo
Assise sur un fauteuil au-dehors, je fixais devant moi sans rien regarder en particulier. L'air sur ma peau me relaxais. Après tous les derniers évènements, j'en avais bien besoin.
Andrea ? appela la voix douce de Carlisle à ma droite et je tournais la tête vers lui. Tu vas bien ?
Oui, répondis-je avec un sourire tandis qu'il s'asseyait à son tour. Je vais bien.
Bella est bien parti pour faire partie de la famille, fit-il et je hochais la tête.
Edward mérite d'être heureux, acquiescillais-je. Et Bella est une fille bien. Ils se méritent mutuellement.
Et toi, es-tu heureuse ? me demanda-t-il, et je le regardais, surprise. Je sais que tu l'es, mais je te vois éviter le plus de contact possible avec les humains. Et nous ne croisons pas beaucoup de vampires…
Cela me manque parfois, avouais-je. Depuis Mikelangelo, mon petit-ami humain, je n'ai eu personne. En-dehors de deux trois coups d'un soir, mais mon cœur n'accroche personne. Peut-être avais-je besoin de me reconstruire d'abord…
Je sais à quel point les Volturi peuvent être cruels parfois, murmura Carlisle.
Ils ont leur logique, rectifiais-je. Je suis certaine qu'aucun d'entre eux ne pense avoir mal agit parce qu'ils considèrent l'éternité comme une bénédiction. Et sans doute est-ce le cas. On n'est juste pas sur la même longueur d'onde, c'est tout.
Tu m'as dit le jour où tu nous as rejoint que Marcus avait parlé qu'il voyait… une relation entre toi et quelqu'un dont tu ne connais pas le nom, reprit Carlisle.
Il m'a dit cela oui, fis-je en haussant les épaules. Mais il n'en a pas précisé la nature. Pas plus que l'identité de la personne. Et il paraissait déstabilisé.
Peut-être que la personne qui t'ai destiné est à Volterra, me fit remarquer Carlisle et je hochais la tête.
Je sais, murmurais-je. J'y ai pensé. Mais c'était secondaire jusqu'à présent. Je ne me sens toujours pas à ma place à Volterra, même si je me sens beaucoup mieux. J'imagine que nous aurons un jour l'occasion de nous recroiser si tel est le cas. Après tout, nous avons l'éternité…
Carlisle sourit et me serra contre lui. Posant ma tête contre lui, je fermais les yeux, profitant de l'instant où je me sentais parfaitement en sécurité.
J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu, je m'excuse pour mon retard, nous sommes actuellement en plein déménagement, je n'ai pas beaucoup de temps pour moi. Mais je vais tenté de poster tous les Lundi soir un nouveau chapitre.
Je remercie toutes les personnes qui prennent le temps de lire, et celles qui prennent le temps de me laisser votre avis, cela me fait très plaisir. J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu.
A Lundi prochain !
