Chapitre 13
Quelques heures plus tard alors que la pleine lune était la reine du ciel, ils entendirent les pas de courses et des cris. Dans un silence irréel, la chasse fut lancée. Les loups massacrèrent les plus jeunes et laissèrent un homme plus vieux en vie. Les loups-garous virent à ce moment que les mentors des assassins protégeaient leurs arrières. En effet, un loup était en train d'attaquer un agent d'Abstergo quand un autre le mit en joue. Avant que ce dernier puisse tirer sur le loup, Amin lui avait lancé un couteau qui traversa la nuque de leur ennemi commun, le tuant sur le coup. Ce fut à ce moment précis que les loups commencèrent à faire confiance non pas aux assassins, mais aux mentors des assassins.
En voyant ses gardes se faire massacrer, Alfred paniqua et tenta de fuir le plus loin possible sans se rendre compte qu'il s'éloignait de la sortie et s'enfonçait inexorablement dans les profondeurs du dédale que formaient les catacombes grâce aux pièges mis en place et à Edward. En effet, le voyant lui avait lancé un sort de confusion qui fit que le maître templier courut dans la mauvaise direction. Au bout de soixante mètres de course, Alfred était perdu et ne se rendait absolument pas compte qu'il tournait en rond. Edward ne voulait pas le perdre et permettait ainsi aux mentors d'aider les nouveaux membres de la Confrérie de vaincre leurs ennemis, puis après le combat de rejoindre cette poule mouillée pour le faire parler.
Dans le noir, car Cedrick s'était amusé à lui subtiliser sa lampe de poche, l'homme courut jusqu'au moment où il trébucha et s'abattit violemment sur le sol en se brisant le bras et se tordant la cheville. Il tenta un instant de ramper quand il vit face à lui deux enfants.
Il les reconnut instantanément. Il était en présence des deux seuls êtres au monde qui pouvaient lui amener la pomme d'Eden. Il prit un air supérieur et leur ordonna de parler, mais un coup de couteau dans la cuisse lui rappela qu'il n'était pas en position de donner des ordres et ça, les deux gamins le savaient parfaitement.
Le templier devint blême quand il entendit au loin des grondements et des hurlements de loups qui se rapprochaient. Il savait ce qui allait arriver, il allait se faire massacrer. A moins que… il abandonna toute dignité et supplia en larmes les deux enfants de ne pas le laisser ici et de le laisser retrouver les installations d'Abstergo. Amin lui fit miroiter sa survie à la seule condition qu'il dise tout ce qu'il savait sur Abstergo. Alfred tenta de refuser, jusqu'à ce qu'il se rende compte que les loups garous étaient très très proches. Complètement paniqué, il dévoila tout ce qu'il savait, toutes les missions qui étaient en cours, tous les noms des maîtres templiers. Quand il eut terminé de parler, Altaïr lui fit un grand sourire et lui dit :
-Tu te rends compte qu'Amin t'a menti et qu'on ne laissera jamais un templier en vie, n'est-ce pas ?
Alfred se mit à trembler de tous ses membres alors qu'il voyait des loups gigantesques l'entourer. Il voulut crier aux enfants de l'emmener avec eux, mais Altaïr fit un vague geste de la main en disant :
-Amusez-vous bien !
Et ce fut la curée. Les loups se jetèrent sur le templier et le mirent en charpie se repaissant de ses hurlements de douleur et de terreur. Deux loups suivirent les enfants afin de les protéger. Amin et Altaïr discutaient paisiblement loin de pleurer sur la mort d'un templier :
-Nous devons donc trouver un endroit sûr pour tout le monde. En France tu crois ?
-Qu'importe l'endroit tant qu'il soit assez grand pour que des loups puissent courir dans tous les sens sans se faire marcher sur les pattes. Il doit aussi y avoir une école. D'après ce qu'a dit Armand, les loups garous n'ont pas le droit à l'éducation.
-En tant qu'assassin, ils deviendraient tous des assassins magiques, alors pourquoi ne pas créer une école de magie pour les êtres magiques ?
-C'est une bonne idée. Excellente même.
Les loups sentirent les larmes couler le long de leurs joues poilues, ils espéraient vraiment que les assassins allaient respecter leur engagement.
-Régis ! s'exclama Amin.
-Quoi Régis ?! demanda Altaïr.
-C'est un excellent assassin ! lança Amin en réfléchissant furieusement à son plan.
-T'a vu dans quel état les templiers l'ont mis. Il ne peut plus aller sur le terrain et son visage est connu de tous, s'indigna Altaïr.
-C'est pour cela qu'il va venir ici et qu'il va commencer l'entraînement des enfants et des adultes. Il adore les mômes, donc il va leur apprendre à lire et à écrire, dévoila Amin avec un sourire lupin.
-Sa femme va apprendre aux adultes ! comprit Altaïr en ayant le même sourire que son frère.
-Tu as tout compris et leurs enfants vont aider à l'entraînement des plus petits, continua Amin.
-On fait ça ! Attends, ce n'est pas lui qui a des posters de loups garous ? demanda Altaïr.
-Oui. Il est totalement fan des lycanthropes. Il va leur apprendre à lire et à écrire pour qu'il puisse avoir leur autographe ! s'esclaffa Amin.
-C'est bien possible ! pouffa Altaïr.
Les deux mentors rejoignirent les deux apprentis et retournèrent dans le bureau des assassins de Paris, alors que les deux loups rejoignaient leur meute en expliquant ce que les mentors avaient décidé pour eux. Les enfants et les adultes trépignaient de joie, ils allaient enfin apprendre à lire et à écrire. Ils ne seraient plus jamais des parias et pourraient se regarder dans la glace sans avoir honte d'eux.
Les assassins arrivèrent dans le bureau le lendemain, et découvrirent Vincent qui était enragé. Avant que l'ancien mentor puisse dire quoi que ce soit, Amin lança :
-La Confrérie a fait une alliance avec les loups-garous de Paris !
Le silence fut total en entendant cela. Cela faisait des siècles que les assassins essayaient d'approcher les loups-garous, en vain. D'ailleurs c'est ce que leur dit Vincent stupéfait :
-Comment avez-vous fait ? Cela fait des siècles que les assassins essaient sans aucune réussite !
-Si les assassins n'ont jamais réussi, c'est à cause des préjugés qu'ils avaient. Nous n'avons aucun préjugé sur qui que ce soit. Tant que vous ne vous aurez pas débarrassé de vos préjugés, vous serez toujours des apprentis, lança froidement Altaïr.
Les assassins se regardèrent avec honte. Ils avaient tellement de choses à apprendre. Amin dit avec un léger sourire :
-Demain, je veux que tout le bureau soit présent dans la cour !
-Bien, mentors, soupirèrent les apprentis assassins.
Avant qu'ils ne puissent partir, Amin leur dit :
-Sachez que nous voulons que vous soyez les meilleurs. Or en ayant des préjugés, vous n'êtes pas les meilleurs. Donc ce n'est pas une punition, c'est simplement que vous n'êtes pas encore tout à fait prêts. Ce n'est qu'une question de temps.
Les apprentis se sentirent un peu mieux, mais soupirèrent quand même de déception. Ils pensaient être prêts, mais les mentors n'étaient absolument pas d'accord avec eux. La journée passa tranquillement, tandis qu'Altaïr et Amin préparaient tout ce dont ils avaient besoin pour la réunion du soir.
Ils soupirèrent de soulagement quand ils terminèrent tout ce qu'ils voulaient faire. Ils allèrent dans leur chambre et s'habillèrent de la tunique des assassins du levant qu'ils avaient cousu, enfin qu'ils avaient fait coudre pour cette occasion.
Quand les membres de la Confrérie de Paris furent tous dans la cour, ils furent surpris en voyant les changements. En effet, devant la cabane de jardin, il y avait une petite estrade sur laquelle un braséro brûlait joyeusement. Il y avait aussi une petite table avec des objets recouverts d'un chiffon blanc. Les membres de la Confrérie n'osaient pas s'en approcher et se demandaient pourquoi les mentors voulaient qu'ils se retrouvent dans la cour de l'immeuble heureusement agrandie par les assassins magiques.
Le silence se fit quand ils virent arriver Amin et Altaïr habillés comme les assassins qu'ils avaient été, il y a de cela six cent ans. Dans le silence, Altaïr s'exclama :
-Que Cedrick Thrope s'avance vers nous !
Dans le silence, Cedrick s'approcha et se tint droit devant les deux mentors. Altaïr s'exclama :
-Aujourd'hui est un grand jour pour la Confrérie. Depuis des siècles, des hommes et des femmes ont fait partis de la Confrérie des Assassins. C'étaient tous des guerriers d'exception, entraînés pour protéger la lumière dans l'ombre. Ils apprenaient à respecter les trois règles primordiales du crédo.
Les membres de la Confrérie se regardèrent, ils ne comprenaient pas pourquoi les mentors parlaient des règles primordiales. Amin avec fierté déclara en les regardant :
-Jamais ta lame ne fera couler le sang d'un innocent.
Après quelques secondes de silence, il dévoila la seconde règle :
-Sois là, mais sois invisible.
Enfin, il cita la dernière règle :
-Par tes actions, ne mets jamais en danger la Confrérie.
-Dans l'ancien temps, le manquement à ces trois règles, était sanctionné par la mort. Nul assassin ne les aurait violées sciemment. Notre crédo était notre règle de vie et nous devions jurer de ne jamais le violer. Quand nous sommes devenus les nouveaux mentors, nous avons incorporé deux autres règles que vous connaissez par cœur. Rien n'est vrai et tout est permis. Rien n'est vrai, car les templiers cachent la vérité et tout est permis pour la dévoiler. Cependant les choses ont changé, car si les assassins se battent pour protéger l'humanité, ils se battent aussi pour protéger la Magie. C'est pour cela que ce soir après des siècles, un nouvel assassin va prêter serment d'allégeance sur le crédo des assassins et sur la Magie.
Cedrick tremblait de joie. Il allait enfin être un assassin de droit. Altaïr regarda les autres devant lui et dit fièrement :
-A notre époque, quand nous devenions des assassins, on nous coupait l'annulaire pour prouver que nous étions prêts à nous sacrifier pour la cause. Après ce sacrifice, on nous donnait notre lame secrète.
Amin s'exclama :
-Toi ! Cedrick Thrope jures-tu fidélité à la Confrérie des Assassins ?
-Oui, je le jure sur ma vie !
Tous les assassins qu'ils soient magiques ou non virent une lumière blanche entourer Cedrick.
-Jures-tu de protéger l'humanité dans l'ombre ? demanda Amin.
-Je le jure sur ma vie !
Une nouvelle lumière entoura le futur assassin.
-Jures-tu de protéger la Magie contre les templiers et contre les sorciers qui voudraient la détruire ?
-Je le jure sur ma vie !
-Jures-tu de ne jamais trahir ni la magie ni le crédo ?
-Je le jure sur ma vie !
A chaque fois qu'il jurait, une lumière blanche l'entourait et l'enveloppait.
-Cedrick Thorpe es-tu prêt au sacrifice ?
Le jeune assassin était blême mais cela ne l'empêcha pas de dire :
-Oui, mentors. Je suis prêt.
Il avança son bras, prêt à sacrifier son doigt quand Amin lui prit la main et la mit paume en l'air. Il ne comprenait pas, jusqu'à ce qu'Altaïr sorte une tige de métal du braséro. Cedrick avala difficilement sa salive et serra les dents quand Altaïr le marqua au fer rouge. Une horrible odeur de chair brûlée s'échappa tandis qu'une douleur atroce le saisissait alors que la lumière blanche entrait en lui par tous les pores de sa peau. Quand le fer s'écarta de son bras, tous virent la marque des assassins dans le creux de son poignet et les sorciers magiques ressentaient le pouvoir brut exhaler du jeune homme. La magie avait fait son œuvre. Cédrick Thrope était devenu un assassin magique.
Avec fierté, Amin dévoila un brassard en cuir. Altaïr prit l'objet et le tendit à Cedrick qui le plaça sur son avant-bras. C'était une véritable merveille. D'un mouvement de poignet, le nouvel assassin sortit la lame secrète. Voir ce nouvel assassin réveilla les apprentis qui hurlèrent de joie. Ils avaient vu un homme entrer dans la cour et ils voyaient maintenant un assassin digne de la Confrérie. Cedrick leva le bras et tous virent que sa marque était devenue argenté et un animal était apparu, un berger malinois. L'animal représentait vraiment le courage et la fidélité du nouvel assassin. Amin et Altaïr levèrent eux aussi leur bras et dévoilèrent leurs marques dorées ainsi que leur animal totem.
L'espoir de voir un nouveau monde explosa dans les cœurs des assassins. Un espion des templiers que personne n'avait jamais découvert, s'approcha des mentors et se laissa tomber devant eux. Depuis toutes ses années d'espionnage, il avait appris des choses qui l'avaient fait douter plus d'une fois de ses convictions. Mais là, il avait un choix à faire et en son âme et conscience, il le fit. Face aux mentors, il dévoila tout ce qu'il savait des templiers. Ensuite, il jura sur sa vie de toujours protéger les membres de la Confrérie contre ses anciens collègues et contre tous ceux qui voudraient les détruire.
Amin regarda l'ancien espion, puis lui tendit la main en lui disant :
-Il faut un courage immense pour abandonner ses convictions les plus profondes et se remettre en question. Sache que le serment que tu as fait, te tuera instantanément si tu venais à le rompre.
-Je le sais, mentors. Je viens de confier ma vie à la Confrérie et je sais que je ne le regretterai jamais.
Altaïr et Amin regardèrent l'homme. Altaïr lui demanda froidement :
-Comment te nommes-tu ?
-Je… je me nomme Barry Hanlon, mentors !
Les mentors le regardèrent de nouveau, puis Altaïr lui dit avec un léger sourire fier :
-Tu me fais penser à quelqu'un ?
-A qui mentor ? demanda l'ancien templier.
-A ma tendre épouse. C'était, elle aussi, un templier. Elle était une véritable amazone, combattant avec une rage intense et pourtant, elle s'est remise en question et elle est devenue un excellent assassin. Elle est morte pour me protéger comme Amin après elle. Alors, es-tu prêt à sacrifier ta vie pour la cause des Assassins ?
-Oui, mentors. Je suis prêt à mourir pour la Confrérie, lança l'ancien templier avec courage tandis qu'une lumière blanche l'entourait.
Amin avec un sourire s'exclama :
-Bienvenu chez les assassins, Apprenti Barry !
Barry eut un sourire magnifique. Enfin, il se sentait chez lui. Au fond de lui-même, il se jura de ne jamais trahir la Confrérie et de mourir pour protéger ses nouveaux frères et sœurs. Ce qu'il ne sut jamais, c'est que les assassins magiques entendirent son ultime serment et surent qu'ils pouvaient lui faire entièrement confiance. Alors que Barry pensait qu'il allait se faire rejeter par ceux qu'il avait appris à aimer comme une famille, la Confrérie l'accueillit à bras ouverts.
A suivre
