Hello, je suis de retour (je vous épargne la blague sur le mauvais tour) ! Ce chapitre narre la première épreuve du concours, enfin ! J'ai divisé l'épreuve en deux chapitres pour ne pas me restreindre en longueur. La deuxième partie est déjà écrite et arrivera dans quelques jours.

Un grand merci à Kirbille et Cole Stewart pour vos reviews.

J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture !


Chapitre 12 – La connaissance, Partie A

Ludivine n'oublierait jamais la première fois qu'elle avait réalisé que l'on pouvait perdre un être cher en un instant.

Elle n'oublierait jamais cet instant, où cette réalisation lui avait sauté aux yeux. Elle avait douze ans, et se souvenait du soleil radieux qui commençait à décliner alors qu'elle marchait dans les rues piétonnes du Paris moldu. Acca se tenait à côté d'elle, lui montrant l'arc-en-ciel qui s'était formé une fois que la pluie s'était arrêtée.

Les parents d'Acca, Rachel et Zach, se tenaient un peu plus loin, et rigolaient avec la mère de Ludivine qui mettait un pied hors du restaurant asiatique où ils avaient tous dîné. Acca et Ludivine avaient commencé à s'avancer, marchant sur les rues pavées avec insouciance. Acca avait lancé un défi, à savoir laquelle sauterait le plus fort dans les flaques d'eau formées par la précédente pluie, et éclabousserait le plus le sol autour.

Acca gagnait, de façon incontestable. Elle était trempée et éclatait de rire tandis que sa mère la grondait, un peu plus loin. Ludivine regardait son amie taper dans ses mains d'excitation, lorsqu'elle avait senti un regard sur elle. À partir de là, tout était allé très vite. Ludivine ne se souvenait pas de toute la scène, mais certains flashs n'avaient jamais quitté son esprit de jeune enfant.

Un éclair avait volé vers Acca et elle, mais n'avait jamais atteint sa cible. Il avait été dévoyé vers un vélo garé à côté, et Ludivine revoyait encore l'aspect cramé de l'objet moldu après que le sort l'a touché. Ludivine avait entendu son nom être hurlé, celui d'Acca également. C'étaient leurs mères, mais leur cri n'était pas teinté d'inquiétude. Il y résonnait une détermination, une volonté de les protéger que Ludivine n'oublierait jamais.

Ludivine ne se souvenait pas du visage du sorcier qui les avait attaqués. Était-il seul ou y en avait-il une dizaine, Ludivine n'en savait rien. Était-ce un homme ou une femme, elle ne s'était jamais posé la question. Elle n'accordait aucune attention à ces détails. Elle se souvenait qu'un bras masculin était passé autour de son estomac, Ludivine avait reconnu Zach à cet instant. Il l'avait attrapée par la taille, et avait fait de même avec Acca. Alors qu'il éloignait les deux jeunes sorcières, Ludivine avait vu sa mère s'avancer, pour engager le duel.

Ludivine n'oublierait jamais le regard déterminé de sa mère à cet instant, la main ferme qu'elle avait levée pour lancer un sortilège offensif, la posture défensive et inflexible qu'elle avait tenue. Sa mère lui avait semblé si forte à cet instant, Ludivine ne l'oublierait jamais.

Elle ne se souvenait plus non plus des témoins, ou des actions de son ou ses attaquants à ce moment-là. Elle se souvenait uniquement d'avoir vu un éclair foudroyant voler en direction de sa mère, la touchant de plein fouet. Ludivine avait entendu sa mère hurler de douleur, elle l'avait vue se tenir l'estomac avec difficulté. Elle avait vu sa mère presque tomber sur ses genoux, avant de sentir qu'elle transplanait avec Acca et Rachel.

Elles avaient atterri dans la maison de famille de Ludivine. L'enfant qu'elle était se souviendrait toujours du sentiment d'éternité qu'elle avait ressenti durant la minute qui avait suivi et qui n'avait montré aucun signe de sa mère. Tant de choses étaient passées dans son esprit durant cette minute. Tant d'horreurs.

Finalement, sa mère était apparue, soutenue par Zach. Ils étaient tous les deux blessés, elle à l'estomac, et lui à la tête. Leurs blessures semblaient profondes, et dans ce grand salon dans lequel Ludivine aurait dû se sentir en sécurité, elle avait connu l'un des pires moments de sa vie.

A cet instant, ça avait été la cohue. Inquiet, Zach avait hurlé aux deux jeunes sorcières d'aller ailleurs. Sa mère s'était allongée dans le canapé, le souffle court et Ludivine avait gardé son regard rivé sur le sang qui s'écoulait d'elle tandis que Rachel accourait pour la soigner.

Ludivine avait douze ans. Le geste le plus utile qu'elle avait eu à ce moment avait été d'attraper la main d'Acca et la serrer avec force pour la rassurer. Durant les premières secondes, Ludivine avait pensé perdre sa mère, jusqu'à ce que Rachel soupire de soulagement, quelques minutes plus tard. Aucun adulte ne faisait attention à Acca et elle maintenant.

Ce n'était pas un sentiment de solitude que Ludivine avait ressenti à cet instant, non, Acca était là. Ce n'était pas non plus un sentiment de peur à l'idée de perdre sa mère, non, cette dernière respirait encore. C'était un simple sentiment d'impuissance, en constatant que la situation pouvait lui échapper des mains en un instant, qu'elle pouvait y perdre une personne qu'elle aimait, et qu'elle ne pouvait rien faire pour y changer quoi que ce soit. Rien faire pour sauver les meubles quand tout s'effondrait.

Elle n'était pas sûre d'avoir été traumatisée par ce sang qui s'était écoulé du corps de sa mère, mais Ludivine aurait peut-être reconnu être dans le déni si on le lui avait pointé du doigt. Cependant, alors qu'elle revoyait sa propre impuissance, Ludivine repensait à la détermination de sa mère, à son courage et sa fermeté lorsqu'il avait fallu affronter le danger.

Pour l'enfant qu'elle était, qui avait été élevée par une femme courageuse et déterminée, ce sentiment d'impuissance représenterait toujours le plus grand moment de faiblesse qu'elle avait pu vivre. Pour la fille qu'elle était, qui avait toujours admiré sa mère, ce risque de ne pas la voir se relever représenterait toujours son pire cauchemar. Pour la sorcière qu'elle était, à qui l'on avait toujours dit de ne pas baisser les bras, ce duel représenterait toujours une inspiration. Les bras étaient faits pour attaquer et se défendre, et non pour être baissés.

« Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse. » Nelson Mandela

— Toutes les équipes peuvent se mettre en place.

Ludivine n'oublierait jamais la première fois qu'elle avait réalisé que l'on pouvait perdre un être cher en un instant. Elle avait ressenti de la peur, mais n'oublierait jamais que la détermination de sa mère avait vaincu sa peur à elle, et Ludivine s'était fait la promesse de ne plus jamais se retrouver dans une situation où sa plus grande compagne serait son impuissance.

— C'est à nous, Hendell, signala James à côté d'elle pour la sortir de ses pensées. Avance-toi.

Ludivine reprit conscience du monde autour d'elle et posa son regard sur James Potter qui se tenait à côté d'elle. Le dos droit, le visage fermé, il ne regardait pas Ludivine, concentré sur son environnement qu'il analysait avec minutie. Le Gryffondor se tenait avec allure. Il semblait prêt à affronter tout ce qui se tiendrait face à lui, et Ludivine se sentit presque chanceuse de ne pas avoir eu à s'opposer à lui.

Une centaine de sorciers se tenait autour de Ludivine et James, alors qu'aujourd'hui avait lieu la première épreuve du concours organisé par le ministère. Toutes les équipes avaient été réunies dans le parc de Poudlard, à la lisière de la forêt interdite.

C'était le grand jour, James était silencieux, Ludivine était pensive. Ils ne ressemblaient en rien aux équipes qui se tenaient autour d'eux. Certains chuchotaient entre eux, d'autres ricanaient silencieusement, d'autres encore rigolaient sans s'en cacher. Mais James et Ludivine n'échangeaient pas un mot. Ce n'était pas leur complicité qui les unissait, mais leur silence.

Ludivine n'avait pas écouté le discours de Gawain Robards, ancien Chef du Bureau des Aurors avant que Harry Potter ne prenne sa suite, mais en avait saisi les grandes lignes. Ils seraient livrés à eux-mêmes lors de cette épreuve. Personne n'aurait de vision sur ce qu'il se passerait dans la forêt et c'était à chaque équipe de se débrouiller pour en sortir.

Chaque équipe devait récupérer trois flammes pour réussir l'épreuve. Comment trouver ces flammes, c'était la question que tous les participants semblaient se poser. Le seul indice qu'ils avaient eu était le suivant : utilisez vos connaissances, mais faites avant tout preuve de sagesse.

Comme toutes les autres informations qui leur avaient été données concernant cette première épreuve, Ludivine avait du mal à en discerner l'essentiel. Utiliser ses connaissances, encore fallait-il les avoir. Et comment savoir lesquelles seraient utiles dans la forêt interdite. Quant à la sagesse, comment se couplait-elle aux connaissances.

Ludivine soupira. Elle n'aimait pas manquer d'informations, et pour rien au monde aurait-elle posé la question à James qui affichait un regard dur et déterminé qui n'inspirait aucun confort à la sorcière. Bien sûr, elle n'avait aucun doute que son expression à elle devait être aussi fermée que celle du Gryffondor.

Ludivine s'avança, suivie de près par James, jusqu'à un cercle qui avait été tracé à la baguette dans l'herbe. Dans ce cercle se tenait un objet en lévitation à hauteur de poitrine, une broche de la forme d'étoiles en collision. Toutes les équipes avaient fait ainsi, un objet différent pour chacune. C'était un portoloin qui les amènerait quelques mètres plus loin, au cœur de la forêt.

Des étoiles en collision, Ludivine ne retint pas son sourire en voyant la broche. Elle leva son regard sur James. Comme elle, ce dernier était imperturbable. Le regard fixé sur le portoloin, Ludivine pouvait sentir dans la sévérité de son expression toutes les pensées qui se promenaient dans son esprit. Il était impressionnant, mais Ludivine ne l'aurait jamais admis.

James dut sentir un regard sur lui car il releva la tête vers elle, et quand il croisa le regard de la sorcière, c'est toute son expression qui changea aussitôt, passant d'une concentration absolue à une ironie forcée.

— Tu m'as l'air tendue, Hendell, sourit James avec une légère ironie.

— Concentrée, se contenta de répondre Ludivine, comme toi apparemment.

James ne répondit rien, mais Ludivine vit son regard se durcir de nouveau à l'idée qu'elle puisse sentir son stress. James, comme Ludivine, n'aimait pas montrer ses faiblesses, et l'idée qu'une autre personne puisse comprendre et interpréter ses émotions en était déjà une. Pourtant, l'un comme l'autre n'affichait rien d'autre que de la concentration.

La concurrence était élevée, mais ça n'inquiétait ni James, ni Ludivine qui savaient que la forêt regorgeait de créatures plus dangereuses que les participants. Ils se demandaient surtout ce qu'ils allaient affronter. Il n'y aurait pas de dragon dans cette épreuve, mais Ludivine, tout comme James, savait qu'il y avait bien pire qu'affronter des créatures effrayantes, comme par exemple affronter ses peurs et découvrir qui l'on est face à elles.

Ludivine posa sa main sur la broche, ce que fit également James. Aucun des deux ne réagit lorsque leurs mains se touchèrent, créant une vague de chaleur qui se propagea bien au-delà de leur toucher. Aucun des deux ne parla lorsque l'auror Robards demanda si les participants étaient prêts à commencer leur épreuve. Aucun des deux ne protesta lorsqu'un gong se fit entendre et que la broche s'activa, les transportant dans un mouvement de vent ailleurs que dans le parc du château.

« La connaissance parle mais la sagesse écoute. » Jimi Hendrix

En quelques secondes, James et Ludivine avaient été transportés au sein de la forêt interdite. L'atterrissage se fit en douceur, et Ludivine lâcha aussitôt la main de James. En un simple coup d'œil, elle comprit qu'ils avaient été déposés à une croisée des chemins.

Sombre et profonde, la forêt s'étendait d'un côté dans l'obscurité. Elle était dense, constituée d'innombrables arbres, aux troncs hauts et aux souches épaisses. La verdure n'avait plus de place dans cet espace où la terre dominait. La lumière du jour n'avait pas réussi à se frayer un chemin dans cette partie de la forêt, et Ludivine dut plisser les yeux pour voir au loin, mais quelque chose en elle l'incitait à s'éloigner de cette pénombre mystérieuse.

Lumineuse et paisible, l'autre versant de la forêt s'opposait à ses profondeurs inquiétantes. Les arbres bas et peu feuillus servaient d'habitacle à une large biodiversité, et Ludivine pouvait apercevoir au loin une large clairière, somptueuse. Cette partie de la forêt était emplie d'une clarté qui inspira confiance à Ludivine.

C'était décidé, Ludivine voulait aller vers la lumière. C'était sans compter sur James, qui se mettait en marche silencieusement vers les profondeurs de la forêt, sans demander l'avis de Ludivine. Cette dernière l'alpagua avant qu'il n'ait pas pu faire un pas de plus.

— Où vas-tu Potter ? demanda-t-elle d'un ton désapprobateur.

— Je m'éloigne de la lisière, Hendell, lui répondit James, nous aurons plus de chances au cœur de la forêt.

— Le cœur de la forêt est dangereux, argua Ludivine, pourquoi nous compliquer la tâche ?

— Toutes les équipes se dirigeront vers la lisière, où elles seront plus en sécurité, rétorqua James comme si c'était une évidence, il faudra se battre pour toute flamme à trouver.

Ludivine soupira, évitant le regard de James tandis qu'elle reconnaissait mentalement qu'il avait raison. Ils n'avaient aucune idée de la façon d'obtenir ces fameuses flammes, et c'était une stratégie de s'éloigner des autres participants pour ne pas avoir de concurrence. Ludivine tut sa crainte, ce sentiment profond qui lui signifiait que les créatures qui peuplaient le cœur de la forêt pouvait être bien plus dangereuses que leurs concurrents, mais elle suivit James d'un pas silencieux.

Ils marchèrent durant un bon quart d'heure, dans un silence qui ne dérangeait ni Ludivine, ni James. Au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient plus profondément dans la forêt, l'air se rafraichissait et une brume commençait à se former. Les arbres paraissent de plus en plus hauts, cachant le ciel qui se composait maintenant uniquement de feuilles grises pour James et Ludivine.

Ils marchaient sans réellement savoir ce qu'ils recherchaient, tandis que leur environnement devenait de plus en plus sombre. Ludivine commençait à entendre des bruits qu'elle ne parvenait pas à identifier, tandis que James avançait avec ce même air impassible, renforçant sa vigilance au fur et à mesure que leur champ de vision se réduisait. Il devenait progressivement difficile de voir quoi que ce soit autour d'eux, et Ludivine hésita à proposer à James d'arrêter d'avancer.

— Lumos, lâcha James silencieusement.

— Potter, l'interpella Ludivine, tu es sûr qu…

Ludivine s'interrompit, tandis qu'un bruit fracassant se faisait entendre. Un hurlement strident, qui semblait appartenir à un homme, résonna et Ludivine sentit son cœur se serrer à l'entente de sa douleur. Elle distingua toute la souffrance dans ce cri. Aussitôt, des bruits de combat retentirent, ils ne semblaient pas se tenir si loin d'eux, et Ludivine et James se demandèrent d'un regard s'ils devaient en trouver la source.

Finalement, des piétinements se firent entendre. Des piétinements sourds et imposants de créatures qui se rapprochaient de leur position à une vitesse foudroyante. Au fil des secondes, ce bruit ravageur s'accentua et ce fut James qui réagit le plus vite. En une demi-seconde, il attrapa Ludivine par le bras, la plaquant violemment contre un tronc d'arbre suffisamment large pour les cacher. Il posa une main sur la bouche de la sorcière qui commençait déjà à protester tandis qu'il murmurait un finite pour éteindre sa baguette dans son autre main.

La lumière disparut autour d'eux, et Ludivine l'en remercia mentalement alors que les piétinements s'arrêtaient à quelques mètres d'eux. Un hurlement de colère résonna, et Ludivine constata d'un mouvement des yeux qu'il s'agissait non pas d'êtres humains mais d'un troupeau de centaures.

Six centaures se tenaient à quelques mètres d'eux, et l'un d'entre eux était visiblement blessé. Cachés par le large tronc d'arbre, James et Ludivine restèrent silencieux plusieurs minutes, attendant de voir ce que les créatures faisaient. Elles étaient toutefois trop concentrées sur leur camarade blessé pour s'enquérir de ce qu'il se passait autour d'eux.

— Tu m'écrases, Potter, grinça Ludivine dans un murmure au bout de plusieurs minutes.

— Réjouis-toi que ce soit mon torse et non un sabot de centaure, argua James

— Je m'en serais moins plainte, marmonna Ludivine qui tentait de se dégager de la poigne du sorcier.

— Tu n'aurais pas eu l'occasion de te plaindre ! s'exclama James qui empêcha Ludivine d'attirer l'attention sur eux en attrapant ses deux poignets.

Malgré la pénombre autour d'eux, Ludivine sut que James avait deviné son regard noir, tout comme elle devinait le sourire narquois du jeune homme. Il était particulièrement proche d'elle, et Ludivine sentait ses joues chauffer. La proximité avec James ne la dérangeait en réalité pas tant que ça. Dans le noir, il ne pouvait pas voir son rougissement. Il pouvait probablement sentir l'accélération de son rythme cardiaque, et c'était bien pour cela que Ludivine s'était plainte, pour qu'il assimile son rythme cardiaque à de la colère, à de l'adrénaline.

— Allons les aider, suggéra Ludivine en entendant l'énième plainte lancinante du centaure.

— Il en est hors de question, répliqua James, ils nous tueront.

— On ne leur veut aucun mal, revendiqua Ludivine qui n'aimait pas que le sorcier lui dise quoi faire.

— Ils ne le savent pas, rétorqua James en relâchant sa pression sur Ludivine. Regarde-les bien, l'un des leurs a été blessé par un sortilège magique. Si ça se trouve, ils penseront qu'il s'agit de nous.

— Il suffit de leur dire qu'on veut les aider, dit Ludivine sur un ton obtus en se décalant de l'arbre.

De nouveau, James l'attrapa par le coude, la plaquant de nouveau contre l'arbre. Ludivine aurait lâché un cri qui aurait attiré les centaures si James n'avait pas de nouveau couvert sa bouche de sa main. Sa poigne était plus forte qu'auparavant, l'empêchant de bouger, et Ludivine n'appréciait pas la démonstration de force dont le Gryffondor faisait preuve. Elle se contenta cependant de le fusiller du regard tandis qu'il approchait dangereusement son visage du sien.

— Le thème de l'épreuve est la connaissance, Hendell, dit James d'un calme imperturbable. Il ne s'agit pas uniquement de vérités universelles mais également des croyances s'appuyant sur de bonnes raisons.

James s'interrompit, fixant Ludivine d'un regard sévère. Il retira sa main de la bouche de la sorcière, et cette dernière se retint de lui hurler dessus. Pour qui se prenait-il, à faire preuve d'autorité et de force physique sur elle ? Mais avant tout, pour qui se prenait-il, à lui dire ce qu'elle devait faire ? Cependant, Ludivine n'eut pas le temps de partager sa pensée.

— S'ils croient qu'on les a blessés, reprit James, et qu'ils nous pensent être une menace, c'est alors une connaissance pour eux que nous tuer garantira leur sécurité.

— Je n'aime pas l'idée de laisser une créature blessée, Potter, protesta Ludivine avec véhémence, aussi dangereuse puisse-t-elle être !

— Mais c'est qu'un cœur se cache derrière cet air distant.

James éclata d'un rire discret et narquois, tandis que Ludivine le fusillait du regard. Cette discussion risquait de très mal finir si le Gryffondor décidait de ne pas la prendre au sérieux.

— Ne t'en fais pas, Hendell, reprit James sur ton plus doux, je n'aime pas ça plus que toi. Faisons-le juste de façon intelligente.

— Et que suggères-tu, avec ton esprit brillant ? demanda Ludivine avec ironie.

James renforça son sourire narquois alors qu'il examinait Ludivine d'un œil railleur. Cette dernière soupira, se décalant de l'arbre pour retrouver une distance acceptable avec James. Puis, une idée éclaira les pensées de Ludivine, une idée qui provoqua chez elle une euphorie frénétique.

— Je peux faire un cataplasme puissant si tu me trouves les bons ingrédients, chuchota-t-elle en regardant autour d'elle.

— Enumère, lui indiqua James, et je trouverai.

Ludivine partagea ce qu'elle avait en tête, se remémorant la discussion qu'elle avait eue avec le professeur Slughorn quelques semaines plus tôt, à la fin de son entretien d'orientation. Il lui avait partagé la composition d'un cataplasme pour les créatures de Hagrid, et Ludivine se souvenait parfaitement de cette liste. Elle n'avait pas les ingrédients nécessaires pour reproduire le même mélange, mais elle avait bien retenu que la rose décuplait les effets du cataplasme.

James se mit aussitôt à chercher autour de lui, utilisant sa baguette pour lancer des accio. En quelques secondes, il disparut de son champ de vision. De son côté, Ludivine reporta son attention sur le troupeau de centaures, prise d'inquiétude pour cette pauvre créature. Les cinq autres centaures s'étaient légèrement calmés, mais discutaient avec animation, cherchant probablement un moyen de calmer la douleur de leur camarade.

Lorsque James revint, Ludivine avait perdu la notion du temps. Elle avait toutefois eu le temps de fabriquer un bol à partir d'écorces qu'elle avait trouvées sur le sol et récupéré une branche solide pour en faire un pilon.

Ludivine attrapa les branches d'aconit que James lui avait tendues, s'assurant de ne pas toucher aux feuilles, toxiques, et de n'en récupérer que les fleurs. Elle récupéra les épines et les pétales des roses qu'il avait posées à côté d'elle, et en fit de la poudre grâce à un sortilège. Ludivine s'arrêta un instant, observant les ingrédients que James avait réunis. Quelque chose manquait, mais elle ne parvenait pas à savoir quoi.

— Ne me dis pas que je me suis trompé, Hendell, prévint James.

— Je ne…

Ludivine ne finit pas sa phrase, réalisant ce qui la dérangeait. Elle ignora James, se levant pour partir à la recherche de quelque chose. Elle revint deux minutes plus tard, faisant un sourire à James qui la regardait d'un air excédé.

— De l'armoise, lui signifia Ludivine en montrant la plante en question dans sa main. Plante commune mais qui réagit si elle est mélangée à des produits toxiques.

— Quelle utilité ? demanda James.

— C'est la preuve pour un centaure que le cataplasme n'est pas nocif.

James ne répondit pas, mais conservait son air excédé. Ludivine avait bien conscience que le sorcier ne devait pas apprécier être maintenu à l'écart d'une information, mais elle retourna à sa composition sans un mot. Il lui fallut quelques minutes de plus pour compléter le reste de son mélange.

A côté d'elle, James s'impatientait et ne le cachait pas.

— On perd un tel temps, finit par exprimer James.

— Je ne peux pas aller plus vite, cingla Ludivine.

— Je sais, rétorqua James avec irritation, je ne sous-entendais rien.

— J'en ai conscience, reconnut Ludivine d'un ton bas en rebondissant sur la remarque première du sorcier, j'ai bien conscience que l'on perd du temps, mais ils ont l'air trop paniqués pour qu'on les laisse sans les aider.

— Je sais, marmonna James avec plus de douceur, ne fais pas attention à mes jérémiades.

Ce fut à cet instant que Ludivine se rendit compte de la proximité du sorcier. James s'était agenouillé près d'elle et observait d'un œil précis chaque geste effectué par Ludivine pour la concoction. Lorsqu'elle releva la tête vers James, Ludivine lui sourit doucement, plongeant son regard dans celui observateur du sorcier.

— C'est prêt, murmura-t-elle.

James hocha la tête, la remerciant silencieusement avant d'attraper le bol.

Wingardium leviosa, prononça James avec aplomb.

Le cataplasme s'éleva dans les airs, et James le guida de sa baguette jusqu'aux centaures. Concentrés sur leur camarade blessé, ils ne firent pas attention à ce bol de bois qui se posa juste à côté de leurs sabots, et il leur fallut une bonne minute avant que l'un d'eux ne bouscule ledit bol.

Ludivine maintint son regard sur le centaure qui attrapait maintenant le cataplasme après avoir regardé autour de lui avec méfiance durant un moment. Elle les entendit murmurer entre eux, l'un d'eux voulut taper dans le bol pour en jeter le contenu, mais le centaure qui l'avait attrapé l'en empêcha. Ils échangèrent de nouveau avec véhémence, avant que le centaure le plus âgé n'attrape le bol avec autorité. Il prit une quantité du mélange, le sentant avec précaution avant de l'appliquer sur la blessure du centaure qui continuait d'émettre des petits cris de peine.

Au bout d'une petite minute, les gémissements de douleur se calmèrent, et Ludivine sentit un poids quitter sa poitrine tandis qu'elle inspirait une nouvelle bouffée d'air.

— Rassurée ? murmura James avec douceur.

Elle releva le regard vers le sorcier, hochant la tête en signe d'approbation tandis que James lui faisait un sourire attendri.

Par ce regard, Ludivine remerciait également le sorcier d'avoir écouté sa volonté, et de ne pas avoir uniquement pensé au concours. Elle n'aurait jamais fait la paix avec elle-même si elle avait laissé cette pauvre créature à sa souffrance, et le Gryffondor avait respecté sa volonté et l'avait soutenue.

— Tant mieux, dit-il.

Comme pour confirmer les propos de James, une lueur apparut entre eux. James et Ludivine baissèrent tous les deux la tête et virent une flamme de la taille d'une paume virevolter entre eux. Ce n'était pas une réelle combustion, mais plutôt une lumière incandescente d'un rayonnement faible, d'une couleur orangée complexe. Sa forme virevoltait sous l'emprise d'un vent imperceptible, et sa vision en était envoûtante.

— Pourquoi est-elle apparue ? interrogea Ludivine.

— J'ai tendance à penser, sourit James, que tu as utilisé tes connaissances en botanique à des fins plus vertueuses que notre simple objectif.

— Et tu as joué de sagesse pour m'empêcher de foncer au risque de finir piétinée, marmonna Ludivine.

James fit un sourire à Ludivine, que cette dernière lui rendit avec douceur avant que son attention ne se porte de nouveau sur la flamme.

— Notre première flamme, marmonna Ludivine avec fascination.

— Il semblerait que l'on n'ait pas tant perdu notre temps que ça.

James attrapa la main de Ludivine tandis que la flamme venait se loger dans la paume qu'il avait ouverte à la hauteur de sa poitrine. La main du Gryffondor était large et chaude. Si son geste ne semblait pas naturel, le toucher, lui l'était et Ludivine resta interdite aux picotements qu'elle ressentait au niveau de sa main, se concentrant sur le remuement qu'elle détecta dans son estomac lorsque la flamme les transporta dans un autre lieu.

Ludivine vit son environnement changer, des images floues d'arbres et de noirceur vriller autour d'elle, jusqu'à ce qu'un choc se fasse ressentir, comme si une barrière invisible l'empêchait d'aller plus loin. Son corps chuta, et elle sentit sa baguette lui échapper des mains tandis que son corps rentrait violemment en contact avec un sol feuillu.

— Tout va bien, Hendell ? entendit-elle.

Ludivine se redressa très doucement. Elle replaça ses cheveux qui lui étaient tombés devant le visage lors de sa chute et qui lui bloquaient la vue, puis observa les alentours.

Ils étaient toujours dans une zone très sombre de la forêt interdite. Les arbres étaient toujours aussi denses et imposants, d'une si grande hauteur que Ludivine devait entièrement lever la tête pour apercevoir leur feuillage. Les cimes étaient inatteignables.

Cette partie de la forêt était particulière. James et Ludivine étaient encerclés par une dizaine d'arbres, dans un espace restreint dont il semblait impossible de sortir. Les troncs étaient incroyablement larges, proches les uns des autres, leurs racines resserrées. Il semblait impossible pour Ludivine d'accéder au reste de la forêt.

Il faisait particulièrement sombre, mais Ludivine parvenait tout de même à distinguer James, un mètre plus loin, qui se relevait, époussetant son pantalon tout en cherchant Ludivine du regard.

— Je vais bien, Potter, répondit Ludivine en regardant autour d'elle, les mains perdues entre les feuilles séchées, mais j'ai perdu ma baguette.

— Moi aussi, lui signala James, un charme a dû nous l'enlever.

Ludivine soupira tandis que James s'approchait prudemment d'elle, lui proposant une main qu'elle accepta pour l'aider à se relever. James regarda autour de lui, les lèvres pincées.

— Il va nous falloir nos baguettes pour sortir d'ici, constata James.

— Il nous les faudra de toute façon pour continuer.

D'un regard entendu, ils se mirent à la recherche de leurs baguettes. James retourna à l'endroit où il avait atterri tandis que Ludivine s'était penchée vers le sol au même endroit. Le sol jonché de feuilles mortes et de boue séchée et la faible luminosité ne rendaient pas la tâche plus facile, et Ludivine n'appréciait définitivement pas de se trouver privée de sa baguette.

— Où crois-tu qu'on ait atterri ? demanda Ludivine.

— Dans le seul endroit de la forêt dont il semble impossible de sortir, soupira James.

— Tu crois que cela veut dire qu'une flamme se trouve entre ces arbres ?

— C'est possible, maugréa James, ou bien ça veut dire qu'on n'en sortira pas.

Ludivine sentait que James la cherchait du regard, sans voir autre chose que la forme de son corps qui se mouvait, mais Ludivine restait concentrée sur sa recherche. Sans leur baguette, ils n'avaient aucune chance de sortir de cet endroit et plus les minutes passaient, plus Ludivine sentait un stress monter en elle à l'idée de ne pas la retrouver.

— J'ai trouvé la mienne ! s'exclama soudain James.

Ludivine soupira, constatant étrangement que cette information l'irritait plus qu'elle ne la rassurait. Une baguette était toujours mieux qu'aucune, mais il fallait qu'elle trouve la sienne. Il était hors de question qu'elle reste sans baguette. Alors Ludivine accéléra ses mouvements, balayant négligemment le sol jonché de feuilles sèches, consciente que des projections de boue séchée allaient sur elle. Ludivine s'en fichait.

— Je peux sentir ta frustration à des mètres, ricana James.

— Je n'aime me retrouver sans baguette, maugréa Ludivine.

— Je comprends, compatit James qui avait quitté sa posture stoïque pour retrouver sa personnalité moqueuse que Ludivine commençait à bien connaître, ça impliquerait que je doive te défendre. J'imagine l'enfer que ça représente pour toi, rigola-t-il.

— Arrête de supposer me connaître, grommela Ludivine.

— Je n'aurais pas cette prétention, marmonna James avec moquerie.

James murmura un accio, mais rien ne se passa alors il se pencha de nouveau vers le sol pour reprendre sa recherche.

Ludivine ne disait rien, mais elle sentait la colère monter en elle. Elle réalisait que, malgré ce qu'elle pouvait dire, le sorcier la connaissait mieux qu'elle ne le connaissait. Il avait d'ailleurs tout à fait raison. L'idée de dépendre du Gryffondor pour se défendre angoissait Ludivine. Elle ne pouvait pas imaginer que l'épreuve prenne fin grâce à James et sa baguette.

— On a plus de chances de réussir avec deux baguettes, s'exclama Ludivine au bout d'une courte minute, ressentant le besoin de justifier son mécontentement.

— Je me demande si tu serais aussi dérangée si c'était ma baguette qu'on ne trouvait pas, ironisa James.

— Quel est le problème à ne pas vouloir dépendre de toi ? grinça Ludivine.

— Les serpents et leur orgueil, marmonna James qui semblait ne plus écouter Ludivine, c'est incroyable.

— ARRÊTE, cingla Ludivine, de penser me connaître !

Ludivine s'était relevée avec fureur, lâchant la boue séchée qu'elle avait attrapée dans sa main. Elle se tourna vers la localisation de James, sans réaliser que plus les minutes passaient, et moins elle parvenait à distinguer le sorcier parmi les arbres. James ne pouvait pas non plus la voir, il n'essayait d'ailleurs pas tandis qu'il continuait à chercher frénétiquement la baguette de Ludivine. Il se contenta d'un éclat de rire, puissant et bruyant.

— C'est trop facile de t'énerver, Hendell.

Ludivine ne répondit pas, retenant un cri de frustration avant de s'agenouiller de nouveau dans la boue. Ce que le sorcier pouvait parfois lui taper sur le système, avec son air arrogant et son rire impertinent.

— Même dans de telles situations, maugréa Ludivine, tu restes insup…

Ludivine s'interrompit tandis qu'elle tâtonnait des écorces sèches jusqu'à atteindre les racines d'un arbre. A l'instant où elle toucha ce qu'elle pensait être une souche d'arbre, quelque chose vint agripper fermement sa jambe. Malgré le tissu de son pantalon, Ludivine sentit sa jambe la brûler vivement, lui arrachant un cri qui inquiéta James.

— Hendell ?

— Quelque chose m'attaque, grinça Ludivine qui réalisait que cette chose s'était enroulée autour de sa cheville.

La panique commençait à monter en elle, consciente qu'elle n'avait aucun moyen d'identifier son attaquant sans lumière, ni de se défendre sans sa baguette. Elle n'entendit pas James accourir vers elle, mais vit un rayon de lumière s'approcher. Lorsque le Gryffondor ne fut qu'à quelques centimètres d'elle, Ludivine réalisa que c'étaient des tentacules qui s'étaient enroulés autour de sa jambe. Des tentacules couverts d'épines qui troublèrent Ludivine.

— Putain, Hendell, s'exclama James en s'agenouillant près d'elle avec précipitation.

— Ne touche pas, prévint Ludivine en l'arrêtant d'une main, les tentacules brûlent.

Ludivine entendit James jurer dans sa barbe tandis qu'il essayait d'identifier la source de ces tentacules. Ils semblaient sortir d'une souche d'arbre, mais Ludivine était incapable de suivre ce qu'il se passait sous ses yeux tant sa jambe la brûlait. Sa vision commençait d'ailleurs à s'altérer.

Reducto, entendit-elle James dire d'une voix rauque.

Rien ne se passa alors que le sortilège touchait la créature, mais Ludivine se tourna violemment vers James après avoir vu le sort manquer sa peau de quelques millimètres.

— Je te préviens, Potter, tu n'as pas intérêt à rater ta cible !

— Tu ferais bien de ne pas trop te plaindre, Hendell, maugréa James tandis qu'il tentait un sortilège de brûlure. Cette saleté ne bouge pas.

— Comment un arbre peut m'attaquer, cria Ludivine avec frustration.

— Qu'est-ce que je peux en sav… répondit James avec effroi avant de s'interrompre et de regarder vers l'arbre en question. L'arbre…

Ludivine entendait James marmonner mais elle ne l'écoutait déjà plus tandis que les tentacules commençaient à s'enrouler autour de son mollet et la tiraient progressivement vers la souche. Elle entendit quelqu'un prononcer son nom, mais Ludivine commençait à sentir sa tête tourner. Elle n'entendait plus la voix qui s'exclamait à côté d'elle.

— Je crois que la plante est venimeuse, geint doucement Ludivine tandis que ses yeux commençaient à se fermer.

Une nouvelle fois, elle entendit son nom. Mais Ludivine était dans l'incapacité de réagir. Elle se sentait glisser petit à petit vers la cavité de la plante, dont les tentacules remontaient le long de sa cuisse, mais elle n'avait plus aucun moyen de se défendre.

— Hendell, reste avec moi !

Ce n'était pas tant la voix forte et dominante qui ramena Ludivine à la réalité, mais la main que James avait placée dans sa nuque, la secouant doucement pour attirer son attention. A son contact, Ludivine rouvrit les yeux, constatant que James s'était tellement rapproché d'elle que son visage ne se tenait plus qu'à quelques centimètres d'elle. Si Ludivine avait été en pleine possession de ses moyens, elle aurait rougi de cette proximité qu'elle n'avait pas choisie.

— Reste éveillée Hendell, l'intima James, j'ai compris ce qu'est la chose qui t'attaque.

— Com-ment-tu-la-tues ? demanda Ludivine avec difficulté.

— Quand je te ferai signe, lui indiqua James avec concentration, tu jetteras un sortilège de coupure sur la souche d'arbre. C'est le seul sortilège qui la forcera à ouvrir ses tentacules !

— Et toi, protesta Ludivine, que fais-tu ?

— Fais-moi confiance, Hendell, répondit James d'un ton impérieux, conscient que le temps leur manquait.

Ludivine n'avait, de toute façon, plus la capacité de s'exprimer, mais James n'y prêtait de toute façon aucune attention. Il se relevait déjà pour attraper un morceau de bois sur le sol qu'il aiguisa d'un coup de baguette. Il attrapa ensuite la main de Ludivine, aidant la sorcière à détendre ses muscles pour ouvrir la paume avant qu'il ne mette sa baguette dans sa main.

Ludivine sentit quelque chose se soulever en elle lorsqu'elle prit possession de la baguette de James. D'un diamètre plus épais que la sienne et d'une longueur plus grande, le bois de chêne rouge était plus clair et rugueux que le bois de cèdre de Ludivine. La baguette ne lui appartenait pas, et cette dernière le manifesta en vibrant légèrement. Ludivine resserra son emprise, c'était elle qui avait le contrôle sur cette baguette, et cette dernière sembla accepter cela en arrêtant de vibrer dans la main de Ludivine.

James fût satisfait en voyant la pointe au bout du morceau de bois. Il jeta un regard si confiant et déterminé à Ludivine que cette dernière, sans réellement comprendre pourquoi, se persuada que sa douleur prendrait bientôt fin.

— Maintenant, Hendell !

Diffindo, parvint à formuler Ludivine avec la baguette de James qui vibra sous son geste.

Le sortilège lancé par Ludivine toucha de plein fouet l'un des tentacules, fendant celui-ci dans toute sa longueur jusqu'à sa souche. Un liquide blanc, presque jaunâtre, en jaillit et les tentacules lâchèrent aussitôt la jambe de Ludivine pour se rétracter autour d'une cavité qui semblait cacher quelque chose de précieux.

Ludivine retint un geste d'écœurement tandis que James, sans une once d'hésitation, attrapait une extrémité de son morceau de bois et en plantait l'autre au cœur de la cavité, éclatant des gousses vertes dont s'extrayaient des asticots de la même couleur.

La plante émit un cri de douleur tandis qu'elle se rétractait entièrement autour de la cavité pour disparaître derrière un tronc d'arbre, un peu plus loin. Aussitôt, James se précipita vers Ludivine, se penchant sur la blessure de la sorcière.

— Comment tu te sens ? s'enquit-il.

— Mieux, dit Ludivine qui recouvrait progressivement ses esprits.

— Je n'ai pas l'impression qu'elle t'ait empoisonnée, mais tu as de belles brûlures au niveau de la cheville.

James leva la tête vers Ludivine, vérifiant que la sorcière avait retrouvé des couleurs Il posa le revers de sa paume sur le front de Ludivine, approchant son visage pour observer ses pupilles. James ne dit rien, mais sa mine pincée interrogea Ludivine.

— Tu te sens de continuer ? demanda James.

— Bien évidemment, Potter ! siffla Ludivine.

Le regard de James se durcit à l'entente du ton de Ludivine. Sans un mot, il récupéra sa baguette des doigts de Ludivine, murmurant un léger episkey qui referma de légères plaies sur la jambe de la sorcière. Il s'assura de ne pas toucher aux brûlures, et Ludivine supposa que le Gryffondor ne savait pas soigner ce type de blessure.

James se releva, toujours silencieux tandis qu'il proposait une nouvelle fois sa main à Ludivine. Cette dernière s'en saisit, mais lorsqu'elle fut sur ses jambes et que James s'apprêtait à lâcher sa main, Ludivine l'en empêcha.

C'est un regard surpris que James posa sur elle, un regard surpris mais toujours aussi dur, et la sorcière s'en sentit presque insignifiante. Elle savait que le sorcier l'avait sortie d'un sacré pétrin, et cela aurait été ingrat de la part de Ludivine de ne pas le reconnaître.

— Merci, murmura-t-elle avec une gêne qu'elle ne cacha pas.

La surprise se renforça dans les iris noisette de James. Il lâcha la main de Ludivine, portant la sienne dans les mèches de la sorcière dont il enleva plusieurs feuilles mortes. Ludivine ne dit rien tandis qu'elle le laissait faire, maintenant son regard sur le visage du sorcier.

— Je ne doute pas que tu t'en serais parfaitement sortie sans moi, nargua James avec douceur, mais ravi d'avoir pu aider.

Cette fois-ci, le sourire que Ludivine arbora était sincère, sans filtre. James ne lui faisait pas ressentir que c'était grâce à lui qu'ils s'en étaient sortis. Non, il avait compris comment la sorcière fonctionnait, et il allait dans son sens.

— Qu'est-ce qui nous a attaqués ? demanda Ludivine.

— Un Snargalouf, répondit James, une plante magique carnivore. C'est une plante que l'on l'étudie en fin de sixième année.

— Il semblerait que cette fois, ce soient tes connaissances qui nous aient aidés.

James lui fit un sourire fin, puis attrapa de nouveau la main de Ludivine pour glisser dans sa paume une baguette. Le toucher fut si naturel pour Ludivine qu'elle sut immédiatement qu'il s'agissait de la sienne. Même si la baguette de James s'était très rapidement adaptée au toucher de Ludivine, cette dernière devait reconnaître qu'aucun sentiment ne s'approchait de celui qu'elle ressentait lorsqu'elle reprenait possession de sa baguette à elle.

— Je l'ai trouvée dans le chaos, sourit James, elle était coincée sous une racine.

Un silence complice s'installa tandis que Ludivine le remerciait d'un sourire. Un silence profond mais agréable, qu'aucun des deux sorciers n'eut le sentiment de devoir combler. Alors que James lâchait les doigts de Ludivine avec une lenteur qu'elle pensa calculée, cette dernière sentit ses joues chauffer tandis qu'elle réalisait que ce silence lui était confortable.

Ce sentiment se renforça lorsqu'un éclat apparut au-dessus de leurs têtes, un éclat qu'ils reconnurent comme celui d'une flamme. James et Ludivine rompirent leur échange pour lever la tête. Avec un naturel qui n'interrogea ni James, ni Ludivine, cette dernière leva la main afin que la flamme s'y loge, un sourire éclatant sur les lèvres tandis que James attrapait sa main de nouveau, avec une douceur que Ludivine choisit d'ignorer.

Et dans ce silence toujours aussi serein, ils transplanèrent.

Cette fois-ci, l'atterrissage se fit plus en douceur pour Ludivine. Elle sentait que sa cheville était affaiblie et elle remercia Merlin de prendre cet élément en considération tandis que ses pieds touchaient l'herbe verdoyante.

James avait également atterri sur ses deux jambes, à un mètre d'elle. Autour d'eux, le décor avait totalement changé. Les arbres hauts, larges et sombres, avaient disparu pour laisser place à une verdure foisonnante. La lumière n'avait plus besoin de se frayer un chemin parmi les feuillages, elle était présente partout autour d'eux. Ils comprirent à l'aspect de la forêt, qu'ils étaient bien moins enfoncés dans la forêt qu'ils avaient pu l'être auparavant.

— Comment va ta chev… commença James.

— Arrête tes faux-semblants, Malefoy ! entendirent-ils. Ça se voit que tu n'as jamais pris un coup !

Ludivine et James échangèrent un regard confus à l'entente de l'exclamation remplie d'animosité. Il n'y avait pas plus d'un Malefoy dans l'enceinte du château, et Ludivine se demanda quel élève se permettait de s'adresser ainsi à Scorpius avec tant de colère, tant de haine.

Bien évidemment, c'était sans compter qu'ils participaient à un concours, et que la pression et l'envie de réussir poussaient parfois les sorciers à faire des choses étranges. Alors Ludivine se retourna et constata qu'ils avaient atterri en plein duel, et pas avec n'importe qui.

Scorpius et Acca se tenaient à quelques mètres d'eux en position défensive, et faisaient face à Rowle, dont Ludivine n'avait pas retenu le prénom, et son équipier. Il ne fallut pas plus d'une seconde à Ludivine et James pour sentir l'animosité et la tension qui régnaient entre les quatre sorciers.

Une flamme virevoltait entre les deux équipes, et Ludivine comprit aussitôt, au regard glacial et à la posture méfiante d'Acca, que Rowle et son partenaire tentaient de la voler. Elle n'avait aucune idée depuis combien de temps les sorciers s'opposaient, mais Ludivine s'inquiéta pour ses amis. Rowle se comportait comme s'il dominait la situation. Ce qui était probablement le cas. Ludivine l'avait bien compris à la baguette que les anciens élèves avaient pointée sur Acca et Scorpius qui semblaient sans défense.

L'épreuve venait tout juste de prendre une toute autre tournure.


Et voilà ! Alors, qu'avez-vous pensé de ce début d'épreuve, son principe, son action ? A très vite ;)