Salut nous revoilà pour le début des recherches enfin en Ecosse ! bienvenue aux nouveaux followers :)


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CHAPITRE 16

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Harry poussa l'épaisse porte en bois de l'auberge des Veaudelunes et s'ébroua, sentant immédiatement la chaleur bienfaitrice de la salle sur son visage. Il était trempé jusqu'aux os, le sort de parapluie n'étant même pas assez efficace pour le protéger des trombes d'eau qui étaient tombées toute la journée. La tenancière s'approcha rapidement et le débarrassa de son manteau, tapotant ses habits du bout de sa baguette pour le sécher.

Harry avait remarqué qu'il attirait facilement la sympathie maternelle des femmes robustes de plus de cinquante ans. Surement du à sa célébrité couplée d'une enfance malheureuse. Rosemary tendit le doigt vers une petite table près du feu.

— Votre table habituelle monsieur Potter.

Il la remercia, son ventre criait famine et il était transi. Cela faisait six jours qu'il vagabondait dans le sud-est de l'Ecosse par monts et par vaux, sans succès. Il avait visité de nombreux petits châteaux moldus, tous transformés en musée ou attraction touristique, aucune trace de ses illustres ancêtres, ni même du moindre sorcier là dedans. Il se tortilla sur sa chaise, malgré les sorts de coussinages qu'il appliquait sur le balais, ses fesses étaient toutes endolories des dernières journées. Du pic de Corserine à Forest Lodge, il avait même poussé jusqu'au sud, là où la rivière Cree se jetait dans la mer, il avait slalomé entre les monts de l'intérieur des terres, cherchant un château sorcier rendu incartable, avait longé les côtes du sud de l'Ecosse qu'il connaissait désormais comme sa poche, mais toujours rien. Toutefois, mis à part le mauvais temps qui ne semblait pas vouloir le lâcher et les températures qui le frigorifiaient après l'été caniculaire qu'il venait de passer, ses explorations étaient sommes toutes plaisantes. Il était libre, seul, personne ne venait surveiller ce qu'il avait à faire. Le midi, il s'arrêtait dans de petites échoppes de moldus pour manger des frites chaudes et discutait avec des marins ou des touristes perdus. Il y avait pire. Le soir, il rentrait fourbu mais heureux de la journée, d'avoir volé, contemplé les jolis paysages sauvages, mais il se rendait bien compte que malgré la taille relativement conséquente du château qu'il recherchait, la technique qui consistait à survoler toute l'écosse à vue pour le trouver ne risquait pas de porter ses fruits. Le château pouvait se cacher dans n'importe quelle forêt, derrière n'importe quel pic, au détour de chaque combe. Il ne pouvait pas tout observer. Certes il aurait pu voler plus haut mais le mauvais temps rendait la visibilité compliquée et il ne souhaitait pas se prendre la foudre.

— Aaaah merci bien ! , fit le Survivant sans pouvoir s'empêcher de sourire devant le plat fumant et la chope de Bierraubeurre que Rosemary venait de lui apporter.

Il commença à manger le ragout avec appétit et la tenancière le regarda avec satisfaction. Il avait choisi de dormir dans une auberge sorcière pour éviter d'avoir à maintenir constamment une couverture. Il avait adopté des tas de petits us magiques, la Bierraubeurre n'en étant pas la moindre, comme allumer sa cigarette d'un claquement de doigts ou recevoir Hedwige à sa table.

La petite chouette blanche l'accompagnait dans son voyage, il avait pris l'habitude de toujours l'avoir avec lui et ne comptait pas s'en séparer. En plus de cela, elle lui permettait de rester en contact avec ses amis et Sirius, qui lisaient – à l'humble avis d'Harry pas très vite – également la correspondance. Lui aussi en profitait pour avancer un peu là dessus, mais les lettres au demeurant très belles et pleines d'amour ne lui apportaient pas beaucoup d'indices. Ingrid Mac Rowan, épouse d'un Fergus Mac Rowan, avait eu une fille, Rose, avec ce dernier, selon les savants calculs d'Harry durant l'année 1918, et durant l'année 1920 avait du retourner dans le château de sa famille dont elle était l'héritière pour, à priori, régner sur les siens. Et Fergus n'avait pas pu rester, apparemment ce n'était pas un endroit pour une petite fille, il était donc reparti avec Rose une année plus tard. C'était tout ce qu'il avait appris en six jours de lecture. Il tournait et retournait les mots lus dans sa tête pour essayer d'en extirper de quelconques informations, mais mis à part la grande peine des deux protagonistes, rien. Il repoussa son assiette et décala un peu sa chaise pour se retrouver dos au feu et ferma les yeux. L'auberge était quasiment vide en cette période de l'année, un poivrot trainait toujours dans le même coin depuis qu'il était arrivé et quelques voyageurs de passage ne restaient que pour la soirée. La grande famille de l'aubergiste occupait en réalité plus de la moitié des chambres de l'auberge, et il pouvait entendre les ustensiles cliqueter dans l'arrière cuisine. La chaleur bienfaisante lui réchauffait le dos, il s'étira et se décida à sortir les quelques feuillets qui se trouvaient dans son portefeuille.

Ingrid, mon amour, chaque jour, ton absence à mes côtés se fait un peu plus cuisante. Je sais du plus profond de mon âme que j'ai fait la bonne décision en emmenant notre fille au loin, elle ne pourrait jamais vivre dans ton monde, tu me l'as toi même-dit. Nous avons pris un pari, nous avons perdu. Et ce soir là, dans la grotte, nous avons fait le serment de la faire passer avant tout. C'est le pacte que nous signions en acceptant d'avoir un enfant. J'espère que quand tout ceci sera calmé à Erdel Rock, tu pourras passer nous rendre visite. J'ai parfois l'impression que le sort s'est acharné contre nous, des chemins divergents, des obligations, des mondes mêmes… peut-être n'étions nous même pas faits pour nous rencontrer, c'est un dieu malin qui nous a poussé sur le chemin l'un de l'autre. Mais ces quelques années furent si parfaites, si totalement harmonieuses. Je donnerai sans hésiter trois vies pour revivre ces instants. Mais il est tard. Je m'épanche trop quand le soleil se couche, tu sais que ce moment de la journée a toujours ravivé ma mélancolie. Je vois le soleil couler derrière la maison, je sais que tu n'aimes pas ça, tu dis qu'il faut toujours voir le verre à moitié plein. Mais ce soir je peine. Demain sera mieux, Rose va bien, elle aime l'école apparemment. Pour cela elle doit plus tenir de moi que de toi.

À Demain. Fergus

Harry soupira, bon dieu, ça n'était pas une correspondance très gaie, s'il devait se farcir ça à longueur de temps, ça allait finir par le déprimer. Il médita sur la possible signification des divers mondes, Fergus ne souhaitait pas régner sur le château et les gens d'Erdel Rock mais pourquoi sa fille si petite soit elle ne pourrait vivre dans ce monde ? Était-il trop violent ? Peut être dangereux ?

Harry fut interrompu dans ses méditations par une douce chaleur sur sa poitrine. Il passa la main derrière sa chemise et en sortit une chaine sur laquelle était accrochée une chevalière, il la prit dans sa main. L'émeraude enchâssée luisait doucement et la bague était chaude, s'il se souvenait bien, cela signifiait que Draco voulait le rejoindre. Il s'essuya la bouche et prit ses affaires, lançant un remerciement et une bonne soirée à la volée avant de monter les marches. C'est Draco qui lui avait prêté cette bague pour le voyage juste avant qu'il parte, la bague possédait un double que le serpentard avait en sa possession. Les deux étaient ensorcelées de manière similaire à un portoloin mais possédaient un fonctionnement tout à fait particulier. Quand l'un des deux propriétaire souhaitait rejoindre l'autre, il devait enfiler la bague à son doigt, la bague de la deuxième personne se mettait alors à chauffer et briller et si son propriétaire l'enfilait, alors la première était téléportée de la même manière qu'avec un portoloin. Et cela marchait dans les deux sens. C'était un héritage de la famille de Draco, ses parents en avaient une paire similaire qui leur faisait office de bague de fiançailles, et devant la possible mauvaise interprétation du geste, Draco avait été obligé de préciser en rougissant légèrement que ce n'était qu'un prêt. Dans la tradition sorcière ces couples de bague (hors de prix) permettaient aux mariés de toujours être près l'un de l'autre. Mais dans leur présente situation bien entendu c'était uniquement pour des visées professionnelles. Harry ferma la porte de sa chambre à clé et enfila la bague. Aussitôt l'air tourbillona et Draco apparu à un petit mètre de lui.

— Oh ça fonctionne vraiment parfaitement, dit Malefoy avec surprise. Tu sais que c'est la première fois que je l'utilise ?

Harry le regarda avec joie, il ne pensait pas que son ancien amant aurait tenu sa promesse.

— Tu as l'air en forme Drake

— Merci, toi aussi… Ils se regardèrent en silence puis Draco ajouta pour rompre la tension qu'il sentait se former… Malgré ces horribles frusques de moldu.

Harry leva les yeux au ciel et attrapa le sac

— Tiens je t'invite à entrer, comme ça je pourrai te montrer où j'en suis dans la correspondance je te préviens c'est un peu déprimant.

Draco hocha la tête et entra avec circonspection dans le sac, il sentit rapidement une échelle sous ses doigts et descendit les quelques barreaux. Potter avait aménagé son antre assez sobrement. Un lit de camp tronait dans un coin avec un monceau de couverture dessus. Une table, une chaise, un petit réchaud et une lampe tempête constituaient l'essentiel du mobilier de la première pièce. Il attendit qu'Harry soit descendu à son tour et lui ouvrit la porte pour pénétrer dans la bibliothèque.

— Aaah voilà qui est mieux, s'exclama le blond en se laissant tomber sur un gros fauteuil de cuir sombre.

La pièce était bien plus à son gout, les étagères étaient remplies de pochettes, de documents et de livres, le sol était couvert de riches tapis brodés, et trois bureaux trônaient dans la pièce, le tout couvert d'un indescriptible fouillis

— C'est Sirius qui a décore cette pièce, je voulais quelque chose de beaucoup plus simple mais bon… Comme tu peux le voir c'est un merdier sans nom. J'essaie de classer les lettres par date, elles étaient toutes mélangées dans le coffre, donc je les lis un peu dans le désordre c'est pas le plus pratique. Et quand je trouve des indications je les note sur un carnet.

— Et c'est fructueux ?

— Non pas vraiment, soupira le Survivant en s'asseyant dans un fauteuil. Tiens jette un œil à cette lettre c'est la dernière que je viens de lire.

Draco attrapa le papier et plissa les yeux, il avait l'air sincèrement intéressé par toute cette histoire.

— Déjà tu en apprends sur ton arbre généalogique, Rose est sans doute la mère de Lily non ? Donc ta grand mère c'est bien ça…

Harry le regarda avec des yeux ronds, comprenant qu'il n'était pas quelqu'un d'ultra futé. En deux secondes Draco apportait des pistes de réflexion. Le Serpentard se mit à rire ;

— Mais non ! Tu n'y avais même pas pensé je parie ? Mon dieu mais Potter comment est ce que tu t'en serais sortie sans Granger et Weasley dans ta vie ?

Harry lui tira la langue et fouilla dans une boite de vieux papiers que Sirius l'avait forcé à emporter.

— Ce sont des affaires qui appartenaient à mes parents. Je crois avoir vu une photo de famille dedans. Ah ! Voilà ! Il en sortit un vieux cadre rempli de personnes souriantes. La légende indiquait Petunia, Lily et leurs parents Rose et Philip.

Draco se frottait le menton.

— Si je m'en souviens bien, on a toujours dit que ta mère était une née moldu c'est bien ça ? Donc Rose est moldue. Cela pourrait-il dire que les différents mondes dont parle Fergus sont le monde sorcier et le monde moldu ?

— Et donc … le pari qu'ils auraient fait est celui d'avoir un enfant sorcier mais cela n'a pas été le cas. Donc Fergus serait un moldu !

— Potter ça fait combien ? Deux semaines quasiment que tu as ces lettres ? J'en lis une de dix lignes et je trouve immédiatement quelque chose, tu dois vraiment te débrouiller comme un manche. C'est pas possible, montre moi ton carnet.

Harry tout penaud lui amena les quelques feuilles sur lesquelles il avait pris des notes complètement désordonnées.

— Bon, ça ne va pas du tout ! Tu fais une enquête Harry ! Il faut être organisé ! quel piètre Auror tu aurais fait.

— Heeeeee, ça va à la fin ! S'énerva le Survivant.

Mais Draco ne l'écoutait plus, il s'occupa de pousser les bureaux et les fauteuils pour réaménager l'espace, libérant un grand pan de mur qu'il ensorcela pour qu'il se transforme en tableau noir.

— Bon, donne moi une craie s'il te plait. Demain je te ramènerai des fournitures moldues. Mais pour aujourd'hui ça suffit.

Il se mit à dessiner un arbre généalogique grossier auquel Harry ajouta des dates. Il nota qui était moldu, qui était sorcier.

— Regarde Harry, là, Fergus parle d'une grotte, bon ce n'est pas très précis mais il y a fort à parier que cette grotte n'est pas loin du château. C'est déjà un petit indice !

Stimulé par la sensation d'avancer dans l'enquête et par le désir de ne pas paraître totalement crétin aux yeux de Draco, Harry réfléchissait.

— ça explique pourquoi ma mère ne s'appelle pas MacRowan, et… également pourquoi je ne trouve pas les MacRowan dans le livre sur les familles nobles d'Ecosse. La famille d'Ingrid devait avoir un autre nom, car MacRowan est son nom de mariage.

— Voilà c'est ça qu'on cherche comme indice !

Ils passèrent une petite heure à lire d'autres lettres et noter de petits indices sur le tableau, puis Draco se leva.

— Je vais rentrer, j'ai une réception à laquelle je dois absolument participer sinon mon père va s'énerver. Mais je reviens demain soir.

— D'accord, fit Harry et avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit d'autre le blond avait transplané. Ça n'était pas très étonnant, il y avait un léger malaise entre eux qu'il était compliqué d'ignorer, ils étaient seuls sans personne autour. Ils pouvaient en un quart de seconde, décider de se sauter dessus. Draco en avait surement envie comme lui…

Harry se gifla. Non ! Ils étaient collègues, voire amis c'est tout. Rien de plus. Draco venait pour l'aider. Pff… à qui s'efforçait-il de mentir ? Lui même ne croyait pas à ça. Il décida d'aller se coucher, demain il changerait d'endroit, il partirait vers Ayr, d'après Rosemary il y avait beaucoup plus de sorciers là bas, et potentiellement plus de châteaux, et puis, Harry voulait visiter l'île d'Arran.


Voilà j'espère que ça vous a plu bonnes fêtes le prochain chapitre arrive vite !