Salut à tous !

Me voilà de retour, enthousiasmée par cette suite qui, je l'espère, saura vous satisfaire. Je suis vraiment contente du développement des personnages.

Pour information, je respecte toujours le nombre de décès qu'il y a eu dans ce parc pendant les six premiers mois de l'année 2017 et les braconniers sont bien condamnés au Congo à 5 ans de prison. Pour la peine de 30 ans qu'a eue le père de Drago, elle correspond en réalité à une peine historique qui n'a été prononcée qu'en 2020 pour un braconnier multirécidiviste…

Je ne lâche l'écriture de cette histoire. Promis !

Musiques d'inspiration : "The middle of the world" du film Moonlight, "Light of the seven" de la B.O. de Game of thrones, "Daily battles"de Thom Yorke.

Bonne lecture !

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A nouveau, les deux hommes suivent le rythme des tambours et le chant millénaire des hommes de cette terre rouge sang…

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Le pépiement des oiseaux et les cris répétés des singes dans la forêt finissent par tirer Harry d'un profond sommeil sans rêve. Il roule machinalement sur le côté, enveloppant le torse de Drago de son bras détendu. Le reporter prend plaisir à sentir le cœur du jeune homme battre paisiblement contre sa peau.

Au bout de quelques minutes, Drago inhale profondément, puis il s'étire et attrape la main de Harry. Il la serre doucement, brièvement, avant de s'éclipser du lit avec souplesse.

Le début de matinée se déroule rapidement. Les deux hommes se préparent sans perdre de temps et quittent la chambre sans un regard en arrière. Ils font leurs adieux à l'équipe avant de passer par l'accueil. Minerva McGonagall les attend avec Maya. Ses mains sont réunies devant elle, la posture rigide comme si elle les avait attendus depuis des heures. Son chignon est parfaitement tiré sur le dessus de sa tête. Ses traits semblent marqués par la fatigue. Harry et Drago s'arrêtent devant elle.

- Je veux que vous fassiez attention à vous, dit la vieille dame d'un ton autoritaire.

Harry devine que cette discussion est ancienne et qu'elle est relancée à chaque fois que Drago lui rend visite.

- Comme toujours, répond Drago calmement. Tu seras heureuse d'apprendre que nous allons recruter huit gardes de plus. Hermione se charge des entretiens dès ce matin. Ça ne va pas traîner.

Les traits de la directrice se détendent très légèrement.

- Bien. Très bien. Continuez comme ça. Il vous faudrait au moins vingt à trente gardes en plus pour pouvoir mieux surveiller les abords du parc et protéger correctement le complexe jour et nuit.

- Une chose à la fois, Minerva…

- Vous ne pouvez plus attendre ! Cela devient bien trop dangereux, surtout pour toi. Depuis une semaine, nous voyons régulièrement passer des groupes de réfugiés soudanais, ce qui signifie que les conflits se sont encore intensifiés de l'autre côté de la frontière. Autrement dit, les éléphants et vous tous avez besoin d'une protection renforcée.

- Je sais tout ça. Mais que voudrais-tu que je fasse à la fin ? ! commence à s'impatienter Drago. Tu sais que je ne peux pas faire autrement que de continuer, malgré la situation. De la même façon que tu ne pourrais pas renoncer à ce que tu fais, alors s'il te plaît, quittons-nous en bons termes.

Harry adresse un sourire compatissant à la vieille dame. Cette dernière ravale ses paroles et se contente d'une grimace à peine esquissée. Drago la dévisage intensément, les sourcils froncés avec détermination. Minerva McGonagall finit par courber l'échine en soupirant.

- Rentrez bien alors. Et faites-moi le plaisir de revenir bientôt, entendu ?

- C'est promis. Porte-toi bien d'ici là, répond Drago en enlaçant la vieille dame avec une certaine retenue.

- Merci pour votre hospitalité, Minerva, enchaîne Harry chaleureusement. Avant de partir, j'aimerais savoir comment va Gambo, le jeune éléphant que vous aviez récupéré lors de ma première venue.

- Il se remet doucement. L'avenir nous dira s'il est capable de surmonter ses traumatismes…

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Pensif, Drago a le visage tourné sur le côté, fuyant inconsciemment le regard du reporter. Les cratères sur la terre font dodeliner sa tête, parfois doucement, parfois plus violemment.

Harry respecte son besoin de silence. Il se contente de tenir le volant d'une main et repose sa tête dans l'autre, le coude appuyé contre la portière.

Les minutes passent.

- Elle est comme une mère, pour moi, révèle soudain Drago, à voix basse. J'ai l'impression de lui briser le cœur à chaque fois que je lui rends visite. C'est une des raisons pour lesquelles je m'y suis rendu si peu depuis ces dernières années. Je déteste l'idée que l'on puisse souffrir pour moi. Je déteste l'idée de la faire souffrir.

- Aimer et souffrir vont ensemble, n'est-ce pas ? complète Harry, en souriant légèrement, sachant pertinemment que Drago va être piqué par la remarque.

- Epargne-moi tes platitudes, Potter.

-D'accord, je me tais.

Drago lève un sourcil et tourne la tête vers Harry dont les lèvres sont scellées, les commissures tremblant légèrement d'amusement.

- Vraiment ? Un éclair de sagesse t'aurait-il touché ? provoque Drago, l'expression complice.

Au même moment, son talkie walkie s'anime. Maya, qui était en train de somnoler sur la banquette-arrière se redresse sur ses longues pattes et avance sa tête entre les deux hommes, les pupilles dilatées en direction de l'objet.

- Drago, tu m'entends ?

Le jeune homme attrape l'appareil posé dans le porte-gobelet entre les sièges-avant et le rapproche de sa bouche.

- Oui, Hermione. Ça y est ? Les recrutements sont faits ?

- J'ai terminé les entretiens. Comme tu le sais, j'aime avoir plus de temps pour étudier leur parcours.

- Nous avons besoin de ces huit gardes, maintenant ! Pas dans dix jours. Maintenant !

- Je sais, mais nous avons surtout besoin d'une équipe fiable, Drago, rappelle calmement la jeune femme.

- Dans un monde idéal, je te dirais que tu as cent fois raison. Mais avec deux gardes en moins dans mon équipe, je ne vois pas comment on pourrait supporter une nouvelle attaque. Pour une fois, on va devoir faire encore plus vite, sinon c'est ta prudence qui va nous tuer…

Les paroles du responsable de la lutte anti-braconnage restent en suspension dans l'air pendant une bonne minute. Drago sait que la jeune femme pèse le pour et le contre.

- C'est d'accord. Tu as cinq hommes supplémentaires. Les trois autres rejoindront Alastor.

- Entendu. Merci Hermione.

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Mai 2017

Harry se réveille dans un frisson. Il n'ouvre pas les yeux de suite. Ses lèvres s'étirent dans un sourire paresseux tandis qu'il profite de la sensation d'être enveloppé par les bras de Drago, ce dernier embrassant doucement la peau de sa nuque, le bout de ses doigts caressant furtivement son torse.

Cela devient un rituel entre eux. Tantôt, le journaliste finit la nuit dans ses bras, tantôt, c'est le responsable de la lutte anti-braconnage qui se love contre le corps de Harry.

Le journaliste finit par ouvrir les yeux. Il se tourne, toujours enveloppé par les bras de Drago. Leurs regards s'entremêlent sans la moindre résistance. Le sourire du journaliste reflète le sourire de Drago. Harry est soudainement frappé par la douceur et la tendresse qui irradie de son visage. Jamais il ne l'avait regardé ainsi. Son estomac fait un tour complet sur lui-même.

Drago rapproche lentement son visage du sien et dépose ses lèvres sur les siennes. Instantanément, leurs rythmes cardiaques s'accélèrent, leurs peaux se réchauffent, leurs muscles se tendent, asphyxiés par leurs désirs.

Harry s'installe sur Drago pour approfondir leur baiser, quand un bruit sec et répété leur fait comprendre qu'ils ne sont plus seuls.

- Du courrier pour Monsieur Malefoy ! s'écrie une voix d'homme au-dehors.

On frappe à nouveau à la porte. Drago lâche un chapelet de jurons entre ses dents, sous le regard amusé du journaliste. Drago quitte le lit, saute dans son short blanc et attrape son marcel gris au passage.

L'échange est succinct. Le jeune homme revient dans la chambre, une lettre à la main. L'atmosphère a changé en une fraction de seconde. Son regard métallique s'est durcit.

Harry fronce les sourcils et se redresse contre le dossier du lit. Drago, quant à lui, reste debout, le regard figé sur l'enveloppe.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demande le journaliste d'une voix prudente.

Le responsable de la lutte anti-braconnage déglutit bruyamment, plusieurs fois. Harry remarque que ses mains tremblent légèrement.

- Parle-moi, insiste-t-il doucement.

- C'est une lettre de ma mère, finit par expliquer Drago, l'air décomposé. Elle ne m'a jamais écrit pendant toutes ces années.

- Elle est toujours en prison, n'est-ce pas ?

- Oui, mais plus pour longtemps. Normalement, les braconniers et les trafiquants de la faune protégée encourent une peine de 5 ans de prison au Congo. Mes parents ont, eux, cumulé de multiples infractions graves, à l'échelle mondiale, pendant des années. Ils ont donc écopé d'une peine historique. Mon père en a eu pour 30 ans et ma mère 10 ans.

- Il lui reste encore un an à faire, si mes calculs sont bons, raisonne Harry.

- … C'est exact.

Un silence tendu s'étire entre eux. Drago reste immobile, incapable de quitter l'enveloppe du regard.

- Tu ne vas pas lire sa lettre ?

- Je ne sais pas. Je ne pense pas… Nous nous sommes déjà tout dit il y a des années…

- Tu ne penses pas que… le temps peut changer une personne ? demande Harry, après une longue hésitation.

Le regard de Drago se braque soudainement sur le journaliste. Ses prunelles flamboient maintenant d'une colère destructrice. Harry déglutit, attendant que les paroles du jeune homme ne le balayent tel un ouragan.

- Je déteste les sous-entendus, Harry. Alors si tu sous-entends que les années ont permis à ma mère de développer des regrets par rapport à ce qu'elle a fait, c'est-à-dire soutenir activement mon père dans ses trafics afin de devenir riches et influents, tu te trompes lourdement ! Elle n'a aucun regret pour tout ça ! C'est une égoïste et une opportuniste et je t'interdis de penser autrement ! termine Drago en hurlant, les joues rouges, les yeux brillants de larmes contenues.

Le journaliste se lève et se rapproche du jeune homme d'un pas lent mais décidé. Ce dernier recule, le regard sauvage, la lettre écrasée dans son poing. Sa respiration est haletante. Des larmes s'écroulent sur ses joues. Drago semble terrifié par sa propre réaction.

- Je suis désolé, murmure Harry.

Le journaliste enveloppe doucement Drago de ses bras. Ce dernier, d'abord raide et figé, finit par lâcher un soupir tremblant. Ses yeux se ferment. Ses muscles se détendent et son front se pose sur l'épaule de Harry.

Les deux hommes s'enlacent à présent. Leur étreinte est intense, irradiant de confiance et d'empathie. Ils restent là, immobiles, silencieux, au contact.

Puis Drago recule doucement, les paupières lourdes. Son visage semble tout à coup avoir vieilli de 10 ans.

- Je vais la ranger dans ce tiroir, décide Drago, joignant l'acte à la parole en ouvrant le tiroir supérieur de la commode, en face au lit. Pour l'instant, je ne veux pas la voir…

- D'accord, se contente de répondre Harry.

Le journaliste ne peut ignorer la probabilité d'un double sens dans les paroles de Drago, ce « la » faisant référence à la lettre et pouvant aussi renvoyer à sa propre mère. Bien qu'il garde le silence, étant orphelin depuis tant d'années, vivant avec un manque aussi béant qu'un trou sans fond que rien ne pourrait pleinement et parfaitement combler, Harry espère de tout son être que Drago et sa mère puissent, un jour, trouver le chemin de la réconciliation.

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Plus tard, en début d'après-midi…

Le journaliste accroche la batterie derrière la caméra, avec une certaine fébrilité.

- Tu es prêt ? demande Issa, tout sourire.

- Oh que oui ! Allons-y maintenant !

Les deux hommes quittent le véhicule qu'ils ont garé derrière un regroupement de hauts buissons noyés dans un marécage. Harry ajuste sa sacoche de matériels sur l'épaule et se lance au pas de course en direction de la harde de Kimya. Le regroupement d'éléphants se trouve particulièrement dense en ce jour. Les pachydermes semblent dans l'attente. Harry et Issa repèrent la matriarche en compagnie de Yamé, légèrement à l'écart du groupe. Les deux femelles ont trouvé un peu d'intimité derrière quelques vieux arbres aux troncs frêles et tortueux.

Issa tourne la tête à 360 degrés et s'assure qu'ils n'ont pas été repérés par le moindre prédateur. Il attrape Harry par le bras et lui faire signe de ne pas aller plus près. Les deux hommes s'installent à plat ventre, dissimulés par de hautes herbes. Issa dégaine son pistolet, ayant bien conscience que ses herbes hautes peuvent également être la cachette idéale pour des lionnes affamées, surtout en cet instant si spécial.

Harry pose sa sacoche sur le sol et stabilise sa caméra au-dessus. Il zoome sans perdre de temps sur Yamé qui est sur le point de donner la vie. Le cœur battant à tout rompre, le journaliste observe la femelle se dandiner inconfortablement sur place.

Les minutes s'écoulent lentement, mais Harry ne bouge pas d'un muscle. Son regard est fixe. Toute son attention est consacrée à l'éléphante. De temps à autre, Issa scrute l'horizon et les alentours, à l'affût du moindre félin ou pire, du moindre braconnier. Mais, pour une fois, rien ne vient interrompre le déroulement de leur vie.

Au bout d'une vingtaine de minutes, l'éléphanteau, encore enveloppé dans son placenta, chute lourdement au sol. Avec une précaution infinie, Yamé l'effleure de sa trompe et d'une patte-avant. L'éléphanteau et sa mère s'engagent alors dans la plus belle des danses.

- Regarde. Elle va lui retirer le placenta et l'aider à se mettre debout au plus vite. Dès la naissance, il doit savoir marcher et fuir avec sa harde si besoin, explique Issa.

Doucement, Yamé aide son petit à s'extraire de la membrane blanchâtre protectrice. Ce dernier s'agite de plus en plus, ses mouvements de pattes et de corps pour l'instant désordonnés. A plusieurs reprises, il tente de se redresser mais s'écroule lamentablement sur le côté.

C'est à ce moment que la matriarche décide de s'avancer lentement vers eux. Sa trompe puissante vient se glisser sous le ventre du nouveau-né. Yamé vient imiter le geste de Kimya. L'éléphanteau se met enfin sur ses quatre pattes pour la première fois de sa vie.

Les barrissements de la harde s'élèvent soudain et Harry réalise que chaque éléphant s'est rapproché du petit dernier. Leurs oreilles sont gonflées de joie, leurs trompes dirigées vers celui-ci pour découvrir son odeur.

Le journaliste retient son souffle devant un spectacle aussi beau et émouvant. Un sourire immense s'étale sur son visage. Il partage un regard complice et victorieux avec Issa, sous les barrissements détonants de toute la harde. En cet instant, rien ne semble pouvoir défaire le lien filial si puissant qui les lie tous. Leur force collective semble indestructible.

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Plus tard, en début de soirée…

Casque sur les oreilles, Harry visionne une énième fois la vidéo commentée qu'il a préparée pour son site internet. Satisfait du montage, il se presse de la mettre en ligne. Il sait que de telles images leur apporteront encore plus de messages de soutien et des dons.

La porte d'entrée s'ouvre en face de lui. Le responsable de la lutte anti-braconnage entre dans la pièce, le pas lourd. Il se décale sur le côté, laissant Maya se faufiler à l'intérieur.

- C'était magique, n'est-ce pas ? fait remarquer Drago en se laissant glisser par terre, dos contre le mur.

- Tu as l'air épuisé, constate Harry calmement.

- Et la journée n'est pas encore finie, se lamente quelque peu le jeune homme. Mais c'est une journée importante. Ça faisait un moment qu'on n'avait pas eu de nouvelles naissances. Pas une depuis ton arrivée. Et là, un nouveau-né en bonne santé et trois éléphantes qui sont pleines. La harde devrait s'agrandir encore dans quelques mois.

- C'est génial !

- D'habitude, explique Drago, ce sont les gardes qui ont l'honneur d'attribuer un nom aux nouveau-nés. Mais pour te remercier de ta contribution à notre cause, ils ont accepté que tu nommes cet éléphanteau.

Le journaliste reste quelques secondes bouche bée, avant d'exulter de joie.

- Vraiment ? ! Je ne sais pas quoi dire ! Je suis touché ! Merci !

Drago sourit simplement, manifestement amusé par sa réaction, mais trop fatigué pour le taquiner.

- En général, nous essayons de leur donner un nom en Lingala dont la signification nous importe. Tu as une idée ?

Les sourcils froncés, Harry réfléchit longuement.

- Comment dis-tu « espoir » en Lingala ?

Un sourire complice s'étire sur le visage du responsable de la lutte anti-braconnage.

- Elikia. Ce sera parfait pour une femelle. Très bon choix.

- Merci, répond simplement Harry avec un grand sourire qui dévoile ses dents.

Cherchant un peu d'attention et de réconfort, Maya vient frotter ses flancs contre les jambes du journaliste qui s'empresse de la caresser du museau jusqu'à la pointe de sa queue. Le guépard se met à ronronner fortement, écrasant maintenant ses joues contre la main de Harry, avec une certaine revendication du territoire.

- Moi aussi, j'aurais besoin d'un massage, grogne Drago en grimaçant, ses doigts exerçant quelques points de pression à la base de sa nuque.

Le journaliste tapote le flanc de Maya et vient rejoindre Drago sur le sol. Ce dernier, relève les sourcils, manifestement surpris.

- Je plaisantais, Harry…

- Et moi, je pense que c'est une excellente idée. Tu passes toutes tes journées sur le dos de Kimya, recroquevillé comme une grenouille. J'ignore comment tu fais pour marcher normalement après ça.

Drago n'est pas difficile à convaincre. Il se contente d'hausser les épaules et se tourne lorsque la main de Harry lui ordonne silencieusement de lui présenter son dos. Le journaliste commence par masser les trapèzes du jeune homme qui ne peut réprimer un soupir de soulagement. Ce dernier offre immédiatement sa nuque en laissant sa tête basculer vers l'avant. Harry en profite et embrasse doucement la peau de son cou, humant au passage son odeur masculine, mêlée à celle plus terreuse de la matriarche.

Le journaliste continue de presser ses doigts là où il perçoit des tensions et au bout de quelques minutes, Drago est tellement détendu qu'il s'est endormi. Harry l'enveloppe de ses bras, son torse se pressant contre le dos du jeune homme. Il voudrait le laisser dormir, mais Hermione l'attend ce soir pour une réunion extraordinaire avec les principaux parcs d'Afrique, afin de mener une réflexion commune sur la façon de contrer le braconnage.

- Drago, à quelle est heure avez-vous la réunion ? chuchote Harry dans son oreille.

- Dans 30 minutes. Il faut que je prenne une douche…

- Il faut que tu te reposes. C'est plus important si tu veux avoir l'esprit clair.

Là encore, Drago se montre docile. Il marmonne son approbation et ne se plaint même pas lorsque le journaliste le soulève et le porte d'un pas chancelant vers le lit qu'ils partagent maintenant toutes les nuits dans la chambre de Drago. Il le dépose aussi délicatement que possible sur le matelas et retire ses chaussures, ainsi que les siennes.

Les yeux toujours fermés, le responsable de la lutte anti-braconnage s'installe en position fœtale. L'instant d'après, sa respiration se fait plus profonde et fluide. Harry le regarde dormir un moment, l'expression indéchiffrable. Puis, il finit par le rejoindre, se plaçant face à lui, résistant à l'envie de lui caresser la joue.

Les minutes passent paisiblement. Seul le grondement lointain du tonnerre semble vouloir jouer les trouble-fêtes…

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Un violent éclair s'écrase sur le complexe, zébrant le ciel en arborescences lumineuses. Le tonnerre éclate instantanément, aussi intimidant d'un tir de fusil.

Drago se réveille en sursaut, les yeux grands ouverts, ses mains cherchant instinctivement son arme.

- Pas de panique. Ce n'est qu'un orage, explique Harry en immobilisant l'une de ses mains dans les airs.

- Bordel, marmonne Drago en se laissant retomber lourdement sur le matelas.

Une seconde plus tard, une pluie battante se met à raisonner lourdement sur la toiture. Le guépard entre aussitôt dans la chambre et disparaît sous le lit en vitesse.

- Ce n'est rien, Maya. N'aie pas peur, soupire Drago en glissant sa main sous le lit, tentant vainement d'atteindre le félin.

Le talkie-walkie dans la poche de son pantalon s'anime. La voix de Hermione se fait entendre.

- Drago, changement de plan. J'ai reporté la réunion à demain soir, même heure. Remus vient de me contacter. Il se trouve à l'ouest, à la limite du domaine de chasse d'Azande. Il a découvert les restes de trois rhinocéros décornés et à quelques kilomètres de là, une harde de cinq éléphants a été décimée. Drago, les rhinocéros ont semble-t-il été tués avec des grenades et Remus pense que les éléphants ont été abattus du ciel…

La voix de Hermione s'étrangle sous l'émotion.

Drago reste quant à lui silencieux, le regard tourmenté. Ses mâchoires se serrent convulsivement tandis qu'il tente de ravaler sa rage.

- J'arrive…, finit par annoncer Drago d'une voix faussement calme.