DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3
Cette traduction est aussi disponible sur AO3.
Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte
Bilbo passa le reste de la journée à ignorer Tauriel et à penser à ce qu'avait dit Beorn. Et si, d'une manière ou d'une autre, Sauron était revenu dans le passé avec lui ? Est-ce que le Seigneur des Ténèbres se souvenait de tout, comme Bilbo ? Est-ce qu'il prévoyait et planifiait quoi changer et quoi conserver ? Et plus important – où était Sauron ? A Dol Guldur comme dans son rêve ? Ou en train d'attendre au Mordor ; à planifier et à attendre comme un voleur dans la nuit ?
Je pourrais être en train de me jeter dans un piège, accepta-t-il en suivant Tauriel avec Beorn et Bard à ses côtés. Je pourrais être en train de les mener à leur mort. Je pourrais être en train d'amener l'anneau à Sauron en sacrifiant toute la Terre du Milieu à cet instant précis –
« Est-ce que tu broies encore du noir ? » Demanda Bard, interrompant ses pensées.
Il se tourna et regarda l'homme à travers la lumière de l'après-midi. « Je ne broies pas du noir ; je réfléchit profondément. »
Beorn – dans sa forme d'ours une fois de plus – renifla. Sur lui, Bard leva les yeux au ciel. « Tu es en train de broyer du noir, crois-moi. Je suis un expert. Je l'ai fait pendant longtemps après la mort de ma femme. »
« Je pense que ça s'appelle le deuil, » Répondit-t-il, sautant par-dessus une large pierre sur son chemin.
« C'est de la même famille, » Raisonna l'homme. « Mais ce n'est pas pour ça que j'en ai parlé. A quoi penses-tu avec cette expression ? »
Bilbo haussa les épaules et regarda la rivière qu'ils suivaient. « Rien d'important. Juste des plans pour notre mission. »
« Uh-huh. » Le visage de Bard montrait qu'il ne le croyait pas, mais qu'il était prêt à accepter son mensonge pour le moment. « Bien. Alors, à quel plans as-tu pensé ? »
« Eh bien, j'essaye de penser à un moyen d'entrer au Mordor sans être détectés, » Commença-il en réfléchissant à une réponse. « Je doute qu'il y ait une armée en train de nous attendre, mais les forces présentes seront plus importantes que nous. »
« Nous allons devoir explorer la zone avant de décider quoi que ce soit, » Dit soudain Tauriel à l'avant. Ses pas ne ralentirent pas mais elle pencha la tête en arrière pour montrer qu'elle écoutait. « Cela prendra probablement plusieurs jours et nous allons devoir rester cacher. Nous ne pouvons pas risquer être détectés si près du cœur du Mordor. »
Bilbo hocha la tête ; faisant s'entrechoquer ses tresses en un désordre de clochettes. « Je suis d'accord. Sous aucunes circonstances devons-nous laisser l'anneau tomber entre les mains de Sauron. S'il le faut, nous repartirons et retenterons une autre fois. »
« Beorn, regarde, ils reparlent ! » Murmura Bard à l'ours en touchant une de ses oreilles.
Beorn gémit et jeta sa tête en arrière en acquiescement.
Le hobbit leur lança un regard acerbe. « Ton sens de l'humour me manque, Bard. Est-ce qu'il te manque aussi ? »
« Autant que le tiens me manque, » Rétorqua l'archer sans attendre. « Comment est-ce que tu penses que tes nains vont réagir en lisant tes lettres ? »
« Crier. Jurer. Broyer du noir. Crier un peu plus, » Lista-t-il en haussant les épaules. « Ils ne sont pas compliqués. »
« Tu penses qu'ils ne vont pas nous suivre ? » Demanda Tauriel en regardant le hobbit par-dessus son épaule avec un sourcil levé.
Il haussa à nouveau les épaules. « Peut-être. J'espère que Gandalf sera capable de les raisonner s'ils essaient. Ils viennent de sortir d'une bataille dans laquelle ils ont failli mourir. Ils ne peuvent pas supporter un voyage pareil. »
« Oh oui et nous sommes en meilleure forme, » Marmonna Bard.
Bilbo l'ignora. « J'espère aussi que leur maison nouvellement réclamée va les convaincre de rester. »
« Et si ce n'est pas le cas ? » Insista Tauriel. « Et s'ils viennent après toi ? Que se passera-t-il ? »
« Alors nous aurons plus d'aide pour entrer au Mordor, » Répondit Bard avant que Bilbo ne puisse parler.
Il tressaillit. « Je ne veux pas ça. Ils sont presque morts… »
Tauriel cligna des yeux et leur tourna le dos à nouveau. « Nous mourrons tous si nous n'arrivons pas à détruire l'anneau cette fois. Tes nains y compris. »
Il le savait. Cela le faisait frissonner et lui tordait l'estomac, mais il ne pouvait pas nier que ce serait plus simple avec leur aide. Mais après avoir tout risqué pour les garder en vie, il ne voulait pas les voir mourir en essayant de rectifier son erreur.
« Souriez, Maître Baggins, » Dit l'elfe d'une voix empreinte de gentillesse alors qu'elle continuait à marcher. « Nous trouverons un moyen. »
Oui, mais j'espère simplement que ce moyen ne tueras pas ceux que je suis revenu sauver.
Ils continuèrent à marcher jusqu'à la tombée du jour, jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus voir devant eux. Avec l'aide de Tauriel et Beorn, ils réussirent à trouver une zone isolée sous les arbres épais avec un petit feu pour combattre le froid. Beorn choisis de conserver sa forme d'ours ; ce que Bilbo utilisa à son avantage en se serrant contre lui. Bard le rejoint rapidement avec son manteau enroulé très serré autour de lui et tomba dans un sommeil profond dès qu'il s'appuya contre le côté de l'ours.
« Il se pousse beaucoup trop, » Commenta Tauriel en s'asseyant en face des trois, son épée sur les jambes. La lumière du feu illuminait ses cheveux et ses yeux, la rendant encore plus sublime que d'habitude.
Bilbo regarda l'homme blottit contre lui et hocha la tête. « Oui. Nous allons devoir le surveiller pour nous assurer qu'il n'aille pas trop loin. »
L'elfe hocha la tête et regarda la forêt autour d'eux. Il appuya sa tête sur le bras de Bard et regarda l'elfe devant lui. Tauriel avait pris le premier tour de garde sans demander et personne n'avait osé lui disputer après sa colère. Pendant un long moment ils restèrent tous les deux silencieux, et Bilbo commençait à s'endormir lorsque l'archère parla enfin.
« Bilbo, » Dit-elle, l'appelant par son nom pour la première fois depuis leur dispute. « Je voulais m'excuser. Je n'aurais pas du perdre mon calme plus tôt. C'était injustifié et enfantin de ma part. »
« C'est bon. Je comprends. Mes choix sont égoïstes quand on y pense, » Admit-il doucement. « J'abandonnerais le monde pour mes amis si je devais le faire. Il est impossible pour moi de faire quoi que ce soit d'autre. »
Tauriel soupira et hocha la tête. « Je comprends. Mais cela ne rends pas ta décision correcte. Sacrifier la vie d'innocents pour ton propre bonheur est mal. »
« Ca l'est. C'est pour ça que je n'ai pas pu détruire l'anneau au final. Pas parce que j'étais trop vieux, mais parce que j'étais trop faible. Frodo a du porter mon fardeau et en a payé le prix. C'est pourquoi j'ai décidé d'entreprendre ce voyage même si je suis terrifié, » Révéla-t-il en pensant à son neveu et ce qu'il avait enduré. Bilbo regrettait beaucoup de choses, mais il n'avait rien regretté plus que d'avoir laissé Frodo quitter Rivendell avec son anneau.
« Tu es un hobbit égoïste et égocentrique, mais tu aimes plus profondément que la majorité des gens, » Fredonna l'elfe alors que son visage s'adoucissait. « J'aimerais pouvoir faire la même chose. »
« Ce n'est pas dur de se laisser aimer quelqu'un, » Pointa-t-il.
Tauriel secoua la tête ; faisant bouger ses cheveux autour de son visage. « Peut-être pas pour toi, mais je suis Capitaine de la Garde Royale. J'ai le devoir de protéger mon roi et les autres gardes avant tout. Je dois mettre mes sentiments de côté pour être une bonne cheffe. Sinon, mon jugement serait compromis, et des vies mises en danger. »
Bilbo fronça les sourcils en fixant l'elfe. « Tu as un code moral très fort. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu te bats si fort pour protéger le monde et ce qui est juste si ce n'est pas pour l'amour ? »
« Parce que quelqu'un doit le faire, » Répondit fermement l'elfe alors que quelque chose dans ses yeux durcissait. « Quelqu'un doit se battre pour la justice, et pour protéger ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes. Quelqu'un doit se battre contre la cruauté et l'oppression et le mal. Peut-être suis-je arrogante et naïve de vouloir assumer un rôle pareil, mais je ne peux rester à rien faire lorsque d'autres souffrent. J'ai perdu ma famille à cause d'un égoïsme pareil et je ne veux pas que la chose se répète pour un autre innocent. »
Le hobbit fixa la guerrière féroce devant lui, et sentit l'émerveillement et la honte le consumer. Il avait entendu parler de guerriers altruistes auparavant – il en avait même rencontré – mais il ne pensait en rencontre un comme Tauriel. Combien de gens voudraient – pourraient – dévouer leurs vies à la sécurité et au bien-être des autres ? Qui pouvait vivre de manière si désintéressée et ne pas s'effondrer ? Qui pouvait faire face au monde avec tant de dévotion envers l'idée du bien et de la justice, et ne pas devenir désabusé par les maux de ce monde ?
« Tauriel, tu es une merveille, » Dit-il honnêtement en la fixant.
Tauriel fronça les sourcils et rit doucement. « Non, je ne le suis pas. »
« Tu l'es, » Insista-t-il en cherchant les mots pour expliquer à quel point l'elfe était incroyable. « Tu es capable de vivre avec des convictions aussi fortes sans hésiter. C'est une merveille à cette époque. »
Elle rit à nouveau de son rire de carillon et repoussa ses cheveux loin de ses visages. « Va dormir, Bilbo. Je vais monter la garde ce soir. »
« Nous pouvons prendre des tours de garde, » Grommela-t-il doucement même s'il s'installait plus confortablement contre son coussin de chair. « Ce n'est pas difficile »
Tauriel continua à sourire alors que la lumière du feu se reflétait sur son visage. Peut-être que c'était une coïncidence, mais cette nuit là il rêva de feuilles d'automnes aux couleurs d'ambre et rouge, et d'un vent qui sonnait comme des cloches en train de rire.
Aux premières lueurs du jour, ils avancèrent.
Avec la forêt d'un côté et la rivière de l'autre, ils marchèrent à travers les broussailles épaisses et le pays en train de s'effondrer. Cela leur prit quelques jours, mais enfin ils se séparèrent de la rivière et continuèrent à suivre les frontières de Mirkwood. Tauriel les guida pendant la majorité du temps ; en tant que native de la forêt et meilleure exploratrice que les autres. Parfois elle regardait dans la forêt qu'ils suivaient et plissaient les yeux, et d'autres fois elle penchait la tête sur le côté et souriait comme si elle écoutait sa chanson préférée. Bilbo se demanda s'il y avait d'autres elfes qui attiraient son attention ou quelque chose de plus large avec huit pattes. Quand elle ne les menaient pas vers leur possible mort, Tauriel s'occupait des blessures de leur compagnon le plus mal en point : Bard. Avec Beorn le portant la majorité du temps, il avait commencé à guérir lentement mais sûrement. Les bleus avaient commencé à prendre une teinte jaune et ses blessures se refermaient enfin. Il avait aussi – heureusement – réussi à éviter d'infecter ses blessures.
« Je pense que tu peux marcher seul maintenant, » Déclara Tauriel un soir alors qu'elle examinait Bard. « Pas pendant longtemps, bien sûr, mais par petits bouts. »
« Mais je me sens bien, » Se plaignit l'homme en levant sa tunique pour révéler son torse nu et couvert de bleus à l'elfe. « Je n'ai plus besoin d'être couvé. »
Tauriel leva les yeux au ciel et toucha l'un des bleus, faisant glapir l'homme. « Tu disais ? »
Bard se renfrogna et tapa sa main. « Ce n'est pas du jeu. »
« Tu es sûr d'être un adulte ? » Se demanda l'elfe en levant un sourcil. « Parce que tu ressembles plus à un petit garçon avec tes geignements. »
« Tu es sûre d'être une elfe ? Parce que tes petits coups me font penser à un orc au dîner, » Renvoya l'homme.
Tauriel plissa les yeux et hocha la tête. « Est-ce que tu me traites d'Orc ? »
« Eh bien tu es certainement assez brutale pour l'être – hey, hey, j'ai dit pas toucher ! Ca fait mal ! »
« Oh ferme là et sois un homme. »
« On dirait des frères et sœurs » Confia Bilbo à Beorn alors qu'ils étaient assis à l'écart du duo en train de se disputer.
Beorn hocha la tête et mâchonna quelques noix. « J'ai vu des combats plus gentils entre des chats et des chiens. »
« Est-ce que tu penses qu'on devrait intervenir avant qu'elle ne le poignarde ? » Se demanda-t-il en volant un peu de nourriture des mains de Beorn.
Le changeur de peau secoua la tête. « Sûrement pas. Je n'ai pas été aussi amusé depuis que tu es tombé tête la première dans la boue. »
Il se renfrogna à ce souvenir et donna un coup de coude à l'ours. « Ce n'était pas drôle. Mes vêtements sont toujours sales et j'ai eu froid pendant le reste de la journée. »
« Tu as toujours de la boue dans les oreilles, » Ajouta Beorn en jetant une noix en l'air pour la manger au vol.
« Quoi ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? » Geignit-il en commençant à se frotter les oreilles.
Le changeur de peau haussa les épaules. « Parce que c'est drôle. »
« C'est pour ça que personne ne t'aime, » Répondit-il en se léchant les doigts et en retirant la terre.
Beorn sourit de toutes ses dents. « Je sais. »
Avant que Bilbo ne puisse répondre, Bard se jeta entre eux et foudroya Tauriel du regard. « Tu n'as pas le droit de t'asseoir à côté de moi ou de te tenir debout à côté de moi pendant le reste de cette aventure. »
« J'essaierais de résister à tes charmes masculins, » Dit l'elfe d'une voix monotone.
Alors que Beorn ricanait, Bard leva les yeux au ciel et se tourna vers le hobbit à côté de lui. Ses yeux sombres s'adoucirent alors que son visage devenait dur et terne. Bilbo s'inquiéta immédiatement.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda-t-il, s'éloignant un peu de l'homme.
Bard hésita un moment ; se léchant les lèvres avant de continuer. « Bilbo, est-ce que… est-ce que tu peux me dire ce qui arrive à mes enfants ? »
Il cligna rapidement des yeux. Ce n'était pas la question à laquelle il s'attendait. « Um, bien sûr, mais je ne sais pas grand-chose. Je sais que ton fils est devenu Seigneur de Dale et que ta fille aînée est devenue une marchande très riche et accomplie. Je crois que ta dernière a rejoint les gardes – contre les vœux de son frère – avant de se marier. »
« Bain… Bain est devenu Seigneur de Dale ? » Répéta lentement Bard alors que ses sourcils se fronçaient encore plus et que ses yeux s'adoucissaient. « Il a reconstruit Dale ? »
Le hobbit secoua la tête. « Non. Tu as reconstruit Dale et l'a dirigée en tant que seigneur jusqu'à la fin de tes jours. »
« Moi ? » Se moqua Bard en se pointant. « Je ne suis pas un dirigeant ! Juste un pauvre pêcheur qui essaie de garder ses enfants en vie. »
« Tu es l'héritier de Lord Girion et le dirigeant légitime de Dale, » Rappela-t-il, levant les yeux au ciel. « Tu es le seul à pouvoir la ramener à sa gloire passée. »
Bard secoua violemment la tête. « Je ne suis pas seigneur ou prince ou roi. Je peux à peine lire ou écrire mes lettres ! Comment peux-tu t'attendre à ce que je dirige une ville ? »
Bilbo haussa les épaules et leva les mains en un geste défensif. « Je ne sais pas comment tu es censé faire, Bard. Tout ce que je sais, c'est que tu es devenu bon pour ça. »
« Du calme, chiot, Dale est déjà une pile de pierres. Tu ne peux rien faire de pire, » Pointa Beorn, interrompant la conversation sans aucune honte.
Bard leva un sourcil et se tourna pour faire face au géant assis contre son autre côté. « Chiot ? »
« Tu ressembles à un chiot avec tes boucles, » Expliqua le changeur de peau, montrant ses cheveux en souriant. « Nous allons devoir te trouver un peigne. Ou peut-être une fourchette. »
« Dit l'ours avec des dreadlocks, » Dit l'homme d'un ton monotone.
« Bard, pourquoi est-ce que tu es aussi opposé à l'idée de diriger Dale ? » Demanda Bilbo, ramenant la conversation au sujet de base. « Je t'ai vu mener tes hommes à la bataille. Tu es capable d'être un dirigeant. »
L'archer secoua la tête ; emmêlant encore plus ses cheveux. « Parce que je suis un choix horrible ! Je ne connais rien de la politique ou de la guerre ou de l'argent ! Je peux à peine nourrir ma famille ; qu'est-ce qui te fais penser que je peux nourrir une ville entière ? »
Bilbo soupira et se frotta le front avec deux doigts. Apparemment il allait devoir utiliser une autre tactique pour convaincre l'homme de son talent en tant que dirigeant.
« Tu te souviens de ce que j'ai dit à Thorin lorsque tu es venu à Erebor ? » Demanda-t-il. « Que je te faisais confiance parce que je t'ai vu donner de la nourriture aux villageois les plus pauvres ? »
Bard plissa les yeux et s'éloigna du hobbit comme s'il était un champignon particulièrement mortel. « Oui… »
« Cette compassion pour ton peuple est ce qui fait de toi un bon seigneur. Pas tes talents au combat ou ton intelligence en politique. C'est ton amour pour ton peuple et son bien-être. C'est ça qui fera de toi le Seigneur de Dale adoré dont tout le monde se souviendra, » Dit le hobbit, regardant l'homme dans les yeux pour bien se faire comprendre.
L'archer écarquilla les yeux et ses épaules se détendirent légèrement. Pour la première fois depuis leur rencontre, Bard avait l'air incertain. Comme s'il était sur un sol en train de trembler et qu'il ne savait pas quelle direction allait le mener à un sol ferme. Voir ce regard rappela à Bilbo – encore une fois – à quel point ils étaient jeunes. Ce n'était pas le Bard qui avait regardé Lake-town brûler, ou avait affronté un dragon, ou avait menacé Thorin avec une guerre. Ceci était le Bard qu'il avait créé ; celui qui pouvait toujours sourire parce que sa maison n'était pas une pile de cendres, et que sa fille n'était pas aveuglée d'un œil.
« Il a raison, tu sais, » Dit une voix douce, interrompant leur concours de regard.
Le duo se tourna vers leur compagne elfe qui venait de parler. « Qu'est-ce que c'était que ça ? » Demanda Bard en levant les sourcils.
« J'ai dit qu'il avait raison, » Répéta Tauriel en maintenant son regard. « Un bon leader n'est pas celui qui vit pour lui-même. C'est celui qui vit pour les autres. »
Beorn hocha la tête en repoussant ses cheveux épais d'une main. « J'ai vu beaucoup de dirigeants dans ma vie. Les bons étaient toujours ceux qui étaient aimés par leurs peuples. Prends soin d'eux comme tu prends soin de tes enfants, et tu t'en sortiras. »
Bard cligna des yeux et regarda lentement les trois personnes autour de lui. Enfin ses épaules s'affaissèrent et il soupira profondément en se mettant à sourire. « Vous avez raison. Vous avez tous raison. Je ne peux pas gagner contre cette logique. »
« Tu sais, si tu gardais ça à l'esprit, nous pourrions gagner le temps que tu passes à être stupide et l'utiliser pour quelque chose de plus productif, » Commenta Tauriel avec un sourire en coin.
Bard perdit immédiatement son sourire. « Tu sais, c'est ce genre de commentaires qui font que tu es seule et non mariée. »
« Pardon ?! »
Bilbo soupira et s'installa confortablement alors que le nouveau spectacle commençait.
Ca va être une longue nuit.
