Chapitre 13
Le coup de Santiago m'atteignit en plein milieu de la poitrine, me bloquant le souffle. Je m'écroulai quelques mètres plus loin, roulant sur le sol. J'avais les poumons en feu et je crois que mon arcade sourcilière pissait le sang.
« Ça suffira pour aujourd'hui, Pansy, déclara Santiago. »
Il avait un bleu sur la joue et sa lèvre était fendue. Aïe, ça ne devait pas être agréable. C'était la première fois en une semaine que j'arrivais à le marquer de cette façon. J'étais contente de mes progrès même si, encore une fois, j'en sortais beaucoup plus amochée que lui. Mes muscles ankylosés me firent souffrir lorsque je me redressai sur mes jambes. Jamais je n'avais connu un entraînement aussi intensif et acharné, même avec Claire.
Santiago était implacable. Très bon pédagogue, il m'expliquait chaque mouvement, chaque coup et de quelle façon les éviter. Tant que je n'avais pas capté l'astuce, il refusait de me laisser quitter la salle d'entraînement. Nous nous entraînions tôt le matin, avant chaque début de journée de travail, et, une fois celle-ci terminée, jusque tard la nuit.
J'étais complètement épuisée et notre enquête avançait trop lentement à mon goût. Drago était reparti en Angleterre et mon équipe se résumait désormais à Tim, Quincy, Santiago et moi-même. Parfois, nous recevions l'aide directe de Claire Patil et de Greg Limus mais il s'agissait d'occasions exceptionnelles. Ils avaient d'autres chats à fouetter et leur chef restait tout de même Ronald Weasley. Nous devions faire avec ce que nous avions.
Le mois qui suivit, nous fîmes de notre mieux pour interroger un maximum de victimes rescapées de l'accident de Copenhague. N'ayant pas l'autorisation des autres gouvernements sorciers, nous ne pouvions pas impliquer celles et ceux venant d'un pays étranger. Il nous fallait d'abord passer par des demandes administratives qui m'avaient fait péter un câble.
Paige Taylor ne s'était toujours pas réveillée de son coma. Elle avait été transférée à l'hôpital magique de New York et, même si elle semblait totalement éteinte, les Médicomages certifiaient que son état était stable. Ils avaient fait des prélèvements sanguins et nous les avaient fournis afin que Drago puisse continuer d'analyser les potions qu'on lui avait donnée. J'avais demandé que des Aurors surveillent la jeune femme pour la protéger du moindre danger. Hors de question pour moi qu'on nous l'enlève sous notre nez !
Parce que Santiago était d'une générosité sans nom (selon ses dires), il nous avait offert la possibilité de travailler depuis chez lui. Le vampire vivait dans un immeuble ancien, non loin de Wall Street. Les lieux étaient aménagés avec goût et j'avais toujours l'impression de déambuler dans un vieux manoir victorien.
Malgré les apparences, sa maison était dotée des dernières innovations Non-Maj' et était protégée par des sorts puissants. Un petit cadeau du MACUSA pour service rendu à la communauté sorcière. Peu de vampires pouvait se targuer d'être sous la protection du Congrès Magique des Etats-Unis. Pour autant, Santiago ne faisait pas de chichi, ne préférant aucune espèce. Pour lui, vampires et sorciers avaient plus en commun qu'on ne voulait bien le croire.
En sous-sol, il avait fait installer tous les équipements de sport nécessaires à nos entraînements. Parfois, Tim et Quincy venaient y participer mais ils finissaient vite par rentrer chez eux. Nous préférions ce système parce que nous savions que nous étions à l'abri des regards indiscrets. Au MACUSA, les rumeurs allaient bon train. Etant donné que le Mediator n'était pas officiellement reconnu, je voulais me faire discrète. Je n'avais aucune envie d'alimenter les ragots de couloirs. De plus, je voulais conserver mon avantage vis-à-vis de mes ennemis : ils ne s'attendaient certainement pas avoir affaire à une teigne comme moi.
« Tu as baissé ta garde, fis-je remarquer en acceptant la bouteille d'eau que le vampire me tendait. »
Au lieu de la boire, j'en renversai un peu sur mon visage tuméfié.
« J'ai pensé que tu allais m'attaquer de l'autre côté, expliqua Santiago en venant s'asseoir à mes côtés. Tu fais des progrès incroyables. »
Je soupirai. Certes, j'avais progressé. Et à une vitesse surprenante. Pas assez vite selon moi. Je voulais m'améliorer et atteindre mes performances maximales. Il le savait et ne cessait de me répéter que c'était tout bonnement impossible en si peu de temps.
« Je suis sérieux Pansy, poursuivit-il en voyant mon expression sombre. Tu arrives à anticiper mes mouvements alors que je suis plus rapide que la plupart des créatures magiques. »
J'avais toujours montré une grande réactivité durant mon enfance. Un jour, ma mère avait manqué renverser un chaudron sur les jambes de mon père et je n'avais pas hésité une seule seconde à en faire disparaître le contenu bouillant. A l'époque, j'avais huit ans et étais trop jeune pour avoir une baguette. Il n'était pas rare pour les enfants magiques de démontrer des signes de pouvoir mais mes parents avaient été assez surpris par mes capacités magiques.
Une autre fois, Drago et Blaise m'avaient invitée à venir s'entraîner au Quidditch dans le jardin de la propriété Malefoy. L'idée ne m'avait guère enchantée parce que je n'avais jamais été spécialement fan de Quidditch. Pourtant, je m'étais laissée gagner par l'enthousiasme. J'avais évité tous les Cognards et intercepté la majorité des Souaffles que les garçons tentaient de faire passer dans les buts. Ils n'avaient jamais pensé que je puisse être aussi douée pour un truc. Ils avaient même pensé me proposer comme gardien au sein de l'équipe des Serpentards mais les événements de sixième année avaient eu raison de notre détermination. Depuis, je n'avais pas repensé à toutes ces qualités, surtout en sachant que je serais bien incapable de lancer un sort.
« J'arrive à savoir ce que tu veux faire parce que tu laisses passer tes expressions sur ton visage, expliquai-je. »
Il eut l'air surpris par ce détail, ses bras se déliant pour venir se poser sur le sol. Allongé ainsi, il semblait imperturbable.
« Quoi d'autre ? interrogea-t-il. »
J'haussai les épaules, tentant de me remémorer tous ces petits détails qui me sautaient aux yeux depuis que je m'entraînais avec lui.
« Je suis plus petite et frêle que toi alors tu ne t'attends pas à ce que j'use autant de force par moment, enchaînai-je. Je ne manque pas d'endurance mais tu en as beaucoup plus que moi et c'est ça qui me désavantage le plus. Je finis par m'épuiser alors je tente de te fatiguer autant que je le peux avant de me faire plaquer au sol. »
Santiago m'observa de longues secondes.
« Quoi ? fis-je soudain mal à l'aise. »
Il y avait une lueur intéressée dans son regard, comme s'il voyait quelque chose qu'il n'avait jamais remarqué auparavant.
« Mediator, je crois qu'il faudrait que tu assistes à un des combats que je donne, finit-il par déclarer. »
J'ouvrai la bouche surprise.
« Je croyais que je n'étais pas encore prête, me méfiai-je.
— Je pense au contraire que tes aptitudes insoupçonnées de tacticiennes pourraient se révéler utiles à mon business, Pansy, sourit-il avec malice. »
Je n'aimais pas vraiment cette expression sur son visage. J'avais longtemps insisté pour qu'il m'emmène avec lui à un tournoi de combats illégaux mais il avait toujours refusé, sous prétexte que je n'étais pas encore assez préparée. J'ignorais pour quelles raisons il se montrait si ferme mais il fallait croire que c'était mon jour de chance. Je ne voulais surtout pas qu'il change d'avis.
J'esquissai un sourire.
« Quand est-ce que ton tournoi aura lieu ? demandai-je.
— Ce weekend, m'apprit-il. Là-bas, je veux que tu y observes tous les participants et que tu me décrives leurs forces et faiblesses. Retiens les bien parce que tu te retrouveras bientôt à la place de leurs opposants. »
Je crus avoir mal compris.
« Pardon ? Tu veux que je me batte ? »
Je lâchai un petit rire nerveux. Il me faisait une blague, c'était impossible.
« C'est pour ça que je t'entraîne, non ? clama-t-il. Pour que tu puisses devenir plus forte en combat rapproché.
— Exact, repris-je, mon cœur battant fort dans ma poitrine. Mais je n'ai pas spécifié que j'avais des envies suicidaires et que me battre dans une arène était quelque chose qui me faisait vibrer ! »
Le brun émit un petit rire moqueur.
« Tu crois que je t'autoriserais à rentrer dans l'arène si tu n'étais pas capable de te débrouiller à l'intérieur ? s'enquit-il. »
Je soupirai avant de venir m'étaler de tout mon long sur le sol.
« T'es complètement cinglé. Tim me l'avait dit mais maintenant je veux bien le croire sur parole, fis-je.
— Voyons ma chère, je suis plutôt quelqu'un d'ambitieux, contredit Santiago. La folie est un trait de caractère qui ne me sied que lorsque la situation ne l'exige. »
Mes yeux fixèrent le plafond. Apparemment, la situation actuelle l'exigeait grandement.
« Bien entendu, rajouta-t-il avec calme, je ne te ferai pas combattre ce weekend. Je veux juste que tu vois à quoi ressemble mon monde, Pansy.
— Comment se déroule un combat ? m'enquis-je. »
Je ne voulais pas trop l'admettre mais j'étais anxieuse. Comme si je sautais du haut d'un plongeoir sans pouvoir distinguer la hauteur de la chute. Peut-être allais-je m'écraser contre une mer dure et mortelle ?
« Le choix des adversaires se fait par tirage au sort, expliqua-t-il avec patience. Généralement, cinq maisons maximums peuvent participer. Il y en a six à New York : celles des Pythons, des Tigres, des Scorpions, des Requins, des Aigles et des Loups. Je dirige la maison des Loups.
— Peu surprenant, ne pus-je m'empêcher de commenter. »
Il ne s'en offusqua pas.
« La maison qui ne participe pas est choisie à tour de rôle. Cette semaine, c'est la mienne. Il y a plusieurs combattants par maison, continua Santiago. J'en possède seulement deux : Rowan et Colt. »
Je ne cachai pas ma surprise.
« Un petit problème de recrutement ? plaisantai-je. »
J'étais très mal placée pour la ramener : nous étions quatre dans mon équipe. Nous manquions cruellement d'effectifs mais nous n'avions pas le temps d'entamer les démarches de recrutement. Ses yeux dorés croisèrent mon regard.
« Je n'ai besoin que des meilleurs éléments, avoua-t-il. Les maisons concurrentes détiennent environ une dizaine de guerriers chacune. Tu rencontreras les miens samedi soir. »
Santiago avait l'air de connaître très bien le système souterrain de New York. Pas étonnant que le MACUSA l'ait recruté comme informateur. Il devait avoir accès à une tonne d'informations dans les bas quartiers sorciers. Pas étonnant non plus que Ron ait fait un scandale lorsque je l'avais informé que j'avais accepté le vampire dans mon équipe d'intervention. Je m'étais sacrément engueulée avec lui et depuis, on ne s'était pas adressé la parole. Connard.
C'était peut-être un mal pour un bien finalement. Si Ron Weasley avait ouïe dire que j'allais combattre dans une arène remplie de « criminels », je ne donnais pas cher de ma peau. Ni de celle de Santiago.
« Tu n'as pas peur qu'on te voie avec le Mediator ? me demandai-je. Est-ce un risque que tu serais prêt à prendre ? »
Ça pourrait nuire grandement à sa couverture. Après tout, un type qui tenait un business fondé sur des combats de rue devait pouvoir montrer patte blanche auprès des autres participants. Il ne restait pas puissant bien longtemps dans le cas contraire. Mais peut-être que Santiago avait plus d'un tour dans son sac ? Il n'était pas trop du genre à se faire prendre par surprise. Sa phrase suivante me confirma l'hypothèse :
« Qui a dit que tu allais t'y rendre sous l'apparence du Mediator ? »
« Nom de Dieu, souffla Quincy en me détaillant de la tête aux pieds. »
Je n'avais pas encore eu le courage de tourner les yeux vers le miroir de l'entrée.
« C'est si horrible que ça ? m'inquiétai-je.
— Pansy, tu es sublime, me détrompa Tim. On dirait une déesse nordique. »
Sans plus aucune patience, je me tournai vers mon reflet.
Je ne me reconnus pas dans la glace. Celle que j'étais d'habitude avait fait place à une grande blonde longiligne. Mes longs cheveux lisses étaient retenus en une tresse et quelques mèches venaient encadrer un visage rond. Ma peau était pâle et des tâches de rousseurs parsemaient mon nez. J'avais une expression dure et peu commode. Seuls mes yeux avaient gardé la même couleur verte. Le noir de mes vêtements faisait ressortir mes cheveux blonds. Un médaillon en or venait orner mon cou. C'était cet objet magique qui me permettait de changer d'apparence.
Je ne ressemblais absolument plus à Pansy Parkinson. Au moins, personne ne me reconnaîtrait dans l'arène.
« Où sont passées mes nichons ? m'enquis-je en me tournant à nouveau mes collègues. »
Quincy soupira, tandis que Tim poussa un petit ricanement.
« La question devrait plutôt être « où sont-ils d'habitude ? », corrigea le sorcier avec humour. »
Je lui adressai un geste obscène tandis que Santiago apparaissait à nos côtés.
« Prêts ? nous demanda-t-il. »
Sa voix avait perdu son accent chantant.
Lui aussi portait un médaillon et n'avait plus du tout la même tronche. Ses yeux mordorés mettaient en valeur un visage ciselé. Ses boucles brunes avaient laissé la place à une lourde et longue chevelure blonde. Il était plus petit que d'habitude et nous devions faire à peu près la même taille désormais. On aurait dit mon jumeau.
« Tu ressembles à Lucius Malefoy, commentai-je. »
Il leva les yeux au ciel.
« C'est la pire chose qu'on ne m'ait jamais dite, se plaignit-il. »
Je ris. Je ne portais pas spécialement les parents de Drago dans mon cœur. J'avais de la compassion pour Narcissa mais je crois que je n'avais jamais pu m'empêcher de craindre son époux. Je détestais l'aura qui l'entourait. Quelque chose de si sombre qu'elle pouvait vous engloutir dans sa noirceur. C'était un homme torturé par ses actes et ses démons. Et je n'arrivais pas à lui pardonner d'avoir entraîné Drago avec lui dans ses erreurs.
« Vous nous appelez si jamais y a besoin, convint Quincy avec gravité. »
Ça ne rassurait pas l'inspecteur qu'on puisse déambuler dans les quartiers sorciers les plus obscurs de New York. Je comprenais son inquiétude même si au fond je faisais confiance à Santiago. J'étais nerveuse mais je voulais voir ce dont il m'avait parlé. Les bas-fonds magiques étaient une mine de personnes hors la loi. Peut-être trouverons-nous une trace de notre suspect principal ?
Quincy n'avait pas caché son mécontentement en me voyant couverte de bleus et de blessures après mes entraînements. Pour lui, il fallait apprendre à se ménager avec de mourir de fatigue et d'épuisement. Même s'il n'était pas d'accord avec mes décisions, il les respectait et faisait de son mieux pour alléger le poids qui reposait sur mes épaules. C'était le meilleur coéquipier qu'on pouvait rêver. Je le poussais toutefois à rentrer tôt chez lui. Avec sa femme Laurie, ils avaient un bébé de neuf mois. D'ailleurs, Malia prévoyait déjà de le marier avec Hazel. Ma meilleure amie était timbrée elle aussi.
En tout cas, j'étais soulagée d'avoir l'appui de Tim et Quincy. Ils allaient patrouiller discrètement autour de la zone où nous allions pour pouvoir intervenir rapidement. Santiago ne voulait pas inclure toute l'équipe dans l'arène parce que ce serait imprudent de faire prendre le risque à tout le monde. Si nous étions démasqués, nous avions plus de chance de nous en tirer à deux qu'à quatre.
Les quartiers sombres sorciers de New York étaient situés à l'opposé de ceux dans lesquels nous avions l'habitude d'opérer. Même si le MACUSA avait du pouvoir sur le reste du pays, il ne pouvait empêcher certains criminels d'organiser des réseaux illicites. Les plus importants se trouvaient à New York et à Los Angeles. Ces deux villes étaient tellement grandes qu'il était quasiment impossible de quadriller toute leur surface. Nous ne disposions pas d'assez d'Aurors et autant avouer que ce n'était pas ce pourquoi ils avaient signé leur contrat. C'était la raison pour laquelle le Congrès faisait appel à des informateurs extérieurs, comme Santiago.
« Le lieu des combats change continuellement, nous expliqua le vampire. Il n'est révélé qu'une heure avant le début des épreuves. »
Il releva la manche de son pull noir pour nous montrer son avant-bras. Je frissonnai d'horreur devant le tatouage qui se mouvait sur sa peau. Il avait le même fonctionnement que la marque des Ténèbres. Pas de supers souvenirs si vous voyez de quoi je voulais parler.
« Je ne l'avais jamais vu, soufflai-je en observant le loup dont les yeux étaient tournés vers moi.
— C'est parce que je ne l'ai qu'avec mon apparence actuelle, fit Santiago. Si tu veux combattre plus tard dans l'arène, tu devras en avoir un également. »
Je le regardai avec des yeux ronds. Je n'avais rien contre les tatouages mais je les préférais généralement sur les autres. Peut-être pourrais-je négocier à l'issu de cette soirée ? Inutile pour nous deux d'avoir un tattoo chacun, non ?
« Et rappelle-toi bien Pansy, me lança-t-il en ouvrant la porte de l'entrée. Ce soir, je m'appelle Blaze. Santiago dei Macciavelli n'existe pas là où nous allons. »
J'acquiesçai d'un signe de tête. C'était bien qu'il me le rappelle, j'étais du genre boulette sur les bords. Ça devait être dur pour lui de me laisser entrer dans son univers. Surtout si j'étais capable de détruire tout ce qu'il avait construit ces dernières années avec une simple étourderie.
« Les gens savent que je suis un vampire, ajouta-t-il. Ça n'est un secret pour personne. »
Logique en soit : la couleur de ses yeux était propre à son espèce. Pas moyen de tromper quiconque sur ce point.
Le combat de cette soirée avait lieu dans une vieille usine désaffectée. Les organisateurs avaient pris soin de lancer des sorts autour de l'endroit pour ralentir la progression des forces de l'ordre. Selon Santiago, il arrivait très rarement que les Aurors passent les barrières érigées. Mais il avait déjà assisté à des rixes violentes et il ne souhaitait pas que cela arrive lors de ma première visite.
L'endroit grouillait d'êtres magiques : fae, lutins, sorciers, trolls… Jamais je n'aurais pensé trouver autant de monde dans un tel lieu. Un grand nombre était en train de parier sur les maisons gagnantes du tournoi. Santiago ne me laissa pas le temps d'en voir plus parce qu'il m'entraîna vers les loges.
« Les vestiaires sont sous les gradins, me souffla-t-il. Comme les Loups ne participent pas cette fois-ci, nous sommes autorisés à assister au spectacle dans les loges. »
Celles-ci étaient situées tout en haut des gradins. J'avais l'impression d'être dans un vieux stade. La magie faisait tenir tout ça dans un simple entrepôt. C'était incroyable. Mes yeux ne pouvaient capter tous les détails et ne cessaient de balayer l'arène, essayant de retenir un maximum d'information.
Les loges n'étaient occupées que par deux grands types, bien baraqués. Ils étaient jumeaux et se ressemblaient comme deux gouttes. Ils avaient la peau très bronzée, des yeux noirs et des longs cheveux lisses et sombres. Des plumes colorés décoraient leur port de tête. Ce détail me laissait comprendre qu'ils avaient sûrement des origines amérindiennes. J'en déduisis qu'ils devaient être Colt et Rowan. Impossible pour le moment de savoir qui était qui. L'un des frères possédait une longue cicatrice qui s'étendait du cou jusqu'à son arcade sourcilière. Fixer cette ancienne blessure me mit mal à l'aise et je décidai de reporter mon attention sur ce qui se passait dans l'arène. Santiago me laissa observer dans mon coin pour venir s'entretenir avec ses deux seuls combattants.
Les gradins ne cessèrent de se remplir et j'en vins à me demander comment il pouvait y avoir autant de personnes magiques à New York. Peut-être que tout le gratin d'hors-la-loi des Etats-Unis se déplaçait pour l'occasion ? Je ne voyais que cette éventuelle explication.
Au bout de quelques minutes, le calme s'installa et deux combattants sortirent des vestiaires pour venir se positionner au centre de l'arène. Des applaudissements et des cris accueillirent leur arrivée. Ils portaient des bannières dans leur mains : une représentant un tigre, l'autre un scorpion. Il s'agissait donc des emblèmes de leur maison respective. Ils les balancèrent dans un coin de l'arène avant de se faire face et de se mettre en position de combat.
De là où j'étais, j'avais une bonne vision de ce qui se déroulait sur la piste. Les participants n'avaient pas droit à l'usage des armes, ni à celle de la magie. Pour se protéger, ils portaient des protections couvrant buste et épaules. Je ne voyais pas bien leurs visages et je ne pouvais pas deviner à quelle espèce magique ils appartenaient.
Le plus petit des deux, celui des Scorpions, n'attendit pas que son opposant attaque. Il fonça vers lui afin de lui assener les premiers coups. L'autre semblait plus fort et imposant : il ne se fatiguerait pas aussi vite. Lui avait l'avantage d'être rapide et aguerri. Ils échangèrent plusieurs coups et je grimaçai lorsque le plus grand envoya valdinguer son adversaire à quelques mètres. Pour avoir reçu à peu près le même coup dans la semaine, je savais que ça n'avait rien d'agréable. Désorienté, il se releva péniblement. L'autre ne prit même pas la peine d'attaquer tant qu'il était au sol. Pour moi, c'était une erreur. Cette arrogance allait le perdre. Profitant de cet instant, le combattant de la maison des Scorpions en profita pour attaquer de nouveau. Cette fois-ci, ses coups et ses prises se firent plus précis, plus douloureux. Il ne laissa aucune chance au Tigre, l'assommant de ses poings et pieds.
Les combats s'arrêtaient dès qu'un des participants était K.O. Il venait de gagner le tour. La joie des spectateurs remplit l'arène et je ne pus m'empêcher de sourire. C'était plutôt plaisant à regarder.
« Retiens bien les techniques de ces combattants, me recommanda Santiago en se postant à ma droite. Tes victoires dépendront des points faibles que tu percevras chez eux. »
J'hochai la tête.
« C'est une future combattante ? fit soudain une voix dans notre dos. »
Santiago et moi nous tournâmes vers les jumeaux. Ils s'étaient rapprochés pour mieux me toiser. C'était celui avec la cicatrice qui avait parlé.
« Je te présente Rowan, indiqua le vampire. Et son frère Colt. »
Ils ne me saluèrent pas, ni ne me gratifièrent d'un « enchanté de te rencontrer délicieuse walkyrie ». Leur réaction ne m'étonnait pas du tout.
« Est-ce que tu l'entraines, Blaze ? poursuivit Rowan.
— Oui, répondit mon compère.
— Quelle espèce ?
— C'est une Cracmol. »
Je ne m'attendais pas à cette réponse de la part de Santiago. Je pensais qu'il dirait que j'étais Non-Maj'. Cependant, comment expliquer ma présence en ces lieux ? Il avait eu une meilleure idée. Je ne m'étais jamais considérée comme une Cracmol parce que j'étais née avec des pouvoirs magiques. Depuis que je les avais perdus, c'était peut-être le terme qui s'appliquait désormais le mieux à ma condition.
Je m'attendais à des moqueries de leur part mais aucun ne fit de commentaire. Pas même de sourire amusé. Je supposais qu'en ces lieux, cela n'avait aucune importance : la magie était inutile pour gagner les combats.
Puis les jumeaux ne semblaient pas vouloir remettre en question les décisions et l'opinion de Santiago, aka Blaze, leur boss.
« Comment tu t'appelles ? interrogea Colt en me toisant froidement. »
Santiago m'observait, ne souhaitant pas répondre à ma place. Il fallait que je me débrouille seule. C'était un premier test : étais-je capable de mentir comme on respire ?
Quelque chose bouillonnait en moi, dans mes veines, dans mon sang. Une nuée d'émotions distillant peur, anxiété et adrénaline. La réalité me frappa soudain ici, je pouvais devenir n'importe qui. Je me sentais vivante, prête à renaître de mes cendres. Une tempête entraînée à déverser tout ce qu'elle avait sur ses adversaires. Un cataclysme que rien ne saurait arrêter.
« Storm, répondis-je fermement sans ciller. Je m'appelle Storm. »
Le reste de la soirée, nous observâmes chaque combat avec attention. Santiago me donnait leurs noms et leurs origines. Il n'appréciait pas particulièrement la maison des Pythons et m'avait recommandé de toujours les avoir à l'œil.
Etant donné que la rencontre avec Colt et Rowan s'était bien déroulée, Santiago avait aménagé des heures d'entraînement en commun. Même si j'avais été un peu surprise par cette décision, je trouvais l'idée plutôt bonne. Mon temps se résumait désormais à exercer mes fonctions de Mediator et à m'entraîner de façon accélérée. Par chance, Drago m'envoyait des potions par dizaines pour m'aider à guérir de mes coups et blessures.
Ironiquement, ça me faisait penser à Weasley et à l'obstination qui le poussait à éviter les hôpitaux sorciers. J'étais devenue comme lui. Bien entendu, je savais que me droguer de substances magiques ne pouvait pas faire du bien sur le long-terme. Mais j'en avais besoin pour continuer à tenir le rythme. Quand je serais satisfaite de mon niveau, je me permettrais de ralentir la cadence.
J'avais pris l'habitude de m'entraîner avec l'apparence de Storm. Sous celle-ci, j'étais plus forte, plus agile et mes muscles se développaient plus rapidement. C'était triste à dire mais mon gabarit actuel ne me permettait pas d'accéder à des performances plus intéressantes. Toutefois, s'il advenait qu'un type m'attaque dans la rue, j'avais toujours les capacités de lui coller la râclée de sa vie. Même en Pansy Parkinson.
De plus, si Colt et Rowan n'étaient pas super sociables, j'étais arrivée à m'imposer dans leur quotidien. Ils ne me voyaient plus comme une intruse mais comme une potentielle partenaire de combat. De ce côté mes efforts avaient porté leurs fruits et j'avais pu en apprendre un peu plus sur eux.
Santiago les avait recueillis alors qu'ils erraient dans la rue. A l'époque, ils avaient dix-sept ans et venaient de s'enfuir de leur énième famille d'accueil. Leur mère était décédée et leur père, alcoolique, n'avait jamais pu les prendre en charge. Les conditions dans les réserves indiennes n'étaient pas propices au développement des enfants et l'inactivité des états fédéraux n'arrangeaient rien à tout ça.
Les jumeaux avaient grandi dans un système totalement instable. Et malheureusement pour eux, ils n'avaient jamais été encouragé à contrôler leur magie. En les recueillant, Santiago leur avait offert un nouveau toit sur la tête, la liberté de vaquer à leurs propres occupations et le choix de combattre sous la bannière des Loups. D'après ce que j'avais pu comprendre, ils étaient très respectés parmi les autres combattants. Ils faisaient partie des meilleurs et la phrase de leur mentor « Je n'ai besoin que des meilleurs éléments » prenait une connotation toute nouvelle à mes oreilles.
Je n'avais pas encore combattu. Santiago tenait d'abord à ce que je participe aux entraînements collectifs qui regroupaient l'ensemble des maisons. Ces combats n'avaient pas pour but d'être des spectacles mais ils permettaient de se faire une idée sur chaque participant.
Le jour où je m'y pointais pour la première fois, tous ces êtres magiques me toisèrent avec méfiance. Il n'y avait pas beaucoup de femmes parmi eux et ils devaient se dire que j'étais un cure-dent facile à briser.
Le premier adversaire que me désigna Santiago venait de la maison des Requins. Pour l'avoir déjà observé auparavant, je savais qu'il aimait épuiser ses opposants avant de leur porter un coup fatal. Il était immense et robuste et, malgré ma grande taille, je ne lui arrivais même pas à la poitrine. C'était mon avantage : j'étais plus rapide que lui. Malheureusement pour moi, mon endurance laissait encore à désirer et je savais qu'il fallait que je mette rapidement fin au combat avant d'avoir épuisé toute mon énergie.
Cette semaine-là, Rowan m'avait appris à étourdir mon opposant en le privant de son équilibre. Je reproduisis la technique sur lui. Prenant appui sur mes jambes, je me projetais vers lui. Comme prévu, il me retint par la taille, s'attendant sûrement à un coup de pied de ma part. Rapidement, j'envoyais mes deux mains contre les deux côtés de son visage. Le coup était puissant. Surpris, il me relâcha et j'en profitai pour lui envoyer un coup de poing sous le menton. Je fis passer une jambe derrière ses genoux pour le faire tomber vers l'arrière. Il vint s'écraser au sol et je vins mettre mon pied contre sa gorge pour l'empêcher de bouger.
Je n'avais pas la force nécessaire pour l'assommer totalement mais je voulais lui montrer que je n'hésiterais pas à appuyer si jamais il ne se tenait pas tranquille. Il leva la main, déclarant forfait. Dans un match « amical », il n'était pas nécessaire de mettre K.O. son adversaire. C'était contre-productif pour tout le monde.
J'avais pris de court tout le monde dans l'arène, exceptés les Loups. Mon effet de surprise était passé : ils allaient désormais se méfier de la nouvelle blonde.
Mon deuxième opposant était une Vélane à la peau diaphane. Je n'avais jamais vu créature plus séduisante. Mes cheveux clairs faisaient pale figure à côté de sa chevelure argentée. Elle faisait partie de la maison des Aigles et je ne l'avais jamais vu combattre auparavant. Je ne savais pas encore quelles étaient ses techniques de prédilection mais ses muscles déliés me disaient qu'elle savait très bien user de ses poings.
Elle fut la première à attaquer. Je parai son coup habilement. Elle m'envoya un genou dans les côtes. Là aussi je l'évitai.
« Tu es la première combattante que Blaze accepte depuis des lustres, me lança-t-elle facétieusement. Il doit placer de grands espoirs en toi.
— Il faut croire, répondis-je avec calme. »
Je ne voulais pas discuter. Santiago m'avait prévenue qu'il ne fallait pas perdre inutilement son souffle avec des bavardages. La Vélane enchaîna sur un troisième mouvement d'attaque. Cette fois-ci, je ne pus l'éviter, m'obligeant à me protéger avec mon bras. Je serrai la dent en évaluant sa force. Elle était puissante. Je la repoussai, en profitant pour lui envoyer un coup de coude dans le ventre.
Elle expira avec force et ses yeux se posèrent avec hargne sur mon visage. Soudain, quelque chose changea dans son regard azuré.
« Ne bouge plus, ordonna-t-elle. »
Je voulus tenter un mouvement mais mon corps ne répondait pas. Qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Je compris alors qu'elle usait de sa magie sur moi. C'était totalement interdit durant les matchs mais je savais que ça n'en empêchait pas certain d'utiliser leurs tours de passe-passe. Et on avait généralement aucune preuve de leur tricherie.
« Arrête ça, grognai-je.
— Quoi donc ? demanda-t-elle innocemment. »
Même mes doigts ne bougeaient plus. Je sentais la panique me gagner. C'était donc ça son arme : user de magie et de séduction pour tourner ses adversaires en ridicule. J'entendais des rires autour de nous.
« Gifle-toi. »
Je ne m'attendis pas à le faire. Ma main bougea d'elle-même et je ressentis la morsure cuisante de ma propre paume.
« L'autre joue maintenant, poursuivit-elle. »
Je m'infligeai une autre gifle. L'hilarité générale redoubla. Des larmes de rage dévalèrent sur mes joues. Elle voulait me tourner en ridicule devant tout le monde. Jamais je n'avais été ainsi humiliée en public. Jamais je n'avais autant haï quelqu'un. Même mon ancienne supérieure Christine me semblait agréable à côté d'elle.
Elle se rapprocha doucement de moi, comme si elle prenait son temps. Parce qu'elle savait qu'elle avait déjà gagné. J'aurais tout donné pour lui arracher ses beaux yeux bleus.
« Ma pauvre, murmura-t-elle en posant une main sur ma joue meurtrie. Ce n'est pas bien de se faire mal toute seule. »
Ce geste me donna envie de vomir.
« Désolée, blondinette, mais l'entraînement s'achève ici pour toi. »
Et sur ce, elle m'envoya un coup de poing qui eut raison de moi.
Quand je repris conscience, j'étais dans les vestiaires réservés aux Loups. Je grimaçai de douleur en venant poser un doigt contre ma joue. J'avais un bel hématome. Sur le banc, se tenait également le vampire qui me servait d'entraîneur.
« Désolé pour Idina, sourit-il. Elle n'est pas facile à battre. »
Je me redressai pour m'asseoir.
« Elle a usé de ses pouvoirs sur moi, râlai-je.
— C'est son seul avantage dans l'arène, avoua Santiago. Sa beauté et sa voix suffiraient à mettre en déroute toute une armée. »
Je soupirai, mes mains venant encadrer ma tête. Je me sentais tellement faible et nauséeuse. J'avais été humiliée devant tous mes futurs concurrents. Qui sait ce que certains avaient encore en réserve ? Heureusement que Weasley n'avait aucune idée de ce que je faisais et qu'il n'avait pas assisté à ce combat. Je savais ce qu'il en aurait pensé et ça me donnait envie de tout casser sur mon chemin.
« Ne t'en fais pas, continua mon ami. Je t'entraînerai à résister à ses appels. Et tu…
— C'est inutile avec les créatures magiques ! m'exaspérai-je. Ce n'est pas du tout ce que je veux ! »
Il se tut. Ma réaction était excessive et colérique. Je ne voulais pas reporter ma frustration sur lui mais je n'arrivais pas à contenir toutes les émotions négatives qui m'assaillaient de toute part. Là, tout de suite, je portais bien mon nouveau pseudonyme. Aucune tempête n'aurait pu être plus dévastatrice que mon impuissance. Putain. J'étais trop faible.
« Qu'est-ce que tu veux ? pria le vampire calmement. »
Je libérai mon visage de mes mains pour tourner la tête vers lui. La réponse me vint en un instant. Que voulais-je depuis mon accident ? Que brûlais-je d'envie d'avoir ?
« Le pouvoir, répondis-je en observant sa réaction.
— N'est-ce pas ce dont dispose le Mediator ? s'enquit-il. Le pouvoir de diriger les unités sorcières du MACUSA ? »
Je retins mon souffle.
« Le Mediator ne possède qu'un titre. Au milieu des sorciers, je suis inoffensive, avouai-je. Je me sens faible malgré mes progrès. J'ai beau me protéger avec des potions, prendre mes précautions et travailler ma forme physique, tout ça serait vain si jamais on souhaitait me lancer un sort.
— Tu as peur d'être de nouveau ensorcelée, comprit-il.
— Je ne peux empêcher les sorts de m'atteindre, maugréai-je en me levant du banc et en lui tournant le dos. »
Je me sentais comme mise à nue, totalement à découvert. Je venais d'exposer toutes mes craintes et mes inquiétudes en quelques minutes. J'avais l'impression que la confiance en moi érigée comme une barrière au cours des quatre dernières années, venaient de se fissurer et de s'écrouler autour de moi. Tout ça à cause d'une maudite Vélane.
Je baissai le regard, serrant les poings à m'en faire mal. J'étais fragile et ça faisait mal de me l'avouer à moi-même. C'était trop douloureux. J'avais oublié à quel point on pouvait se sentir démuni face aux pouvoirs des autres. Me retrouver ainsi manipulée par un être magique me l'avait cruellement rappelé.
« Je connais quelqu'un, soupira Santiago. »
Je relevai le visage, lui faisant à nouveau face.
« Qui ?
— Une Fae. »
Je restai bouche-bée. Le peuple féerique n'aimait pas trop se mélanger à la communauté sorcière. En réalité : ils nous haïssaient. Pour les Fae, nous n'étions que des sauvages, des bons à rien, aussi inutiles que les Moldus. Autant dire que nos relations diplomatiques laissaient à désirer.
Je poussai un petit ricanement déçu, en levant les yeux en l'air. J'étais loin de m'attendre à une telle réponse.
« Les Faes et les sorciers ne font généralement pas bon ménage, protestai-je.
— Tout comme les vampires et les sorciers, rétorqua-t-il. Mais tu en as un dans ton équipe. »
Il semblait très sérieux. Santiago n'était pas quelqu'un qui laissait de côté son caractère taquin et détaché sans raison. Il voulait que j'adhère à l'idée.
« Je ne connais pas le monde féérique, arguai-je. »
Il haussa un sourcil.
« Raison de plus pour que le Mediator y jette un coup d'œil. Tu n'as rien à perdre, Pansy. »
Était-ce vrai ? Avais-je quelque chose à perdre dans cette histoire ? A part l'amour de mes amis et de ma famille, qu'avais-je donc qui me faisait sourire au quotidien ?
« Mon poste de Mediator, lui rappelai-je. Si ça m'empêche d'exercer mon job dans les meilleures conditions alors oui, j'ai quelque chose à perdre. »
Il soupira.
« Vois cette visite comme un moyen pour le MACUSA d'établir des relations plus cordiales avec vos pairs du monde magique, décréta le vampire. Tu n'y vas pas pour déclarer la guerre, seulement pour demander conseil à une de mes amies. »
Je contemplais son visage pâle, encadré par de longs cheveux blonds.
« Que pourrait-elle me proposer ? me renseignai-je, lui signifiant par là que j'acceptais de suivre ses recommandations. »
Il me sourit victorieusement et reprit son air détaché et de monsieur-je-sais-tout.
« Oh, murmura-t-il, quelque chose comme, par exemple, la capacité à résister à n'importe quel sortilège… »
