Cette fic est écrite dans le cadre de la 132ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Glaciaire". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !

Note de l'auteur : Bon, quelques points de contexte... Dans la vie, j'ai d'autres passions qu'écrire des fics ou regarder Miraculous. Si si, je vous jure. Entre autres, il y a le patinage artistique. Alors j'étais folle de joie et j'avais les yeux qui brillaient devant l'épisode du Patineur avec Candeloro qui doublait son propre personnage maiiis... Il y a un truc qui m'a fait grandement hausser les sourcils. C'est le fait que Luka et Kagami déboitent tout et sachent faire des figures qui nécessitent normalement des années d'entraînement. Alooors on pourrait dire que TGCM (Ta Gueule C'est Magique), que c'est pour le plot pour qu'ils aident Marinette et Adrien, etc... Mais voilà, le thème était quand même une bonne occasion pour tenter d'expliquer où ils ont appris ça ? J'espère que ça vous plaira en tout cas :)


- Luka ! Luka, viens m'aider !

Luka quitte à regrets l'écran de télévision pour remonter sur le quai du Liberté et aider sa mère. La bruine s'est transformée en averse et ils se dépêchent d'amarrer plus solidement le bateau qui tanguera bientôt trop pour qu'ils puissent faire quoi que ce soit d'autre que se barricader dans leurs cabines et attendre que ça passe. Il sait que c'est nécessaire pour protéger de l'eau le bazar qui régnait encore sur le pont une heure avant. Ils se dépêchent et, à eux deux, ne mettent que quelques minutes à revenir dans la pièce qui leur sert de salon. Il avise aussitôt l'écran et esquisse un sourire.

- Je l'ai pas manqué !

A l'écran, Stéphane Lambiel vient d'entrer sur la piste dans son costume rouge et noir et il se positionne dans une gestuelle typique du flamenco qu'il va reproduire sur la glace. Anarka avait jeté un œil inquiet sur le berceau dans lequel Juleka dort, bercée par les vagues qui secouent régulièrement le bateau. Mais quand les premières notes de musique résonnent, elles semblent plutôt la calmer et Anarka se retourne alors vers la télévision. Les yeux de Luka se sont mis à briller dès ses premiers mouvements, elle peut même voir ses mains s'agiter pour reproduire inconsciemment sa danse et ses pieds trépigner sous la tentation d'en faire autant. Parfois, elle se demande si elle ne ferait pas mieux d'amarrer. Si Luka ne préférerait pas qu'ils jettent l'ancre à Paris, ou dans n'importe quelle ville dotée d'une patinoire, où il pourrait en faire aussi souvent qu'il le souhaiterait au lieu d'en rêver devant son écran. Une fois, elle lui a posé la question. S'il préférerait rester dans une même ville pour faire tout ce dont il rêve mais qu'il ne peut qu'observer de loin. Du haut de ses quatre ans, il y a réfléchi, longtemps, avant de demander : Mais ça veut dire qu'on ferait plus du tout de bateau ? Ce serait trop triste. Elle n'a jamais jeté l'ancre. Et Luka continue de regarder Stéphane Lambiel se réceptionner sans un tremblement après sa combinaison quadruple-double-double boucles piqués.

La compétition se termine. La tempête aussi. Luka bondit sur ses pieds et repart sur le pont. Il ne pleut plus mais le pont est resté mouillé. Et glissant. Il n'y fait bien sûr pas le froid glaciaire d'une patinoire mais ça glisse et ça lui suffit largement. Dans les bibliothèques des villes où ils se sont arrêtés, il a trouvé quelques livres expliquant les bases de patinage. Il ferme les yeux et se laisse glisser sur le pont. Son corps se tend à l'horizontal, perché en appui sur une jambe pendant qu'il se laisse entraîner sur plusieurs mètres, avant que ses jambes ne se croisent pour amorcer un simple salchow qu'il parvient presque à réceptionner correctement. Ses yeux sont toujours fermés, son corps sur le pont, son esprit sur une patinoire. Il n'a pas menti à Anarka, ça lui convient. Il se fiche que ce ne soit pas réel, il se fiche de ne jamais devenir un véritable patineur, il se fiche de savoir qu'un jour, la frustration de ne pas pouvoir patiner prendra le dessus et qu'il ne lui restera plus que la musique pour se défouler et le transporter. Pour l'instant, il n'y a que la musique qui résonne encore dans sa tête et la sensation de glissade sur le pont et la fierté quand il arrive à réaliser ses sauts correctement sur le pont.


- Je vais à mon entraînement d'escrime Mère, annonça sobrement Kagami. Je vous souhaite une bonne après-midi.

La mère de Kagami a relevé la tête vers elle, se fiant uniquement à la voix de sa fille pour identifier l'endroit où elle se trouve. Elle acquiesce d'un hochement de tête et entend Kagami quitter le salon. La jeune fille monte dans la voiture mais, au lieu de prendre la direction de la salle d'escrime, celle-ci l'emmène à la patinoire. Les règles de sa mère sont claires. Interdiction de pratiquer autre chose que les arts nobles, l'escrime et le tir à l'arc. Le reste n'est pas digne d'elle. Mais la vue de sa mère a progressivement chuté pour disparaître complètement, elle ne peut plus que croire sur paroles sa fille ou les personnes dont le silence est acheté par Kagami. Et Kagami, elle, aime trop patiner pour s'en priver à cause de critères subjectifs sur ce qui est un sport acceptable et ce qui ne l'est pas. Alors elle met son chauffeur dans le secret, son entraîneur d'escrime aussi qui est prêt à assurer qu'elle était en cours avec lui, et, deux fois par semaine, elle rejoint la patinoire. Elle progresse, vite, malgré les chutes, et parfois d'autres patineurs plus doués qu'elle viennent lui donner des conseils et l'aider à réaliser les figures qu'elle n'aurait jamais envisagé de faire seule.

Elle entre dans la patinoire et aussitôt, l'ambiance glaciaire, l'odeur de chlore, le froid sec et prenant la saisissent. Elle ferme les yeux pour mieux s'imprégner de tout ça, de tout ce qu'elle n'aurait jamais connu si sa mère avait eu toutes ses facultés, pour savourer le fait d'être dans un milieu où elle se sent chez elle. Plus que sur les cours d'escrime, plus que dans sa chambre, c'est ici qu'elle se sent exister entièrement. Elle enfile ses patins, serre les lacets, deux fois chacun pour maintenir ses chevilles, et elle s'élance sur la piste. Elle enchaîne les pirouettes qu'elle commence à maîtriser après des semaines d'entraînement et de tournis, elle enchaîne plusieurs simple flip avant d'oser tenter un lutz. C'est un échec, tant pis. Elle réessaiera. Une fois, deux fois, dix fois. Combien de fois faut-il tomber pour atteindre la perfection ? Elle l'ignore. Elle sait juste qu'elle se relèvera toujours. Qu'elle s'entraînera toujours. Qu'elle patinera toujours.


En espérant que ça vous ait plu !

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