Chapitre 12 : Un bon ragoût

Les jours passèrent et Aghäte ne trouvait pas beaucoup d'informations sur la fameuse flèche, le dragon et encore moins sur Erebor. Alors qu'il allait bientôt faire nuit et qu'Aghäte s'engageait dans une ruelle pour rentrer à l'auberge, elle entendit une conversation entre une jeune femme et plusieurs hommes. Aghäte comprit vite que la situation de jeune femme n'était pas bonne. La semi-humaine s'avança rapidement vers le groupe. Elle constata que la jeune femme était Sigrid, la grand soeur du jeune homme qu'elle avait aidé il y a quelques jours de cela.

- Bonsoir, il y a un problème avec cette jeune femme ?, commença Aghäte aimablement en se rapprochant de Sigrid.

- Aucun, madame. Laissez-nous tranquille et allez-vous en !

- Madame ?, s'étrangla Aghäte. Je suis vieille mais quand même… Bon, qu'est ce que vous lui voulez ?

Un des hommes s'approcha d'Aghäte et lui prit le visage avec une de ses mains. Sigrid, qui n'avait pas osé bouger depuis l'arrivée de la semi-humaine, s'avança vers Aghäte se sentant rassuré de ne plus être seule.

- Il y a juste un de nos amis qui aimerait la rencontrer. On veut juste-

L'homme n'eut pas le temps d'en dire plus qu'Aghäte lui attrapa le poignet pour le lui bloquer dans le dos. Elle plaqua ensuite l'homme contre le mur. Les autres hommes restèrent figés par la rapidité de la semi-humaine.

- Bon, il est tard et il est bientôt l'heure de dîner. Je n'aime pas les bagarres... Et si on rentrait tous chez nous ?, demandait-elle sincèrement.

Un de autres hommes s'avança pour frapper Aghäte. Cette dernière esquiva le coup et le point de l'homme frappa le mur de plein fouet. Il hurla de douleur. Un autre homme s'énerva et voulut également attaquer la semi-humaine, tandis que celui qu'elle tenait contre le mur se débattait.

Aghäte avait passé son temps à éviter de se faire remarquer mais là, c'était mal parti. Elle n'allait pas les laisser la tabasser quand même !

Au moment où elle voulut se défendre, elle entendit des bruits de pas accourant vers eux. De peur que ce soit des gardes de la ville, Aghäte regarda vers les pas et vit Sigrid arriver en courant avec un homme plus âgé à ses côtés. Aghäte n'arriva pas à esquiver totalement le coup porté par l'homme énervé. Elle le reçut dans le haut du bras, ce qui lui fit lâcher l'autre homme.

Sans comprendre ce qu'il se passait, les agresseurs partirent plus vite que n'arrivèrent Sigrid et son accompagnateur.

- Aghäte, vous n'avez rien ? Vous n'êtes pas blessée ? Je suis partie chercher de l'aide dès que j'ai pu et-, expliqua Sigrid totalement paniquée.

- Je vais très bien ! Pas de panique !, coupa Aghäte en souriant tout en se frottant le bras où elle avait reçu le coup.

- Vous avez reçu un sacré coup au bras tout de même, intervient l'homme qui accompagnait Sigrid. Venez chez nous, nous allons trouver quelque chose pour vous soigner.

- Mais non, je vous dis que ça va aller, insista Aghäte sachant qu'étant à moitié elfe, elle sera totalement guérie d'ici une ou deux heures.

- Non j'insiste ! Vous venez de sauver ma fille. Je vous dois au moins un repas. Venez chez nous !, déclara donc le père de Sigrid.

- « Sauvez » est un peu exagéré mais si je n'ai pas le choix alors je vous suis.

Voyant qu'Aghäte souriait, le père de Sigrid en fit autant. Il prit les devant et commença à avancer vers leur maison. À l'arrière, Aghäte et Sigrid discutaient. Enfin, c'était surtout Sigrid qui remerciait Aghäte de l'avoir aider. Quant à Aghäte, elle ne pouvait s'empêcher de penser au père de Sigrid. Il lui semblait l'avoir déjà vu quelque part mais où ?

Tout en réfléchissant et discutant, ils arrivèrent à leur maison. Une fois à l'intérieur, Bain fut surpris de voir qu'il rentrait avec une jeune femme et Tilga prit un grand sourire

- Aghäte, mais que faites-vous là ?, demanda Bain.

- Je suis venue ramener ta sœur parce qu'elle draguait des jeunes hommes dans la ville, plaisanta-t-elle.

- C'est tout à fait elle, ça !, riait le frère.

- Hey!, s'écria la concernée. Ça ne va pas de raconter des choses comme cela ? Père, ce n'est pas vrai !

Sigrid regarda son père qui souriait en écoutant leur conversation. Ce dernier ferma la porte derrière lui et Aghäte put sentir la chaleur l'envahir. Même si nous étions au mois de juillet, la nuit était assez froide. Bain invita la semi-humaine à s'asseoir près de la cheminée. Le père des enfants s'assit également près du feu. Sa petite fille vint s'asseoir aussitôt sur lui.

- Vous connaissez déjà mes enfants ?, débuta l'homme. Oh pardonnez-moi ! Mon nom est Bard.

- Moi c'est Aghäte mais j'imagine que vous le savez déjà. Oui j'ai-

- Elle a aidé Bain parce qu'il avait fait tomber toutes les courses au marché !, coupa la petite Tilda. Ensuite, elle est venue chez nous ! Elle est gentille !

- Oui elle est gentille, sourit Bard en caressant la tête de sa fille affectueusement. Je vous remercie d'avoir aidé Bain et je ne sais comment vous remercier pour Sigrid...

- Ce n'est rien voyons !, répondit-elle gênée.

Sigrid et Bain étaient partis préparer le dîner et Tilda interrompit la conversation des adultes pour raconter sa journée à son père. Pendant qu'il l'écoutait attentivement, Aghäte ne pouvait s'empêcher de fixer l'homme en cherchant à qui elle lui faisait penser. Si elle ne trouvait pas, elle ne dormirait pas de la nuit !

Bard regarda la semi-humaine et en voyant qu'elle le fixait, lui sourit. Elle se reprit aussitôt.

- Ah excusez-moi… Votre visage m'est familier mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.

Bard laissait réfléchir la jeune femme même s'il se sentait de plus en plus gêné d'être fixé. C'est alors que Bain intervient.

- C'est une technique de drague, ça !

Les deux adultes furent surpris, gênés puis rirent à sa remarque.

- Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vu dans notre ville.

- Je pense que vous me rappelez une personne que j'ai connu il y a très longtemps…, dit-elle avec de la nostalgie.

- Vous êtes déjà venu ici ?, demanda Sigrid en apportant le dîner sur la table.

- Oui mais il y a longtemps. Je pense que vous n'étiez même pas nés !

- Tu dois être vieille alors !, lâcha la petite Tilda.

Les adultes riaient et tout le monde vint s'asseoir à table. Tilda s'installa entre son père et Aghäte. L'odeur appétente du ragoût vint au nez de la semi-humaine. Cela lui rappelait des souvenirs. Une fois tout le monde servi, Tilda continua de parler.

- Pourquoi vous êtes venus ici ?

- Tilda !, reprit son père. Arrête avec tes questions. Je t'ai déjà dit qu'on ne pose pas de questions personnelles aux invités.

- C'est pas comme si on avait souvent des invités, murmura Bain qui se prit un regard noir de son père.

- Ce n'est rien, rassura Aghäte en riant de la situation. Je suis ici parce que je recherche un objet important.

- Bon changeons de sujet, intervint Bard. Ton ragoût est délicieux, Sigrid !

- C'est exactement ce que j'allais dire !, lança Aghäte. Il me rappelle celui de ma mère ! Et ça fait longtemps que je n'en avais pas goûté un aussi bon !

- Merci, répondit Sigrid gênée. Votre mère ne vous en fait plus ?

- Ah. Hum. J'ai perdu ma mère il y a longtemps...

- Nous aussi..., dit la petite Tilda. Oh ! Vous ne voulez pas devenir notre maman ?!

La question de la petite fille fit cracher son père et son frère, et étouffer les deux jeunes femmes. Lors de la discussion de l'autre jour, Aghäte avait appris qu'ils avaient perdu leur mère il y a quelques années. Tilda fixait Aghäte en attendant sa réponse. Elle répondit calmement en lui caressant la tête.

- Ça ne marche pas comme ça Tilda, sourit-elle. Je suis sûre que ton père aime encore beaucoup ta mère même si elle n'est plus là. Et puis, je ne sais même pas faire un ragoût alors...

- C'est parce que tu as un amoureux ?, continua-t-elle.

- Ce n'est pas bientôt fini, Tilda ?, gronda sa sœur plus gênée qu'énervée.

Aghäte avait été contente que Sigrid intervienne. Elle s'était rendue compte qu'elle ne pouvait même pas répondre à cette question. Enfin, non elle n'avait pas d'« amoureux » mais elle avait bien quelqu'un pour qui elle éprouvait des sentiments. Elle balaya ses pensées et répondit à la petite.

- Ce n'est rien Sigrid. J'étais pire à son âge ! Je fatiguais mes parents avec mes questions tout le temps. Les pauvres quand j'y pense…

Les discussions, mais surtout les questions de Tilda, continuèrent jusqu'à la fin du repas. Sigrid alla mettre Tilda au lit. Ne voulant pas gêner davantage, Aghäte les remercia pour leur dîner et partit. Bard avait insisté pour la raccompagner. Elle accepta pour ne pas devoir lui expliquer qu'elle savait se défendre avec ses compétences elfes et naines.