J'ai tiré à pile ou face pour savoir si je postais celui-ci en avance. La publication en avance a gagné !

J'espère que vous apprécierez !

Merci d'avoir lu les chapitres précédents !


Chapitre 17

La tension monta en flèche dès que l'avocat de Konan commença à se déplacer dans l'espace qui lui était alloué pour plaider la cause de sa cliente. Ebisu avait sorti ses fiches pour pouvoir isoler celles qui serviraient au fil de l'argumentaire et Nagato déglutit. L'homme au centre de l'attention fit perdurer le silence encore quelques instants et il parut soudainement bien plus grand.

D'un même mouvement, Ebisu et Nagato se tournèrent l'un vers l'autre pour échanger un regard inquiet. S'ils s'étaient convaincus, durant les semaines qui venaient de passer, qu'ils étaient tout à fait capables de contrer l'argumentaire de cet illustre avocat, le doute s'empara d'eux, serrant sournoisement leur cœur et chacun se força à souffler, à apaiser l'angoisse qui infusait dans ses veines.

— C'est une femme dévastée qui a franchi la porte de mon cabinet il y a quelques mois, raconta Maître Ryôtenbin, appuyant le début de son histoire d'un soupir maîtrisé à la perfection. Elle est venue vers moi à bout de souffle, désespérée, presque brisée.

Nagato s'agita, ses yeux cherchant d'instinct Konan, très étonné de la version présentée par l'avocat. Ebisu attrapa une fiche pour la faire glisser à sa droite : « Storytelling déchirant, jeu sur les émotions, tentative d'apitoiement du juge ». L'écriture ronde et régulière de Tenten attira le regard du divorcé qui détailla la fiche en essayant d'appliquer les conseils qui lui étaient prodigués en marge.

Maître Ryôtenbin continua.

— Elle m'a alors expliqué combien son mariage lui faisait de la peine, depuis des années, combien son époux l'avait invisibilisée après qu'elle lui a donné un enfant et le chagrin que cela lui causait.

— Quoi ? murmura Nagato à l'oreille d'Ebisu. Mais qu'est-ce qu'il raconte ?

Yahiko pressa son épaule pour l'inciter au calme. Cependant, il n'était pas en colère, il ne comprenait pas. Maître Ryôtenbin entreprit de retracer un historique de leur relation, mais clairement, ce n'était pas celle que Nagato avait vécue. Ça ne ressemblait pas à son couple, pas du tout.

Avec tristesse, il l'écouta expliquer à quel point il avait été un mauvais mari, sous les hochements de tête de Konan qui pinçait les lèvres, les bras serrés contre son corps.

Depuis que son ex-épouse avait entamé la procédure de divorce, il avait eu le temps de réfléchir, d'essayer d'analyser et de comprendre les erreurs qu'il avait commises pour en arriver à ce niveau. Cependant, entendre ça dans la bouche d'un avocat qui savait choisir avec soin les termes qu'il employait, qui maîtrisait à la perfection ses mouvements, le timbre de sa voix, c'était différent. Blessant.

Il ferma les paupières, serra les mâchoires pour ne plus voir son ex approuver les dires de son représentant, pour se retenir de s'écrier simplement « Mais pourquoi est-ce que tu ne m'en as jamais parlé ? », pour s'empêcher de tempêter, de nier. La pile des fiches sélectionnées par Ebisu restait relativement peu élevée, l'avocat jouait surtout sur le récit de combien il avait été un mauvais mari pendant toutes ces années et si Nagato était prêt à accorder certaines choses à Konan, d'autres lui semblaient tellement irréalistes qu'il se demandait comment quiconque pourrait y croire.

Il risqua un regard vers Yahiko qui avait pâli, puis il mordilla ses lèvres en constatant que son meilleur ami se laissait convaincre par le discours du représentant de Konan. Doutant, il se referma un peu sur lui-même, décrocha de la diatribe de Maître Ryôtenbin.

Même si tout ce qui avait été dit, pour l'instant, avait été prévu par Tenten, il n'en restait pas moins que le magistrat allait loin dans son récit. À l'écouter, Nagato réussissait presque à être convaincu de combien il avait été ignoble, combien il avait blessé Konan – sans le vouloir, mais sans essayer de réparer ses torts.

Il était persuadé qu'il avait fini par devenir cet homme solitaire, renfermé, qui avait cessé depuis longtemps de s'investir dans la relation qu'il avait avec son épouse, la reléguant en arrière-plan de sa relation avec leur enfant.

Il s'en voulut, tête basse, de ne pas avoir su voir le mal-être de sa compagne, de ne pas avoir su questionner son éloignement. Il regretta de ne pas avoir interrogé Konan, d'avoir simplement souhaité qu'elle revînt vers lui d'elle-même, d'avoir sérieusement pensé que la distance entre eux était dû à un excès de travail.

Il chercha de nouveau le regard de Yahiko qui était concentré sur le juge, le visage fermé, secouant la tête en signe de désapprobation, mais Nagato ne sut pas s'il rejetait les exagérations de l'avocat ou le comportement supposé de son meilleur ami.

— On en arrive donc à cet été, soupira Maître Ryôtenbin en cessant de faire les cent pas. Ma cliente, après avoir longuement réfléchi, a préparé un sac de vêtements pour se rendre chez une collègue quelques jours, puis a décidé de dire à son époux tout ce qui n'allait pas dans leur union, avant de retourner chez son amie pour lui laisser le temps de reconsidérer son attitude. Quand elle est revenue chez elle, il avait pris des affaires et il était parti. C'est à ce moment-là qu'elle a compris qu'il n'avait pas l'intention de réparer leur mariage. Elle a laissé passer quelques semaines, dans l'espoir qu'il tenterait de la séduire de nouveau. Comme en témoigne l'historique des messages vocaux, il ne s'est préoccupé que de leur fille. C'est, bien évidemment, à mettre au crédit de l'inspecteur Uzumaki de tant se préoccuper de son enfant…

L'avocat focalisa ses yeux sur le juge Sarutobi.

— Vous et moi savons combien de mariages se sont conclus parce que des pères étaient indifférents au sort de leur enfant. Mais nous savons tous deux qu'un divorce est la séparation d'un homme et d'une femme. De toute évidence, l'homme se désintéressait de la femme depuis longtemps.

Scandalisé, Nagato voulut se lever pour protester, mais le bras d'Ebisu entrava son torse, l'empêchant d'un regard sévère de dire quoi que ce soit.

L'avocat laissa passer un silence durant lequel il s'approcha du meuble qu'il avait fait amener par le greffier. Il ouvrit les portes, découvrant une télévision et un lecteur de DVD, orienta l'écran pour qu'il fût visible aussi bien par le juge que par la partie adverse, avant de l'allumer.

Pendant qu'il enclenchait une vidéo, Nagato tourna les rétines vers son avocat, l'interrogeant du regard alors qu'il fouillait le dossier pour essayer de trouver quel élément allait présenter Onoki. Il finit par secouer la tête pour signaler qu'il n'y avait strictement rien.

Impuissant, le policier porta une œillade vers son meilleur ami qui ne comprenait pas plus. L'air sur le visage de Konan était inquiétant et Nagato fronça les sourcils.

— Monsieur le Juge, cher confrère, Monsieur Uzumaki, Monsieur Nakamura, je vais vous demander de regarder avec attention l'écran. Ça peut être dur, mais il vous faudra être forts.

L'effet dramatique agaça Nagato, la vidéo se mit en marche, sans son. « Akatsuki Productions présente » défila sur la télévision et une silhouette familière se détacha devant les yeux de Nagato, qui, surpris, sentit sa bouche bayer.

L'avocat enclencha la pause, figeant son colocataire sur l'écran puis il se tourna vers Nagato :

— Monsieur Uzumaki, pour être certain, pouvez-vous nous confirmer qui est à l'écran ?

Plus jeune, certes, mais égal à lui-même, si ce n'est qu'il ne portait pas ses lunettes, il s'agissait bien d'Itachi qui trônait à côté d'une inscription « Tsuki, dans le rôle de », le nom de son personnage étant caché par le haut du crâne Maître Ryôtenbin.

— C'est mon colocataire, Itachi.

Il n'y avait finalement que peu de surprise à le savoir jouer dans un film. Il chercha le regard de Yahiko qui avait considérablement blanchi, ne comprenant toujours pas ce qu'il se passait. Son colocataire, étudiant dans un cursus de cinéma, avait tourné dans un film obscur, cela n'avait rien de très étonnant, ni de rapport avec ce divorce.

— Je ne comprends pas, dit-il en scrutant le visage du juge. Je ne vois pas bien ce que ça peut avoir à faire là.

— Cette remarque est pleine de bon sens, accorda Hiruzen Sarutobi. Maître Ryôtenbin, merci de bien vouloir en venir aux faits.

— Bien sûr, Monsieur le Juge. Monsieur Uzumaki a donc choisi de déserter sa demeure conjugale, pour s'installer avec cette personne, avec qui Mikan Uzumaki, la fille du couple, âgée de six ans–

— Sept, corrigea automatiquement Nagato, elle vient d'avoir sept ans.

— De sept ans, se reprit l'avocat en le fusillant du regard, devra vivre une semaine sur deux.

Il fit mine de glisser, d'appuyer sur lecture par erreur et les images s'enchaînèrent. Les rétines de Nagato revinrent sur l'écran, attirées par le mouvement.

Il cligna des paupières, sentit ses lèvres bayer et un sentiment d'horreur profonde remonta en lui alors qu'il ne parvenait pas à comprendre ce qu'il était en train de voir.

Ce n'était pas un simple film. Le logo en bas de l'écran signalait qu'il était interdit aux mineurs et une foule de gens étaient, semblait-il au beau milieu d'une orgie.

La lumière ne se fit pas immédiatement dans l'esprit de Nagato. Il mit du temps à assimiler ce qu'il était en train de regarder. Il chercha le rapport entre son colocataire et un film pornographique, refusant de comprendre, refusant de se dire que l'homme qu'il voyait à l'écran entouré de tant d'autres personnes était le même que celui qu'il côtoyait au quotidien.

Ce n'était pas possible.

La télécommande échappa à l'avocat, allant s'exploser au sol et il se pencha pour en attraper les piles et le couvercle, mais ce bruit ne parvint pas à arracher de la télévision l'attention de Nagato qui regardait sans la voir une main aller et venir sur une verge gonflée, beaucoup trop proche du visage de son colocataire.

Ce n'était pas possible.

Pourtant, la première giclée de sperme souilla le visage, glissa en longeant le nez jusqu'à la commissure des lèvres, récupérée par une langue taquine. La deuxième éjaculation éclaboussa les cheveux, la troisième retourna l'estomac de Nagato qui murmura un sonore « j'vais gerber » en pressant sa main contre sa bouche, incapable, cependant, de détourner ses yeux de l'écran sur lequel un plan plus large présentait une orgie et l'avocat de Konan remua la tête avec désapprobation en appuyant sur le bouton pause.

Un silence pesant, seulement brisé par un grésillement malvenu provenant de la télévision, envahit la pièce et Ebisu examinait ses fiches désespérément, aussi blanc que Nagato qui se tourna vers Konan pour la foudroyer du regard, puis vers Yahiko qui secouait la tête, tout aussi incapable d'expliquer ce qui venait d'être diffusé.

— Voilà, Monsieur le Juge, toute l'étendue de la respectabilité de l'homme, cingla l'avocat de Konan. Monsieur Uzumaki a donc déserté le domicile conjugal pour se mettre en ménage avec…

Nagato n'écoutait plus, sonné. Son regard restait braqué sur l'écran où l'image en pause le narguait, montrant son colocataire couvert de sperme, fixant la caméra d'une œillade hantée par le désir, les pupilles dilatées.

— Comment je vais défendre ça, moi ? se lamenta Ebisu, en farfouillant toujours dans ses fiches et Nagato pivota la tête vers lui, ne sachant plus vraiment s'il lui parlait ou s'il n'était pas en train de faire un cauchemar.

Yahiko se pencha, tapant l'épaule d'Ebisu.

— Demandez l'ajournement immédiatement, on peut pas continuer comme ça, il va tourner de l'œil.

Finalement, l'avocat commis d'office accepta de porter son attention sur son client et se leva d'un bond.

— Monsieur le Juge, interrompit-il, je souhaiterais ajourner la séance, mon client est…

Il désigna Nagato, tourna la tête et constata que l'emplacement qu'il montrait était vide. La porte de la salle d'audience battit avec force et Yahiko se jeta à la suite de Nagato, prenant seulement un arrêt pour dévisager son amante avec réprobation.

— Parti, termina Ebisu, décontenancé.

— J'avais fini, de toute façon, rétorqua Maître Ryôtenbin, satisfait.

Il revint à sa place, fermant son dossier, puis tendit un sourire à son confrère.

— Je vous souhaite beaucoup de plaisir, pour la troisième audience. Sans mauvais jeu de mots.


Il se massa longuement l'arête du nez en cliquant sur l'icône du moteur de recherche, tapant quelques caractères avant de garder ses doigts en suspens au-dessus de sa barre espace, ses yeux vitreux et flous se perdant sur les suggestions intelligentes.

Il avait quitté le tribunal au plus vite, ne donnant pas à Yahiko la possibilité de le calmer, l'enjoignant à le laisser tranquille le temps de réfléchir à tout ça, de réfléchir à ce qu'il venait de voir apparaître devant lui et il avait marché jusqu'au commissariat, ne prêtant pas la moindre attention au prêcheur de son quartier qui tentait de lui adresser la parole pour il ne savait quelle bondieuserie dont il n'avait pas envie d'entendre parler pour le moment.

Quand il était finalement parvenu à son bureau, il avait ignoré les appels de son meilleur ami sur son portable, ainsi que les textos qui clamaient « ne fais rien d'imprudent ! C'était peut-être juste une fois, on ne sait pas ! », « Nagato, je t'en prie, garde ton calme » et qui ne faisaient que l'agacer encore plus.

Incapable de se mettre au travail, il avait double-cliqué sur l'icône de son moteur de recherches et commencé à taper « Akatsuki ». Depuis il restait le regard dans le vague, le poids du monde s'étant abattu sur ses épaules.

Il finit par aller au bout de la démarche, complétant sa recherche par « Productions ».

Le premier lien - celui du site même de la boîte de production - était bien entendu bloqué alors il déplaça le curseur jusqu'au second qui renvoyait sur une encyclopédie libre.

Il sauta l'historique, se rendant directement sur la section des acteurs phares, hésitant en effleurant le pseudo de son colocataire.

Quand il se décida, ce fut par colère, au rappel de l'air qu'avait son ex-femme en regardant les images avec eux. Il cliqua avec rage, laissant la page se charger dans un mouvement nerveux qui vint tapoter son bureau avec régularité.

Tsuki est un acteur pornographique, travaillant pour Akatsuki Productions et ayant fait toute sa carrière auprès d'acteurs comme Samehada ou Hime.

Débuts de carrière

Repéré par Jiraiya Smith, qui reconnaît avoir vu en lui « talent inné et une véritable passion », Tsuki signe un contrat avec Akatsuki Productions à ses dix-huit ans. Il commence sur les plateaux comme chauffeur remplaçant et monte très vite dans les échelons, rapidement choisi comme assistant personnel de Hamaki Mimura.

Il commence sa carrière en tant qu'acteur avec un second rôle dans le film l'Étoile du Matin qui passe relativement inaperçu aux yeux de la critique.

Montée en notoriété

Sa prestation dans ce premier film n'est pourtant pas sans influencer les directions de sa carrière, Jiraiya Smith lui proposant dans la foulée un rôle dans Gangbangs Of New York, où Tsuki fera la rencontre de Samehada, Hime et Kiba Inuzuka.

Salué par les professionnels du métier, ce film amorce un renouveau du genre. Porn Mag, lors de son classement annuel, place Tsuki en tête des acteurs pornographiques les plus à suivre. Une telle affirmation décuple les ventes de Gangbangs Of New York, faisant affluer les propositions de rôle pour Tsuki.

Une loyauté à toute épreuve

Après avoir été approché par de grands noms, comme Orochimaru d'ET Entertainment, Tsuki décline pourtant toutes les offres qui lui sont faites, déclarant publiquement rester loyal à l'homme qui lui avait permis d'entrer dans le métier.

L'année suivante, il remporte son premier prix, qui donne une nouvelle impulsion à sa carrière.

Un avenir radieux

Considéré actuellement comme un acteur majeur de la pornographie gay, Tsuki déclare ne pas envisager une seule seconde de changer de carrière. Sont en cours de nombreux projets.

Il est aussi pressenti pour remporter le Zob d'Or du meilleur acteur, ce qui ferait de lui le premier acteur gay à être récompensé d'une telle distinction.

Anecdotes

Le pénis de Tsuki mesure 26 cm et est assuré à un million.

Akatsuki Productions a vendu les lentilles de contact portées par Tsuki dans le film Time Travel. Elles se sont vendues à cinq mille et l'ensemble des bénéfices de cette vente ont été remis à une association d'aide aux travailleurs du sexe.

Distinctions

Zob d'Or de la meilleure performance dans un second rôle masculin pour son apparition dans Sperminator.

Nommé dans la catégorie de la meilleure faciale dans un porno gay pour l'épisode « Maniac » de la série Lust Valley

Nommé dans la catégorie du meilleur acteur masculin dans un film pornographique pour son rôle dans « Brutal Anal 3 »

Nagato soupira longuement, évitant avec soin la filmographie dont il estimait en connaître suffisamment. Une crispation nouvelle apparaissait sur ses mâchoires serrées alors qu'il se demandait comment il allait se sortir d'une telle catastrophe.

Dans un mouvement compulsif, il saisit son téléphone, composant un numéro qu'il avait souvent l'habitude de taper sur le clavier de sa ligne de travail. Une voix féminine décrochant, il se présenta :

— C'est Uzumaki, tu peux me donner une information ? Je veux que tu me trouves l'adresse d'Akatsuki Productions.

Un silence lui répondit et Shizune soupira quelques secondes plus tard.

— C'est pour le boulot, j'espère…

— Bien sûr, il y a des irrégularités que j'aimerais vérifier avec eux.

Il leva les yeux sur la porte de son bureau après avoir raccroché puis finit par empoigner son manteau et le morceau de papier, entrant l'adresse qu'il venait de noter dans son GPS. La meilleure chose à faire, c'était encore d'aller voir de lui-même.


Quand Itachi arriva sur le plateau où il était attendu, il s'arrêta une seconde pour observer Hinata qui ajustait la culotte fendue qu'elle portait, patientant le temps qu'elle eût fini pour s'avancer et la saluer. Elle l'accueillit avec un sourire doux.

— B-bonjour T-Tsuki, ç-ça va ?

— Je vais bien, Hime, merci, et toi, comment vas-tu ?

Il avait mis du temps à se faire aux changements réguliers dans la façon dont il appelait son amie. Leurs noms de scène ne venaient plus aussi naturellement que les premières fois qu'ils avaient tourné ensemble, ayant appris à se connaître au fil des scènes.

Elle était sans doute une des rares femmes qu'il acceptait de toucher pour un film, alors qu'elle possédait, en outre, des attributs féminins fort généreux qui auraient dû l'empêcher à tout moment d'être excité, mais finalement, il y avait quelque chose en elle qui lui donnait à chaque fois envie.

— B-Bien, t-tu es en r-retard, affirma-t-elle en jetant un œil sur son corps. T-Tu n'es pas p-prêt.

Sous son peignoir, nu, son sexe était encore au repos et il sourit.

— Oui, Nagato devait aller au tribunal, je me suis assuré qu'il était correctement préparé avant de venir. C'est pour ça que je cherche Sakura, d'ailleurs, tu sais où elle est ? J'ai besoin d'un coup de main.

L'expression littérale fit sourire Hinata qui signala que l'assistante d'Itachi était sortie quelques minutes pour prendre un appel personnel et qu'elle n'allait pas tarder. Remerciant son amie, il alla finalement s'installer auprès de Jiraiya qui exhala.

— J'ai cru que tu n'arriverais jamais, soupira-t-il avant de saisir son mégaphone quand il vit Sakura franchir la porte du studio d'un pas empressé. Allez, mes chéris, en place ! Je veux du cul, je veux de l'amour, on est à Akatsuki Productions, ici, on fait de l'enculade, oui, mais aussi du sentiment !

Il rabattit le mégaphone pour dévisager Sakura.

— Sakura, il semblerait que notre vedette ait besoin de ta bouche experte.

— Il a besoin de beaucoup de choses, mais certainement pas que je le suce. Tsuki, précisa-t-elle en revenant vers Itachi, on a un problème. Surtout toi.

Itachi se redressa légèrement en l'interrogeant du regard.

— Ton colocataire vient d'entrer dans les locaux d'Akatsuki Productions, dit-elle le plus vite possible.

Derrière eux, la porte s'ouvrit avec force et Itachi se tendit en percevant la grimace de Sakura qui lui annonçait qu'il s'agissait effectivement de Nagato.

— Eh merde, murmura-t-il.

Le policier se rendit compte que son entrée provoqua un silence lourd sur le plateau. Dans le décor, des gens nus s'étaient interrompus dans leur mise en position. Du coin de l'œil, il entrevit Hinata se tasser dans un coin, mais son regard refusa de lâcher la silhouette de son colocataire qui s'approchait de lui, resserrant son peignoir.

Il cessa d'avancer, donc, le laissant venir et l'interruption du crissement de ses semelles sur le sol finit monter d'un cran la tension qui vibrait dans l'air, émanant par vagues de la contrariété de Nagato.

— Je peux t'expliquer, tenta Itachi en forçant Nagato à tourner le dos au plateau pour le suivre du regard alors qu'il s'appuyait sur un mur, je suis sûr qu'on peut en parler calmement et je–

Il s'interrompit quand le poing de Nagato se leva, atterrissant dans le mur, faisant s'affaisser les couches de plâtre et frôlant son visage. Le plâtre s'effrita, tombant à leur pied en une poussière fine et blanchâtre.

Les yeux écarquillés, il observa le regard furieux de son colocataire s'ancrer dans le sien. Il y vit danser autant de violence que de dégoût, autant d'incompréhension que de déception. Il ne put énoncer un mot de plus.

Quand Nagato se détourna, toujours sans prononcer le moindre son et il sortit en claquant la porte, Itachi sentit finalement la détresse qui roula sous sa peau et fit lâcher ses genoux. Il s'affaissa le long du mur à présent orné d'une trace de coup, laissant échapper un flot de jurons.


À bientôt !