Je guide Semi-Semi toute la journée. Il va encore s'éffondrer de fatigue, je le sens moi... En fin d'après-midi, il baisse d'altitude pour se poser au sol. Encore une pause ?
"J'ai vu un petit village plus loin. Je te propose qu'on y dorme si tu as ce qu'il faut." Me dit-il. Je réfléchis quelques instants à l'agent que j'avais pris au QG. Je devrais avoir assez. Je crois.
"Je crois que j'ai assez pour payer une chambre. Pas deux." Il se rapproche de moi, une lueur joueuse dans les yeux.
"On peut toujours dormir ensemble tu sais. Comme la nuit dernière. C'était très agréable d'ailleurs. Merci pour ça, Satori." Je rougis et m'écarte d'un coup. Qu'est-ce qu'il lui prend tout à coup ? Je sais qu'on est très fusionnels tous les deux, mais mon pauvre petit cœur de rongeur va lâcher s'il recommence. Il rigole et me fait signe de venir. Dormir avec lui ne me gène pas. Si y a juste pas de sous-entendu derrière. La nuit dernière, on était bien, et aucun sous entendu. J'espère qu'il n'en fera plus une fois dans l'auberge. Ce serait extrêmement gênant.
Je passe devant lui une fois dans le village pour trouver une auberge pas chère. On en fait plus de cinq qui étaient, pour nous, hors de prix, avant de trouver la perle rare. Une auberge pas trop chère où on pourra vraiment manger pas cher non plus. C'est sûrement le dernier jour avant un moment où on pourra avoir un tel luxe. Après tout, je ne sais pas puisque je n'ai pas de carte. Mais, dès demain, on sera recherchés. On ne pourra plus aller dans le moindre village de ce royaume.
On va poser le sac dans la chambre avant d'aller manger. L'aubergiste était très gentil, il nous fait même une réduction sur le tout quand il a vu qu'on avait un sac de voyage rempli entièrement. Il est blond. Enfin, je crois, puisque la base de ses cheveux est brune. Il peut avoir l'air agressif au premier abord, mais est en réalité, il est juste super gentil. Il nous a quand même donné une chambre deux places. Un lit, mais deux place le lit quand même.
Je me demande ce que vont devenir tous mes amis de la garde. Ce qu'ils vont penser de moi quand ils sauront que je suis parti avec un métamorphe. Si Reon va se faire torturer pour m'avoir aidé hier. Comment va réagir Taichi, mon petit novice, en apprenant que son tuteur est parti sans rien lui dire. Lui était quand même un peu plus ouvert envers les métamorphes. Il m'avait même dit que s'il en avait un sous sa charge, il en prendrait soin. Au moins autant que moi. Trop de question et si peu de réponses. Je soupire et remarque -enfin- que Eita essaie de me faire sortir de mes pensées. Je le regarde en avalant le dernier morceau de viande de mon écuelle.
"On monte, maintenant que tu as fini de manger ?
- Tout de suite. J'ai hâte de dormir perso." Il sourit et me tend la main pour qu'on monte ensemble. Il fait plutôt chaud dans la pièce si bien que, pour aller au lit, on enlève tous les deux notre chemise. Je le regarde quelques instants avant d'aller m'emmitoufler dans cette magnifique couverture. Mes habitudes d'écureuil ont la vie dure tient.
Mon compagnon me rejoint moins d'une minute plus tard. Il se met dos à moi, pour que je le prenne dans mes bras sans être complètement gêné. Son souffle deviens rapidement régulier. Il s'est endormi. Et comme je l'avais dit, il est très fatigué. On aurait pu faire des pauses plus longues. Je m'en veux un peu. Puis, mon esprit dérive sur d'autres choses. Est-ce que mes parents men voudraient de faire ce que je suis actuellement en train de faire ? Est-ce qu'ils ont des regrets de m'avoir laissé dans ce camps ? Est-ce qu'ils pensent encore à moi ? Sont-ils seulement encore en vie pour le faire ? Je me pose trop de question ces derniers temps. Avant j'avais juste à agir comme un parfait soldat, mais maintenant que je me suis enfui, je ne sais plus du tout ce que je dois faire. En ce moment, depuis hier en faite, je ne fais que suivre Semi et faire en sorte qu'il survive. Même si je le guide vers le pays du sud, je ne fais rien. Tour ce que je sais faire, c'est suivre. Suivre des ordres ou une personne. Je suis vraiment le pire au monde...
Je sens l'homme contre moi bouger. Il se retourne et se cale mieux contre mon torse, il m'entoure de ses bras. Comme si j'étais sa peluche. Je rougis encore une fois. Sa tête est bien contre mon torse, et bien calée en plus. je suis tellement gêné. Mais en même temps, voir sa jolie frimousse me détend et je finis par m'endormir à mon tour.