Chapitre 14: En opération

- 1 décembre 1998 - Bureau d'enquête

Cela faisait désormais plus d'une semaine qu'Hermione Jean Granger, sorcière britannique expatriée de force en France, avait eu le loisir de découvrir les plaisirs charnels et les attentions plus que réjouissantes de son petit ami français. Depuis cette fameuse soirée, Hermione n'avait plus aucune crainte vis à vis de lui et de son apparence qui la rebutait encore énormément, n'hésitant plus désormais à simplement se vêtir d'un débardeur et d'une culotte pour les nuits qu'ils passaient ensemble, même si le laisser ne serait-ce qu'effleurer la terrible marque est encore loin d'être à l'ordre du jour. Bien évidemment ces nuits étaient plus tendres et bien plus calines mais Hermione hésitait encore énormément à se montrer plus demandeuse des fameuses attentions. Non seulement, elle craignait que celui-ci ne la trouve trop exigeante dans ses réclamations mais avait surtout la crainte, sans doute infondée, que celui-ci ne désire la pousser plus loin dans leurs étreintes alors qu'elle n'était encore nullement à l'aise avec cette idée. En effet, malgré les sentiments qui semblaient de plus en plus fort entre les deux sorciers, Hermione n'avait jamais prononcé la formule fatidique qui impliquerait tellement de choses. De même, Luc ne semblait pas des plus motivés à prononcer ces mêmes mots. Et cela s'était pourtant ajouté aux craintes diverses d'Hermione, car c'était bien cela qu'elle espérait : que ce soit lui qui en réalité ose affirmer ses sentiments en premier. Mais tant que tout se passait bien qu'importe le temps que cela prendrait.

Du point de vue de l'enquête cependant, les progrès étaient assez lents. Cependant, un jour un peu différent des autres, le Capitaine Martin eût une idée tout à fait étonnante. Il était en effet arrivé ce jour là, accompagné de ce qui aurait pu être des déménageurs tant ils portaient de cartons. Avec mesquinerie, Jean s'était adressé à lui.

- Vous partez Capitaine ? Ravi de vous avoir connu.

- Vous vous croyez drôle Carvert? avait répondu le capitaine.

- Plutôt oui, avait alors répliqué Jean.

Les fameux déménageurs avaient alors étalés une quantité astronomique de ce qui n'était autre que la passion première d'Hermione: les livres. Ils semblaient tous assez anciens et datés, Hermione s'interrogeant surtout sur l'intérêt de la manœuvre. Naturellement, l'humour de l'unité avait empêché le capitaine d'expliquer immédiatement son idée.

- Vous vous recyclez Capitaine? avait dit Delphine.

- Je vous voyais plus détective privé, avait ajouté Coralie.

- Une librairie, quelle bonne idée, avait alors lâché Luc.

- Je serai votre première cliente, s'était même permise Hermione, surprenant tous le monde et s'affranchissant des barrières du protocole.

Le Capitaine Martin avait alors regardé son unité avec un certain énervement plutôt que de la patience, il fallait bien reconnaître que ses capacités en la matière étaient tout de même assez basse.

- Vous avez fini de faire les cons? Y en a marre maintenant, la prochaine blague pourrie et c'est un blâme, avait alors presque hurlé le capitaine de l'unité si dissipée.

Hermione fut rassurée à cet instant là que le capitaine n'eût pas entendu la réplique de Jean qui impliquait l'éventualité d'un livre de formation sur la gestion de la colère. Le capitaine pût alors annoncer sa fameuse idée :

- Vous serez tous d'accord pour dire que toutes nos victimes semblaient être des spécialistes en formes diverses de protection ?

L'équipe avait alors acquiescé plus pour la forme qu'autre chose.

- J'ai alors envoyé une missive à la Sorbonne, la partie magique Granger, précisa-t-il alors pour l'intéressée.

Hermione avait appris que la Sorbonne, l'Université parisienne et une des plus réputée du monde, possédait son équivalent magique en sous-sol. Elle aurait bien aimé d'ailleurs la visiter mais cela n'était nullement possible.

- Ils ont accepté de me transmettre tous ces ouvrages sur les magies de protection.

- Et à quoi cela va nous servir ? demanda alors Jean.

- Chercher, Carvert, peut-être trouverons nous une piste d'autres spécialistes. Alors, prenez des livres et potassez un peu.

Hermione ne se fit d'ailleurs pas prier ce jour là, impatiente de mettre la main sur des ouvrages aussi rares et spécifiques que ceux qui s'étalaient alors devant elle. Elle en avait pris deux ou trois pour commencer alors que la plupart n'avait sélectionné qu'un seul livre.

- Tu t'ennuies Hermione ? avait alors fait Jean.

- Quoi? Non, j'adore lire... pourquoi ?

- Il y a des choses plus intéressantes à faire que lire, avait il soudain répondu avant de se mettre à siffloter ni vu ni connu.

Hermione avait immédiatement rougi gênée que Jean fasse ce genre d'allusions et avait ensuite remarqué le rictus de Delphine, qui ne laissait donc aucun doute sur sa culpabilité en matière de délation sentimentale. L'unité était au courant pour elle et Luc, mais heureusement, c'était la seule insinuation mesquine. Merlin en fut à l'occasion profondément remercié d'ailleurs.

Parmis ces livres, Hermione eut le plaisir de découvrir des magies qu'elle ne connaissait pas, toutes issues de contrées extrêmement lointaines. La première théorie magique qu'elle découvrit fut la magie des tatouages des hautes montagnes de l'Himalaya : la sorcellerie de Shangri-La. Dans cette contrée lointaine, c'est par l'apposition de tatouages créés à partir d'encre magique qui donnaient des pouvoirs supplémentaires aux sorciers asiatiques, permettant entre autres choses de devenir invisible sans lancer de sortilèges où d'accélérer les guérisons. Cet art était quasiment perdu depuis des siècles, seuls quelques rares sorciers anciens étaient encore capable de les utiliser. Selon les livres, il était certes possible que ces tatouages soient usés de manière précise pour protéger des pièces. Mais cependant cela semblait peu coïncider avec leur enquête, d'après elle, Severus Rogue aurait pensé à quelque chose qui pourrait être déplacé au besoin. C'était donc assez peu envisageable.

Le livre qu'Hermione lut ensuite fut d'un intérêt énorme pour la sorcière, il parlait d'un art de sorcellerie disparut depuis longtemps : la sorcellerie Kundalini. Cet art était un mélange entre magie et religion hindouiste. Le Kundalini serait une énergie qui réside dans le corps sous une forme ressemblant à un serpent enroulé trois fois et demi autour de la colonne vertébrale. Par la pratique de la méditation, le Kundalini se déroule et monte jusque vers le front en traversant et en harmonisant les sept principaux chakras du corps humain fusionnant avec les capacités magiques d'un sorcier. Maîtrisant ces techniques de médiation extrêmement compliquées, le sorcier devenait capable de certains sortilèges surpuissants ne nécessitant nullement l'usage de baguette. Trois de ces sortilèges étaient nommés dans le livre: Aum, Kân et Maha Roshini. Le Aum serait un sortilège explosif repoussant les ennemis en leurs brisant tous les os car il regrouperait les intonations liées à la Trimourti, les trois dieux originaux. Le Kân était l'équivalent défensif, capable de stopper les plus puissants sortilèges offensifs faisant passer alors le Protego pour un jeu d'enfant. Enfin le Maha Roshini était le sort supérieur, un sorcier ayant atteint l'illumination suprême était capable de priver un ennemi de ses sens le rendant totalement inoffensif. C'était incroyable à lire. Hermione rêverait de devenir historienne de la magie en étudiant à la Sorbonne. D'ailleurs elle ne put s'empêcher d'interpeller à cet instant là ses collègues.

- Vous connaissez les Kundalini? avait-elle dit.

- Je connais Panzani et Barilla, fit Jean amusé.

- Mais non c'est de la magie indienne.

- Je connais le curry alors, avait à nouveau répondu Jean.

- Bon... Qu'est-ce-qu'il y a d'intéressant ? avait demandé Delphine coupant court à l'humour idiot de son collègue.

- Selon un explorateur sorcier, cet art a disparu au cinquième siècle lorsqu'ils ont essayé de l'apprendre à un étranger. Celui-ci était si doué qu'il a progressé plus vite que n'importe qui... Et il les a massacré pour être le seul détenteur de cette magie.

- Cette magie a disparu alors? avait demandé Coralie.

- Oui, c'est dingue non?

- Hermione? l'interpella alors Coralie.

- Quoi?

- Si ça a disparu cela ne nous sert à rien.

Hermione dut reconnaître que son engouement avait été assez idiot mais elle avait trouvé cela tellement intéressant. Elle ignorait encore tellement de choses du monde magique qu'elle en était avide.

Ensuite elle avait découvert la magie amérindienne qui utilisait des totems. Cela fut un peu moins intéressant même si elle découvrit alors que les sorciers avaient découvert l'Amérique près de dix siècles avant les moldus. Leur magie servait surtout à la protection d'objets et de lieux, ce qui la poussa à le ranger dans la catégorie intéressant pour l'enquête.

Pendant plusieurs jours ils avaient écumés les livres jusqu'à l'annonce du chef qui tomba le premier décembre.

- Bon les intellos... on a eu un appel particulier, fit le chef.

- Super, on peut poser les livres, y en avait marre, fit Jean.

" Moi j'adore, pensa Hermione, j'ai appris plein de choses intéressantes. La Sorbonne a vraiment une magnifique bibliothèque."

- On a donc un appel de regroupement.

- Qu'est ce que c'est ? demanda Hermione tout bas à Luc.

- Un appel à tous les services, ça signifie une perquisition à grande échelle.

Hermione fut stupéfaite de cela, elle allait participer à une très grosse opération.

- Nous allons devoir intervenir dans une Antre de Bacchus qui ne respecte plus aucune règle et fait pas mal de grabuge. J'ai les directives des unités : Albin et moi serons au P.C de commandement pour réguler les opérations grâce à vos bezants Granger. Vous les porterez au poignet dans une pochette permettant de voir les messages et de ressentir la vibration, la technique s'est déjà plus ou moins partagée dans les services. Vous auriez dû poser un brevet.

- Ce n'est pas grave Capitaine, fit elle amusée et contente de s'être rendue utile.

- Bertier et Carvert vous serez dans les étages supérieurs avec les groupes d'intervention.

Hermione ne fut pas rassurée pour son petit ami, son inquiétude avait grimpé en flèche, la première ligne était après tout la position la plus risquée.

- Granger vous serez avec Sargue dans les premiers étages. Pour votre sécurité, nous ne pouvons nous permettre une blessure donc Sargue veuillez sur elle comme sur votre cul.

- À vos ordres.

- Bon on se prépare tous et en route.

C'était un peu l'effervescence dans le service, tout le monde s'équipant alors des gilets anti-sortilèges et de passes-montagne noirs pour se cacher le visage. Hermione angoissait énormément et fut rassurée par Luc qui vérifiait que son gilet et le bracelet portant le bezant enchanté étaient bien fixés.

- Ne stresse pas... tu vas t'en sortir.

- C'est dangereux quand même. Tu paniques pas?

- La panique est la pire des ennemies dans cette situation.

- T'es marrant toi, j'ai jamais vraiment été formée à ce genre d'opération.

- Les deux sortilèges qui te serviront le plus sont Stupefix et Protego, tu n'hésites jamais... Stupefix dès que quelque chose qui ne porte pas une de nos tenues bouge. On fera le tri. Et dès que tu as immobilisé quelqu'un, une entrave.

Hermione sentait son cœur s'emballer et les mains que passait Luc sur ses bras ne la calmait nullement.

- Coralie veillera sur toi...

- Comme sur mon cul, fit celle-ci reprenant la phrase du capitaine.

- Et je t'assure que je lui confierais ma vie, fit Luc.

- Sympa Luc, t'auras un cadeau à Noël.

- Merci d'avance.

Hermione n'arrivait pas à comprendre comment ils pouvaient être aussi détendus tous ensemble. Elle regardait nerveusement Luc en respirant difficilement.

- Hermione ? l'interpella Jean.

- Quoi?

- Nous fais pas une crise de panique.

- Très drôle Jean...

Jean s'approcha alors et posa ses grosses mains sur ses épaules. Ce geste, si rare de sa part, surpris assez fortement la jeune sorcière.

- Je te ramène ton mec entier.

- Quoi?

- C'est pour lui que tu t'inquiètes non? Parce qu'il est en première ligne?

- Oui... un peu.

- Alors je te le ramène, vu que tu sembles y tenir.

Hermione apprécia alors ce qui en soit n'était qu'une boutade mais la rassura un peu.

- Encore faudrait-il qu'il arrive à me suivre avec son vieux cul décrépit, lâcha Luc.

Hermione ne put s'empêcher de rire, cela l'avait détendue un peu mais son inquiétude était tenace. Et la quantité d'agents de l'UMEC réunis dans le grand hall lui indiqua alors à quel point l'opération allait être compliquée.

- Antre de Bacchus du deuxième arrondissement-

Beaucoup d'agents avaient usés des cheminées pour se retrouver dans cette Antre de Bacchus, plusieurs dizaines, sans aucun doute l'intégralité des agents de terrain. Hermione se trouvait dans les agents qui seraient dans les étages les plus bas et censés être les moins dangereux car surtout liés à la prostitution et aux loisirs sexuels. Coralie se trouvait à côté d'elle.

- Hermione, concentre toi sur ton entourage.

- Je sais Coralie. J'essaye.

- Je te fais confiance pour me couvrir tu sais?

- Quoi?

- Tu es douée, si tu assures mes arrières je suis rassurée.

- Tu dis ça pour que j'arrête de penser à Luc?

- Oui mais c'est sincère. Et crois en lui, il est capable de se sortir de pas mal de situation bizarre.

- Ok... je me concentre. Donc stupefix sur toutes les cibles civiles?

- Ouais... c'est plus sûr.

- T'es prête ?

- Pas vraiment...

Elle entendit alors un officier prononcer, grâce à un sortilège de sonorus, le mot "déploiement". Alors elle vit les agents grimper les étages à pleine vitesse, progressant rapidement. Coralie la poussa pour qu'elle avance quand ce fût à leur tour.

- Position Hermione.

- Oui pardon.

Elle se mit en position tactique de déplacement, comme lors de la fouille du hangar où elle avait affronté son épouvantard. Elle suivit Coralie progressivement lorsqu'elle sentit une main sur son épaule. Elle se retourna rapidement prête à attaquer avant de comprendre qu'il s'agissait d'un autre officier. Il lui fit signe avec son index et son majeur de bifurquer à gauche avec Coralie.

- Un... deux... trois, fit celle-ci en défonçant la porte à coup de pied. UMEC PLUS UN GESTE !!!

Hermione entra dans la pièce et vit les sorciers tenter de se rhabiller.

- Stupefix, lança-t-elle alors sur un sorcier bedonnant au sexe pendouillant.

- Stupefix, fit Coralie sur un autre.

Un des clients tenta de sortir en la bousculant et d'un balayage puissant, elle le fit chuter au sol avant de lui asséner un sortilège. Elle se pencha et lui passa une entrave magique.

- Suspect maîtrisé, fit Hermione à destination de Coralie.

- On progresse, défonce la porte.

Hermione avança vers la porte et décocha un coup de pied sous l'invective de Coralie.

- Non... att...

Hermione avait été trop pressée, défonçant la porte sans même avoir vérifié qu'un officier ne couvre ses arrières et elle sentit un sortilège provenant de l'intérieur lui frôler la tête.

- Repulso, envoya-t-elle alors à l'intérieur.

Elle propulsa la table à l'intérieur, plaquant violemment deux suspects contre le mur qui furent coincé sans aucune douceur. Ces suspects furent stupefixiés par d'autres agents.

- Bordel de merde, ça rigole pas au moins quatre, fit un agent. Beau boulot.

- Merci.

Coralie s'approcha d'Hermione et vérifia qu'elle n'était pas blessée. Elle lui montra ses doigts.

- Tu vois nettement ?

- Oui... j'ai merdé.

- Tu es trop rapide... on a pas eu le temps de te suivre.

- Désolée.

- C'est impressionnant quand même... Bon porte suivante, j'ouvre...

Elles progressèrent alors ensemble dans les autres pièces, balançant des stupefix à tout va. Il arrivait cependant qu'Hermione remarque des officiers être évacués depuis les étages supérieurs. Elle sentit son bezant vibrer et regarda alors. Il affichait le message suivant : "Tout est ok? D." ; c'était donc un message de Delphine qui devait s'inquiéter pour elle. Elle lui assura que tout allait bien et continua.

- On monte au suivant, fit Coralie.

- Ok...

- Tu t'en sors bien.

- Merci.

Hermione se dirigea vers le pallier et la cage d'escalier et tomba soudainement nez à nez avec un officier qui se débattait au corps à corps avec un sorcier qui avait passé ses mains autour du cou de l'agent. Elle ne pouvait lancer aucun sort sans blesser le collègue mais avança rapidement, frappant le suspect du poing avant d'envoyer un coup de pied en plein plexus solaire, l'envoyer valdinguer au rez-de-chaussée.

- Merci, fit l'officier.

- Vous allez bien?

- Oui, beau boulot.

À l'intérieur du bâtiment régnait un sacré capharnaüm, les sortilèges volaient dans les étages supérieurs éclairant de lueurs multicolores la cage d'escalier. Il y avait aussi une énorme quantité de fumée, sans aucun doute des sortilèges visant à faciliter des interventions. Les officiers descendaient en transportant des suspects entravés. Certains officiers arboraient des blessures légères et même quelques blessures graves. Elle regarda vers le haut et c'était même un champ de bataille, elle se croyait revenue des mois plus tôt, sauf qu'il n'y avait ni géants ni acromentules, ni même Peeves en renfort. Les mauvais souvenirs affluèrent alors mais elle se ressaisit ce n'était ni le moment ni l'endroit pour s'apitoyer. Elle s'engagea dans l'escalier mais fut stoppée par Coralie.

- Attends... je viens d'avoir un message, il faut stationner aux étages sécurisés.

- Pourquoi ?

- Le P.C. a reçu une information, ça chauffe en haut.

- C'est grave ? fit elle soudainement inquiète.

- Des blessés... on ne sait pas qui.

- Merde..., fit Hermione en regardant.

- Ça veut rien dire.

- Je sais. Comment vous évacuez des blessés si ils descendent pas?

Hermione avait posé la question car elle s'interrogeait, et qu'en même temps parler l'empêchait fe s'inquiéter.

- Patronus, vers le P.C. y a des urgentistes de Saint Eustache. Tu sais faire?

- Oui bien sûr.

- C'est quoi le tien pour savoir au cas où.

- Une loutre.

- Moi c'est une mouette, Jean un loup et Luc un renard.

- Pourquoi tu me le précise ?

- Si tu ne les vois pas passer tu t'inquièteras moins.

" C'est pas ça qui m'empêchera de m'inquiéter, si ils sont trop blessés pour l'envoyer..."

Hermione essayait de comprendre ce qu'il se passait quand soudain, provenant des étages les plus hauts, retentit un cri:

- ÉVACUEZ VITE, ÇA VA PÉTER !!!!

Hermione eût à peine le temps de relever la tête qu'une explosion retentit tout en haut du bâtiment pulvérisant les derniers étages dans un déluge de poussière et de débris de bois. D'ailleurs beaucoup de ces débris tombaient sur les étages inférieurs. Mue par son instinct de survie, Hermione lança un protego qui les protégea elle et Coralie tandis que le souffle de poussière tombait les salissant de sa poudre grise. Il y avait des cris et des hurlements, certains tentant de savoir ce qu'il s'était passé. Hermione regarda vers le haut et à sa plus grande stupeur, pût discerner les nuages du ciel parisien, le toit avait dû être soufflé par l'explosion. Une peur panique s'empara d'elle alors.

- Luc! fit celle-ci commençant l'ascension des marches.

- Hermione non! Reviens, fit Coralie sur ses talons.

Hermione grimpait lentement, escaladant les débris tout en refusant d'écouter les invectives de Coralie. Elle approchait de plus en plus du dernier étage quand tout à coup, elle glissa par terre.

- Hermione, ça va? Ho putain...

Hermione regarda alors sur quoi elle avait glissé et c'était une substance poisseuse et rougeâtre dégageant une odeur de cuivre : du sang. Il y avait près d'elle le corps d'un officier dont le haut de la poitrine avait explosé, les os perforant les chairs. Ce qui ponctuait ce spectacle macabre était la langue pendouillante dans le vide, la moitié inférieure de la mâchoire ayant disparue laissant place à un rictus morbide.

- Ho Merlin...

- Quelle merde... Hermione ?

Voyant cela, elle ne pût que se décaler dans un coin pour vomir tripes et boyaux.

- Putain...

- Ça va?

- C'est horrible... faut continuer... fit elle en reprenant son ascension.

- Hermione... s'il-te-plaît, ne fais pas de conneries.

- On peut pas laisser Luc et Jean.

Il était largement inutile d'essayer de la convaincre, elle voulait savoir, elle devait savoir. Elle croisait les doigts, elle espérait que Luc aille bien.

" Je veux pas le perdre... Pas déjà... je le supporterai pas..."

C'était clair pour elle, maintenant qu'elle errait dans les débris, qu'elle était amoureuse de lui, ça ne faisait désormais aucun doute. Plus amoureuse de lui que d'aucun autre auparavant.

- Ai... Aidez moi... fit une voix dans un coin.

Un officier, la jambe gauche arrachée et le bras droit coincé sous les débris venait de les interpeller.

- Merde, tenez le coup, fit Coralie en s'agenouillant près de lui.

- Reste avec lui, je continue.

Hermione n'entendit pas Coralie lui stipuler de ne pas y aller. Elle montait encore tentant d'ignorer le sang et les rales d'agonie. Son pied percuta quelque chose qui roula un peu plus loin: une tête d'où pendait encore quelques vertèbres.

" Oh Merlin... c'est quoi ce carnage, qu'est qui a pu causer cela?"

- Luc? Jean? interpella-t-elle l'inquiétude s'entendant dans les tremblements de sa voix.

Hermione avança lentement, tendant l'oreille pour essayer de discerner leurs appels au travers des râles de douleur des autres victimes. Elle entendit alors une voix qui la rassura à peine.

- Putain me fait pas ce coup là, je t'interdis de me claquer dans les pattes...

Elle avança et découvrit une scène horrible. Jean était allongé sur le dos, le corps bloqué par du bois visiblement métamorphosé, une poutre le traversant de part en part tandis qu'il crachait du sang. Luc était penché sur lui tentant de stopper l'épanchement de sang du mieux qu'il pouvait. Lui-même semblait saigner du cuir chevelu. Hermione s'approcha pour l'aider.

- Je peux faire quoi pour t'aider...

- Qu'est-ce que tu fous ici? demanda Luc un peu sèchement.

- Luc... je m'inquiètais..., fit elle comprenant sa réaction.

- C'était dangereux de monter bon sang.

- C'est pas le moment... C'est...

- C'est la merde... Tiens fais garot, faut prévenir les toubibs.

Hermione plaça ses mains là où Luc lui indiquait et le vit lever sa baguette:

- Spero Patronum, lança-t-il alors.

In renard argenté apparût et fila dans les étages inférieurs, il avait du prévenir les secouristes. Elle fut surprise que dans une telle situation, il arrive à se concentrer sur un souvenir heureux. Mais il avait attendu préférant essayer de stopper l'écoulement de sang avant tout.

- Où est Coralie?

- Un peu plus bas avec un autre blessé.

- Elle t'a laissée monter?

- Luc, tu crois que c'est le moment ?

- Désolé... putain ça arrête pas de saigner.

- Jean, fit Hermione, tu m'entends ? Jean!

- Putain, kof... kof..., je suis transpercé pas sourd...

Il arrivait encore à faire de l'humour dans cette situation, c'était effrayant en quelque sorte.

- Qu'est-ce-qu'il s'est passé Luc?

- Je sais pas trop... mais c'est un putain de carnage, il y a des cadavres partout...

- Il... kof...kof...kof...

- Ne parle pas Jean, garde tes forces.

Il tira brusquement sur la manche d'Hermione pour l'attirer à lui, grimaçant de douleur.

- Il... kof kof kof... il était là...

- Quoi? Qui?

- Le tueur... il... quand... on... a... débarqué, il arrachait des têtes...kof kof kof...

- Ça va aller, les secours arrivent, fit elle.

Ils étaient passés à côté du tueur, il était là. Ici, dans ce bâtiment avant l'explosion. Hermione réalisa alors qu'il en était peut-être être à l'origine. Si c'était le cas, il disposait d'une puissance supérieure à tout ce qu'ils avaient imaginé jusque là.

- Her...mione...

- Quoi? fit elle.

- Je... te... l'ai ramené entier... fit il avec un sourire avant de perdre connaissance...

- JEAN !!! hurla Hermione.

- Putain, je t'interdis de crever !!! hurla Luc.

- Saint Eustache - Service des urgences.

Hermione et le reste de l'équipe était dans le couloir des salles d'opération, attendant avec appréhension de savoir si Jean survivrait. Le capitaine faisait les cent pas entre la salle d'attente et la machine à café, Delphine rassurait Kadisha, qui n'était autre que l'épouse d'origine malienne de Jean ainsi que ses deux filles, Tess et Theresa qui désormais dormaient sur les bancs. Elle avait tenté d'occuper Tess, la plus petite, durant l'attente la poussant à colorier des dessins pour son papa. Coralie avait même eut le soutien de Damien, un grand blond au physique de basketteur qui les avait rejoints. Mais le comportement qui l'inquiétait le plus était celui de Luc: même sous les consignes du capitaine, il n'avait pas quitté le siège où il était resté assis durant au moins trois heures, obligeant les urgentistes de Saint Eustache à le soigner sur place. Il n'avait eu besoin que de quelques points de sutures mais psychologiquement, c'était autre chose. C'était la première fois qu'Hermione, appuyée contre un mur pour que la position debout la maintienne éveillée, le voyait dans un état de fragilité. Son pied martelait le sol nerveusement et son menton reposait sur ses mains croisées devant sa bouche. Si, grâce à une de leurs conversations, elle n'avait pas su qu'il n'était pas croyant, elle jurerait qu'il était en train de prier.

- Bertier, fit le Capitaine Martin, rentrez chez vous. Vous êtes pas en état pour rester là.

Luc avait regardé son capitaine d'un seul coup d'œil qui le fit changer d'avis, il avait le regard mauvais, celui d'un homme qui crie vengeance. Elle n'était pas très rassurée et le fait que la quatrième heure passait était mauvais signe. Et la jambe de Luc accélérait encore son mouvement incessant. Hermione prît alors une décision risquée, vu la présence du capitaine mais elle avança vers lui et passa ses bras autour de sa tête pour le coller à elle et lui carresser le dos pour le rassurer.

- Calme toi...

Luc était plus qu'agité en réalité et Hermione qui regardait les autres un peu gênée, remarqua que le capitaine faisait celui qui ne voyait rien. Elle s'agenouilla alors collant son front à celui de Luc.

- Respire... ça va aller. Les médicomages vont le soigner.

Elle vit le regard de Luc qui bifurqua rapidement vers l'épouse de Jean avant de se reposer sur elle.

- Il m'a poussé, chuchota-t-il.

- Quoi?

- La poutre... elle était pour moi...

- Luc, je...

- Si il y reste c'est ma faute... j'ai pas réfléchi... j'ai vu le mec qui arrachait une tête et j'ai avancé...

- C'est ce qui s'est passé?

- Il a dû commencer à se retourner et Jean m'a poussé dans la pièce adjacente.

De lui même, Luc serra l'étreinte plus largement tandis qu'elle lui découvrait une fragilité, c'était en soi un peu touchant que lui qui semblait si fort, tienne à ses équipiers plus que tout. Il avait son visage dans le cou d'Hermione quand sa jambe cessa enfin de trembler.

- C'est bien... ça va mieux?

- Oui, fit il à son oreille tout doucement, merci... Hermione, je voulais te dire... je me suis rendu compte que je ne l'avais pas encore fait... je t'aime.

Hermione se recula alors surprise qu'il aie osé le dire en premier. Elle était touchée et très heureuse de l'entendre, son cœur avait fait un bon.

- Luc, je...

La porte s'ouvrit alors, l'interrompant dans sa phrase. Un médecin, médicomage de son état évidemment, semblait quelque peu épuisé et au bout de ses réserves physiques. Il les regarda hésitant.

- Vous êtes les proches de Monsieur Jean Carvert.

- Oui, fit Kadisha. Comment va mon mari? fit celle-ci en panique tandis que Delphine la soutenait.

- Madame Carvert, je suis venue vous annoncer que...

Il était clair que l'équipe était pendue aux lèvres du médecin et que dire de sa famille qui risquait de vivre un drame. Même le cœur d'Hermione avait comme ralenti en attendant le suspense.

- ... l'opération de votre mari s'est bien passée et à son capitaine qu'il veut une médaille.

Réponse Review

Katymyny: content que cela t'aie réchauffé alors, je me suis dit que comme il y en aurait pas des dizaines des chapitres olé olé, même si Hermione va faire de la broche( il me semble que c'est ça l'expression chez toi) au moins une fois, quand je sais pas... Et phis surtout je me suis le défi que les lectrices devaient se dire je veux le même LoL mais là je suis reparti dans la tension et les chapitres sérieux