Chapitre 16: Carte et Retenue

Mardi après le dîner, je montai chercher mon équipement de Quidditch, vraiment excitée de recommencer l'entraînement et de bientôt jouer des parties. Alors que j'arrivais dans les vestiaires, je vis que j'étais la première de l'équipe. J'enfilai mon uniforme de Quidditch et m'assis sur le banc, commençant à tresser mes cheveux, me faisant une longue tresse du côté gauche. Sirius et James arrivèrent à ce moment.

- Ça va, Meadowes? T'es d'avance! Impatiente de recommencer? James me demanda avec un sourire.

- Et comment! Lui répondis-je en souriant.

Il s'habilla, puis sortit préparer le terrain avant l'arrivée des autres joueurs. Sirius ressortit des vestiaires des garçons et vint s'asseoir à côté de moi.

- J'imagine qu'on peut dire que mon mauvais tour est un échec? Me dit-il, croisant les bras et me gratifiant d'un sourire en coin.

- Tu crois? Mes cheveux sont violets, après tout, alors j'aurais tendance à dire que c'est plutôt réussi, dis-je en haussant les épaules.

- Oui, mais t'es juste encore plus jolie avec cette couleur, alors c'est clairement un échec, me répondit-il.

Je figeai pendant une seconde, accueillant le compliment, avant de répondre.

- Ce matin, quand j'ai vu ça… J'aurais pu t'assassiner sur-le-champ…

- Et bien, si c'était ta façon de m'assassiner, Furie, tu peux recommencer quand tu veux, me dit-il avec un clin d'œil séducteur.

- T'es jamais sérieux, hein?

- Oh, mais je suis on ne peut plus sérieux, c'était vraiment un réveil agréable, en fait!

Je roulai des yeux, secouant la tête en signe de découragement. Il prit ma tresse entre ses doigts et la regarda.

- J'ai vraiment choisi une belle couleur, n'est-ce pas? C'est supposé durer environ une semaine avant de graduellement s'en aller, dit-il en relâchant ma tresse. Alors, tu devrais encore avoir les cheveux violets pour ton parfait rencard avec Prince charmant, ajouta-t-il, regardant vers la porte d'où on entendait d'autres joueurs arriver.

Et bien, je ne savais pas du tout quoi répondre à ça. Je préférai plutôt changer de sujet.

- Super, alors, dis-je en me levant, je vais aller voler un peu avant que les autres n'arrivent, tu viens?

- D'accord, dit-il, me suivant vers l'extérieur.

Je sortis avec mon balai et m'envolai vers le milieu du terrain. La sensation du vent tout autour de moi était exquise. Sirius et James me rejoignirent et nous pratiquâmes quelques stratégies de jeu avant que les autres viennent nous rejoindre et que l'entraînement ne commence réellement.

Alors que nous retournions dans le château, je fis un détour par la bibliothèque. Je devais terminer ma dissertation de Botanique pour demain matin. C'était pratiquement terminé, mais il me manquait quelques informations pour que ce soit parfait, et je savais exactement quel livre aller consulter. Le problème était qu'il était maintenant plus de vingt-et-une heures et que la bibliothèque fermait ses portes à dix-neuf heures. Ça ne serait pas la première fois que je m'y aventurerais après les heures d'ouvertures, par contre. En tant que championne de la procrastination, je performais toujours mieux lorsque sous pression de dernière minute. J'utilisai Alohomora sur la porte verrouillée et entrai dans la pièce plongée dans la pénombre. Je refermai la porte derrière moi avant de lancer un Lumos pour avoir un peu de lumière afin d'éclairer ma route à travers les rangées de bibliothèques. Je me dirigeai vers la section thématique de la Botanique. Une fois que j'y étais, je recherchai le livre dont j'avais besoin pour mon travail et le trouvai après plusieurs minutes, farfouiller dans à moitié dans le noir me ralentissait tout de même un peu. Je m'assis, pris un morceau de parchemin de sur la table de travail et tournai les pages pour trouver l'information dont j'avais besoin. J'écrivis les infos et la référence sur mon parchemin, et j'étais très heureuse de penser que ma dissertation serait, à mon humble avis, vraiment parfaite. Une fois terminée, je rangeai le livre et roulai le parchemin avant de le glisser dans ma poche. Je sortis de la bibliothèque et arrivai en face à face avec Argus Rusard. Je lâchai un cri de surprise, posant une main sur mon cœur qui battait vraiment trop vite et fort en raison de la mauvaise surprise et du sentiment de m'être fait pincer.

- Et bien, et bien, qu'avons-nous là, une élève qui se promène dans les couloirs après le couvre-feu, n'est-ce pas?

- Je… J'étais à mon entraînement de Quidditch, avec l'équipe de Gryffondor, nous avons une permission spéciale les mardis et jeudis soirs! Dis-je.

- Oui, en effet, la permission de retourner à vos dortoirs entre vingt-et-une heure et vingt-et-une-heure-trente, n'est-ce pas? Il sera dix-heures dans quelques minutes, et tu étais dans la bibliothèque, qui est fermé, qui plus est, à cette heure…

- … J'avais juste besoin de consulter un livre… Tentais-je, sachant tout à fait que j'étais cuite.

- Des excuses, des excuses… Une retenue, jeudi soir, serait suffisante pour te convaincre de suivre les règles, Mademoiselle…?

- Meadowes, soufflais-je, boudeuse. Dorcas Meadowes. Je ne peux pas, jeudi, j'ai un entraînement de Quidditch, commençais-je.

- Et bien, il aurait fallu y penser avant d'enfreindre les règles, n'est-ce pas? À dix-huit heures, dans la salle des trophées. Maintenant, directement à la tour de Gryffondor! Me dit-il, pointant le couloir avec un ton qui ne laissait pas place à l'argumentation.

Je tournai les talons et détalai sans demander mon reste en direction du grand escalier et jusqu'à la tour de Gryffondor. Lorsque j'entrai dans la Salle commune, je vis les maraudeurs assis dans les divans devant le feu, Sirius riant trop fort à quelque chose qu'avait dit James. Ils étaient les derniers debout, apparemment, mes amies étaient clairement dans notre dortoir. Les garçons se tournèrent vers moi à mon arrivée.

- Hey, Meadowes, t'étais ou, aussi tard, tu batifolais avec quelqu'un? Demanda James.

Je roulai des yeux avant d'aller m'asseoir auprès de lui, le poussant pour qu'il me fasse de la place sur le divan.

- Si seulement. Non. Je me promenais seule, en fait, dans la bibliothèque, pour aller chercher une info manquante à ma dissertation de demain. Je me suis fait prendre par Rusard en ressortant.

- Tsssssk… Allons, Meadowes, quelle erreur de débutante! me dit-il, passant son bras sur mes épaules. Tu sais, tu as la chance incroyable d'avoir comme amis des personnes exceptionnelles comme nous qui peuvent t'aider à te promener hors des heures permises sans te faire prendre!

- Je m'en rappellerai pour la prochaine fois… Dis-je, croisant les bras d'un air boudeur.

- Tu t'es mise dans le pétrin? Demanda Sirius, qui était assis dans un fauteuil à ma droite.

- Si par là tu veux dire '' As-tu choppé une retenue'', la réponse est oui, dis-je, boudant encore.

- Quand? Ou? Demanda-t-il encore.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire? Lui demandai-je, fronçant les sourcils.

- Ne me dit pas que c'est jeudi soir, ou je vais vous assassiner tous les deux! Dit James, retirant son bras de sur mes épaules pour pointer un index menaçant vers Sirius et moi.

Je regardai Sirius d'un air interrogateur.

- J'ai comme un peu attaqué un Serpentard devant McGonagall. Je n'avais pas vu qu'elle était là, dit-il comme excuse. Je vais manquer l'entraînement jeudi soir pour nettoyer les satanés trophées en retenue.

- Oh… Dis-je, regardant de nouveau James et ne voulant pas lui dire que j'avais choppé la même retenue.

- C'est pas vrai! dit James, se mettant la main sur le front en désespoir.

- Je suis désolé, James…! Crois-moi, je préfèrerais cent fois être à l'entraînement qu'en retenue avec cet idiot! Dis-je en pointant un Sirius hilaire. Arrête de rire, ce n'est pas drôle du tout! Lui dis-je.

- C'est hilarant, tu veux dire! Et bien, cette retenue ne sera pas si mal après tout, je vais avoir l'occasion de passer du temps à tourmenter Meadowes! Sirius dit, ayant beaucoup trop de plaisir à mes dépends.

- C'est un cauchemar, dis-je, prenant un coussin et me cachant le visage dedans.

- Vous deux, vous devez arrêter de causer du trouble, ou du moins, être meilleurs pour ne pas vous faire pincer! James nous dit.

- Ça ne sonne pas comme ce qu'un Préfet-en-chef devrait dire, Ricana Remus.

- J'ai tout de même commencé avec '' arrêter de causer du trouble'', dit-il pour sa défense.

- De toute façon, je ne me sens pas tellement concernée, c'est ma première retenue à vie! Répondis-je à James.

- Vraiment? C'est une honte! Même Remus se chope des retenues de temps en temps…! James répondit, ahuri.

- Pour ma défense, je me fais toujours pincer à cause de vous, les amis, dit Remus avec un sourire attendri.

- On ne t'as jamais forcé la main, Lunard! Dit Sirius, prenant mon coussin pour lui lancer au visage.

- OUTCH! Cria Remus. Ne me force pas à te lancer un sort, Patmol! Menaça-t-il Sirius.

- Je suis celui qui se fait attraper le plus souvent, parce que vous me jetez toujours en pâture avant de fuir! Accusa Peter.

- Tu dois juste courir plus vite, vieux, lui dit Sirius en souriant malicieusement.

- Ok, vous devez me dire c'est quoi l'histoire derrière ces foutus surnoms ridicules une fois pour toute, les coupais-je.

Ils restèrent silencieux pour une seconde.

- Je veux dire, Lunard, c'est plutôt facile à deviner, à cause de la condition de Remus.

Il me regardèrent d'un air éberlué et regardèrent Remus, qui rougissait un peu.

- Apparemment, Lily l'a deviné et lui a dit, expliqua Remus.

- Je ne le dirai jamais à personne, ajoutais-je.

- Je sais, Dorcas, je te fais confiance, dit Remus avec un sourire chaleureux.

- Allons, allons, c'est un secret trop grand pour toi, pour l'instant, du moins, dit James. Mais il y a autre chose que j'imagine qu'on pourrait partager avec toi, ça pourrait être en échange de la merveilleuse pièce que tu nous a fait découvrir la semaine dernière, dit-il, évoquant le QG.

Il prit une pièce de parchemin de sa poche et me la remit. C'était plié, alors je le dépliai avec curiosité. Il n'y avait rien d'écrit dessus. Je tournai la tête vers James avec un sourcil interrogateur et vis que Sirius s'était avancé au bout de son fauteuil maintenant, les coudes sur les genoux et les mains croisées, me regardant avec un air amusé. James prit sa baguette de sur l'accoudoir du divan.

- Replis là, comme quand je te l'ai donné, me dit-il.

Je fis comme il disait, puis il pointa sa baguette au centre.

- Voici comment ça fonctionne: '' Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises'' récita-t-il avec un sourire.

Une écriture apparut sur le papier:

'' Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue

Spécialistes en assistance

aux Maniganceurs de Mauvais Coups

Sont fiers de vous présenter

LA CARTE DU MARAUDEUR''

Je l'ouvris avec curiosité et vis qu'il y avait beaucoup d'écriture, tellement que c'en était mélangeant à prime abord. Puis, analysant les formes et détails plus en profondeur, je commençai à reconnaître ce que c'était, spécialement en reconnaissant les noms des endroits qui y étaient indiqués.

- Est-ce que c'est, une carte de l'école? Demandais-je, ne détachant pas mon regard de la carte, alors que mes yeux reconnaissaient les donjons, puis quelques noms de classes et de corridors.

- C'est beaucoup plus que ça. Regarde ici, me dit James, et je suivis son doigt des yeux et le vis pointer quelque chose.

C'était écrit Salle commune de Gryffondor, et il y avait des points avec nos noms au-dessus, près de l'âtre, dans les positions exactes ou nous nous trouvions en ce moment. J'eus un hoquet de surprise, puis me levai, la carte en main, toujours fixée sur le point avec mon nom, et marchai un peu autour de la pièce, pour constater que mon point suivait mes mouvements, avec des traces de pas montrant que j'étais en déplacement. Je revins me rasseoir sur le divan. Je regardai ailleurs sur la carte et vis un point du nom de Argus Rusard qui faisait sa ronde de surveillance au troisième étage.

- Et ça montre tout le monde? Leur demandais-je, arrachant difficilement mon regard de la carte pour les regarder.

- Tout le monde, confirma Remus.

- Et partout, continua Sirius, et bien, sauf quelques exceptions, comme la salle que tu nous a montrée l'autre jour, nous ne savions pas qu'elle existait, alors elle n'y est pas, encore.

- Oooohhh, c'est de la belle magie, ça! Vous avez utilisé quoi? Homonculous? Leur demandais-je, curieuse.

J'adore les sortilèges, c'était un de mes sujets favoris. C'était dommage que je n'étais pas au courant qu'il créaient cette carte, j'aurais aimé travailler dessus avec eux.

- Entre autres, oui, James dit, ayant l'air impressionné par mon expertise en sortilèges.

- Alors, c'est comme ça que vous êtes en mesure de ne jamais vous faire pincer! Quelle invention fabuleuse et pratique!

- Arrête ça, ou on va finir par croire que tu nous idolâtre! Dit James avec un sourire.

- Je n'irais pas aussi loin. Je veux dire, je vous ai vu souvent avoir l'air stupide, haussais-je les épaules.

- On n'est jamais stupides, tu es juste trop coincée pour comprendre notre sens de l'humour, dit Sirius.

- Ouais, parce que vous êtes TELLEMENT MATURES, dis-je en riant. Et comment vous la faites disparaître pour la protéger? Demandais-je, incapable d'arrêter d'inspecter c'est incroyable invention.

- Comme ça, dit Remus, qui était assis de l'autre côté de James, pointant sa baguette sur la carte ''Méfait accompli'', récita-t-il, et la carte disparut devant mes yeux.

- Génial, je vais essayer de l'ouvrir de nouveau. '' Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises?'' récitais-je regardant James pour valider, il hocha la tête et je vis la carte réapparaître sous mes yeux.

Je l'explorai encore pendant un moment, avant que James ne décide de monter se coucher et la rapporte avec lui dans leur dortoir. Alors que les autres montaient aussi, je lançai un Accio dissertation de Botanique et pris place sur l'une des tables de travail de la Salle commune, tables qui étaient équipées de parchemins, de plumes et d'encre. Je mis environ une demi-heure pour terminer ma dissertation avant de remonter à mon dortoir, peu après minuit. Je n'eus aucun problème à m'endormir cette nuit-là, tellement contente que les maraudeurs aient partagé l'un de leurs nombreux secrets avec moi, enfin. Aussi, même si j'avais dit le contraire plus tôt, j'étais tout de même heureuse que ma première retenue à vie serait en compagnie de Sirius…

Je me dirigeais un peu à reculons vers ma première soirée de cours supplémentaires de Potions après un dîner rapide. Alors que j'entrais dans la classe, j'eus la surprise d'y trouver également le professeur Rosewood, qui discutait avec le professeur Slughorn.

- Bonsoir, mademoiselle Meadowes, me salua mon professeur de Potions.

- Bonsoir, professeur? Dis-je avec un air interrogateur quant à la présence de mon enseignante de Défense contre les forces du mal.

- J'imagine que vous connaissez déjà le professeure Rosewood? Me demanda-t-il.

- Bien sûr…

- Salut, Dorcas. Horace m'a demandé de le rencontrer ici ce soir à cette heure, je n'en sais pas plus que toi, en fait! Me dit-elle avec un clin d'œil.

- Comme je l'avais déjà mentionné, me dit-il, je souhaite vous inculquer davantage de passion envers l'art des Potions, mademoiselle Meadowes. Vous m'avez dit vouloir poursuivre une carrière d'Auror? Ai-je raison d'affirmer, professeur Rosewood, dit-il en se tournant vers elle, qu'une excellente maîtrise des Potions est cruciale dans le travail d'un Auror?

- Oh, tout à fait! Ça m'a sauvé la peau à de nombreuses reprises! Lui répondit-elle.

- Mais encore? L'encouragea-t-il à continuer.

- Pour exceller en tant qu'Auror, il faut maîtriser un bon mélange de compétences physiques et psychologiques. Tu peux utiliser des Potions pour la de nombreux aspects du côté physique. Tu peux augmenter tes habileté de combat, tu peux changer d'apparence pour une mission d'infiltration, tu peux traîner des fioles d'antidotes pour les poisons les plus communs, et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres.

- En pensant à votre futur choix de carrière et en ayant le professeur Rosewood ici comme collègue, une ancienne Auror, m'a donné une idée. Bien sûr, si le professeur Rosewood est d'accord, j'avais pensé combiner les cours supplémentaires de Potions avec le complément de comment ces Potions pourront servir dans votre carrière future. Je me suis dit que ça rendrait le tout plus concret et motivant, pour vous, finit-il d'expliquer.

C'était une idée fabuleuse, j'aurais en quelque sorte des cours de Potions et de l'entraînement d'Auror en même temps?

- C'est une excellente idée, en effet, et je serai tout à fait disponible pour aider, dit Rosewood.

- Si cela vous convient, mademoiselle Meadowes? Me demanda le professeur Slughorn.

- C'est au-delà de mes attentes, professeur, merci beaucoup, répondis-je sincèrement.

- Parfait, alors commençons. Quelle Potion suggéreriez vous en premier, professeur? Demanda-t-il à Rosewood.

- Je dirais une antidote aux poisons les plus communs, c'est important de bien la connaître celle-là pour un Auror, dit-elle.

- Bonne idée, commençons par celle-là, donc, répondit Slughorn.

Lorsque je remontai finalement à mon dortoir ce soir-là, je ne pouvais pas croire ma chance. Ça avait été, et de loin, le plus intéressant cours de Potions que je n'avais jamais eu. Rosewood était assise avec moi, m'aidant et me racontant des anecdotes de son travail dans lesquelles elle avait eu à consommer une antidote ou en concocter une très rapidement. C'était comme si je n'avais jamais réellement saisi l'utilité des Potions avant ce soir, et maintenant que j'avais un objectif concret y étant rattaché, c'est-à-dire devenir la meilleure Auror qui soit, il était plus facile de m'appliquer davantage (pas d'aimer ça, je crois que cet objectif est encore hors de portée).

Tentant d'apprendre de mes erreurs, j'allai directement à la bibliothèque en terminant mon cours de Défense contre les forces du mal pour ma dissertation sur les Détraqueurs. Nous devions apprendre la théorie sur une formule très compliquée pour nous défendre contre eux au besoin. Je trouvai un livre sur Azkaban et il y avait à l'intérieur un chapitre entier sur les Détraqueurs. Je le lu et commençai à écrire sur le sujet, prenant les notes nécessaire à l'écriture de ma dissertation. J'étais plutôt satisfaite de mon travail lorsque je réalisai qu'il était maintenant passé dix-sept heures trente, et que je devais aller à mon dortoir porter mon sac avant d'aller en retenue. Ça voulait dire que je n'aurai pas le temps d'aller dîner et que je devrai m'en passer. Zut. Mon estomac me cria son mécontentement alors que j'étais en chemin vers la tour de Gryffondor. J'arrivai à la Salle des trophées, venant tout juste de traverser à regret la Grande salle avec sa délicieuse odeur de repas, faisant hurler mon estomac en protestation de plus belle. J'étais cinq minutes d'avance et il n'y avait encore personne. Ceci constituant ma première retenue à vie, j'ignorais que l'on n'avait pas à arriver en avance, comme l'absence de Rusard me le confirmait. Je tournai un peu en rond, regardant les trophées de Quidditch des années passées, lorsque j'entendis des bruits de pas. Je me retournai pour voir entrer Sirius, suivi de Rusard qui transportait deux seaux d'eau savonneuse et des serviettes.

- Ok, alors, vous deux, vous allez épousseter les trophées et laver les tablettes et vitrines. Je reviendrai dans deux heures, et si ce n'est pas fini, vous resterez plus tard, alors vous êtes mieux de vous mettre tout de suite à l'ouvrage.

Ça sonnait ennuyeux, mais pas si mal.

- Maintenant, donnez-moi vos baguettes, ajouta-t-il.

- Quoi? Demandais-je, craignant d'avoir bien entendu la consigne.

- Vous laverez tout à la main, sans magie. Allez, donnez-les moi, Rusard répéta avec un sourire cruel.

Je regardai Sirius, qui haussa les épaules et lui remis sa baguette. Je fis de même, à regret, me sentant bizarre en m'en séparant. Rusard tourna les talons et repartit en fermant la porte.

- Je ne peux pas croire qu'il nous a pris nos baguettes! Dis-je, encore sous le choc.

- Il fait toujours ça quand on doit nettoyer quelque chose. Il est peut-être un cracmol, mais il sait que nettoyer à l'aide de nos baguettes serait beaucoup plus facile et rapide et le but d'une retenue c'est de nous punir, pour ne pas qu'on ait envie d'en chopper une autre.

Je le regardai avec un sourire moqueur.

- Et bien, il a clairement lamentablement échoué avec toi! Dis-je en le poussant pour rigoler.

- Ça ne me dérange pas d'être en retenue de temps en temps, si je peux continuer de lancer des sorts aux Serpentards. Et tout spécialement ce soir, alors que je me trouve en aussi bonne compagnie, me dit-il avec un sourire en coin.

- Était-il en train de flirter avec moi? Je ne savais jamais avec lui. Je choisis d'ignorer son dernier commentaire.

- Et bien, mettons nous à la tâche, je n'ai vraiment pas envie de rester ici toute la nuit, dis-je en attrapant un des seaux.

- T'étais où toute à l'heure? Je ne t'ai pas vu au dîner, demanda-t-il, prenant l'autre seau et se dirigeant vers l'étagère à trophées sur ma gauche.

- J'étais à la bibliothèque. Je voulais prendre de l'avance sur ma dissertation sur les Détraqueurs, et j'ai terminé trop tard pour manger avant de venir en retenue.

- Je vois. Tu deviens plutôt sérieuse avec les travaux, on dirait.

- Je n'ai pas le choix, sinon je n'ai aucune chance de devenir une Auror.

- Je ne pourrais jamais être un Auror, dit-il pensivement.

- Ah oui, et pourquoi? Lui demandais-je, intriguée.

Il était certainement assez talentueux pour avoir d'excellentes chances, peut-être qu'il était plus doué que moi…

- Je ne peux juste pas endurer les gens qui passent leur temps à me dire quoi faire, pourquoi crois-tu que je passe autant de temps en retenue? Me dit-il avec un sourire en coin.

- Hm. C'est vrai. Qu'est-ce que tu veux faire, alors? Lui demandais-je, curieuse.

- Et bien, je ne sais pas. Je veux faire partie des troupes de Dumbledore, mais je ne veux pas travailler pour le Ministère, de ça je suis certain… Mais je ne te dit pas que ce n'est pas ok d'être une Auror, je suis juste… Difficile à gérer, comme subordonné, je crois, finit-il pensivement.

- Je n'en doute aucunement, lui dis-je avec un sourire moqueur.

Il me regarda pensivement, avant de continuer sa tâche. C'est vrai qu'il semblait récalcitrant à un toute forme d'autorité ou d'engagement. Il était peut-être juste un peu indomptable. C'était une bonne et une mauvaise chose, j'imaginais, dépendamment du contexte… Après un bon moment passé à nettoyer en silence, je le regardai attelé à la tâche et jetai un œil rapide à ce qu'il nous restait à faire, j'évaluai que nous avions environ 75% de fait. Sirius était plus loin, occupé à nettoyer une plaque commémorative de préfets-en-chef.

- Plutôt ennuyeux, n'est-ce pas? Lui dis-je.

- D'un ennui mortel… Tu veux jouer à quelque chose? Demanda-t-il.

- Ça dépend, à quoi?

- Euh… Je n'ai jamais?

- N'est-ce pas un jeu à boire?

- Ouaip, me dit-il avec un sourire en coin, fouillant dans les poches de son uniforme et en ressortant un petit flasque argenté.

- T'es un alcoolique ou quoi? Lui demandais-je en riant.

- Pas du tout, un buveur occasionnel. Et ce soir me semble une bonne occasion, tu n'es pas d'accord?

- Je ne sais pas… Tu sais comment l'alcool ne me va pas bien, lui dis-je, encore gênée de la fin de soirée de cet été.

- Oh que oui je sais, et je m'en fiche.

- Hm. Et bien, pourquoi pas, j'imagine que ça rendrait le tout moins ennuyeux… Qui commence? Demandais-je.

- Les femmes d'abord? Suggéra-t-il.

- D'accord. Euhm… Laisse-moi y penser… Je n'ai jamais… joué un mauvais tour à une amie en transformant ses cheveux en violet? Terminais-je en souriant.

- Je ne sais pas, t'es mon amie? Me demanda-t-il avec un air faussement interrogateur.

- Hey, va te faire voir! Lui dis-je, lui lançant mon plumeau au visage, mais il l'attrapa aisément avant la collision.

- Je blaguais, calme-toi, Furie! Je bois, tu vois? Me dit-il avant de prendre une petite gorgée dans son flasque. Mon tour, alors. Je n'ai jamais… Tombé amoureux d'un professeur, dit-il.

- Eurk, dégoûtant! Il n'y a pas de beaux professeurs à Poudlard! M'esclaffais-je.

- C'est faux, la nouvelle professeur est pas mal, dit-il.

- Ok, alors, aucun professeurs mâles, alors. Mon tour, alors… Je n'ai jamais… Reçu de poème d'amour? Demandais-je avec un sourcil interrogateur.

- Si aucun n'était bon, ça compte? Demanda-t-il, se grattant la tête pensivement.

- Merlin, t'en a reçu combien? Demandais-je me mettant une main découragée au visage.

- Je n'ai pas compté. Beaucoup, dit-il, prenant une gorgée. Je n'ai jamais triché au Quidditch, dit-il avec un sourire en coin.

- C'est pas juste, tu sais que je l'ai fait! Cette UNIQUE FOIS contre ce connard de Serpentard! Ça ne compte pas, ils trichent toujours! Dis-je, outrée.

- Mais reste que… T'as triché ou non?

- J'étais blessée! Je lui ai lancé un sort des gradins avant qu'il n'attrape le vif!

- C'est considéré comme de la triche de toute façon, Meadowes, me dit-il. Et je suis le seul à boire depuis le début, alors tais-toi et bois!

- Arf… Donne-moi ce flasque… Dis-je en boudant.

Je pris ma première gorgée. C'était, sans surprise, du Whisky Pur Feu, comme la brûlure dans ma gorge me l'indiquait.

- Je n'ai jamais sorti avec une de mes groupies, dis-je, fière de ma trouvaille.

- Je n'ai pas de groupies! Se défendit-il.

- Hahaha! Très drôle, bien sûr que t'as des groupies, lui répondis-je en roulant des yeux.

- Je n'ai jamais sorti avec une de ces idiotes… Commença-t-il.

- Ah non? T'as oublié Rosie Mundane? Lui demandais-je avec un sourire moqueur.

- … Ok, je te l'accorde. Pour ma défense, c'était juste une seule fois, parce qu'elle était diablement attirante, mais Merlin qu'elle était stupide, dit-il avant d'attraper le flasque que je lui lançais.

- Ce n'est pas très gentil de dire ça, lui dis-je.

- Alors dis-moi que j'ai tord et qu'elle n'est pas une vraie idiote? Dit-il en levant un sourcil, attendant ma réponse.

- … Je peux pas, conclus-je.

- C'est ce que je pensais. Elle embrasse bien, par contre, mais ça n'est pas assez pour faire oublier ses lacunes intellectuelles. Bon… Je n'ai jamais… Embrassé quelqu'un du même sexe? Demanda-t-il, me lançant un regard interrogateur.

- … Donne-moi le flasque, dis-je, rougissant un peu.

Ses yeux s'ouvrirent de surprise, comme s'ils étaient sur le point de juste sortir de leurs orbites. Il me lança le flasque.

- Quoi? Dis-je en l'attrapant. Tu connais Marlene, elle était saoule à une fête et elle m'a embrassé, expliquais-je en haussant les épaules.

- Et tu as répondu au baiser? Me demanda-t-il, ayant toujours un air ahuri.

- Un peu… Ok, mon tour, dis-je, me sentant de plus en plus gênée par son regard persistent. Je n'ai jamais… Couché avec Marlene McKinnon, terminais-je, avec une petite voix que je n'arrivait pas à contrôler en raison de l'émotion.

Je ne sais pas qu'est-ce avait bien pu me passer par la tête pour dire ça… Mais il était trop tard. Il attendit quelques secondes très longues et gênantes avant de me répondre.

- Redonne-moi le flasque, me dit-il, me regardant avec un air très sérieux, laissant tomber le sourire qu'il avait quelques secondes plus tôt.

Je lui lançai. Il prit une gorgée, puis s'appuya sur le présentoir à trophées à sa droite, me fixant intensément.

- Est-ce que… Ça te dérange? Me demanda-t-il.

- Quoi? Non… Dis-je, ne le regardant pas pendant que je lui mentais.

- Je n'ai jamais été dérangée par le fait qu'une de mes meilleures amies ait couché avec Sirius Black, chuchota-t-il, avançant d'un pas vers moi.

Je levai les yeux pour le regarder, ne voulant pas du tout répondre à cette question. Ce jeu était en train de radicalement prendre une autre tournure et devenait beaucoup trop sérieux à mon goût. Il continua de s'approcher de moi, silencieux, attendant ma réponse.

- Je ne veux plus jouer, dis-je.

Il ne répondit pas, mais continua de s'approcher de moi. Quand il arriva juste devant moi, je ne répondis pas, mais lui arrachai le flasque des mains et en pris une petite gorgée.

- Ce jeu est terminé, dis-je, lui redonnant le flasque en le poussant sèchement sur son torse.

- C'est tellement pas terminé, me dit-il, me fixant dans les yeux, son regard s'assombrissant.

Ses yeux se posèrent brièvement sur mes lèvres pour une seconde, avant de revenir sur les miens. Il s'approcha encore, son visage maintenant tout près du mien. J'avalai un peu de travers et sentis mon cœur s'emballer, allant trop fort et trop vite.

- Qu'est-ce que c'est, à propos de toi, qui fait en sorte que je sois incapable de rester loin de toi? Demanda-t-il, plus pour lui même qu'à moi, pensais-je alors que son visage était tellement près du mien que je pouvais sentir la chaleur de son haleine sur mon visage.

- … Pourquoi tu voudrais rester loin de moi? Lui demandais-je.

Il sembla revenir du lieu où son esprit s'était échappé au son de ma question et il haussa les épaules.

- C'est… C'est compliqué… Laisse tomber, me dit-il, passant une main dans ses cheveux, quelque chose qu'il semblait faire lorsqu'il était ennuyé par quelque chose.

Il secoua la tête, puis pris un pas de recul, s'éloignant un peu de moi.

- Tout ce qui est important à savoir, c'est que… Ceci, dit-il, me pointant et se pointant lui-même ensuite, ça ne peut pas arriver.

- Bien. C'est une bonne chose que rien ne soit arrivé, alors. Et que j'ai un rencard demain soir… Dis-je, haussant les épaules comme si je m'en fichais, mais bouillant de l'intérieur. J'étais autant frustrée que triste que rien ne soit arrivé.

- C'est vrai… Dit-il, me regardant encore avec un air sérieux.

- Finissons cette satané corvée si on veut sortir un jour de cette retenue, dis-je en me retournant.

- Meadowes, t'es fâché? Demanda-t-il dans mon dos.

Je choisis de ne pas répondre, rendant la réponse à cette question plutôt évidente. Nous reprîmes notre matériel de nettoyage et nous remîmes à la tâche. Je me sentais comme de la merde. Je devais laisser tomber, je n'allais jamais être en mesure de le comprendre. Jamais. À un moment, j'étais certaine qu'il allait m'embrasser et puis non. Qu'est-ce qu'il voulait dire, quand il disait qu'il devait rester loin de moi? Que rien ne pouvais se passer entre nous? Je n'étais pas aveugle, j'avais bien vu qu'il avait passé à un poil de m'embrasser… Et bien, s'il pensait que ça n'était pas une bonne idée, je n'allais certainement pas insister, je ne voulais pas avoir l'air déséspérée. Nous travaillâmes dans un silence inconfortable et terminâmes une demi-heure plus tard, une minute seulement avant que Rusard ne revienne. Je repris ma baguette et sortis précipitamment de la pièce. J'entendis des pas derrière moi.

- Meadowes, attends-moi, entendis-je Sirius dire.

Je m'arrêtai et lui jetai un regard noir.

- Qu'est-ce que tu veux? Je pensais que tu disais que tu devais te tenir loin de moi? Boudais-je.

- Furie, ne fais pas tout un plat avec un rien, je voulais juste dire que nous ne devions pas être impliqués physiquement, pas que nous devrions cesser d'être des amis, me dit-il avec un clin d'œil.

- Pfff… Laisse-moi tranquille, dis-je en tournant les talons.

Il attrapa mon poignet dans sa main et me força à me retourner.

- Meadowes, arrête de te lamenter et viens avec moi, m'ordonna-t-il.

- … Et ils disent que les filles sont compliquées, grognais-je.

- Être compliqué et mystérieux contribue en grande partie à mon charme légendaire, me dit-il avec un sourire moqueur.

- Ce truc de charme légendaire est vraiment surévalué, lui dis-je.

- Allez, regarde-moi dans les yeux et dit moi que je ne te fais pas d'effet, me dit-il en m'attirant plus près.

- Sirius, je ne sais pas à quoi tu joues, mais ça ne m'amuse pas du tout. Arrête ça ou je m'en vais, le menaçais-je, retirant sèchement ma main de sa poigne.

Son comportement commençais sérieusement à me tapper sur les nerfs. Je veux dire, à quel point était-il incohérent? Il ne pouvais pas me dire que nous ne pouvions être proches de cette façon et continuer de flirter avec moi tout de suite après. Ça ne faisait aucun foutu sens.

- Très bien, très bien, dit-il, levant les mains en signe de capitulation. Maintenant, voudrais-tu, s'il-te-plaît, me suivre? Tu ne le regretteras pas, promis, ajouta-t-il.

- … D'accord… Acceptais-je, encore incertaine.

Il me tira par la manche vers l'escalier descendant et je le suivis pour un moment, jusqu'à ce qu'il n'arrête en face d'un tableau représentant un bol de fruits. Il me relâcha, puis chatouille la poire du portrait, ce à quoi le tableau réagit en s'ouvrant, révélant une porte dissimulée. Alors que je le suivais à l'intérieur, je réalisai où l'on se trouvait. Il y avait des elfes de maison occupés à remuer le contenu de grosses marmites dégageant une odeur extrêmement alléchante, d'autres sortaient des pains et pâtisseries des grands fours, pendant que certains préparaient des mets sur les tables de travail… L'un d'eux nous remarqua et vint vers nous.

- Bienvenue, Sirius Black, que pouvons-nous faire pour vous ce soir? Demanda l'elfe.

- Bonsoir, mon amie ici n'a pas eu le temps de se rendre au dîner, ce soir, pourrais-tu lui donner quelque chose à manger? Et j'aimerais vraiment beaucoup avoir un autre morceau de ce fabuleux gâteau au chocolat que nous avons eu tout à l'heure!

- Prenez place, ça ne sera pas long, dit l'elfe avec une révérence polie, avant de retourner d'un pas rapide vers les autres.

Je regardais tout autour de moi, impressionnée. Il y avait quatre longues tables, des répliques exactes de celles que nous avions dans la Grande salle, j'imaginais que ça devait être exactement au-dessus de nos tête et que c'est comme ça qu'ils fonctionnaient pour faire apparaître la nourriture en haut, en dressant les tables en bas ici.

- Viens, assoyons-nous, me dit Sirius, me sortant de ma tête.

- Oh. oui, dis-je en le suivant et en m'installant en face de lui à la table. Merci, en passant, de m'avoir amené ici, je suis complètement affamé.

- Je n'allais tout de même pas te laisser mourir de faim, me dit-il.

- Maintenant je comprends mieux comment vous faites pour apporter tout plein de nourriture lors des fêtes dans la Salle commune.

- Continue comme ça, un jour tu connaîtras tous nos vilains secrets, me dit-il avec un sourire moqueur.

- Je t'avais bien dit que j'y arriverais, n'est-ce pas? Lui répondis-je avec une expression suffisante.

La nourriture arriva à ce moment et je mangeai avec appétit. Après, nous inspectâmes la carte du maraudeur avant de retourner incognito à la Salle commune. Alors qu'on entrait, James nous accueillit.

- Hey, comment était ta première retenue à vie? Me demanda-t-il.

- La soirée la plus ennuyeuse de ma vie, dis-je, ne regardant pas Sirius.

- Notre entraînement s'est bien déroulé sans vous deux, merci de demander, dit James.

- On se fiche bien de l'entraînement, Cornedrue, manquer une partie aurait été dommage, mais un entraînement, c'est rien. On se pratique deux fois par semaine, ce que je considère déjà une fois de trop, dit Sirius.

- Je monte me coucher, bonne soirée, leur dis-je avant de monter.

Quand j'entrai dans mon dortoir, les filles étaient assises sur le lit de Marlene, riant à gorge déployée.

- Oh, hey, Dor, comment était la retenue avec l'homme de tes rêves? Me demanda Marlene.

- Plutôt ennuyeuse, répondis-je. Et il n'est tellement pas l'homme de mes rêves, mentis-je.

- Je ne sais tellement pas pourquoi tu ne veux pas te confier à nous, dit-elle, tu nous fais pas confiance ou quoi? Je ne dirai rien à personne si tu me demandais de me la fermer, tu le sais ça… Dit Marlene, l'air un peu offensée.

Je vint m'asseoir à côté d'elle sur son lit et lui fit un câlin.

- Je sais, Lene, je suis désolé. Tu as raison, oui, je l'aime bien, admis-je finalement. Mais j'essaye de ne pas tomber pour lui, tu vois, alors ne pas toujours parler de lui serait un bon début.

- Et pourquoi tu essaye de ne pas tomber pour lui? Il est au moins un peu attiré par toi, je le vois bien, Marlene dit.

- Et bien, clairement, pas assez, répondis-je sombrement.

- Ok? Mais encore? Marlene demanda.

- Je ne sais pas, peut-être que j'hallucine ou quelque chose, mais c'est la deuxième fois que j'ai l'impression qu'il est sur le point de m'embrasser, expliquais-je.

- Vraiment? Et c'est une mauvaise chose pourquoi déjà? Marlene demanda.

- Parce qu'il ne le fait pas, et il dit que rien ne peut arriver entre nous, expliquais-je.

- Ok… C'est bizarre? Pourquoi? Marlene demanda d'un air confus.

- Comment par Merlin suis-je supposé le savoir? Il n'a pas expliqué. Il m'a juste dit que c'est compliqué, dis-je en jetant un regard entendu à Lily.

- Encore ça? C'est quoi leur problème? James a dit la même chose à ce propos quelques semaines plus tôt, expliqua-t-elle à Mary et Marlene.

- Ces idiots de mecs, dit Marlene.

- Oui, complètement d'accord. Ces idiots de mecs, répétais-je.

- Mais, tu l'aimes bien, Marlene dit.

- Oui, comme la parfaite idiote, je ne suis pas mieux que ses groupies! Me plaignis-je.

- Allez, Dor, t'as un cerveau, t'es vraiment mieux qu'elles, Mary rétorqua en riant.

- Tu dois changer les rôles, ici, ma chérie, me dit Marlene.

- Et que veux tu dire par là? Lui demandais-je.

- Tu le fais regretter, tu le fais te chasser, me dit-elle.

- Et comment diable suis-je supposée accomplir ça? Lui demandais-je en croisant les bras.

- C'est plutôt simple, en fait. Tu lui donnes le moins d'attention possible, tu ne le laisses pas te toucher, agis de façon neutre et indifférente à son égard. Sors avec Freddy et amuse-toi follement.

- N'est-ce pas injuste pour Freddy? Dis-je.

- Je connais Freddy. Il n'est probablement pas amoureux, sans vouloir t'offenser, Dor, il est pas vraiment du genre à s'impliquer sérieusement avec quelqu'un. Il est super gentil et tout, mais tu ne peux pas t'attendre à beaucoup d'engagement de sa part, il veut rester libre. Il est vraiment contre le concept de s'engager à quelqu'un. Ça va être amusant et ça sera bref, je pourrais parier là-dessus. Quelques semaines, tout au plus, termina-t-elle.

- Wow, il est toi en version masculine, donc? La taquinais-je.

- En effet, dit-elle.

- Ok, j'imagine que j'essayerai et on verra? Dis-je, incertaine.

Nous discutâmes pendant un moment, avant que je n'aille prendre une douche, pour me calmer et relaxer, pour me vider la tête. Alors que l'eau chaude coulait sur moi, je ne put m'empêcher de penser à Sirius. Je savais qu'il n'était pas du genre relation à long terme et que ses histoires avec les filles ne duraient jamais bien longtemps. C'était un fait établi et connu. Alors, étais-je prête à faire face au fait que si quelque chose devait arriver entre nous, que ça ne serait pas sérieux et que ça ne durerait pas? Le problème était surtout que rien ne se passait tout court, et pas parce qu'il ne le voulait pas, je le sentais, je sentais quelque chose de fort entre nous, et je l'avais ressenti plus d'une fois… Après une très longue douche, je retournai dans le dortoir et constatai que les filles étaient couchées. Je grimpai dans mon lit et tentai de m'endormir. Ça n'était pas facile, mais c'était sans importance, étant donné que j'avais l'avant-midi libre le lendemain…