Bonjour à tous !
Comme promis (enfin, avec quelques mois de retard... oops !), voici la suite de Severus Rogue, un homme si charmant ! Et oui, vous ne rêvez pas ! Nous débutons avec ce chapitre la troisième et dernière partie de cette histoire. J'espère que vous serez ravis de retrouver notre chère Sarah et ce sinistre, sarcastique, ironique et peu aimable Severus (mais qui s'améliore peu à peu avec le temps ^^) ! Ce couple vous avait manqué, n'est-ce pas ? Cela a été mon cas en tout cas !
J'espère que vous apprécierez ce chapitre de "mise en place". J'ai pris, de nouveau, quelques libertés sur l'histoire originale. Comme pour le Tournoi des Trois Sorciers à Beauxbâtons, il me fallait trouver un nouvel angle d'attaque. J'attends avec impatience vos commentaires.
Au niveau de mon rythme de publication, je pense publier environ toutes les deux semaines. Je suis très occupée en ce moment, et je ne suis pas sûre de tenir ce timing à 100% mais je ferai de mon mieux. Ne me lynchez pas si j'ai quelques jours de retard =_=
Très bonne lecture !
A bientôt !
MinnieMey
SEVERUS ROGUE, UN HOMME SI CHARMANT
*TROISIEME PARTIE*
Chapitre 34 - Une invitée pas si bienvenue
Sarah se réveilla doucement. Elle inspira profondément et ouvrit les yeux. Elle avait fait un rêve mais n'arrivait pas à s'en souvenir. Elle savait juste qu'elle avait été heureuse et ce sentiment se propagea dans tout son corps. Elle s'étira mais sentit une forme bouger à ses côtés et tourna la tête.
La jeune femme sourit en voyant les cheveux bruns de Severus qui lui tournait le dos. Elle les caressa doucement sans toutefois réveiller son propriétaire. Son souffle était long et silencieux, signe qu'il dormait d'un sommeil profond. Elle s'étira de nouveau et son regard se posa sur les grandes tentures du lit à baldaquin. Il faisait encore sombre et elle ne pouvait pas détailler la pièce. Elle n'avait jamais pensé que son amant pouvait vivre dans un tel lieu. En fait, de sa vie privée, elle n'avait vu que son appartement à Poudlard. Mais Severus semblait un homme plein de surprise et elle était certaine de ne pas être au bout de ses surprises.
Elle se leva et s'habilla d'une robe de chambre qu'elle fit apparaître. Elle n'était pas chez elle mais la magie lui permettait d'avoir accès à ses affaires, même s'ils se trouvaient à des centaines de kilomètres d'elle.
Sarah sortit de la chambre afin de trouver la salle de bain. Pieds nus, elle ouvrit silencieusement la porte pour ne pas réveiller son hôte et pénétra dans un long couloir sombre. Le lieu n'avait rien d'avenant et la brune regretta de ne pas avoir réveillé Severus car elle ne se sentit pas à son aise ou était-ce simplement dû au courant d'air froid qui la faisait trembler ? Elle avança encore, ses bruits de pas étouffés par la moquette, trouva une porte et tenta de l'ouvrir mais elle était fermée à clé. La salle de bain ne pouvait être qu'à proximité de la chambre, donc, elle essaya les autres portes qui se trouvaient aux alentours. Elle ressentit comme un picotement sur sa nuque et se retourna. Elle avait eu l'impression que quelqu'un l'observait mais ne vit personne. La chair de poule envahit tout son corps. Cet endroit lui faisait froid dans le dos. Pourtant, elle n'avait pas à avoir peur, Severus ne se trouvait qu'à quelques mètres d'elle. Ne lui avait-il pas affirmé qu'il vivait seul ? Enfin... son amant était plutôt réservé et il était fort possible qu'il ait omis deux-trois choses sur le manoir où il l'avait emmenée pour la nuit. Mais ce dont elle était sûre, c'était que ce lieu n'était pas maléfique. Pourquoi était-elle effrayée ?
Sarah chassa vite sa peur irrationnelle et tourna la poignée d'une nouvelle porte qui s'ouvrit sur une grande salle de bain s'illuminant dès son entrée. Toute la pièce était carrelée de grands carreaux blancs avec de fines dorures sur les rebords et deux grands lavabos étaient disposés devant de larges miroirs. Elle possédait également une grande baignoire en coin et des toilettes. Elle y resta le temps de se soulager et ressortit dans le couloir glauque.
Lorsqu'elle revint dans la chambre de Severus, elle ne put s'empêcher de regarder à nouveau derrière elle. Mais elle était bien seule. Pourquoi avait-elle cette sensation qu'on l'observait ? Elle chassa à nouveau cette pensée et se faufila jusqu'au lit. Elle retira sa robe de chambre et se glissa sous les draps. Elle avait soudainement froid, la peur qu'elle avait ressentie l'avait frigorifiée et elle se rapprocha du corps chaud et rassurant de Severus. Celui-ci dormait encore profondément. Même si elle ne voulait pas le réveiller, elle avait envie de sentir sa chaleur contre elle. Elle posa sa tête contre son dos et ferma les yeux. Son pouls s'apaisa peu à peu. Et Sarah se rendit compte de sa propre stupidité. Elle avait désormais 30 ans, était une sorcière aguerrie et si un danger se présentait, elle serait capable d'y faire face en un clin d'œil. Bien sûr, le monde magique regorgeait de créatures dangereuses mais elle savait les contrer pour la plupart. Et les plus infâmes ne se trouvaient tout simplement pas dans ce manoir. Il y avait peu de chance qu'elle se retrouve face à une acromentule ou un dragon. Sa peur qui avait réveillé ses angoisses d'enfant était ridicule.
Sa respiration devint plus apaisée et son corps s'était enfin réchauffé. Elle se retourna sur le côté et se retrouva nez à nez avec de grands yeux clairs globuleux qui la fixaient. Elle hurla de peur.
Severus se leva précipitamment et malgré sa nudité, pointa sa baguette autour de lui, prêt à envoyer un sort à l'intru qui avait fait irruption dans sa chambre. Mais il ne vit rien et se tourna vers Sarah qui s'était recroquevillée dans un coin du lit, les draps tirés sur elle. D'un coup de baguette, il fut habillé d'un pantalon et d'une chemise impeccable.
« Que se passe-t-il, Sarah ? s'inquiéta-t-il, en se rapprochant d'elle. Il posa une main sur son épaule avec douceur, elle tremblait comme une feuille.
— Je... J'ai... euh... » balbutia-t-elle en tendant la main vers un coin de la chambre.
Il se tourna vers ce qu'elle observait et se détendit. La forme ou la créature s'était baissé dans une profonde révérence et ne releva pas la tête.
« Ne t'inquiète pas, ce n'est que Tessy ! lança-t-il d'un air nonchalant.
— Tessy ? »
La créature se releva immédiatement et les mêmes yeux globuleux qui fixaient Sarah deux minutes auparavant se posèrent sur elle. Celle-ci eut un dernier frisson avant de se rendre compte que sa peur avait, une nouvelle fois, été irrationnelle. Ce n'était qu'une elfe de maison. Elle portait une sorte de vêtement qui ressemblait plus à une blouse blanche décrépite et tâchée qu'à une robe et ses oreilles étaient baissées en forme de soumission.
« Maitre Severus souhaite-il prendre son petit-déjeuner ? Tessy est venue voir si vous n'aviez pas une faim, s'écria l'elfe d'une voie suraiguë.
— As-tu faim, Sarah ? » lui demanda-t-il.
Il s'était assis sur le lit et faisait face à la jeune femme qui s'était finalement détendue et dévisageait l'elfe avec curiosité. Elle en avait rarement vu dans sa vie. Chez les Turner, il n'y avait jamais eu d'elfe de maison. Sa grand-mère lui avait dit qu'elle en avait une dans sa jeunesse mais elle était décédée lorsque son père était né et elle n'avait pas eu l'envie d'en reprendre une nouvelle, attachée qu'elle était à cette créature.
« Non, pas pour l'instant, répondit-elle d'une voix fébrile, à peine remise de sa peur et de sa surprise.
— Tessy, je t'appellerai quand nous voudrons déjeuner ! s'exclama Severus d'une voix nonchalante.
— Bien, Maître ! »
L'elfe faillit partir lorsque le brun l'arrêta. Celui-ci regardait Sarah.
« Et... ne fais plus peur à Sarah, conclut-il.
— Elle ne m'a pas fait peur ! s'indigna-t-elle.
— Vraiment ? »
Il lui lança un regard presque ironique. Elle rougit.
« Euh... je...
— Bien, Maître, s'écria simplement Tessy en se baissant pour faire une nouvelle révérence, puis, elle disparut dans un pop.
— Tessy peut être un peu sauvage avec les étrangers, déclara Severus alors qu'il se remettait sous les draps.
— Ah oui ?
— Ce n'est pas la première fois qu'elle fait peur à l'un de mes invités. Ses anciens maîtres soupçonnaient toutes les personnes qui entraient dans leur manoir.
— Ses anciens maîtres ?
— Lord et Lady Prince.
— Qui ça ?
— Mes grands-parents… »
Il avait dit ses mots d'un air sombre. Sarah voulut immédiatement en savoir plus.
« Oh ! Et...
— Tu as bien dormi ? » lui demanda-t-il en la coupant.
La jeune femme sentit immédiatement qu'il ne voulait pas discuter de ce sujet. Pourtant, elle avait tellement de questions à lui poser. Ce manoir devenait de plus en plus mystérieux. Néanmoins, elle garda ses interrogations pour elle et lui sourit.
« Oui, très bien ! »
Elle se rapprocha de lui et l'embrassa. Il passa sa main dans ses longs cheveux bruns, la caressant.
« Je suis désolée de t'avoir réveillé aussi abruptement mais je ne m'y attendais pas.
— Je comprends.
— Tu veux encore dormir ? »
Sarah le regarda d'un air espiègle. Elle s'agenouilla sur lui et le prit dans ses bras.
« Je vois que vous êtes bien réveillée, Miss Turner ! s'exclama-t-il un sourire en coin.
— Cela vous dérange-t-il, professeur Rogue ?
— Non. »
Elle l'embrassa.
Sarah se rendormit dans les bras de Severus et se réveilla quelques heures plus tard au son du chant des oiseaux. Elle en fut surprise car ce lieu semblait étrange et hors du temps. Cette fois, la lumière filtrait suffisamment des rideaux tirés et elle put admirer les fines dorures des poteaux du lit à baldaquin. Ce manoir à l'aspect rustique regorgeait de meubles bien ouvragés et de bon goût. Les grands-parents de Severus avaient dû être riches. Elle se demanda ce qu'avait pu être sa jeunesse. Avait-il vécu dans ce lieu ? Quelles étaient ses relations avec sa famille ? L'homme était plutôt sombre mais cela ne signifiait pas que son enfance l'avait été également. Elle en doutait. Pourtant, cet endroit contredisait un peu ce qu'elle pensait de lui. Finalement, Sarah ne connaissait quasiment rien de son passé et cela commençait à la déranger. Elle avait envie de tout savoir sur lui et son histoire en faisait partie.
Elle se leva et s'habilla d'un coup de baguette, puis, prit la direction de la salle de bain qu'elle avait découverte tôt ce matin. Cette fois, le couloir, éclairé par la lumière du jour, semblait moins lugubre. Les vieilles tapisseries qui recouvraient les murs méritaient un petit rafraîchissement mais Sarah apprécia cet aspect vieilli qui donnait un caractère majestueux au lieu.
Quand elle revint dans la chambre, Severus était déjà levé et se préparait. Sarah le laissa terminer en admirant la chambre. Les rideaux avaient été tirés et les fenêtres ouvertes. Elle s'y précipita pour admirer le grand domaine. Une étendue boisée s'offrit à elle. De loin, elle vit quelques collines verdoyantes, d'où des moutons et des bovins paissaient tranquillement.
Elle avait l'impression de vivre dans une totale illusion. La veille encore, elle était au mariage de Ron et Hermione et quand elle s'y était rendue, elle n'avait jamais pensé qu'elle finirait ici, chez Severus. Tout s'était déroulé si rapidement…
***Flashback***
Après lui avoir démontré son attirance définitive pour lui, Severus l'embrassa et le couple ne se lâcha plus.
Ils rencontrèrent Harry sur le chemin vers la grande tente tendue pour la fête de mariage et celui-ci les félicita. Severus ne prit même pas la peine de répondre et releva juste les yeux au ciel en soupirant. Sarah ne comprenait toujours pas leur relation. Était-elle réellement amicale ? Ou ne se côtoyaient-ils que parce qu'ils y étaient contraints ? En tout cas, c'était ce que montrait ou tentait de montrer l'homme sombre et peu avenant.
Ils décidèrent d'un commun accord de garder leur relation naissante discrète. Cela ne faisait qu'à peine dix minutes qu'ils s'étaient remis ensemble et ils avaient besoin d'un peu de recul avant d'officialiser quoi que ce soit. De plus, Minerva et Hagrid étaient présents et Sarah ne souhaitaient pas qu'ils ne posent de questions gênantes de la part de ses collègues. Severus avait encore moins envie de montrer sa relation à tous ses anciens élèves. Quelle image cela donnerait-il ?
Ce dernier point dérangeait moins Sarah qui ne connaissaient quasiment aucune des personnes présentes, néanmoins, elle respectait son point de vue.
Une heure plus tard, alors que la fête battait encore son plein, Severus lui proposa de l'emmener chez elle, proposition qu'elle accepta avec empressement. Ils ressentaient tous deux la nécessité de se retrouver seuls.
Sarah félicita à nouveau les mariés, salua tous ses amis et les nouveaux qu'elle s'était fait et promit de les revoir rapidement. Elle suivit ensuite Severus en toute discrétion en-dehors du Terrier. Ce dernier lui proposa son bras, elle l'agrippa et ils transplanèrent dans un endroit inconnu de la jeune femme.
« Mais où sommes-nous ? » demanda-t-elle.
Seul un chemin menait vers un bois dense et lugubre. Malheureusement, il faisait bien trop sombre pour voir à plus de cinq mètres. Si elle avait été seule, Sarah se serait certainement perdue, même avec l'allée qui se présentait à eux. Tous connaissaient son manque d'orientation. Elle et Severus levèrent leur baguette pour illuminer le chemin et avancèrent.
« Tu ne m'as pas répondu ! lança-t-elle à nouveau.
— Dans le Lincolnshire, près de Lough, répondit l'homme brun à ses côtés, laconique.
— Euh, je ne connais pas...
— Je savais bien que tes connaissances en géographie britannique étaient limitées. »
Sarah soupira. Le sarcasme de Severus ne lui avait pas manqué pendant ces quelques semaines aux Etats-Unis.
« Certes. Mais sommes au fin fond de la Grande-Bretagne, le nord, le sud ?
— Cela a-t-il une importance ? l'interrogea-t-il, lui jetant un regard en coin.
— Non, pas vraiment, marmonna-t-elle.
— Nous n'avons pas long à faire, patience ! Demain matin, tu pourras vérifier où nous sommes si l'envie te prend.
— Pas la peine de te moquer de moi !
— Je ne me le permettrai jamais.
— Bah, voyons... »
La jeune femme sourit néanmoins. Cela faisait depuis longtemps qu'ils n'avaient pas eu une discussion aussi banale. Ils marchèrent encore pendant cinq minutes avant d'arriver devant un grand portail en fer forgé. Severus l'ouvrit avec sa baguette et dès qu'ils firent un pas dans le domaine, des lampadaires illuminèrent le chemin jusque vers une large bâtisse de trois étages. Sarah fut impressionnée. Elle ne pensait pas que Severus puisse vivre dans un endroit aussi luxueux. La jeune femme se douta que, le lieu serait encore plus beau en plein jour et avait hâte de le découvrir. Mais elle préférait encore plus profiter de l'instant présent.
« Tu vis seul ici ?
— Oui. C'est grand mais fonctionnel. Et le jardin est agréable, l'été. »
Sarah l'imaginait parfaitement. Ils entrèrent par une grande porte en bois et Severus ne s'attarda pas dans le hall d'entrée : une pièce imposante dotée de murs en pierres polies, d'un carrelage blanc et noir et de nombreux tableaux. Dès leur entrée, les occupants de ces derniers ouvrirent les yeux de surprise et murmurèrent entre eux. Elle entendit des voix d'homme ou de femme de toutes parts : « Mais qui est cette femme ? », « Comment ose-t-il ? Il n'est même pas marié ! », « Quelle honte ! Si dépravé ! », « Moi, je me demande plutôt quelle sotte peut aimer un tel homme avec un nez si crochu ? ». Pour ce dernier commentaire, Sarah lança un regard noir à l'homme doté d'une perruque de cheveux blancs bouclés, habillé façon 18ème siècle, dont le nez était bien plus long que le propriétaire des lieux et bien moins esthétique.
« Silence ! » tonna Severus, qui fit sursauter tout le monde, Sarah inclus.
« Mais quel toupet ! » entendit-elle finalement, suivi d'un « Chut ! Il risque de nous lancer un sort de mutisme ! », puis d'un « Taisez-vous ! » sorti de nulle part. Les voix se firent toutes silencieuses. Cependant, la jeune femme se sentit observée, scrutée de tous côtés et suivie des yeux jusqu'à un couloir, où, à son grand soulagement, il n'y avait plus aucun tableau.
Severus l'emmena ensuite dans sa chambre où ils y passèrent la nuit.
***Fin du flashback***
Sarah respira un grand coup à la fenêtre de la chambre et admira les bosquets en floraison dans le grand jardin. Comme elle l'avait pensé la veille, le domaine était magnifique et regorgeait de faune sauvage. Elle se réjouissait à l'avance de visiter ce lieu inconnu et de fait, d'en découvrir un peu plus sur Severus.
Elle se retourna pour lui poser la question mais son compagnon avait disparu, certainement dans la salle de bain. Elle fit le tour à nouveau de la chambre, ouvrant, sans se gêner, les tiroirs et armoires à sa disposition. Elle ne trouva rien de bien intéressant, même pas de quoi lire ou écrire.
Severus revint finalement et lui proposa de descendre pour aller déjeuner. Elle accepta et le suivit. Ils repassèrent devant les portraits de la veille. Cette fois, Sarah prit le temps de les observer. Les tableaux étaient anciens et représentaient des hommes et des femmes habillés dans l'ancien temps. Elle remarqua qu'ils avaient tous une petite ressemblance avec Severus : ses yeux noirs, son nez, la forme de son visage, ses cheveux ou encore sa haute taille ou son air hautain. Des ancêtres. Elle se demanda si elle pourrait les questionner sur le passé de son amant. Elle souhaitait tellement en savoir sur sa vie passée que cela en devenait presque une obsession. Severus était bien trop discret et réservé et malheureusement, il avait toujours esquivé toutes ses questions dès qu'elles devenaient un peu trop privées.
Ils arrivèrent dans une grande salle à manger, après avoir dépassé un salon décoré de meubles anciens. Le lieu ne semblait pas aussi sombre que son propriétaire, ce qui l'étonna. Soit il en avait hérité il y a peu, soit il souhaitait respecter la décoration du lieu en hommage à ses grands-parents, soit il s'en moquait tout simplement.
Sur une grande table en bois laquée, pourvue d'une nappe blanche brodée, ils trouvèrent plusieurs plats à leur disposition : œufs brouillés, bacon, saucisses, pain, confitures, scones, muffins et autres viennoiseries. Tessy avait tout préparé à l'avance. Dès qu'ils s'installèrent, l'elfe apparut dans un pop et leur proposa du thé.
« Du café pour Sarah, Tessy, lança Severus à l'attention de son elfe avant même que la jeune femme ne réponde.
— Bien, Maître ! » répondit la créature en s'inclinant mais Sarah remarqua que la créature lui lançait un regard en coin qui n'avait rien d'avenant.
La jeune femme se raidit. Elle avait compris que l'elfe n'aimait pas les étrangers et se sentit embarrassée devant ses grands yeux qui semblaient la juger. Tessy lui servit une tasse de café et disparut. Sarah ressentit du soulagement. Elle ne savait pourquoi mais l'atmosphère avait été particulièrement pesante et inspira doucement. Elle jeta un coup d'œil vers Severus qui avait commencé à remplir son assiette de nourriture. Il semblait n'avoir rien remarqué.
Des coups furent donnés à une fenêtre. Severus leva sa baguette et un hibou vola jusqu'à lui, La Gazette du Sorcier accrochée dans sa patte. Même pendant les vacances, il se tenait au courant des dernières actualités. Quand le volatile repartit, il ouvrit le quotidien devant lui et lut les premières lignes.
Sarah le regarda quelques instants. N'étaient-ils pas en train de prendre leur petit-déjeuner ensemble ? Ils ne s'étaient pas vus pendant plusieurs semaines, s'étaient à peine parler pendant ces dernières 24 heures et tout ce que Severus trouvait à faire, c'était de lire son journal. Elle s'assombrit gardant ses pensées pour elle et se servit en divers plats.
Elle resta silencieuse pendant qu'elle mangeait. Finalement, elle avait faim et engloutit rapidement son repas. Tessy reparut pour remettre du pain frais sur la table. Sarah la remercia mais cette dernière lui lança un regard antipathique et disparut presque aussitôt. Plus que vexée, la jeune femme se sentit déçue.
La jeune femme observa Severus qui était toujours pris dans sa lecture avec un air de dépit. Mais devant son ignorance, elle détailla la salle à manger, une pièce d'une taille respectable munie d'une grande cheminée et d'une tapisserie mauve et blanche. Aucun tableau n'était exposé mais elle remarqua quelques anciennes traces et se demanda si son voisin n'avait pas décidé de les enlever afin d'être tranquille quand il déjeunait. Les occupants des portraits semblaient curieux et loin d'avoir leur langue dans leur poche. La grande table sur laquelle ils mangeaient pouvait accueillir au moins dix personnes mais Sarah n'était pas sûre que Severus n'organise des dîners chez lui. Ce n'était pas son genre.
Cependant, elle se rendit vite compte de son erreur car ils entendirent un carillon au loin. Le brun se raidit et referma immédiatement le journal, le posant sur la table. La jeune femme lui lança un regard étonné devant son attitude tendue. Une minute plus tard, Tessy revint accompagnée de deux femmes, une plutôt âgée qui marchait avec une canne et une autre bien plus jeune, qui lui ressemblait beaucoup, certainement sa fille ou sa petite-fille.
« Bonjour, mon cher Severus ! lança la vielle dame d'une voix rauque. Je vois que tu n'es pas seul ! »
Sa voix ne semblait pas surprise et tout naturellement, elle vint s'installer en face de Sarah. La jeune femme qui l'accompagnait s'assit juste à côté.
« Bonjour, » leur lança Sarah d'un air étonné, se demandant à qui elle avait affaire.
Aucune des deux femmes ne lui répondirent. Le sourire sur son visage se flétrit un peu. Elles l'ignorèrent et commencèrent à prendre une assiette vide et à se servir en petit-déjeuner comme si elles étaient chez elles.
« Bonjour Julianne, Lyzzie, déclara Severus d'un air sombre. Je ne vous attendais pas aujourd'hui.
— Tu sais que nous aimons faire de petites surprises de temps en temps, ricana la femme âgée.
— Mrs Julianne souhaiterait-elle un thé ? demanda Tessy après une révérence.
— Bien sûr, ma Tessy ! »
L'elfe semblait à son aise parmi les invités et leur servit à boire. Sarah nota immédiatement qu'elle s'acquittait de ses tâches avec entrain et ravissement. Elle agissait différemment avec les nouvelles venues. La jeune femme jeta un regard vers Severus se demandant quand il allait l'introduire et surtout comment il comptait la présenter mais le brun ne disait rien comme s'il réfléchissait à sa prochaine répartie. Elle décida de prendre les devants.
« Je suis Sarah Turner, » déclara-t-elle.
Son annonce ne leur fit ni chaud, ni froid. La jeune femme en face d'elle eut juste la bienséance de se sentir gênée par son silence en évitant son regard. Finalement, Severus l'aida un peu.
« Sarah, je te présente ma grand-tante Julianne Fawley et une cousine éloignée, Lyzzie Rosier.
— Oh, enchantée ! » lança la professeure de Potions en tentant de sourire aux deux invitées.
Malgré la froideur des deux arrivantes, elle était ravie de connaître la famille de Severus. Néanmoins, elle se rendit vite compte de la tension entre les personnes autour de la table. Son compagnon ne disait plus un mot et les deux femmes mangèrent leur petit-déjeuner en silence. Sarah avait envie de parler mais leur animosité était telle qu'elle se tut, terminant son scone beurré.
« Alors, elle vient d'où ? » finit par demander Julianne en levant la tête vers Severus.
Ce dernier ne répondit pas et s'essuya simplement la bouche et but une gorgée de thé.
« Tu sais que nous n'acceptons pas d'étrangers comme ça dans notre famille ! Quelle idée de la faire venir ici alors que tu ne nous l'as même pas officiellement présentée ! »
Sarah resta interloquée pendant quelques secondes. La grand-tante de Severus se permettait de parler d'elle comme si elle n'était pas là. Une fureur l'envahit soudain.
« Ce que je fais de ma vie privée ne vous regarde pas ! lança le brun d'un air nonchalant, pourtant, Sarah perçut son ton dur. Je vous demanderai de ne pas parler de ce sujet maintenant.
— J'en parlerai si je le souhaite, lança la vieille dame sans se démonter. Et bien sûr que ça nous regarde. Il est hors de question que le dernier des Prince ne s'acoquine avec qui que ce soit qui n'ait pas été validé par la famille. »
Severus soupira et ferma les yeux. Cela se voyait qu'il se maîtrisait pour contenir sa fureur. Sarah ne l'avait jamais vu autant énervé. Elle voulut prendre la parole car elle en avait assez qu'on parle d'elle comme si elle n'existait pas. Mais le brun l'arrêta d'un geste.
« Je n'ai aucun compte à vous rendre. Si vous voulez bien nous excuser, Sarah et moi avons des choses à faire.
— Pff, » souffla Julianne d'un air dégouté.
Néanmoins, Severus ne répondit pas et se leva. Sarah le suivit, surprise. Quand il partit de la salle à manger, elle ne put s'empêcher de hocher la tête à l'attention des deux invitées pour les saluer mais celles-ci ne lui répondirent toujours pas. Dès qu'elle fut dans le salon, le soulagement l'envahit. En effet, elle avait ressenti une grande tension depuis que les intruses étaient arrivées. Elle trottina derrière Severus qui prit la direction à grandes enjambées vers une partie du manoir qu'elle ne connaissait pas. Ils dépassèrent les tableaux des portraits qui leur lancèrent des regards pleins d'animosité et chuchotèrent à leur passage mais Sarah était trop occupée à suivre le propriétaire des lieux pour y faire attention.
Ils arrivèrent dans une pièce qui faisait office de bureau et s'installèrent sur deux fauteuils qui faisaient face à une cheminée éteinte.
« Qui étaient-ce ? l'interrogea finalement Sarah, devant son lourd silence.
— Je te l'ai déjà dit, marmonna-t-il dans ses pensées.
— Oui, j'ai bien compris que c'était ta grand-tante et une cousine éloignée mais qu'est-ce que cela signifiait-il ? Pourquoi ont-elles dit que ta famille n'acceptait pas d'étrangers ? Qui sont-elles pour toi ? »
Le brun resta pensif encore quelques instants avant de soupirer. Il prit finalement la parole.
« Je ne pensais pas qu'elles débarqueraient comme ça à l'improviste. Vois-tu... j'ai hérité de ce manoir à la mort de mes grands-parents il y a quatre ans. Avant, je n'en connaissais même pas l'existence. Ma mère avait coupé les ponts avec sa famille. Disons qu'elle... a été déshéritée à partir du moment où elle s'est... mariée avec mon père.
— Pourquoi ?
— Il n'était pas politiquement correct pour un Prince de se marier avec un moldu, si tu vois ce que je veux dire.
— Oh... Alors, ton père était moldu ?
— Oui. »
A cette pensée, Severus s'assombrit. Sarah retint les dix autres questions qui roulaient sur sa langue. Il était prêt à lui faire des révélations et elle ne devait pas le brusquer.
« Quand ma mère est morte, ils n'ont pas cherché à me contacter, et encore moins quand mon père est mort. Pour cette famille, je n'existais pas. Ce manoir ne devait pas me revenir. Mais mes grands-parents sont décédés sans autres descendants. Et quand il est question d'héritage dans le monde magique, comme tu dois t'en douter, les lois du sang priment avant tout. Ma mère avait été déshéritée mais en fin de compte, elle ne l'a pas été car ce n'était pas possible techniquement. Un notaire de Gringott's est venu toquer à ma porte un jour pour m'apprendre que j'héritais de ce manoir et de Tessy, l'elfe que tu as rencontré. Au début, j'ai voulu revendre ce domaine qui n'avait aucune signification pour moi. Mais Tessy et ma nouvelle famille que j'ai découvert par la même occasion m'en ont empêché. Disons qu'elles peuvent devenir très convaincante quand elles le veulent... Face à leur chantage, j'ai accepté… »
Il soupira à nouveau et sembla fatigué. Sarah posa une main sur son bras.
« Je ne reviens ici que quelques semaines pendant l'été mais le reste du temps, je suis à Poudlard, en voyage à l'étranger ou encore dans la maison de mes parents mais... je préférais t'emmener ici. J'ai été un peu présomptueux.
— Je ne vois pas pourquoi tu dis ça. Tu sais bien que je suis au-dessus des apparences.
— C'est vrai. »
Il lui lança un faible sourire.
« Et donc, tu dois me présenter officiellement à ta famille pour que je puisse venir ici ? »
Severus renifla avec sarcasme.
« J'invite qui je le souhaite dans ma maison, elles n'ont rien à me dicter ! Je pense qu'il ne vaut mieux pas que je t'introduise. Mieux vaut que tu les connaisses le moins possible. Cette famille est insupportable.
— Ces personnes ne me font pas peur, tu sais !
— Tu ne sais pas ce que tu dis, Sarah. Elles sont infernales ! Moins tu les fréquenteras, mieux tu te sentiras, je te l'assure !
— Si tu le dis... »
La jeune femme réfléchit quelques instants. Elle n'avait qu'une seule envie : revenir dans la salle à manger et rabattre le caquet à ces deux harpies ! Elle n'avait pas aimé la façon dont elles l'avaient ignorée, comme si elle n'existait pas, comme si elle n'était qu'une moins que rien. Mais elle savait pertinemment qu'agir ainsi ne ferait qu'envenimer les choses. Elle préférait suivre les conseils de Severus.
Devant son air sombre, elle se leva subitement et se plaça devant lui. Elle ne se gêna pas pour s'asseoir sur ses genoux. Le brun se redressa, surpris, mais la laissa faire et posa une main sur sa jambe.
« Oublions-les pour l'instant, annonça-t-elle en plaçant ses bras autour de son cou, et maintenant qu'on est ici, profitons-en pour faire une visite des lieux ! Le domaine a l'air magnifique. J'ai cru voir une serre... »
Il sourit et lui caressa une mèche de cheveux qu'il rabattit sur son oreille.
« Je savais que cet endroit spécifiquement ne passerait pas inaperçu aux yeux aiguisés d'une potionniste ! »
Sarah émit un petit rire et se rapprocha de lui pour l'embrasser.
