Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.

Résumé : Vingt-six lettres, vingt-six mots, pour définir Edith Crawley.

Note de l'auteur: Cet OS fait partie du défi d'écriture Alphabet que j'ai organisé avec d'autres auteurs. Le but du jeu est simple: Après avoir choisi un personnage ou un couple, on écrit une vignette par jour avec un mot commençant par la lettre du jour (ex: Jour 1 – Lettre A: Ananas ), un mot que l'on choisit nous-même. Vingt-six écrits pour les vingt-six lettres de l'alphabet, le but étant de créer un recueil qui forme l'alphabet personnel du personnage ou du couple.

Jour 17: Lettre Q

Son alphabet personnel

Querelle

Si elle devait définir sa vie par des mots-clés, Edith utiliserait forcément celui de querelle. Oui, sa vie à Downton était une longue dispute et contrairement aux idées reçues, elle n'était pas uniquement celle avec sa sœur Mary. Bien sûr, cela y contribuait grandement. Mais non, la grande querelle n'était pas qu'avec l'aînée des filles Crawley.

En fait, à l'exception de Sybil, bien trop douce et pure pour ce monde, Edith était dans une querelle permanente avec toute sa famille à Downton.

Mary, bien sûr. Leurs joutes n'avaient été que trop retranscrites.

Il y avait sa querelle avec sa mère. Cora qui ne lui avait jamais dit qu'elle était fière d'elle. Cora qui disait ouvertement à Mary que sa cadette n'avait pas tous ses avantages, moins d'attributs, en gros qu'elle était moins belle, moins intelligente que le premier enfant de la famille. Cora qui avait menacé de causer une esclandre devant ses employées parce qu'Edith ne voulait ni l'écouter ni rentrer à Downton après le coup du pique-nique. Cora qu'Edith avait pardonnée, bien sûr. Mais Cora qui n'avait réalisé combien elle avait échoué avec elle que quand elle apprit la vérité sur Marigold et tous les sous-entendus que cela comportait la frappant en plein visage comme un magistral soufflet. Mais Cora qui lui avait permis de rentrer avec Marigold et qui avait gardé sa rancoeur pour elle, ne voyant que les souffrances de sa fille.

Il y avait sa querelle avec sa grand-mère. Violet, dont la préférée était clairement Mary qui avait hérité de sa répartie et de son esprit. Violet qui, si elle comprenait peut-être sa douleur, ne cherchait pas à l'entendre. Violet qui avait sans doute soufflé les mots perfides contre Anthony dans l'oreille de son fils. Violet qui avait consolé Mary à chaque fois mais qui le faisait rarement pour elle. Violet qui l'aimait sans doute mais Violet qui la laissait dans son coin et qui s'étonnait de la voir agir en électron libre. Violet qui, pourtant, avait été dévastée d'apprendre son départ, on le lui avait rapporté. Violet qui offrit à Marigold un cadeau de naissance en retard, comme elle en avait offert un à Sybbie et à George.

Il y avait sa querelle avec son père. Robert qui ne l'avait jamais vraiment défendue face à Mary. Robert qui n'avait pas démenti les propos de Cora disant qu'Edith serait leur vieille fille infirmière pour s'occuper d'eux vieux. Pire, l'idée était horrifiante. Robert qui avait empoisonné l'esprit d'Anthony, lui causant en partie de la quitter à l'autel le jour de leur mariage. Robert qui ne l'avait jamais vraiment soutenue... Jusqu'à la disparition de Michael. Edith le lui accordait, il avait essayé, maladroitement, mais il l'avait fait. A sa manière. Avec ses mots. Avec sa pudeur toute anglaise aussi. N'avait-il pas offert son aide ? N'était-il pas resté à ses côtés quand on lui confirma la mort de Michael ? Mais surtout, Robert était le premier qu'Edith avait pardonné réellement. Parce qu'il avait été le seul à lui demander pardon. A admettre ses torts. A tenter de les réparer, de créer un lien réel avec elle.

C'était là la chose étrange avec les querelles. Plus elles traînaient, plus elles étaient dures à achever, ou tout du moins, on le pensait.

Cora, Mary, Violet, Robert, tous avaient fait leur mea culpa de leur mieux.

Et désormais heureuse, avec sa fille, avec Bertie, sur le point de devenir sa femme, toutes ses peines causées par ces disputes semblaient loin.

Elles disparurent quand les lèvres de son amour touchèrent les siennes, les scellant éternellement dans le passé.

FIN