2 janvier

Lorsque Marinette émergea pour de bon du sommeil le lendemain, il était déjà onze heures dépassé.

Elle s'en voulu immédiatement d'avoir dormit si tard malgré son éreintante mésaventure de la veille qui se rappelait à elle sous forme d'égratignures et de bosses mais, dormant dans le lit d'Adrien sur une oreiller aussi moelleuse, elle avait une bonne excuse.

Elle sourit doucement en remarquant ce que faisait Adrien et la position dans laquelle ils étaient.

Il semblait réveillé depuis longtemps mais il avait choisit de rester au lit avec elle.

Il avait plutôt opté pour jouer à un jeu sur son téléphone tout en la gardant face à lui, les bras passés autour de son cou pour jouer.

Son visage était plissé et concentré, il devait être dans un passage si intense du jeu qu'il n'avait pas vu qu'elle s'était réveillée.

Du moins, c'est ce qu'elle pensait, mais il lui donna tord en se penchant pour déposer un baiser sur ses cheveux pour lui dire bonjour.

Elle se mit à pouffer de rire et cacha son visage contre son t-shirt gris.

«Bien dormit?» demanda-t-il en rougissant légèrement tant il la trouvait mignonne.

Elle hocha la tête et demanda simplement : «Et toi?»

«Oui. Je vais finir par devenir accro au plaisir de ne plus être seul ici! Ça va être difficile de te laisser partir.» fit-il en souriant tristement avec les yeux les plus doux que Marinette n'eut jamais vu.

Une boule au fond de son estomac se forma immédiatement aussi. Elle avait ses parents et des tas d'amis alors pourquoi avait-elle peur de se retrouver seule si elle perdait Adrien? «Surtout qu'en plus, je ne serai plus là pour te faire la cuisine. Tu devras, à nouveau, te contenter de ton traiteur cinq étoiles.» plaisanta-t-elle pour donner un nouvel argument à Adrien pour la garder comme petite amie.

«On dirait que quelqu'un à faim...» se moqua gentiment Adrien cachant immédiatement et très efficacement sa tristesse momentanée sous un sourire taquin.

«Oui, et vu l'heure qu'il est, je dirais que c'est l'occasion idéale pour t'apprendre à faire des crêpes!» suggéra-t-elle en regardant l'heure sur son téléphone. «Mais avant ça, si on en revenait à notre programme de la journée.» fit-elle pour lui changer (et à elle aussi) tout-à-fait les idées.

«Tu veux toujours jouer à être un couple?» s'illumina-t-il avec enthousiasme.

«Bien sûr! À quoi ressemblerait ta journée si tu avais cinq ans de plus?» questionna-t-elle en souriant.

«Je ne sais pas. Ça dépendrait du métier que j'exercerais... Toi, tu voudrais être quoi pour notre jeu?»

«Disons que je suis une dessinatrice émergente et que je lutte pour sortir ma propre collection.» suggéra-t-elle

«D'accord.» reprit Adrien avec un sourire juvénile. «Tu es la nouvelle sensation parisienne de la mode et moi, je suis pianiste dans les restaurants huppés où tu as des rencontres d'affaire très glamour. Comme ça, je m'assure qu'aucun homme ne dépasse la limite.»

«Tu fais un mari vraiment jaloux!» se scandalisa Marinette. «Je n'aurais jamais pensé cela de toi!»

«Bien, lorsqu'on sait quel trésor est secrètement la femme avec qui on est, on est anxieux de la perdre.» complimenta Adrien.

Il jouait un peu mais était aussi un peu sérieux.

Marinette ne releva pas le compliment mais se racla la gorge pour chasser son embarra. «Ok, donc, couture pour moi et pratique de piano pour toi, j'imagine?» résuma-t-elle.

«Tu veux t'installer ici avec moi?» proposa-t-il en se relevant pour dégager son clavier et des livres qui étaient sur son bureau d'ordinateur.

«On peut essayer.» accepta Marinette.

000

Lorsque Marinette et Adrien avaient fait les emplettes, elle avait été un peu inquiète pour la suite des cours de cuisine.

Adrien était resté interloqué par l'aspect extérieur de certains aliments. Pour sa défense, il n'avait probablement plus manger de pâtes sèches depuis des années, il avait donc encore moins de chance de savoir à quoi ressemblait des macaronis en boite.

Pourtant, elle ne doutait pas qu'après une semaine de cours donné à chaque repas, il serrait capable de faire même des pâtes fraîches.

Il était, encore une fois, un excellent élève, méthodique et soigneux qui reproduisait chacun de ses gestes avec précision.

Il n'avait par contre aucune imagination et jamais aucune idée pour ajouter une touche personnelle variant de la recette qu'il suivait.

Il ne discernait, de plus, les goûts et les saveurs qu'avec difficultés. Son sens du goût était comme endormis lorsqu'il s'agissait des assaisonnements.

Aussi fut-elle agréablement surprise de goûter le délicieux coulis qu'il avait préparé pour accompagner les crêpes.

«Ce n'est pas bon?» s'inquiéta-t-il aussitôt en voyant son visage incrédule.

«Non, au contraire. C'est délicieux. C'est une recette qui vient du même site internet?» demanda-t-elle en regardant son assiette qu'elle dégustait avec lui sur directement sur l'îlot de la cuisine comme après chaque cours qu'elle lui donnait.

«Non, en fait.» fit-il incertain «La recette qu'on avait trouvé demandait des fraises, des myrtilles, des framboises et des mûrs. Mais on avait pas les deux derniers. J'ai donc improvisé quelque chose avec mes autres fruits. J'y suis allé un peu à l'instinct, je l'avoue. J'ai débuté avec des oranges sanguines et j'ai ajouté ce que je pensais intéressant en goûtant entre chaque aliments.» raconta-t-il.

«Tu devrais sérieusement te faire plus confiance Adrien. C'est excellent. Ton instinct ne t'a pas trahis.» le complimenta-t-elle en prenant une nouvelle bouchée.

«C'est facile. Je m'y entend plutôt bien question fruits tropicaux. J'adore ça!» fit-il avec un sourire fragile.

«Tu sais qu'il y a des livres sur les régimes qui ne jurent que par les fruits et les légumes sous forme de jus? Il y a des tas de vedettes qui ont prit le mouvement il y a quelques années.» raconta-t-elle.

«Je ne savais pas.» avoua Adrien. «En fait, dans une certaine mesure, mon père n'apprécie pas que je ''consomme de la culture populaire.'' Même si il y a beaucoup ce vedettes populaires qui sont ses clients. Il a un côté élitiste. Il respecte un peu les gens connus et ceux qui ont de l'argent ou du talent mais personne n'est jamais assez bien pour lui. C'est ce qui me dérange vraiment à son sujet. Je m'accommoderais du reste de son caractère s'il était moins méprisants.» fit-il plus sombrement.

«Adrien tu peux aimer ton père tout en suivant tes propres rêves.» dit-elle sincèrement en plaçant sa main sur son avant-bras. «Je survie tant bien que mal à l'humour de ma mère et je l'adore tout de même.»

«Je doute fort qu'il me laisser devenir gérant d'une plantation sur une île tropicale du sud Pacifique sans que notre relation n'en souffre.» se désola Adrien.

«D'après ce que tu me dis de ton père, il semble plutôt restrictif, mais à mon avis être un père, bon ou mauvais, c'est s'inquiéter pour son enfant. Essaie d'abord avec quelque chose de moins radical qui lui fera moins peur. Éloigne-toi doucement de la ligne droite qu'il a prévu pour toi. Tu as une superbe verrière à ta disposition au 3e étage. Tu pourrais déjà y faire pousser un citronnier et t'amuser à en prendre soin. Le jour où tu confrontera ton père pour plus de liberté, tu auras plus d'argument.»

Adrien rigola de l'idée.

«Ça se passe comment avec tes parents? Quand vous parlez de ton avenir? Mon père n'a jamais le temps d'en discuter avec moi.» demanda-t-il avec intérêt.

«Ils sont formidables! Ils se mettraient en quatre pour réaliser mes rêves! Je leur dirais que je veux déménager à New York pour ma carrière et ils accepteraient d'ouvrir une boulangerie là-bas uniquement pour me soutenir.» soupira-t-elle avec émotion. «D'ailleurs, ce n'est pas impossible que ça ne se produise jamais.»

«J'imagine que normalement ça ne se passe pas non plus comme ça?» sourit Adrien.

«Non, moi je sais déjà exactement ce que je veux faire, sans être trop difficile. Alya et Nino aussi savent ce qu'ils veulent faire. Mais la plupart des adolescents n'ont qu'une vague idée de l'avenir qu'ils veulent, certains n'en ont pas du tout. Et ça c'est un peu effrayant pour des parents. Certains adultes s'attendent à un certains niveau d'étude comme l'Université, d'autres insistent sur un choix de carrière en particulier ou impose à leur enfant de reprendre l'entreprise familiale. De ce point de vue, ton père et toi êtes plutôt dans la norme.»

Marinette déposa ses couverts et croisa les bras sur elle avant de poursuivre. : «Mais au final, chacun choisit sa propre voix et si ton père se sert de son argent ou de son influence pour t'obliger à continuer à travailler pour lui même si ça te déplaît, je pense que tu as raison de t'éloigner de lui de la manière que tu jugeras le plus nécessaire. Même si je suis fan de ses créations, je peux aussi regarder ses actes envers toi sans en être influencée.»

«Je me trompe où tu penses à quelque chose de précis en disant cela?» fit Adrien en plissant les yeux comme ChatNoir pouvait aussi le faire parfois.

«En fait» hésita Marinette «Je pense qu'il compte vraiment sur toi pour rester son mannequin vedette pendant encore très longtemps. Je ne sais pas s'il te l'a déjà dit mais tu es formidablement facile à habiller. Enfin, je parle couleur et coupe, pas...» rougit-elle sans terminer sa phrase.

«Pas physiquement, oui, j'avais comprit.» sourit-il.

«Enfin, ce que je veux dire, c'est que oui, tu es un formidable outils pour n'importe quel designer mais ce n'est pas pour cela que tu dois faire quelque chose qui ne te plaît pas! C'est peut-être plus de travail pour lui d'utiliser d'autres mannequins mais s'il refuse de le libérer, c'est de la paresse et non parce qu'il n'a pas d'autres choix.»

Adrien hocha lentement la tête. Il n'avait jamais comprit les choses de cette façon. «C'est vraiment gentil à toi de me prévenir, Marinette. Et merci aussi du compliment au passage. Mais, en même temps, mon travail de mannequin pour sa compagnie, c'est le seul lien qui nous reste. Tout ce qu'il y avait d'autre entre nous a disparu avec le temps.» s'attrista Adrien un peu désillusionné.

«Et tout peut encore se reconstruire de la même façon.» le réconforta-t-elle en serrant sa main.

Avec un sourire, il souleva sa main pour embrasser ses jointures dans un geste de remerciement avant de se relever et de prendre les assiettes.

Le rangement de la cuisine étant l'un des aspects inclus dans les cours de Marinette, celle-ci retourna à la chambre pendant qu'Adrien nettoyait et offrait toutes sortes de très bons fromages (y compris le reste de la préparation fouettée et sucrée que Marinette avait fait pour les crêpes) à Plagg pour le remercier de sa patience et de sa discrétion.

Ils travaillèrent ensuite sérieusement pendant plusieurs heures.

Du thé bien parfumé, le magnifique horizon des toits de Paris où tombait une neige douce, les sourires et les coups d'œil furtifs ou un peu plus francs émaillèrent leur après-midi et tous deux en furent ravis.

Marinette se sentait très heureuse près d'Adrien, elle aimait l'entendre jouer auprès d'elle.

C'était si agréable et confortable. Et tellement plus motivant de travailler dans la même pièce que lui plutôt que seule.

Bien sûr, elle avait Tikki normalement, mais la présence masculine d'Adrien était délicieuse

«Tu travailles toujours aussi longtemps ton piano?» l'interrogea-t-elle en fin d'après-midi, alors qu'elle passait un galon dans une glissière.

«Désolé» s'excusa Adrien en arrêtant aussitôt de chercher son prochain morceau dans son cahier. «Je vais arrêter si je te dérange.»

«Pas du tout, au contraire. C'est très agréable de travailler comme ça.» le rassura-t-elle.

«Je ne travaille pas aussi longtemps normalement. C'est juste que j'ai beaucoup négligé pendant le congé et que j'essaie de rattraper. Ça ne doit pas être très intéressant pour toi d'entendre sans cesse le même morceau?» s'excusa-t-il.

«Non, je dirais que c'est bien pour la concentration.» le contredit Marinette. «C'est agréable de travailler près de toi. Je trouve ta compagnie très motivante.» le complimenta-t-elle sincèrement.

«Est-ce que tu commences à avoir faim? J'aimerais bien dîner tôt.» demanda-t-il.

«Je n'y vois pas d'objection. Une raison précise à cela?» sourit-elle.

«Est-ce que tu as une proposition pour un repas qui se mangerait facilement en jouant à des jeux vidéo?» fit-il avec un sourire canaille.

«Tu ne veux plus jouer au papa et à la maman?» taquina-t-elle en retour.

«J'espère que je serai le genre de papa qui joue encore aux jeux vidéo!» s'exclama-t-il.

«Dans ce cas, je suggère des nachos!» lui retourna-t-elle.

Adrien termina les branchements de ses consoles qui avaient été déplacées pendant le cambriolage.

Certains fils avaient été sectionnés et une xbox avait souffert.

Adrien commanda les items brisés par internet sous l'œil désolé de Marinette.

Le fait qu'il doive dépenser son argent pour ces objets la désolait d'autant plus qu'il devait le faire dans le simple but de caché les dégâts. Qu'il préfère ou non garder son argent pour plus tard.

Ils s'amusèrent beaucoup une grande partie de la soirée, surtout lorsqu'ils délaissèrent les jeux où ils s'affrontaient pour privilégier ceux en équipe.

Ils décidèrent ensuite d'un commun accord de se mettre au lit très tôt et chacun de leur côté bien sagement.


Deux heures plus tard, ChatNoir contacta Ladybug qui commençait à avoir froid après ses deux heures de patrouille passées à balayer la neige humide qui s'accumulait dans sa chevelure.

Elle retrouva son partenaire aux coordonnées qu'il lui avait envoyées. Il la salua courtoisement selon son habitude, il n'y avait aucune urgence à ce moment-là.

Mais il la surprit un en l'invitant à entrer par la porte arrière d'un restaurant.

«Ma Lady, je te présente Phillippa, la reine de cette cuisine et aussi de la communauté Haïtienne de Paris.» fit-il respectueusement en s'inclinant pour l'inviter à entrer avec un sourire.

«Pas fair' gro' manièr', chinapan!» (1) se moqua une femme au tour de taille impressionnant en éclatant d'un grand rire. Ses habits de coton colorés étaient aussi stupéfiants mais ce qui médusa encore plus l'héroïne, était sa facilité à se mouvoir dans cet endroit sans se cogner dans l'espace exigue ou renverser aucun des ustensiles et chaudrons qu'il y avait partout.

Même avec la chance de Ladybug, la Marinette maladroite en elle n'osait même pas s'approcher de l'air de préparation.

ChatNoir attrapa une tasse d'une boisson chaude et épicée sur un comptoir qu'il tendit à sa partenaire avant de lui indiquer deux chaises brisées et dépareillées placées près d'une minuscule table.

«J'ai pensé que tu apprécierais une pause pour te réchauffer tout autant que moi.» lui expliqua-t-il.

«C'est vrai, j'en avais bien besoin. Tu viens souvent ici?» s'enquit-elle.

ChatNoir sourit davantage comme si elle avait voulu que cette phrase soit une phrase d'approche charmeuse alors qu'il s'agissait juste d'une curiosité bien naturelle.

Il répondit tout de même comme elle l'attendait de lui, il ne voulait pas qu'elle se hérisse juste à ce moment-là. «Mama Philli quitte toujours son restaurant très tard. Elle prépare plusieurs repas la veille.»

En effet, Ladybug remarqua que la dame préparait un plat à base de maïs en fredonnant une mélopée. «Un soir, elle a été agressée en sortant les poubelles et elle a eu la chance que je passe par là. Elle m'a offert un délicieux repas pour me remercier et depuis, je passe presque tous les soirs pour m'assurer qu'elle va bien.» expliqua ChatNoir.

«Hfffp! Nourrissez un chat errant et vous n'arriverez plus à vous en débarrasser!» persifla Ladybug avec une expression de dédaigneuse malgré la chaleur de l'histoire de l'adolescent.

Il s'étouffa dans sa boisson et éclata d'un rire lumineux et généreux comme elle ne lui connaissait pas. Lui aussi fut ravi de voir l'étincelle de malice dans ses yeux. «As-tu des plans pour le reste du congé?» se risqua-t-il.

Il était vraiment très heureux avec Marinette comme petite amie. Elle commençait à prendre la place de Ladybug dans son cœur. Mais une question demeurait dans son esprit.

Est-ce qu'il tombait amoureux de Marinette parce qu'il était heureux d'avoir de la compagnie ou bien Marinette était-elle la personne idéale pour lui?

Finalement, Ladybug reprendrait-elle toute la place dans son cœur, s'il passait autant de temps avec elle qu'avec Marinette?

«Et bien, je pense que nous devrions encore accentuer la surveillance pour quelques nuits.» expliqua-t-elle en se méprenant tout à fait sur le sens de sa question. Quelle fille sérieuse! «De plus, il reste une fin de semaine avant la fin du congé et donc il faudrait encore être sur nos gardes vendredi. J'ai un soucis d'horaire par contre avec samedi soir. J'ai des obligations à partir de minuit.»

ChatNoir haussa un sourcils. Quelles obligations autres que romantiques ou licencieuses ou criminelles débutaient à cette heure?

«Ma Lady, tu mérites un prétendant qui te place tout en haut de ses priorités! Tu devrais faire un trait sur un type qui ne te consacre même pas son temps durant la journée!» dit-il avec une expression si scandalisée que ce fut son tour d'éclater de rire.

«Non, Chaton. C'est professionnel!» le détrompa-t-elle. «Mais c'est aussi familiale alors j'ai bien hâte d'y être. C'est presque une fête en soit comme événement.»

ChatNoir adorait le sourire calme qui traînait encore sur ses lèvres et le scintillement que ses yeux gardaient.

«Travail, travail... As-tu au moins prit un peu de repos jusqu'à maintenant durant le congé?» s'inquiéta-t-il.

«Un peu, mais pas beaucoup finalement.» avoua-t-elle en le réalisant. Elle était si fatiguée tout à coup qu'elle dû retenir un bâillement. «J'ai passé le congé en bonne compagnie et mes amis et moi nous sommes bien amusé mais c'est vrai qu'on a eu beaucoup à faire.»

«Une vraie journée de congé, ça te plairait? On pourrait courir sur les toits en pleine journée et jouer dans la neige et ne penser à aucun souci pour une fois.»

«Les gens penseraient qu'il y a un problème.» opposa-t-elle.

«Mama Philli.» se retourna-t-il aussitôt pour demander. «Tu crois que nous aussi on a le droit à une journée de congé?»

«Li pas just' travay. Li bezwen repo, chinapan.» (2) lui reprocha la dame presque fâchée qu'il ne prenne pas assez soin de lui.

«Tu vois» reprit-il pour Ladybug. «Rien ne nous empêche de nous mêler aux gens pour une fois. Il n'y a rien de mal à ce qu'ils découvrent que nous sommes juste des humains et non des machines.» fit-il doucement.

La joue appuyé sur sa paume, Ladybug se rappela le fou rire que ChatNoir avait eu plus tôt. Elle avait subitement très envie et sans raison, de l'entendre encore.

Et voir la joie des enfants en jouant avec eux dans la neige serait aussi très agréable.

«D'accord, j'accepte...Demain?» lui demanda-t-elle.

«J'ai quelque chose demain.» se désola-t-il «Mais j'ai toute ma journée après-demain.»

Elle fit une petite grimace parce qu'elle perdait une journée avec Adrien ou ses parents. Contrairement à la journée qui arrivait où Adrien était occupé avec les préparatifs de la Fashion Week mais, elle commençait à penser que de tisser un lien avec son coéquipier n'était pas non plus une mauvaise chose ou un perte de temps.

«On fait comme ça alors.» accepta-t-elle.

Il termina sa tasse et alla intégrer les uns dans les autres les énormes chaudrons que Mama Philli venait de nettoyer pour les empiler sur une tablette.

Il s'occupa ensuite de vider deux grosses poubelles en utilisant sa force de héros. «Prête à y retourner?» demanda-t-il avec son sourire habituel et les sacs dans une main.

«Je ne te savais pas aussi cruel.» lui répondit-elle en rinçant sa tasse dans l'évier comme il l'avait fait de la sienne. «Me faire venir ici pour me sécher et me réchauffer juste pour me renvoyer dans le froid et sous la pluie, pfft!» plaisanta-t-elle encore.

Il rigola et s'avança vers la sortie en remerciant Mama Philli pour son hospitalité.

La dame avait déjà retiré son tablier et elle fit chaleureusement la bise à l'héroïne en lui souhaitant bonne nuit et en lui demandant d'être prudente.

La porte arrière passée, les héros se mirent d'accord sur les détails de leurs horaires de patrouille pour le reste de la semaine et ChatNoir déposa les énormes sacs noirs avant de la saluer pour le reste de la nuit.

Cette fois-là, c'est Marinette qui prit l'initiative de se glisser dans le lit d'Adrien pour y terminer la nuit.


N.A.: J'aime bien m'amuser à décoder l'accent créole. Mais, pour ceux qui s'y bute, voici la traduction.

(1) Ne fais pas de grosses manières, chenapan!

(2) Il n'y a pas juste le travail. Tu as aussi besoin de repos, chenapan.