Bonjour, Bonsoir. Je vous laisse savourer l'un de mes préférés. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 15 : Missions
Jellal se trouvait assis sur l'une des fontaines des jardins. Il lisait une lettre qui lui était directement destinée. Elle venait de la province de Zendor et son expéditeur n'était autre que le comtesse Meredy. En effet, le Roi et la comtesse conversaient régulièrement depuis leur rencontre, il y a presque un an. Ils ne manquaient jamais de sujets et trouvaient toujours l'occasion de raconter quelque chose d'intéressant. Jellal admirait beaucoup le grand esprit de la comtesse. Elle était brillante et cultivée et apportait une grande aide à son père dans la direction de ses terres. Le souverain passait aussi de très bon moment lorsque Meredy lui faisait une démonstration de son humour subtile et efficace. Grey le surprenait souvent à rire tout seul et ne ratait jamais une occasion de le charrier. Résultat, la moitié du royaume était persuadé que Jellal avait des tendances schizophrènes. Son attention fut détournée de sa lecture lorsqu'il vit approcher Lucy de Fairy Tail. Il l'avait en fait, convoquée.
-Bonjour Lucy, je suis heureux que tu aies pu venir aussi vite.
-C'est tout naturelle, sourit discrètement la membre de guilde.
-Bon voilà, j'ai une mission périlleuse à te confier. Tu as le droit de refuser, bien sûr. Elle est délicate et assez difficile, commença à expliquer le souverain sur la réserve.
-Je l'accepte quelle qu'elle soit, fit sans hésiter Lucy.
Jellal eut un petit rire et dit : -Cela ne m'étonne pas une seconde. Je voudrais que tu arpentes, de manière totalement discrète, le continent. Et que tu m'en fasses un compte rendu.
-Le continent en entier !? Mais pourquoi !? Lucy s'interrogeait sérieusement.
-Un pressentiment m'étreint, et me pousse à le faire. Je sais que c'est peu comme argument, mais il me faut une personne pour qui j'ai une confiance aveugle.
-Et votre division ? Ils seront plus à même d'accomplir cette tâche. Et il ne faut pas vous méprendre, je ne comprends tout simplement pas votre choix de me choisir.
-J'ai besoin de ma division ici. Mais outre ce fait, personne ne s'attendra à ce que je confie cette tâche à un membre extérieur de l'instance royale. Excuse-moi de parler en ces termes, mais tu es le pion que l'ennemi ne prévoira pas. Jellal était franc et préférait prendre le risque de lui annoncer les faits.
Lucy l'observa un moment avant de répondre :
-Je vous ai dit que j'accepterai cette mission quelle qu'elle soit. Alors, qu'est-ce que je dois chercher ?
-En réalité ce n'est pas ce que tu dois chercher, mais plutôt ce que tu dois trouver. Tu as à ta disposition toutes les ressources dont tu auras besoins. Et bien sûr, tu peux amener avec toi qui tu voudras, et il est bien évident que le nombre ne doit pas être très important.
-Je vois. Je pense déjà savoir qui m'accompagnera. Faites-moi confiance, je mènerai à bien cette mission.
-J'ai toute confiance en toi, merci beaucoup.
Lucy s'inclina et prit congée du souverain qui retourna dans son bureau rédiger la réponse à la lettre qu'il avait reçu dans la matinée.
*…*
Le Roi était accompagné des seconds et commandants masculins, ainsi que de Grey, dans l'une des salles des appartements réservés aux personnels de l'armée. Ils étaient tous avachies sur les fauteuils avec des airs fatigués mais satisfaits. En effet, Grey avait organisé une fête surprise à Jellal pour son anniversaire. Le conseiller avait invité toutes les personnes que le Roi affectionnait et avec l'aide des membres de Fairy Tail, il avait préparé la guilde pour accueillir la fête privatisée. Ils avaient passé une soirée incroyable, entre rire et anecdotes croustillantes. Même les commandants avaient réussi à se faire à l'ambiance, principalement dû à l'implication de Mirajane et Juvia qui faisaient de leur mieux pour intégrer leurs anciens ennemis. Jellal avait fini par rentrer suivit par ses conseillers. Ils étaient restés discuter un moment jusqu'à ce que les deux femmes aillent dormir. Les hommes n'avaient, de leur côté, pas bougé et abordaient tous les sujets qui leur passaient par la tête :
-D'ailleurs on ne vous l'a pas dit, mais Jellal envisage d'inviter le Seigneur Darick, ainsi que sa fille à Edolas, pour fêter les un an de notre alliance, commença Grey très fatigué.
-C'est une bonne idée. Au moins, vous pourrez rediscuter certaines clauses du traité. L'économie a évolué, nous pouvons aisément leur fournir plus de matériels, continua Zeref.
-Vous devez être content Majesté. Nous savons que vous appréciez beaucoup le Seigneur Darick, sourit Sugar Boy.
-En effet, je suis très impatient de lui en faire part. Je transmettrai mon message par l'intermédiaire de la comtesse Meredy, lorsque je recevrai sa prochaine lettre, expliqua le souverain.
-Ainsi donc, vous échangez avec elle ? Mais dites-nous plutôt vous deux, comment est-elle ? Selon les soldats qui vous ont accompagné l'année dernière, elle serait magnifique, demanda Cobra à Jellal et à Grey.
Les deux hommes réfléchir et c'est Grey qui répondit en premier :
-Pour être honnête avec vous, elle m'a fait forte impression. Je pense qu'elle fait partie des plus belles femmes qui existent en notre sainte Terre. Mais il est impossible pour moi de la trouver plus belle que Juvia. Grey les étonnerait toujours par son sérieux lorsqu'il parlait de la seconde.
-Si tu reconnais sa beauté, malgré ton aveuglement quotidien, c'est qu'elle doit être exceptionnelle, fit remarquer Hughes.
-Et vous Majesté ? Vous en pensez quoi ? Demanda le comte curieux.
Jellal semblait toujours y réfléchir mais finit par répondre :
-Je suis d'accord avec Grey. C'est une très belle femme et elle ne laisserait personne indifférent. Mais…
Zeref le bouscula un peu : -Mais ?
-Ce… Disons que, objectivement, elle n'est pas la plus belle femme que j'ai vu, finit le Roi hésitant.
-Voyez-vous cela ? Et qui pourrait être plus belle que cette chère Meredy de la province de Zendor ? S'amusa le second de la troisième division.
-Vous n'allez pas me dire que vous ne pensez à personne ? Les autres acquiescèrent d'un regard, comprenant leur souverain. Il poursuivit : La commandante est une femme sublime et je n'ai malheureusement pas été aussi pantois en voyant la comtesse, car je connaissais déjà une beauté rare. Après un silence le Roi finit tout de même : Par contre, je parle en toute objectivité. Je vous serai grée de ne pas lui en parler. Elle ne risque pas d'apprécier.
Les autres n'eurent même pas besoin d'acquiescer. Ils connaissaient la rousse et imaginaient sans peine le châtiment qu'elle risquait de leur réserver.
*…*
Jellal était bien décidé à recevoir le Seigneur Darick et la comtesse Meredy. Son seul problème dans cette histoire se trouvait dans la terre de Déliora où un rapport sur l'encadrement d'une des industries n'était toujours pas arrivé jusqu'au Roi. Celui-ci avait fait des pieds et des mains pour connaître le responsable de ce retard. Et lorsqu'il l'eut identifié, Jellal ne trouva qu'une manière pour que le rapport soit remis à temps. Cette manière était la raison pour laquelle le Roi grimaçait, car elle n'allait pas du tout plaire à la personne qui devrait s'en charger.
Le souverain était assis à son bureau et lisait un compte rendu. Il se trouvait avec Grey, lui aussi derrière son bureau, qui rédigeait une lettre. Et enfin Juvia, qui s'était assise sur l'un des fauteuils et lisait un bon livre.
Lorsque Erza entra dans le bureau, elle remarqua immédiatement sa seconde et lui demanda :
-Alors voilà où tu te trouvais. Je peux savoir ce que tu fais ici ?
-C'est l'heure de ma pose et cet endroit est l'un des seuls où je peux avoir la tranquillité. Regarde, même Grey travail. Juvia avait lancé un clin d'œil au conseiller, qui avait relevé la tête de sa lettre. Mais dis-moi plutôt, qu'est-ce que toi tu fais ici ?
-C'est la question que j'allais poser au Roi, répondit la commandante qui s'était placée devant le bureau de celui-ci.
Jellal n'osait pas lever la tête de son parchemin et affichait un air coupable. Voyant que les choses allaient certainement être intéressantes, Juvia et Grey gardèrent leur attention sur la commandante et le Roi. Et en effet, les choses allaient être très intéressantes.
-Vous devez déjà savoir que nous recevrons bientôt le Seigneur Darick, ainsi que sa fille. Et je voulais absolument que tout soit en place à leur arrivée. Malheureusement, au vu de mes relations avec le Duc Bastia, je n'ai que très peu de retours sur les industries de la terre de Déliora. Et il me manque impérativement un rapport sur l'encadrement de sécurité. L'homme chargé de remplir ce rapport se nomme Mest. Il est le second du commandant de l'armée privée de Déliora et est impossible à joindre de manière manuscrite. J'aurai besoin que vous alliez récupérer ce rapport directement à Déliora. Et si jamais il ne l'a toujours pas rempli, que vous le convainquiez de se dépêcher. Tu n'auras pas trop de mal, selon mes sources, il aimerait la bonne compagnie. Jellal avait parlé vite mais en articulant bien.
Un petit silence s'installa et Erza finit par demander :
-Alors si je comprends bien, dans le cas où il ne l'aurait toujours pas, je devrais utiliser un moyen peu élogieux pour l'obtenir ? Jellal ne répondit pas, et se mordit la joue, honteux. Elle comprit l'acquiescement de son souverain et lâcha sans plus de cérémonie : Non.
-Quoi, comment ça non ? Se redressa Jellal.
-Je suis désolé Majesté, mais je ne peux pas le faire. Erza affichait un air indifférent mais était catégorique.
-Comment ça tu ne peux pas le faire ? Erza tu es la mieux placée pour cette mission ! Le Roi ne s'attendait pas à ce refus sans appel.
-Et moi je vous dis que je ne le ferai pas.
-Mais je ne comprends pas tu…. Attend. Tu es…. Tu es timide ?
À la non réponse de la commandante, Jellal allait se mettre à rire. Il avait déjà entendu le ricanement de Grey et Juvia, ce qui ne l'avait pas aidé. Et alors qu'il inspirait pour rire à gorge déployé, Erza rétorqua :
-Vous riez, je vous tue.
La menace de la jeune femme eut pour effet de stopper net le souverain dans son élan. Il hocha de la tête négativement pour lui signifier qu'il n'avait aucunement l'intention de rire. Il se racla la gorge et finit par dire :
-Ecoute Erza, les chances pour que tu arrives à ça sont très minces. Tu n'as pas à t'en faire.
-Quoi qu'il arrive, votre royale Majesté, il est hors de question que je joue de mes charmes.
-Non, tu ne comprends pas Erza, tu n'as besoin de jouer de rien du tout.
À la seconde même où Jellal avait dit ces mots, Grey avait mis sa main devant sa bouche en fixant son ami avec un mélange de surprise et d'amusement. Juvia avait un sourire en coin et regardait alternativement la commandante et le Roi. De son côté, Erza avait haussé un sourcil et croisé ses bras sur sa poitrine.
-Je vous demande pardon ? Elle avait bien détaché les mots pour qu'il la comprenne bien.
Jellal s'était déstabilisé tout seul et lui répondit difficilement en déglutissant :
-Je… Eh bien, oui. Il se racla la gorge : Tu vois, tu… Tu es une femme et naturellement… Grey aide moi, je t'en prie.
Grey se redressa de son fou rire et décida de venir en aide à son ami :
-Ce que sa Majesté essaye de dire, c'est que vous êtes une figure importante d'Edolas et que votre réputation vous donne un charme incontesté. Jellal hochait de la tête pour donner raison à son conseiller et ainsi échapper à son énorme bêtise. Mais Grey, fidèle à lui-même, voulait s'amuser encore un peu : Et puis, madame, je préfère vous tenir au courant, vous êtes et ma foi pour beaucoup, d'une beauté rare, voir même inégalée. Enfin, d'après le témoignage de notre magnifique souverain que voici.
Jellal s'était mis à sourire faussement et articula en serrant les dents : -Je te déteste Grey.
-Certes. La commandante n'avait rien ajouté de plus et s'en était allée.
Jellal, dès la sortie de la rousse, s'était tapé la tête contre le bureau. Le conseiller ne se retenait plus du tout de rire et Juvia le suivit avec un ricanement. Le Roi finit par relever la tête et avant de sortir du bureau à son tour, en faisant un grand sourire à Grey, il dit :
-La commandante ayant refusé, c'est toi qui iras Juvia.
- À vos ordres.
Grey regardait successivement son ami et la femme de son cœur, paniqué. Jellal quitta rapidement le bureau, et ne restant que le seconde il cria :
-Tu as accepté !?
-Évidemment, Grey. Tu veux qu'on rejoue la scène ? Je ne pense pas que cela dérange le Roi. Juvia était retournée à son livre.
-Mais Juvia, tu devras séduire un homme ! Tu t'en rends compte !?
-Du calme Grey, les risques sont minces. Et puis, ce n'est pas la mort.
-Peut-être pas pour toi, mais pour moi c'est énorme. Et s'il se comporte mal avec toi ?
-Je m'en occuperai personnellement. Arrête de t'en faire pour moi dans ces situations.
-C'est plus fort que moi. Mais comment tu peux m'en vouloir ? Regarde-toi.
Juvia sourit au brun et se leva l'embrasser sur la joue.
-Voilà une chose qui ne doit jamais changer.
-Mon amour pour toi ?
-Ton regard sincère.
Ce fut au tour de Grey de sourire. Il passa le reste de la pose de Juvia à la contempler, alors qu'elle s'était remise à sa lecture.
*…*
Grey suivait d'un pas rapide Jellal qui se dirigeait vers ses appartements. Le Roi était rouge de colère et ruminait dans sa barbe inexistante des paroles incompréhensibles. Jellal venait en fait, de se disputer avec Erza Knightwalker sur la venue des dirigeants de Zendor. Ils en avaient discuté… débattue un long moment avant que Jellal ne décide de partir prendre l'air. Le conseiller, le suivant sans trop savoir pourquoi, se disait qu'il aurait préféré rester avec les seconds et les autres commandants, plutôt que de gérer la boule de nerfs qu'était son ami. Mais après réflexion, gérer Jellal était plus sympa que de gérer Erza. Alors il continua à suivre le souverain qui finit par entrer dans sa chambre.
-Je ne comprends pas cette femme ! Évidemment que nos invités dormiront près de mes appartements ! Comme si le Seigneur Darick allait se pointer dans ma chambre et me planter un poignard dans le cœur !
-Ou sa fille. Grey savait qu'il parlait dans le vent, mais ne put s'empêcher de sortir sa remarque qui le fit rire lui-même.
Jellal continuait dans son délire en se réfugiant dans sa salle de bain. Erza débarqua à cet instant et demanda, en colère, à Grey :
-Où est sa royale Majesté !?
Grey n'eut pas le temps de répondre que Jellal passa sa tête à travers la porte de la salle d'eau et répondit, toujours aussi excédé :
-Il brosse ses royales dents !
La joute verbale continua entre les deux, avec Grey pour unique spectateur. Jellal finit par revenir dans la chambre et commença, sans s'en soucier réellement, à se mettre en tenue pour dormir. Nullement gêné d'enlever sa chemise, le Roi continua de remballer la commandante qui voulait renforcer la sécurité dans les appartements royaux. Erza termina la conversation avec une réplique sanglante avant de s'en alla :
-Vous savez quoi ? Lorsqu'on fera graver votre pierre tombale après votre mort, on écrira, « Sa royale Majesté Jellal. Mort car il n'avait pas écouté les conseils de sa commandante. Un fils. Un Roi. Un abruti. ». Prenez-le-vous pour dit !
Jellal grimaçait de colère et s'adressa à Grey :
-Tu peux t'en aller toi aussi, je vais dormir.
Grey ne se fit pas prier. Et lorsqu'il franchit la porte de la chambre du Roi, il courut vers la salle de repas. Il s'arrêta devants Juvia, Cobra et les commandants masculins, essoufflé.
-Vous ne devinerez jamais ce que je viens de voir !
-Laisse nous deviner. Erza a fini par clouer le bec au Roi, soupira Cobra nullement impressionné.
-Oui, non. Pas que. Je la fais courte. Jellal se déshabille. Erza le reluque. Finit par le remballer, puis prend la fuite. Mais le plus drôle, il ne s'est rendu compte de rien cet idiot.
Ne tenant plus, Grey partit en fou rire incontrôlé. Rapidement suivit des hommes de la salle. Juvia se contenta de sourire en imaginant la scène. Mais se ravisa rapidement, lorsqu'elle se rendit compte de ce qui attendait Grey, lorsqu'il répandrait la rumeur et qu'Erza l'apprendrait. Pauvre Grey, elle imaginait déjà sa pierre tombale : « Le conseiller Grey Soluge. Mort car il aimait le feu. Un fils. Un conseiller. Un abruti. »
