Chapitre 17 - Compagnons
« Il me rend dingue » se répétait Derek. En effet, le jeune homme était tout le temps collé à lui, caressant ses cheveux, sa nuque, le prenant par la taille, ne sachant pas à quel point Derek était obligé de se contrôler. Et maintenant, il avait découvert qu'il pouvait lui faire des bisous dans le cou, ce qui avait rendu le loup encore plus barjo.
Nous étions mardi, et les deux jeunes passaient la matinée au loft. Stiles avait rendez-vous avec Isaac et Lydia pour travailler la chimie en fin d'après-midi. Mais il était particulièrement câlin ce jour-là. Derek aurait bien voulu passer à l'action, mais son oncle était toujours dans leurs pattes, et cela ne semblait pas déranger Stiles, qui blaguait joyeusement avec lui. Au final, Derek était d'humeur massacrante aujourd'hui.
- Bon, Peter, t'as pas des trucs à faire ? Voir ton mec par exemple ? grogna-t-il, frustré.
Les deux se retournèrent, médusés, se demandant quelle mouche l'avait piqué.
- Ouais, euh, j'y vais, fit le plus vieux, avisant le regard noir que lui lançait son neveu.
À peine l'oncle était parti que Stiles entreprit d'embrasser sa clavicule. N'y tenant plus, les joues en feu et les yeux brillants, Derek le plaqua contre le mur, collant leurs deux corps.
- Qu-quoi ? fit Stiles, croyant qu'il avait fait quelque chose de mal.
- Tu me pousses à bout, avoua le brun très bas.
- Oh, pardon, je le ferai plus… je croyais que t'aimais bien…
- C'est bien ça le problème.
Les yeux de Derek devinrent rouges en sentant le corps du plus jeune pressé contre lui. Il ne pouvait plus se contrôler, Stiles avait l'air hagard, ses yeux papillonnaient. Le plus petit pouvait sentir le souffle court de Derek effleurer sa bouche alors qu'un grondement montait dans sa poitrine.
La tension était à son comble.
Finalement, le brun écrasa ses lèvres contre celles du plus jeune, dans un soupir de satisfaction. Enfin. Stiles lui rendit fougueusement son baiser, ses mains couraient dans son dos. Derek força l'accès à sa langue dans un grognement.
Mais il regretta rapidement. Il savait qu'il en voulait plus, que tout son être réclamait désespérément le corps de Stiles, et que cette soif ne pourrait être étanchée avant l'union. Il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas frotter son bassin contre celui de Stiles, pour se reculer et reprendre peu à peu ses esprits.
- Tu… Je…, balbutia le plus jeune.
- Ouais, pareil, souffla Derek, encore sous le choc, les yeux rouges à-demi fermés.
Lorsqu'il eut repris le contrôle de son corps, le brun recula, s'adossant à la table, les yeux baissés, énervé d'avoir laissé libre cours à ses pulsions.
- Désolé, articula-t-il. Je… j'aurais pas dû… te sauter dessus comme ça.
Stiles avala sa salive et répondit, grisé :
- Personne ne m'avait encore embrassé comme ça.
Le jeune homme s'avança vers Derek pour reprendre possession de ses lèvres.
Stiles se trouvait devant la porte de Lydia, et il ne réalisait pas encore très bien ce qu'il lui arrivait. Derek m'a embrassé. Enfin, je veux dire, c'était grandiose.
Ils avaient passé le reste de la journée ensemble, à se câliner et s'embrasser en cachette de Peter, qui était finalement revenu. Stiles était sur un petit nuage, son corps encore imprégné de la chaleur de Derek.
Lydia lui ouvrit et remarqua tout de suite les joues rouges et le sourire benêt du jeune homme.
- Oh, toi, il s'est passé quelque chose. Raconte-moi avant qu'Isaac n'arrive, le pressa la rousse.
- On s'est embrassés, lâcha Stiles.
Lydia frappa dans ses mains de jubilation.
- Enfin ! Mais où sont tes affaires de cours ? On était pas censés bosser la chimie ?
- Oh merde, j'ai oublié mon sac chez Derek ! s'exclama le jeune homme en se frappant le front.
- Il te fait vraiment tourner la tête, se moqua Lydia.
Après une intense séance de révisions rondement menée par Lydia, Stiles rentra chez lui et dîna avec son père. De retour dans sa chambre, il était en plein dilemme. Devait-il envoyer un message à Derek ? Ou alors jouer le mec détaché ? Ça ferait trop collant s'il lui envoyait un message maintenant. Mais il en avait tellement envie ! Rien qu'un petit message…
Il fut interrompu par le bruit de sa fenêtre qui coulissait. Derek sauta dans sa chambre et lui adressa un magnifique sourire.
- Je te dérange ? chuchota-t-il.
- Jamais, assura Stiles avant de se coller à lui.
Ils s'installèrent sous la couette pour regarder un film sur le pc de Stiles. Puis ils parlèrent de tout et de rien. Ils s'entendaient extrêmement bien, une véritable complicité naissait entre eux deux. Derek avait radicalement changé : de maussade, grognon, agressif et taciturne, il était devenu souriant, avenant, et même assez facétieux. Stiles se sentait en sécurité, écouté, serein.
Derrière la porte, Noah Stilinski entendait des messes basses et des rires étouffés. Il avait bien compris que Derek Hale se trouvait avec son fils, en voyant la Camaro noire que Derek avait oublié de garer dans une autre rue, trop pressé de retrouver Stiles. Il sourit en se disant qu'il fallait bien que jeunesse se fasse… et qu'il devait avoir une discussion sur la contraception avec Stiles.
Le lendemain, Stiles se blottit contre Derek avant même d'ouvrir les yeux. Il savait déjà que ce serait une excellente journée, et il soupira de contentement, avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Réveille-toi la marmotte, murmura Derek, avant de parsemer son visage de baisers.
- Je suis dans un rêve, c'est ça ?
- Eh non, c'est bien moi en chair et en os, s'amusa le loup-garou.
Il avait les cheveux en bataille et les yeux brillants. Il se leva et s'étira avant d'ouvrir les rideaux, tandis que Stiles se réfugiait sous la couette.
- Ça y est, je suis aveugle, se plaignit-il.
- Oh, je crois que tu as un comité d'accueil en bas, souffla Derek.
D'un bon, Stiles était levé et regardait par la fenêtre. Scott, Malia, Lydia, Isaac et Jackson l'attendaient dans la cour, et rirent lorsqu'ils virent les deux garçons accoudés à la fenêtre.
- Ooooh les amoureux, cria Malia, goguenarde.
Stiles alla se terrer sous la couette, mort de honte, alors que Derek s'habillait.
- Allez, ils vont pas te manger. Stiles, sors du lit, je meurs de faim ! À moins que tu veuilles que je te dévore tout cru ?
Stiles sortit la tête et dit d'une voix espiègle :
- Mmmmh, pourquoi pas ?
Ils descendirent rejoindre la meute, qui les taquina bien évidemment, puis Lydia décida qu'il était temps d'aller passer la journée au centre commercial. Mais la jeep de Stiles refusait de démarrer, et Derek fut donc obligé d'emmener le jeune homme et de participer à leur sortie, chose qu'il aurait refusé catégoriquement quelques mois auparavant. Malgré tout, il ne semblait pas pouvoir se détacher de Stiles.
Lydia se fit la réflexion qu'elle devait absolument leur parler, il en allait de leur survie. Elle avait discuté avec Deaton de ce fameux « fil argenté » que les autres voyaient entre Stiles et l'Alpha. Il lui avait révélé que ce lien témoignait qu'ils étaient destinés à être compagnons, mais tant que Derek n'aurait pas imprégné Stiles, ils resteraient vulnérables l'un comme l'autre.
Mais en attendant, ils étaient tous attablés devant d'énormes burgers, que les loups dévoraient comme s'il s'agissait d'air. Les membres de la meute s'habituaient doucement à voir Stiles et Derek si proches, si complices, se dévorant du regard, et réalisèrent que c'était finalement une évidence. L'attitude agressive de Derek ne faisait que masquer ses sentiments profonds envers le jeune humain.
Lydia les avait tous traînés dans les boutiques, prétextant qu'elle voulait s'avancer pour les cadeaux de Noël, les autres se prêtant au jeu. Soudain, Derek leva la tête, les sourcils froncés, scrutant les alentours.
- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Stiles.
- J'ai cru entendre quelque chose.
- J'ai entendu moi aussi, dit Isaac après un silence.
Scott acquiesça, lui aussi avait perçu un cri de loup si lointain qu'il avait cru avoir rêvé. Ce hurlement lui disait vaguement quelque chose, mais il n'arrivait pas à le reconnaître précisément.
Derek haussa les épaules et continua son chemin, mais Scott resta dans une rélfexion profonde durant le reste de la sortie.
Un peu plus tard, ils s'étaient séparés en fonction de leurs centres d'intérêt, c'est à dire Jackson, Liam et Scott dans un magasin de jeux vidéos, et Isaac, Cora et Malia dans une boutique de vêtements. Lydia en profita pour prendre à part Stiles et Derek dans un coin peu fréquenté.
- Les gars, j'ai parlé à Deaton de… votre lien. Derek, tu peux voir le fil argenté qui vous relie ? demanda la rousse.
- Non, soupira-t-il, mais je crois que je sais où tu veux en venir. Tu es sûre que c'est le bon moment pour le lui annoncer ?
- Quel fil ? Quel lien ? la pressa Stiles.
Lydia prit une inspiration et regarda Derek d'un air désolé.
- Stiles, Derek et toi, vous êtes compagnons, lâcha-t-elle d'une traite.
- Euhh… compagnons comme… les compagnons des loups-garous ? fit Stiles, faiblement.
Derek et Lydia acquiescèrent.
- Vous êtes liés… jusqu'à la mort de l'un de vous.
Oh wow, c'est pas de la rigolade. Liés jusqu'à la mort…
- Je… j'ai un peu chaud là d'un coup… je vais prendre l'air…
Stiles tourna les talons, et laissa une Lydia désemparé et un Derek profondément blessé.
