Chapitre 15 : Se disputer comme des adultes

Après que le thé ait été préparé et que Mme Campbell ait semblé reprendre un peu son calme, Harry tenta :

- Vous connaissiez ses parents, alors ?

- Eileen et Tobias ? Oh, oui, et Sev depuis qu'il est un petit garçon. Il a toujours été un enfant si étrange.

Pas grand-chose avait changé, donc.

- Comment ils étaient ?

- Tu connais le proverbe, si tu n'as rien d'aimable à dire, ne dis rien ?

- Euh. Oui.

- Sev a toujours été poli avec moi.

- C'est… chouette.

- Tu ne devrais pas rentrer, trésor ?

Harry n'en avait pas particulièrement envie.

- Oui, je suppose. Bonne nuit, Mme Campbell.

Harry était presque arrivé à la porte quand elle parla à nouveau. Comme sa maison lui rassemblait étrangement celle que de Mme Figg, même s'il lui manquait un élément important de chez Mme Figg, l'Odeur de Chats, il avait été assez content de (presque) repartir.

- Trésor ?

- Oui, Mme Campbell ?

- Appelle-moi Jane, trésor. Est-ce que tout va bien, là-bas ? J'étais assez inquiète.

- Ça va aller," lui assura-t-il, se retournant à moitié pour la regarder puis détournant les yeux, mal à l'aise. "Ça va aller."

- Apprends donc à mentir mieux que ça…

Sa voix s'éteignit dans les tons vagues d'une personne récemment victime d'un sort de mémoire, et Harry avala un sentiment de culpabilité avant de retourner sur son lieu de travail, calculant mentalement les probabilités de trouver quelqu'un mort sur place quand il arriverait.

Prenez une (1) ancienne vengeance et un (1) ancien Mangemort instable, mettez en équation un (1) ancien prisonnier instable, ajoutez, mettez dans un shaker avec du jus de citron, et vous obtenez un cocktail qui signifiait que Drago avait des explications à donner.

Harry était à peu près sûr que son calcul s'était transformé en recette en cours de route, mais ce n'était Pas Sa Faute pour raison d'adultes se battant dans la rue comme des chiens enragés.

Harry franchit la porte récemment recréée de la maison de Rogue et trouva Sirius accroupi derrière la table basse sous forme de chien, la fourrure en bataille, grondant dans sa meilleure imitation d'un marteau-piqueur. La fourrure entre ses oreilles était couverte de sang.

En parlant de chiens enragés.

Rogue se tenait dans l'embrasure de la cuisine, tenant une bouteille rouge de potion de soin aux blessures.

- -puéril," continua Rogue. "Si j'avais voulu te tuer, tu serais mort. Tu m'as fait gaspiller beaucoup trop de mon temps ce soir, Black. Potter, montez."

- Non.

- Potter.

- Elle va bien. J'ai trouvé quelqu'un pour la garder.

Rogue tourna la tête pour le regarder, et seule une longue exposition aux regards meurtriers permit à Harry de rester calme et concentré.

- Un elfe de maison," élabora-t-il. "Pas Drago ou quelqu'un de ce genre."

Seul une légère dilatation de ses iris permit de montrer que Rogue était en train d'imaginer Drago Malefoy en train de s'occuper d'un bébé, mais il resta convenablement figé. Harry, satisfait, s'agenouilla près de Sirius et frotta doucement son menton.

- Tu dois vraiment apprendre à réfléchir avant de te précipiter au secours des gens," dit Harry à son chien. Euh. Parrain. "Et c'est moi qui te dis ça."

Le chien hirsute émit un grognement amusé.

Quelques temps plus tard, Sirius n'était plus en sang ni un chien, Rogue avait daigné s'asseoir sur une moitié de son canapé, l'autre moitié ayant été totalement éviscérée, et Harry essayait de reproduire une attitude détendue de Drago appuyé contre une bibliothèque, faute d'autre chaise.

- Tu sembles remis," nota Rogue.

Sirius montra les dents en ce qui signifiait probablement un acquiescement, en animagus furieux.

- Très bien. Fiche le camp de chez moi, Black.

- Je dois parler à Harry.

- Pour ce que ça peut me faire. Bonne nuit, messieurs.

Rogue se leva, et quitta la pièce à la hâte, montant les escaliers deux marches à la fois. Harry cligna des yeux.

- Alors, Harry," dit Sirius, avant de s'interrompre.

- Euh. Ouais ?

La porte donnant sur le couloir fut refermée, et Harry ne put rien entendre de l'étage. Cela le rendait nerveux.

- Tu as mieux à faire que me regarder ?

- … ben, il est en haut avec Kreattur.

- Mer- credi. Kreattur le déteste.

- On se demande pourquoi.

- Ouais, eh bien tu ferais mieux de t'assurer que rien ne va exploser. Rogue a toujours ce sale caractère.

- Tu as fait irruption chez lui.

- Il pourrait prendre ça avec humour.

Parfois, se rappela Harry, Sirius était très difficile à comprendre.

- Tu as fait IRRUPTION CHEZ LUI.

- Harry, il est maléfique.

- Les gens maléfiques peuvent avoir des maisons ! Il a une gosse ici.

- Je serais pas surpris s'il l'a empoisonnée elle aussi.

- Arrête !

Sirius le regarda de sous l'ombre de ses cheveux, et Harry lui rendit son regard, les poings serrés.

- C'est lui qui a commencé.

- Vous n'avez pas douze ans ! Est-ce que je dois appeler Remus ?

- Remus serait de mon côté," dit Sirius, mais d'une voix boudeuse, comme s'il ne croyait pas vraiment ce qu'il disait.

- Pourquoi tu ne vas pas vérifier alors.

- Je vais le faire.

- Bien.

- Bien.

Ils se regardèrent l'un l'autre, mal à l'aise.

Sirius soupira, et toucha prudemment sa plaie à la tête.

- Ne la gratte pas," protesta Harry, se passant la main dans les cheveux. S'il s'arrachait les cheveux, est-ce que Sirius serait plus raisonnable ?

Sirius haussa les épaules, et laissa retomber sa main.

- Viens là, gamin.

Harry accepta l'étreinte en grommelant un peu, mais se sentit mieux après s'être fait ébouriffer les cheveux et avoir reçu la promesse de Sirius qu'il lui dirait ce que Remus avait dit.

Harry resta éveillé cette nuit là, songeant à différentes fins possibles à ce combat.