Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook '' Sur Votre 31 '':
- Invite: '' Mer ''
- Nombre de mots: De 100 à 1000 mots.

Contexte: UA Moderne - Ce drabble est une sorte de prologue, ou de scène '' bonus '' pour un de mes futurs OS qui devrait sortir le 25 décembre, '' Juste la fin du monde ''.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne conférence!


Cersei erre sur la plage.

C'est ce qu'elle fait la plupart du temps, maintenant.

Elle reste là, assise à regarder la mer, l'horizon, les oiseaux, ou elle marche dans l'eau, sans vraiment voir où elle met les pieds pour autant.

Cela fait six mois.

Six mois.

Elle a à peine conscience du temps qui passe.

Elle laisse ses pieds vagabonder sur le sable et son esprit vagabonder elle ne sait trop où.

Ailleurs.

Elle est ailleurs, tout comme son âme.

Il n'y a plus que son corps qui est vraiment là.

Elle s'en veut pour ça.

Il ne devrait plus être là. Elle ne devrait plus être là.

Elle se demande pourquoi, pourquoi elle est là quand lui ne l'est pas, ce qu'elle a fait de mal pour mériter ça.

En même temps, Cersei ne sera plus jamais vraiment là.

Une partie d'elle-même a définitivement quitté ce monde, au moment même où ce putain de camion est entré en collision avec leur voiture.

En pensant à cela, assise, comme à sa récente habitude, sur la plage, avec presque personne autour d'elle, seulement quelques gens, une vieille dame avec son chien, deux jeunes qui courent, une tripotée d'enfants qui ramassent des coquillages alors que le soleil qui descend doucement, parant le ciel de douces couleurs orangées, rosées, violacées, se poursuit dans les eaux profondes de l'immensité bleue qui s'étend à perte de vue devant elle, Cersei pleure.

Cela fait six mois, et pourtant, elle s'en souvient comme si c'était hier.

Elle se souvient de tout.

Le klaxon.

Le freinage.

Le bras de Jaime qu'il passe devant elle pour l'empêcher de traverser le pare-brise.

Les airbags qui se déclenchent.

Les cris.

Les sirènes.

L'ambulance.

Les médecins.

Les examens.

Les condoléances.

Les pleurs.

La solitude.

L'enterrement.

Le cercueil.

Les mots qu'elle prononce devant tout le monde, mais qui ne sont rien, comparés à la tempête qui fait rage à l'intérieur d'elle, la tempête d'émotions, mais que personne ne peut vraiment comprendre, peut-être parce au fond, même elle ne la comprend pas, elle ne comprend plus ses sentiments, elle a juste l'impression d'être vide, vide, oui, c'est ça, vide, comme les paroles qu'elle récite comme si elle les avait apprises par cœur.

Les faux sourires affligés.

Les condoléances, encore.

La solitude, encore.

La solitude, toujours.

La solitude. C'est ce qui la poursuit depuis ce jour fatidique, qui ne la quitte plus.

Cersei n'a pas revu son père, ni son frère, son autre frère, pas le bon, malheureusement, non, le bon, elle ne le verra plus jamais, plus jamais, et ça fait mal, ça fait bien plus mal que toutes les blessures physiques qu'elle a subies à cause de l'accident.

Ils ne lui ont pas adressé la parole pendant l'enterrement de Jaime, elle a juste croisé le regard de son père, réprobateur, presque de la déception dans ses iris vertes et or, comme s'il était déçu qu'elle ait miraculeusement survécu et pas son frère jumeau, comme si c'était le mauvais enfant qui était resté tandis que le bon était parti.

Elle ressent la même chose.

Quand elle s'est réveillée à l'hôpital, entourée de médecins et d'infirmières et de personnel soignant en tous genre, ils semblaient tous soulagés. À nous. Un jeune interne évalué même félicitée de s'être battue, d'avoir choisi la vie.

Il n'avait rien compris, lui.

Elle n'avait pas choisi la vie.

C'était la mort qui n'avait pas voulu d'elle.

C'était la mort qui n'avait pas voulu lui faire la grâce de l'accueillir en même temps que son frère jumeau, que son autre moitié, que son tout.

Elle aurait pu essayer de le rejoindre.

Ça aussi, elle y pense souvent, en regardant la mer.

À ce que cela ferait si elle avançait dans l'eau turquoise, sans jamais s'arrêter, ni se retourner, en s'enfonçant de plus en plus profondément dedans, pour ne plus jamais en ressortir, ou si elle s'allongeait presqu ' à l'endroit où les vagues viennent se briser et où l'écume vient de chatouiller les dunes, et attendait que les flots l'emportent.

Elle ne sait pas pourquoi elle ne l'a toujours pas fait, d'ailleurs.

Maintenant, plus rien ne la retient.

Elle n'a plus rien.

Elle est seule, et la solitude, elle n'en peut plus, elle n'en veut plus.

Si Cersei est née avec un frère jumeau tenant son pied, la suivante de seulement quelques minutes, même pas, quelques secondes, c'est bien pour ne jamais être seule.

Elle a grandi avec lui, l'ensemble connu avant même qu'ils ne viennent au monde.

Ils avaient dû le quitter ensemble. C'est ce qu'ils s'étaient toujours promis.

Mais voilà, le destin en a décidé autrement.

Jaime est mort. Cersei est vivante.

Jaime est au ciel. Cersei est devant la mer.

Mais Jaime n'est plus, alors, Cersei n'est plus vraiment non plus.


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