Hello ! J'espère que vous allez bien ! Je me suis rendue compte que je ne vous ai pas souhaité une bonne année, alors je le fais maintenant (la tradition dit que nous pouvons le faire jusqu'au 31) : Bonne année. Je vous souhaite la santé, le bonheur, la réussite… Tout ce qui fera de 2021 une belle année.

Je publie tard aujourd'hui et je m'en excuse. J'ai pris du retard dans l'écriture de ce chapitre à cause d'un blocage sur mon autre histoire (ce matin encore, seuls 1300 mots étaient écrits). Mais je voulais publier. J'ai donc passé ma journée dessus.

Message important :

Aujourd'hui, on se focalise plutôt sur Ryuga et sur son travail dans la police
Attention, certaines scènes peuvent être malaisantes (même si en lisant une histoire classée M, vous pouvez vous y attendre) ! Je préfère prévenir. Déjà, l'affaire sur laquelle Ryuga travaille dévoile des éléments un peu glauques, même si j'ai utilisé des termes qui, je pense, ne choqueront pas. Mais si le thème des agressions vous touche, ainsi que celui de la drogue, ne lisez pas ce chapitre, même s'il n'est pas entièrement écrit là-dessus.
Aussi, il y un une scène de sexe. Ce n'est pas un viol ou une agression (spoiler : c'est du RyuKyo). Si c'est ça qui vous gêne mais que le reste de l'histoire vous intéresse, j'ai mis un petit mot avant la dite scène, ainsi qu'un mot à la fin.

Voilà, fin du disclaimer. Place aux reviews :


Réponse à Wonderinn
Moi aussi, j'ai fait du basket en primaire, mais très peu de temps. Je faisais de l'escalade à au niveau à l'époque et j'étais entre deux niveaux au basket alors ça n'a pas duré. Mais j'adore ce sport.
Je trouve que Kyoya c'est tout ou rien.
Vive Ryuga !

Réponse à Komachu
Je suis contente que tu aimes voir leur vie au lycée ! J'avoue que j'aime aussi écrire comme ça. Comme ça a l'air d'avoir plu, j'en ferais peut-être un sur Chris et Dynamis.
C'est très gentil !

Answer to Coolio
Hi ! Happy new year !
I am glad you like flashbacks!
Yes Kyoya's opinion about Ryuga is changing a bit, but I plan to do more.

It was time to show a bit of Kyoya's family. Yes I see Kakeru as very talkative. Even if he is polite. The two brothers are very complementary.


Bonne lecture !

Chapitre 14 : Les prédispositions de l'alpha

"Takeda Yamada, je vous arrête pour détention et commerce de drogue ainsi que complicité de meurtre. Rendez-vous et il ne vous sera fait aucun mal, fuyez ou rebellez-vous et je tire." Déclara Ryuga avant de retirer le cran de sûreté de son arme de service.

Ryuga pointa son pistolet sur le suspect.

"Hagane ! T'as trouvé le complice ? L'appela l'alpha sans quitter le suspect des yeux.

- Négatif. Mais il y a de la drogue cachée sous le matelas et derrière les toilettes." Répondit Gingka depuis la chambre qu'il fouillait.

- Où est ton complice Yamada ?" Reprit Ryuga en s'adressant au suspect.

En réponse, le suspect montra les dents et se redressa. Dés qu'il fut en mouvement, Ryuga tira à côté de lui, dans le canapé. La balle le traversa avant de se loger dans le mur derrière. Puis, il pointa le canon de son arme sur Yamada.

"Ceci est un tir d'avertissement. Bougez une nouvelle fois et je tire dans votre jambe. Levez les bras en l'air maintenant." Le prévint Ryuga en fronçant les sourcils.

L'autre cessa immédiatement de bouger, sauf pour bouger les bras et obéir à l'officier de police aux cheveux blancs. Ryuga en profita pour s'approcher de lui. Il l'observa attentivement et une fois qu'il fut sûr qu'il ne portait pas d'arme, il lui passa les menottes. Ensuite, une fois que Gingka l'eut rejoint avec les preuves entre ses mains gantées, ils sortirent de l'immeuble où ils étaient intervenus.

Lorsqu'ils furent arrivés au poste de police de Kyoto, le suspect fut emmené en salle d'interrogatoire. Ryuga et Gingka rejoignirent leur supérieur dans son bureau. Le directeur était installé dans son siège, les coudes sur la table et les doigts joints devant son visage. Les deux inspecteurs saluèrent poliment leur chef avant de faire le compte rendu de leur mission.

"Takeda Yamada a été arrêté monsieur. Commença Gingka avant de reprendre. En revanche, Sugo Mashiro n'était pas là. Mais nous avons récupéré les drogues. Nous les avons envoyées au laboratoire pour voir si elles correspondent à celle qui étaient dans les corps des victimes.

- Bien. Atsuka, tu t'occupes d'interroger le suspect. Hagane, prends une équipe et allez à l'entrepôt où se rendaient les chasseurs de têtes que vous avez appréhendés il y a plusieurs semaines. Il est peut-être caché là-bas. Poursuivit le chef de la police.

- Bien." Répondirent les deux officiers avant de quitter la pièce.

Une fois les deux inspecteurs sortis du bureau de leur chef, Gingka croisa les bras derrière la tête alors que Ryuga arborait sa mine agacée.

"Ne t'en fais pas Ryuga. On va l'attraper. Tu vas faire parler l'autre.

- Le chef me rend dingue. Tu penses qu'un suspect irait à l'endroit même où la police a coincé ceux qui commercialisent sa drogue se sont faits arrêtés ? Réagit Ryuga.

- Non tu as raison. Mais on a pas d'autre piste pour le laboratoire clandestin.

- Ça craint… Si on arrête pas l'autre, il va trouver de nouveaux membres pour commercialiser sa drogue de merde. Souffla l'alpha.

- C'est ton rôle de lui faire cracher des informations. T'es meilleur que moi à ça. Je vais aller inspecter l'entrepôt et si je trouve des informations je reviens pour te les transmettre. Argumenta Gingka.

- C'est vrai que tu es trop gentil. Presque niais.

- Niais ? Répéta Gingka, presque offusqué.

- En tout cas, t'es pas suffisamment incisif. Tu as raison : je suis meilleur aux interrogatoires. Certifia celui aux cheveux blancs.

- Bon j'y vais.

- Fais attention. Si tu tombes dans un piège, je ne viendrai pas te chercher. Le prévint le blanc.

- Merci ! Et toi ne fais pas de mal au suspect. Et sois moins vulgaire." Se moqua Gingka avant de partir inspecter l'entrepôt avec une équipe.

Ryuga leva les yeux au ciel avant de se diriger vers la salle d'interrogatoire...


xxx


La nuit était bien entamée lorsque Ryuga entra dans la maison qu'il partageait avec Kyoya et leurs futurs enfants. L'interrogatoire s'était éternisé et n'avait pas mené à grand chose. Le lieu où se cachait le complice et celui où se trouvait le laboratoire étaient inconnus. Mais Ryuga pensait que le suspect ne savait rien. Peut-être qu'il se contentait de gérer les relations avec ceux qui étaient chargés de distribuer la drogue. L'alpha sentait que l'autre était à bout de nerfs, presque terrorisé par l'inspecteur. Gingka n'avait rien trouvé de nouveau dans l'entrepôt et aux alentours. Le blanc avait ensuite rédigé son rapport. Ainsi, le lendemain, il aurait le temps de se consacrer aux patrouilles et aux recherches au lieu de faire de la paperasse. L'alpha n'avait pas vu le temps passer et quand il avait vu l'heure, il s'était dépêché de quitter son lieu de travail pour rejoindre son foyer.
A cette heure, Kyoya devait dormir depuis un moment. Mais Ryuga savait que son mari était anxieux lorsqu'il n'était pas là, surtout en cette période. Il avait été si absorbé par son travail qu'il n'avait même pas envoyé un message pour le prévenir. Quand il entra dans la cuisine, l'inspecteur vit le plat qui était posé sur la table et le post-it qui était posé sur ce dernier.

Mange.

Un ordre. Ryuga eut un sourire : ça ressemblait bien à Kyoya. Il avala rapidement son repas avant d'aller prendre un douche et de se préparer à se coucher. La journée avait été éreintante et à l'idée d'avoir la même demain, Ryuga désirait rester au chaud sous les draps, Kyoya contre lui, bien qu'il aimait son travail. Il passerait la journée à chouchouter son oméga tendrement et à parler à ses enfants qui se développaient au chaud.
Prudemment, il entra dans la chambre, puis rejoignit le lit où son oméga dormait pour s'y allonger. L'alpha aux cheveux blancs se coucha proche du dos de son mari et doucement, il passa une main sur sa taille et déposa un baiser sur la ligne de sa mâchoire.

"Tu rentres tard." Entendit-il.

La lampe de la table de chevet s'alluma, éclairant la pièce. Ryuga vit Kyoya se tourner pour lui faire face. Il put apercevoir le regard bleu de son mari, encore empreint au sommeil.

"Tu aurais dû rester endormi. Dit Ryuga à voix basse.

- Je t'ai senti arriver. Rétorqua l'oméga aux cheveux verts en passant une main sur sa joue.

- J'ai pourtant été discret. Tu as passé une bonne journée ?

- Oui. J'ai raconté des histoires aux enfants aujourd'hui.

- Comment vont-ils ? S'interrogea Ryuga en regardant le ventre de son oméga.

- Ils vont bien. Il y en a toujours un seul qui bouge beaucoup. L'autre est calme. Affirma Kyoya alors qu'il sentait la main de son mari sous son tee-shirt pour caresser son ventre.

- Ils ont dû aimer les histoires.

- Et toi ? Ton intervention ? S'enquit Kyoya, curieux.

- On en a seulement coincé un sur les deux. Alors ce n'est pas une réussite.

- Même toi tu ne peux pas avoir tous les méchants d'un coup. Le rassura celui aux cheveux verts.

- J'aimerais bien. C'est une sale histoire."

Ryuga ne donna pas plus de détails. Ce n'était pas le moment pour parler de l'affaire de trafic de drogues qui avait lieu en ce moment. Actuellement, il désirait juste passer du temps avec Kyoya. Doucement, il nicha sa tête dans le creux du cou de son oméga pour humer son odeur, tirant ainsi une inspiration bruyante à ce dernier. Il sentait la menthe douce, odeur qu'il adorait sur lui depuis qu'il l'avait sentie pour la première fois. Mais il y avait quelque chose de différent. C'était subtile et d'autant plus irrésistible.

"Tu sens bon. Il y a quelque chose qui a changé dans ton odeur. Ajouta Ryuga, la tête contre le cou de son mari.

- Tu n'aimes pas mon odeur habituelle ?

- Bien sûr que si. Mais il y a quelque chose de différent. Insista celui aux yeux dorés.

- C'est à cause de mon état. C'est l'odeur du fœtus. Le médecin m'a dit qu'on pouvait sentir ton odeur dans la mienne mais tout le monde ne le sent pas. Ça peut prendre plusieurs mois avant de sentir une différence. L'informa Kyoya en passant une main dans les cheveux de son alpha.

- Ça risque de te donner une raison de plus pour me dire que je pue.

- Eh je ne te l'ai plus dit depuis que mes nausées se sont arrêtées." Marmonna Kyoya.

Ryuga posa ses lèvres sur celles de son mari pour un échange passionné. La pression dans ses cheveux s'accentua alors que sa main à la passa sur sa taille, puis sa hanche. Ryuga sentit son oméga frissonner alors qu'il savourait le contact de leurs lèvres.
Lorsque leur embrassade prit fin, Ryuga garda le plus de contact physique possible, tout en prenant garde à ne pas s'appuyer sur le ventre de son mari. Il posa son front contre celui de Kyoya dont le regard commençait à s'embuer de plaisir, chassant les dernières brides de son sommeil.

"Ce n'était pas prévu au programme monsieur l'inspecteur.

- C'est vrai. Mais si je te laisse comme ça tu m'en voudrais. Je sens que tu en as envie. Mais si tu ne le veux pas, dis le moi. Je ne te force à rien. Répondit Ryuga pour le sécuriser.

- Comment pourrais-je me sentir forcé avec un mari qui trouve l'énergie pour me faire des gâteries après une journée de travail à courir après les méchants ? Le questionna Kyoya.

- Tu veux que je te passe les menottes ? S'amusa l'alpha.

- Ce ne serait pas la première fois.

- Tu es en train de me provoquer.

- Vraiment ? S'amusa Kyoya alors qu'il effleurait le cou de son lié.

- Oui vraiment.

- Alors qu'est-ce-que tu attends pour répondre ?

- Préviens-moi s'il y a quoi que ce soit." Assura Ryuga en ignorant sa dernière question.

(Présence d'une scène de lemon)

Après un autre baiser, Ryuga nicha sa tête dans le cou de son oméga pour l'embrasser sur toute cette zone alors qu'une de ses mains caressait doucement son ventre pour continuer sa route sous ses sous-vêtements. Kyoya gardait une de ses mains dans les cheveux de son alpha pour les caresser et les tirer en douceur alors que l'autre s'accrochait à son cou. Les odeurs des deux amants enivraient la chambre, effluves de leur excitation.

Les deux adoraient ces moments où ils profitaient d'être en compagnie de l'autre, où ils laissaient s'exprimer physiquement toute l'affection et le désir qu'ils manifestaient l'un envers l'autre. Les circonstances imposaient que ces instants soient plus doux, que l'alpha fasse attention à ses gestes et que Kyoya se tienne correctement. Mais rien n'atténuait la passion qu'ils se témoignaient lorsqu'ils faisaient l'amour.

Après s'être déshabillé, non sans l'aide de son oméga, l'alpha aux cheveux blancs retira en douceur les vêtements de son mari. Puis, il s'occupa de flatter son épiderme à coups de baisers. Installé sur le côté afin de ne pas être gêné par son ventre, Kyoya sentait d'agréables picotements remonter le long de sa colonne vertébrale alors que son mari descendait toujours plus bas, laissant une traînée de baisers et de caresses sur sa peau. La respiration de l'oméga s'accéléra et de petits gémissements s'y mêlaient. Ryuga s'installa dans le sens inverse de celui de son mari, le haut du corps au niveau du bassin de Kyoya, son oméga ayant accès au sien.
Ryuga écarta les cuisses de celui aux cheveux verts, les caressant à l'intérieur. Il entendait les gémissements de son mari qui bougeait les hanches.

"Ryu... " Quémanda-t-il.

Ryuga entendit le ton suppliant de son mari. Il l'appelait par son surnom dans les moments les plus intimes de leur quotidien ou lorsque Kyoya était submergé par ses émotions.

"Ne sois pas si impatient." Le conseilla son alpha.

Le blanc passa une des jambes de son oméga sous son aisselle pour accéder à son intimité. Il s'installa par dessus l'autre et passa ses doigts sur son fessier, arrachant un gémissement plus fort à Kyoya. Du bout des doigts, ils traçait des cercles invisibles sur sa peau. Kyoya ressentit des frissons le long de son corps alors que le membre dressé de son alpha se présentait dans son champ de vision. Le sien était dans le même état et il espérait que Ryuga ne tarderait pas trop.

Puis, l'oméga eut une idée. Une lueur joueuse passa dans ses prunelles bleues.

Ryuga sentit le muscle humide de son mari sur son membre et il plongea sa tête entre ses cuisses pour étouffer un gémissement. Kyoya prenait sa virilité en bouche, la faisant glisser entre ses lèvres. Si Ryuga voulait le faire patienter, ce n'était pas son cas. Sa libido décollait durant le second trimestre et il avait besoin du corps de son alpha contre lui. Sa main s'appuya contre la cuisse de son alpha alors que ses lèvres exerçaient des aller-retours sur la virilité de son homme. Ryuga soupira de plaisir face au traitement de son mari. Lui qui avait prévu de lui donner du plaisir le premier, il se retrouvait prisonnier de celui que lui donnait Kyoya.
Pour lui rendre les sensations qu'il lui offrait, la main de Ryuga prit et entama de lents va-et-vient sur le membre gorgé d'excitation de Kyoya qui émit un gémissement étouffé par le sexe de son alpha. Sa bouche vint s'acharner sur les cuisses de son amant, tantôt en les embrassant, tantôt en les mordillant. Sa main libre se plaqua sur les fesses de celui qu'il avait mordu et les pelota sa ménagement. De le même temps, Ryuga amorça des mouvements du bassin, incitant Kyoya à accélérer les mouvements de ses lèvres sur son sexe gorgé. Kyoya, en sentant toute les attentions de son mari sur son corps, lâchait des cris étranglés par l'entrejambe de son alpha dans sa bouche. Mais cela ne l'empêchait pas de ressentir du plaisir, si bien qu'il en tremblait.
L'orgasme ne tarda pas à venir. Celui de Kyoya le premier dans un long gémissement dont la sonorité fut étouffée. L'oméga ne pouvait plus encaisser les vagues de plaisir qui le secouaient, tant par les gestes de Ryuga sur son sexe que ses propres gestes sur le membre de son mari. Celui de Ryuga vint juste après, en même temps qu'un râle de plaisir. Les deux liés restèrent dans cette position de longues minutes, chacun profitant du contact de l'autre. Ryuga continuait ses caresses sur le corps de son mari qui respirait bruyamment.

L'alpha se redressa pour venir embrasser son oméga qui était en train de reprendre sa respiration. Il se colla à son dos et huma encore une fois son odeur alors que sa main passait sur son torse, rejointe par celle de Kyoya dont le regard se fermait petit à petit à mesure que sa respiration reprenait un rythme normal.

"Tu es épuisé… Constata l'alpha.

- J'avais trop envie. J'aurais voulu plus. Minauda Kyoya.

- N'en dis pas plus. Ce n'est pas raisonnable.

- Je serais plus raisonnable si t'étais moins attirant…

- Parce que c'est ma faute en plus ? Réagit Ryuga, bien qu'amusé par la situation.

- Oui. Tu es responsable de mon état. Se moqua celui aux cheveux verts.

- Tu recommences avec ça. Soupira l'alpha avant de poursuivre. Je reviens.

- Où tu vas ?

- Chercher de quoi te nettoyer. Tu ne vas pas aimer si je t'emmène jusqu'à la douche maintenant. Et puis ça risquerait de t'exciter davantage. Tu dois te reposer."

Ryuga se sauva du lit avant que son oméga ne réagisse et ne le frappe, gentiment, pour se venger de sa provocation mesquine. Mais l'alpha apparut quelques secondes après avec un gant de toilette humide. Consciencieusement, il s'appliqua à le nettoyer en douceur.

(Fin de la scène)

Une fois que son mari fut correctement nettoyé, Ryuga s'allongea contre son dos. Il rabattit la couverture sur leurs corps avant de lui donner un dernier baiser au coin des lèvres et de lui souhaiter une bonne nuit.


xxx


"Chef, pouvez-vous m'expliquer en quoi cette affaire est importante ?" Demanda l'agent qui l'accompagnait alors qu'ils inspectaient le quartier où ils patrouillaient.

Ryuga détourna les yeux vers le jeune agent dont il avait la charge. Kenta Yumiya était un jeune homme qui sortait tout juste de l'école de police. Vingt-deux ans, bêta, la peau claire, les yeux marrons, les cheveux vert clair et l'uniforme parfaitement ajusté, ce petit gars avait du potentiel. Ryuga savait qu'il lui restait nombre de choses à apprendre et de l'expérience à accumuler, mais elle viendrait à mesure qu'il fréquenterait le terrain. Pour une raison qu'il ignorait, ce gamin avait l'air de l'apprécier. L'alpha n'avait pourtant pas l'impression d'être particulièrement accueillant avec les nouveaux. D'ailleurs, il n'aimait pas vraiment qu'on lui attribue un bleu dans une affaire aussi délicate.

"Je veux dire… La police déploie des inspecteurs comme vous ou monsieur Hagane. Pour que des éléments comme vous soient sur le terrain, c'est important non ? Pourtant, c'est du trafic de drogue." Rectifia le garçon.

Ryuga soupira. Cela montrait bien à quel point ce garçon était inexpérimenté. Il ne voyait pas pourquoi ses supérieurs avaient envoyé des nouveaux sur une affaire qu'ils ne donnaient même pas la peine de leur expliquer.

"Le quartier où nous sommes est un des plus chauds de la ville.

- Oui nous sommes à Pontocho. C'est à cause de toutes ces affaires de prostitution c'est ça ? Demanda le plus jeune.

- C'est vrai que ça part de là. C'était aussi un quartier très fréquenté par les yakuza et c'est ici que Gingka et moi avons arrêté le trafiquant il y a deux jours. Mais son collègue doit encore être dans les environs. Un témoin a signalé sa présence dans un tabac il y a deux heures. C'est pour ça qu'on patrouille en duos. Expliqua l'alpha.

- Je vois. Mais en quoi cette affaire est importante pour qu'on place des débutants avec des inspecteurs ?

- On manque de moyens alors vous vous retrouvez sur le tas.

- Et c'est quoi cette drogue ?"

Ryuga fronça les sourcils avant de se retourner. Il avait l'étrange impression d'être observé. Mais ne remarquant personne d'étrange, il dirigea à nouveau son regard vers celui de Kenta, brillant de curiosité.

"Il y a quatre mois, la police a retrouvé deux omégas ici, tous les deux morts. Quand les corps ont été examinés, il est ressorti qu'ils avaient été drogués, puis abusés avant d'avoir été tués par arme blanche. Commença Ryuga.

- C'est horrible…

- C'est pas le pire. La drogue en question est fabriquée à Kyoto. Cette drogue est nouvelle sur le marché noire. Elle aurait l'effet de déclencher artificiellement les chaleurs des omégas. On a arrêté ceux qui la faisaient circuler il y a quatre semaines. Mais nous n'avons pas encore ceux qui la fabriquent et leur laboratoire ainsi que ceux qui l'ont entre leurs mains. Mais on suppose qu'elle servira..." Continua l'alpha avant de voir une silhouette qui le coupa dans ses explications.

Ryuga réagit tout de suite : il prit son arme et poussa le jeune agent contre le renfoncement d'une rue avant de regarder l'homme qui se tenait une dizaine de mètres devant lui. L'alpha braqua son arme sur lui. Il avait vu son dossier : c'était celui que la police recherchait, il appartenait au groupe qui fabriquait la drogue. Sugo Mashiro. Il était également suspecté d'avoir tué les deux omégas dont il venait de parler à Kenta. Ses empreintes et sa salive avaient été retrouvées sur le corps d'une des victimes.

Les deux hommes se regardèrent une seconde qui sembla durer une éternité avant que le suspect ne se mette à courir, Ryuga à sa suite. A cette distance, il n'était pas sûr de l'avoir en lui tirant dessus.

"Inspecteur Atsuka. Tenta Kenta en se relevant.

- Ne bouge pas Kenta. Appelle les autres groupes et dis leur que je m'occupe de lui. Qu'ils fassent barrage aux frontières de la rue et près du canal ! Ordonna Ryuga alors qu'il s'éloignait.

- A-A vos ordres chefs !"

Je ne te lâcherai pas avant de t'avoir coincé.

C'était la seule chose à laquelle il pensait alors qu'il poursuivait le fuyard. Ce dernier bifurqua dans une ruelle qu'il emprunta à son tour, toujours son arme à la main. Il n'avait pas encore retiré le cran de sûreté par sécurité. Vu comme il serrait son arme, il aurait pu tirer sans le vouloir. Hors, ce n'était pas le moment de faire une bavure.
L'autre tentait d'escalader l'échelle de secours d'un immeuble pour lui échapper en filant sur les toits. Mais l'alpha rangea son arme dans son étui, puis sauta pour s'agripper à une de ses jambes. Le suspect cria sous la surprise, mais il ne lâcha pas prise. Avec sa seconde jambe, il tenta de donner un coup de pied au visage du membre des forces de l'ordre. Mais Ryuga enciassa en plaçant son bras avant que la botte de l'autre n'entre en contact avec son visage. Le fuyard retenta et s'il réussit à lui donner quelques coups, aucun ne fit lâcher celui qui le poursuivait. Il n'avait pas l'air sonné. A l'odeur qui se dégageait de lui, Sugo Mashiro savait que c'était un alpha.
Ryuga prit ensuite appui sur un des barreaux de l'échelle pour sauter à nouveau. Cette fois, il accrocha le cou de l'autre et ses pieds poussant sur le mur, le suspect ne put se retenir. L'inspecteur et lui tombèrent sur le sol et alors qu'il essayait de se lever, l'alpha le maintenait toujours.

Voyant à quel point le suspect était virulent et qu'il ne pouvait utiliser son arme, Ryuga fit usage de la soumission. Les puissants alphas étaient capables de les utiliser, même sur les bêtas. Il déploya les phéromones à cet effet et l'autre se crispa pendant de longues secondes. Le blanc en profita pour le faire se retourner. Plaqué ventre à terre, le genoux de l'inspecteur contre son dos et les menottes aux poignets, le suspect fut incapable d'opposer plus de résistence. Jamais il n'avait vu un tel alpha.
Ryuga avait toujours évité d'utiliser la soumission. A vrai dire, il ne s'autorisait pas à l'utiliser, sur personne. Mais ce type était une exception. Vu l'affaire dans laquelle il trempait, il ne pouvait pas le laisser s'enfuir. Et il ne pouvait pas le lâcher pour prendre son arme et lui coller une balle dans la jambe. Il fallait le dissuader de se battre.

"Sugo Mashiro. Espèce de raclure. Je t'arrête pour détention de drogue et homicide volontaire." Tonna Ryuga en maintenant l'autre à terre.

- J'ai rien sur moi monsieur l'inspecteur.

- J'ai arrêté ton complice et on a trouvé ta merde dans ton appartement. Et ton ADN a été retrouvé sur le lieu du crime et sur une des victimes. Je suis sûr que tu vois de quoi je parle. S'énerva l'alpha.

- Si vous parlez de mon ex monsieur, elle ne m'a pas repoussé quand on a couché ensemble. Un alpha comme vous a bien dû utiliser la soumission pour arriver à ses fins avec quelqu'un non ? Alors une oméga en chaleur est forcément consentante." Ricana l'autre.

Si cela pouvait ressembler à un quelconque aveu, Ryuga ne s'en rendit pas compte. L'image de Kyoya s'imposa et la perspective que son oméga se soit retrouvé dans une situation similaire le mit en colère. Sans qu'il ne puisse le contrôler, l'alpha le frappa au visage et il aurait recommencé si son collègue inspecteur et l'équipe qui l'accompagnait n'étaient pas arrivés à ce moment-là pour l'en empêcher et embarquer le suspect dans un véhicule.


xxx


"Tu dois apprendre à te contrôler Astuka ! Imagine si Hagane n'était pas arrivé !"

Il l'aurait bien plus amoché.

Assis à son bureau, Ryuga essuyait les remontrances de son supérieur. Son acte avait été rapporté et le chef n'allait pas passer l'éponge sur son comportement. Ce n'était pas pour l'utilisation des phéromones de soumission qu'il avait été convoqué mais bien pour le coup, chose qu'il trouvait risible. Mais il n'allait pas en rajouter pour donner plus d'occasions à son chef de parler tout seul. Il se contentait de le regarder et de l'écouter.

"Tu es un excellent élément mais ta force ne te sert pas à frapper les civils. C'est un suspect certes, mais il était immobilisé !" S'exclama le chef du département de police.

Ryuga ne répondit pas. En fait, il essayait de se concentrer sur une image qui pouvait l'apaiser. Depuis qu'il était rentré au poste, l'alpha était sur les nerfs.

Je dois penser à Kyoya. Aux bébés. A mon frère. A mes parents. A la séance de sport qui va me défouler. A n'importe quoi qui me fasse sortir les mots de cet enfoiré de ma tête.

"Tu sais que ta condition est exceptionnelle et je reconnais qu'elle est un atout. Mais tu ne peux pas user de ta force sur les civils."

Il le savait. Mais il n'avait pas pu se retenir lorsqu'il avait entendu cet homme. L'espace d'un court instant, il avait visualisé son mari à la place des victimes : maculé de sang et des pilules dans l'estomac. Cette vision ne fit qu'augmenter sa rage.

"Et calme tes phéromones." Lui prescrit le chef avant de lui donner l'autorisation de quitter le bureau.

Il se retrouva vite dans son bureau, seul, assis sur sa chaise, une tasse de café à la main, les yeux rivés sur le plafond.

Il souffla un grand coup avant de voir la porte de son bureau s'ouvrir. Les commissures de ses lèvres se retroussèrent. Il n'y avait que Gingka pour entrer dans son bureau sans frapper.

"Je t'avais pris un café. Mais je vois que tu en as déjà un." Rit-il.

Le rouquin s'assit sur la seconde chaise de la pièce et Ryuga le fixa, un sourcil haussé.

"Le chef a été dur avec toi. Le suspect n'a rien de cassé. Bon sa mâchoire a viré au violet mais à part un bleu ou deux il n'a rien.

- J'en ai rien à foutre de ce que peut me dire le chef.

- Mais je comprends sa réaction. Et sois moins vulgaire. Tu dois te détendre : tu as fait une super intervention. Tu as protégé le petit Kenta et t'as appréhendé le suspect tout seul. Mais ce n'est pas surprenant venant de toi. Tu as une condition incroyable, même pour un alpha..." Le rassura Gingka.

Alors que son collègue continuait de parler, Ryuga repensait à ce que l'on disait le plus souvent de lui : sa condition incroyable.


xxx


Ryuga avait toujours senti un décalage entre lui et les autres. Depuis qu'il était petit, il était salué pour ses actes. Les premiers à s'être rendus compte de cela furent ses parents. Que ce soit à l'école ou en sport, leur fils aîné sortait du lot. Ses professeurs s'en étaient aussi aperçus : premier à la course, dégageant quelque chose pour son âge, possédant une immense soif d'apprentissage.

Il était surtout conscient du monde dans lequel il vivait.

Alors lorsqu'il avait reçu les résultats de ses tests, personne n'avait été surpris quand ces derniers avaient révélé qu'il était un alpha. Sa mère était comme lui : une alpha d'une grande lignée, dégageant quelque chose d'imposant et de puissant. Mais elle n'avait pas eu le loisir d'avoir une telle éducation, chose qu'elle s'était efforcée de corriger pour instruire ses fils, tout comme son père le faisait. D'ailleurs, le fait qu'il soit un oméga n'avait jamais été un problème pour lui.

Un jour, alors qu'il était en primaire, un autre petit garçon s'était moqué de son paternel. Ryuga s'était jeté sur lui et il avait fallu que le prof le sépare de celui qu'il avait frappé pour qu'il s'arrête. Ses parents l'avaient grondé lorsque le directeur s'était présenté à eux. Mais quand ils furent tous les trois réunis, ses parents l'avaient félicité, non pas parce qu'il avait frappé quelqu'un, mais parce qu'il avait défendu son père.

Sa mère l'avait prévenu que s'il tentait d'utiliser la soumission sur son père pour se défaire de son autorité, elle se mettrait en colère et que même s'il changeait de pays, rien ne l'arrêterait pour lui mettre un coup de pied aux fesses. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'utiliser les privilèges de sa condition d'alpha sur les omégas et encore moins sur son père. Comme ses parents s'étaient doutés de sa condition, ils avaient pris soin de lui inculquer les bonnes manières et le respect des autres, particulièrement des omégas.

Pourtant, quand il en croisait, il avait remarqué à quel point ils semblaient effrayés par sa présence, même s'il ne leur témoignait aucune animosité. Ils le voyaient comme un prédateur, certainement parce qu'il dégageait cette impression de pouvoir dominer n'importe qui. A vrai dire, rien que son odeur en dérangeait plus d'un, trop forte pour eux. Même certains bêtas se méfiaient de lui.

Ses compétences avaient augmenté lorsque sa nature s'était révélée et rapidement, il avait inspiré la crainte autant que l'envie. La crainte de subir, l'envie de lui ressembler.

Lui aussi, bien que sa condition n'était pas comparable aux omégas, avait été jugé par rapport à sa nature.

Et puis il avait connu un oméga aux cheveux verts. Jamais Ryuga n'avait vu un tel regard, brûlant de détermination. Le bleu était une couleur froide et pourtant, Ryuga discernait les étincelles qui dansaient dans ses yeux. Il l'avait défié, le provoquant en duel au basket alors que tout le monde disait qu'il était le meilleur.
Peu importait le nombre de fois qu'il tombait, le nombre de fois ou il perdait, ce garçon revenait à la charge. S'il avait toujours été considéré comme à part, même pour un alpha, était entré dans sa vie un lycéen qui ne ressemblait en rien aux omégas de son âge. Il n'était pas incommodé par son odeur, il tenait tête aux autres, quel que soit leur statut, il cherchait à lutter contre sa nature.

Il avait été heureux à ce moment là.

Ryuga n'avait pu sentir son odeur puisqu'il utilisait des médicaments capables de la dissimuler.

Mais quand il ne pouvait plus en prendre puisqu'ils le rendaient malade et que son odeur était perceptible, l'alpha s'était déjà attaché à sa présence. Il s'était rendu compte à quel point ce garçon était important pour lui, bien qu'il n'avait pas encore le moindre désir à son égard, contrairement à ce que pensait l'autre.


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Et près de dix années plus tard, ce même garçon aux cheveux verts, qui n'avait rien perdu de son caractère, attendait leurs enfants, des jumeaux qui viendraient au monde d'ici quatre mois et une semaine.


Et voilà un chapitre consacré à Ryuga !
Je pense que c'est un des chapitres que j'ai préféré écrire. De temps à autres, il y aura des morceaux de chapitres sur les affaires sur lesquelles travaille Ryuga.

J'espère que ça vous a plu !

Je vous dis à demain pour ceux qui suivent la part d'ombre (chapitre que je n'ai pas posté dimanche mais qui sera publié demain -il ne reste plus qu'à le corriger-). Et à la semaine prochaine pour la suite où vous retrouverez Dynamis, Chris et leur petite Haruka !

Prenez soin de vous !