Auteur: Kuro-Hagi – 14/10/2020

Genre: Romance – Yaoi – Friendship – Hurt/Comfort

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki, sauf l'OC.


14. ARMOR / ARMURE

Je ne comprends pas ce qui se passe. J'ai l'impression que Yuu est distant. Il me sourit, il reste gentil… égal à lui-même, attentif. Mais distant. Comme s'il avait enfilé construit un mur entre-nous, ou qu'il avait enfilé une armure pour m'empêcher de l'atteindre. Comme si notre complicité avait disparu.

Je ne comprends pas et ça me fait mal. L'espèce de vide que Yuu avait commencé à combler de sa présence, de son amitié vient de se creuser d'un coup. J'ai l'impression de me noyer dedans et de m'asphyxier. Et ma peau commence à me démanger, de cette impression de picotement qui se glisse sous mon épiderme et que je ne peux pas soulager. Mon cœur s'emballe.

« Ryou ? Ça va ? »

Je lui souris. Non ça va pas. J'ai froid. J'ai les tripes nouées, des sueurs froides et cette démangeaison. Je me sens oppressé. Je me sens vulnérable, exposé. Comme s'il allait voir en moi le gars qui dérape. Il a remis son armure mais ça fait longtemps que la mienne à voler en éclat face à lui. C'était une armure de merde de toute façon. Je ne sais pas me protéger. J'ai jamais su. Sauf avec ce sourire. Plus qu'une armure c'est un pauvre bouclier, pauvre rempart face au reste du monde. Alors je tente de lui sourire ouais, de donner le change. Comment lui avouer ? Comment lui avouer que j'ai peur de sa distance ?

J'ai l'impression que mon t-shirt me colle à la peau. Je transpire beaucoup trop et une sensation trop familière accompagne les démangeaisons. J'ai froid. Je me frotte les mains en un tic nerveux. Faut que je rentre chez moi. Faut que je me barre.

« Ouais… J'crois que couve un truc… Je vais rentrer. »

Je tremble. Mon cœur bat de plus en plus vite. Non… Non… ça faisait trop longtemps que c'était pas arrivé. Je me lève chancelle un peu, mais m'échappe avant qu'il n'intervienne, avant qu'il ne me touche.

« A… A plus… OK ? Je… Faut que je rentre… »

Je rejoins en trombe la sortie du restaurant. En tout cas j'ai l'impression, mais je ne dois pas être si rapide que ça. Sa main se pose sur mon épaule alors que je suis à quelques pas de l'extérieur.

« Ryou ! T'es sûr ? T'as vraiment pas l'air bien… Je peux te raccompagner.

— NON ! … »

Je déglutis. Je vois la surprise de m'entendre crier. Je ne m'attendais pas non plus à une réaction aussi virulente.

« Désolé. On s'appelle. Ok ? »

Je n'attends pas sa réponse. J'ai besoin d'air. Je sors. Le manque fait trembler mon corps violemment. J'ai peur. Les larmes brouillent ma vue. Je hèle un taxi et fébrilement donne mon adresse. J'ignore les regards suspicieux du chauffeur. Et je ferme les yeux, je me répète les mots de ma thérapeute et j'essaie de traverser ça. Faut juste que je rentre chez moi, et que je sois en sécurité.