DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3
Cette traduction est aussi disponible sur AO3.
Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte
Les jours commencèrent à tous se ressembler.
Ils marchèrent encore et encore mais Mirkwood continuait de s'étendre, sans fin, devant eux. L'hiver devint encore plus fort, jusqu'à ce que la neige couvre tout à perte de vue alors que les arbres ne devenaient rien de plus que des squelettes. Leurs provisions commencèrent à diminuer et sans Beorn et Tauriel, Bilbo n'aurait pas su comment trouver de la nourriture et de l'eau fraiche. Le seul point positif de leur voyage était qu'ils n'avaient pas rencontré un seul orc ou autre danger.
« Est-ce que vous pensez que c'est étrange que nous n'ayons pas vu d'orcs ? » Demanda-t-il un jour à ses camarades alors qu'ils s'installaient pour le repas du midi.
« Les patrouilles de Mirkwood ne laisse pas passer les orcs, » Expliqua Tauriel en se brossant les cheveux.
« A moins qu'ils n'aient une armée de gobelins et de wargs, » Interrompit Bard sans lever les yeux de l'arc qu'il nettoyait.
Tauriel lui frappa le genou avec son peigne avant de reprendre sa tâche. « Il était plus sûr et intelligent de laisser passer l'armée que de tenter de les arrêter avec le peu de soldats que nous avions. En les laissant passer, nous pouvions les diriger vers nos forces principales et les éliminer là-bas. »
« Est-ce qu'il y avait des retardataires ? » Demanda Beorn en regardant Tauriel se brosser avec un regard émerveillé. Bilbo avait l'impression que le changeur de peau n'avait jamais vu un peigne de sa vie si l'on en croyait l'état de ses cheveux.
« S'il y en avait les éclaireurs les ont tués, » Réalisa Bilbo en jouant avec ses perles. « Je suppose que ça explique pourquoi nous n'en avons pas vu depuis notre départ d'Erebor. »
« En fait, nos éclaireurs ont rapporté quelque chose d'étrange, » Ajouta Tauriel en arrêtant de se brosser et en les regardant avec les sourcils froncés. « Avant d'entrer dans Mirkwood, les armées se sont séparées ; un groupe vers Mirkwood et un vers le sud. Nos éclaireurs les ont suivis mais ont fini par les laisser tranquilles puisqu'ils n'avaient pas prévu d'entrer dans notre territoire. »
« Quoi, tu veux dire qu'il y a une partie de cette armée quelque part ? » Résuma Bard en levant les yeux de son arc. « Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ? Pourquoi est-ce que vous les avez laissés partir aussi facilement ? Ils pourraient être en train d'attaquer un autre royaume ! »
« Ce n'était pas ma décision, » Défendit l'elfe d'un air renfrogné. « Le roi nous a ordonné de les laisser et de nous concentrer sur les forces traversant Mirkwood. Ils étaient une plus grande inquiétude pour lui que les orcs en dehors de son royaume. »
Bilbo frissonna, et pas à cause de la météo. « Si une partie de l'armée s'est retirée alors nous n'avons pas affronté le plein pouvoir des orcs. C'est pour ça que Thorin Fili et Kili sont toujours en vie ; parce que l'ennemi était plus faible. Et maintenant que j'y pense, nous avions perdu plus de vies et avions été plus gravement blessés la première fois. »
Tauriel et Bard le fixèrent avec des expressions horrifiées alors que Beorn soupirait profondément. « Si les forces restantes sont allées au sud, alors il n'y a qu'une seule destination possible, » Dit lentement l'ours en regardant le hobbit dans les yeux.
Il avala sa salive et hocha la tête. « Le Mordor. »
« Mais pourquoi séparer leurs forces comme ça ? Pourquoi ne pas rester ensemble et nous écraser ? » Demanda Tauriel en regardant entre le changeur de peau et le cambrioleur.
« Parce que quelqu'un leur a dit de ne pas le faire, » Répondit doucement Bard alors que ses mains se mettaient à trembler. « Quelqu'un savait qu'ils allaient perdre et ne voulait pas sacrifier autant de soldats pour une défaite. Quelqu'un qui savait exactement ce qui allait se passer et a fait des plans comme toi depuis le début. »
Bilbo ferma les yeux et essaya de ne pas vomir. « Sauron. »
« Nous devons le dire aux autres, » Déclara Tauriel après avoir avalé la vérité indéniable devant eux. « Ils doivent savoir qu'il a un gros avantage sur nous. »
« Comment ? Nous sommes à des kilomètres et n'avons aucun moyen de communiquer, » Pointa Bilbo en se frottant le front.
L'elfe montra la forêt du menton. « Je peux trouver un éclaireur dans les bois et lui demander d'envoyer un message au roi. »
« Combien de temps ça va prendre ? » Demanda Beorn en tapant un rythme rapide sur son genou.
« Je ne sais pas, » Admit-elle, en se mordant la lèvre. « Entre quelques heures et quelques jours ; cela dépend de la rotation qu'ils utilisent. »
Bard ricana et secoua la tête. « Super. Et que faisons-nous en attendant ? On s'assoie et on tricote ? »
« Et pourquoi pas te coudre la bouche ? Ce serait une super utilisation de ton temps, » Suggéra Tauriel avec un doux sourire.
« Bien sûr, et pendant qu'on y est tu peux tenter de retirer ce bâton de ton cul, » Répondit l'homme sans hésitation.
L'elfe tapa des mains et s'extasia. « Bonne idée ! Comme ça j'aurais quelque chose pour te frapper ! »
« Beorn, pourquoi est-ce que j'ai pensé que c'était une bonne idée de vous inviter ? » Demanda Bilbo alors que le duo commençait une nouvelle performance.
« Tu ne l'as pas fait. On s'est invités nous-mêmes, » Répondit l'ours en regardant la scène avec un sourire en coin.
« Une décision que je regrette grandement, » Marmonna-t-il avant de s'avancer jusqu'à se tenir entre les deux. « Assez vous deux. Nous n'avons pas le temps de nous disputer. Tauriel, tu devrais aller chercher tes éclaireurs. Nous allons t'attendre ici. »
Tauriel lança un regard noir à Bard avant de hocher la tête. « Je suis d'accord. Je reviens le plus vite possible. Restez vigilants et n'entrez pas dans la forêt. Si vous y êtes forcés, envoyez Bard en appât. »
« Wow, merci de ton inquiétude, » Dit l'homme d'une voix monotone.
« Pas de problème, » Répondit Tauriel avec un sourire en coin avant de disparaître dans la forêt sans un bruit.
Bard ricana. « Crâneuse. »
Avec leur guide partie, les trois compagnons restants s'installèrent pour la nuit. Bilbo fut reconnaissant du délai. Ses côtes lui faisaient toujours mal et il était fatigué et raide. Cela l'agaçait d'avoir un corps aussi faible. Après tout son entraînement et sa marche, il pensait être en meilleure santé. Apparemment son corps en avait une idée différente.
« Chiot, tu as quelques gamins, non ? » Demanda Beorn d'un coup alors qu'ils étaient assis autour du feu.
Bard leva les yeux au ciel mais hocha la tête. « Oui. J'en ai trois : deux filles et un garçon. Pourquoi ? »
Le changeur de peau haussa les épaules. « Je me posais la question. C'est dur d'être père ? »
« Uh, parfois ? » Répondit Bard en clignant des yeux. « Le plus dur était à la mort de Mari, mais c'est devenu plus simple avec le temps. »
Beorn hocha la tête alors qu'il fronçait les sourcils et se frottait la mâchoire. « C'est logique. Alors qu'est-ce qui est le plus dur quand on est père ? Les nourrir ? Essuyer leurs larmes ? Les écouter geindre ? »
L'archer leva lentement les sourcils en fixant le changeur de peau. « Beorn, pourquoi tu me demandes ça ? »
« Le lapin m'a dit que j'ai un fils dans le futur, » Expliqua l'ours en désignant le hobbit d'un signe de tête. « J'essaye de comprendre comment je suis censé élever un gosse. »
« Tu seras un bon père, Beorn, » Rassura Bilbo en levant les yeux au ciel. « Il suffit de regarder tes animaux pour voir ça. »
Le changeur de peau secoua la tête. « Il y a une différence entre élever un animal et élever un enfant, lapin. Avec mes chevaux et mes chiens je ne m'inquiète que de leurs besoins les plus basiques : nourriture, eau, abri, protection. Je peux leur donner tout ça avec mon amour et mon respect et ils me le rendent. Mais élever un enfant est un peu plus complexe. Je dois apprendre à cet enfant ce qui est bien ou non. Je dois lui apprendre le monde et sa cruauté en protégeant son innocence. C'est ma responsabilité de faire en sorte qu'il devienne une personne décente. Ce n'est pas une tâche facile, même pour quelqu'un comme moi. »
« Beorn, il n'y a pas de vraie manière d'expliquer comment élever un enfant, » Pointa Bard, fronçant les sourcils. « Tout ce que tu peux faire c'est les aimer et les protéger et leur apprendre les choses importantes de la vie. »
« Et ça marche pour ta progéniture ? » Défia l'ours, s'avançant pour poser son menton sur son poing.
« En grande partie, oui, » Dit l'homme. « Je les aimes tous de la même façon et leur donnerait le monde s'ils le demandaient, mais je dois me souvenir que ce sont aussi des personnes. Ils ont leurs propres personnalités et opinions, alors je dois le prendre en considération quand je m'occupe d'eux. Par exemple : ma fille aînée Sigrid est très mature et forte. En tant qu'ainée, elle pense qu'elle doit être forte alors elle garde ses inquiétudes pour elle. Je dois lui rappeler de temps en temps que ce n'est pas un signe de faiblesse de partager ses sentiments. Mon garçon Bain essaye aussi de paraître fort, mais il est en fait peu assuré et en manque d'affection. Je fais toujours en sorte de lui donner plus d'attention et de réconfort qu'aux filles. Enfin la dernière, Tilda, est très indépendante et est heureuse lorsqu'elle est laissée à ses propres affaires. Je lui donne le plus de liberté possible, mais je lui laisse savoir que je suis là si elle a besoin de moi. »
Bilbo échangea un regard avec Beorn avant de se tourner pour fixer l'archer. « Wow, Bard. Je ne savais pas que tu étais aussi doué pour ça. »
« Des années de pratique et l'aide d'une femme bonne, » Expliqua l'homme avec un petit sourire qui ne cacha pas la manière dont ses yeux s'assombrirent. « Mari était une bonne mère. Elle comprenait nos enfants mieux que moi. C'est elle qui m'a dit que je ne pouvais pas les traiter comme des copies, comme mes parents l'avaient fait avec mes frères et moi. J'aurais beaucoup perdu sans elle. »
« Elle avait l'air d'être une femme intelligente, » Commenta doucement Bilbo en regardant son ami de près.
« Elle l'était, mais c'était impossible de le deviner avec son comportement, » Dit Bard alors que son sourire s'adoucissait. « C'était un petit démon ! Toujours en train d'insulter des gens et de faire rire ou crier d'autres. Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et pouvait rabaisser un homme d'un regard. Je pense que Tilda lui ressemble le plus niveau personnalité, mais Bain a son apparence. »
« Elle te manque beaucoup, » Commenta Beorn avec un sourire compatissant.
Bard lui rendit un sourire que Bilbo connaissait trop. « Tout les putain de jours de ma vie, Beorn, tous les putain de jours. »
Le soleil se leva et se coucha à nouveau sans que Tauriel ne revienne au camp. Sans d'autres choix, ils restèrent au camp et continuèrent à attendre l'apparition de l'elfe. Ce fut pendant cette attente que Bilbo se retrouva alerté d'un développement déplaisant.
« Alors, nous sommes suivis, » Commenta Beorn d'un seul coup en examinant ses ongles.
Bard et Bilbo levèrent les yeux de leur jeu de pendu dans la terre pour fixer le changeur de peau. « Par quoi ? » Demanda l'homme avant que Bilbo ne puisse parler.
Beorn haussa les épaules. « Sais pas. C'est une créature qui rampe à quatre pattes et parle tout seul. Le chaton et moi l'avons remarqué il y a quelque jours, mais il n'a pas tenté de nous attaquer alors nous l'avons laissé tranquille. »
Le hobbit grogna et se frotta le visage. Il connaissait trop bien cette description. « C'est Gollum. »
Bard se tourna vers lui et cligna des yeux. « Quoi ? »
« Gollum. Celui qui avait l'anneau avant moi, » Clarifia-t-il rapidement. « C'est son esclave maintenant et il essaye de le récupérer. »
« Pourquoi tu n'as pas l'air plus alarmé ? » Demanda l'homme en regardant la forêt du coin de l'œil.
« Il est fou et on ne peux pas lui faire confiance, mais il est inoffensif tant que l'on garde un œil sur lui, » Expliqua-t-il en haussant les épaules. « Tant que nous le surveillons, ça ira. »
Beorn lui fit un clin d'œil. « Laisse-moi faire. Le petit asticot ne bougera pas sans que je le sache. »
Bilbo hocha la tête et regarda la forêt. Même s'il ne pouvait pas voir la créature, il savait qu'il observait tous ses mouvements. Mais là où il aurait été autrefois nerveux, tout ce qu'il ressentait était une détermination à compléter sa mission à tout prix.
Regarde et attends autant que tu veux, peste. Rien ni personne ne pourra m'empêcher de détruire l'Anneau Unique pour de bon.
