In The Heart Of The Sea (Au Cœur De La Mer)
Résumé : Les Mers et leurs cousins meurtriers, les Sirènes, furent toujours en désaccord mais récemment, quelqu'un, avait commencé à rallier les prédateurs normalement solitaires sous une seule bannière et le climat de paix sur le récif où Harry était né et avait grandi sombra dans l'anticipation d'une guerre. Malheureusement pour Harry, selon Luna, il y avait une sirène dans son avenir.
Auteur : Kaede Ravensdale
Traductrice : yaoipowaa56
Disclaimers : Je ne possède rien d'Harry Potter
Chapitre 13 : La Première Nuit
La lumière du soleil qui passait à travers la fenêtre de la chambre de Harry tomba sur le médaillon doré, attrapant les multiples émeraudes incrustées en un S stylisé et les faisant briller de la même couleur que ses écailles. Il n'y avait jamais prêté beaucoup d'attention lorsqu'il avait été retenu en captivité par Tom, trop occupé à ruminer et à préparer son évasion pour s'en préoccuper, et n'avait donc pas remarqué les nombreux détails plus subtils qui le caractérisaient jusqu'à présent, comme les charnières délicates et les fines feuilles d'argent dépoli qui bordaient les bords du bijou octogonal.
C'était une pièce magnifique, bien qu'un peu trop lourde pour un port confortable et prolongé, et elle avait évidemment beaucoup de valeur, même pour un terrestre, mais ce qui la rendait vraiment significative pour Harry était qu'il savait qu'elle était l'une des pièces les plus précieuses du trésor de Tom. La sirène avait dû avoir beaucoup de mal à s'en séparer, et le petit corbeau comprit qu'il était prêt à faire des efforts.
Cela ne ferait qu'aider Harry à tomber plus facilement amoureux du prédateur. Et faire en sorte que tout ce qu'il risquait lui-même pour lui donner la chance de se sauver en vaille la peine. Il ne se voyait pas encore installé de façon permanente dans la grotte de Tom pour s'occuper d'une portée de petits à moitié sirène, mais peut-être qu'en lui donnant un peu plus de temps, cela deviendrait une possibilité.
Le médaillon s'ouvrit d'un simple clic ; l'intérieur étaient vides, tous les portraits qui avaient été conservés à l'intérieur n'étaient plus là, tous les portraits qui avaient été conservés à l'intérieur étaient dissous depuis longtemps et reflétaient une double image floue de Nagini.
Harry sursauta tellement fort qu'il faillit laisser tomber le médaillon. «N-Nagini !» Il poussa un cri, se rappelant au tout dernier moment qu'il devait parler moins fort pour que ses parents ne l'entendent pas. «Qu'est-ce que tu fais ici ?»
Le serpent de mer ne sembla pas particulièrement impressionnée par sa réaction, ses yeux froids et dorés l'observant sans pitié d'où il avait enroulé son corps autour du pied du lit. «Je suis venue délivrer un message de mon Tom ; il l'aurait fait lui-même, mais il a déjà poussé sa chance en venant dans le récif la nuit dernière et ne voulait pas risquer la quasi-certitude qu'on le verrait venir ici lui-même au milieu de la journée.» Siffla-t-elle. «Il souhaite te revoir. Ce soir. Au bord du récif où il t'a conduit hier soir. Tu passeras la nuit avec lui alors invente une histoire bidon à dire à tes parents pour que tu puisses y aller.»
Passer la nuit avec lui ? Il semblerait que demander plutôt qu'exiger n'était pas un point fort chez Tom. «Je ne suis pas tout à fait prêt à quitter le récif pour sa grotte Nagini.»
«Tu ne quitteras pas le récif. Il t'attend à la tombée de la nuit ; trouve quelque chose. Peu importe ce que c'est, tant que ça marche.»
Le serpent de mer quitta la zone bien avant que Harry ne puisse formuler une réponse. Sa bonne humeur atténuée par l'ennui occasionnée par le familier hargneux de son nouveau compagnon en perspective, il attacha la chaîne du médaillon à son cou - mal à l'aise car son poids ne facilitait pas la chose, du moins pour un temps - et quitta sa chambre.
Il trouva sa mère et son père à côté de la table, parlant à voix basse ; tous deux se turent au moment où ils se rendirent compte qu'il était là. Harry fronça les sourcils mais se résolut à ne pas demander.
«J'ai parlé à Rémus et Sirius plus tôt ce matin.» Dit son père en s'asseyant. «Et ils m'ont dit que tu as dit que tu avais entamé une cour avec quelqu'un mais que tu ne voulais pas préciser avec qui.»
«Oui.» Il se laissa aller à la réflexion, creusant dans l'assiette que sa mère lui avait passée, faisant de son mieux pour ignorer leur regard impatient. «Et je ne me sens toujours pas à l'aise de révéler avec qui. Je préfère voir comment les choses se passent avant d'en faire tout un spectacle.»
«C'est parfaitement compréhensible, mon cœur. Ton père et moi étions pareils quand nous avons commencé à nous fréquenter, tu ne te souviens pas mon chéri ?» Harry regarda avec confusion son père prendre une inexplicable teinte rougeâtre. «C'est juste que... ce n'est pas quelqu'un de dangereux pour toi, n'est-ce pas ?»
Venait-il d'imaginé le regard complice que sa mère lui avait lancé en lui disant cela ? «Non, maman. Il n'est pas dangereux pour moi.»
Tom avait déjà eu beaucoup trop d'occasions de le tuer ; le fait qu'il ne l'avait pas fait faisait penser à Harry qu'il ne le ferait jamais. Pas volontairement.
«Il m'a intercepté quand je revenais de chez Sirius et Rémus la nuit dernière. Il m'a donné le médaillon qu'il avait trouvé dans une épave de bateau dans les eaux profondes ; je n'arrête pas de lui dire qu'il est dangereux de se rendre en territoire sirène mais il ne m'écoute pas.» Dit-il. «Oh, et je voulais te dire plus tôt que je vais passer la nuit chez Ron.»
Il avait déjà prévu de se rendre au Terrier ce jour-là, donc c'était une excuse suffisamment convaincante.
«C'est probablement mieux ainsi ; le Terrier est encore plus au cœur du récif que ne l'est notre propre maison et, de ce fait, sera beaucoup plus sûr.» Dit son père.
Harry pencha la tête sur le côté. «Pourquoi cette soudaine préoccupation pour une sécurité accrue ? Les combats sur le front sud n'ont pas eu lieu depuis des mois.»
«Oui, mais le nombre de Sirènes à nos portes a commencé à se multiplier de manière exponentielle ces derniers temps et Voldemort lui-même est apparu. Scrimgeour devient désespéré ; il a ordonné à tous les membres de la Garde de se présenter au front d'ici la fin de la semaine. Je partirai demain, avec Sirius et Rémus.»
«Mais si tous les Gardiens du Récif sont au front... qui sera en patrouille ?» Demanda Harry. James secoua la tête au lieu de répondre. «Maintenant je crois que je comprends ce que tu veux dire en disant qu'il vaut mieux être au plus près du cœur du récif.»
La bonne nouvelle, c'est que l'absence des Gardiens du Récif rendrait la rencontre avec Tom infiniment plus facile. Et d'un autre côté, cela rendrait les choses beaucoup plus dangereuses.
Et en plus de tout le reste, il s'inquiétait maintenant pour son père et ses deux parrains.
«Fais attention, papa. Je t'en prie. J'ai entendu parler de Voldemort et... ils disent qu'il est encore plus dangereux que Tom.»
«Je ne peux pas faire de promesses, Harry. Je vais dans une zone de guerre active, et en plus de cela, nous n'avons aucun moyen de savoir comment les sirène pourrait réagir. Ce qu'ils feront ensuite. Avant le début du front Sud, nous ne pensions même pas que les Sirènes pouvaient former des groupes.» Dit-il. «S'ils poussent beaucoup plus loin, ils atteindront la ville. Si cela se produit, je ne veux pas que l'un d'entre vous tente de s'impliquer dans les combats. Vous devez trouver un endroit sûr et vous cacher, compris ?»
Harry acquiesça docilement et finit rapidement sa nourriture. Une fois le petit déjeuner terminé, il quitta précipitamment la maison et se dirigea vers celle des Weasley. Hermione était déjà arrivée avant qu'il n'arrive là-bas.
«Bon sang, mon pote.» Dit Ron dès qu'il vit le médaillon autour du cou du corbeau. «Où as-tu eu ça ?»
«Mon futur compagnon me l'a donné hier soir.» Admit Harry, en se préparant au feu d'artifice qui allait sans doute suivre cette proclamation.
Il ne fut pas déçu. Fred et George eurent à peu près la même réaction que Sirius, sauf qu'il n'y avait pas de table pour les tenir à distance, ni personne pour les retenir.
Les jumeaux se rapprochèrent de lui et, avant même qu'il ne puisse cligner des yeux, Harry se retrouva coincé entre les deux.
«Tu as entendu ça, Fred ?»
«En effet, George.»
«Notre petit frère s'est trouvé un partenaire potentiel.»
«Ce qui m'amène à me demander.»
«Qui c'est.»
Tous deux le regardèrent et dirent à l'unisson «Tu veux partager ?»
«Pas vraiment.» Harry se tortilla de façon inconfortable, mais les jumeaux se rapprochèrent encore plus.
«Oh, allez Harry.»
«Nous ne jugerons pas.»
«Dis-nous simplement.»
«Qui devrions-nous considérer comme une partie de la famille ?»
«Si tu ne nous le dis pas, nous allons penser à des scénarios plutôt ridicules.»
«Comme par exemple supposer que ton mystérieux prétendant pourrait avoir beaucoup plus de dents qu'il ne devrait.»
«Parce que tout le monde sait que les Sirènes ont plus de trésors que n'importe quel Mer.»
«Et Bill nous a dit qu'une sirène rôdait dans le coin la nuit dernière.»
«Tom Jedusor pour être exact. As-tu été un vilain garçon, Harry ? As-tu développer des sentiments pour la sirène qui t'a sauvé ?»
«Arrêtez, tous les deux !» Craqua Hermione. «Harry n'est pas si stupide que ça ; une sirène le mangerait plutôt que de le courtiser, même si elle l'avait sauvé avant cela - bien que Neptune ne sache pour quelle raison – se faire prendre de nouveau avec une sirène, surtout lui, le ferait certainement bannir. Il a la chance que la dernière fois ait été considérée comme une circonstance atténuante.»
«Je ne me sens pas à l'aise de révéler son identité pour le moment.»
Ginny ne put contenir un doux gloussement, ce qui lui valu du petit corbeau un regard étrange. «On dirait que tu as déjà dû dire cette phrase beaucoup plus que tu ne l'aurais voulu.»
Harry passa une main dans ses cheveux en bataille. «On pourrais dire ça, oui.» Dit-il. «Mais j'ai besoin d'une faveur.»
«Tous ce que tu veux.» Dirent les jumeaux, gagnant un regard mauvais à la fois de Ron - qui n'avait jamais eu une telle réponse de ses frères - et d'Hermione - qui était une fervente défenseur des règles et suspectait à juste titre qu'ils l'aideraient à faire quelque chose de douteux - et un sourire de soulagement de la part du corbeau.
«Je dois le retrouver ce soir au bord du récif - celui de l'Ouest et non celui du Nord où nous passons d'habitude - et passer la nuit avec lui - bien que je n'aie aucune idée de l'endroit où nous resterons. Le, euh, messager qu'il a envoyé n'était pas clair à ce sujet - et j'ai besoin que vous disiez que je suis là si quelqu'un me demande. C'est vraiment important parce que ça va être notre premier vrai, vous savez, rendez-vous donc...»
«Nous serions heureux de t'aider.» Cette réponse valu à Ginny un autre regard similaire de la part d'Hermione. «Tu devrais nous en dire plus sur lui dès que tu te sentiras prêt.»
«Je le ferai.»
Tant qu'il réussissait à rencontrer Tom, le prix n'avait pas d'importance. Il pouvait se contenter de devoir éventuellement dire la vérité à ses amis, même si cela signifiait devoir gérer le mécontentement évident d'Hermione pour le reste de la journée.
Il avait apprécié la journée passée avec ses amis où il reçu des sermons sur les règles qu'il avait préféré ignorer, mais il avait hâte de se rendre au bord du récif Ouest au moment où l'obscurité commencerait à tomber. Inquiet des intentions de Tom, Harry ne pouvait nier qu'il était curieux de savoir ce qu'il avait prévu.
Harry atteignit le bord du récif juste au moment où le soleil commençait à se coucher, les rayons de lumière colorant l'eau de nombreuses nuances de rouge feu et or. La sirène l'attendait à quelques mètres dans les eaux libres, sans doute pour ne pas éveiller les soupçons de quelqu'un d'autre qu'Harry qui passait par là et le voyait.
Il se rapprocha à la nage en le voyant arriver, son approche, lente et mesurée, se voulait clairement non menaçante, mais Harry trouva tout de même difficile de ne pas s'enfuir. Il savait que Tom n'allait pas l'attaquer, mais sa peur des prédateurs n'avait pas encore validé le message nécessaire pour rayer son prétendant actuel de la liste des "menaces". Probablement capable de sentir sa peur, la sirène s'arrêta juste à portée de main et le regarda, sa posture aussi droite que celle de Harry, sans doute, attendant que le Mer fasse le premier pas.
Harry ne savait pas si c'était un soulagement ou trop de responsabilité aussi tôt ; son esprit était actuellement bien trop préoccupé par le fait qu'il n'avait pas été aussi proche de la sirène depuis sa captivité dans sa tanière et que cette fois, le prédateur était en assez bonne santé pour l'écraser s'il en ressentait le besoin.
Il n'avait jamais vraiment prêté attention à la taille de Tom par rapport à lui ; presque trois fois sa taille et au moins six fois plus fort, les épines de ses nageoires détendues luisant dans la faible lumière.
«Harry.»
Le son de son nom suffit à le dégeler ; rassemblant le même courage qui l'avait mené deux fois en eaux libres et qui lui avait permis de poursuivre Tom la nuit précédente, le Mer franchit la dernière distance qui les séparait.
«Tom.»
Un silence gênant s'installa entre eux. Il prit le temps d'observer la sirène de plus près ; il avait commencé à prendre du poids, ses côtes n'étaient plus visibles, et les écailles grises et fragiles avaient commencé à disparaître sur de nouvelles noires.
Il tressaillit lorsque Tom se pencha soudainement vers lui, fixant la sirène avec de grands yeux effrayés.
«Je ne vais pas te faire de mal.» Il se rapprocha et tendit la main vers lui. Harry dut résister à l'envie de frissonner lorsque ses serres acérées comme des rasoirs lui touchèrent le visage. «Et je vais te le prouver ce soir. Il ne serait pas bon que tu aies peur de moi si tu dois être mon compagnon, alors il vaut mieux que tu t'habitues à ma présence dès que possible.»
Les écailles épaisses de ses paumes étaient lisses et brillantes ; il était beaucoup plus à l'aise à leur contact qu'avec ses griffes, même si ses mains avaient plus que la force nécessaire pour lui écraser la tête.
«J'ai trouvé un endroit à proximité où nous pourrons passer la nuit sans que d'autres personnes ne nous tombent dessus. Viens.»
Il le relâcha et nagea par-dessus le bord du récif, Harry le suivit. Il trouva Tom qui l'attendait à l'extérieur d'une crevasse sur le côté du récif, qui était à peine assez large pour que la sirène puisse s'y glisser. Il n'était pas certain qu'ils puissent entrer tous les deux à l'intérieur, mais il le suivit quand même.
L'intérieur de la grotte était beaucoup plus grande que l'entrée ne le laisserait penser ; loin d'être aussi grande que le repaire de Tom, mais suffisamment grande pour que le corbeau puisse échapper à la sirène en cas de besoin.
Harry poussa un cri lorsque la sirène l'attrapa par derrière, le faisant tourner dans sa prise et le plaquant doucement contre le sable. Couvrant son corps de son propre corps beaucoup plus grand. En pressant son visage contre son cou, juste sous ses branchies. Terrifiée, le Mer resta très calme à l'idée des centaines de dents pointues si proches de sa gorge.
Il avait été piégé ! Jedusor, le bâtard, l'avait piégé et maintenant il allait être mangé vivant et... Les pensées d'Harry étaient dispersées et un ronronnement bruyant s'arrachait de la poitrine de Tom, vibrant à travers lui avec une telle force et un tel volume que tout son corps en tremblait. Le bout de sa queue s'enroulait autour de la sienne, lui rappelant fortement le comportement qu'il avait souvent observé chez les hippocampes. Puis il sentit une langue fourchue râper contre sa joue.
La Sirène venait de le lécher. Léchée ! Des pensées aléatoires lui traversèrent la tête alors qu'il essayait de comprendre pourquoi Tom l'avait léchée et continuait à le faire jusqu'à ce qu'un vieux souvenir de sa jeunesse refasse surface au fond de son esprit. De la façon dont sa mère le lavait quand il était trop petit pour le faire lui-même, sourde à ses petits couinements mécontents.
Donner un bain avec la langue étaient une facette importante du lien entre les deux parents et les petits et les compagnons potentiels, et il n'en avait pas reçu depuis des années. Le fait de savoir ce qui se passait permit de réduire sa peur et, avec un peu de volonté, de détendre son corps pour le libérer de sa raideur.
Le doux touché de ses griffes acérées et les passages répétés de sa langue fourchue rendit le Mer tout mou dans le sable. Regardant la sirène travailler obsessionnellement ses écailles, jusqu'à un éclat impressionnant.
Il faisait nuit dehors quand Tom jugea que le bain était terminé et se pelotonna à côté de lui, tout en gardant la main libre sur sa queue. Ses bras se resserrèrent autour de lui de manière possessive tandis que le petit Mer s'installa dans une position plus confortable, se rapprochant du puissant torse de Tom. La sirène fit le même ronronnement que précédemment.
«As-tu mangé avant de venir me voir ?»
«Non.» Répondit-il. «Je suis venu ici directement de chez Ron ; je n'ai pas mangé depuis le petit déjeuner. Mais... où tu vas ?»
«À l'extérieur. Te chercher de la nourriture. Tu dois manger et si je ne peux pas te fournir quelque chose d'aussi basique que de la nourriture, alors je suis un très mauvais compagnon, non ?» Il se blottit une fois de plus contre lui avant de se diriger vers l'entrée. «Je ne serai pas parti très longtemps, mais il fait nuit et c'est le moment de la nuit où les prédateurs sont les plus actifs, donc je préfère que tu restes ici jusqu'à mon retour.»
«Je ne suis pas pressé d'être tué, Tom.»
«C'est peut-être vrai, mais tu sembles plutôt enclin à attirer le danger et je préfère ne pas revenir et te trouver manger alors que j'avais le dos tourné.»
Harry le houspilla mais ne dit rien d'autre, permettant à Tom de sortir de la petite grotte qu'ils occupaient actuellement sans aucun problème. Comme promis, il revint rapidement avec les bras remplit d'oursins.
«Tu peux les manger, non ?»
Harry regarda le tas d'orbes épineux et haussa les épaules. «Probablement.»
«Probablement ? Tu ne sais pas ?»
«Pourquoi le saurais-je ?»
«Peut-être parce que tu les as déjà mangés avant !»
«Déjà mangés avant ? Regarde-les, Tom ! Rond ! Dur ! Couverts de pointes potentiellement venimeuses ! Est-ce que ça ressemble au genre de chose que tu regarderais en te disant 'ouais, je veux ça dans ma bouche' ?»
«...Probablement pas, mais ils sont comestibles.»
«Comment se fait-il que tu ne sois pas mort ?»
«Je n'ai pas dit que je mangeais les épines !»
«Comment peut-on manger des oursins sans manger les épines ?» La coquille laissa échapper une fissure assourdissante lorsque Tom en ouvrit une à partir de la base, révélant la chair orange à l'intérieur. «Oh.»
«Oui, oh. Tu penses que tu peux faire ça tout seul ou tu veux que je t'ouvre les autres ?»
«Je-je pense que je peux le faire.» Harry hésita à prendre l'oursin cassé et à le goûter. «C'est en fait assez bon.»
Tom émit un bref soupir et s'installa à côté de lui. Le contact lui manquait plus qu'il ne l'avait réalisé, Harry enroula leur queue ensemble, tout en refusant de donner à la sirène la satisfaction de le regarder. Il finit par s'affairer à passer ses griffes dans ses cheveux en attendant que le petit Mer finisse de manger et reprenne son interrogatoire ou se recroqueville et dorme.
Après avoir terminé, le Mer se rapprocha comme s'il se préparait à dormir, si bien que lorsqu'il posa une question, la Sirène à côté de lui, sursauta presque.
«Qui est Voldemort ?» Tom devint très raide à côté de lui ; Harry leva les yeux juste à temps pour le voir montrer ses dents et grogner, la nageoire sur son dos s'enflammant en un claquement de menace. «Tu le connais ? Je sais que les sirènes ne sont pas une espèce très sociale, mais j'ai pensé que peut-être... tu aurais entendu parler de lui.»
«Pourquoi tu demandes ?» Sa mâchoire était ferme et son ton féroce, ses yeux rouges posés sur l'entrée de la petite grotte où ils se trouvaient.
«Parce qu'il dirige les Sirènes qui attaquent le Sud du récif. Parce que j'ai entendu dire qu'il serait encore plus vicieux que toi. Et parce que mon père et mes parrains s'apprêtent à partir demain pour rejoindre la bataille. Je m'inquiète pour eux.»
Tom poussa un gros soupir, sa nageoire couchée en arrière et son grognement coupé. «Je le connais, oui. C'est un fou difforme et dérangé qui croit qu'il est Oceanus. Et mon frère.»
«Ton frère ? Je croyais que tu avais dit que toute ta famille était morte.»
«Ils le sont. C'était le seul petit survivant de la première portée de mes parents. Je suis le seul survivant de leur deuxième.» La queue de Tom se resserra autour de la sienne, mais il ne donna aucun autre signe de malaise. «Il avait trouvé son propre territoire trois ans auparavant et ma portée n'était née que la semaine précédente. On ne m'avait rien appris. Je dépendais encore de mes parents pour tout. Je me suis caché à son retour, j'ai vu mon père mourir après qu'il ait été défié pour son territoire. Quand ma mère a essayé de le protéger, elle a été tuée aussi.»
«Et...tes frères et sœurs.»
«Que penses-tu qu'il soit arrivé à mes frères et sœurs ?»
Harry fit la grimace et se blottit plus près de lui. Un jour, ses propres frères et sœurs s'étaient égarés pendant qu'ils jouaient et on ne les avait jamais revus. Il ne pouvait imaginer ce que cela devait être de voir ses frères et sœurs manger et ses parents se faire tuer.
«Je suis désolé.»
«C'est du passé.»
«Comment tu as survécu ?»
«Je m'étais assez bien caché pour qu'il ne me trouve pas et quand il est parti, j'ai fui. J'ai nagé aussi loin que j'ai pu avant de m'effondrer, puis Nagini m'a trouvé. Elle m'a soigné du mieux qu'elle a pu et m'a élevé pendant deux ans ; quand Gellert m'a trouvé, je croyais que j'étais un serpent.»
«Gellert ? Gellert Grindlewald ?»
Tom le regarda comme s'il avait une autre tête qui avait poussé. «Oui.» Dit-il lentement. «Combien de Sirènes connais-tu ? Et, plus important encore, dois-je être jaloux ?»
«Je ne le connais pas, Tom, mais j'ai déjà entendu son nom. C'est l'ami du Mer que je suis allé voir pour avoir des informations précises sur les Sirènes.»
Le brunet continua à le fixer pendant quelques instants encore avant d'accepter son explication et de poursuivre son récit. «Il m'a emmené au temple d'Océanus où je pouvais vivre sans craindre d'errer accidentellement sur le territoire d'une autre sirène. Où je pourrais apprendre et m'épanouir en toute sécurité. Il m'a appris à chasser comme une sirène. À me battre. À choisir le meilleur emplacement pour un repaire. À localiser les épaves des humains et à trouver les trésors les plus précieux. Il m'a tout appris sauf à faire la cour - ce qui a failli me tuer, comme tu le sais - et puis il a disparu un jour sans explication. Je ne l'ai pas revu depuis, mais entre-temps, je me suis assez bien débrouillé.»
Harry était heureux de voir que Tom avait semblé se calmer.
«Quand nous nous reverrons, je veux t'emmener à la limite de mon territoire. Il y a quelque chose là-bas que tu devrais voir.»
«Est-ce quelque chose que je ne peux pas trouver sur le récif ?»
«Je ne pense pas que tu puisses le trouver sur ce morceau de corail où tu vis. Est-ce que quelque chose ici brille dans le noir ? Il y en a. En eau très profonde. Nous allons bientôt y aller et tu pourras voir ce que je veux dire.» Tom se nicha plus profondément dans le sable, se préparant à dormir. «C'est dangereux là-bas, même pour moi, donc on ne s'égare pas. Mais je suis sûr que tu apprécieras, la vue en vaut la peine.»
A SUIVRE...
