Mille merci aux guests qui m'ont laissé des reviews et auxquels je ne peux répondre. Ca fais plaisir de lire que cette fiction vous plaise autant.

Merci également à tous ceux qui lisent.

Merci Delicity pour tout, ta présence, ton aide, tes corrections et surtout tes encouragements.

Les enfants étaient couchés et silencieux ce qui était assez rare depuis qu'ils vivaient avec elle et partageaient la même chambre. Ça faisait maintenant trois semaines qu'Oliver et elle étaient séparés et elle n'avait toujours rien dit à sa mère concernant sa situation. Chose qui allait changer dans les minutes à venir, une fois qu'elle aurait le courage de prendre le téléphone pour l'appeler, ce qu'elle fit une fois qu'elle eut lancé une battée de linge.

-Hé ma petite fille, comment tu vas ? Tu as passé une bonne semaine ?

-Ça va maman. Comme toujours. Et toi ? Ta semaine ?

-Éreintante. Je ne sais pas ce qu'ont tous ces riches à venir dilapider leur fortune au casino, mais par leur faute je ne me couche jamais avant cinq heures.

Felicity rit aux plaintes de sa mère. Elle savait qu'elle plaisantait. Elle aimait son travail bien plus que n'importe lequel de ses collègues. Elle avait démarré en tant que serveuse l'année après que son père les ait quittées subitement, sans la moindre explication. Elle avait pris ce qui s'était imposé à elle, et même si au début elle avait eu du mal à se faire à l'ambiance, il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour adorer son travail. Elle aimait se faire draguer par la gente masculine et encore plus leurs petites attentions. Lorsqu'ils lui donnaient des pourboires qui arrondissaient ses fins de mois.

Souvent elle gagnait plus en pourboire que le salaire que lui versait son patron. Felicity était certaine que ses robes sexy au ras de ses fesses y étaient un peu pour quelque chose, mais elle devait aussi avouer que sa mère était une très belle femme avec des formes bien placées. Elle avait râlé plus d'une fois de ne pas avoir hérité des mêmes attribues qu'elle. Elle avait une petite poitrine comparée à celle de sa mère, mais maintenant avec le recul, ses petits seins lui allaient très bien.

-Tu les aimes maman.

-Non, détrompe-toi ma chérie, j'aime leur argent.

Elles rirent de bon cœur à cette réflexion.

-C'est bon de t'entendre rire Felicity.

-Oui.

Elle prit une grande inspiration, c'était le moment.

-Maman, il faut que je te dise quelque chose.

-Tout va bien ? Généralement quand ça commence de cette façon ce n'est pas bon. Tu es malade chérie ?

-Maman... laisse-moi parler s'il te plaît. Je ne suis pas malade. Oliver et moi sommes séparés depuis trois semaines.

-Quoi ? Mais pourquoi ? Je ne comprends pas, tout allait bien entre vous non ?

-Pas vraiment maman. C'est moi qui suis partie. Oliver vit dans son monde depuis l'attaque. Ce n'est plus le même homme et je n'étais plus heureuse.

-Mais... je ne comprends pas chérie.

-Qu'est-ce que tu ne comprends pas maman ?

-Hé bien, je ne m'étais pas imaginée qu'une chose comme celle-là arriverait... vous vous aimez tellement.

-Hé bien, il faut croire que parfois l'amour ne suffit pas.

-Je... je ne sais pas quoi te dire si ce n'est que je suis choquée. Comment le prennent les enfants ?

-Ils ne sont pas heureux de cette situation, mais ils ont compris qu'on ne pouvait plus vivre de la sorte. Et je pense avoir pris la meilleure décision. Oliver n'a jamais été aussi impliqué dans l'éducation des enfants que ces trois dernières semaines. Il s'occupe d'eux, passe du temps de qualité avec eux et aussi il me décharge de temps à autre des corvées ménagères en prenant le linge sale des enfants. Il emmène Lucas au football et a même été voir ses deux derniers matchs. Dont un qui s'est déroulé en dehors de la ville.

-Mais pourquoi tu ne m'as jamais dit que tu étais malheureuse, chérie.

-Je ne voulais pas t'embêter avec mes problèmes maman. Je voulais gérer. Puis je pensais vraiment qu'Oliver redeviendrait l'homme qu'il était. À l'évidence je me suis trompée.

-Je suis désolée ma chérie, tellement. Mais je suis sûre que Oliver va changer pour redevenir l'homme dont tu es tombée amoureuse. Je ne peux pas imaginer qu'il te laisse partir.

-Nous verrons maman. Mais pour le moment, je ne veux pas rentrer à la maison. J'ai trop peur que si je rentre, qu'il reparte dans ses travers. Il passait son temps à travailler et ne me parlait plus. En ce qui concerne les enfants c'était pareil. Il ne partageait plus rien avec nous. C'était Oliver d'un côté, et Felicity et les enfants de l'autre.

-Je ne sais pas quoi te dire ma chérie. Mais je pense que tu as fait ce qu'il y avait de mieux pour toi.

-J'espère maman.

Elle inspira profondément, elle ne voulait pas pleurer mais c'était dur de retenir les larmes qui menaçaient de tomber. Elle ne voulait pas plus que sa mère que son mariage se termine, et elle espérait vraiment que la thérapie qu'Oliver avait entamée lui serait bénéfique.

-Il... il a commencé une thérapie. Il dit que ça l'aide. Les enfants disent aussi qu'il a changé. Mais il a déjà tellement essayé par le passé que j'ai peur qu'il replonge.

-Il va y arriver Felicity. Je suis certaine que lui non plus ne veut pas mettre un terme à votre mariage. Il t'aime.

-Je sais et je l'aime aussi.

-Et... où tu vis ?

-Oh, dans notre ancien loft. J'y ai fait faire des aménagements pour que les enfants aient chacun leur espace.

-C'est bien. Tu es une super maman chérie.

-J'ai appris de la meilleure aussi.

-Merci chérie. Mais je ne crois pas être responsable de quoi que ce soit. Bon dis-moi est-ce qu'il faut que je réserve une chambre d'hôtel ?

-Non. On va se débrouiller maman. Ce n'est pas très grand ici, mais il est hors de question que tu restes deux semaines à l'hôtel.

-Ça ne me dérange pas Felicity. Tu le sais non ?

-Oui, mais on ne se voit que trop peu, alors quand tu es à Starling c'est pour être avec moi. Lucas dormira avec moi et tu prendras son lit. Ça ira.

-D'accord ma petite fille dans ce cas, on se voit vendredi. Je t'enverrai l'heure de mon arrivée par message.

Elles discutèrent encore un petit moment, notamment de la fête d'anniversaire de Mia qui aurait lieu à la maison familiale durant le week-end. Elle pria aussi sa mère de se taire concernant sa situation. Personne ne savait, hormis leur famille et amis très proches.

Le reste de la semaine se déroula à une vitesse folle, tout comme les dernières semaines. Oliver s'occupait des enfants en ce jeudi soir, les emmenant à leurs activités. C'était le dernier entraînement de la saison pour Lucas, et il avait un peu ronchonné comme il l'avait fait les années auparavant. Il détestait ne pas pouvoir jouer au football durant trois mois.

Felicity lui avait proposé de s'inscrire à des cours de musique pour se tenir occupé, mais il ne savait pas s'il en avait vraiment envie. Son ukulélé traînait dans un coin de sa chambre servant plus de décoration que d'instrument de musique. Ça allait être difficile de le faire s'intéresser à autre chose qu'au football. Mia quant à elle avait fini par obtenir le premier rôle de sa pièce. Finalement elle n'avait pas vraiment raté son audition pour sa plus grande joie.

Elle prépara le dîner pour ses enfants, puis alla ensuite se détendre sur la terrasse. Il faisait chaud depuis une quinzaine de jours ce qui était assez exceptionnel en Avril.

Oliver venait de récupérer Mia de son cours de théâtre et ils filèrent au stade. Ils n'étaient pas en retard ce qui le soulagea car il détestait que Lucas ait à l'attendre. La semaine précédente ça avait été le cas, et Oliver s'était senti mal. Il s'était justifié auprès de son entraîneur qui l'avait rassuré en lui expliquant que ça arrivait fréquemment lorsque c'était sa mère qui passait le prendre.

Mia l'avait également rassuré, disant que Lucas n'était pas seul et qu'il avait l'habitude d'attendre, que ça faisait un moment que c'était comme ça, qu'il était habitué.

Il ne trouva pas ça normal d'autant plus que s'il avait été présent, son fils n'aurait jamais eu à essuyer les retards de sa mère. Ils se seraient partagé le travail. Lui aurait récupéré Mia et Felicity Lucas et la semaine suivante, ils auraient inversé. Sauf que rien ne s'était passé de cette façon, à cause de sa négligence.

Ils se trouvaient maintenant devant la porte du loft. Ils tambourinèrent un moment mais personne ne vînt ouvrir ce qui inquiéta Oliver.

-Maman allait bien ce matin Mia ?

-Oui. Tu sais, elle ne dit jamais rien papa. On devrait peut-être l'appeler ?

-J'ai déjà essayé chérie. Écoutez, nous allons descendre à la conciergerie pour prendre le double des clés.

Ils remontèrent une fois le sésame en main. L'obtenir n'avait pas été difficile. Mia avait simplement dit que la clé de sa mère ne fonctionnait plus et qu'elle l'avait envoyée chercher le double.

Oliver ouvrit la porte avec appréhension. Il avait peur de trouver sa femme inanimée sur le sol.

Il ne prêta aucune attention aux aménagements du loft alors que c'était la première fois qu'il y entrait depuis leur séparation.

-Je vais voir dans sa chambre papa.

Mia se précipita sur l'escalier tandis que Lucas alla vers la salle de bain. Oliver avisa la pièce principale avant de s'apercevoir que la baie vitrée était entrouverte.

-Elle n'est pas à l'étage papa. Mia cria depuis l'escalier, tout en descendant les marches.

-Non. Elle est sur la terrasse chérie. Regarde.

Oliver fit un signe à sa fille en direction de Felicity qui était profondément endormie sur un transat, un livre ouvert reposant contre sa poitrine.

-Papa, je ne l'ai pas trouvée. Lucas cria tout en accourant affolé.

-C'est bon champion. Maman se repose sur la terrasse.

-Papa, tu crois qu'on doit la réveiller ?

-Oui chérie. Il commence à être tard et surtout à rafraîchir. Il avança vers elle, s'accroupit et pressa doucement sa main dans la sienne.

-Hé ! Je crois que tu t'es endormie.

Felicity ouvrit les yeux à ce contact qui venait de réveiller toutes ses terminaisons nerveuses.

-Hé ! Je suis désolée. Elle se redressa vivement, faisant tomber son livre qu'elle avait totalement oublié. Mais... comment êtes-vous entrés ?

-Mia est allée chercher la clé à la conciergerie. Tu vas bien ?

-Oui... juste fatiguée. Mais ça va. Ne t'inquiète pas. Elle se leva, le contourna puis alla embrasser ses enfants. Le dîner est prêt. Chiffonnade de légumes, viande hachée et nouilles chinoises.

-Génial ! S'exclama Mia. Papa, tu manges avec nous ?

-Euh... non Mia. Je... je vais y aller.

Il aurait aimé rester et partager un moment avec sa famille. Prétendre le temps d'une soirée que tout allait bien, mais clairement ça n'était pas le moment. Il le savait, c'était trop tôt.

-Mais tu peux rester papa. Hein maman ?

Lucas regarda sa mère avec espoir. Il avait envie de passer un peu plus de temps avec son père. Mais s'il était honnête avec lui-même, il voulait passer du temps avec ses deux parents. Ça lui manquait.

Felicity ne savait pas quoi faire. Elle détestait décevoir ses enfants mais d'un autre côté, elle ne savait pas si c'était une bonne idée.

-D'accord, oui, papa peut rester.

Elle capitula. De toute façon qui avait-il de mal à accepter ? Rien. Leur situation ne changerait pas à l'issu de ce dîner, mais ses enfants seraient heureux et c'était tout ce qui comptait.

Felicity et Oliver débarrassèrent la table tandis que les enfants se préparaient pour la nuit. Oliver chargea le lave-vaisselle, pendant que Felicity nettoyait les plats.

-Merci pour le repas. C'était délicieux.

-Oh... c'était trois fois rien tu sais.

Elle continua à récurer sa poêle alors qu'elle était irréprochable et brillait, mais elle ne savait pas comment s'occuper autrement. Elle se sentait gauche et maladroite avec Oliver si proche. Ils n'avaient plus été aussi prêts l'un de l'autre depuis la nuit au camping dont ils n'avaient jamais reparlé.

Oliver ferma le lave-vaisselle et s'appuya contre le plan de travail.

-J'aime beaucoup ce que tu as fait de cet endroit. C'est cosy.

-Je voulais que les enfants s'y sentent bien. Même si Lucas peste parce qu'on n'a pas d'espace.

-Tu pourrais avoir la maison tu sais. Ça serait plus juste. Tu as les enfants toute la semaine.

-Il n'y a pas de justice dans une situation comme celle-là.

-Je me sens quand même mal de garder la maison alors que vous vivez à trois ici. Même si c'est bien aménagé et pensé.

-Ça va. Puis tu sais, on est ici seulement pour dormir et manger.

-Papa ! Tu viens nous coucher. Cria Lucas depuis sa chambre.

-Vas-y. Il sera heureux. Tu leur manques.

-Ils me manquent aussi. Et toi aussi tu me manques.

Il fit un pas vers elle et attrapa sa main gauche entre les siennes. Il caressa son auriculaire passant ses doigts sur son alliance et sa bague de fiançailles.

-Rentre à la maison chérie. Je... je te promets que je vais bien me comporter. Que je serais présent. Que je ne t'éviterai plus. Que je t'aiderai. Ces dernières semaines sans toi ont été horribles. Je déteste vivre sans toi à mes côtés, chérie.

-Papa !

Oliver relâcha sa main qui tremblait entre les siennes.

-Je... je ne peux pas Oliver... pas encore. Je... suis désolée.

-Papa !

-Deux minutes Lucas. J'arrive. Ne sois pas désolée. J'ai tout gâché. Je comprends que tu ais besoin de temps, même si ça me coûte de devoir te déposer les enfants comme ce soir, de ne les voir que quelques soirs par semaine, et de les garder un week-end sur deux. Qu'est-ce que je peux faire pour qu'on redevienne une famille Felicity ? De combien de temps as-tu besoin ?

-Papa !

Oliver souffla. Il avait tellement envie qu'elle réponde, mais elle s'était refermée, baissant la tête, évitant son regard. Il l'avait poussée un peu trop fort et s'en voulait, mais il n'en pouvait plus de cette situation. Il faisait des efforts, avait changé, mais à l'évidence ça n'était pas suffisant. Il passa devant elle puis se rendit dans la chambre des enfants dont il aima de suite l'agencement quand il y entra. C'était une très bonne idée cette verrière qui servait de séparation, ça permettait qu'ils aient chacun leur espace. Il s'occupa d'abord de Lucas, lui lisant une histoire, puis il alla embrasser Mia.

-Bon, je vais y aller. Est-ce que tu as du linge sale des enfants ?

-Euh non. J'ai tout lavé. Merci.

-Même à repasser Felicity. Je prends.

-Toi ! Toi, tu sais repasser ? S'étonna-t'elle.

-Hé bien, j'ai appris.

Il n'avait pas vraiment eu le choix. Depuis qu'elle était partie il avait dû se mettre à faire des lessives et à repasser ses chemises. Les premières fois il avait détesté ça, notamment parce qu'il avait l'impression qu'il faisait plus de plis qu'il n'y en avait déjà, mais petit à petit il avait compris l'art de manier le fer et depuis le repassage lui plaisait.

-Ok, dans ce cas ne bouge pas.

Elle fouilla dans le panier et plaça toutes les affaires des enfants dans un cabas qu'elle lui donna.

-Je... je te donnerai ça samedi après la fête d'anniversaire de Mia.

-D'accord. À ce propos, tu as besoin de moi pour la décoration ? Maman sera à la maison, mais si tu as besoin d'aide nous pouvons venir.

-Je pense que ça ira. Je n'ai que ça à faire. J'espère juste ne rien oublier.

-Château gonflable ?

-C'est bon. Le loueur me les amène samedi matin. J'ai les boissons, les bonbons. Le gâteau, tu l'amènes toujours ?

-Oui. Un gâteau au chocolat, un aux pommes et un dernier à la fraise.

-On est tout bon alors.

-Bien. Alors, bonne nuit Oliver.

-Bonne nuit Felicity.

Elle ouvrit la porte et il sortit à contre cœur. Elle referma derrière lui et posa son front contre celle-ci. C'était difficile de le voir partir, elle aurait voulu le rappeler, qu'il la prenne dans ses bras et lui dise que tout irait bien pour eux, mais elle savait que c'était trop tôt, qu'il lui faudrait plus de trois semaines pour changer réellement ses habitudes et soigner son mal être qui les avait plongés dans ce cauchemar.

Voilà pour ce chapitre. On a un petit moment Olicity. Rien de transcendant je vous l'accorde. Mais c'est toujours mieux que rien non ?

A vos claviers pour vos impressions concernant ce chapitre.