Bonjour,
Voici le chapitre 14 corrigé par Marie C. Winchester. Une nouvelle fois, mille mercis à elle.
Dans ce chapitre, Dean et Castiel reçoivent des conseils de leurs amis et ils feraient bien de les écouter. Parce qu'ils ont raison ... attendre et avoir peur de se dire ce qu'ils ressentent, c'est stupide !
Merci de continuer à me lire et merci pour tous vos messages.
Bonne lecture et à la semaine prochaine (confinés sans doute !)
Sydney8201
Musique du chapitre :
Love is Madness de Thirty Seconds to Mars
Chapitre 14 : Jalousie
« Les jaloux sont comme les fous et les ivrognes ils ne se rendent jamais compte de leurs souffrances. La jalousie provient d'un manque de confiance non pas envers l'autre, mais envers soi-même. »
Eugène Cloutier
Castiel refusait de se voiler la face ou de se trouver des excuses. Il avait toujours assumé chacun de ses choix ou de ses décisions. Il n'avait jamais cherché à fuir les conséquences de ses actes ou à justifier son comportement pour ne plus se sentir coupable. Il savait bien qu'il n'était pas parfait. Il essayait d'être irréprochable quand il était question de son travail, mais dans sa vie de tous les jours, il restait humain. Il faisait des erreurs. Il prenait de mauvaises décisions parfois. Il lui était arrivé de faire du mal aux autres sans le vouloir, de commettre des bêtises dont il devait ensuite assumer les conséquences. Ce qu'il avait fait à chaque fois.
Non. Il n'était pas parfait. Personne ne l'était. Il accepta donc la jalousie qui l'avait envahi depuis la rencontre entre Dean et Benny et il ne chercha pas à l'ignorer. Il ne la laissa pas le guider, mais il était conscient qu'elle influait tout de même considérablement sur son comportement vis-à-vis de l'agent Laffite.
Il avait été plus froid avec lui qu'il ne l'aurait voulu et il le voyait à tort comme une ennemi. Il continuait à le considérer comme un atout pour l'enquête, mais son attirance évidente pour Dean en faisait également un adversaire de taille. Castiel devait résister à son envie de le dénigrer pour reprendre le dessus, de pointer du doigt ses défauts juste pour que Dean réalise que Castiel était bien meilleur que lui. Ce dont le jeune policier n'était définitivement pas sûr du tout, mais ce qu'il ressentait pour Dean le poussait tout de même à le penser.
Il aurait bien sûr préféré ne pas ressentir toutes ces choses. Il aurait préféré pouvoir se ficher totalement qu'il se passe un jour quelque chose entre Dean et Benny. Tout aurait été plus simple s'il n'avait pas ressenti cette attirance folle pour son ami dès le premier jour, s'il n'avait pas eu la conviction qu'ils étaient liés l'un à l'autre sans réellement savoir comment et pourquoi. Il savait bien que cela pouvait paraître fou pour quelqu'un d'extérieur, mais c'était pourtant fort et intense et Castiel n'avait jamais rien ressenti de tel pour qui que ce soit d'autre. Jamais avant il n'avait ressenti un tel désir pour un autre homme. Ce n'était pas que sexuel, ce n'était pas seulement physique, c'était bien plus et c'était ce qui était nouveau pour lui.
Il lui était déjà arrivé de rencontrer des hommes qu'il avait désirés immédiatement et avec force, mais il n'envisageait rien de plus avec eux qu'une nuit de sexe. Il ne restait jamais pour le petit déjeuner et ne laissait pas son numéro. Il ne voulait pas d'une relation sérieuse avec eux. Ce n'était que physique et c'était très bien comme ça.
Avec Dean, tout avait été différent depuis le début. Depuis le premier jour, il avait ressenti quelque chose de fort et d'incontrôlable. Bien sûr, quand il avait fait des recherches sur lui et consulté son profil sur les réseaux sociaux, l'attirance avait été physique. Et personne ne pouvait le lui reprocher. Dean était incroyablement séduisant et sexy. Il était parfaitement normal pour un homme gay et sexuellement actif d'être attiré par lui. Il aurait parfaitement pu vivre avec ce fait sans que cela n'interfère dans sa vie de tous les jours.
Mais tout s'était compliqué quand il l'avait rencontré car il avait senti s'établir entre eux une connexion qui n'aurait pas dû exister, un lien qui ne pouvait se tisser qu'entre deux personnes qui se connaissaient depuis un moment. Il avait eu la sensation de connaître Dean depuis toujours. Il avait ressenti le besoin de faire partie de sa vie, de le protéger, de le réconforter, de le faire sourire et de l'entendre rire. C'était quelque chose d'inhabituel pour lui et de compliqué à gérer.
Il avait la sensation d'avoir plus ou moins réussi jusque-là. Il avait même fini par s'habituer à la force de ce qu'il ressentait pour Dean. Mais tout s'était compliqué à nouveau avec l'arrivée de Benny. Car il représentait une menace. Il était charmeur et charmant. Il était intelligent et sexy. Il était possible qu'il soit le genre d'homme qui attirait Dean. Le genre pour lequel le jeune homme craquait. Et si Benny finissait par lui demander de sortir, Castiel ne pouvait s'empêcher de penser que son ami dirait « oui ». Ce qui compliquait les choses car lui avait également prévu de proposer à Dean de sortir avec lui. Mais il devait attendre la fin de leur enquête. Il devait attendre que le tueur soit derrière les barreaux pour faire le premier pas et cela laissait clairement le temps à Benny de placer ses pions, de marquer des points et de prendre de l'avance. Castiel risquait de tout perdre et il ne pouvait rien faire contre. Il se sentait impuissant. Dans une impasse. C'était quelque chose qu'il détestait.
Après le départ de Benny, Dean et lui étaient restés seuls au café pendant encore presque une heure. Le jeune homme n'avait pas vraiment parlé de l'attitude du profiler à son égard. Il semblait ne vouloir parler que de l'enquête et de ce que l'agent du FBI pourrait leur apporter. Ils avaient également parlé de la plainte que Dean avait déposée et de l'attitude des autres policiers vis-à-vis de lui. Puis le jeune homme avait fini par demander à Castiel ce qui clochait. Il l'avait fait le plus naturellement du monde. Il avait visiblement senti le malaise de son ami et semblait inquiet. Il voulait l'aider. Castiel ne put s'empêcher de se sentir coupable. Il n'avait pas voulu l'inquiéter et il aurait d'ailleurs préféré que Dean ne devine pas combien cet entretien avait été douloureux pour lui. Parce qu'il n'avait aucune explication potable à lui fournir. Rien qui pourrait justifier son attitude sans éveiller les soupçons de Dean. Il aurait dû toutefois se douter que cela finirait ainsi. Dean avait un pouvoir unique et il sentait des choses que le commun des mortels ignorait. Castiel n'avait aucune chance.
Il finit par répondre qu'il était inquiet en raison de l'enquête, toujours sous le coup de ce qui était arrivé à Dean et qu'il n'aimait pas l'idée qu'on ait envoyé quelqu'un les aider. Que cela lui donnait l'impression d'être nul, inefficace. Ce qui ne lui était jamais arrivé jusque-là. Dean sembla sceptique quant à ses réponses, mais Castiel soutint son regard jusqu'à ce qu'il finisse par hocher la tête et par changer de sujet.
Ils se séparèrent en se promettant de s'appeler pour poursuivre leur enquête sur les sites de rencontre. Dean n'avait pas eu de nouveaux messages inquiétants et Castiel avait beaucoup à faire de son côté. Il avait besoin de prendre ses distances pendant quelques jours.
Mais il ne s'était pas écoulé plus de vingt-quatre heures avant que le manque ne se fasse déjà ressentir. Une nouvelle fois, c'était complètement dingue. Dean lui manquait alors même qu'ils s'étaient vus la veille et qu'ils s'envoyaient des messages régulièrement. Alors même qu'ils allaient se revoir bientôt. C'était pourtant une sensation extrêmement forte qu'il avait du mal à ignorer. Elle l'empêchait de se concentrer sur son travail. Une nouvelle fois, le jeune homme occupait la majorité de son esprit. Il n'y avait plus vraiment de place pour qui que ce soit ou quoi que ce soit d'autre.
Gabriel s'en rendit compte très rapidement. Il connaissait Castiel depuis un moment et il devinait facilement quand quelque chose le tracassait. Le jeune policier ne fut donc pas surpris quand il finit par venir le trouver dans l'après-midi avec une tasse de thé et un air sérieux qui ne lui allait pas.
- Ok, Cas… parle-moi, lança-t-il en s'asseyant à son bureau.
Castiel avait les yeux rivés sur son écran d'ordinateur, mais il était incapable de se concentrer sur le document qu'il consultait. Il relisait continuellement la même ligne sans en comprendre le moindre mot. C'était frustrant.
- Pour te dire quoi ? demanda-t-il en espérant gagner un peu de temps.
Bien sûr Gabriel n'était pas dupe et il ne baissait pas les bras facilement. Castiel avait tout de même tenté sa chance. Histoire de ne pas avoir de regrets.
- Pour me dire ce qui ne va pas et ce qui te tracasse autant.
- Pourquoi est-ce que ça t'intéresse ?
Gabriel eut l'air blessé par cette remarque. Castiel ne voulait pas le vexer mais il voulait gagner du temps. Peut-être qu'avec un peu de chance, quelqu'un finirait par voler à son secours.
- Et bien d'abord parce que tu es mon ami et que je m'inquiète pour toi… ce qui devrait d'ailleurs suffire comme explication, mais… aussi parce que tu es mon coéquipier, que nous avons une enquête particulièrement compliquée et importante à mener et qu'il est évident que tu n'es pas à cent pour cent de tes capacités en ce moment. Est-ce que cela te suffit ou est-ce que tu as besoin de plus ?
Castiel savait bien que Gabriel ne cherchait pas à en savoir plus juste pour satisfaire une curiosité malsaine. Il était sincèrement inquiet pour lui et pour leur enquête. Il avait d'ailleurs toutes les raisons de l'être et Castiel se détestait pour ça. Il n'était pas prêt à parler de Dean, mais il allait devoir le faire malgré tout. Gabriel méritait d'être mis au courant. Castiel l'avait injustement tenu à l'écart trop longtemps.
Il se racla la gorge, détourna les yeux de son écran d'ordinateur puis saisit sa tasse de thé pour la serrer entre ses mains.
- Je suis désolé Gabe. Je sais que je… je t'ai pas mal laissé de côté ces derniers jours et je… il est évident que tu mérites mieux. Je vis… disons que je vis quelque chose d'un peu… étrange en ce moment et j'ai du mal à me l'expliquer moi-même.
- Peut-être que je pourrais t'aider à y voir plus clair Cas. Mais pour ça, j'ai besoin de savoir. Et pour info, je ne t'en veux pas de n'avoir rien dit.
Castiel sourit alors, soulagé de l'entendre. Il allait avoir besoin de Gabriel. Son ami saurait se montrer plus lucide que lui et lui apporter les conseils dont il avait cruellement besoin pour se sortir de la situation dans laquelle il se trouvait.
- Ça concerne Dean, finit-il par déclarer.
Gabriel ne sembla pas surpris de l'entendre. Il s'en était probablement douté puisque Castiel passait le plus clair de son temps avec le jeune homme.
- J'ai senti qu'il se passait quelque chose entre vous et si tu te souviens bien, je t'ai même dit que ça risquait d'être compliqué avec lui avant même que tu ne le rencontres.
- Tu m'as dit que j'avais envie de le voir nu… ce qui n'est qu'une infime partie du problème.
- Mais ça n'en est pas moins vrai. Plus sérieusement Cas… je m'avance peut-être en disant ça, mais … est-ce qu'il se peut que tu aies des sentiments pour lui ?
C'était une question à laquelle il était difficile de répondre. Pas parce que Castiel ne connaissait pas la réponse, elle était évidente. Il avait effectivement des sentiments forts pour Dean, mais il ne savait pas vraiment comment les définir et c'était là tout le problème.
- J'ai des sentiments pour lui oui. Et je ne devrais pas… Pas parce que je m'interdis d'en avoir pour qui que ce soit, mais parce que c'est trop tôt. Je ne sais pas grand-chose de lui et j'ai commencé à ressentir toutes ces choses pour lui lors de notre première rencontre. Ce qui est complètement dingue. Comment peut-on ressentir quelque chose pour quelqu'un qu'on ne connait pas ? C'est… Je ne suis pas sûr de le comprendre et je ne sais pas vraiment quoi en faire.
Gabriel se mordilla la lèvre inférieure une seconde. Il n'était jamais à court de choses à dire, jamais avare en conseils et son silence n'était pas bon signe. Castiel se demanda pendant une seconde si son ami serait capable de lui donner un conseil ou si la situation était trop étrange… Même pour lui.
- Je ne vais pas te mentir et te dire que cette situation n'est pas… étrange effectivement. Mais Dean n'est pas un homme comme les autres et peut-être que ce que tu vis est en partie dû à cela… Peut-être que c'est son « don » qui… je ne sais pas… affecte votre relation. Il rend peut-être les choses plus évidentes… Il révèle peut-être des sentiments dont vous n'auriez pris conscience que plus tard dans d'autres circonstances. Et si tu veux mon avis, ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Tu sais au moins à quoi t'en tenir. Tu as des sentiments pour Dean et… je ne peux que te féliciter pour ça. Maintenant, tu dois les accepter et agir en fonction. Est-ce que tu lui en as parlé ?
Castiel ricana une seconde. Il ne se moquait pas de ce que Gabriel venait de dire. C'était au contraire plutôt logique et sensé, mais son coéquipier aurait dû savoir qu'il n'aborderait pas le sujet avec Dean tant que leur enquête n'était pas terminée. Peu importait que leur situation ne soit pas ordinaire, il devait tout de même faire passer l'affaire avant tout.
- Je ne peux pas faire quoi que ce soit tant qu'on n'a pas attrapé le tueur. Je ne prendrais jamais le risque de compromettre notre enquête. Le simple fait d'avoir impliqué Dean complique déjà les choses… parce que l'avocat de la partie adverse pourrait s'en servir contre nous. Je ne vais pas en rajouter une couche en mêlant vie privée et vie professionnelle.
Gabriel hocha la tête. Il acceptait cette réponse. Et Castiel savait qu'il avait pris la bonne décision. Il aurait parfaitement pu la vivre bien si Benny n'était pas apparu dans leur vie. C'était sa venue qui avait tout chamboulé et c'était le concernant que Castiel avait besoin de conseils.
- Je n'ai pas honte de ce que je ressens pour Dean et j'ai bien l'intention de l'inviter à sortir dès que tout ceci sera terminé… en espérant qu'il accepte bien sûr. Et j'étais parfaitement prêt à accepter cette situation même s'il n'est pas facile de le voir tous les jours et de ne pas pouvoir… le prendre dans mes bras et l'embrasser et… enfin peu importe, je m'égare. Le problème maintenant c'est Benny.
- L'agent Laffite ? En quoi sa présence est-elle un problème ?
Castiel serra sa tasse dans ses mains avec une telle force que les jointures de ses doigts devinrent rapidement douloureuses. Gabriel sentit son malaise et posa une main sur son épaule. C'était un geste destiné à le calmer et cela fonctionna parfaitement. Castiel se détendit presque aussitôt.
- Il est tout ce que je ne suis pas, souffla-t-il en guise de réponse.
Gabriel fronça les sourcils, visiblement surpris par sa réponse. Il avait toutes les raisons de l'être. Ce n'était pas clair et cela ne suffisait pas expliquer ce que Castiel ressentait, mais c'était la première chose qui lui était passée par la tête.
- Comment ça il est tout ce que tu n'es pas ?
- Il est… il est parfaitement à l'aise et il n'a pas… il a flirté avec Dean dès les premières minutes de leur rencontre. Il semble se ficher que l'affaire soit toujours en cours et il en a parfaitement le droit puisque ce n'est pas lui qui est en charge de l'enquête. Il est charmant et drôle et il… il pourrait plaire à Dean. Il… je peux sentir qu'il va lui demander de sortir et je ne peux rien faire pour l'en empêcher. Et je suis jaloux… je… j'aimerais que Dean ne s'intéresse qu'à moi. Ce qui est égoïste et…
- Cas, stop, le coupa Gabriel en levant la main dans sa direction. Pour commencer, tu es brillant, tu es séduisant et drôle. Tu es parfaitement à même de plaire à n'importe qui et à Dean en particulier. D'ailleurs, je suis presque sûr que c'est le cas. Et je sais… je comprends pourquoi tu ne veux rien tenter pour le moment, mais… si tu sens que ce type va l'inviter alors peut-être que tu devrais… peut-être qu'il est temps pour toi de parler avec Dean. Explique-lui qu'il te plait et dis-lui que tu préfères attendre, mais qu'une fois cette histoire terminée, tu serais ravi de voir si les choses peuvent coller entre vous. Dis-lui toute la vérité. Il faut qu'il sache. Pour qu'il puisse dire « non » à Benny si toutefois il l'invite. Donne-lui une raison de dire « non » Cas.
Ce que Gabriel disait était une nouvelle fois parfaitement logique, mais il n'était pas sûr d'être capable de parler avec Dean pour le moment. Il avait une idée plutôt précise de ce qu'il voulait lui dire, mais il avait peur d'être confronté à une fin de non-recevoir. Il était terrifié à l'idée que Dean repousse ses avances. Cela viendrait peser sur leur relation et risquait de compromettre leur enquête. Il aurait été préférable de ne rien lui dire. Mais Gabriel avait raison. Benny risquait de le devancer. Et si Dean ne savait rien de ses sentiments, alors il n'aurait aucune raison de lui dire « non ». Il devait réfléchir aux deux options. Peser le pour et le contre avant de prendre une décision.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir, confia-t-il alors, perdu.
- Et moi je te dis qu'il n'est pas question de pouvoir Cas. Tu n'as pas le choix. Si tu laisses Benny agir sans rien faire de ton côté, alors tu ne pourras t'en prendre qu'à toi-même. Alors bien sur … rien ne nous garantit que Dean sera intéressé, mais … c'est un risque que tu pourrais bien regretter ensuite.
Castiel hocha la tête. Il le savait. C'était un élément qu'il devait absolument prendre en considération. Il était finalement question de choisir entre son métier et sa vie privée. Courir le risque de perdre Dean au profit de Benny ou courir celui de tout gâcher en poussant Dean à prendre la fuite. Bien sûr, si le jeune homme était lui aussi intéressé, alors Castiel aurait tout à gagner. Mais c'était faire un pari et le jeune policier n'était pas un joueur dans l'âme.
- Je vais … je dois y réfléchir, mais je te promets de prendre tes conseils en considération et de me décider rapidement. Je ne veux pas que mes sentiments viennent entacher notre enquête. Ce ne serait pas juste envers les victimes.
- Ça c'est le Castiel que je connais et que j'aime. Et si je peux me permettre de te dire une dernière chose à ce sujet … ce que je me permets, tu me connais … si j'étais toi et si j'avais cette chance d'être avec l'homme pour qui j'ai des sentiments alors … crois-moi, je foncerais tête baissée. Je ne te dis pas de reléguer l'affaire au second plan. Je sais que tu ne le feras pas, mais je te dis simplement de ne pas laisser cette chance unique t'échapper. C'est tout.
- C'est noté Gabe … et merci.
Gabriel sourit, visiblement soulagé d'avoir été entendu. Castiel ne mentait pas. Il allait vraiment prendre les conseils de son coéquipier en considération. Il ne prendrait pas de décision à la légère, mais il allait sérieusement peser le pour et le contre de chaque option. Il avait beaucoup à perdre, mais également beaucoup à gagner dans cette histoire. Jamais avant quoi que ce soit n'avait semblé plus important que sa carrière. Il s'était toujours concentré sur son travail. Mais Dean avait tout changé. En entrant dans sa vie, il avait bouleversé l'équilibre auquel Castiel s'était habitué. Il aurait pu en avoir peur et tenter de fuir, mais il n'en avait pas envie. Il avait la certitude, au fond de lui, qu'il ne rencontrerait jamais quelqu'un d'autre pour qui il ressentirait ce qu'il ressentait pour Dean. C'était peut-être sa seule chance d'être heureux en amour et personne n'avait le droit de lui reprocher d'y prêter de l'importance. Il avait le soutien de Gabriel. Cela comptait énormément. Son coéquipier était la preuve qu'on pouvait avoir une vie personnelle épanouie et une vie professionnelle réussie. Castiel en avait envie à présent, mais il n'était juste pas sûr que cela soit le bon moment pour y penser. Il avait peur que cela vienne l'empêcher de trouver le tueur. Ou peut-être avait-il tout simplement peur d'avoir le cœur brisé si Dean repoussait ses avances. Il n'avait pas les idées claires. Il avait besoin de temps pour y réfléchir. Mais pour le moment, il devait se reconcentrer sur son travail. Il prendrait une décision ce soir. Il s'en fit la promesse.
Dean n'était pas quelqu'un de prétentieux. Il ne l'avait jamais été. Il ne tirait aucune fierté particulière de sa réussite professionnelle, de l'aide qu'il apportait avec son « don » ou de son apparence physique. Il n'y avait que la réussite de Sam qui le rendait fier. Et s'il ne niait pas avoir joué son rôle dans son éducation, il n'était pas le seul responsable. Une bonne partie du mérite revenait à Sam lui-même et à leurs proches.
Non. Dean n'était pas quelqu'un d'orgueilleux. Il savait qu'on le trouvait séduisant et sans prétention aucune, il avait parfaitement conscience de ses atouts. Il avait l'habitude d'attirer l'attention et l'intérêt des hommes et des femmes qu'il croisait. Il aimait ça. Il adorait se sentir désiré. Être abordé par quelqu'un dans un bar et le regarder tenter de le séduire était toujours agréable. S'il était intéressé lui aussi, il ne laissait pas le suspense durer trop longtemps. Il se fichait qu'on puisse en déduire qu'il était un homme facile. Il aimait le sexe et quand il en avait envie, il ne cherchait pas à s'en cacher. Ce que les autres pouvaient en dire ne l'intéressait pas.
Il ne fut donc pas totalement déstabilisé par l'intérêt évident que Benny lui portait. Même si le profiler ne lui avait pas fait quelques remarques significatives, il aurait su qu'il l'attirait grâce à son « don ». Il l'avait senti dès les premières secondes de leur rencontre et il était flatté. Comment aurait-il pu ne pas l'être ? Benny était un homme intelligent, drôle et séduisant. C'était également quelqu'un de bien. Dean aurait pu se laisser séduire. Dans d'autres circonstances, il aurait répondu à ses avances immédiatement. Il n'aurait même pas hésité une seule seconde.
Mais rien n'était plus comme avant maintenant. Il y avait un nouvel élément à prendre en considération et si cela compliquait les choses pour Dean, il ne s'en plaignait pas pour autant.
Depuis que Castiel était entré dans sa vie, le jeune homme ne voyait définitivement plus les choses sous le même angle. Il n'était plus sorti avec l'intention de trouver un partenaire pour la nuit, il n'avait plus répondu aux avances des quelques inconnus qui avaient tenté de le séduire et il n'avait pas foncé tête baissée quand Benny avait commencé à montrer son intérêt pour lui.
Il savait bien qu'il ne devait rien à son ami. Ils n'étaient pas ensemble, ils n'avaient jamais eu de premier rendez-vous et rien ne lui garantissait que Castiel en avait envie. Mais Dean avait la sensation qu'en passant du temps avec un autre homme, il trahirait le jeune policier. Ce qui était dingue et sans doute un peu stupide, mais c'était une sensation dont il ne parvenait pas à se débarrasser. Il voulait avant tout savoir s'il avait une chance avec Castiel, s'il avait raison d'espérer une histoire sérieuse avec lui, ou s'il perdait son temps et qu'il était libre d'aller voir ailleurs.
Il avait espéré que le comportement de Castiel durant leur entretien avec Benny signifiait qu'il était jaloux. Il ne parvenait pas à lire et à analyser clairement les réactions de son ami. Pas comme il pouvait le faire avec les autres. C'était comme si une barrière invisible l'empêchait de trouver des réponses précises à ses questions. Il ressentait le trouble chez Castiel, mais il ne pouvait pas en connaître l'origine. Il s'était donc résolu à employer une autre méthode. Il avait insisté pour que Castiel reste après le départ de Benny. Il lui avait alors demandé si quelque chose clochait. Il ne pouvait pas lui demander clairement s'il était jaloux, mais il avait espéré que sa question pousserait Castiel à se confier sur ce point. Ce que ce dernier n'avait pas fait. Il avait donné une réponse évasive, mais qui tenait plus ou moins la route. Il était inquiet pour leur enquête, toujours sous le choc de l'agression de Dean et déçu de ne pas avoir réussi à trouver le tueur sans qu'un profiler envoyé par le FBI ne vole à son secours. Dean avait senti aussitôt qu'il ne lui disait pas tout, mais après de longues secondes à regarder Castiel dans les yeux et à espérer qu'il en dise plus, il finit par accepter sa réponse et par changer de sujet. Il ne pouvait pas le forcer à se confier. Il ne pouvait de toute façon pas être sûr que son malaise avait quoi que ce soit à voir avec l'attitude de Benny vis-à-vis de lui.
Il n'en savait pas plus et cela le mettait dans une situation inconfortable. Il était peut-être en train de passer à côté de quelque chose de sympa avec un homme séduisant parce qu'il avait un autre homme en tête. Un autre homme à qui il n'était pas sûr de plaire et avec qui il n'était pas sûr que quoi que ce soit soit envisageable. Il perdait peut-être son temps et il risquait de le regretter.
Bien sûr, il aurait pu prendre son courage à deux mains et aller voir Castiel. Il aurait pu lui demander clairement s'il était intéressé, si quelque chose pouvait se passer entre eux une fois l'enquête résolue. Cela aurait évité qu'il se fasse de faux espoirs ou qu'il passe à côté de quelque chose, mais il avait peur d'être confronté à un refus net et que sa relation avec Castiel en pâtisse ensuite. Il ne voulait surtout pas qu'une telle discussion vienne tout gâcher entre eux. Il ne devait pas oublier que la réussite de leur enquête reposait en partie sur leur collaboration. Il aurait été injuste envers Keith et les autres victimes de faire passer sa vie privée avant leur affaire.
Il avait donc choisi de ne rien lui dire, mais il ne lui restait pas d'autres options. Il pouvait ignorer les avances de Benny et attendre que l'enquête soit bouclée pour tenter sa chance avec Castiel ou il pouvait accepter de sortir avec le profiler et prendre le risque que Castiel n'apprécie pas. Il n'aimait ni l'une ni l'autre. Et comme à chaque fois qu'il se retrouvait dans une impasse, il se décida à demander conseil à celle qui s'était toujours portée volontaire pour le conseiller sur sa vie amoureuse.
- Si tu veux mon avis, moi je vois une troisième option, commenta Charlie, visiblement ravie d'être consultée sur ce sujet.
Dean et elle étaient installés dans un café qu'ils fréquentaient souvent. C'était un endroit calme proche de chez la jeune femme. Le personnel était sympathique et Dean s'y sentait bien.
- Je suis prêt à l'entendre si ce n'est pas une de tes propositions délirantes que personne ne serait capable de suivre, répliqua le jeune homme.
Charlie balaya le commentaire d'un revers de la main avant de prendre une grande inspiration et de se lancer dans une de ses longues tirades. Dean avait beau la trouver complètement dingue quatre-vingt-dix pourcents du temps, il ne l'en aimait pas moins pour autant. Charlie était la petite sœur qu'il n'avait jamais eue, celle avec qui il partageait tout, à qui il ne cachait rien. Elle était sa première confidente.
- Tu craques pour ce Castiel, c'est évident. Et je dois reconnaître que je suis surprise. C'est la première fois que je te vois aussi… disons… obsédé par un autre homme. Le plus souvent, tu couches avec eux et tu ne les revois jamais ensuite. Ce qui est bien du moment que ça te rend heureux. Il serait hypocrite de ma part de dire le contraire parce que je fais à peu de choses près la même chose que toi. Mais… il est évident que ce n'est pas ce que tu veux avec ce Castiel et je peux comprendre pourquoi tu refuses de le lui dire maintenant. Je sais combien cette affaire te tient à cœur et c'est tout à ton honneur, mais attendre sans rien faire n'est pas la solution. Si tu veux mon avis, ce Benny est clairement une opportunité à saisir. Il te plait et tu lui plais. Ce n'est pas Castiel, mais… il pourrait être la solution à ton problème. Il suffit que tu saches l'utiliser convenablement.
Dean n'aimait définitivement pas l'idée d'utiliser Benny. Il ne méritait pas ça et Charlie le savait. Il lui laissa toutefois une chance de s'expliquer avant de lui dire ce qu'il pensait de sa proposition.
- Réponds à ses avances. Ou du moins… flirte un peu avec lui quand Castiel est là. Ne lui promets rien et ne t'engage surtout pas, mais… sois un peu plus réceptif à ses tentatives et attends de voir comment Castiel réagit. S'il est aussi intéressé par toi que tu l'es par lui, il ne pourra pas rester insensible ou indifférent. Il interviendra et tu auras la réponse à ta question. S'il ne fait rien et ne semble pas perturbé alors tu sauras aussi. Tu pourras voir si ça colle avec Benny sans avoir peur de perdre Castiel. C'est gagnant-gagnant.
Dean grimaça une seconde. Si ce que Charlie venait de dire n'était pas complètement dingue ou insensé, cela lui semblait tout de même un peu trop simpliste. Il ne connaissait peut-être pas encore très bien Castiel, mais il le soupçonnait d'être parfaitement capable de maitriser ses émotions et de contrôler ses réactions. Il n'agissait pas sans prendre le temps de peser le pour et le contre, de s'assurer que ce qu'il allait faire n'aurait pas de conséquences dramatiques. Même si le comportement de Dean le rendait jaloux, il était le genre d'homme à savoir comment l'ignorer et composer avec. Il ferait forcément passer leur enquête avant tout le reste et il saurait mettre de côté ses émotions et ses sentiments jusqu'à ce que leur tueur soit enfin mis hors d'état de nuire. Dean n'obtiendrait probablement aucune réaction de sa part. S'il venait à analyser cela trop rapidement et comme un manque d'intérêt de sa part, alors il commettrait une erreur qu'il regretterait ensuite. Parce qu'il risquait de perdre toute chance avec lui. Juste parce qu'il avait agi trop vite. De surcroît, il n'était pas forcément très à l'aise à l'idée d'utiliser Benny de la sorte.
- Je ne dis pas que ton conseil est stupide, mais… Castiel n'est pas le genre d'homme à agir de façon impulsive. Même s'il était jaloux, je doute qu'il me le fasse savoir tant que l'enquête n'est pas terminée et… peut-être que me voir avec Benny… voir avec quelle rapidité j'ai cédé à ses avances pourrait jouer en ma défaveur. Je ne veux pas qu'il puisse penser que n'importe qui pourrait le remplacer. Que je suis…
- Un garçon facile ? Dean, je croyais que tu te fichais de ce que les autres pensent de toi. Que tu assumais tes choix et avais décidé de vivre ta sexualité sans te soucier de l'image que cela donnait de toi.
C'était vrai. Ça l'était depuis toujours. Dean savait qu'en sortant des cases que la société avait établi pour différencier les gens « normaux » de ceux qui ne l'étaient pas, il rencontrerait durant son existence des gens qui le jugeraient. Il l'avait accepté. Et parce qu'il refusait qu'on lui dicte sa conduite ou qu'on le change pour le rendre plus « normal », il avait décidé de vivre sa vie comme bon lui semblait, d'être lui-même pour être heureux et pour ne rien regretter. Mais si l'avis des autres ne comptait pas – sauf celui de ses proches bien sûr – il en allait autrement de l'opinion que Castiel avait de lui. Car cela risquait de le pousser à renoncer à lui si toutefois il était intéressé. Ce qu'il n'était peut-être pas. Dean était fatigué que son esprit et ses idées tournent en rond de la sorte. Il aurait aimé savoir quoi faire et ne plus avoir à se poser constamment des questions.
- C'est toujours le cas. Je me fiche qu'on puisse penser que j'écarte les cuisses trop facilement ou que je ne suis pas un vrai homme parce que j'aime qu'on me domine au lit et qu'on me pénètre. Tu sais que je me fiche totalement de tout ça. Mais je ne me fiche pas de ce que Castiel pense de moi.
- S'il pense que tu es un garçon facile alors franchement, il ne mérite pas que tu t'intéresses à lui.
- Non, ce n'est pas … je n'ai pas peur qu'il puisse penser que je suis trop facile. Quand on a créé ensemble mon profil sur les sites, je ne lui ai rien caché. J'ai parlé de toutes mes préférences et de tout ce que j'aimais qu'on me fasse. Et il a peut-être été surpris, mais il n'a pas semblé choqué. Il ne m'a pas jugé. Non. Ce dont j'ai peur c'est qu'il puisse douter de ma sincérité s'il me voit sortir avec Benny avant de lui avoir clairement demandé si je l'intéressais. J'ai peur qu'il puisse se dire que lui ou un autre, ça ne change rien pour moi et qu'il puisse penser que je … que mes sentiments ne sont pas aussi forts que ce que je lui assure. Voilà ce dont j'ai peur.
En résumé, il avait peur de perdre Castiel avant même d'avoir une chance avec lui. Il ne voulait surtout pas que son ami puisse douter de sa sincérité, de tout ce qu'il serait amené à lui dire lors de cette conversation, qu'il puisse lui reprocher d'avoir tenté sa chance avec Benny alors même qu'il n'avait que Castiel en tête. Dean était terrifié par tout un tas de choses. Et toutes concernaient Castiel ou presque.
- Tu ne lui dois rien Dean. Vous n'êtes pas un couple et tu ne sais même pas si tu l'intéresses… j'en suis convaincue personnellement parce que, franchement, qui ne le serait pas, mais… dans tous les cas, il ne t'a rien dit. Il n'a rien fait qui puisse te laisser penser qu'il veut plus qu'une belle amitié avec toi. Et… tu es libre après tout. Tu es libre de sortir avec qui bon te semble… de coucher avec qui bon te semble non ? Est-ce que tu le lui reprocherais s'il sortait avec quelqu'un demain et venait ensuite te dire, une fois l'enquête terminée, qu'il est intéressé par toi depuis le début ?
Dean prit le temps d'y réfléchir quelques secondes. Il ne pensait pas qu'il lui en ferait le reproche, mais il ne pouvait pas le garantir et il était un cas à part. Il avait l'esprit bien plus ouvert que la majorité des hommes. Il acceptait tout ou presque. Castiel n'était pas comme lui. Même s'il ne jugeait jamais les gens sur ce qu'ils aimaient, il était peut-être possessif, jaloux ou manquait juste de confiance en lui. N'importe lequel de ses trois éléments pourraient l'amener à douter de Dean. Le jeune homme n'était pas sûr que prendre son pied avec Benny en valait la peine. Il ne pouvait de toute façon pas être certain que le profiler serait partant pour lui donner ce que Dean aimait le plus. Il avait en revanche la sensation que Castiel serait plus à même de tenter l'expérience.
- Je ne suis même pas sûr d'avoir envie de tenter quoi que ce soit avec Benny, confessa-t-il alors.
- Si tu n'avais jamais rencontré Castiel et que Benny venait t'aborder dans un bar, est-ce que tu aurais dit oui ou est-ce que tu aurais dit non ?
C'était une question à laquelle Dean savait parfaitement quoi répondre et il soupçonnait Charlie de le savoir aussi. Benny était plus grand et plus musclé que lui. Il transpirait la virilité tout en étant charmant, drôle et séduisant. Il remplissait toutes les cases essentielles pour Dean. Il aurait bien sûr accepté de lui donner sa chance, mais le « si » par lequel Charlie avait commencé sa question était l'élément qui changeait tout.
- Peut-être oui… sûrement même, mais… il y a Castiel et je ne peux pas… je ne peux pas réfléchir comme ça Charlie. Je sens quelque chose de différent avec lui. Je ne sais pas si c'est mon don ou si c'est juste parce que ça devait être lui et personne d'autre, mais ce dont je suis sûr c'est qu'il existe un lien entre nous. Qu'il en ait conscience ou non peut tout changer oui. Mais pour moi, c'est un élément que je ne peux pas ignorer.
- Alors parle-lui Dean.
- Mais je… protesta le jeune homme.
- Écoute-moi Dean… je te connais depuis toujours et je pense te connaître par cœur maintenant. Je ne t'ai jamais vu comme ça, je ne t'ai jamais entendu tenir ce genre de propos et j'ai confiance en ton don… en ce que tu ressens et il m'arrive même de croire au destin parfois. Peut-être que Castiel est ton âme sœur. Si c'est le cas, alors cette discussion est inutile parce qu'il ne te reste qu'une seule option… lui parler. Que ce soit maintenant ou dans six mois… tu dois lui parler. Tu dois lui dire ce que tu ressens. S'il te dit non, alors tu auras le cœur brisé mais au moins tu seras fixé.
Dean hocha la tête. Charlie avait raison comme souvent. Que Benny soit entré dans sa vie ne changeait rien en fin de compte. Le jeune homme n'avait pas d'autre choix que de parler avec Castiel, de lui dire ce qu'il ressentait et d'espérer qu'il ressente la même chose en retour. Peu importait quand il le ferait, même si le plus tôt serait sans doute le mieux, il n'avait pas d'autre choix.
- Je sais que tu préfèrerais attendre la fin de votre enquête et je le comprends Dean, mais… demande-toi si toutes ces questions qui tournent en boucle dans ta tête… ces interrogations sans réponse et ces doutes ne t'handicapent pas plus que t'entendre dire « non ». Demande-toi si savoir une bonne fois pour toute ne te soulagerait pas d'un poids inutile. S'il te dit oui, alors vous pourrez vous mettre d'accord pour ne pas organiser de rendez-vous avant que tout soit fini mais tu pourras enfin te concentrer pleinement sur l'enquête sans te demander constamment si tu as une chance ou non.
Dean hocha la tête. Il devait reconnaître que les questions qu'il se posait commençait sérieusement à peser sur lui, qu'il était perturbé à chaque fois qu'il était en présence de son ami et que cela le déconcentrait. Il était peut-être temps pour lui de prendre le taureau par les cornes et de se jeter à l'eau.
- Tu as raison… Comme toujours d'ailleurs. Je vais lui parler. Je vais le faire rapidement et sans attendre. Je ne peux pas continuer comme ça.
- C'est ce que je voulais entendre et… s'il te dit « non » et que tu en as envie, je suis sûr que Benny se porterait volontaire pour te changer les idées et te remonter le moral. Je serai là aussi bien sûr mais je n'ai pas les mêmes atouts physiques nécessaires que lui.
Dean ne put s'empêcher de sourire devant ce qui était clairement une tentative de dédramatiser les choses de la part de Charlie. C'était une blague un peu stupide mais elle fonctionnait. Dean aurait toujours dans un coin de sa tête le regret de ne pas être hétérosexuel et que Charlie le soit aussi. Ils auraient fait un couple parfait.
- Tu n'as effectivement pas les mêmes méthodes pour me remonter le moral, mais les tiennes fonctionnent tout aussi bien.
- Je peux toujours acheter un gode ceinture sur Amazon et on peut essayer pour voir.
Dean soutint alors son regard pendant quelques secondes puis grimaça en secouant la tête.
- Je t'aime, mais non. Ce serait comme coucher avec mon frère.
Charlie grimaça à son tour, puis éclata de rire. Dean l'imita quelques secondes plus tard. Son amie avait le don de lui faire oublier tous ses problèmes. Peu importait leur gravité ou leur importance, il suffisait qu'il passe un peu de temps avec elle pour que tout lui semble à nouveau plus simple ou plus léger. C'était en partie pour ça qu'il l'aimait tant. Il savait qu'il avait de la chance de l'avoir dans sa vie et qu'il avait besoin d'elle pour ne pas commettre trop d'erreurs.
- Merci pour l'image Dean … je doute de pouvoir l'oublier de sitôt.
- De rien Charlie. De rien.
Ils rirent à nouveau pendant quelques secondes avant de changer de sujet et de parler de tout autre chose. Dean savait à présent ce qu'il devait faire et il allait s'y tenir. Charlie l'avait aidé à ouvrir les yeux. Il ne lui restait plus qu'à mettre ses conseils en application. Il avait probablement trop attendu, mais il était encore temps de rattraper son erreur et de rectifier le tir. Castiel ne ferait rien. C'était évident. Dean allait donc devoir prendre l'initiative et il devait reconnaître que cela lui faisait un peu peur.
