Heeey ! Je suis désolée, j'ai honte. J'ai pas posté la semaine dernière et là je mets le chapitre en ligne à 23H45... C'est un peu abusé. Et j'ai pas de justifiations spécifiques à vous offrir, le mois d'octobre a été compliqué mais normalement je devrais pouvoir reprendre la publication hebdomadaire à partir de maintenant. Je vais tout faire pour en tout cas !
Puis le chapitre est long, ça me pardonne... au moins un petit peu ? Non ?
Bonne lecture, et merci d'être toujours plus nombreux à me laisser des reviews, ça illumine ma journée quand j'en reçois une :D
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Une éternité plus tard (ou seulement quelques jours), j'avais encore l'impression de passer mes journées à réfléchir à qu'il s'était passé dans la pensine de Dumbledore. Ou tout de moins, je m'appliquais à me forcer à pas trop y penser, et ma réussite était plutôt mitigée : en obligeant mon esprit à songer à autre chose, cela avait l'effet complètement inverse et je revenais inlassablement sur le problème du Retourneur de Temps maudit. Broyer du noir ne me ferait pas rentrer chez moi malheureusement… Je m'en étais douloureusement rendue compte ces derniers jours.
Je me grattai nerveusement la nuque en soupirant, blasée de ne pas réussir à penser à autre chose.
Un cri me sortit de ma bulle, me ramenant les pieds sur terre.
— Théaaaaa ! Alyyyy ! J'vous en suppliee, ne me laissez paaaas… Pas toute seule… Ici, pour faire ça !
Un bref sourire étira mes lèvres, au moins je pouvais toujours compter sur elle pour me remonter le moral quand cela n'allait pas… Mais les supplications d'Evelynn me laissèrent de marbre. Je lui lançai un grand sourire sarcastique sans même me forcer, je venais de retrouver toute ma bonne humeur d'un claquement de doigt.
— Allez, exécution ! chantonnai-je en prenant instinctivement un ton joyeux. On n'a pas le temps pour les tire-au-flanc ici ma p'tite.
— Je confirme, railla Alycia, l'air aussi heureuse que moi. Et mets-y un peu plus de cœur voyons.
Ce n'était pas souvent que nous avions l'honneur de voir Evelynn Parkinson en train de nettoyer – à la main précisions le – tous les chaudrons de la salle des Potions. Notamment les chaudrons qu'elle avait elle-même dégueulassés à un point tel que la saleté semblait profondément incrustée dedans. Que dis-je, la saleté faisait partie du chaudron.
Lors du cours de la veille, la brune avait complètement dépassé les bornes en essayant trois fois de réaliser la potion demandée par Slughorn, alors que ce dernier lui avait expressément ordonné d'arrêter. Bilan : trois ratés, dans trois chaudrons différents, et on avait été dans l'obligation de fuir la salle sous peine de tous finir intoxiqués.
Slughorn -qui ne s'énervait jamais- avait littéralement pété les plombs parce que la dernière tentative d'Eve avait sabordé sa bouteille d'hydromel. Un jet vert fluo très acide avait fusé droit sur son bureau, le réduisant immédiatement en cendre. Avec tout ce qui se trouvait dessus, et notamment la précieuse bouteille d'alcool. Des gouttes vertes de la préparation d'Eve tombaient un peu partout, ce qui avait entraîné des cris de panique dans la salle de cours lorsque certains objets étaient touchés. La tête du professeur valait le détour à ce moment là… Lui, il ne voyait que la disparition de sa bouteille. Ses pupilles étaient dilatées sur l'endroit où elle se trouvait une seconde plus tôt.
Après une bonne minute de déni, à chercher en vain son hydromel, Slughorn avait réagi. « PARKINSON VOUS ALLEZ ME FAIRE LE PLAISIR DE QUITTER DEFINITIVEMENT CE COURS ! C'EST UNE HONTE ! ET JE VEUX VOUS VOIR DEMAIN POUR LE NETTOYAGE ESPECE DE FOUTEUSE DE MERDE ».
Il s'était égosillé comme un hystérique pendant au moins cinq minutes. Son visage était rouge sang, gonflé au possible, des veines bleues parcouraient sa gorge, et j'avais eu presque peur qu'il ne s'étouffe à un moment. Pour que Slughorn insulte un de ses élèves de la sorte, il avait forcément été poussé à bout.
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Donc voilà où nous en étions rendues, un jour plus tard. Avec Evelynn qui pleurait toutes les larmes de son corps en nous suppliant de l'aider et pour sa punition et pour plaider sa cause auprès de professeur de Potions afin qu'il la réintègre au cours. Autant dire que je n'avais l'envie de faire ni l'un ni l'autre. Et que cette situation m'amusait beaucoup, tout en m'offrant la distraction nécessaire pour m'éviter de penser à mon léger soucis d'incapacité à revenir à mon époque.
— T'es un danger en Potions Eve, soufflai-je en lui offrant une fausse moue contrite. Franchement, c'est mieux comme ça je t'assure…
— Menteuse ! s'insurgea-t-elle. Je suis l'élève la plus douée de la promotion, vous êtes juste tous beaucoup trop jaloux pour l'admettre.
Je n'osai pas ouvrir la bouche, blasée de la voir continuer ses élucubrations toute seule. Un jour elle se rendrait compte qu'elle était nulle quand il s'agissait de concocter une potion, et ce jour là elle pleurerait toutes les larmes de son corps. Mais en attendant… Elle allait continuer son cirque.
— T'es dans le déni ma pauvre… persifla Alycia en secouant la tête.
— C'est vous qui ne comprenez rien, grogna Evelynn en commençant à frotter vigoureusement un chaudron.
Je souris en la voyant faire. Elle y mettait tellement d'énergie et de rancœur qu'elle devait se visualiser la tête de Slughorn à la place… C'était entièrement de sa faute à elle, bien sûr, mais mon amie était très douée pour se voiler la face.
— Frotte Cendrillon, frotte ! ricanai-je en levant les yeux au ciel. Nous on a autre chose à faire alors bonne soirée !
— Cendrillon ? répéta Alycia pendant que je la tirai dans le couloir.
— T'occupes. C'est une blague américaine, éludai-je avec un petit geste de la main.
Je souris nerveusement en me collant une claque en pensée. Je n'étais vraiment pas futée par moment, c'était invraisemblable… Je trouvais dans une période où parler des moldus était plus que proscrit, et j'arrivais à le faire quand même.
Parfois, je me demandais si je disposais réellement d'un instinct de survie.
La réponse m'apparut de manière limpide quand je fonçai dans Evan Rosier au détour d'un couloir : Non.
— Tiens, salut Evan ! m'exclamai-je le plus naturellement possible juste après avoir évité la collision.
Ses yeux azur croisèrent les miens, et un grand sourire s'étala sur son visage. Diantre, il semblait vraiment ravi de me voir… Je ne savais pas si je devais trouver cela mignon ou flippant. Instinctivement, je lui renvoyai son sourire.
Le châtain était flanqué de Lestrange et de deux filles de septième année que je ne connaissais pas. Aucun des trois ne prit la peine de m'adresser le moindre geste pour me saluer, et je leur rendis la politesse en les ignorant. Je n'allais pas commencer à faire dans le social avec les Mangemorts.
— Théa, comment ça va ? Tu n'oublies pas pour Noël hein ? s'enquit immédiatement Evan.
Misère le bal… J'avais oublié.
— Non, non… marmonnai-je.
Je me forçai à garder une mine réjouie alors qu'intérieurement je commençai à paniquer. Nous étions à la veille des vacances, le bal de Noël était la semaine prochaine, je ne possédais pas de robe, et j'avais promis à Evan-le-possible-dévoreur-de-rêves d'être sa cavalière. Rien n'allait dans cette phrase, tout me semblait problématique… Peut-être arriverai-je à me faire porter pâle le jour de Noël ?
Evan fronça les sourcils.
— Non, ça ne va pas ?
— Ah ! Si si ça va, souris-je gauchement.
— Malefoy aurais-tu l'amabilité de dégager le passage ? gronda brusquement Lestrange en me lançant un regard à réfrigérer un mort. Nous sommes pressés.
Je n'aimais pas ce type. Vraiment pas, il me faisait beaucoup trop peur. Mais j'étais tellement contente qu'il me fournisse une bonne raison d'esquiver cette discussion gênante que je m'exécutai avec le sourire, entraînant Alycia dans mon sillage.
— Oui pardon, je ne voudrais pas vous retenir, dis-je faussement déçue.
L'une des deux filles, qui les accompagnaient, chuchota quelque chose à la deuxième, en me jetant un coup d'œil étrange, et toutes les deux se mirent à pouffer suite à ce commentaire. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'elles se moquaient de moi… Leurs ricanements ne me firent ni chaud ni froid. En réalité, cela me fit presque sourire… À mon époque c'était monnaie courante. Voilà ce qu'il se passait lorsque l'on était la petite sœur d'Arès Malefoy, alias le mec le plus canon du château, et la meilleure amie de Jack Potter, alias le mec le plus cool du château. Ici j'avais été tranquille à ce sujet puisque les stars se révélaient être les Maraudeurs, et ne plus être la cible de la jalousie de la gente féminine m'avait presque manqué. Presque.
Je lançai un sourire de loup aux deux Serpentards, ce qui leur fit froncer les sourcils et cesser leurs gloussements. Elles me lancèrent en regard presque aussi froid que celui de Lestrange, mais malheureusement pour elles, elles ne faisaient clairement pas aussi peur que lui.
Le ton pincé d'Evan me força à me reconcentrer sur lui :
— Je rentre quelques jours chez moi, je serais de retour pour le bal, commenta-t-il en passant la main dans ses cheveux châtains si bien coiffés. Je serais pas mal occupé ce soir et demain, donc je préfère te prévenir puisqu'on ne se reverra sûrement pas avant…
J'écarquillai les yeux, surprise d'être tranquille pour au moins une semaine. Quelle merveilleuse nouvelle ! C'était Noël avant l'heure.
— Pas de soucis je comprends, dis-je en hochant la tête avec gravité. Bonnes vacances alors !
Lestrange toussa bruyamment. Je coulai un regard sur lui, et levai un sourcil de surprise. Si je le connaissais moins, j'aurais presque pu croire qu'il se retenait de rire. Evan eut un sourire moqueur.
— Ouais… Bonnes vacances Athéa, articula-t-il en appuyant ironiquement sur le mot « vacances ».
Je n'étais pas du genre à me faire des films, mais je trouvais cette réaction assez louche. Les Mangemorts ne devaient pas profiter de leurs vacances ? Je déglutis difficilement lorsque des scénarios plus horribles les uns que les autres me passèrent par la tête en imaginant de quoi pouvait bien être fait leur temps libre quand ils n'étaient pas à Poudlard. De cadavres, meurtres, et autres joyeusetés… À n'en point douter.
J'avais hâte de partir d'ici.
Alycia marmonna quelque chose que je ne compris pas, et je lui lançai un regard interrogateur. Elle secoua la tête, salua poliment l'étrange groupe de Serpentards, avant de me tirer à sa suite en direction de la Bibliothèque. J'eus juste le temps de croiser le regard ennuyé d'Evan avant de me faire emporter par mon amie.
Nous dévalâmes les couloirs dans un silence assez étrange. Pour une raison inexplicable, je me sentais mal à l'aise, bien plus qu'en la présence des Mangemorts.
— Aly ? tentai-je lorsque nous fûmes arrivées.
— Tu vas vraiment au bal de Slughorn avec Rosier ? demanda-t-elle en soupirant.
— Il m'a demandé… J'ai pas osé lui dire non, avouai-je avec un petit sourire embêté.
Mon amie soupira encore plus fort, avant de s'installer à une table et de se mettre à étudier sans me lancer un seul regard supplémentaire. Sa réaction me laissa interdite, je restai un instant debout à la regarder la bouche ouverte, complètement figée. J'avais dit quelque chose de mal ?
Je n'avais aucune envie d'aller à ce bal avec Evan, surtout maintenant que je savais que j'étais coincée à cette époque sûrement pour toujours, mais ces derniers jours je n'avais pas vraiment eu le temps de repenser à son invitation plus que ça. Mes pensées étaient accaparées par deux choses nettement plus importantes.
Tout d'abord, petit un, par les révélations de Dumbledore (ou de Macnair, tout dépendait du point de vue) sur mon Retourneur de Temps. Réfléchir à tout ça me prenait facilement la moitié de mes journées – et de mes nuits ce qui expliquait les cernes affreuses que je trainais depuis –, et déprimer à la suite de mes réflexions me bouffait le reste de mon temps libre.
Et, petit deux, par Regulus Black. Mais lui, il me hantait sans aucune raison valable. Surtout qu'il n'était pas revenu me parler depuis la dernière fois où il avait avorté notre espèce de rendez-vous… Il faudrait peut-être que j'arrête de le surveiller en permanence dès que nous nous trouvions dans la même pièce, cela devait le faire flipper.
En fait, une partie de moi était heureuse que Regulus me laisse enfin tranquille. Et l'autre partie, celle nettement plus maso, pleurait tous les soirs en priant pour qu'il ne daigne m'accorder un peu d'attention… Ou alors je pleurais parce que je ne pourrai jamais rentrer chez moi et que mon inconscient commençait à l'assimiler, c'était une autre possibilité. Tout se mélangeait dans ma tête. En bref, j'étais pathétique. Ça aussi, ça me déprimait.
Je m'assis face à mon amie sans ajouter un seul mot de plus, et sortis mes affaires pour commencer à travailler dans le silence.
— Je croyais que tu étais sur Black, lâcha brutalement Alycia longtemps après, alors que je planchais fiévreusement sur un devoir de DFCM auquel je ne comprenais rien.
Je relevai lentement la tête, interdite par son sous-entendu. Comment ça, j'étais sur Black ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle avait cramé mes regards ? Je n'étais pas spécialement discrète en même temps, mais…
Angoissée, je fouillai dans ses pupilles à la recherche une réponse. Ses yeux noisette me renvoyèrent un regard éteint. Elle semblait si malheureuse…
— Euh… bafouillai-je ne sachant pas quoi dire. (Vérité ? Pas vérité ?). Comment ça ?
— Regulus, insista-t-elle. Pourquoi tu vas pas au bal avec lui ?
Sa voix prit presque une intonation de reproche, qui me laissa sur le cul. Je me braquai immédiatement, ne comprenant pas son agressivité.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, Black est un sale con. Tu as bien vu la dernière fois, on n'est même pas amis selon lui. (Pour faire bonne mesure, je décidai d'ajouter quelque chose de plus convainquant). Et puis, je ne l'apprécie pas. Même pas un petit peu.
Et la médaille de la lâcheté était décernée à… *roulement de tambour* Athéa Malefoy, félicitations !
Je maugréai en soupirant intérieurement, c'était fou ce manque de courage parfois… Bon ok, souvent. Tout le temps même. Mais je n'étais pas une Gryffondor, mince ! Je n'avais rien à prouver à personne. Et mes sentiments c'était personnel, ils ne concernaient que moi, je ne ressentais pas le besoin de les étaler à la vue de tous.
Le regard éloquent de mon amie me confirma que je ne trompais personne. Je me renfrognai et nous campâmes chacune sur nos positions pendant plusieurs minutes. Cette dispute était tellement débile… Et inutile. Cela me désolait.
— Pourquoi Rosier ? souffla-t-elle finalement en se massant les tempes.
— Ben, il m'a proposé… grognai-je toujours énervée. (J'écarquillai brusquement les yeux en avisant son visage déprimé). Mais c'est quoi le problème au juste ?
Un silence incertain me répondit. Elle semblait prête à fondre en larmes à la moindre occasion.
— Alycia ? la relançai-je, de plus en plus inquiète par son comportement.
— Tu as l'intention de te marier ? demanda-t-elle soudainement à ma plus grande surprise.
Hein ?
Je ne comprenais plus rien à cette discussion. Un coup elle me parlait de Regulus, un coup d'Evan, puis maintenant de mariage… Incompréhensible.
Jetant un coup d'œil circulaire pour vérifier que personne ne nous écoutait, je me penchai sur la table qui nous séparait pour mieux regarder la jeune fille face à moi. Après examen minutieux, son œil gauche semblait terne et vide, bien que la pupille n'était pas dilatée.
— Tu as encore pris du Whisky-pur-feu ? chuchotai-je.
Aucune autre explication ne me venait à l'esprit. Elle était forcément bourrée, la Alycia que je connaissais ne dirait jamais des choses aussi décousues de sens. Ses sourcils se froncèrent, et toute tristesse disparut de son visage pour prendre une moue agacée, me laissant encore plus perplexe.
Décidément, je ne comprenais rien aux filles. Ce qui se révélait triste étant donné que j'en étais une… C'était la faute à Jack tout ça.
— Athéa bon sang ! s'exaspéra-t-elle. On ne peut jamais avoir une discussion sérieuse avec toi, c'est vraiment pas possible.
— Mais si ! protestai-je, outrée. Je suis capable d'être très sérieuse quand il le faut.
— Hé bien j'ai besoin que tu le sois ! Maintenant !
— A ton service…
Je n'eus jamais le temps de finir ma phrase.
Alycia fondit en larmes, en plein milieu de la Bibliothèque. De gros hoquets secouèrent son corps. Je lui lançai un regard choqué, ahurie de la voir elle, si propre sur elle, perdre autant le contrôle dans un lien public. La vision que j'avais des Serpentards de cette époque prenait encore un coup, surtout qu'Alycia était la plus sage du lot à mes yeux…
Je me sentis affreusement gauche et inutile en voyant les larmes rouler sur ses joues. C'était bien la première fois de ma vie que cela m'arrivait… Enfin de devoir réconforter quelqu'un, moi j'avais l'habitude de pleurer et de me faire réconforter. Que fallait-il faire dans ce genre de situation ? Je frottai ma nuque en mordillant ma lèvre inférieure, mortifiée par la situation.
Nerveusement, je déplaçai ma chaise pour me mettre à côté d'elle. Je lui tapotai le dos avec raideur, sans savoir ce que je pouvais faire de plus pour l'aider. Je ne connaissais même pas la raison de cette crise de larmes.
— Chhht, ça va aller, murmurai-je doucement alors que je n'en avais clairement aucune idée.
La jeune fille se jeta dans mes bras, à ma plus grande surprise, et se moucha bruyamment dans ma robe de sorcier. Misère… Je jetai un coup d'œil à gauche, puis à droite, pour vérifier que l'effroyable bibliothécaire n'allait pas débarquer pour nous virer fissa. Heureusement, Alycia avait l'élégance des jeunes femmes Sangs-Purs bien élevées : elle pleurait dignement et en silence. Enfin, aussi dignement que l'on puisse s'effondrer en tout cas. Au bout de quelques minutes, elle se détacha de moi et se remit convenablement sur sa chaise.
— Désolée… marmonna-t-elle en s'épongeant le visage avec un mouchoir.
J'haussai les épaules, en essayant de faire fi de la morve sur mon épaule.
— Ce n'est pas si grave… Il faudra juste que tu me repaies une robe, plaisantai-je en lui souriant gentiment.
— Bien sûr ! Vraiment désolée Théa, s'horrifia Alycia en avisant la morve et les larmes qui maculaient mon vêtement.
La jeune fille se confondit en excuses, ne comprenant pas ce qui lui avait pris de se laisser aller de la sorte. Elle semblait tellement prête à me la repayer cette robe que je n'eus pas le cœur à lui dire qu'il s'agissait d'une plaisanterie…
Je finis par replacer ma chaise à sa place initiale, une fois certaine que mon amie s'était entièrement calmée. Ses cheveux n'avaient pas bougé, tout comme ses vêtements, et mis à part ses yeux légèrement rougis rien ne semblait indiquer qu'elle venait de fondre en larmes. Je l'enviais presque… Moi je ne ressemblais à rien quand je pleurais.
— Alors ? questionnai-je avec diplomatie. Dis moi ce qu'il se passe Aly.
Je ne comprenais toujours pas le rapport entre l'invitation au bal d'Evan, le fait que Regulus me plaise, les mariages, et sa crise de larmes. J'avais grand besoin d'un éclaircissement.
— Depuis cet été je suis fiancée, chuchota Alycia d'un ton tellement bas que je dus tendre l'oreille pour comprendre. Et… et, avec…
Je fronçai les sourcils, avant de repenser aux éléments précédents… Et la lumière se fit immédiatement dans mon esprit. Bien sûr ! A cette époque, les mariages arrangés entre Sangs-Purs étaient la norme, j'aurais dû y penser avant.
— Avec Evan ? m'assurai-je.
Elle hocha piteusement la tête.
— Oui. Ce n'est pas vraiment un choix, ni de son côté ni du mien, mais…
Alycia ne termina jamais sa phrase, elle préféra fermer très fort les yeux en serrant les dents. Elle se retenait de pleurer, compris-je avec effarement. Je la plaignais tellement… Devoir épouser et faire sa vie avec quelqu'un que nous n'apprécions pas, cela devait être tellement horrible. Mais ce n'était pas quelque chose que j'étais en mesure de comprendre, nous ne venions pas du même monde.
Je dis tout ce qu'il me passait pas la tête pendant les minutes suivantes, incapable de réellement compatir tant les mariages forcés me semblaient abstraits, mais en tentant tout de même de la faire rire. Alycia finit par se calmer, et rangea son mouchoir à mon plus grand soulagement.
— Il n'est pas si moche, t'aurais pu tomber sur pire tu sais, ajoutai-je en souriant maladroitement. (Je fronçai le nez). Genre Mulciber. Et puis Rosier est quand même moins con qu'Avery…
— Ce n'est quand même pas le rêve, on est loin du prince charmant, soupira-t-elle en se mordillant la lèvre.
— Moi je le trouve gentil, tempérai-je en haussant les épaules.
— Il l'est, avec toi.
— Hein ?
L'exclamation avait fusé de ma bouche sans que je ne puisse la rattraper. Alycia se prit la tête entre les mains, l'air encore plus dépitée qu'avant que je n'essaie de la réconforter. Je sentis mon cœur chuter au niveau de mes chevilles, j'étais vraiment trop nulle… Ses yeux noisettes me transpercèrent, et une grimace tordit son visage.
— Théa… Ce type est un connard fini, il n'y a qu'avec toi qu'il est plus ou moins sociable, murmura-t-elle, une pointe d'acidité dans la voix.
Ah bon ? Je n'avais rien remarqué… Peut-être parce que j'étais trop occupée à surveiller Regulus pour vérifier en plus ce que faisait Evan. Je pinçai les lèvres, incertaine. Regulus aussi ne semblait pas le porter dans son cœur, il m'avait dit plusieurs fois de ne pas lui faire confiance… visiblement ce n'était pas juste de la jalousie mal placée comme j'avais pu le penser. Rosier était peut-être réellement malfaisant. C'était affreux, je n'arrivais pas à prendre une décision à son sujet… un jour je le trouvais psychopathe, un jour adorable, et… Il me manipulait complètement ! J'étais perdue.
Et Alycia qui allait si mal, je me sentais complètement impuissante. Quoi que je fasse – ou ne fasse pas, ce garçon me posait des problèmes, c'était ahurissant.
— Ah… répondis-je avec une éloquence remarquable.
— Oui.
Nous nous regardâmes, aussi dépassées l'une que l'autre. Je ne savais pas vraiment quoi dire pour l'aider… Ce n'était pas de ma faute si son fiancé me parlait gentiment et m'invitait à un bal, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir un peu coupable. Affreusement coupable même.
Alycia finit par changer de sujet en m'interrogeant sur ma famille. Elle semblait vouloir se rassurer en apprenant que je disposais d'un fiancé, quelque part en Amérique. Je lui racontai ce qu'elle voulait entendre, c'est-à-dire des cracks plus gros les uns que les autres. Chacun ses problèmes familiaux après tout. Elle, elle avait une famille qui voulait la forcer à épouser un Mangemort peu sympathique. Moi, mes parents et mon frère se trouvaient soixante-cinq ans dans le futur, presque dans une autre dimension temporelle, et j'avais été envoyée dans une époque où la guerre faisait rage alors que je m'évanouissais presque à la moindre goutte de sang. De nous deux, je gagnais clairement la palme d'or de celle qui avait la vie la plus pourrie.
Et puis, de mémoire Evan Rosier ne mourrait pas bien vieux, donc elle allait rapidement en être débarrassé ! Étrangement, cette pensée me soulagea pour elle. Moi mes malheurs allaient à priori être nettement plus conséquents dans la durée.
— N'accepte pas d'avoir des gamins avant trente ans, lui conseillai-je tout de même au milieu de notre discussion. Pour être large, ajoutai-je parce que je ne savais pas exactement quand était mort Evan.
Alycia n'avait rien compris, mais je m'en moquais. Je finis par plancher sur la fin de mon devoir de DFCM avec application. Ni Rosier, ni mon Retourneur de Temps, ni la tristesse oppressante d'Alycia n'auraient raison de ma détermination à obtenir un Optimal dans cette matière, foi d'Athéa Malefoy !
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Evelynn nous rejoignit, bon gré mal gré, en fin de soirée, bien après l'heure du dîner. Elle était dans un état… Je pouvais affirmer sans mentir ne l'avoir jamais vu aussi négligée. Ses cheveux bruns ressemblaient à un nid d'oiseau informe au dessus de sa tête, son visage était à moitié couvert de trucs non identifiés de couleurs variables, tout comme le reste de ses vêtements. Ses manches retroussées laissaient apparaitre ses avant-bras et ses mains entièrement barbouillés de substances foncées, pire que celles présentes sur son visage et ses vêtements. Elle dégageait également une odeur… vraiment pas agréable. Pour ne pas dire pestilentielle.
— Whaou, sifflai-je, impressionnée.
Même Alycia lui jeta un regard ahuri. Elle ne devait pas avoir l'habitude non plus de la voir dans cet état… Je venais de voir deux faces surprenantes de mes deux amies Serpentards aujourd'hui.
— Je vous déteste ! râla Evelynn en nous mitraillant du regard, comme si tout était notre faute. Que personne ne me parle, demain je rentre chez moi et j'oublierai cette affreuse humiliation.
Nous hochâmes la tête pour acquiescer. Des jurons audibles ponctuèrent toute sa traversée dans notre chambre. Elle semblait tellement énervée que je n'osai même pas tenter la moindre blague au sujet de sa punition.
Je préférai me glisser hors de notre chambre.
— Je vais faire un tour dans la salle commune ! lançai-je à la cantonade.
Evelynn, qui se trouvait déjà dans la salle de bain, grogna un truc incompréhensible (sûrement une énième insulte), et Alycia leva à peine les yeux de son livre. Je grimaçai légèrement en regardant cette dernière… Depuis la révélation sur ses fiançailles avec Evan, je me sentais affreusement mal à l'aise en sa présence. Un étau d'inquiétude et de culpabilité enserrait mon cœur, m'empêchant de correctement respirer.
En réalité, j'espérais fortement croiser Rosier dans la salle commune afin d'annuler pour le bal. Peu importait à quel point il me filait les jetons, je ne pouvais pas faire ça à une fille aussi adorable qu'Alycia… C'était le moment d'être courageuse et de dire « non » à un Mangemort.
Je descendis les escaliers à pas de velours, ne souhaitant pas spécialement faire beaucoup de bruit. Je préférais vérifier que la personne que je cherchais était bien présente dans la pièce avant de débouler comme une harpie : je n'aurais pas eu l'air fine si je descendais en bas pour remonter immédiatement sans rien faire.
Accroupie sur les marches, je lançai un regard circulaire dans la salle commune. Elle était pratiquement déserte, tout le monde était au lit à une heure pareille en même temps... Et pas de Rosier en vue à mon plus grand désespoir.
Par contre, fait intéressant : un Regulus sauvage était assis seul à une table, et grattait quelque chose sur un parchemin, avec un air extrêmement concentré.
Avant même de réfléchir à ce que je faisais, je m'approchai de lui jusqu'à pouvoir lire par-dessus son épaule ce qu'il écrivait. Il était habillé de la manière la plus simple possible : un pantalon beige et un gros pull noir à col roulé, qui lui remontait jusqu'au menton. Avec ses cheveux noirs complètement ébouriffés et sa peau pâle, cela lui allait beaucoup trop bien pour ma santé mentale. Je distinguai à peine le début de son écrit – une banale copie d'Arithmancie j'étais très déçue – avant que le garçon ne réagisse :
— Mais ! Dégage bordel ! cracha-t-il sans se retourner.
Toujours aussi sympathique ma foi. Cette gentillesse à toute épreuve m'avait atrocement manquée ces derniers jours, tiens.
— Bonsoir à toi aussi, répondis-je donc.
Au son de ma voix, Regulus redressa vivement la tête pour m'observer, et j'eus le temps de discerner de la surprise sur ses traits avant que son visage ne redevienne neutre. Ses yeux métalliques me dévisagèrent de haut en bas. Lentement. Je déglutis en croisant mes bras sur mon torse pour me redonner une contenance, gênée par cet examen. Un ange sembla passer entre nous pendant son analyse de ma personne.
Le garçon fronça brusquement les sourcils avant de se renfrogner.
— Ah. C'est toi.
Mon cœur loupa un battement, avant de repartir à un rythme effréné.
— Pourquoi ? Ça change quelque chose que ce soit moi ? m'enquis-je avec un grand sourire.
— Non.
— Ah… marmonnai-je, déçue pour une raison que je refusais de m'avouer.
Regulus roula consciencieusement son parchemin, rangea sa plume, et se retourna vers moi en fronçant les sourcils, encore. Décidément, il allait rapidement avoir des rides à ce rythme.
— Dis, tu accepterais de me rendre un service ? lui demandai-je sans vraiment y croire.
— Si c'est pour me demander encore une fois de rejoindre les Mangemorts, c'est non ! siffla le garçon en se relevant.
Il semblait prêt à repartir dans son dortoir, et je lui agrippai la manche pour le retenir. J'avais vraiment besoin de lui pour le moment.
— Attends ! C'est pas pour ça ! Reste ! m'affolai-je.
Regulus eut un sourire de loup, qui s'étira lentement sur son visage mutin. Ses yeux pétillèrent de malice quand il alterna les regards entre ma main sur son bras et mon visage paniqué. Je le relâchai aussitôt en rougissant, morte de honte. Visiblement il ne comptait pas partir, j'avais peut-être sur-réagi…
— Calme toi, je voulais juste aller m'assoir dans un canapé, c'est plus sympa pour parler que debout… Je ne vais pas m'envoler, railla-t-il.
Je grommelai des insultes dans ma barbe, persuadée qu'il l'avait fait exprès pour me faire tourner en bourrique.
— Je préfère parler debout, boudai-je juste par pur esprit de contradiction.
Regulus sourit encore davantage, et avança brusquement vers moi. Je reculai par réflexe. Avant même que je n'eus le temps de comprendre ce qu'il se passait, il me poussa contre l'un des murs de la salle commune, vers des tapisseries qui nous cachaient de la vue des quelques étudiants encore présents.
Complètement collée aux pierres froides, coincée par le corps brûlant de Regulus, je me sentis défaillir. Mes veines se mirent à bouillonner à une vitesse folle, et mes neurones encore présents éclatèrent dans un joyeux tintamarre. Il plaça ses avants-bras de chaque côté de ma tête, avant de se pencher à ma hauteur pour me dévisager intensément. Les yeux dans les yeux. Nos nez se frôlaient presque.
Mon cœur battait tellement vite que je devais frôler la crise cardiaque.
— Bon, parlons debout alors, suggéra Regulus.
— Mais… bredouillai-je, incapable de réfléchir convenablement dans cette position. T'es… t'es malade ! Lâche moi !
Je me débattis en le repoussant violemment, mais cela fonctionna aussi peu que lorsqu'il m'avait coincée contre le bar des Trois-Balais. En désespoir de cause, je tentai de me faufiler sous un de ses bras.
— Tsss, t'es jamais contente c'est dingue ! s'amusa-t-il en me laissant partir.
A peine me fus-je éloignée que je me jetai sur lui, en enroulant violemment mes bras autour de son cou. Regulus se raidit immédiatement alors que je l'enlaçai. Une satisfaction malsaine m'envahit en remarquant son malaise. Je me mis sur la pointe des pieds en m'aidant de la prise de mes bras, collant encore plus mon corps au sien.
— Et toi t'as de sérieux problèmes pour parler aux gens normalement, susurrai-je au creux de son oreille, furieuse qu'il m'ait refait un coup pareil.
Regulus tressaillit violemment entre mes bras, et sa réaction me fit sourire. Bien fait ! Je le relâchai immédiatement pour lui adresser un sourire radieux, ravie de voir que j'avais eu le dessus sur lui pour une fois. Il passa la main dans ses cheveux en me dévisageant surpris, l'air assez choqué par ma réaction. Mon cœur battait toujours à vitesse grand V, mais je me forçai à ne pas l'écouter.
— Ce… c'était quoi ça ? bredouilla-t-il, complètement désarçonné.
Il tremblait encore légèrement, et je le remarquai. Pauvre chou, il ne devait pas être habitué à ce qu'une fille réponde à ses provocations. Je montrai les dents.
— Je ne sais pas… C'était quoi le plaquage sur le mur ? rétorquai-je en relevant le menton.
Dans un pub ça allait encore, il y avait du monde, mais ici c'était pratiquement désert, et de toute manière cette façon de faire ne m'amusait absolument pas. Ce n'était pas parce que je le trouvais beau à mourir qu'il pouvait tout se permettre. Plaquer une fille contre un mur indépendamment de sa volonté, c'était juste flippant.
— Je ne sais pas, répéta Regulus en écho à mes paroles. Vraiment, insista-t-il en avisant mon air agacé. Je suis désolé si tu l'as mal pris, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça… C'était instinctif.
Il fourragea encore plus violemment ses cheveux, en semblant dépassé par les évènements. La colère qui grondait en mon fort intérieur se calma devant sa mine perdue. Je me pinçai l'arrête du nez en soupirant.
— Tu voulais faire quoi au juste ? Je n'apprécie pas spécialement de me faire plaquer contre des trucs contre mon gré hein… marmonnai-je pour le sermonner.
Pour une fois, j'avais l'impression d'avoir gagné contre lui, et cela me faisait atrocement plaisir. En réalité, je me moquais bien qu'il se soit comporté comme un ours, je l'appréciais beaucoup trop pour lui en vouloir… Mais cette sensation d'avoir un peu de pouvoir… Elle était jouissive.
— Rire un peu. Je pensais pas que tu le prendrais comme ça, excuse moi, murmura le garçon en affichant une moue contrite.
Regulus pencha la tête sur le côté, ses mèches ébènes suivirent le mouvement, et cela m'hypnotisa, me faisant presque tout oublier. Je soufflai un bon coup pour me remettre les idées en place. Ne pas baver, ne pas baver, rester focus sur le remontage de bretelles.
— Ce n'était vraiment pas drôle, grognai-je finalement d'un ton incertain.
Je n'étais plus vraiment énervée, mais je voulais vraiment que Regulus comprenne que coincer une fille contre son gré contre un mur glauque, dans un endroit désert, cela ne se faisait pas. Quand bien même il était affreusement sexy. Et quand bien même j'étais complètement folle de lui.
— J'ai compris, je ne le referai plus.
J'hochai la tête en lui souriant, ravie par sa promesse. Un silence s'installa entre nous, pendant lequel nous nous regardâmes dans le blanc des yeux durant de longues secondes. Ce n'était absolument pas un silence gênant.
Regulus finit par me proposer du bout des lèvres de nous installer sur le canapé, comme il l'avait souhaité au départ. Cette fois-ci, je le suivis sans faire d'histoire et nous nous installâmes dans un coin éloigné de la salle commune. En m'asseyant à côté de lui, j'eus toutes les peines du monde à me retenir de me blottir dans ses bras. L'attaque avec le câlin m'avait semblé être une idée géniale sur le coup, mais désormais, son odeur me manquait affreusement. Tout comme son corps chaud.
Merlin, je devenais dingue…
— Tu voulais me demander quoi alors ? intervint finalement Regulus, me faisant rapidement reprendre mes esprits.
Ou comment se prendre une bonne claque. La honte me cuisit le corps.
— Rosier m'a proposé d'aller au bal avec lui… commençai-je très vite, ne voulant pas m'attarder sur ce point. J'ai accepté. Et je… je ne sais pas vraiment comment faire maintenant pour décliner son invitation… Surtout que cette situation rend Alycia vraiment malheureuse, chuchotai-je plus bas.
Le garçon eut plusieurs réactions. Son visage s'assombrit, il grogna, soupira, puis grimaça, avant de me lancer un regard sévère. J'affichai une moue penaude, me sentant toujours aussi mal vis-à-vis de mon amie.
— C'est fou tu n'écoutes jamais quand on t'avertit du danger… Ce type n'est pas ton ami, vraiment, dit-il en insistant sur le « vraiment ». Aller au bal avec lui putain…
Regulus marmonna des mots que je ne compris pas, avant de s'allonger à moitié sur le canapé en étendant ses jambes, les mains dans les poches. Son visage exposait un air austère, presque furieux. Je n'ouvris pas la bouche, de peur de le contrarier. Déjà que je venais encore une fois lui demander de l'aide… Autant mettre toutes les chances de mon côté pour qu'il accepte. Il semblait réfléchir.
Brusquement, Regulus se redressa, et ses traits s'illuminèrent.
— J'ai potentiellement une solution… murmura-t-il en se penchant vers moi.
Je l'imitai en le dévisageant avec espoir, plongeant sans réfléchir dans la tempête de ses yeux couleur orage. J'eus presque l'impression de me noyer, tant la sensation d'être au milieu d'un violent orage me sembla tangible.
— Ah oui ?
— Ça ne va pas te plaire… prévint Regulus en continuant de m'observer avec une intensité qui me coupa le souffle.
— Peu importe, tant que je peux me débarrasser de Rosier… soufflai-je en me passant nerveusement la main dans la nuque.
Rosier était dangereux. Je m'en rendais de plus en plus compte à mesure que le temps passait. Il fallait vraiment que j'arrête de le voir comme un gentil, il ne l'était pas.
Regulus eut un sourire canaille qui fit fondre mon cœur comme du marshmallow fondu. Carbonisé même. Ses yeux se mirent à pétiller d'amusement.
— Je vais aller inviter Alycia, on s'arrangera pour faire un switch de partenaires le jour J. (Il pencha légèrement la tête de côté). Par contre, il va falloir que tu supportes ma présence pendant toute une soirée.
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Le début de mes vacances se passa le plus calmement possible. La quasi totalité des Serpentards étaient rentrés chez eux, du moins pour les quelques jours avant Noël, je me retrouvais globalement seule en conséquence. Et surtout, très libre de mes mouvements.
Sirius n'avait pas pu rentrer chez lui pour des raisons évidentes, et James était resté à Poudlard pour le soutenir. Si au départ je trainais avec eux uniquement pour honorer l'invitation de James de passer du temps avec lui et ses amis, je finis par sincèrement apprécier leur présence. Ils étaient toujours de bonne humeur, et cela me permettait d'éviter de trop penser à Macnair et ses révélations. Je ne savais pas du tout ce qu'ils me trouvaient – en étant objective je n'étais une Serpentard d'un an de moins qu'eux sacrément chiante – mais je n'allais pas m'en plaindre.
En définitive, je passais beaucoup de temps avec les deux Maraudeurs, à errer dans le château tous les trois comme des âmes en peine. Nous rigolions beaucoup. Ces quelques jours en leur présence furent très instructifs, apprendre à connaître ces deux héros dont j'avais tant entendu parlé… C'était magique. J'appris également des choses moins drôles, notamment sur le pourquoi du comment nous ne pouvions jamais aller à Pré-Au-Lard. Une fois en quatre mois, c'était vraiment ridicule.
— C'est à cause de la guerre, m'informa James en affichant un air sombre, Dumby a peur de nous laisser sortir par les temps qui courent…
— Oui, acquiesça Sirius en soupirant, c'est tellement compliqué pour eux de nous protéger pendant une sortie qu'il n'y en aura sûrement pas beaucoup d'autres. C'est vraiment dommage, tu rates le meilleur.
J'haussai les épaules, me sentant peu concernée. Tant pis, je connaissais le Pré-Au-Lard de mon époque, je n'allais pas risquer ma vie en mettant le nez dehors juste pour voir comment était le village dans le passé. Je l'avais vu une fois, c'était suffisant. Surtout vu ce qu'il s'était passé pendant ma seule et unique sortie… Une attaque de loup-garou me suffisait amplement pour toute une vie.
— Et pour les cours de transplanage ? les relançai-je, ennuyée parce qu'ils n'avaient toujours pas commencé.
James attrapa une bouteille de Whisky-pur-feu pour en avaler une bonne gorgée. Nous nous trouvions dans une salle de classe de l'aile Est, qui n'avait vraisemblablement pas servie depuis fort longtemps. Il s'étrangla à moitié, déclenchant les rires moqueurs de Sirius et les miens.
— Même raison.
Je soupirai pendant que les garçons s'échangeaient la bouteille à tour de rôle.
— C'est débile, c'est important de savoir transplaner en cas d'urgence à cause de la guerre… marmonnai-je en me sentant dépitée.
De toute manière, étant née en Juillet, je n'avais aucune chance de pouvoir passer mon permis cette année puisque je ne serais pas considérée comme majeure, mais j'aurais tout de même voulu savoir transplaner en cas d'urgence... Et puis, nous nous trouvions à une époque différente, je ne savais même pas réellement comment marchait mon âge ici.
— Personne n'a dit que c'était intelligent, rétorqua James avec un rire étouffé à cause de l'alcool ingurgité. (Il eut un sourire en coin, en osmose avec le regard pétillant de son ami). Mais si tu veux aller à Pré-Au-Lard, on peut peut-être faire quelque chose pour toi…
Très intéressée, comprenant qu'ils me faisaient assez confiance pour me montrer un de leur passage secret, je souris. Moi, peur d'aller dehors ? Bah… Avec les deux Maraudeurs, je me sentais parfaitement en confiance.
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Le jour suivant, le 23 décembre la veille du bal, nous nous glissâmes par l'entrée de la Sorcière Borgne afin de partir incognito pour le petit village. Je fis mine d'être très surprise par le passage, et m'extasiai dessus de la manière la plus crédible que je le pouvais. Ce qui n'était pas évident.
— Mais vous avez fait comment pour deviner un truc pareil ? demandai-je innocemment, alors que la réponse m'intéressait énormément.
— Oh… (James me lança un regard amusé). Secret professionnel.
Je grognai de dépit, frustrée par leur refus de me le dire. Une fois dans le souterrain, lorsque Sirius se fut suffisamment éloigné, le père de Harry s'approcha de moi.
— En quatrième année, Peter a vu Dumbledore utiliser ce passage secret, et il nous l'a rapporté. Il est très doué pour se faufiler dans des coins improbables et espionner, chuchota-t-il dans mon oreille. C'est grâce à lui qu'on tient la plupart de nos secrets.
J'écarquillai les yeux de surprise, avant d'afficher une mine réjouie. Je savais maintenant d'où venait la clé de réussite des Maraudeurs : de Pettigrow, qui se transformait en rat et espionnait tout le monde. Intérieurement, je jubilai suite à la découverte d'une telle information. Et j'étais encore plus heureuse que James m'apprécie suffisamment pour me le dire, malgré l'avis de Sirius qui ne devait pas être favorable.
Pendant tout le temps que dura notre sortie à Pré-Au-Lard, je babillai joyeusement avec les deux garçons, tout en faisant mes emplettes pour les cadeaux de Noël. La bourse que m'avait donné Dumbledore n'étant pas extensive, je m'appliquai tout de même à ne pas faire trop de folie, me contentant de cadeaux basiques. Eux refirent leur stock de mauvaises farces chez Zonko, ce qui me fit soupirer. Je n'avais toujours pas oublié le mauvais tour qu'ils m'avaient jouée en début d'année.
— On va boire un chocolat chaud aux Trois-Balais ? proposa Sirius en éternuant, le nez dans son écharpe aux couleurs rouge et or.
— Je vous suis, acquiesçai-je suite aux grognements approbateurs de James.
Peut-être fallait-il que j'y aille une deuxième fois pour avoir un avis plus favorable du lieu ?
Les mains pleines de sacs en tout genre, nous entrâmes dans le pub. Il était bien moins rempli que la dernière fois, et je passai un bon moment en la compagnie des deux garçons. Je commençais presque à comprendre pourquoi mes grands-parents trouvaient cette taverne si enchanteresse. Bien que le souvenir du moment que j'avais passé ici avec Regulus restait ancré dans mon esprit…
Inéluctablement, je repensai à la veille des vacances. Au moment de retourner dans mon dortoir, comme nous étions seuls dans la salle commune, je ne m'étais pas gênée pour lui faire un câlin de bonne nuit. C'était instinctif, j'en avais eu envie. Il avait semblé figé, mais au bout de quelques instants, alors que je n'y croyais plus, il m'avait également serrée dans ses bras. Le nez dans son cou, à respirer son odeur, j'avais eu l'impression d'être au paradis. Ce câlin de bonne nuit avait duré nettement plus longtemps que les câlins de bonne nuit que je faisais à Arès ou à Jack.
Je pinçai les lèvres, ennuyée d'avoir ce genre de pensées alors que je me trouvais avec les Maraudeurs.
— Bon, je suggère qu'on rentre !
Sirius tapa dans ses mains en nous montrant l'heure avancée sur sa montre. Il était plus que temps de retourner au château, j'espérais déjà fortement que personne ne s'était rendue compte de notre absence. Au moins, nous n'avions pas été attaqués pendant notre ballade, ce qui me rassura énormément. Ce n'était pas encore la crise à ce point.
Après un passage rapide dans la boutique de Honeydukes et un petit sort de confusion, nous nous retrouvâmes à nouveau dans le souterrain peu accueillant devant nous ramener au château. Je serrai les pans de ma cape contre moi, tout en resserrant mon écharpe autour du cou. Il gelait.
— Au fait, vous venez au bal de demain soir ?
Question existentielle, que je ne pus m'empêcher de poser.
Sirius haussa les épaules en marmonnant quelque chose que je ne compris pas vraiment, mais cela impliquait les mots « fille », « potable », « utile » et « au pif ». Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'il s'était trouvé la première fille venue faisant partie du groupe de Slug afin d'être invité. Je roulai des yeux, blasée par ses manières.
— Oui, avec Lily ! s'exclama joyeusement James, le sourire jusqu'aux oreilles.
— Ah oui, tu l'aimes bien, fis-je mine de remarquer, amusée.
— Plus que bien même, railla Sirius en envoyant un coup de coude dans les côtes de son ami. Il lui court après depuis… toujours en fait.
— Va chier Patmol, grogna James en le repoussant. Je l'aime tout court, confirma-t-il ensuite avec une simplicité qui me laissa rêveuse.
Il avait dit ça comme si… Comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit. L'évidence même. A cet instant précis, je rêvai qu'un garçon puisse être capable de dire qu'il m'aimait avec autant d'assurance que James Potter disait aimer Lily Evans. Inconsciemment, mes pensées dérivèrent vers un garçon aux cheveux couleur corbeau, dont le frère était juste à côté de moi, et je me mis à rougir furieusement.
— Toi t'y vas avec qui ?
Je redescendis violemment sur terre en entendant le ton de Sirius. Passant ma main derrière ma nuque, je réfléchis à toute vitesse pour trouver quoi dire…
— Ben… je ne sais pas vraiment en fait, finis-je pas avouer.
Les deux garçons me lancèrent un regard surpris, et je me sentis obligée d'étoffer un peu plus ma réponse :
— C'est compliqué. Rosier m'a demandé et je n'ai pas trop osé lui dire non, sauf que je n'ai vraiment pas envie d'aller à ce bal avec lui… Alors j'ai essayé de trouver une combine avec Re… quelqu'un pour y échapper, soufflai-je très vite en butant sur le prénom du frère de Sirius.
Je n'étais pas certaine que ce dernier serait ravi de me voir avec son petit frère. Il n'en avait pas parlé une seule fois au long de la semaine alors qu'il savait parfaitement que je passais beaucoup de temps avec Regulus : il nous avait cramés ensemble une fois, et savait qu'on avait été à la cabane hurlante. Je me doutais donc que Sirius ne tenait pas à parler de son frère.
Black haussa un sourcil en me regardant, l'air dubitatif.
— Avec Regulus ? dit-il d'une voix tranchante.
— Euuuh… baragouinai-je alors que je commençai à transpirer de gêne. Et bien…
La discussion se termina sur une intervention peu glorieuse de James, un sombre histoire de chaussettes puantes retrouvées sous son lit, à qui je souris de reconnaissance. Je n'avais aucune envie de me prendre la tête avec Sirius, surtout qu'il était hors de question qu'il n'insulte Regulus devant moi alors que ce dernier n'était pas présent. Entre les deux frères Black, il n'y avait pas photo quant auquel allait ma loyauté.
Regulus. Toujours.
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Le lendemain, beaucoup d'élèves revinrent. Notamment pour le bal de Slughorn, qui se révélait être un évènement incluant nettement plus de personnes que je ne l'avais pensé au premier abord, et également pour le plaisir de fêter Noël entre les murs du château. Et, même si personne ne le disait, surtout pour la protection certaine qu'offrait Poudlard. Il n'était pas de bonne augure de traîner dans le monde magique en cette période sans protection, surtout lorsque nous n'étions pas Sang-Pur ou Mangemort. Dumbledore ne permettrait jamais que quiconque s'en prenne au château, ce qui en faisait l'un des lieux les plus protégés du monde.
En tout cas, personnellement je me sentais très en sécurité tant que Dumbledore m'assurait que je ne craignais rien ici. Je n'avais pas l'intention de bouger d'un iota en l'absence de solution à mon problème de Retourneur de Temps.
— Eve, Aly ! m'écriai-je, ravie de les voir rentrer en fin d'après-midi dans notre chambre.
Je me précipitai pour les serrer dans mes bras, et elles m'accueillirent avec joie. Mine de rien, leur présence féminine m'avait manqué ces derniers jours. J'avais littéralement passer ma vie avec James et Sirius, et ils avaient beau être gentils ils étaient quand même très cons. Comme des mecs de dix-sept/dix-huit ans en somme.
— Théa !
Eve me fit un gros bisou baveux sur la joue, me faisant rapidement comprendre que son agacement concernant la punition de Slughorn semblait être passé. Comme d'habitude Alycia fut plus réservée, mais en me serrant dans ses bras elle me chuchota quelques mots à l'oreille :
— Regulus est venu me parler, merci… Mais tu n'étais pas obligée, je ne te reprochais rien Théa…
Toutefois, ses yeux brûlaient de reconnaissance. Cela suffit à mon bonheur.
— Bref, c'est pas tout ça mais on a un bal à préparer je vous signale ! gronda Evelynn en se frottant les mains en affichant un sourire sadique. J'exige que vous soyez présentable pour les prochaines heures, j'ai ramené pleeeein de robes, on va pouvoir s'éclater !
Le bal commençant à vingt heures tapantes, il nous restait un peu plus de trois heures pour nous préparer. Je ne pensais pas sincèrement avoir besoin d'autant de temps, notamment parce que je connaissais suffisamment de sorts utiles pour les coiffures ou ce genre de choses, mais Evelynn précisa que le plus compliqué serait de choisir la robe.
— Il en faut une vert émeraude pour Aly, dis-je en me rappelant ce que m'avait demandé Evan.
Je ne comprenais toujours pas cette lubie, mais si cela pouvait aider Alycia… Elle n'avait pourtant pas l'air très heureuse, malgré la compagnie promise d'Evan – alias son fiancé terrifiant. Une fois les robes choisies, d'une couleur différente chacune (parce que c'était capital selon Evelynn), je m'approchai de la jeune fille pour lui proposer de la coiffer – avec un sort bien entendu, j'en étais parfaitement incapable toute seule.
— Tu n'as pas l'air heureuse, murmurai-je quand nous nous retrouvâmes seules dans la salle de bain.
J'agitai nerveusement ma baguette, en tentant plusieurs sorts pour qu'Aly puisse décider quelle coiffure elle préférait. Je n'étais pas spécialement physionomiste, je n'arrivais pas à déterminer comme ça ce qui irait le mieux à son visage, donc je préférais en tester le plus possible.
— Je suis contente de pouvoir aller à ce bal avec Rosier, murmura-t-elle d'un ton dépité. (A ce moment, je réalisai enfin qu'elle ne l'appelait même pas par son prénom). Ça m'évitera la honte que mon fiancé soit vu avec une autre juste après l'annonce officielle… Mais je ne suis pas heureuse pour autant, non.
Alternant les coiffures plus sophistiquées les unes que les autres, je gardai le silence. Je ne savais pas quoi répondre, tout ce qui me venait à l'esprit me semblait maladroit… J'avais le cœur serré de tristesse. Sa situation était vraiment horrible.
D'un côté, je me sentais affreusement mal pour Alycia, qui devait être au trente-sixième dessous… Et de l'autre, dans la partie la plus égoïste de mon être, j'étais absolument ravie par la situation : grâce à elle, j'avais une excellente raison de me débarrasser de cet enquiquineur d'Evan, et d'aller au bal avec Regulus. La double récompense. Je m'en voulus immédiatement de penser à quelque chose d'aussi futile, mais c'était plus fort que moi. J'étais heureuse.
Heureuse sur le malheur d'une autre, pire d'un amie, c'était vraiment atroce. Mon cœur me brûlait.
— Ça va aller, dis-je donc en désespoir de cause.
Alycia ne répliqua pas, et elle finit par s'arrêter sur un demi chignon dégageant son visage, le reste de ses cheveux couleur du feu bouclant dans son dos. Elle était magnifique dans sa robe d'un vert profond, ses cheveux tranchant merveilleusement bien la couleur, et avec ses yeux noisettes qui lui offraient un visage de poupée. Elle semblait… impériale.
Elle me remercia d'un ton pincé, avant de sortir de la salle de bain pour retrouver Evelynn dans notre chambre. Je soupirai, m'en voulant ne pas pouvoir davantage la rassurer.
Je me contentai de boucler mes cheveux en faisant des anglaises, d'un simple tour de baguette. Je souris nerveusement à mon reflet, creusant des fossettes sur mes joues. Le mascara me faisait des yeux de biche tout en relevant la couleur claire de mes pupilles, et les tâches de rousseur présentes sur mon nez me donnaient un air tout à fait adorable. Ma robe bleu nuit était sublime, serrée à la taille et évasée par la suite, Evelynn avait vraiment de bons goûts.
Si Arès était là, il me dirait sûrement que j'étais « trop choupie ». Cette pensée m'arracha un vrai sourire : mon frère me prenait toujours pour un bébé, malgré les années qui passaient. Cela me faisait toujours beaucoup rire, et j'en jouais pas mal pour obtenir ce que je voulais.
…Il me manquait.
— Théa, dépêche toi, on va être en retard !
Soupirant, je me dépêchai de sortir de la salle d'eau pour rejoindre les filles. Eve n'était pas en reste avec sa tenue d'un rouge électrique saisissant, on ne voyait littéralement qu'elle. Je lui adressai un sourire moqueur.
— Hé bien, tu ne fais pas dans la discrétion toi…
— La discrétion ? Pfeuh, c'est tellement surfait, rétorqua-t-elle avec un air satisfait.
— Mouais, répondis-je pas convaincue. On y va alors ?
— C'est parti, acquiesça Alycia en soupirant dramatiquement.
Je lui serrai affectueusement la main en sortant de la pièce, dans un geste encourageant. Je ne savais pas pourquoi, mais je sentais que ce bal allait être mouvementé. Dès la première étape d'ailleurs, il allait falloir faire avaler l'échange de partenaires à Evan… Et ne pas trop baver devant un Regulus en costard.
Merlin, rien que de l'imaginer, je bavais déjà.
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Des réactions spécifiques pour le moment avec Reg-chou ? Il est tellement miiiims. Je fangirl toute seule en écrivant leur moment avec Théa (oui j'avouuue tout)
J'espère que le chapitre vous a plu, je vous dis à lundi prochain !
